À Lomé, la chicha s’impose chez les jeunes comme une pratique banalisée, alors que les spécialistes alertent sur ses graves dangers pour la santé.
Le phénomène prend de l’ampleur dans la capitale togolaise où des groupes de jeunes se retrouvent au bord des rues pour consommer ce mélange de tabac, de sirops et d’arômes fruités importé du Moyen-Orient et devenu un effet de mode.
Selon N’takinawé Kondoh, rapporte le confrère Letabloïd, chargé de suivi-évaluation au Programme national des addictions aux produits psychoactifs (PNAPP), une séance d’une heure équivaut à l’inhalation de la fumée de 100 cigarettes, voire plus, car l’eau ne filtre pas les toxines mais les masque simplement.
Il ajoute que la nicotine contenue favorise une addiction rapide et augmente les risques pulmonaires, la fumée atteignant directement les poumons sans réelle protection.
Ayaovi Montcho, coordonnateur de la Croix Bleue du Togo, toujours selon le confrère cité plus haut, insiste sur le caractère trompeur de la chicha, qui donne l’impression d’une consommation douce grâce aux arômes et au dispositif de refroidissement.
C’est du tabac fumé à travers un dispositif qui permet de l’adoucir, explique-t-il, ce qui conduit les consommateurs à fumer sans en mesurer la quantité réelle.
Selon lui, certaines pratiques aggravent encore le danger, notamment le remplacement de l’eau par des boissons alcoolisées et l’usage de résine de cannabis ou d’autres substances psychoactives dans le dispositif.
Il souligne également le risque accru de transmission de maladies lié au partage du même embout entre plusieurs consommateurs.
Face à cette tendance en hausse, les professionnels de santé appellent à une prise de conscience urgente et à un renforcement des campagnes de prévention en direction des jeunes, particulièrement exposés à cette mode perçue à tort comme inoffensive.
Les autorités sanitaires rappellent que la chicha n’est pas une alternative sûre et qu’elle peut constituer une porte d’entrée vers d’autres addictions plus sévères chez les jeunes aujourd’hui urbains.
L’alcool représente près de 39 % des substances consommées au Togo, tandis que les jeunes de 10 à 25 ans demeurent les plus exposés à ce phénomène inquiétant.
La lutte contre les addictions aux produits psychoactifs devient un enjeu majeur de santé publique au Togo. Réunis le 3 juin 2026 dans le cadre des « Rendez-vous du REMAPSEN », des professionnels des médias ont échangé avec les responsables du Programme national des addictions aux produits psychoactifs (PNAPP) afin de mieux comprendre l’ampleur du phénomène et renforcer la sensibilisation auprès des populations.
Les chiffres présentés par le coordonnateur du PNAPP, le Pr Francis Balaka, sont particulièrement préoccupants. Selon les données du réseau épidémiologique national et du rapport WENDU de la CEDEAO, l’alcool arrive largement en tête des substances les plus consommées avec 38,83 % des cas recensés. Une consommation qui concerne notamment le sodabi et les alcools frelatés.
Le cannabis occupe la deuxième place avec 23,59 %, soit près d’un quart des consommations observées. La cocaïne représente quant à elle 2,3 % des usages, tandis que d’autres substances comme le tramadol, le tabac et la chicha gagnent également du terrain en raison de leur grande accessibilité sur le marché informel.
Le profil des personnes les plus vulnérables interpelle davantage. Les jeunes âgés de 10 à 25 ans constituent la principale cible des addictions, avec une implication quotidienne dans la consommation d’alcool et de drogues.
Sur le plan géographique, le phénomène touche l’ensemble du pays, mais certaines zones apparaissent particulièrement exposées. Le Grand Lomé, la région Maritime et la région de la Kara figurent parmi les territoires les plus affectés.
Au-delà des statistiques, les conséquences sont lourdes. Les spécialistes évoquent des abandons scolaires, des pertes de mémoire, des lésions cérébrales, des atteintes du foie, des risques accrus de cancers et même des arrêts cardiaques.
Face à cette situation, le PNAPP, créé en 2020, articule son action autour de trois piliers majeurs : la prévention et l’éducation à la santé, la prise en charge médicale et l’accompagnement psychosocial.
