Étiquette : Togo

  • Les clés de Kodjo Eklou Aba pour le traitement et la prévention des maladies par les plantes médicinales

    Les clés de Kodjo Eklou Aba pour le traitement et la prévention des maladies par les plantes médicinales

    L’objectif est de partager gratuitement les fruits de ses recherches sur la guérison thérapeutique de diverses pathologies qui, jusqu’à ce jour, continuent de faire des victimes dans la population togolaise et d’ailleurs en Afrique.

    Comme annoncé, l’atelier de formation initié par le Président de l’ONG CERMETRA (Centre de Recherche en Médecine Traditionnelle Appliquée), ABA Kodjo Eklou a tenu ses promesses ce jeudi 04 août 2025 dans les locaux de son organisation à Badougbé dans la préfecture de Vo.

    L’objectif est de partager gratuitement les fruits de ses recherches sur la guérison thérapeutique de diverses pathologies qui jusqu’à ce jour continuent de faire des victimes dans la population togolaise et d’ailleurs en Afrique.

    Pour lui, le village qui l’a vu naître, Badougbé, devrait désormais être le lieu où toutes les maladies chroniques dont la tension artérielle, l’accident vasculaire cérébral (AVC), le diabète, les infections chroniques, l’arthrose et autre impuissance sexuelle etc. doivent être guéries par n’importe qui rencontré à Badougbé.

    Il est question également de léguer les secrets du traitement des maladies et leur prévention par les plantes médicinales aux jeunes de son village et d’ailleurs.

    Ainsi, la cinquantaine de participants qui ont pris part à cette formation ont eu à suivre les enseignants riches en théorie et pratique.

    Séance tenante, les plantes médicinales ont été composées et préparées pour consommation.

    Le chercheur thérapeute a été le premier à prendre la portion pour montrer l’exemple aux participants en terme de leur prouver que l’enseignement sur les plantes médicinales est une richesse pour l’Afrique. La seule force que le bon Dieu, créateur, a donné aux êtres humains sur ce continent, enchaîne-t-il.

    Pour lui, si d’autres peuples en Asie ont une durée de vie longue, c’est parce qu’ils ont compris que les plantes médicinales ont une force, une puissance de prévention et de guérison des maladies, et ils les pratiquent.

    Cette première session ouvre le bal à une série de formations sur la prévention et la guérison des pathologies par les plantes médicinales à l’endroit de la masse.

    Un acte hautement apprécié par les participants parmi lesquels les patients, souhaitant la continuité de ces ateliers de formation.

    Au terme de la formation, un conseil pratique a été donné par l’instructeur aux participants sur la maladie de la peau. Le comportement à adopter surtout pour l’éviter.

    Rendez-vous est donc pris pour le prochain mois.

    Justin Anani

  • Togo: L’affaire Aziz Goma s’invite à la CNDH

    Togo: L’affaire Aziz Goma s’invite à la CNDH

    La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) s’enquiert de l’état de santé du prisonnier Aziz Goma, des conditions de sa détention et aussi des motivations de sa grève de la faim…

    Le mardi 2 septembre dernier, le Président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH),
    Me Sanvee Ohini Kwao, a reçu en audience Monsieur Targone à la tête de la délégation de la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP).


    Au centre des discussions, le dossier Aziz Goma, le détenu qui a entamé une grève de la faim à la prison civile de Lomé. Cette initiative de grève, selon des sources, fait effet contagion car, d’autres de ses codétenus lui auraient emboité le pas. Ce qui rend la situation assez préoccupante.

    Aussitôt après l’audience, la CNDH, dans sa mission de prévention et de protection des droits de l’homme, a dépêché une équipe pour rendre visite au détenu Aziz Goma et constater la situation générale à la prison civile de Lomé.


    Spécifiquement, il est question pour l’institution de s’enquérir de l’état de santé, des conditions de détention de l’intéressé et aussi des motivations de sa décision.

