A New York, le Togo porte la voix des femmes
À New York, au siège de l’Organisation des Nations unies, les travaux de la 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme se poursuivent, réunissant gouvernements, organisations internationales et acteurs de la société civile autour des grands défis liés aux droits des femmes.
Dans ce cadre, la délégation togolaise, conduite par la ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’enfance, Moni SANKAREDJA-SINANDJA, a pris part à une réunion de haut niveau consacrée à la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. Cette rencontre a mis en lumière la nécessité d’intensifier les actions de prévention, de protection et de prise en charge des victimes, dans un contexte mondial où les violences basées sur le genre restent un phénomène préoccupant.
En marge des travaux de la Commission, la ministre a également participé à une conférence ministérielle organisée par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, axée sur un enjeu crucial : la levée des obstacles financiers à la participation politique des femmes et la promotion de leur leadership en Afrique de l’Ouest. Les discussions ont porté sur l’évaluation du coût réel de l’engagement politique féminin, un facteur souvent sous-estimé mais déterminant dans l’accès des femmes aux sphères de décision.
Dans la sous-région ouest-africaine, les femmes représentent pourtant plus de la moitié de la population. Cependant, leur présence dans les institutions politiques reste largement insuffisante, en dépit des ambitions démocratiques affichées par les États. Les participants ont reconnu que, malgré les progrès réalisés grâce à des réformes juridiques et à des mécanismes innovants favorisant la participation féminine, les barrières économiques continuent de freiner l’émergence des femmes leaders.
Le coût élevé des campagnes électorales, l’accès limité au financement et les inégalités structurelles constituent encore des obstacles majeurs. Ces défis rendent difficile la compétition politique pour de nombreuses femmes, même lorsqu’elles disposent de compétences et d’un fort ancrage communautaire. Les échanges ont insisté sur la nécessité de mettre en place des mécanismes de financement plus équitables et des politiques publiques inclusives.
Dans ce débat régional, l’expérience du Togo, partagée par la ministre, a été particulièrement saluée. Le pays a mis en œuvre plusieurs initiatives visant à renforcer la participation des femmes à la vie publique, notamment à travers des réformes institutionnelles et des programmes d’accompagnement. Cette dynamique a été perçue comme un exemple encourageant au sein de l’espace CEDEAO.
Par ailleurs, Moni SANKAREDJA-SINANDJA a co-présidé une session interactive consacrée au baromètre de genre de la CEDEAO, un indice régional permettant d’évaluer les progrès en matière d’égalité entre les sexes. Cet outil est considéré comme un levier important pour orienter les politiques publiques et mesurer les avancées concrètes dans les pays membres.
À travers sa participation active, le Togo réaffirme son engagement en faveur de l’égalité de genre et de l’autonomisation des femmes. Les travaux de New York soulignent ainsi une conviction partagée : sans inclusion politique et économique des femmes, aucun développement durable ni aucune démocratie solide ne peut pleinement s’épanouir en Afrique de l’Ouest.
