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  • CAF : le soutien à Infantino résistera-t-il à la fronde qui gagne la FIFA ?

    CAF : le soutien à Infantino résistera-t-il à la fronde qui gagne la FIFA ?

    Alors que la contestation contre Gianni Infantino prend de l’ampleur au sein du football mondial, la position de la Confédération africaine de football (CAF) est de plus en plus scrutée.

    La Supercoupe d’Europe entre le Paris Saint-Germain et Aston Villa, ce mercredi 12 août à Salzbourg, en Autriche, n’a pas seulement été marquée par la victoire parisienne. En coulisses, les discussions entre responsables du football européen auraient également porté sur l’avenir de Gianni Infantino, président de la FIFA.

    Selon des informations rapportées dans l’entourage de l’UEFA, plusieurs acteurs du football mondial travailleraient désormais à un changement de gouvernance à la FIFA. Une motion de censure pourrait même être envisagée si le dirigeant suisse ne quittait pas son poste dans les prochains mois.

    Une fronde qui s’élargit

    Le projet de réforme évoqué au sein de l’UEFA viserait notamment à mieux séparer les fonctions de régulation, les activités commerciales et l’organisation des compétitions. Les clubs pourraient également obtenir davantage de poids dans la gouvernance de l’instance mondiale.

    Cette contestation intervient alors qu’Infantino semble perdre progressivement certains soutiens. L’abandon de plusieurs projets controversés et les polémiques entourant sa gouvernance ont alimenté les critiques.

    Dans ce contexte, la présence à Salzbourg de Patrice Motsepe, président de la CAF, est observée avec attention par les responsables européens. Le dirigeant sud-africain a pourtant réaffirmé publiquement son soutien à Infantino.

    La CAF face à un choix stratégique

    Reste une question centrale. La CAF maintiendra-t-elle cette position si la contestation continue de s’étendre ? L’Afrique dispose d’un poids électoral important au sein de la FIFA. Un éventuel changement de cap de la confédération africaine pourrait donc modifier sensiblement les rapports de force.

    Pour l’heure, aucun revirement officiel de la CAF n’est annoncé. Mais à mesure que le cercle de la grogne contre Infantino s’élargit, son soutien africain pourrait devenir l’un des enjeux majeurs de la bataille pour l’avenir de la FIFA.

  • Omar Artan, de l’ombre du mondial à la lumière de la Supercoupe d’Europe

    Omar Artan, de l’ombre du mondial à la lumière de la Supercoupe d’Europe

    Refoulé à son arrivée aux Etats-Unis alors qu’il devait officier à la Coupe du monde, l’arbitre somalien Omar Artan tient une nouvelle occasion de marquer l’histoire. Ce mercredi, il dirigera la Supercoupe d’Europe entre le Paris Saint-Germain et Aston Villa.

    La trajectoire d’Omar Artan prend une tournure aussi spectaculaire qu’inattendue. Quelques semaines après avoir été privé de Coupe du monde à la suite de son refoulement à son arrivée aux Etats-Unis, l’arbitre somalien retrouve les projecteurs du football européen.

    Sa désignation pour arbitrer la Supecoupe d’Europe entre le Paris Saint-Germain et Aston Villa apparait comme une véritable revanche sportive. Elle vient surtout récompenser un arbitre dont la carrière internationale ne cesse de prendre de l’ampleur.

    Pour Omar Artan, cette rencontre représente bien davantage qu’un simple rendez-vous au sommet. Elle constitue une réponse silencieuse à un épisode qui avait brutalement interrompu son aventure au Mondial. Alors qu’il avait été sélectionné pour participer à la plus prestigieuse compétition internationale, le Somalien avait dû rebrousser chemin après son arrivée sur le territoire américain.

    Ce mercredi, le décor change radicalement. Au lieu de rester associé à cette mésaventure, Artan aura les honneurs d’une affiche prestigieuse mettant aux prises deux formations européenns de premier plan.