    En tout état de cause, ce n’est pas la première fois que l’institution intervient dans cette affaire. Elle avait mené plusieurs plaidoyers qui ont abouti au jugement de l’intéressé et de plusieurs autres.
    Malgré cela, elle continue d’œuvrer en tant que mécanisme national de prévention de la torture à visiter, à chaque fois que de besoin, à tous les lieux de prévention de liberté sur toute l’étendue du territoire national.
    Vivement, que l’institution poursuive ses médiations habituelles auprès des autorités compétentes pour un aboutissement heureux et l’apaisement du climat social.

  • Au Togo, qu’appelle-t-on échec d’une manifestation contre la dictature?

    Au Togo, qu’appelle-t-on échec d’une manifestation contre la dictature?

    La peur qu’inspire une manifestation pacifique à une dictature, est déjà un succès en soi. Interdire est un aveu de faiblesse quand le pouvoir lui-même est illégal et illégitime.

    Les gens se méprennent souvent dans le domaine politique lorsqu’ils portent des jugements à la va-vite sur les manifestations publiques interdites visant à dénoncer les abus et exactions du régime de terreur. La norme antidémocratique est l’interdiction systématique de toute expression publique de ras-le-bol du peuple contre ses dirigeants incompétents.

    Ceux qui ne voient que la surface des choses, se privent de la découverte de la profondeur des choses. En effet, interdire une manifestation qui fait peur, et qui n’a pas pu effectivement avoir lieu, n’est pas un échec en soi.

    Pourquoi n’est-ce pas un échec ? Il suffit de constater à tous les carrefours et autres points sensibles des milliers de policiers, gendarmes et militaires dont la présence, alors qu’ils ont autre chose à faire, est la conséquence de la réussite de la manifestation où les corps habillés ont pris la place, malgré eux, des civils. Même des domiciles sont encerclés pour empêcher des manifestants potentiels de sortir pour protester. Eh bien, le succès d’une manifestation se juge aussi à l’importance des entraves mises en oeuvre pour l’en empêcher.

    La peur qu’inspire une manifestation pacifique à une dictature, est déjà un succès en soi. Interdire est un aveu de faiblesse quand le pouvoir lui-même est illégal et illégitime.

    L’universitaire et activiste Ayayi Togoata APÉDO-AMAH

  • Musique : un nouveau trophée pour le jeune artiste Lil Dem Chou

    Musique : un nouveau trophée pour le jeune artiste Lil Dem Chou

    La troisième édition d’Avé music awards a livré son verdict 31 août dernier à Assahoun (Préfecture de l’Avé), Foyer des jeunes. Lil Dem Chou est encore primé dans la catégorie Rnb.

    Révélation

    Pour sa nouvelle première participation, il gagne encore un prix. Le jeune artiste ne cache pas son émotion mais garde la tête sur ses épaules. « Ce prix témoigne que mon travail est récompensé. Je suis content. Mais je ne dois pas baisser les bras et me contenter de ce prix car d’autres défis restent à relever », affirme le jeune lauréat. D’après lui, cette récompense vient booster les projets qu’il compter réaliser, des collaborations avec d’autres artistes au plan national et international.

    Afin de réaliser son rêve, Lil Dem Chou, compte sur le soutien de ses fans et de la population togolaise. Il compte marcher sur les pas de ses aînés qui hissent le drapeau musical togolais hors des frontières du pays.

    Qualité

    Il a des qualités pour parvenir. Sa voix, les thèmes véhiculés et son style musical, « Afro Rnb » sont ses atouts. La chanson « Ogblé » qui a séduit le jury d’Avé music awards, est une preuve. Mais pas seulement. Le clip sorti 26 juillet dernier cumule déjà plus de mille vues sur Youtube. Pour un jeune qui est à ses débuts, ces milliers de likes sur la toile révèlent déjà son talent. Une voix venue du fin fond de la forêt (Avé) qui force admiration.