Les responsables du programme lancent également un appel aux parents et aux médias. Les premiers sont invités à renforcer leur vigilance auprès des enfants, tandis que les journalistes sont encouragés à multiplier les actions de proximité afin de briser la chaîne des addictions.
Une certitude se dégage de cette rencontre : lorsque près de 4 consommateurs sur 10 sont concernés par l’alcool et que les adolescents et jeunes adultes deviennent les premières victimes, l’urgence n’est plus seulement sanitaire, elle est désormais sociétale.
Le Lycée de Tchamba s’impose au terme d’une finale régionale intense et décroche son ticket pour la grande finale nationale de Génie Imhotep 2026 à Lomé.
Après une finale riche en rebondissements disputée à Sokodé, ce lundi 22juin, le Lycée de Tchamba s’est imposé face au Collège privé catholique Notre-Dame-de-la-Paix de Sotouboua et représentera la région centrale lors de la grande finale nationale du championnat de culture générale en santé Génie Imhotep, prévue le 27 juin à Lomé.
Nette victoire
La région centrale tient désormais son champion. Au terme d’une confrontation intense mêlant savoir, stratégie et maîtrise des questions sanitaires, le Lycée de Tchamba a décroché son billet pour la finale nationale du concours Génie Imhotep 2026, une compétition qui s’impose progressivement comme l’un des plus importants rendez-vous éducatifs consacrés à la culture générale en santé au Togo.
La finale régionale, organisée dans la grande salle Fazao du Lycée moderne de Sokodé, a tenu toutes ses promesses. L’atmosphère y était, à un moment donné, électrique, portée par des plusieurs supporters venus encourager leurs équipes respectives.
Bien avant le début des épreuves, les élèves du Lycée de Tchamba avaient déjà donné le ton. Chants, applaudissements et slogans d’encouragement ont rapidement transformé la salle en véritable chaudron. Une démonstration de ferveur qui laissait présager une domination sans partage de leur équipe.
Mais sur le terrain de la connaissance, les débats ont été beaucoup plus équilibrés qu’annoncés.
Face à eux, le Collège privé catholique Notre-Dame-de-la-Paix de Sotouboua n’a jamais tremblé. Les deux formations se sont engagées dans un véritable duel intellectuel où chaque point était arraché avec détermination.
À deux reprises, les adversaires se sont retrouvés à égalité parfaite, maintenant un suspense permanent dans la salle.
Le choix stratégique du collège de Sotouboua, qui a misé sur une équipe composée exclusivement de jeunes filles, a d’ailleurs failli faire basculer la rencontre en sa faveur. Les protégées des Sœurs de Notre-Dame-de-la-Paix ont pris les commandes lors des deux premières phases du concours, menant successivement 120 points contre 100, puis 130 points contre 110.
Mais le scénario allait finalement tourner à l’avantage des élèves de Tchamba.
Joie et promesses
Lors de l’ultime manche, consacrée aux thématiques sanitaires et médicales, ils ont démontré une impressionnante maîtrise des sujets abordés. Réponses précises, rapidité d’exécution et sang-froid leur ont permis de creuser progressivement l’écart avant de s’imposer largement sur le score final de 470 points contre 280. Une victoire qui propulse désormais l’établissement au rang de porte-étendard de toute la région Centrale.
Le capitaine de l’équipe victorieuse, Kudjaki Essouhouna, n’a pas caché sa joie à l’issue de la compétition. « Nous sommes très heureux et très fiers de cette victoire. Après plusieurs rencontres disputées tout au long de la compétition, notre établissement a été sacré champion de la région. C’est une immense satisfaction pour toute notre équipe », a-t-il déclaré.
Mais pour les champions régionaux, cette qualification n’est qu’une étape. C’est ce que rappelle leur capitaine : « Nous allons poursuivre les préparatifs avec sérieux afin de représenter dignement la région Centrale à Lomé et, pourquoi pas, revenir avec le trophée national ».