    Sa présence au centre de cette rencontre porte ainsi une forte dimension symbolique. Elle rappelle que, malgré les obstacles et les décisions parfois difficiles à comprendre, le mérite peut finir par retrouver sa place.

    Pour le football somalien, cette désignation constitue également une source de fierté. Omar Artan aura désormais la responsabilité de démontrer, sur une scène de premier plan, que son talent et son expérience méritent pleinement la confiance qui lii est accordée.

  • FIFA-CAF : Tata Adaglo Avlessi réclame le départ d’Infantino et de Motsepe, un appel qui risque de rester sans effet

    FIFA-CAF : Tata Adaglo Avlessi réclame le départ d’Infantino et de Motsepe, un appel qui risque de rester sans effet

    L’ancien président de la Fédération togolaise de football (FTF) rejoint les nombreuses voix qui contestent la gouvernance de la FIFA, même si le soutien affiché par la CAF à Gianni Infantino rend toute remise en cause de son mandat hautement improbable.

    L’ancien président de la Fédération togolaise de football (FTF), Tata Adaglo Avlessi de Mass, est sorti de sa réserve pour demander la démission de Gianni Infantino, président de la Fédération internationale de football association (FIFA), ainsi que celle de Patrice Motsepe, président de la Confédération africaine de football (CAF). Dans une déclaration rendue publique depuis Masséville, dans la préfecture du Bas-Mono, il dénonce ce qu’il considère comme des dérives dans la gouvernance du football mondial et africain.

    Cette sortie intervient alors que la contestation visant Gianni Infantino prend de l’ampleur dans plusieurs pays. Ces dernières semaines, des fédérations nationales ainsi que plusieurs personnalités influentes du football ont publiquement remis en cause la gouvernance du dirigeant suisse-italien, l’invitant à quitter ses fonctions à la tête de la FIFA.

    Une gouvernance de plus en plus contestée

    Dans son texte, Tata Adaglo Avlessi estime que l’élection de Gianni Infantino en 2016 constitue un « accident de parcours » pour la FIFA. Il lui reproche notamment une série de choix stratégiques qu’il juge contraires aux valeurs du football.

    Parmi les principaux griefs figure le projet FIFA Forward Enterprise, porté dans le contexte de la Coupe du monde 2026 organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Selon l’ancien dirigeant togolais, cette initiative, qui devait permettre d’accroître les ressources consacrées au développement du football en ouvrant une partie des revenus à des investisseurs privés, a suscité une vive contestation au sein du monde du football.

    Tata Adaglo Avlessi évoque également les départs de plusieurs proches collaborateurs de Gianni Infantino, qu’il considère comme le signe d’un malaise grandissant au sommet de l’instance mondiale. Estimant que cette situation nuit à la crédibilité de la FIFA, il invite son président à quitter ses fonctions « pour son honneur et sa dignité ».

    L’ancien président de la FTF étend également ses critiques à Patrice Motsepe. Selon lui, le président de la CAF aurait soutenu sans réserve les orientations de la FIFA, empêchant l’Afrique de défendre davantage son autonomie dans la gouvernance du football mondial. Il appelle ainsi le dirigeant sud-africain à assumer sa responsabilité politique et à présenter, lui aussi, sa démission.

    Dans sa déclaration, Tata Adaglo Avlessi rend par ailleurs hommage à l’ancien président de la CAF, feu Issa Hayatou, dont il salue « la témérité » et « la grandeur d’âme », malgré des relations qu’il reconnaît avoir parfois été difficiles.

    Un appel symbolique face au soutien affiché de la CAF

    Si cette prise de position vient renforcer le camp des détracteurs de Gianni Infantino, ses chances de produire un effet concret apparaissent toutefois limitées. La CAF a récemment réaffirmé son soutien au président de la FIFA, confortant ainsi l’alliance entre les deux instances dirigeantes du football mondial et africain.

