Étiquette : Togo

  • Au Togo, une répression silencieuse étouffe les voix dissidentes

    Au Togo, une répression silencieuse étouffe les voix dissidentes

    La réforme constitutionnelle d’avril 2024, qui a permis à l’ex-président Faure Gnassingbé d’obtenir la présidence du conseil, sans limitation de mandat, avait provoqué une vague de contestation au printemps. Face à la dureté de la répression du gouvernement, les opposants ont cessé leur mobilisation.

    La date avait été choisie pour perturber l’ouverture du 9e Congrès panafricain, organisé à Lomé. Lundi 8 décembre, les Togolais étaient appelés à descendre dans la rue pour protester contre le pouvoir de Faure Gnassingbé, à la tête du pays depuis vingt ans. Depuis plusieurs semaines, des relais du Mouvement du 6 juin (M66) – majoritairement composé d’influenceurs de la diaspora – exhortaient, sur TikTok, la population à relancer la contestation qui avait éclaté au printemps.

    A Bè, quartier populaire du sud-est de la capitale, un important dispositif de sécurité était déployé. Mais les forces de l’ordre n’ont pas eu à intervenir. Personne n’est sorti manifester. La répression mise en œuvre par les autorités depuis six mois contre toute personne impliquée dans la contestation, qui avait fait sept morts, selon les organisations de la société civile – cinq selon le gouvernement, qui évoque des « noyades » –, semble avoir eu raison de la mobilisation des Togolais.

    Et étouffé le mouvement de colère apparu après la réforme constitutionnelle d’avril 2024. Celle-ci a permis à Faure Gnassingbé de passer de la présidence de la République à la présidence du…

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  • Réduction des financements des DSSR/PF : REMAPSEN alerte

    Réduction des financements des DSSR/PF : REMAPSEN alerte

    Au Togo, la chute des financements des projets liés aux Droits et santé sexuels et reproductifs / Planification familiale (DSSR/PF) a des conséquences sur les femmes, les jeunes…

    Pour une seconde fois dans ce mois de décembre, la section nationale du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN-Togo) a mobilisé des journalistes pour le « Rendez-vous du REMAPSEN ».

    Cette rencontre a permis aux participants de comprendre qu’il y a de réels impacts de la réduction des financements des Droits et santé sexuels et reproductifs / Planification familiale (DSSR/PF) sur les femmes, les jeunes dans leur pays.

    Ces financements ont contribué à la baisse de la mortalité maternelle, l’amélioration des services destinés aux jeunes, la hausse de la prévalence contraceptive. Sauf que cette embellie prend un coup à cause de la réduction des aides internationales, a alerté  Ambroisine Mèmêdé, la coordinatrice du REMAPSEN-Togo. Aujourd’hui, a-t-elle, ajouté, 34% des besoins en contraception ne trouvent pas de solution. La prévalence contraceptive, elle, cale à 24%. Des données réelles fiables que ce « Rendez-vous du REMAPSEN » a permises d’avoir.

    En dépit des efforts de l’Etat, sans des financements internationaux, les résultats ne peuvent être atteints. La preuve, a rappelé, Dr Abram Amétépé Agossou, le chef de la Division santé de la mère et de l’enfant (DSME), l’objectif moins de 70 décès d’ici 2030 ne sera pas réaliste parce que le ratio de mortalité maternelle en 2023 est de 362 décès pour 100 000 naissances vivantes.

    Apoété Zekpa, Secrétaire exécutif du Réseau des champions en plaidoyer pour le financement adéquat de la santé au Togo (RCPFAS-Togo), est, de son côté, revenu sur le cadre légal, notamment les textes et stratégies  qui entourent les actions du gouvernement, insistant sur le fait que beaucoup de sont aujourd’hui en difficulté.

    Ce « Rendez-vous du REMAPSEN » a été organisé en prélude à la réunion annuelle du Partenariat de Ouagadougou prévue à Lomé, la capitale togolaise. Avec pour mot d’ordre, tout faire pour sauver ce qui peut l’être, c’est-à-dire limiter les conséquences du tarissement des aides devant permettre le financement des projets liés à la planification familiale, etc.

  • Amélioration des conditions de détention au Togo : La CNDH procède à la remise officielle d’un guide pratique destiné aux surveillants de l’administration pénitentiaire

    Amélioration des conditions de détention au Togo : La CNDH procède à la remise officielle d’un guide pratique destiné aux surveillants de l’administration pénitentiaire

    Les locaux du ministère des droits de l’homme ont servi de cadre ce 11 décembre 2025 à une cérémonie solennelle de remise d’un guide à l’usage des surveillants de l’administration pénitentiaire(SAP) du Togo.

    Elaboré par la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), agissant au titre du Mécanisme National de Prévention de la torture (MNP), avec le soutien  du fonds spécial OPCAT, ce guide vise à outiller les surveillants pénitentiaires (SAP) du Togo pour :

    • garantir le respect des droits humains en détention ;
    • prévenir la torture, les abus et les mauvais traitements ;
    • améliorer la gestion humaine, sécurisée et efficace des établissements pénitentiaires.

    Présidée par le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des droits humains en présence du Président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), la cérémonie a rassemblé des responsables du ministère de la justice et de droits humains, de la CNDH, de l’administration pénitentiaire, du commandement du corps des SAP ainsi que plusieurs surveillants de l’administration pénitenatiaire.