Au-delà de la dimension compétitive, Kudjaki Essouhouna souligne surtout l’impact pédagogique du concours. En effet, a-t-il enchaîné, « Cette compétition nous a permis d’acquérir de nombreuses connaissances dans le domaine de la santé et de la médecine. Elle suscite même chez certains d’entre nous l’envie de devenir médecin ou d’exercer un métier lié à la santé. »
Du côté du Collège Notre-Dame-de-la-Paix, la déception était palpable, mais sans amertume, le Fai-play oblige. Le capitaine Affoh-Kassan Kadoukpê a préféré retenir les leçons positives de cette aventure. « Permettez-moi de citer Nelson Mandela qui disait : “Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends”. Tout au long de cette aventure, j’ai appris, je me suis découverte personnellement et j’ai énormément progressé sur le plan intellectuel », a-t-elle confié.
Et d’ajouter : « Nous repartons sans le titre, mais avec beaucoup de satisfaction. Cette expérience restera gravée dans nos mémoires et nous reviendrons plus forts lors des prochaines éditions. »
Présent lors de cette finale, le Directeur régional de l’éducation de la région centrale, Kankwé Adama, a salué l’engagement des participants ainsi que la pertinence de cette initiative portée par le professeur Kodom Serge Michel, président de AIMES-AFRIQUE.
Cap sur la capitale
Pour lui, cette compétition constitue bien plus qu’un simple jeu de connaissances. « La santé est une question fondamentale pour le développement de nos sociétés. À travers les clubs santé et cette compétition, les élèves développent des compétences essentielles pour la vie », a-t-il insisté, souhaitant que ces jeunes deviennent progressivement des ambassadeurs de la sensibilisation sanitaire au sein de leurs établissements, de leurs familles et de leurs communautés.
« Je suis convaincu que parmi ces élèves se trouvent les futurs médecins, biologistes, pharmaciens, infirmiers et autres professionnels de santé dont notre pays aura besoin », a-t-il ajouté.
La prochaine étape se déroulera à Lomé. Les équipes qualifiées y sont attendues dès ce 24 juin pour une immersion pédagogique comprenant des visites à l’Espace Orange Jeunes de l’UNFPA, au CHU Campus, au siège d’AIMES-AFRIQUE et de SOS Docteur TV ainsi qu’à l’Assemblée nationale.
Le 27 juin marquera l’apothéose de cette aventure avec les quarts de finale, les demi-finales, le match de classement et la grande finale nationale.
Vocations
Porté par AIMES-AFRIQUE à travers les Clubs Santé SOS Docteur TV, le concours Génie Imhotep s’affirme aujourd’hui comme un véritable incubateur de vocations. En associant éducation, santé publique et citoyenneté, le programme contribue à former une jeunesse mieux informée et davantage impliquée dans les enjeux du développement national.
Après son sacre régional, le Lycée de Tchamba portera désormais les espoirs de toute la région centrale dans la conquête du prestigieux trophée national Génie Imhotep 2026.
L’ONG AIMES-AFRIQUE accélère le déploiement des Clubs Santé SOS Docteur TV à travers le pays en impliquant les gouverneurs et les autorités régionales dans une vaste stratégie de prévention sanitaire et de promotion de l’excellence en milieu scolaire.
Face à la multiplication des défis sanitaires et sociaux auxquels sont confrontés les adolescents togolais, l’ONG AIMES-AFRIQUE franchit une nouvelle étape dans la mise en œuvre de son ambitieux projet des Clubs Santé SOS Docteur TV. Du 15 au 18 juin 2026, une tournée nationale a été organisée dans les six gouvernorats du pays afin de présenter cette initiative aux gouverneurs et à leurs proches collaborateurs.
L’objectif est clair : faire des établissements secondaires des espaces privilégiés d’éducation à la santé, de responsabilisation des jeunes et de développement du civisme.
Initiée dès octobre 2023, cette démarche se veut une réponse concrète à des indicateurs sanitaires jugés préoccupants chez les adolescents et les jeunes. L’essor des réseaux sociaux et l’affaiblissement progressif des activités parascolaires traditionnelles ont également renforcé la nécessité de mettre en place des mécanismes d’encadrement plus structurés.
Porté par le professeur honoraire Dr Serge Michel Kodom, président fondateur d’AIMES-AFRIQUE, le projet s’inscrit dans un vaste programme d’excellence et d’émulation en milieu scolaire et universitaire composé de cinq projets majeurs.
