Décès de Pascal Adoko: hommage du Prof Ekoué Folikoué
Hommage du Professeur FOLIKOUE Ekoué Roger à Pascal Adoko , le Secrétaire général adjoint de la CDPA inhumé le 29 dernier dans son village natal à Havé dans la préfecture du Zio.
PASCAL ADOKO : UN NOM ET UNE CONVICTION
Mon cher Pascal, nous recevons tous la vie de Dieu.Et nos parents sont chargés de nous la transmettre non seulement avec le nom de famille mais aussi ils nous attribuent un prénom, grande responsabilité.
Et s’il est vrai que nos noms et prénoms nous identifient, ils tracent aussi un itinéraire qui ne se dévoile que dans une succession de présents appelés le temps.
Et c’ est à ce titre que votre prénom dit quelque chose de vous.
Pascal, renvoyant à Pâque(s) est tout un symbole : la traversée de la mer, le passage d’une vie à une autre, la joie de la résurrection.
Si je retiens le terme passage, on peut y associer le fait de passer d’ une rive à une autre, ou encore la capacité de faire passer les gens d’ un lieu à un autre et en ce sens je peux y trouver egalement le sens d’ être un pont.
Je me souviens alors de ce que m’ a raconté un jeune homme au sujet des hippopotames qui se transformaient en pont pour leur permettre de passer d’ une rive à une autre en l’absence d’ un pont sur leur fleuve.
Un pont sert toujours, il est utile pour des générations présentes et futures. Il relie et reste toujours un passage.
N’êtes vous pas comme un pont, un lieu de passage avec votre prénom Pascal? Votre prénom ne nous indique-t-il pas que quelle que soit la durée du vendredi saint, dans la lutte à laquelle vous avez consacré votre vie, le dimanche de Pâques est une certitude ?
Vous ne serez certes plus là physiquement mais vous êtes présent par les différentes traces que vous avez laissées.
Être un pont c’est aussi permettre à la future génération de ne pas tout recommencer mais de continuer le combat en empruntant les chemins balisés.
Merci d’ avoir porté un prénom qui tout en étant un symbole vous permet de durer dans le présent de l’ histoire des hommes et des femmes de ce pays.
Un prénom, on le reçoit d’habitude des autres mais on se donne un sens, une histoire par ses propres choix et cela est le fruit de ses profondes convictions.
Je ne connais pas votre histoire et encore moins le contexte dans lequel vous avez adhéré au parti Convention Démocratique des Peuples Africains, CDPA. Mais ce dont je suis sûr c’ est que ce choix est l’ expression de votre conviction.
En effet le terme convention désigne un accord entre deux ou plusieurs personnes et démocratique met en exergue la liberté et la reconnaissance des individus qui signent un accord dans un climat de dialogue.
En choisissant, la CDPA , vous avez manifesté que, pour des peuples africains, un vivre ensemble, dans la reconnaissance des autres, est possible. Et par conséquent, vivre ensemble dans l’ harmonie des différences n’ est pas impossible pour notre continent.
CDPA n’ est pas alors, pour vous, un sigle ou un titre mais est une véritable conviction.
Que cette conviction que vous avez portée devienne pour nous tous un héritage pour lequel vous avez été un élément de liaison entre les uns et les autres.
Le message que vous nous laissez est alors celui-ci : Et si les noms des différents partis politiques et des organisations de la société civile de notre pays n’ étaient en fait que divers aspects d’ une riche et dense réalité ?
Et si nos diversités n’ étaient que sources de richesses? Alors le Togo, l’ Or de l’ humanité serait une oeuvre collective dans une solidarité agissante.
Cher Pascal ADOKO, vous avez fait votre part.
FOLIKOUE Ekoué Roger, la Joie de la Croix (RJC)