Étiquette : Santé publique

  • UL- SOS Docteur TV : le pari du concret

    UL- SOS Docteur TV : le pari du concret

    L’Université de Lomé et la chaîne panafricaine SOS Docteur TV unissent leurs forces pour offrir aux étudiants des formations plus pratiques et mieux adaptées aux réalités du monde professionnel.

    L’Université de Lomé franchit une nouvelle étape dans sa politique de professionnalisation des formations. Ce 21 mai 2026, l’institution universitaire, à travers l’Institut des Sciences de l’Information, de la Communication et des Arts (ISICA), a officiellement signé une convention de partenariat avec l’ONG AIMES-Afrique et sa chaîne thématique SOS Docteur TV. L’accord vise principalement à renforcer les compétences pratiques des étudiants dans les domaines de l’information, de la communication et de l’audiovisuel.

    La cérémonie de signature s’est déroulée en présence des responsables universitaires, enseignants-chercheurs, étudiants ainsi que des représentants de AIMES-Afrique et de SOS Docteur TV. Elle a été présidée par le président de l’Université de Lomé, le Professeur Kossivi Hounaké.

    À travers ce partenariat, les deux institutions affichent une ambition commune : rapprocher davantage le monde académique des réalités professionnelles afin de faciliter l’insertion des jeunes diplômés sur le marché de l’emploi.

    Passerelle entre théorie et pratique

    Prenant la parole lors de la cérémonie, le Président Fondateur de AIMES-Afrique et CEO de SOS Docteur TV, le Professeur Honoraire Docteur Serge Michel Kodom, a salué un partenariat qu’il considère comme structurant pour la jeunesse africaine.

    Selon lui, cette convention dépasse largement le cadre d’un simple acte administratif. Elle symbolise avant tout la rencontre entre le savoir académique et les réalités du terrain.

    « Cette cérémonie marque bien plus qu’un simple acte administratif, elle symbolise la rencontre entre le monde académique et le monde professionnel, mais surtout la rencontre entre le savoir, la pratique et l’action concrète sur le terrain », a-t-il déclaré devant l’assistance.

    Le Professeur Honoraire a insisté sur la nécessité d’adapter davantage les formations universitaires aux exigences du secteur médiatique moderne. Dans un environnement où les métiers de la communication et de l’audiovisuel évoluent rapidement, il estime indispensable de permettre aux étudiants d’acquérir des expériences pratiques avant même leur entrée dans la vie active.

    Grâce à cette convention, les étudiants de l’ISICA pourront désormais bénéficier de stages pratiques, d’immersions professionnelles, de formations spécialisées ainsi que d’un accompagnement dans le domaine du journalisme de santé, un secteur encore peu développé dans plusieurs pays africains.

    Pour les initiateurs du projet, l’objectif est de former une nouvelle génération de professionnels, capables de produire des contenus de qualité, de lutter contre la désinformation et de sensibiliser efficacement les populations sur les questions sanitaires.

    Défi de la désinformation sanitaire

    Au-delà de l’aspect purement académique, les responsables de SOS Docteur TV entendent également mettre l’accent sur l’éducation sanitaire des populations africaines. Le Professeur Kodom a d’ailleurs souligné le rôle stratégique que peut jouer une télévision spécialisée dans la santé dans un contexte marqué par la circulation massive de fausses informations.

    Selon lui, les médias spécialisés ont aujourd’hui une responsabilité importante dans la prévention des crises sanitaires et dans la diffusion d’informations fiables auprès des populations.

    « La santé médiatique devient donc un investissement économique stratégique », a-t-il affirmé, invitant les étudiants à saisir pleinement cette opportunité de formation et d’insertion professionnelle.

    Cette orientation vers le journalisme de santé prend une dimension particulière depuis la pandémie de COVID-19, période durant laquelle les médias ont joué un rôle central dans la sensibilisation des populations sur les gestes barrières, la vaccination et les mesures de prévention.

    Vision portée par l’Université de Lomé

    Du côté de l’Université de Lomé, ce partenariat s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation et de professionnalisation des formations universitaires.

    Le président de l’institution, le Professeur Kossivi Hounaké, a rappelé que la professionnalisation constitue l’un des axes majeurs de son mandat. Pour lui, l’université ne peut plus se limiter à la transmission théorique des connaissances. Elle doit également préparer concrètement les étudiants aux réalités du marché du travail.

    Le président de l’université a salué l’engagement du Professeur Kodom, qu’il considère comme « un citoyen modèle qui s’engage véritablement pour notre pays ». Et d’ajouter que cette convention permettra désormais aux étudiants de disposer d’un véritable laboratoire professionnel où ils pourront expérimenter leurs connaissances et développer leurs compétences techniques.