    Cette position illustre le contraste entre les critiques formulées par plusieurs fédérations européennes, des personnalités du football et désormais d’anciens responsables africains, et l’attitude de nombreuses fédérations du continent qui continuent d’apporter leur soutien à Gianni Infantino. Pour plusieurs observateurs, ce décalage traduit un certain déphasage d’une partie des fédérations africaines avec les débats actuels sur la gouvernance, la transparence et les réformes réclamées au sein du football mondial.

    Même si les appels à la démission se multiplient, aucun mécanisme institutionnel ne laisse aujourd’hui présager un départ prochain de Gianni Infantino ou de Patrice Motsepe. La sortie de Tata Adaglo Avlessi s’inscrit ainsi davantage dans une dynamique de pression politique et morale que dans une perspective susceptible de déboucher, à court terme, sur un changement à la tête de la FIFA ou de la CAF.

  • Gianni Infantino vacille : le premier coup de semonce qui pourrait ébranler le trône de la FIFA

    Gianni Infantino vacille : le premier coup de semonce qui pourrait ébranler le trône de la FIFA

    Le premier verrou vient de sauter. En retirant son soutien à Gianni Infantino dans la perspective de sa réélection à la présidence de la FIFA, la Fédération galloise de football n’a pas simplement pris une position politique. Elle a brisé un tabou. Pour la première fois, une fédération nationale membre ose publiquement tourner le dos à celui qui règne depuis près d’une décennie sur le football mondial.

    Ce geste est loin d’être anodin. Il intervient après des années de critiques grandissantes contre une gouvernance que de nombreux observateurs, dirigeants et acteurs du football jugent de plus en plus centralisée, opaque et tournée vers les intérêts économiques au détriment du jeu lui-même.

    Le président des promesses inachevées

    Lorsqu’il succède à Sepp Blatter en 2016, Gianni Infantino promet une FIFA plus transparente, plus démocratique et définitivement débarrassée des pratiques qui avaient plongé l’institution dans l’une des plus graves crises de son histoire.

    Dix ans plus tard, le constat dressé par nombre de ses détracteurs est sévère. Certes, les recettes financières de la FIFA ont progressé et de nouveaux marchés ont été conquis. Mais à quel prix ?

    L’inflation des compétitions internationales, l’élargissement incessant des tournois, les projets de réformes élaborés sans consensus réel, les tensions récurrentes avec les ligues européennes, les clubs et les syndicats de joueurs ont progressivement installé un climat de défiance.

    Son projet de Coupe du monde tous les deux ans a suscité un rejet massif avant d’être abandonné. Son idée d’une Coupe du monde à 64 équipes a ravivé les inquiétudes sur une logique où la croissance économique semble parfois prendre le pas sur l’équilibre sportif.

    À cela s’ajoutent des critiques récurrentes sur une concentration du pouvoir au sommet de la FIFA, des décisions jugées peu concertées et une personnalisation croissante de la gouvernance. Et surtout sa décision de privatiser la FIFA.

    L’Europe dit stop… et demain ?

    La Fédération galloise n’est probablement que la première à franchir le Rubicon. En effet, depuis plusieurs mois, l’UEFA, plusieurs fédérations européennes et de nombreuses voix influentes contestent la direction prise par la FIFA. Les désaccords portent autant sur la multiplication des compétitions que sur la méthode de gouvernance.

    La décision galloise pourrait libérer la parole de fédérations qui, jusqu’ici, préféraient éviter un affrontement frontal avec Zurich. En politique comme dans le sport, le premier qui ose entraîne souvent les suivants.

    Le véritable enjeu se situe désormais ailleurs : combien de fédérations accepteront-elles encore de cautionner un système de plus en plus contesté ?

    L’Afrique face à ses responsabilités

    L’Afrique représente l’un des principaux blocs électoraux de la FIFA. Pendant longtemps, ce poids a constitué un atout majeur pour Gianni Infantino.

    Mais les fédérations africaines gagneraient à s’interroger sur la gouvernance qu’elles souhaitent défendre. Soutenir un président ne devrait jamais relever d’un réflexe d’allégeance, mais d’une évaluation de son bilan, de sa vision et de sa capacité à servir l’intérêt général du football.