    Avé music awards s’est déroulé en marge de la fête traditionnelle Avezan (fête de la forêt). 31 artistes de la localité ont été nominés dans des catégories, « Meilleur rappeur », « Artiste de tous le temps », « Artiste Rnb », « Meilleur clip de l’année », entre autres. Le prix promeut les artistes et leurs œuvres musicales.

    Le succès appelle un autre. Lil Dem Chou compte maintenir le cap pour les prochaines éditions d’Avé music awards. Son ambition, profiter de cette vitrine musicale locale pour se faire un nom dans le showbiz togolais et international. A suivre.

    Thibaut Mawunyigan

  • Togo : deux militants citoyens enlevés dans un contexte de répression

    Togo : deux militants citoyens enlevés dans un contexte de répression

    Deux militants de l’organisation citoyenne “Tournons la Page” ont été enlevés à Lomé le 22 août, dans un contexte politique et social tendu. La société civile togolaise réclame des réformes démocratiques. 

    Dans les rues de Lomé, la capitale du Togo, deux jeunes militants, Armand et Oseï, ont été arrêtés le 22 au soir. Membres actifs de l’organisation citoyenne “Tournons la Page”, ils sont actuellement détenus au Service Central de Recherche et d’Investigation Criminelle (SCRIC). Bien que leur avocat ait confirmé qu’ils n’ont pas subi de violences physiques, les raisons de leur arrestation demeurent floues, suscitant l’inquiétude et l’indignation au sein de la société civile.

    Intimidation et répression : une stratégie de silence

    Le mouvement “Tournons la Page” dénonce ce qu’elle considère comme des pratiques d’intimidation visant à museler les voix dissidentes. Selon David Dosseh, le coordinateur de l’organisation, les arrestations ciblent particulièrement les jeunes capables de mobiliser et de sensibiliser la population à travers des manifestations spontanées. “Le dernier recours pour la population, ce sont ces manifestations spontanées. Et il faut faire en sorte de les mettre hors de nuire”, explique-t-il au micro de TV5MONDE. 

    Cette stratégie, perçue comme un complot pour réduire au silence les acteurs de la société civile, a poussé certains militants à chercher refuge à l’étranger, craignant pour leur sécurité. Pour David Dosseh toute forme de contestation est rendue impossible. “Nous avons compris qu’il y a un plan évident pour que la société civile ne puisse plus s’exprimer du tout, ne puisse plus faire des actions de terrain, ne puisse plus mobiliser la population”, déplore-t-il auprès de TV5MONDE.

    Les récentes arrestations ne sont pas un cas isolé. La coalition politique DMP a également exprimé son mécontentement face à ce qu’elle qualifie d’arrestations arbitraires de jeunes, une tendance qui s’est intensifiée depuis les manifestations de juin dernier. 

    Parallèlement, un prisonnier politique incarcéré à la prison civile de Lomé depuis 2018 a entamé une grève de la faim pour dénoncer des actes de torture, soulignant ainsi les violations des droits humains dans le pays.

    Malgré les appels à la transparence et au respect des droits fondamentaux, le gouvernement togolais n’a pas souhaité commenter ces événements, selon les informations recueillies par TV5MONDE. Ce silence ne fait qu’accentuer les préoccupations concernant la liberté d’expression et les droits civiques au Togo.

    Source: information.tv5monde.com/afrique

  • FTF: Hervé Agbodan out, Mana Palanga in

    FTF: Hervé Agbodan out, Mana Palanga in

    Palanga Manabidédé Kobié succède à Agbodan Tété Hervé au poste du secrétaire général du Comité exécutif de la Fédération togolaise de football (FTF).

    Le Comité Exécutif de la Fédération Togolaise de Football (FTF) a l’honneur d’annoncer la nomination de Monsieur PALANGA Manabidédé Kobié au poste de Secrétaire Général.

    Cette nomination, qui prend effet le lundi 1er septembre 2025, s’inscrit dans le cadre de la réorganisation interne de la Fédération, visant à renforcer nos structures pour accompagner le développement du football togolais.