    Le Professeur Hounaké a toutefois insisté sur la nécessité de rendre ce partenariat pleinement opérationnel afin qu’il produise des résultats tangibles. « Nous ne sommes pas dans la gouvernance spectacle, mais dans la gouvernance action », a-t-il martelé, appelant les responsables des deux institutions à faire de cette coopération un modèle de collaboration entre université et monde professionnel.

    Acteur médiatique en pleine expansion

    Créée en 2020 par l’ONG AIMES-Afrique à Lomé, AIMES-Afrique a lancé SOS Docteur TV avec pour objectif de rendre l’information sanitaire accessible au plus grand nombre.

    La chaîne panafricaine, spécialisée dans la santé et le bien-être, diffuse 24 heures sur 24 des programmes consacrés à la prévention, à la nutrition, au sport santé, à l’information médicale et à la sensibilisation des populations.

    Durant la pandémie de COVID-19, SOS Docteur TV s’est particulièrement illustrée grâce à ses émissions éducatives sur les gestes barrières, les traitements préventifs et la vaccination.

    Accessible sur le bouquet CANAL+, au canal 6 au Togo et au canal 440 en Afrique, la chaîne est également disponible en streaming sur ses plateformes numériques et via son application mobile.

    SOS Docteur TV dispose par ailleurs de clubs santé implantés dans plusieurs collèges et lycées du Togo. Ces structures servent de relais de sensibilisation auprès des jeunes sur les questions sanitaires et de bien-être.

    Avec cette convention signée avec l’Université de Lomé, la chaîne entend désormais jouer un rôle encore plus actif dans la formation des futurs professionnels des médias au Togo et en Afrique.

    Le promoteur de la chaîne, le Professeur Honoraire Dr KODOM Serge Michel, médecin interniste, spécialisé journalisme médical et en diplomatie de la santé compte mettre ses compétences dans l’encadrement de la nouvelle génération de journalistes dans le domaine de la santé.

    SOS DOCTEUR TV, première chaîne panafricaine spécialisée dans la santé, basée à Lomé, entièrement digitalisée, disponible également sur le bouquet Canal + (n°6 au Togo et n°440 en Afrique), sur satellite MP4, a su s’imposer comme média thématique ” santé et bien-être ” partenaire de l’OOAS et Africa CDC de l’Union Africaine.

  • L’Afrique mise sur la génomique pour révolutionner ses soins de santé

    L’Afrique mise sur la génomique pour révolutionner ses soins de santé

    À Nairobi, un partenariat scientifique africain soutenu par un investissement de 3,5 millions de dollars vient de franchir une étape décisive dans le développement de la médecine de précision sur le continent. Annoncée en marge du sommet régional du World Health Summit Regional Meeting 2026, cette initiative ambitionne de renforcer durablement les capacités africaines en génomique, avec le Kenya et la Côte d’Ivoire comme premiers pays pilotes.

    Le partenariat réunit Biolinx Africa, YTO Foundation et Nextgen Molecular Lab autour d’un objectif commun : rapprocher la médecine de précision des populations africaines grâce à des infrastructures de pointe et à une production de données génomiques pilotée par des scientifiques africains.

    Nouvelle génération

    Au cœur du projet figure l’acquisition d’une plateforme de séquençage NovaSeq X Plus, développée par Illumina. Cette technologie de séquençage à grande échelle permettra d’accélérer l’analyse génétique et de soutenir la recherche médicale sur le continent.

    La première phase du programme s’étendra sur 24 mois. Elle prévoit le renforcement des capacités de séquençage, la formation de compétences locales, ainsi que la création d’une feuille de route commune entre le Kenya et la Côte d’Ivoire. Les partenaires espèrent ainsi jeter les bases d’une infrastructure génomique durable capable d’alimenter les politiques de santé publique africaines.

    Lors d’une table ronde organisée à huis clos à Nairobi, chercheurs, régulateurs, investisseurs et organisations internationales de santé ont échangé sur les défis qui freinent encore le développement de la génomique en Afrique. Parmi eux figurent le manque d’infrastructures, le déficit de financement et la faible représentation des populations africaines dans les bases de données génétiques mondiales.

    Correction

    L’Afrique possède pourtant la plus grande diversité génétique humaine au monde. Malgré cela, les populations africaines restent largement absentes des grandes études génomiques internationales. Une situation qui entraîne souvent des diagnostics erronés, des interprétations inexactes des analyses médicales et des traitements moins efficaces.