    Si le mouvement de contestation initié par le pays de Galles prend de l’ampleur, plusieurs fédérations africaines pourraient être amenées à réexaminer leur position. Un soutien n’est jamais irréversible lorsque les critiques se multiplient.

    Peut-il encore tenir ?

    Gianni Infantino conserve des appuis solides et il serait prématuré d’annoncer sa chute. Toutefois, l’histoire de la FIFA enseigne qu’aucun président n’est politiquement invulnérable. Les certitudes peuvent se fissurer lorsque les premiers soutiens se transforment en opposants.

    La Fédération galloise vient peut-être de lancer un mouvement qui dépasse largement ses frontières. Si d’autres associations nationales lui emboîtent le pas, la campagne pour la réélection de Gianni Infantino pourrait se transformer en un référendum sur sa gouvernance.

    Le football mondial arrive à un tournant. Pendant trop longtemps, les critiques sont restées confinées aux coulisses. Désormais, elles s’expriment au grand jour. La vraie question n’est plus seulement de savoir si Gianni Infantino est contesté. Elle est de savoir combien de temps il pourra encore gouverner sans répondre, de manière convaincante, aux reproches qui s’accumulent.

    Car dans toute organisation, un dirigeant peut résister aux critiques. Il résiste plus difficilement lorsque la confiance commence à s’effriter. Et lorsqu’une première fédération rompt les rangs, les suivantes regardent rarement ailleurs.

  • ÉDITORIAL – Gianni Infantino de plus en plus seul : jusqu’à quand l’Afrique continuera-t-elle de le protéger ?

    ÉDITORIAL – Gianni Infantino de plus en plus seul : jusqu’à quand l’Afrique continuera-t-elle de le protéger ?

    À mesure que les principales fédérations européennes retirent leur confiance à Gianni Infantino et réclament une profonde réforme de la FIFA, une question s’impose : le président de l’instance mondiale du football peut-il encore tenir longtemps à son poste ?

    Le vent tourne. Lentement, mais sûrement. Après l’UEFA, ce sont désormais les fédérations anglaise, néerlandaise et allemande qui mettent Gianni Infantino face à ses responsabilités. Toutes dénoncent, avec des mots différents, la même réalité : une gouvernance devenue opaque, des décisions prises sans concertation et un mode de fonctionnement qui éloigne la FIFA de ses principes de transparence.

    Le retrait du projet visant à ouvrir les compétitions de la FIFA à des investisseurs privés n’a pas suffi à calmer les esprits. Au contraire, il a mis en lumière une crise de confiance bien plus profonde. Les dirigeants européens ne contestent plus seulement une décision ; ils remettent en cause la manière dont la première institution du football mondial est dirigée. Lorsqu’une fédération aussi influente que celle d’Angleterre réclame un examen complet de la gouvernance, que les Pays-Bas déclarent ne plus avoir confiance dans le leadership de Gianni Infantino et que l’Allemagne évoque un « changement culturel fondamental », le message est limpide : le problème n’est plus le projet, mais son président.

    Sans employer le terme de « démission », les Européens y poussent pourtant de manière de plus en plus évidente. Ils savent que, politiquement, un appel frontal risquerait de fracturer davantage la FIFA. Ils choisissent donc une autre voie : délégitimer progressivement le mode de gouvernance de Gianni Infantino jusqu’à rendre sa position difficilement tenable.

    Pendant ce temps, un continent brille par son silence : l’Afrique.

    Avec ses 54 associations membres, la Confédération africaine de football (CAF) représente un bloc électoral déterminant dans toutes les élections de la FIFA. Depuis l’arrivée de Gianni Infantino à la présidence, les fédérations africaines figurent parmi ses principaux soutiens. Ce poids politique leur confère une responsabilité particulière. Pourtant, alors que les critiques s’accumulent sur la gouvernance de la FIFA, rares sont les voix africaines qui osent exprimer publiquement des réserves.