Au cœur du dispositif, les Clubs Santé SOS Docteur TV ambitionnent d’installer durablement une culture de prévention dans les établissements scolaires. Le programme repose sur sept axes stratégiques intégrant notamment l’éducation sanitaire, la sensibilisation aux comportements à risque, la promotion de la responsabilité citoyenne et des activités pédagogiques innovantes comme le jeu de culture générale en santé « Génie Imhotep ».
Au-delà de la simple présentation du projet, la tournée vise à associer étroitement les autorités déconcentrées à sa mise en œuvre. Gouverneurs, présidents des conseils régionaux, préfets, maires, responsables régionaux de l’éducation, de la santé et des affaires sociales sont désormais appelés à jouer un rôle central dans l’accompagnement du programme.
Cette implication des acteurs territoriaux apparaît indispensable au regard des chiffres alarmants qui concernent la jeunesse togolaise.
Les données présentées par les promoteurs du projet révèlent des réalités préoccupantes : la persistance des grossesses en milieu scolaire, la faible connaissance du VIH chez les jeunes, la consommation importante d’alcool, de tabac et de drogues ainsi qu’une vulnérabilité accrue face aux infections sexuellement transmissibles.
Le phénomène des grossesses scolaires demeure particulièrement inquiétant. Plus de 2 000 cas sont enregistrés chaque année depuis quatre années consécutives dans les établissements du pays.
À cela s’ajoutent des comportements à risque observés chez les adolescents, notamment la précocité des rapports sexuels et la faible utilisation des moyens de protection.
Pour AIMES-AFRIQUE, ces défis nécessitent une mobilisation collective dépassant le seul cadre éducatif. D’où la volonté d’associer l’administration territoriale, les collectivités locales et les services déconcentrés de l’État afin de bâtir un véritable écosystème de protection des jeunes.
Déjà présente dans quinze pays, l’organisation entend ainsi renforcer sa vision : « Santé et Éducation pour tous en Afrique ».
Cette tournée nationale marque donc un tournant stratégique. Elle traduit la volonté des promoteurs du projet de territorialiser davantage leurs actions et de faire des gouvernorats des relais essentiels dans la construction d’une jeunesse plus responsable, mieux informée et davantage préparée aux défis de demain.
Un pari ambitieux qui pourrait, à terme, redessiner le paysage de l’éducation sanitaire au Togo.
Chaque 19 juin, la Journée mondiale de la drépanocytose rappelle qu’au-delà d’une maladie génétique, c’est une véritable urgence de santé publique qui frappe particulièrement l’Afrique.
Longtemps méconnue et insuffisamment prise en compte dans les politiques sanitaires, la drépanocytose demeure aujourd’hui l’une des maladies génétiques les plus répandues et les plus meurtrières au monde. À l’occasion de la Journée mondiale de la drépanocytose, célébrée chaque 19 juin, les professionnels de santé et les organisations internationales multiplient les appels pour une meilleure prévention, un dépistage précoce et un accès équitable aux traitements.
L’Organisation mondiale de la Santé considère désormais cette pathologie comme un enjeu majeur de santé publique à l’échelle mondiale, avec un impact particulièrement alarmant sur le continent africain.
Une maladie qui frappe durement l’Afrique
Les chiffres sont éloquents. En 2021, environ 7,74 millions de personnes vivaient avec la drépanocytose dans le monde, tandis que près de 515 000 nouveau-nés ont vu le jour avec cette maladie. L’Afrique subsaharienne concentre à elle seule près de 80 % des cas recensés à l’échelle mondiale.
La maladie est particulièrement dramatique chez les enfants. Chaque année, des milliers d’entre eux succombent à des complications qui auraient pourtant pu être évitées grâce à un diagnostic précoce et à une prise en charge adaptée. Selon l’OMS, la drépanocytose est responsable d’une part importante des décès chez les enfants de moins de cinq ans, mais son impact réel reste largement sous-estimé dans de nombreux pays africains en raison de l’insuffisance des systèmes d’enregistrement des décès.
Plusieurs pays, dont le Nigeria, la République démocratique du Congo, le Ghana, le Cameroun ou encore le Togo, figurent parmi les plus concernés. Cependant, les programmes nationaux de dépistage restent encore insuffisamment développés.