    Monsieur PALANGA Manabidédé Kobié succède à Monsieur AGBODAN Tété Hervé, que le Comité Exécutif tient à remercier chaleureusement pour son professionnalisme et son travail remarquable. Son engagement et ses efforts ont grandement contribué à l’avancement de nos projets et à la consolidation de notre gouvernance.

    Le Comité Exécutif réaffirme sa détermination à œuvrer pour le développement continu du football togolais et à assurer une transition fluide afin de garantir la continuité des actions entreprises.

    Avec ftftogo.com

  • Le Togo s’enfonce dans la boue de la 5è République de la faim

    Le Togo s’enfonce dans la boue de la 5è République de la faim

    Incapable d’assurer la sécurité alimentaire aux Togolais, le régime se bat et obtient du Japon un don de riz, quelques semaines avant le sommet Ticad 2025, au lieu de préparer les projets de développement pour cette rencontre

    Le Togo s’enfonce dans la boue de la Ve République de la faim. Incapable d’assurer la sécurité alimentaire aux Togolais, le régime se bat et obtient du Japon un don de riz, quelques semaines avant le sommet Ticad 2025, au lieu de préparer les projets de développement pour cette rencontre.

    Conséquence directe, alors que les présidents des pays voisins reviennent de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique avec des contrats concrets, l’ex-chef d’Etat togolais, déjà servi en riz, rentre bredouille.

    A son retour de Yokohama, Faure Gnassingbé est accueilli avec l’annonce d’une grève du secteur bancaire qui démarre ce lundi (grève provisoirement suspendue, NDLR) pour protester contre le licenciement d’une quarantaine d’agents, alors que le coût de la vie crève le plafond et que les familles tirent déjà le diable par la queue.

    Les Togolais ont besoin d’un gouvernement sérieux qui se mette au travail et résolve les problèmes, ne fusse que ceux de la faim pour commencer.

    Pendant ce temps, même la composition d’une telle équipe est devenue une mission impossible depuis 3 mois, bien que le régime détienne 95,5% des députés. L’avidité de Faure Gnassingbé pour le pouvoir est devenue un poison qui affame le peuple et qui ronge les fondations de la République, dans un profond désordre politique. Tout s’écroule. Vraiment fascinant !

    Nathaniel Olympio

    Président du Parti des Togolais

  • Licenciement du SG du SYNBANK : le calme avant la tempête ?

    Licenciement du SG du SYNBANK : le calme avant la tempête ?

    Le sit-in annoncé devant se tenir devant toutes les institutions bancaires et assurantielles ce lundi 25 août au Togo, dans la foulée du licenciement d’une quarantaine d’employés de Sunu Bank, est suspendu. Provisoirement.

    Le vendredi 22 août, 42 employés de Sunu Bank Togo, dont le Secrétaire général du SYNBANK,  sont informés de leur licenciement. Le Syndicat des employés et cadres des assurances du Togo (SYNASSUR) et le Syndicat des employés et cadres des banques, des établissements financiers et des assurances du Togo (SYNBANK) montent au créneau et appellent à un mouvement d’humeur.

    Le choix est porté sur un sit-in devant se tenir devant les institutions bancaires et assurantielles sur l’ensemble du territoire. La date aussi est connue : à compter de ce lundi 25 août 2025.

    C’est parce que, expliquent ces deux organisations syndicales, « l’heure est grave » qu’elles sonnent la mobilisation, convaincues que le renvoi de leurs camarades s’est fait « en violation de toutes les dispositions réglementaires ».

    Suspension provisoire

    A la veille du début du sit-in, Gilbert Bawara, le ministre de la Réforme du service public, du Travail, et du Dialogue social, rencontre les responsables des deux syndicats. La concertation débouche sur une suspension provisoire de la décision de grever. Il est annoncé une nouvelle rencontre destinée à « examiner les problèmes de fond » afin d’ « envisager les solutions idoines ».