    Pour le Dr Robert Karanja, le moment est venu de transformer les discours en actions concrètes. « La génomique en Afrique doit passer de la conversation à la capacité opérationnelle », a-t-il déclaré, soulignant que ce partenariat vise à mettre « l’infrastructure, l’investissement et le leadership scientifique africain au service d’un agenda concret ».

    Même constat pour le Professeur David Téa Okou, spécialiste en génétique moléculaire clinique. Selon lui, le projet permettra de produire des données davantage adaptées aux réalités africaines afin d’améliorer la prise en charge des patients. « De meilleures données, de meilleurs soins », résume-t-il.

    Médecine de précision

    Cette initiative intervient alors que la médecine de précision prend une place croissante dans les politiques sanitaires africaines. L’AUDA-NEPAD considère déjà la génomique comme une priorité scientifique stratégique. De son côté, le Africa CDC indique que plusieurs pays africains ont lancé ou finalisé des stratégies nationales en génomique.

    En février 2026, l’Organisation mondiale de la Santé a également adopté une résolution encourageant les investissements dans la génomique, la bioinformatique et la pharmacogénomique.

    Pour le Dr George Michuki, ces avancées pourraient transformer la prise en charge des cancers et d’autres maladies chroniques. Il estime que la pharmacogénomique permettra progressivement d’adapter les traitements aux profils génétiques des patients africains.

    Réseau scientifique africain

    Au-delà de l’investissement financier, ce projet symbolise aussi la montée en puissance des collaborations scientifiques africaines. Le Dr Karanja et le Professeur Téa Okou se sont rencontrés grâce à l’initiative African Voices of Science, lancée par Speak Up Africa pour promouvoir l’expertise scientifique africaine.

    Pour Fara Ndiaye, cette alliance démontre que les solutions de santé portées par des Africains peuvent désormais s’imposer à l’échelle continentale. Les partenaires envisagent déjà une expansion du programme vers d’autres pays africains à mesure que les infrastructures et les collaborations se consolideront.

  • Faux médicaments : l’appel pressant du Club RFI Togo

    Faux médicaments : l’appel pressant du Club RFI Togo

    À Kpalimé, le Club RFI Togo sonne la mobilisation générale contre les faux médicaments et appelle partenaires et sponsors à s’engager dans une lutte vitale pour la santé publique.

    Face à la prolifération inquiétante des faux médicaments dans les circuits informels, le Club RFI Togo hausse le ton et mobilise. À travers la 8ᵉ édition de ses activités, prévue du 21 au 23 août 2026 à Kpalimé, dans la préfecture de Kloto, l’organisation entend sensibiliser largement les populations sur les dangers liés à la consommation de produits pharmaceutiques vendus dans la rue.

    Placée sous le thème « Les faux produits, un crime contre l’Humanité », cette initiative met en lumière une réalité préoccupante pour la santé publique. Dans de nombreuses villes africaines, et particulièrement au Togo, la vente de médicaments de rue reste une pratique répandue, alimentée par la pauvreté, l’accessibilité limitée aux structures de santé et le manque d’information. Pourtant, ces produits, souvent contrefaits, mal conservés ou périmés, représentent un danger réel pouvant entraîner des complications graves, voire des décès.

    Conscient de l’ampleur du phénomène, le Club RFI Togo ne se contente pas d’alerter. L’organisation ambitionne de créer un véritable mouvement d’engagement citoyen autour de cette cause. Conférences, panels, campagnes de sensibilisation et actions de proximité sont annoncés pour toucher un large public, notamment les jeunes et les populations rurales souvent les plus exposées.

    Pour réussir ce pari, le Club lance un appel solennel aux sponsors et partenaires. L’objectif est clair : mobiliser des ressources financières et logistiques afin de donner à cette campagne l’impact qu’elle mérite. Entreprises, institutions et organisations de la société civile sont invitées à s’associer à cette lutte qui dépasse les intérêts individuels pour toucher à la dignité humaine.

    Au-delà de l’événement lui-même, cette 8ᵉ édition se veut un déclic. Elle ambitionne de susciter une prise de conscience collective et durable, incitant les autorités à renforcer les contrôles et les citoyens à adopter des comportements responsables.

    À Kpalimé, en août prochain, il ne s’agira donc pas seulement d’un rendez-vous associatif, mais d’un cri d’alarme. Un appel à agir, ensemble, pour mettre fin à un fléau silencieux qui menace des milliers de vies.

  • Paludisme : le Bénin sonne l’alerte

    Paludisme : le Bénin sonne l’alerte

    À Cotonou, la Journée mondiale de lutte contre le paludisme a servi de tremplin à un appel urgent à l’action collective pour inverser la tendance alarmante dans l’espace francophone et sauver des millions de vies.