Une maladie héréditaire, pas contagieuse
Contrairement à certaines idées reçues, la drépanocytose n’est pas une maladie infectieuse et ne se transmet pas d’une personne à une autre.
Elle est provoquée par une mutation du gène HBB, responsable de la fabrication de l’hémoglobine, la protéine qui transporte l’oxygène dans le sang. Cette anomalie entraîne la production de globules rouges en forme de faucille qui deviennent rigides, fragiles et susceptibles d’obstruer les vaisseaux sanguins.
La transmission est exclusivement héréditaire. Lorsqu’un enfant hérite du gène défectueux de ses deux parents, il développe la maladie.
Les principaux symptômes sont nombreux :
des crises douloureuses parfois très intenses ;
une anémie chronique ;
des infections répétées ;
des difficultés respiratoires ;
des retards de croissance ;
des accidents vasculaires cérébraux ;
des atteintes des organes vitaux.
Des traitements qui permettent aujourd’hui de mieux vivre
Si la drépanocytose n’est pas encore totalement éradiquée, les avancées médicales des dernières années ont considérablement amélioré la qualité de vie des patients.
La prise en charge repose d’abord sur le dépistage néonatal, qui permet d’identifier très tôt les enfants atteints afin de prévenir les complications.
Parmi les traitements disponibles figurent :
l’administration régulière de vaccins et d’antibiotiques pour prévenir les infections ;
les transfusions sanguines ;
les médicaments antidouleur lors des crises ;
l’hydroxyurée, qui réduit la fréquence et la gravité des crises douloureuses et améliore l’espérance de vie des patients.
La greffe de moelle osseuse demeure actuellement le seul traitement potentiellement curatif, mais elle reste peu accessible en Afrique en raison de son coût élevé et de la nécessité de disposer d’un donneur compatible.
Par ailleurs, la thérapie génique ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques, même si ces innovations restent encore hors de portée pour la majorité des patients africains.
Faire de la drépanocytose une priorité politique
Au-delà des avancées scientifiques, le principal défi reste celui de l’accès aux soins. Les experts appellent les gouvernements africains à renforcer le dépistage systématique, améliorer la disponibilité des médicaments et intensifier les campagnes de sensibilisation auprès des populations.
En cette Journée mondiale de la drépanocytose, le message est clair : cette maladie n’est plus une fatalité. Avec des investissements adéquats, des politiques publiques ambitieuses et une meilleure information des populations, des millions de vies pourraient être sauvées.
L’Afrique, qui porte aujourd’hui l’essentiel du fardeau mondial, détient également une grande partie des solutions pour inverser la tendance et transformer cette urgence silencieuse en une victoire sanitaire durable.
À travers sa 8ᵉ édition prévue à Kpalimé, le Club RFI Togo veut intensifier la sensibilisation contre les faux médicaments et appeler à une mobilisation collective pour protéger la santé publique. C’est ce que souligne dans l’interview ci-après Bienvenu AMOUH, son Coordinateur national, en tirant la sonnette d’alarme.
Le Club RFI Togo organise prochainement sa 8ᵉ édition d’activités à Kpalimé. Quel est l’objectif principal de cette initiative ?
Cette 8ᵉ édition, qui se déroulera du 21 au 23 août 2026 à Kpalimé, vise avant tout à sensibiliser les populations aux dangers liés à la consommation des faux médicaments. Nous faisons face à un problème majeur de santé publique qui touche de nombreuses familles. À travers cette rencontre, nous voulons informer, éduquer et mobiliser les citoyens afin qu’ils prennent conscience des risques encourus lorsqu’ils achètent des produits pharmaceutiques dans les circuits informels.
Pourquoi avoir choisi le thème « Les faux produits, un crime contre l’Humanité » ?
Ce thème reflète la gravité de la situation. Les faux médicaments ne sont pas de simples produits de mauvaise qualité. Ils mettent directement des vies en danger. Beaucoup sont contrefaits, périmés ou conservés dans des conditions inadaptées. Leur consommation peut entraîner l’aggravation des maladies, des complications graves, voire des décès. Nous considérons donc ce phénomène comme une véritable menace contre la vie humaine.
Quelle est aujourd’hui l’ampleur du problème au Togo et dans la sous-région ?