    Dans son allocution, le Ministre de la Justice Me ADJOUROUVI Pacôme a salué « un outil essentiel qui contribuera à l’amélioration de la gouvernance pénitentiaire, au renforcement des capacités des surveillants et à la promotion du respect de la dignité humaine au sein des lieux de privation de liberté ». Il a rappelé l’engagement du Togo à poursuivre les réformes engagées dans le secteur de la justice et à mettre en œuvre les standards internationaux en matière de détention.3

    Le Président de la CNDH Monsieur SANVEE Ohini Kwao a, pour sa part remercié le ministre pour sa disponibilité et sa sollicitude habituelle à l’endroit de la CNDH. Il a invité tous les responsables des lieux de privation de liberté à s’approprier le guide qui leur est destiné afin de renforcer l’image du Togo en matière des droits de l’homme en général et des droits des détenus en particulier.

    Le nouveau guide, élaboré avec l’appui de partenaires nationaux et internationaux, fournit des orientations pratiques sur :

    • la gestion humaine et sécuritaire des personnes détenues ;
    • les procédures disciplinaires ;
    • la prévention de la torture et des traitements inhumains ;
    • les droits fondamentaux des personnes privées de liberté ;
    • la gestion des situations d’urgence et des incidents en milieu carcéral ;
    • l’éthique professionnelle et la déontologie du surveillant.

    Pour leur part, le commandant du corps des SAP et le Directeur de l’administration pénitentiaire ont tour à tour souligné que « ce guide vient répondre à un besoin de formation continue et d’unification des pratiques ». Ils ont également salué le dévouement des surveillants et les ont exhortés à s’approprier pleinement le document.

    La cérémonie s’est achevée par la remise symbolique du guide au commandant du corps des surveillants de l’administration pénitentiaire.

    Des sessions de formation et de vulgarisation sont annoncées dans les prochaines semaines afin d’assurer une mise en œuvre harmonieuse du document.

    Avec ce nouvel outil, l’administration pénitentiaire togolaise renforce son professionnalisme et confirme sa volonté d’inscrire la gestion carcérale dans une approche centrée sur la dignité humaine et la réinsertion.

  • C𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞 𝟗ᵉ 𝐂𝐨𝐧𝐠𝐫𝐞̀𝐬 𝐩𝐚𝐧𝐚𝐟𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧 𝐝𝐞́𝐯𝐨𝐢𝐥𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐥𝐥𝐞𝐜𝐭𝐮𝐞𝐥𝐬 𝐟𝐚𝐮𝐬𝐬𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬

    C𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞 𝟗ᵉ 𝐂𝐨𝐧𝐠𝐫𝐞̀𝐬 𝐩𝐚𝐧𝐚𝐟𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧 𝐝𝐞́𝐯𝐨𝐢𝐥𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐥𝐥𝐞𝐜𝐭𝐮𝐞𝐥𝐬 𝐟𝐚𝐮𝐬𝐬𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬

    Mais au-delà, ce congrès panafricain est une blessure pestilentielle, ou plutôt la réactivation d’une blessure historique et mémorielle qui traverse les peuples africains et leur jeunesse.

    Avant l’ouverture du congrès, j’avais prévu de donner ma voix à travers une communication déjà prête. Mais j’ai choisi une autre posture : observer, lire, écouter, analyser, méditer et intervenir plus tard. Et ce que je note pour l’instant est affligeant : 𝒖𝒏 𝒄𝒐𝒏𝒈𝒓𝒆̀𝒔 𝒎𝒂𝒓𝒒𝒖𝒆́ 𝒑𝒂𝒓 𝒅𝒆𝒔 𝒅𝒆́𝒏𝒐𝒏𝒄𝒊𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏𝒔, 𝒅𝒆𝒔 𝒄𝒐𝒏𝒕𝒓𝒂𝒅𝒊𝒄𝒕𝒊𝒐𝒏𝒔 𝒆𝒕 𝒅𝒆𝒔 𝒊𝒏𝒄𝒐𝒉𝒆́𝒓𝒆𝒏𝒄𝒆𝒔 𝒅𝒆 𝒕𝒐𝒖𝒕𝒆𝒔 𝒔𝒐𝒓𝒕𝒆𝒔 — 𝒊𝒏𝒕𝒆𝒍𝒍𝒆𝒄𝒕𝒖𝒆𝒍𝒍𝒆𝒔, 𝒆́𝒕𝒉𝒊𝒒𝒖𝒆𝒔, 𝒆́𝒑𝒊𝒔𝒕𝒆́𝒎𝒊𝒒𝒖𝒆𝒔, 𝒊𝒅𝒆́𝒐𝒍𝒐𝒈𝒊𝒒𝒖𝒆𝒔 𝒆𝒕 𝒑𝒐𝒍𝒊𝒕𝒊𝒒𝒖𝒆𝒔. Rien de surprenant, hélas. C’est presque une messe noire consacrant un pseudo-intellectualisme, une régression du panafricanisme, un fourvoiement politico-idéologique dont les peuples africains paient encore le prix.

    Ce qui se joue avec le pseudo-panafricanisme du régime de Faure Gnassingbé est plus complexe qu’il n’y paraît. C’est précisément pour cela que notre posture ne doit être ni réductrice ni simpliste. Mais les réactions citoyennes « à chaud » que nous observons partout sur la toile sont nécessaires et légitimes : elles dénoncent, à juste titre, un congrès prétendument panafricain qui fait offense à la souffrance du peuple togolais et, au-delà, à la dignité du peuple africain. Il faut même continuer à multiplier ces dénonciations après la fin du congrès.