    À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, célébrée le 25 avril 2026, le Bénin s’est imposé comme un carrefour majeur de la mobilisation contre cette maladie qui continue de faire des ravages en Afrique. Du 24 au 26 avril, la capitale économique Cotonou a accueilli une série d’activités de haut niveau réunissant décideurs politiques, partenaires techniques et financiers, chercheurs, jeunes, acteurs de la société civile et figures du sport autour d’un objectif commun : accélérer l’élimination du paludisme dans l’espace francophone.

    Point d’orgue de cette mobilisation, le lancement officiel du rapport intitulé « Un effort collectif contre le paludisme dans l’espace francophone » par le ministre béninois de la Santé, le Pr Benjamin Hounkpatin. Le document met en lumière une situation préoccupante : alors que les pays francophones ne représentent que 13 % de la population mondiale exposée au paludisme, ils concentrent plus de 42 % des cas et 40 % des décès liés à cette maladie.

    Face à ce constat alarmant, le rapport appelle à une intensification des efforts autour de priorités clés, notamment le renforcement du financement, l’innovation, l’implication du secteur privé et la mobilisation de l’ensemble de la société. « Notre région est en première ligne, mais des progrès sont possibles si le leadership politique et la mobilisation collective sont au rendez-vous », a souligné le ministre de la Santé.

    Le Bénin illustre déjà cette dynamique. Entre 2022 et 2025, le pays a presque quadruplé son budget consacré à la lutte contre le paludisme, contribuant ainsi à une réduction significative du fardeau de la maladie. Cette performance repose sur une approche multisectorielle associant autorités publiques, parlementaires, société civile et secteur privé.

    Parmi les acteurs clés de cette mobilisation figure l’organisation Speak Up Africa, dont les initiatives ont permis de transformer cette journée de sensibilisation en un véritable levier d’action. Sa directrice exécutive, Yacine Djibo, a insisté sur l’urgence d’agir collectivement pour sauver des vies et financer durablement la lutte contre le paludisme.

    Les activités organisées à Cotonou ont également mis l’accent sur l’engagement des jeunes et des communautés, à travers des initiatives innovantes mêlant sport, culture et communication. Un tournoi de basketball 3×3, des ateliers de storytelling et un Media Day ont notamment permis de toucher un public élargi.

    L’ancien international sénégalais Khalilou Fadiga a, quant à lui, rappelé le rôle du sport comme vecteur de sensibilisation et de changement social. Au niveau international, les partenaires ont insisté sur la nécessité d’accélérer les efforts dans un contexte de financement sous pression.

    Au-delà du Bénin, les messages portés à Cotonou résonnent dans tout l’espace francophone, où l’urgence d’une action collective renforcée apparaît plus évidente que jamais, à l’approche du Sommet de la Francophonie prévu en novembre 2026.

  • Paludisme : le Togo entre espoir d’élimination et réalités du terrain

    Paludisme : le Togo entre espoir d’élimination et réalités du terrain

    Malgré des avancées notables, le paludisme demeure une menace majeure pour la santé publique au Togo, touchant en priorité les populations les plus vulnérables. Face à cette réalité, les autorités intensifient la riposte avec l’ambition affichée de franchir un cap décisif vers son élimination.

    À l’occasion de la Journée mondiale du paludisme 2026, le gouvernement togolais, à travers le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), a réaffirmé son ambition d’accélérer l’élimination de cette maladie qui demeure un lourd fardeau sanitaire. Derrière ce communiqué officiel, se dessine une réalité contrastée : des progrès notables, mais encore fragiles face à des défis structurels et comportementaux.

    L’analyse des données présentées met en lumière l’ampleur du problème. Le paludisme reste la première cause de consultation et d’hospitalisation, avec un impact particulièrement dramatique chez les enfants de moins de cinq ans. Ces chiffres traduisent non seulement la persistance de la maladie, mais aussi les limites des stratégies actuelles dans un contexte marqué par des conditions climatiques favorables à la transmission et des inégalités d’accès aux soins.

    Cependant, il serait réducteur de ne voir que les insuffisances. Le communiqué souligne des avancées importantes, fruit d’une mobilisation accrue de l’État et de ses partenaires. La distribution massive de moustiquaires imprégnées, l’extension de la chimioprévention saisonnière et pérenne, ainsi que l’introduction progressive de la vaccination témoignent d’une approche diversifiée et alignée sur les recommandations internationales. Ces efforts ont contribué à réduire l’impact global de la maladie, même si les résultats restent en deçà des objectifs d’élimination.