    L’objectif, éviter la paralysée des activités des banques et assurances. Une autre concertation doit se tenir ce lundi entre les syndicalistes et les autorités politiques. Un appel à une grève de trois jours en septembre reste dans le tuyaux.

    Nous y reviendrons !

  • Togo. Katanga, le «ghetto» des pêcheurs délogés puis délaissés

    Togo. Katanga, le «ghetto» des pêcheurs délogés puis délaissés

    Reportage · Face à la mer, à l’est du vaste port de la capitale Lomé, ce quartier de pêcheurs est devenu un vrai « ghetto » à la suite du délogement de ses habitants de son ancien emplacement pour l’extension du grand port construit par Bolloré. Malgré la mauvaise réputation et les violences policières, les « Katangais » tentent de maintenir une certaine solidarité et de reconstruire leur lieu de vie.

    Des centaines de petites cabanes posées côte à côte, avec des feuilles de palmiers pour murs et des bâches pour toits : le quartier de pêcheurs de Katanga, niché face à la mer, à une dizaine de kilomètres à l’est de Lomé, la capitale du Togo, détonne au milieu des hôtels, des restaurants, des villas ostentatoires et des grandes usines de la ville. Coincé entre le grand port de la capitale, dirigé jusqu’en 2023 par le groupe français Bolloré, et le nouveau port de pêche – un don des Japonais.

    La situation géographique de Katanga attire depuis longtemps des populations arrivées de différents pays du golfe de Guinée. Togolais, Ghanéens, Béninois et Nigérians… Quelques 3 000 personnes cohabitent dans ce village à l’allure négligée. Deux entrées permettent d’accéder à Katanga : une piste partant de la route du Bénin, ou depuis la plage, en contournant l’embouchure d’un ruisseau grisâtre malodorant qui charrie les déchets des usines environnantes.

    Les difficultés d’accès, à cause de l’éloignement géographique du centre urbain de Lomé et du manque d’infrastructures de transport, conjuguées au caractère « étranger » du lieu, ont cantonné le quartier à une position périphérique. Cette mise à l’écart a nourri le sentiment d’altérité des citadins de la capitale envers cette population d’exilés considérée comme marginale. Amandine Spire, spécialiste des sociétés urbaines et des dynamiques migratoires en Afrique subsaharienne, définit cette marginalité comme « le paradoxe de l’invisibilité de l’identité étrangère », un paradoxe consistant en une invisibilité sociale et politique.

    Ici on parle l’akan, l’adan, l’ashanti et le kabiyè

    Sans représentation, peu reconnu par les institutions, mais loin de passer inaperçu, le quartier attire l’attention par ses pratiques sociales et culturelles atypiques incarnées par la forte présence d’une population considérée comme étrangère. Ce contraste révèle toute la complexité de Katanga : mis à l’écart des circuits officiels de la ville, il n’en occupe pas moins une place bien réelle dans l’imaginaire urbain, comme un espace différent, marginal, et pourtant symboliquement central dans la construction de l’altérité à Lomé.

    La forte diversité communautaire se manifeste clairement dans les espaces de sociabilité de Katanga, marqués par une grande richesse linguistique. Jacques, 37 ans, pêcheur depuis son enfance, habite dans le village voisin de Gbétsogbé, accolé au port de pêche. Pourtant, tout le monde à Katanga le connaît et le salue en passant. « Jack bless », lui lancent-ils. « No one cares », répond-il en souriant. En nous accompagnant, il précise que les langues les plus parlées à Katanga sont l’akan, l’adan, l’ashanti et le kabiyè.

    Ce samedi de mars, sous un soleil brûlant à son zénith, nous empruntons la piste qui mène au quartier depuis la route. Nous traversons des venelles recouvertes de sable noirâtre : des femmes participent à la transformation du poisson, des hommes reprisent des filets de pêche, d’autres reviennent de la mer imprégnés d’une odeur iodée.