Le phénomène reste très préoccupant. Dans plusieurs pays africains, y compris le Togo, la vente de médicaments de rue est encore largement répandue. Cette situation s’explique notamment par la pauvreté, la difficulté d’accès à certains services de santé et parfois le manque d’information des populations. Malheureusement, de nombreuses personnes continuent de privilégier ces produits sans mesurer les risques qu’elles encourent.
Quelles activités sont prévues durant cette campagne ?
Nous avons élaboré un programme riche et diversifié. Des conférences et des panels réuniront des spécialistes de la santé, des acteurs de la société civile et des responsables institutionnels. Des campagnes de sensibilisation de proximité seront également organisées afin d’atteindre le plus grand nombre. Une attention particulière sera accordée aux jeunes et aux populations rurales, qui figurent parmi les catégories les plus vulnérables face à ce fléau.
Le Club RFI Togo lance également un appel aux partenaires. Pourquoi cet appel est-il important ?
Parce que la lutte contre les faux médicaments est une responsabilité collective. Pour donner à cette campagne toute son ampleur, nous avons besoin d’un accompagnement financier, matériel et logistique. Les entreprises, les institutions publiques, les organisations internationales et les acteurs de la société civile ont un rôle essentiel à jouer. Leur soutien permettra d’élargir la portée de nos actions et de toucher davantage de communautés.
Quel message adressez-vous aux autorités et aux citoyens ?
Nous invitons les autorités à renforcer les contrôles et à intensifier les actions contre les réseaux de distribution illicite. Quant aux citoyens, nous les encourageons à se procurer leurs médicaments exclusivement dans les pharmacies et les structures agréées. Chacun a une part de responsabilité dans cette lutte.
Quel impact espérez-vous à l’issue de cette 8ᵉ édition ?
Nous souhaitons provoquer une prise de conscience durable. Au-delà de l’événement, notre ambition est de créer un véritable mouvement citoyen contre les faux médicaments. À Kpalimé, en août prochain, nous voulons faire entendre un cri d’alarme et susciter une mobilisation générale pour protéger la santé et sauver des vies.
Lomé réunira en août les acteurs de la médecine traditionnelle ouest-africaine pour célébrer et promouvoir les savoirs thérapeutiques du continent.
La capitale togolaise s’apprête à devenir, le 7 août prochain, le carrefour de la médecine traditionnelle ouest-africaine. À l’initiative de l’Organisation des chercheurs et médecins holistiques du Togo (OCMH-Togo), la première édition des Awards des praticiens de la médecine traditionnelle d’Afrique de l’Ouest (APM-TAO) réunira à Lomé des praticiens, chercheurs et acteurs de la santé venus de plusieurs pays de la sous-région.
Placée sous le thème « Les enjeux de la médecine africaine à l’ère du numérique », cette rencontre entend mettre en lumière le rôle central que joue la médecine traditionnelle dans la prise en charge sanitaire des populations africaines. Selon les organisateurs, près de 80 % des habitants du continent recourent encore à ces pratiques pour répondre à leurs besoins de santé.
Le Burkina Faso est le pays invité d’honneur de cette première édition. Le président burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, en est le parrain officiel. Les promoteurs de l’événement saluent ainsi les efforts entrepris par les autorités du pays pour renforcer la reconnaissance et la valorisation de la médecine traditionnelle.
Au programme figurent des remises de trophées, distinctions honorifiques et diplômes de reconnaissance destinés à récompenser les praticiens et chercheurs qui se sont illustrés dans la préservation et la promotion des savoirs thérapeutiques africains. Mais au-delà de l’aspect honorifique, les APM-TAO ambitionnent de devenir une véritable plateforme régionale d’échanges et de coopération entre les acteurs du secteur.
Lors de la conférence de presse de lancement, le coordinateur national de l’OCMH-Togo, Bedi-Djinekou Sénam, a souligné l’importance de reconnaître et de transmettre les connaissances détenues par les praticiens traditionnels. Selon lui, chaque acteur du domaine est dépositaire d’un patrimoine précieux qu’il convient de préserver pour les générations futures.