    L’un des points clés de cette stratégie réside dans la volonté d’intégrer davantage les communautés. En effet, la lutte contre le paludisme ne peut reposer uniquement sur les structures sanitaires. Les comportements individuels — automédication, recours tardif aux soins, non-utilisation des moustiquaires — constituent encore des obstacles majeurs. Le communiqué insiste à juste titre sur la nécessité d’un engagement communautaire renforcé, condition indispensable pour transformer les interventions techniques en résultats durables.

    Par ailleurs, les défis évoqués révèlent des enjeux plus larges. La résistance aux antipaludiques et aux insecticides constitue une menace sérieuse pour l’efficacité des outils actuels. À cela s’ajoutent les effets du changement climatique, qui modifient les schémas de transmission et compliquent la planification des interventions. Ces facteurs exigent une adaptation constante des stratégies, ainsi qu’un investissement accru dans la recherche et l’innovation.

    L’analyse met également en évidence la dimension multisectorielle de la lutte. Le paludisme n’est pas seulement une question de santé publique ; il touche à l’environnement, à l’éducation, à l’urbanisme et même à l’économie. En appelant à une mobilisation des collectivités locales, des leaders communautaires, du secteur privé et des médias, les autorités reconnaissent implicitement que l’élimination du paludisme passe par une approche globale et coordonnée.

    Enfin, le thème retenu pour 2026 — « Motivés pour éliminer le paludisme : maintenant nous pouvons, maintenant nous devons » — traduit un changement de posture. Il ne s’agit plus seulement de lutter, mais d’atteindre un objectif d’élimination. Cette ambition est louable, mais elle suppose une intensification des efforts, une meilleure allocation des ressources et une responsabilisation accrue de tous les acteurs.

    En définitive, le communiqué du PNLP reflète une dynamique encourageante, mais aussi une prise de conscience des limites actuelles. Le Togo semble engagé sur la bonne voie, mais le passage de la réduction à l’élimination du paludisme nécessitera une accélération significative des actions, une innovation continue et, surtout, une adhésion durable des populations. La bataille est loin d’être gagnée, mais elle entre dans une phase décisive.

  • Lomé affine sa stratégie de financement contre les grandes pandémies

    Lomé affine sa stratégie de financement contre les grandes pandémies

    Le Togo a engagé les préparatifs de sa demande de financement dans le cadre du huitième cycle du Fonds mondial de lutte contre le VIH/Sida, la tuberculose et le paludisme, pour la période 2027-2029.

    Ladite démarche vise à mobiliser des ressources essentielles pour poursuivre les efforts engagés dans la lutte contre ces trois maladies majeures de santé publique.

    À Lomé, un cadre de dialogue national a été ouvert afin de définir les priorités sanitaires du pays et de structurer une requête unique. Cette concertation réunit les autorités sanitaires, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les représentants de la société civile. L’objectif est de garantir une approche inclusive et concertée dans l’élaboration du dossier.

    Les discussions portent notamment sur l’évaluation des besoins actuels du système de santé, dans un contexte marqué par des défis persistants en matière de prévention, de dépistage et de prise en charge des patients. Une attention particulière est également accordée à la coordination des interventions, afin d’assurer une meilleure efficacité des programmes et d’éviter les duplications d’actions.

    À travers ce processus, les acteurs impliqués entendent renforcer la cohérence des stratégies mises en œuvre, tout en optimisant l’utilisation des ressources disponibles. La préparation de cette demande constitue ainsi une étape clé pour consolider les acquis et améliorer les performances du système de santé togolais.

    Partenaire du Togo depuis 2002, le Fonds mondial joue un rôle central dans le financement des programmes de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. Son appui a permis des avancées significatives dans la prévention et la prise en charge, tout en contribuant au renforcement global des capacités du système de santé national.

  • Clubs santé SOS Docteur TV : sept leviers pour transformer la jeunesse

    Clubs santé SOS Docteur TV : sept leviers pour transformer la jeunesse

    Face aux défis sanitaires et sociaux qui touchent les jeunes, les clubs santé SOS Docteur TV déploient une stratégie ambitieuse articulée autour de sept axes majeurs. Pensé comme un véritable écosystème éducatif et citoyen, ce programme place les élèves au cœur de la promotion de la santé, du leadership et du vivre-ensemble.

    Au premier rang de ces initiatives figure l’Académie Génie IMHOTEP, un concept innovant qui combine apprentissage et divertissement. À travers des jeux de culture générale axés sur la santé publique, les élèves renforcent leurs connaissances tout en développant leur esprit critique. Inspiré des approches modernes d’éducation ludique, cet axe contribue à rendre les thématiques sanitaires plus accessibles et engageantes.