    Nous devons le marteler encore et encore : le régime de dictature de Faure E. Gnassingbé ne possède aucune des caractéristiques minimales — démocratiques, institutionnelles ou symboliques — qui permettraient d’abriter un congrès panafricain. Les idéaux du panafricanisme sont en totale contradiction structurelle avec les pratiques d’un régime illégal et illégitime, qui ne garantit ni libertés fondamentales, ni participation citoyenne.

    Mais au-delà, ce congrès est une blessure pestilentielle, ou plutôt la réactivation d’une blessure historique et mémorielle qui traverse les peuples africains et leur jeunesse. Il ravive un soupçon persistant : celui qui entoure la mission des intellectuels africains, soupçon nourri par les trahisons supposées ou réelles par nombre d’entre eux depuis les luttes d’indépendance.

    Malheureusement, l’Afrique souffre encore de certaines de ses élites intellectuelles et universitaires — élites dont plusieurs méritent, hélas, le nom d’« intellectuels faussaires ». J’emprunte ici l’expression à Pascal Boniface et à son ouvrage 𝐿𝑒𝑠 𝐼𝑛𝑡𝑒𝑙𝑙𝑒𝑐𝑡𝑢𝑒𝑙𝑠 𝑓𝑎𝑢𝑠𝑠𝑎𝑖𝑟𝑒𝑠. Dans le cas présent, je fais référence à ces intellectuels qui se proclament panafricanistes, mais qui vendent leurs expertises aux dictateurs du continent et leur servent de caution morale.

    Leur instrumentalisation mercantile du panafricanisme — cette idéologie qu’ils prétendent incarner et défendre — a été exposée au grand jour, mise à nu, prise en flagrant délit lors du congrès de Lomé. Et toute la jeunesse africaine l’a vu. Elle a vu comment certains penseurs, au lieu d’éclairer la route de l’émancipation, préfèrent s’agenouiller devant les pouvoirs les plus répressifs, troquant la dignité intellectuelle contre des privilèges dérisoires.

    Ce sont contre ces intellectuels faussaires — ces chantres autoproclamés du panafricanisme — que mon encre et mon verbe s’insurgeront dans les heures et les jours à venir. Le 9ᵉ Congrès panafricain de Lomé aura été, malgré lui, un miroir de tord-boyaux tendu aux élites africaines : un rappel sévère qu’on ne trahit jamais impunément la conscience d’un peuple opprimé, et encore moins celle de sa jeunesse.

    « Le Burkina Faso sera le tombeau de l’impérialisme », déclarait le Président Ibrahim Traoré dans la lignée de Thomas Sankara.

    Le Togo, lui, sera le tombeau du pseudo-panafricanisme — que ce soit dit, ici, en hommage à Sylvanus Olympio.

    Je m’arrête ici pour l’instant. Le reste vient.

    Dr Kossigan Cyrille Kokou-Kpolou

  • Lutte contre les VBG : ONG La Colombe implique les étudiants de l’ESIG dans la lutte

    Lutte contre les VBG : ONG La Colombe implique les étudiants de l’ESIG dans la lutte

    C’est parce que les filles et femmes handicapées sont plus exposées aux violences que l’ONG La Colombe a encouragé les étudiants de l’Ecole supérieure d’informatique et de gestion (ESIG) à faire leur part dans la lutte pour une société juste.

    La Lutte contre les violences faites aux filles et femmes handicapées est un mal qui ronge la société surtout que ces dernières sont deux ou trois fois plus exposées.

    La meilleure solution ? La sensibilisation voire la rééducation des uns et des autres. C’est dans cette optique que l’ONG La Colombe a animé une conférence ce vendredi au profit des apprenants de l’Ecole supérieure d’informatique et de gestion à Lomé.

    Cette rencontre a porté sur le thème « Violences faites aux filles et femmes handicapées ». Et a permis d’outiller les 200 participants de telle sorte qu’ils deviennent les relais auprès d’autres publics.

    «…approches basées sur l’estime de soi »

    Il s’est agi « D’une rencontre participative avec les étudiants enthousiasmés », a confié Thérèse Adjoa Akakpo, coordinatrice de La Colombe dans des propos rapportés par Grandreporter.

    Et d’ajouter : « Au lieu de les négliger, il est convenu au cours des échanges que les sensibilisations soient menées dans les zones rurales et auprès du public. Des personnes handicapées ne sont pas considérées au même titre que les autres au sein des communautés. Des approches basées sur l’estime de soi et le respect afin de prévenir le suicides et les violences ».

    Joël Batona, spécialiste en sauvegarde, genre et inclusion, a, de son côté, souligné que cette conférence a permis « de clarifier certains concepts liés au handicap, notamment la différence entre la déficience et le handicap, les notions de violences elles-mêmes ».

    Les participants ont donc été outillés sur la typologie des violences que subissent  les filles et les femmes handicapées, leurs conséquences. « Enfin, nous les avons amenés à nous proposer des approches de solutions pour créer un environnement favorable à l’épanouissement des filles et des femmes handicapées », a-t-il enchaîné.