    Ce silence peut être interprété de plusieurs manières : fidélité politique, calcul stratégique ou volonté de préserver les relations privilégiées avec la direction actuelle de la FIFA. Mais il expose aussi le football africain à une critique grandissante, celle de cautionner, par son absence de réaction, des pratiques que d’autres confédérations jugent incompatibles avec les principes de bonne gouvernance.

    L’Afrique a pourtant tout intérêt à défendre une FIFA forte, crédible et gouvernée dans la transparence. Son influence ne devrait pas se limiter à fournir des voix lors des élections. Elle devrait aussi servir à défendre les valeurs qui garantissent l’intégrité du football mondial.

    Gianni Infantino peut-il encore tenir ? Juridiquement et institutionnellement, oui. Tant que la majorité des 211 associations membres lui conserve sa confiance, son mandat n’est pas directement menacé. Mais politiquement, la situation est tout autre. Lorsqu’un dirigeant perd progressivement la confiance des fédérations les plus influentes du football mondial, son autorité s’érode, même s’il conserve les voix nécessaires pour rester en fonction.

    L’histoire des grandes institutions internationales montre qu’un président ne tombe pas toujours parce qu’il perd un vote. Il tombe souvent parce qu’il perd sa légitimité. Aujourd’hui, Gianni Infantino n’en est peut-être pas encore là. Mais les signaux envoyés par l’Europe montrent que cette légitimité est désormais sérieusement contestée. Si l’Afrique persiste à lui apporter un soutien sans exiger davantage de transparence et de gouvernance collégiale, elle risque d’apparaître non comme une force de réforme, mais comme le dernier rempart d’un système de plus en plus contesté. Et lorsque les appels à un changement deviennent aussi nombreux, la véritable question n’est plus de savoir si Gianni Infantino est sous pression, mais combien de temps encore il pourra résister à une défiance qui gagne chaque semaine du terrain.

  • Le football n’est pas à vendre : il est temps de mettre un frein aux dérives de Gianni Infantino

    Le football n’est pas à vendre : il est temps de mettre un frein aux dérives de Gianni Infantino

    Le refus catégorique de l’UEFA de voir la Coupe du monde livrée aux investisseurs privés relance le débat sur la dérive marchande du football et place les fédérations africaines devant une responsabilité historique.

    Parfois, une institution est obligée de dire « non » pour sauver ce qui fait son essence. C’est précisément ce que vient de faire l’UEFA. Réunie avec ses 55 fédérations membres, l’instance européenne a rejeté, à l’unanimité, le projet de la FIFA visant à transférer des parts de propriété de la Coupe du monde et d’autres compétitions à des investisseurs privés. Plus encore, elle a brandi la menace d’un boycott des compétitions de la FIFA si ce projet devait aboutir.

    Cette décision dépasse largement le simple bras de fer entre Zurich et Nyon. Elle pose une question fondamentale : le football est-il un patrimoine universel ou un simple produit financier ?

    Une Coupe du monde 2026 déjà symbole d’une fuite en avant

    La Coupe du monde 2026 restera dans l’histoire pour son format inédit à 48 équipes et ses 104 matches, un tournoi gigantesque dont l’expansion a été défendue par Gianni Infantino au nom de l’inclusion et de la croissance économique. Mais derrière ces arguments se cache une réalité plus préoccupante, celle d’un football toujours plus soumis à la logique du rendement.

    Depuis son arrivée à la tête de la FIFA, Gianni Infantino a multiplié les réformes controversées : agrandissement de la Coupe du monde, multiplication des compétitions internationales, élargissement du calendrier, création d’une Coupe du monde des clubs aux dimensions inédites, augmentation constante des revenus commerciaux.

    Chaque réforme est présentée comme une avancée pour le football mondial. Pourtant, les critiques se multiplient. Les joueurs dénoncent des calendriers surchargés. Les clubs s’inquiètent de l’usure physique des effectifs. Les supporters regrettent la perte de rareté des grandes compétitions.