    La drogue pour s’évader

    Peu s’aventurent dans ce quartier, réputé dangereux et rempli de « drogués », mais, malgré les déchets omniprésents, les ruelles sont animées et mènent toutes à une place circulaire, le point névralgique du village.

    Installé sur un banc en bois, non loin du bar qui fait vibrer le quartier chaque jour au rythme de l’afrobeat, Khalifa, pantalon en dessous de la taille façon sagging, allume son joint de cannabis avant de le tendre à son « grand frère » Jacques. « On aime porter le pantalon comme ça, comme Tupac », lance Khalifa. Ce pêcheur résidant lui aussi à Gbétsogbé, aime se poser à Katanga pour se détendre après une nuit passée en mer. Deux autres jeunes semblent en transe après avoir consommé du tramadol, un analgésique de la classe des opioïdes très répandu au Togo. Le regard perdu dans l’horizon, ils basculent vers l’avant se pliant sur eux-mêmes, leurs mentons sur le point de toucher leurs genoux, avant de se redresser soudainement, tels des zombies.

    À quelques mètres, des enfants jouent au football avec un ballon déchiqueté. Soudain, arrivant comme par magie au milieu de la fumée, une mère hèle son gamin. Cette femme d’une quarantaine d’années est vendeuse de fruits au port de pêche. « Mon dernier ne veut plus aller à l’école depuis quelques semaines. J’ai essayé de le convaincre mais, pour devenir pêcheur, il pense qu’il n’a plus besoin d’y aller », confie-t-elle.

    Tué à 27 ans lors d’une intervention policière

    Katanga n’est pas seulement le territoire des jeunes fumeurs. Les habitations à même le sable ne sont pas la propriété de ceux qui les occupent. Chaque ménage est tenu de verser une taxe mensuelle de 1 000 F CFA (soit environ 1,53 euro) à l’État, sous peine d’expulsion. Aux yeux du gouvernement, cette forme de « ghettoïsation » ternit l’image de la ville et reste perçue comme un obstacle à son développement urbain. Livrés à eux-mêmes, les habitants de Katanga se plaignent de l’absence de services de nettoyage, un abandon illustré par l’imposante montagne de déchets qui borde le littoral et altère le paysage maritime. Les habitants disent avoir attendu deux ans pour que des techniciens municipaux se rendent enfin sur place, en janvier, afin d’étudier la possibilité d’une nouvelle opération de salubrité.

    La montée des eaux est un autre défi pour le village. L’inaction du gouvernement est perçue comme le signe d’une volonté de se débarrasser du quartier. L’océan engloutit chaque année de cinq à dix mètres de plage et les maisons construites avec des matériaux de fortune sur son passage. Cette situation s’est aggravée avec la construction du port de Lomé, en 1967, et le barrage hydroélectrique d’Akosombo, au Ghana. La modification des fonds marins a précipité, à l’est du port, un départ de sédiments qui contribuaient à limiter l’érosion, et le phénomène a été exacerbé par les effets du changement climatique ainsi que par l’extraction de graviers par les riverains.

    Les installations électriques improvisées, basées sur un système de câblage en araignée relié à un réseau clandestin, exposent les habitants à un risque permanent d’électrocution et d’incendie. Patricia, vendeuse ambulante de fruits, a vu sa maison familiale partir en fumée début décembre 2024. « Nous n’avons pas les moyens de la reconstruire », dit-elle, visiblement éprouvée. Quelques semaines auparavant, la famille avait déjà été frappée par un autre drame : son frère Modcho, 27 ans, avait été tué lors d’une intervention policière visant à démanteler un point de vente de cannabis. Selon plusieurs témoins, Modcho aurait tenté de s’interposer pour empêcher l’arrestation d’une vendeuse. Les policiers auraient alors ouvert le feu. Modcho était l’un des rares soutiens financiers du foyer, dont dépendaient également sa compagne et ses enfants. Depuis l’incendie, la famille est complètement désemparée, livrée à elle-même, sans ressources ni perspectives.