    « Nous avons découvert des jeunes très excellents qui ont réfléchi et nous ont fait des propositions pertinentes, commençant par eux-mêmes et les sensibilisations qu’ils auront à faire dans leurs communautés pour créer un environnement exempt de violentes faites aux filles et femmes handicapées ».

    A la fin de la rencontre, ce sont des étudiants imprégnés des différentes notions liées à cette problématique qui promettent jouer leur participation qui sont repartis chez eux. C’est l’exemple de Camara Mah Sarah Samira, étudiante en comptabilité, qui a déclaré que « Nous devons changer notre mentalité et les (filles et femmes handicapées, NDLR) considérés à leur juste valeur » parce que, a-t-elle insisté,  « la personne handicapée est un être humain comme tout autre et mérite le même respect ».

  • L’ex-Epervier Ludovic Assémoassa est mort à 45 ans

    L’ex-Epervier Ludovic Assémoassa est mort à 45 ans

    L’OL a annoncé, ce mardi dans un message publié sur X, la mort de Ludovic Assémoassa, formé au club avant d’entamer sa carrière professionnelle sous les couleurs de Clermont. L’ancien international togolais s‘est éteint à l’âge de 45 ans.

    Dans un message publié sur son compte X ce mardi, l’OL a annoncé la mort de son ancien joueur Ludovic Assémoassa à 45 ans. “Ludovic Assémoassa, enfant de l’Academy, international togolais, nous a quittés”, indique le club. “Partout où il a joué ou entraîné, Ludovic a fait l’unanimité. Il était profondément aimé. A sa famille, à ses amis, son club de Lyon – La Duchère, l’Olympique Lyonnais adresse ses plus sincères condoléances.”

    Une carrière en Ligue 2 et un match de Coupe du monde

    Né à Lyon, le défenseur a été formé au sein du club phare de sa ville mais n’y a jamais joué avec les professionnels jusqu’à son départ pour Clermont en 2011, à 21 ans. Il y a mené une longue carrière en Ligue 2 avec 121 matchs disputés toutes compétitions confondues. Ludovic Assémoassa a ensuite joué en Espagne sous les couleurs de Ciudad Murcie, puis Grenade pour 34 matchs de Liga 2 et un de Coupe du Roi.

    Ses performances lui ont également permis de devenir international togolais et de disputer la Coupe du monde 2006 avec une titularisation face à la Suisse (2-1) en ouverture de la compétition. Mais celle-ci s’était brutalement achevée avec une rupture des ligaments croisés du genou droit contractée lors de cette rencontre, mettant fin à son Mondial et le privant notamment du match contre la France (2-0). Au total, il a cumulé 5 sélections avec le Togo.

    A l’issue de sa carrière, il s’était reconverti comme entraîneur de Lyon-la Duchère, pensionnaire de National 3. Il avait pris, avec Karim Bounouara et Habib Sisbane, les commandes de l’équipe à l’été 2023 après le départ précipité de l’ancien entraîneur, Jordan Gonzalez. Sous les ordres du trio, le club lyonnais avait signé un joli parcours en Coupe de France après avoir sorti trois équipes de rang supérieur, le GOAL FC (N1), Bastia (L2) ou Thonon Evian Grand Genève (N2), avant de se faire éliminer en 32es de finale contre Le Puy (2-1). Lionel Bah avait succédé au trio à l’été 2024.

    Avec rmcsport.bfmtv.com



    L’OL annonce la mort de son ancien joueur Ludovic Assémoassa, à 45 ans

  • Handicap : l’inclusion doit être la règle insiste REMAPSEN

    Handicap : l’inclusion doit être la règle insiste REMAPSEN

    Il est plus que nécessaire de poursuivre la promotion de l’inclusion et la lutte contre la discrimination à l’égard des femmes et des filles handicapées au Togo.

    L’antenne togolaise du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a organisé son programme dénommé le « Rendez-vous du REMAPSEN » ce lundi 8 décembre à Lomé, pour promouvoir l’inclusion et lutter contre la discrimination à l’égard des femmes et filles handicapées au Togo.

    Cette rencontre d’une journée, organisée en concertation avec ONU FEMMES et l’ONG « La COLOMBE », avec le soutien du fonds MUSKOKA,  s’est déroulée autour du thème « Promotion de l’inclusion et lutte contre la discrimination à l’égard des femmes et des filles handicapées au Togo : rôle des médias ».  Elle-même s’inscrit dans le cadre des 16 jours d’activisme contre les violences à l’égard des femmes et des filles handicapées au Togo.

    Il s’est agi, en réalité, de mettre l’accent sur le rôle que doivent jouer les médias pour faire barrage à la discrimination que subissent les femmes et filles handicapées.

    Dans sa communication, Akakpo-Numado Enyonam Azakpo, président du Conseil d’administration de la Fédération togolaise des associations de personnes handicapées (FETAPH), a rappelé que 10, 73% des Togolais sont handicapés, selon le dernier Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH 2022). Avec la précision  que 57 % de ces handicapés sont des femmes.

    Les violences faites aux femmes et aux filles constituent la violation des droits humains la plus répandue dans le monde, s’alarme ONU Femmes. Et Ambroisine Mèmêdé, coordinatrice nationale dudit réseau d’appeler à agir «  ensemble contre les violences à l’égard des femmes et des filles handicapées ».

