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Un procès en appel très attendu s’ouvre dans l’affaire du général Félix Abalo Kadanga

Après plusieurs reports, la Cour d’appel militaire de Lomé a enfin entamé ce lundi les débats dans le procès en appel du général Félix Abalo Kadanga, ancien chef d’état-major des Forces armées togolaises (FAT). Cette procédure judiciaire très suivie intervient trois ans après la condamnation en première instance de l’officier supérieur, au centre d’une affaire qui continue de diviser l’opinion publique togolaise.

Rappel des faits

En novembre 2023, le tribunal militaire de Lomé avait condamné le général Kadanga à 20 ans de réclusion criminelle pour son rôle présumé dans l’assassinat du colonel Bitala Madjoulba, commandant du 1er Bataillon d’intervention rapide (BIR), tué dans son bureau dans la nuit du 3 au 4 mai 2020.

La juridiction l’avait reconnu coupable de complot contre la sûreté intérieure de l’État, complicité d’assassinat et entrave au bon fonctionnement de la justice. La sentence avait été rendue au terme d’un procès très médiatisé devant une chambre criminelle spécialement constituée au sein de la justice militaire.

Félix Abalo Kadanga avait toujours rejeté ces accusations, clamant son innocence et qualifiant la procédure de procès politique. Sa défense avait ainsi interjeté appel de la décision dès la fin de l’instance initiale, ouvrant la voie à un nouveau jugement devant la Cour d’appel militaire.

Cependant, ce procès en appel n’a pas été un long fleuve tranquille : programmé à plusieurs reprises, il avait déjà fait l’objet de reports. En novembre 2025, l’audience initialement fixée au 10 novembre avait été repoussée au 16 février 2026, faute de la présence de témoins ou d’experts jugés essentiels, selon les explications du procureur général.

Fond du dossier

Ce report à répétition avait suscité frustration et inquiétude : pour la défense, il illustrait les difficultés structurelles de la justice militaire togolaise et les possibles pressions externes pesant sur le dossier. Les avocats de Félix Kadanga avaient dénoncé, en amont, des irrégularités dans la procédure, un dossier incomplet et un manque de preuves déterminantes, estimant que ces retards équivalaient à une prolongation injustifiée de la détention de leur client.

Ce lundi matin, la Cour d’appel militaire a donc entamé les débats dans une atmosphère tendue. Si les autorités judiciaires n’ont pas encore communiqué publiquement les détails complets des arguments, plusieurs avocats présents dans la salle ont souligné l’enjeu crucial de cette étape pour le système judiciaire togolais.

Dans le camp de la défense, on attend désormais que la Cour examine les moyens de droit soulevés par les avocats, dont la contestation des éléments de preuve et la régularité de la première instance. Certains espèrent obtenir une révision du verdict voire, à défaut, une diminution de la peine. Du côté de l’accusation, le parquet général devrait, pour sa part, chercher à confirmer le jugement antérieur, estimant que celui-ci repose sur des éléments probants suffisamment solides.

Ce procès en appel, qui pourrait durer plusieurs semaines, constitue donc un moment judiciaire déterminant pour le général Kadanga mais aussi pour le système de justice militaire togolais dans son ensemble. Alors que l’affaire Madjoulba reste encore dans les mémoires collectives, les décisions rendues dans cette nouvelle phase pourraient bien entrer dans l’histoire judiciaire du Togo.

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