    « On constate une réduction des stocks de poissons »

    Assis en cercle sur le sable, devant la mer, cinq hommes d’une cinquantaine d’années réparent des filets de pêche en sirotant du sodabi, la boisson locale distillée à base de vin de palme.

    La réparation d’un filet de 100 mètres est rémunérée 10 000 F CFA, une somme dérisoire pour deux semaines de travail. Ils ne parlent pas français mais éwé, l’une des langues officielles du Togo, sont analphabètes et n’ont jamais fréquenté l’école. « Nos enfants sont aussi pêcheurs, mais les nouvelles générations prennent d’autres chemins parce qu’on constate une réduction des stocks de poissons », raconte Pascal, débraillé, avec une tenue aussi échevelée que son discours est hésitant. « De plus, les Ghanéens viennent ici avec des embarcations plus sophistiquées et des filets qui ne respectent pas les tailles autorisées. Ils capturent tous nos poissons », poursuit l’ancien pêcheur.

    « Il y a cinquante ans, on pêchait deux fois plus de poissons. Des navires chinois viennent capturer nos espèces avec des filets trop serrés », dénonce David, ancien pêcheur résidant à Katanga. Dans les eaux du Togo, pays du golfe de Guinée, la surpêche et la pêche illégale sont un problème récurrent depuis des décennies. En dépit des efforts du gouvernement togolais, à travers des patrouilles maritimes et le renforcement de la législation en 2016, la pêche illégale représente 37 % des captures.

    « Le gouvernement permet cette situation »

    Au Togo, les conséquences de la surpêche sont aggravées par d’autres facteurs, comme l’absence de période de repos biologique maritime. L’expérimentation par le Ghana de cette trêve imposée pousse les pêcheurs ghanéens à venir pêcher au large des côtes de son voisin, fragilisant davantage son écosystème.

    Face aux navires industriels étrangers, les pêcheurs artisanaux sur leurs petites pirogues motorisées ne font pas le poids. Parfois, voulant pêcher de nuit et profiter des lumières des grands navires stationnés dans le port de Lomé, ils s’approchent trop près et sont pris pour des pirates.

    « Les Ghanéens viennent sur nos côtes et ramassent tous les petits poissons. C’est pour ça qu’on a de moins en moins de gros poissons », raconte Kossivi, qui a dû abandonner la pêche quand sa pirogue s’est cassée. Depuis longtemps, la pêche n’était plus une activité lucrative : « On dépense plus en carburant qu’on ne fait de bénéfices. » Et le quadragénaire de conclure : « Le gouvernement permet cette situation en acceptant l’argent des Ghanéens qui paient une taxe pour violer en toute impunité la loi qui interdit les filets de mailles trop étroites. De plus, les vendeuses de poisson sont elles aussi complices. Elles en profitent. »

    Quand le port de Bolloré délogeait les pêcheurs

    La pêche artisanale représente 99 % de la production totale marine du Togo. Pourtant, les pêcheurs déplorent un manque de soutien du gouvernement à ce secteur qui emploie 20 000 personnes et représente 4,5 % du PIB, selon les chiffres du ministère de l’Économie maritime du Togo.

    Le gouvernement prétexte la nationalité étrangère supposée des habitants de Katanga pour justifier le manque d’investissement en faveur de cette communauté de pêcheurs. Cette dernière se sent abandonnée de l’État et craint à tout moment d’être délogée.

    « On nous a forcés à partir avec la construction du troisième quai du port de Lomé en 2002 », rappelle Cécile, une résidente d’environ 70 ans qui connaît bien l’histoire du quartier. Le souvenir du délogement forcé, pour construire le port de Bolloré, reste encore très présent dans les esprits. Contraints de partir, les gens se sont installés quelques kilomètres plus loin sans aucun dédommagement.