    Au Togo, chaque année,  environ 2 000 cas de VBG sont enregistrés. Ce chiffre est encore plus élevé au niveau des femmes handicapées, étant donné que leurs cas sont, généralement, invisibles.

  • Léa Adodo : « Le handicap ne doit pas être une fatalité »

    Léa Adodo : « Le handicap ne doit pas être une fatalité »

    Les femmes et les filles handicapées sont plus susceptibles de subir des violences basées sur le genre que leurs sœurs valides. C’est alarmant.  

    Rencontrée quelques jours seulement après le lancement de la campagne mondiale des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (VBG), Léa Adodo, une femme handicapée, a répété qu’avoir une mobilité limitée ne doit en aucun cas constituer un frein. « Le handicap ne doit pas être une fatalité », a-t-elle insisté.

    Devenue handicapée alors qu’elle était née bien portante, elle reste déterminée à faire face à la vie. Commerçante depuis plusieurs années, basée à Bè-Dangbuipé, à Lomé, la chrétienne convaincue regarde la société d’aujourd’hui avec beaucoup de résilience.

    Victimes invisibles

    La quinquagénaire avoue, en dehors de certains regards interrogateurs sur son état physique, n’avoir pas subi particulièrement les violences basées sur le genre. Néanmoins, elle est conscience que les VBG existent bel et bien.

    Selon l’ONU, les femmes et les filles handicapées sont deux à trois fois plus susceptibles de subir des violences que les femmes sans handicap. Cette situation est inquiétante et nécessite une attention immédiate, souligne Léa Adodo, ajoutant que ces femmes sont des victimes invisibles.

    Ces VBG se déclinent en coups, agressions sexuelles, mutilations,  harcèlement, intimidation, isolement,  viols, agressions sexuelles, exploitation sexuelle, contrôle des finances, privation de ressources.

    Lea Adodo appelle à prendre des mesures idoines pour prévenir et lutter véritablement contre la VBG subie par les femmes et surtout les filles handicapées.

    Notons qu’à travers la campagne mondiale des 16 jours d’activisme contre les VBG, le Réseau des Médias pour la Promotion de l’environnement et la santé, genre et droits humains (REMAPSEN) appelle à agir contre les violences sur les femmes et les filles handicapées. C’est une lutte d’ensemble, réitère-t-il.

  • Togo: Faure Gnassingbé promet un changement de culture politique et une “nouvelle ère institutionnelle”

    Togo: Faure Gnassingbé promet un changement de culture politique et une “nouvelle ère institutionnelle”

    Faure Gnassingbé s’est exprimé pour la première fois, ce mardi 2 décembre, sur la politique nationale depuis le passage du Togo à la 5e République et l’instauration d’un régime parlementaire. Devant le Parlement réuni en Congrès à Lomé, il a évoqué les enjeux de cohésion nationale, de stratégie à l’internationale et du sort des prisonniers.

    Dans un discours passionné devant un parlement acquis à sa cause, Faure Gnassingbé a dévoilé les grandes lignes de sa nouvelle gouvernance, promettant un changement radical de la culture politique au Togo. Il s’agissait de sa première intervention en tant que président du Conseil devant le Parlement réuni en Congrès, ce mardi 2 décembre à Lomé.

    Ce discours marque une étape cruciale dans l’acceptation de son nouveau régime parlementaire. Son objectif était d’introduire une “nouvelle ère institutionnelle”, fondée sur la Constitution récemment entrée en vigueur. Faure Gnassingbé a structuré son programme autour de trois axes principaux: la protection des citoyens, la souveraineté nationale et le rayonnement diplomatique.

    “Rassembler implique de dépasser les clivages politiques“

    Le président du Conseil a mis l’accent sur des enjeux de stabilité politique et des institutions. “Rassembler implique de dépasser les clivages politiques“, a-t-il affirmé. Avant d’ajouter que l’opposition est “une voix nécessaire, une vigie utile, une force de proposition” dans cette République parlementaire. “Mon gouvernement tendra la main à toutes les forces représentées dans cette Assemblée et au Sénat“, a insisté Faure Gnassingbé.

    Bien que son discours n’ait pas comporté d’annonces concrètes, le président du Conseil a donné des directives claires sur la manière de faire face aux menaces djihadistes, notamment dans le nord du pays. Faure Gnassingbé a récemment renforcé ses alliances internationales, comme en témoigne sa visite en Russie où des accords de défense ont été signés.

    Cohésion nationale et mesures pour les prisonniers

    Le président a également insisté sur l’importance de la souveraineté du Togo et de la nécessité d’une voix africaine forte, à l’approche du sommet panafricain de Lomé. “Cette projection extérieure n’est pas déconnectée des réalités intérieures. Elle vise au contraire à soutenir les objectifs nationaux de développement et à mieux valoriser la jeunesse comme la diaspora.”

    Aussi porté sur l’équité territoriale, Faure Gnassingbé a déclaré qu’il tenait à ce que tous les Togolais puissent bénéficier d’un accès à l’eau, à l’éducation, à la santé, à la sécurité et à l’énergie. Il a assuré que cela serait possible grâce à la décentralisation, qui permettra le renfort des instances locales.

    “Une société forte ne se construit ni dans la faiblesse, ni dans la vengeance, mais dans l’équilibre entre justice, humanité et responsabilité.”