    Aujourd’hui, le projet de créer une filiale commerciale susceptible d’accueillir des investisseurs privés apparaît comme une nouvelle étape dans cette logique. La FIFA affirme qu’elle conserverait le contrôle sportif tout en dégageant plus de 10 milliards de dollars supplémentaires pour financer le développement du football. Mais pour de nombreux observateurs, l’enjeu dépasse largement la simple question financière.

    L’UEFA sonne l’alarme avant qu’il ne soit trop tard

    Le communiqué publié par l’UEFA est d’une rare sévérité. L’instance européenne affirme que la Coupe du monde ne peut pas être considérée comme un produit d’investissement, rappelant qu’elle constitue l’un des plus grands héritages sportifs de l’humanité. Elle reproche également à la FIFA d’avoir élaboré ce projet dans le secret, sans véritable consultation des acteurs du football.

    Ce n’est pas simplement un désaccord administratif. L’UEFA estime que l’entrée d’investisseurs privés modifierait inévitablement les priorités de la gouvernance du football. Car un investisseur n’investit jamais par philanthropie.

    Son objectif reste la rentabilité. Or, si la rentabilité devient le moteur principal de la Coupe du monde, quelles seront les prochaines décisions ? Davantage de matches ? Davantage de compétitions ? Des calendriers encore plus chargés ? Des Coupes du monde organisées plus fréquemment ? Autant de questions auxquelles personne ne peut aujourd’hui répondre avec certitude.

    L’UEFA considère que certaines limites ne doivent jamais être franchies. Selon elle, personne, pas même la FIFA, n’est propriétaire du football au point de pouvoir le vendre.

    L’Afrique face à ses responsabilités

    C’est désormais que le regard se tourne vers les fédérations africaines. Car le projet devra être soumis aux 211 associations membres de la FIFA. Et c’est là que réside l’une des grandes inconnues. En effet, depuis plusieurs années, la politique de développement de la FIFA s’appuie largement sur des financements destinés aux fédérations nationales. Dans son projet actuel, la FIFA promet d’ailleurs une augmentation substantielle des fonds alloués à chacune d’elles si la réforme est adoptée. Cette promesse financière risque de peser lourd. En Afrique notamment.

    Le continent compte 54 fédérations, dont beaucoup dépendent fortement des programmes de financement de la FIFA. C’est précisément pour cette raison que leurs dirigeants sont aujourd’hui attendus sur un choix de principe. Voteront-ils selon leurs convictions ou selon les intérêts financiers immédiats ?

    Le débat mérite d’être posé sans caricature. Les fédérations africaines ont des besoins réels : infrastructures, formation, compétitions locales, football féminin, arbitrage. Les ressources de la FIFA jouent souvent un rôle important dans ces domaines. Mais cette réalité ne dispense pas leurs responsables d’examiner les conséquences à long terme d’une réforme qui toucherait à la gouvernance même du football mondial. L’enjeu dépasse les bénéfices immédiats. Il concerne l’avenir d’une compétition qui appartient symboliquement à tous les peuples.

    Préserver l’intérêt général avant les intérêts particuliers

    Le football ne peut survivre que s’il conserve une certaine indépendance vis-à-vis des logiques purement financières. L’histoire récente montre que chaque fois que les considérations économiques prennent le dessus, les tensions apparaissent rapidement. Le projet de Super Ligue européenne en est un exemple.

    Aujourd’hui, le débat est différent, mais la question de fond reste identique : jusqu’où peut-on commercialiser le football sans en altérer l’identité ? L’opposition de l’UEFA ne signifie pas que toutes les réformes proposées par la FIFA sont nécessairement mauvaises. La FIFA soutient que cette restructuration permettrait d’accroître les ressources disponibles pour le développement du football tout en conservant le contrôle des décisions sportives.

    Cependant, les critiques estiment qu’une telle évolution pourrait, à terme, renforcer les pressions économiques sur les compétitions, avec des décisions davantage orientées vers la création de valeur pour les investisseurs que vers l’équilibre sportif.