À travers cette initiative, l’OCMH-Togo veut contribuer à l’émergence d’une médecine traditionnelle modernisée, mieux structurée et davantage intégrée aux politiques de santé publique africaines, tout en offrant une visibilité accrue aux gardiens des savoirs ancestraux du continent.
Au Togo, la destruction des substances psychoactives obéit à un dispositif rigoureux associant plusieurs ministères afin de protéger à la fois la santé publique et l’environnement.
La destruction des substances psychoactives et autres produits prohibés au Togo ne s’improvise pas. Elle répond à un processus strict, encadré par plusieurs institutions de l’État afin de garantir la sécurité des populations et la préservation de l’environnement. C’est le message principal délivré par le Dr Francis Balaka, coordonnateur du Programme national des addictions aux produits psychoactifs au ministère de l’Agriculture, lors d’une rencontre d’échanges avec les membres du Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN-Togo).
Face aux journalistes, le spécialiste a levé le voile sur les mécanismes qui entourent la destruction des substances saisies ou retirées de la circulation. Il a expliqué que chaque opération est soumise à une procédure rigoureuse impliquant plusieurs départements ministériels, notamment ceux de la Santé, de l’Environnement, de la Justice et de l’Administration territoriale.
Selon Dr Francis Balaka, la justice joue un rôle central dans le processus en veillant à la régularité des opérations. Avant toute destruction, les autorités judiciaires sont saisies afin de garantir le respect des dispositions légales en vigueur. De son côté, le ministère chargé de l’Environnement procède à l’évaluation du site retenu pour s’assurer que l’opération ne présente aucun danger pour les écosystèmes ou les populations riveraines.
Des méthodes adaptées à chaque substance
Le coordonnateur a insisté sur le fait que toutes les substances psychoactives ne sont pas détruites de la même manière. La méthode choisie dépend de la nature du produit concerné ainsi que de son niveau de dangerosité.
« Tous les produits ne sont pas détruits de la même manière », a-t-il souligné. Certaines substances sont enfouies dans des conditions sécurisées, d’autres sont incinérées dans des installations adaptées, tandis que certaines peuvent être détruites par brûlage contrôlé. Ces choix techniques visent à réduire les risques de pollution et à protéger la santé publique.
Sensibiliser sur les enjeux des addictions
Cette rencontre avec REMAPSEN-Togo s’inscrit dans une dynamique de sensibilisation et d’information sur les enjeux liés aux substances psychoactives. Elle a permis aux professionnels des médias de mieux comprendre les mécanismes de gestion de ces produits et les mesures prises par les autorités pour limiter leurs impacts sur la société.
À travers cette démarche, le Programme national des addictions aux produits psychoactifs entend renforcer la collaboration avec les médias afin de mieux informer le public sur les risques associés à ces substances et sur les actions engagées par le gouvernement pour assurer une destruction sécurisée, transparente et respectueuse de l’environnement.
Ancien agent d’une entreprise de fabrication de bouillons culinaires à Lomé, un ex-employé lève le voile sur les procédés de production des célèbres « cubes » de cuisine et met en garde contre une consommation excessive de ces exhausteurs de goût.
Les bouillons de cuisine, communément appelés « cubes », occupent une place importante dans les habitudes culinaires de nombreux foyers togolais. Utilisés pour relever le goût des sauces, soupes et autres préparations, ils sont pourtant régulièrement pointés du doigt par des consommateurs et des professionnels de santé qui s’interrogent sur leurs effets à long terme. À Lomé, les révélations d’un ancien employé d’une société spécialisée dans leur fabrication relancent le débat.
Souhaitant conserver l’anonymat, cet ex-ouvrier affirme avoir participé au processus de production de ces bouillons culinaires pendant plusieurs années. Selon lui, les ingrédients utilisés sont loin de l’image que renvoient certains emballages.
« Les produits qu’on utilise pour fabriquer le cube n’ont rien à voir avec les ingrédients naturels que les consommateurs imaginent. On utilise principalement du sucre, du sel et plusieurs autres composants. À cela s’ajoute une substance appelée arôme, qui donne au produit son goût spécifique », explique-t-il dans des propos rapportés par le confrère Letabloid.
D’après son témoignage, les différentes variétés commercialisées, notamment celles présentées comme étant au poulet ou à la crevette, ne contiendraient pas nécessairement les ingrédients auxquels elles font référence. « Ce sont les arômes qui permettent de reproduire ces saveurs. C’est ce qui fait la différence entre les produits », soutient-il.