    La cohésion nationale a aussi été un pilier de son discours, dans un contexte où le mouvement du 6 juin appelle à manifester le 8 décembre. “Une société forte ne se construit ni dans la faiblesse, ni dans la vengeance, mais dans l’équilibre entre justice, humanité et responsabilité”, a-t-il affirmé alors qu’une partie de la société civile demande la liberation de personnes arrêtées lors des manifestations de mai et juin dernier, dont une trentaine a entamé une grève de la faim.

    Faure Gnassingbé a évoqué la possibilité de mesures de grâce pour les prisonniers, sans préciser si cela inclurait ces détenus politiques. Cette question reste en suspens et pourrait être un test pour la nouvelle gouvernance en termes de droits de l’homme et de réconciliation nationale.

    Source: information.tv5monde.com/afrique

  • Togo. Katanga, le «ghetto» des pêcheurs délogés puis délaissés

    Togo. Katanga, le «ghetto» des pêcheurs délogés puis délaissés

    Reportage · Face à la mer, à l’est du vaste port de la capitale Lomé, ce quartier de pêcheurs est devenu un vrai « ghetto » à la suite du délogement de ses habitants de son ancien emplacement pour l’extension du grand port construit par Bolloré. Malgré la mauvaise réputation et les violences policières, les « Katangais » tentent de maintenir une certaine solidarité et de reconstruire leur lieu de vie.

    Des centaines de petites cabanes posées côte à côte, avec des feuilles de palmiers pour murs et des bâches pour toits : le quartier de pêcheurs de Katanga, niché face à la mer, à une dizaine de kilomètres à l’est de Lomé, la capitale du Togo, détonne au milieu des hôtels, des restaurants, des villas ostentatoires et des grandes usines de la ville. Coincé entre le grand port de la capitale, dirigé jusqu’en 2023 par le groupe français Bolloré, et le nouveau port de pêche – un don des Japonais.

    La situation géographique de Katanga attire depuis longtemps des populations arrivées de différents pays du golfe de Guinée. Togolais, Ghanéens, Béninois et Nigérians… Quelques 3 000 personnes cohabitent dans ce village à l’allure négligée. Deux entrées permettent d’accéder à Katanga : une piste partant de la route du Bénin, ou depuis la plage, en contournant l’embouchure d’un ruisseau grisâtre malodorant qui charrie les déchets des usines environnantes.

    Les difficultés d’accès, à cause de l’éloignement géographique du centre urbain de Lomé et du manque d’infrastructures de transport, conjuguées au caractère « étranger » du lieu, ont cantonné le quartier à une position périphérique. Cette mise à l’écart a nourri le sentiment d’altérité des citadins de la capitale envers cette population d’exilés considérée comme marginale. Amandine Spire, spécialiste des sociétés urbaines et des dynamiques migratoires en Afrique subsaharienne, définit cette marginalité comme « le paradoxe de l’invisibilité de l’identité étrangère », un paradoxe consistant en une invisibilité sociale et politique.

    Ici on parle l’akan, l’adan, l’ashanti et le kabiyè

    Sans représentation, peu reconnu par les institutions, mais loin de passer inaperçu, le quartier attire l’attention par ses pratiques sociales et culturelles atypiques incarnées par la forte présence d’une population considérée comme étrangère. Ce contraste révèle toute la complexité de Katanga : mis à l’écart des circuits officiels de la ville, il n’en occupe pas moins une place bien réelle dans l’imaginaire urbain, comme un espace différent, marginal, et pourtant symboliquement central dans la construction de l’altérité à Lomé.

    La forte diversité communautaire se manifeste clairement dans les espaces de sociabilité de Katanga, marqués par une grande richesse linguistique. Jacques, 37 ans, pêcheur depuis son enfance, habite dans le village voisin de Gbétsogbé, accolé au port de pêche. Pourtant, tout le monde à Katanga le connaît et le salue en passant. « Jack bless », lui lancent-ils. « No one cares », répond-il en souriant. En nous accompagnant, il précise que les langues les plus parlées à Katanga sont l’akan, l’adan, l’ashanti et le kabiyè.

    Ce samedi de mars, sous un soleil brûlant à son zénith, nous empruntons la piste qui mène au quartier depuis la route. Nous traversons des venelles recouvertes de sable noirâtre : des femmes participent à la transformation du poisson, des hommes reprisent des filets de pêche, d’autres reviennent de la mer imprégnés d’une odeur iodée.

    La drogue pour s’évader

    Peu s’aventurent dans ce quartier, réputé dangereux et rempli de « drogués », mais, malgré les déchets omniprésents, les ruelles sont animées et mènent toutes à une place circulaire, le point névralgique du village.

    Installé sur un banc en bois, non loin du bar qui fait vibrer le quartier chaque jour au rythme de l’afrobeat, Khalifa, pantalon en dessous de la taille façon sagging, allume son joint de cannabis avant de le tendre à son « grand frère » Jacques. « On aime porter le pantalon comme ça, comme Tupac », lance Khalifa. Ce pêcheur résidant lui aussi à Gbétsogbé, aime se poser à Katanga pour se détendre après une nuit passée en mer. Deux autres jeunes semblent en transe après avoir consommé du tramadol, un analgésique de la classe des opioïdes très répandu au Togo. Le regard perdu dans l’horizon, ils basculent vers l’avant se pliant sur eux-mêmes, leurs mentons sur le point de toucher leurs genoux, avant de se redresser soudainement, tels des zombies.

