Le témoignage d’Aziz Goma au Conseil des droits de l’homme
Genève, Suisse – Après avoir passé huit années en prison au Togo, Abdoul Aziz Goma a été reçu au Palais des Nations à Genève le 2 mars 2026, où il a pris la parole devant des représentants de gouvernements, d’organisations de la société civile et de diverses délégations lors de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies.
Un homme libre, une voix retrouvée
Goma, citoyen togolais et irlandais, avait été arrêté à Lomé en décembre 2018 dans le cadre d’une affaire qui avait attiré l’attention internationale. Il avait été détenu pendant presque huit ans, notamment à la prison civile de Lomé, avant d’être libéré en janvier 2026, selon son propre témoignage à Genève.
À Genève, il a tenu à partager son expérience personnelle, expliquant que sa détention n’était pas, selon lui, basée sur des actes commis mais plutôt sur ce qu’il représentait. « Je n’ai pas été détenu pour ce que j’avais fait, mais pour ce que je représentais », a-t-il déclaré, faisant allusion à son rôle perçu comme défenseur des droits humains.
Un récit des conditions en détention
Devant l’assemblée, Goma a évoqué les conditions de détention difficiles qu’il a vécues à Lomé, qualifiant certains aspects de « inhumains ». Il a mentionné :
- Un isolement prolongé dans des périodes successives de détention ;
- Un accès limité aux soins médicaux adéquats, ce qui, selon lui, a eu un impact sérieux sur sa santé physique au fil des années.
Ce témoignage s’inscrit dans un contexte plus large de préoccupation exprimée par certains acteurs internationaux sur les conditions de détention et le traitement de prisonniers politiques ou de personnes inculpées pour des motifs liés à des mouvements de protestation.
Reconnaissance du rôle des institutionnels
Lors de cet événement parallèle à la session du Conseil, d’autres orateurs, dont Mary Lawlor, Rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, ont présenté des éléments plus larges sur les risques, intimidations et poursuites auxquels font face des défenseurs dans diverses régions du monde. Goma a salué, dans son intervention, l’effet de la pression internationale comme un facteur déterminant dans l’obtention de sa libération.
Un moment symbolique
La prise de parole de Goma à Genève ne se limite pas à un simple récit personnel : elle s’inscrit dans un débat international sur les droits humains, la liberté d’expression et la justice. Elle constitue un exemple de la manière dont les plateformes internationales peuvent être utilisées pour partager des expériences individuelles de détention, ainsi que pour attirer l’attention sur des situations de longue incarcération qui ont mobilisé l’opinion publique en dehors du pays concerné.
