Au Togo, cette religieuse a sauvé plus de 5000 orphelins du sida
En vingt-six ans, Soeur Marie Stella a recueilli plus de 5000 orphelins du sida. Cette religieuse togolaise refuse pourtant de passer pour une héroïne. Son moteur ? L’amour du Christ et le service des pauvres, pour lesquels elle a bâti toute une œuvre.
En quelques années, vous avez sauvé plusieurs milliers d’enfants. Comment cela est-ce possible ?
En 1999, j’étais une jeune religieuse, infirmière à l’hôpital pour enfants tenu par ma congrégation à Dapaong, ma ville natale située au nord du Togo. De plus en plus, on nous amenait des enfants dénutris que nous n’arrivions pas à guérir. Ces enfants étaient nés avec le VIH, d’une mère contaminée, le plus souvent par son mari. J’ai donc fondé une petite association, Vivre dans l’Espérance, avec quelques bénévoles qui pensaient, comme moi, qu’il fallait agir.
J’ai commencé à parcourir les villages à mobylette : j’apportais de quoi laver les malades, leur donner une bouillie… J’ai enterré bien des parents qui laissaient derrière eux des enfants. Venant d’une famille nombreuse, j’avais moi-même été élevée chez un oncle. Je pensais que ces orphelins pouvaient être accueillis, comme je l’avais été. Malheureusement, la discrimination envers les malades du sida avait brisé cette solidarité communautaire, qui fait pourtant la richesse de l’Afrique.
Les gens avaient peur ?
Oui. Les personnes séropositives étaient souvent enfermées dans leur case où on les laissait mourir de faim et de soif.
Ou alors, elles étaient chassées du village, jugées inutiles, car trop faibles pour travailler, et surtout dangereuses. On pensait qu’elles allaient contaminer les autres. Et lorsque dans une famille, l’un des enfants était infecté, on considérait que tous les autres l’étaient aussi : je devais recueillir ainsi des fratries entières.
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