    À quelques mètres, des enfants jouent au football avec un ballon déchiqueté. Soudain, arrivant comme par magie au milieu de la fumée, une mère hèle son gamin. Cette femme d’une quarantaine d’années est vendeuse de fruits au port de pêche. « Mon dernier ne veut plus aller à l’école depuis quelques semaines. J’ai essayé de le convaincre mais, pour devenir pêcheur, il pense qu’il n’a plus besoin d’y aller », confie-t-elle.

    Tué à 27 ans lors d’une intervention policière

    Katanga n’est pas seulement le territoire des jeunes fumeurs. Les habitations à même le sable ne sont pas la propriété de ceux qui les occupent. Chaque ménage est tenu de verser une taxe mensuelle de 1 000 F CFA (soit environ 1,53 euro) à l’État, sous peine d’expulsion. Aux yeux du gouvernement, cette forme de « ghettoïsation » ternit l’image de la ville et reste perçue comme un obstacle à son développement urbain. Livrés à eux-mêmes, les habitants de Katanga se plaignent de l’absence de services de nettoyage, un abandon illustré par l’imposante montagne de déchets qui borde le littoral et altère le paysage maritime. Les habitants disent avoir attendu deux ans pour que des techniciens municipaux se rendent enfin sur place, en janvier, afin d’étudier la possibilité d’une nouvelle opération de salubrité.

    La montée des eaux est un autre défi pour le village. L’inaction du gouvernement est perçue comme le signe d’une volonté de se débarrasser du quartier. L’océan engloutit chaque année de cinq à dix mètres de plage et les maisons construites avec des matériaux de fortune sur son passage. Cette situation s’est aggravée avec la construction du port de Lomé, en 1967, et le barrage hydroélectrique d’Akosombo, au Ghana. La modification des fonds marins a précipité, à l’est du port, un départ de sédiments qui contribuaient à limiter l’érosion, et le phénomène a été exacerbé par les effets du changement climatique ainsi que par l’extraction de graviers par les riverains.

    Les installations électriques improvisées, basées sur un système de câblage en araignée relié à un réseau clandestin, exposent les habitants à un risque permanent d’électrocution et d’incendie. Patricia, vendeuse ambulante de fruits, a vu sa maison familiale partir en fumée début décembre 2024. « Nous n’avons pas les moyens de la reconstruire », dit-elle, visiblement éprouvée. Quelques semaines auparavant, la famille avait déjà été frappée par un autre drame : son frère Modcho, 27 ans, avait été tué lors d’une intervention policière visant à démanteler un point de vente de cannabis. Selon plusieurs témoins, Modcho aurait tenté de s’interposer pour empêcher l’arrestation d’une vendeuse. Les policiers auraient alors ouvert le feu. Modcho était l’un des rares soutiens financiers du foyer, dont dépendaient également sa compagne et ses enfants. Depuis l’incendie, la famille est complètement désemparée, livrée à elle-même, sans ressources ni perspectives.

    « On constate une réduction des stocks de poissons »

    Assis en cercle sur le sable, devant la mer, cinq hommes d’une cinquantaine d’années réparent des filets de pêche en sirotant du sodabi, la boisson locale distillée à base de vin de palme. La réparation d’un filet de 100 mètres est rémunérée 10 000 F CFA, une somme dérisoire pour deux semaines de travail.

    Ils ne parlent pas français mais éwé, l’une des langues officielles du Togo, sont analphabètes et n’ont jamais fréquenté l’école. « Nos enfants sont aussi pêcheurs, mais les nouvelles générations prennent d’autres chemins parce qu’on constate une réduction des stocks de poissons », raconte Pascal, débraillé, avec une tenue aussi échevelée que son discours est hésitant. « De plus, les Ghanéens viennent ici avec des embarcations plus sophistiquées et des filets qui ne respectent pas les tailles autorisées. Ils capturent tous nos poissons », poursuit l’ancien pêcheur.

    « Il y a cinquante ans, on pêchait deux fois plus de poissons. Des navires chinois viennent capturer nos espèces avec des filets trop serrés », dénonce David, ancien pêcheur résidant à Katanga. Dans les eaux du Togo, pays du golfe de Guinée, la surpêche et la pêche illégale sont un problème récurrent depuis des décennies. En dépit des efforts du gouvernement togolais, à travers des patrouilles maritimes et le renforcement de la législation en 2016, la pêche illégale représente 37 % des captures.

    « Le gouvernement permet cette situation »

    Au Togo, les conséquences de la surpêche sont aggravées par d’autres facteurs, comme l’absence de période de repos biologique maritime. L’expérimentation par le Ghana de cette trêve imposée pousse les pêcheurs ghanéens à venir pêcher au large des côtes de son voisin, fragilisant davantage son écosystème.

    Face aux navires industriels étrangers, les pêcheurs artisanaux sur leurs petites pirogues motorisées ne font pas le poids. Parfois, voulant pêcher de nuit et profiter des lumières des grands navires stationnés dans le port de Lomé, ils s’approchent trop près et sont pris pour des pirates.

