Lomé décroche la direction future de l’Organisation ouest-africaine de la santé
La capitale togolaise a été désignée pour accueillir la future direction de l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS), a annoncé ce vendredi la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à l’issue de longues discussions entre États membres.
Cet aboutissement intervient après des années de lobbying de la part des autorités togolaises, qui souhaitaient voir Lomé jouer un rôle central dans la coordination des politiques sanitaires en Afrique de l’Ouest. Le Togo avait déjà montré son engagement sur ces questions, en accueillant en 2025 des réunions régionales clés sur la santé publique, notamment une session de formation et d’harmonisation en épidémiologie organisée par l’OOAS.
Le choix de Lomé s’inscrit dans un contexte où les États ouest-africains cherchent à renforcer leur coopération face à des défis sanitaires multiples, allant de la menace persistante de maladies endémiques comme la fièvre de Lassa à la nécessité d’une réponse coordonnée aux futures pandémies. Selon des diplomates impliqués dans les négociations, le Togo a convaincu ses pairs par sa politique proactive en matière de santé publique et par son rôle actif au sein des structures communautaires.
Pour les autorités togolaises, cette victoire diplomatique est aussi un symbole de reconnaissance de l’investissement national dans le secteur. « Nous avons toujours soutenu l’intégration régionale dans tous ses aspects, et notamment dans celui de la santé, parce que la santé des citoyens est un capital pour le développement », a déclaré une source gouvernementale sous couvert d’anonymat. Lomé avait déjà été le théâtre de plusieurs initiatives sous-régionales visant à harmoniser les pratiques sanitaires et améliorer la surveillance des maladies transfrontalières.
La future implantation de la direction de l’OOAS à Lomé devrait s’accompagner d’un renforcement des infrastructures et d’un accroissement des effectifs dédiés à la santé publique. Les autorités envisagent de mettre à niveau les installations existantes pour répondre aux exigences logistiques d’une agence régionale en pleine croissance. Elles ont également promis des cadres opérationnels robustes, en s’appuyant sur l’approche « Une seule santé » – favorisant une coopération multisectorielle entre santé humaine, animale et environnementale – déjà adoptée dans plusieurs pays de la région.
Cette décision de la CEDEAO est perçue par plusieurs experts comme un signal fort pour le renforcement des mécanismes de santé collective en Afrique de l’Ouest, marquant un tournant dans la gouvernance régionale de la santé publique