L’ancien employé affirme également que les quantités de sucre et de sel utilisées dans la fabrication seraient importantes. Une situation qui, selon lui, devrait interpeller les consommateurs à l’heure où les autorités sanitaires multiplient les campagnes de sensibilisation contre les excès de sodium et de sucre dans l’alimentation.
« On nous déconseille souvent de consommer trop de sel ou trop de sucre. Pourtant, ce sont des éléments qui entrent dans la composition de ces produits », indique-t-il.
Ces déclarations interviennent dans un contexte où les maladies non transmissibles, notamment l’hypertension artérielle, le diabète et certaines maladies cardiovasculaires, connaissent une progression dans plusieurs pays africains. Toutefois, les spécialistes soulignent qu’aucun aliment pris isolément ne peut être considéré comme responsable de ces pathologies. C’est généralement l’excès et le déséquilibre alimentaire global qui augmentent les risques pour la santé.
Pour limiter l’usage des cubes, l’ancien ouvrier recommande de privilégier les ingrédients naturels locaux. Il cite notamment l’oignon, l’ail, le gingembre ou encore certains champignons, capables selon lui de rehausser le goût des plats sans recourir systématiquement aux bouillons industriels.
Si les fabricants défendent la conformité de leurs produits aux normes alimentaires en vigueur, ce témoignage remet en lumière une question essentielle : celle de la composition des aliments consommés quotidiennement et de la nécessité pour les consommateurs de s’informer davantage sur ce qu’ils mettent dans leurs assiettes.
À l’approche de la Journée mondiale sans tabac, l’OMS appelle les gouvernements à renforcer les mesures contre les produits nicotiniques qui séduisent de plus en plus les adolescents.
À quelques jours de la Journée mondiale sans tabac, célébrée chaque 31 mai, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire la sonnette d’alarme face à la montée inquiétante de la consommation de produits du tabac et de nicotine chez les jeunes. Dans un communiqué publié le 29 mai à Genève, l’organisation exhorte les gouvernements à agir rapidement pour empêcher une nouvelle génération de tomber dans la dépendance.
Selon l’OMS, au moins 40 millions d’enfants âgés de 13 à 15 ans consomment déjà des produits du tabac à travers le monde. Plus préoccupant encore, l’utilisation des cigarettes électroniques et des sachets de nicotine connaît une progression constante parmi les adolescents.
L’organisation accuse les industries du tabac et de la nicotine de cibler délibérément les jeunes à travers des produits aux saveurs attrayantes, des emballages colorés et des campagnes promotionnelles massives sur les réseaux sociaux. « Les grandes compagnies de tabac réinventent leur modèle économique », dénonce le Dr Etienne Krug, directeur du Département des Déterminants, de la Promotion de la Santé et de la Prévention à l’OMS. Selon lui, ces entreprises continuent de tirer profit des cigarettes traditionnelles tout en développant agressivement de nouveaux produits destinés à fidéliser les jeunes consommateurs.
L’OMS rappelle que la nicotine est une substance hautement addictive et particulièrement nocive pour les enfants et les adolescents, dont le cerveau est encore en développement. Pour faire face à cette menace, l’organisation recommande notamment l’interdiction des arômes attractifs, le renforcement des contrôles, la suppression de la publicité et l’extension des espaces publics sans fumée ni vapotage.
L’agence onusienne s’inquiète particulièrement de l’essor des sachets de nicotine. D’après un récent rapport, près de 160 pays ne disposent toujours d’aucune réglementation spécifique concernant ces produits, malgré une croissance rapide de leur commercialisation.
L’OMS cite l’exemple de Rio de Janeiro, au Brésil, où les autorités ont renforcé les restrictions sur les cigarettes électroniques et multiplié les campagnes de sensibilisation. L’organisation souligne que de telles initiatives sont essentielles alors que le tabac continue de provoquer plus de sept millions de décès chaque année dans le monde.
À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, l’OMS invite enfin les plus d’un milliard d’utilisateurs de produits nicotiniques à entreprendre les premières démarches vers l’arrêt de leur consommation.