    Le deuxième axe met l’accent sur la sensibilisation et l’éducation. Les clubs organisent régulièrement des campagnes d’information sur des sujets essentiels tels que l’éducation à la vie et aux valeurs, la santé sexuelle, ainsi que les problématiques spécifiques aux adolescents et aux jeunes. En s’appuyant sur les journées mondiales de santé et les thématiques portées par la division de la santé des adolescents et des jeunes (DSAJ), ces actions visent à corriger les idées reçues et à prévenir les comportements à risque en milieu scolaire.

    Dans une démarche participative, le troisième axe encourage la production et la diffusion d’émissions de santé réalisées par les élèves eux-mêmes sur SOS Docteur TV. Cette approche donne la parole aux jeunes, les responsabilise et favorise une meilleure appropriation des messages de santé. Elle contribue également à développer des compétences en communication et en médias.

    Le quatrième axe s’inscrit dans la promotion d’un mode de vie sain à travers le sport et la culture. En organisant et en soutenant des activités sportives et culturelles dans les établissements scolaires, les clubs santé encouragent l’épanouissement physique et social des élèves. Ces initiatives participent aussi à la prévention de certaines maladies liées à la sédentarité et au stress.

    La solidarité et l’excellence sont au cœur du cinquième axe. À travers l’octroi de bourses d’excellence, le parrainage des orphelins et la distinction des acteurs les plus engagés, le programme valorise le mérite et renforce l’inclusion sociale. Cette dynamique crée un environnement motivant où chaque élève peut aspirer à se dépasser.

    Le sixième axe se concentre sur le développement personnel et le leadership transformationnel. En promouvant des valeurs telles que la masculinité positive, l’égalité de genre et le mentorat entre pairs, les clubs santé contribuent à former une jeunesse responsable, consciente de son rôle dans la société. L’accompagnement par des personnes ressources vient renforcer cette dynamique d’encadrement et d’inspiration.

    Enfin, le septième axe englobe la promotion de la santé dans toutes ses dimensions : mentale, environnementale et sociale. En œuvrant pour un cadre de vie sain et une meilleure cohésion sociale, les clubs santé SOS Docteur TV s’attaquent aux déterminants globaux du bien-être des jeunes.

    À travers ces sept axes stratégiques, SOS Docteur TV propose un modèle intégré qui va bien au-delà de la simple sensibilisation. Il s’agit d’un véritable projet de transformation sociale, où l’école devient un espace de construction de citoyens éclairés, engagés et en bonne santé.

  • Polio : le Togo intensifie la riposte

    Polio : le Togo intensifie la riposte

    La lutte contre la poliomyélite au Togo reste une priorité sanitaire de premier plan. Face à cette maladie hautement contagieuse aux conséquences parfois irréversibles, les autorités maintiennent une mobilisation constante pour protéger les enfants et préserver les acquis enregistrés au fil des années.

    Entre campagnes de vaccination de masse, surveillance épidémiologique renforcée et sensibilisation des populations, le pays affiche une détermination claire : éradiquer durablement le poliovirus sur toute l’étendue du territoire.

    Menace toujours présente

    La poliomyélite touche principalement les enfants de moins de cinq ans. Elle peut provoquer des paralysies irréversibles, voire entraîner la mort dans les cas les plus graves. Si la maladie a fortement reculé au Togo grâce aux efforts de vaccination, elle n’a pas totalement disparu, d’où la nécessité d’une vigilance permanente.

    Dans cette dynamique, le pays s’inscrit pleinement dans l’objectif mondial d’éradication de la polio. La stratégie nationale repose sur une combinaison d’actions coordonnées visant à prévenir toute résurgence du virus et à détecter rapidement d’éventuels cas.

    Vaccination au cœur de la stratégie

    Les campagnes nationales de vaccination constituent le pilier de cette lutte. Organisées régulièrement, elles mobilisent des milliers d’agents de santé, de volontaires et de relais communautaires sur l’ensemble du territoire. Leur mission est d’administrer gratuitement le vaccin oral aux enfants, y compris dans les zones les plus enclavées.

    Ces opérations d’envergure permettent de couvrir un grand nombre d’enfants en un temps record. Elles s’accompagnent également d’activités de sensibilisation destinées à informer les parents sur l’importance de la vaccination et à lever les éventuelles réticences.

    Nouvelle offensive nationale

    Dans cette logique, une nouvelle campagne de vaccination ciblant les enfants de 0 à 59 mois a été lancée par le ministère en charge de la Santé. Organisée en deux phases, elle s’inscrit dans une stratégie de riposte rapide face à toute menace.