    Les habitants l’appellent le « ghetto »

    En plus de leurs habitations, les pêcheurs perdent alors leur port artisanal. La promesse d’un nouveau port de pêche ne se concrétise que bien plus tard, en 2019. Les pêcheurs dénoncent aujourd’hui des insuffisances dans le chenal d’accès du nouveau port de pêche qui a déjà coûté la vie1 à deux d’entre eux et causé la perte de treize pirogues rien que pour le mois de juillet 2020. « Les vagues doivent être cassées en amont, elles sont trop proches du chenal », explique Kossi, un jeune pêcheur.

    Les stupéfiants en circulation, la prostitution, la pauvreté, l’insalubrité et la délinquance ont fait de Katanga ce que beaucoup considèrent comme la pire banlieue de la capitale. Les habitants eux-mêmes l’appellent le « ghetto ».

    La précarité économique de la pêche (500 F CFA de gains lors d’une mauvaise journée) et le manque d’opportunités en dehors de ce secteur poussent les jeunes à considérer la vente de cannabis comme l’unique option de survie. D’autres formes de délinquance telles que le vol, le braquage ou des règlements de comptes violents ont contribué à stigmatiser cette population au sein de la société loméenne.

    Une mauvaise réputation qui perdure

    Les zemidjans (motos-taxis) refusent de s’y rendre, et les citadins de Lomé déconseillent d’y aller. De fait, les personnes étrangères ne faisant pas partie du village sont perçues avec méfiance et exposées aux braqueurs. Se faire accompagner d’un résident est le seul moyen d’entrer en toute sécurité. Face à cette situation, la communauté s’est organisée pour écarter les bandits. La mauvaise réputation perdure bien que les agressions en plein jour soient de plus en plus rares.

    À l’intérieur, une hiérarchie tirée de la coutume garantit un certain ordre, fidèle aux perceptions de la justice sociale. Loin de s’apitoyer, la population compense la précarité par des formes multiples de solidarité et d’entraide.

    Les conditions de vie engendrées par la précarité et amplifiées par l’isolement de Katanga favorisent une addiction précoce aux stupéfiants. Katanga est devenu un lieu de deal mais aussi un refuge pour celles et ceux qui sont en rupture avec les normes sociales imposées par la famille.

    Vente de cannabis et de repas chauds

    Chez elle, une mère de famille prépare des enveloppes de cannabis pour la vente. « On est nés dedans », explique Jeanne (nom d’emprunt), qui consacre sa vie aux enfants vulnérables. Proche de la soixantaine, elle s’est dévouée corps et âme à nourrir, habiller et scolariser ces mineurs abandonnés à leur sort.

    Pour ce faire, elle utilise une méthode peu orthodoxe : la vente de cannabis et de repas chauds qui lui permet d’assurer un revenu régulier pour financer les besoins de dizaines d’enfants. « Ce n’est pas pour rien qu’on la surnomme “la maman” dans tout Katanga ! », dit Akalai, un jeune que Jeanne a vu grandir. Malgré quelques passages éphémères à la prison civile de Lomé, elle n’a jamais baissé les bras. Elle fait la fierté des habitants de Katanga, qui la protègent même des descentes de police régulières dans le quartier.

    La criminalité et la présence de stupéfiants justifient les opérations inopinées de la gendarmerie à Katanga. « Des grands bandits se réfugient à Katanga. Il y a quelques années, la police n’osait même pas y intervenir », affirme Kokou, habitant de Lomé et fondateur d’un centre culturel. La stigmatisation du quartier engendre parfois des interventions disproportionnées, comme celle qui a coûté la vie à Modcho. Sa famille, résignée, refuse de saisir la justice. « Ça ne sert à rien de porter plainte contre l’État », lâche sa sœur, d’un ton las. Pour sa compagne, la perte est lourde : endeuillée, elle se tourne désormais vers la solidarité de la communauté pour subvenir aux besoins des enfants du couple.

    Source: afriquexxi.info

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