    « Les Ghanéens viennent sur nos côtes et ramassent tous les petits poissons. C’est pour ça qu’on a de moins en moins de gros poissons », raconte Kossivi, qui a dû abandonner la pêche quand sa pirogue s’est cassée. Depuis longtemps, la pêche n’était plus une activité lucrative : « On dépense plus en carburant qu’on ne fait de bénéfices. » Et le quadragénaire de conclure : « Le gouvernement permet cette situation en acceptant l’argent des Ghanéens qui paient une taxe pour violer en toute impunité la loi qui interdit les filets de mailles trop étroites. De plus, les vendeuses de poisson sont elles aussi complices. Elles en profitent. »

    Quand le port de Bolloré délogeait les pêcheurs

    La pêche artisanale représente 99 % de la production totale marine du Togo. Pourtant, les pêcheurs déplorent un manque de soutien du gouvernement à ce secteur qui emploie 20 000 personnes et représente 4,5 % du PIB, selon les chiffres du ministère de l’Économie maritime du Togo.

    Le gouvernement prétexte la nationalité étrangère supposée des habitants de Katanga pour justifier le manque d’investissement en faveur de cette communauté de pêcheurs. Cette dernière se sent abandonnée de l’État et craint à tout moment d’être délogée.

    « On nous a forcés à partir avec la construction du troisième quai du port de Lomé en 2002 », rappelle Cécile, une résidente d’environ 70 ans qui connaît bien l’histoire du quartier. Le souvenir du délogement forcé, pour construire le port de Bolloré, reste encore très présent dans les esprits. Contraints de partir, les gens se sont installés quelques kilomètres plus loin sans aucun dédommagement.

    Les habitants l’appellent le « ghetto »

    En plus de leurs habitations, les pêcheurs perdent alors leur port artisanal. La promesse d’un nouveau port de pêche ne se concrétise que bien plus tard, en 2019. Les pêcheurs dénoncent aujourd’hui des insuffisances dans le chenal d’accès du nouveau port de pêche qui a déjà coûté la vie1 à deux d’entre eux et causé la perte de treize pirogues rien que pour le mois de juillet 2020. « Les vagues doivent être cassées en amont, elles sont trop proches du chenal », explique Kossi, un jeune pêcheur.

    Les stupéfiants en circulation, la prostitution, la pauvreté, l’insalubrité et la délinquance ont fait de Katanga ce que beaucoup considèrent comme la pire banlieue de la capitale. Les habitants eux-mêmes l’appellent le « ghetto ».

    La précarité économique de la pêche (500 F CFA de gains lors d’une mauvaise journée) et le manque d’opportunités en dehors de ce secteur poussent les jeunes à considérer la vente de cannabis comme l’unique option de survie. D’autres formes de délinquance telles que le vol, le braquage ou des règlements de comptes violents ont contribué à stigmatiser cette population au sein de la société loméenne.

    Une mauvaise réputation qui perdure

    Les zemidjans (motos-taxis) refusent de s’y rendre, et les citadins de Lomé déconseillent d’y aller. De fait, les personnes étrangères ne faisant pas partie du village sont perçues avec méfiance et exposées aux braqueurs. Se faire accompagner d’un résident est le seul moyen d’entrer en toute sécurité. Face à cette situation, la communauté s’est organisée pour écarter les bandits. La mauvaise réputation perdure bien que les agressions en plein jour soient de plus en plus rares.

    À l’intérieur, une hiérarchie tirée de la coutume garantit un certain ordre, fidèle aux perceptions de la justice sociale. Loin de s’apitoyer, la population compense la précarité par des formes multiples de solidarité et d’entraide.

    Les conditions de vie engendrées par la précarité et amplifiées par l’isolement de Katanga favorisent une addiction précoce aux stupéfiants. Katanga est devenu un lieu de deal mais aussi un refuge pour celles et ceux qui sont en rupture avec les normes sociales imposées par la famille.

    Vente de cannabis et de repas chauds

    Chez elle, une mère de famille prépare des enveloppes de cannabis pour la vente. « On est nés dedans », explique Jeanne (nom d’emprunt), qui consacre sa vie aux enfants vulnérables. Proche de la soixantaine, elle s’est dévouée corps et âme à nourrir, habiller et scolariser ces mineurs abandonnés à leur sort.

    Pour ce faire, elle utilise une méthode peu orthodoxe : la vente de cannabis et de repas chauds qui lui permet d’assurer un revenu régulier pour financer les besoins de dizaines d’enfants. « Ce n’est pas pour rien qu’on la surnomme “la maman” dans tout Katanga ! », dit Akalai, un jeune que Jeanne a vu grandir. Malgré quelques passages éphémères à la prison civile de Lomé, elle n’a jamais baissé les bras. Elle fait la fierté des habitants de Katanga, qui la protègent même des descentes de police régulières dans le quartier.

    La criminalité et la présence de stupéfiants justifient les opérations inopinées de la gendarmerie à Katanga. « Des grands bandits se réfugient à Katanga. Il y a quelques années, la police n’osait même pas y intervenir », affirme Kokou, habitant de Lomé et fondateur d’un centre culturel. La stigmatisation du quartier engendre parfois des interventions disproportionnées, comme celle qui a coûté la vie à Modcho. Sa famille, résignée, refuse de saisir la justice. « Ça ne sert à rien de porter plainte contre l’État », lâche sa sœur, d’un ton las. Pour sa compagne, la perte est lourde : endeuillée, elle se tourne désormais vers la solidarité de la communauté pour subvenir aux besoins des enfants du couple.

    source: https://afriquexxi.info

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