    Le premier passage s’est déroulé du 12 au 14 mars 2026, tandis que le second est prévu du 16 au 18 avril. Cette initiative fait suite à la détection d’un cas de poliomyélite dans la région Centrale le 20 février dernier. Une alerte qui a immédiatement déclenché la réaction des autorités sanitaires, illustrant la réactivité du système de surveillance épidémiologique.

    L’objectif affiché est ambitieux : vacciner au moins 95 % des enfants concernés, soit environ 1 778 500 enfants de moins de cinq ans. Au-delà de la vaccination, la campagne permet également de rechercher activement, dans les ménages, d’éventuels cas de paralysie flasque aiguë, un indicateur clé pour détecter la circulation du virus.

    Stratégie de proximité

    Pour atteindre toutes les familles, les autorités ont mis en place une approche de proximité. Les équipes se déplacent de maison en maison afin de garantir que chaque enfant soit vacciné, indépendamment de sa localisation ou de la situation sociale de sa famille.

    La gratuité du vaccin constitue également un levier essentiel pour assurer une large adhésion des populations. Cette politique inclusive contribue à renforcer la confiance envers le système de santé et à améliorer la couverture vaccinale.

    Vers l’éradication durable

    À travers ces efforts soutenus, le Togo consolide les progrès réalisés dans la lutte contre la poliomyélite. La combinaison d’une forte mobilisation communautaire, d’une surveillance rigoureuse et d’une volonté politique affirmée permet au pays de se rapprocher progressivement de l’objectif d’éradication.

    Plus largement, cette dynamique s’inscrit dans un engagement global en faveur d’un système de santé plus résilient, capable de protéger efficacement les générations futures contre les maladies évitables.

  • Doufelgou, modèle de performance sanitaire

    Doufelgou, modèle de performance sanitaire

    Dans la région de la Kara, le district sanitaire de Doufelgou s’impose comme une référence en matière de performance sanitaire. Avec 98 % des activités programmées réalisées en 2025, cette entité territoriale illustre les effets concrets des réformes engagées pour renforcer le système de santé au Togo et améliorer l’accès aux soins pour les populations, notamment rurales.

    Une dynamique portée par l’engagement collectif

    Au fil des années, Doufelgou a su bâtir une organisation solide, fondée sur la mobilisation des agents de santé et l’appui constant des autorités publiques. Cette synergie a permis de consolider les acquis et d’inscrire le district dans une trajectoire de progression continue.

    Dans un contexte où les défis sanitaires restent nombreux, notamment en zones rurales, les efforts déployés traduisent une volonté claire : rapprocher les services de santé des communautés et garantir une meilleure qualité de prise en charge. Le district apparaît ainsi comme un exemple de résilience et d’efficacité à l’échelle nationale.

    Des indicateurs en nette amélioration

    Les performances enregistrées ces dernières années témoignent de cette dynamique positive. En matière de santé maternelle et infantile, les résultats sont particulièrement encourageants. En 2025, 67 % des femmes enceintes ont effectué au moins quatre consultations prénatales, contre 50 % en 2024, marquant une progression significative.

    Le taux d’accouchements assistés par du personnel qualifié a également connu une hausse, passant de 75 % à 79 % sur la même période. Par ailleurs, 77 % des femmes ont bénéficié d’au moins trois doses de traitement préventif intermittent, contre 63 % un an plus tôt.

    Ces avancées traduisent une amélioration de la fréquentation des structures de santé et une meilleure sensibilisation des populations aux enjeux liés à la santé maternelle et néonatale.

    Des efforts soutenus en prévention et en prise en charge

    Au-delà de la santé maternelle, le district sanitaire de Doufelgou enregistre aussi des progrès dans la prévention et la gestion des maladies. Les initiatives menées dans les centres de santé encouragent les consultations précoces et la diffusion de bonnes pratiques sanitaires.

    La disponibilité des médicaments, longtemps considérée comme un défi majeur, s’améliore progressivement. En 2025, 61 % des formations sanitaires n’ont enregistré aucune rupture de stock, contre 50 % en 2024, soit une hausse notable de 11 points.

    Dans la lutte contre la tuberculose, les résultats sont particulièrement remarquables. Le taux de succès thérapeutique a atteint 100 % en 2025, contre 82 % l’année précédente, signe d’une meilleure prise en charge des patients et d’un suivi rigoureux des traitements.

    S’agissant de la malnutrition aiguë sévère, les efforts de prise en charge se poursuivent, avec des résultats déjà significatifs. En 2024, 91 % des enfants touchés avaient été pris en charge, témoignant d’une forte mobilisation des équipes de santé sur cette problématique.

    Une performance globale proche de la perfection

    Au total, le district a réalisé 115 des 117 activités prévues en 2025, soit un taux d’exécution de 98,3 %. Derrière ce chiffre se cache le travail quotidien des professionnels de santé, dont l’engagement constitue le socle de ces performances.

    Cette réussite repose également sur une meilleure appropriation des objectifs sanitaires par les acteurs locaux, ainsi qu’une coordination efficace entre les différents niveaux du système de santé.

    Des perspectives encourageantes

    La trajectoire suivie par Doufelgou offre des perspectives prometteuses pour l’avenir. Elle démontre qu’avec une organisation rigoureuse, des ressources humaines mobilisées et un accompagnement institutionnel adapté, il est possible d’améliorer durablement les indicateurs de santé.

    À travers ces résultats, le district sanitaire de Doufelgou confirme qu’il est possible de transformer les défis en opportunités et de faire progresser significativement le bien-être des populations. Une performance qui pourrait inspirer d’autres districts du pays dans la quête d’un système de santé toujours plus efficace et inclusif.

  • Santé publique : le personnel médical en forte progression

    Santé publique : le personnel médical en forte progression

    Le secteur de la santé au Togo connaît depuis quelques années une dynamique soutenue de renforcement de ses ressources humaines. À travers une politique active de recrutement, les autorités sanitaires multiplient les initiatives pour combler le déficit en personnel qualifié dans les formations sanitaires publiques, dans un contexte marqué par une demande croissante de soins.

    Montée progressive des effectifs

    En 2023, le système de santé public comptait environ 13 000 agents. Ce chiffre, déjà significatif, a connu une évolution notable grâce à une série de concours organisés entre 2024 et 2026. Ces recrutements successifs ont permis d’intégrer de nouveaux professionnels dans les domaines médical, paramédical, administratif et d’appui, contribuant ainsi à renforcer progressivement la capacité opérationnelle des structures sanitaires.

    Cette stratégie de recrutement s’inscrit dans une volonté claire : améliorer l’offre de soins et répondre aux besoins croissants des populations, aussi bien en milieu urbain que rural.

    Concours majeur pour 2 235 postes

    L’un des faits marquants récents reste la publication, le 11 mars 2026, des résultats du concours de recrutement direct régional organisé pour le compte du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique. Les épreuves, tenues le 31 mai 2025, ont permis de sélectionner des candidats pour un total de 2 235 postes.

    Dans le détail, 202 postes concernent le personnel médical, 1 420 sont destinés au personnel paramédical, et 613 au personnel administratif et d’appui. Ce recrutement massif vise à renforcer les équipes dans les hôpitaux et centres de santé à travers le pays, afin d’améliorer la qualité de la prise en charge des patients.

    Recrutements ciblés pour réduire les inégalités régionales

    Au-delà des concours nationaux, plusieurs recrutements régionaux ont été organisés afin de mieux répondre aux besoins spécifiques des localités. En septembre 2024, 1 964 agents ont été recrutés, dont 1 709 affectés au ministère de la Santé et 255 déployés dans les unités de soins périphériques de la région des Savanes, une zone particulièrement déficitaire en personnel sanitaire.

    Cette approche ciblée vise à corriger les déséquilibres persistants entre les régions, notamment la forte concentration du personnel dans la capitale et ses environs.

    Dans la même dynamique, le concours national d’internat des hôpitaux, organisé en décembre 2025, a permis l’admission de 29 internes, dont 28 en médecine et un en pharmacie. Ces jeunes spécialistes viennent renforcer la chaîne de formation et de spécialisation dans les hôpitaux du pays.

    Progression significative des effectifs

    À la fin de l’année 2023, la répartition du personnel révélait déjà des disparités régionales importantes : 36 % des agents étaient concentrés à Lomé, contre des proportions plus faibles dans les autres régions. Les recrutements successifs ont contribué à atténuer ces déséquilibres.

    Au total, plus de 4 228 nouveaux agents ont été intégrés entre 2024 et 2026. En cumulant ces chiffres aux effectifs de 2023, le Togo compterait désormais plus de 17 000 agents de santé dans le secteur public, soit une progression estimée à environ 31 % en trois ans.

    Cette évolution traduit un engagement fort des autorités en faveur du renforcement du système de santé, avec pour objectif ultime une meilleure couverture sanitaire et un accès plus équitable aux soins sur l’ensemble du territoire national.

Radio Renouveau228

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