    Les présidents des fédérations africaines ont donc une responsabilité historique. Ils peuvent choisir de soutenir une réforme qui promet davantage de ressources financières. Ou ils peuvent exiger davantage de transparence, de garanties institutionnelles et un débat mondial avant toute évolution touchant à la propriété économique des plus grandes compétitions. La Coupe du monde n’est pas un actif financier comme un autre. Elle représente une mémoire collective, des émotions, des générations de joueurs et de supporters.

    À ce titre, elle mérite mieux qu’un simple calcul de rentabilité. L’heure n’est donc pas seulement au vote. Elle est au courage.

    Car lorsque le patrimoine le plus précieux du football mondial est en jeu, chaque fédération devra répondre à une question simple devant l’histoire : a-t-elle défendu l’intérêt général du football ou s’est-elle contentée d’approuver un projet dont les conséquences pourraient dépasser largement les bénéfices immédiats ?

  • Infantino célèbre « le plus grand Mondial de l’histoire », mais les polémiques ternissent son triomphe

    Infantino célèbre « le plus grand Mondial de l’histoire », mais les polémiques ternissent son triomphe

    Malgré le satisfecit affiché par Gianni Infantino, la Coupe du monde 2026 restera aussi marquée par de vives controverses, entre critiques de la gouvernance de la FIFA, rôle controversé de Donald Trump et sentiment grandissant que le football-business prend désormais le pas sur le football populaire.

    Une semaine après le sacre de l’Espagne en finale de la Coupe du monde 2026, Gianni Infantino a choisi de répondre frontalement à ses détracteurs. Dans un long communiqué publié sur le site de la FIFA, le président de l’instance mondiale dresse un bilan extrêmement positif du tournoi organisé aux États-Unis, au Canada et au Mexique. À ses yeux, cette édition a « dépassé toutes les attentes » et restera comme une réussite historique. Un constat loin de faire l’unanimité.

    Une défense musclée face aux critiques

    Dans son message, Gianni Infantino affirme que la Coupe du monde a battu des records d’affluence, réuni des millions de supporters venus du monde entier et démontré que le football pouvait encore rassembler les peuples malgré les tensions internationales. Il s’en prend également à ceux qu’il accuse d’avoir propagé « la haine » et de « faux récits » autour de la compétition, estimant que les critiques ont volontairement occulté les aspects positifs du tournoi.

    Le patron de la FIFA défend notamment la gestion des restrictions de visas imposées par les États-Unis, les décisions arbitrales controversées, ainsi que plusieurs dossiers disciplinaires qui ont alimenté les débats. Selon lui, ces épisodes sont inhérents à toute grande compétition et ne remettent pas en cause la réussite globale du Mondial.

    Un Mondial marqué par les controverses

    Pourtant, de nombreux observateurs refusent de partager cet enthousiasme. Avant même le coup d’envoi, l’organisation du tournoi aux États-Unis avait suscité des inquiétudes en raison de la politique migratoire de Donald Trump et des difficultés d’accès au territoire américain pour certaines délégations, arbitres et supporters. Pendant la compétition, plusieurs affaires ont accentué les critiques : interventions politiques présumées autour du dossier Folarin Balogun, décisions arbitrales contestées, prix des billets jugés prohibitifs, proximité affichée entre Gianni Infantino et Donald Trump, omniprésence du président américain dans la communication de la FIFA et soupçons d’une instrumentalisation politique de l’événement.

    Les critiques reprochent également au président de la FIFA d’avoir privilégié une communication verrouillée, refusant toute remise en question et répondant aux objections par des attaques contre ses contradicteurs plutôt que par un débat de fond.

    Au-delà des performances sportives, dominées par une brillante sélection espagnole, cette Coupe du monde relance une interrogation devenue récurrente. Les records financiers, les partenariats commerciaux, les opérations de prestige et les enjeux politiques semblent désormais occuper autant d’espace que le jeu lui-même. Pour beaucoup, le football-business continue de gagner du terrain, au risque d’éloigner progressivement ce sport de son essence populaire, celle qui a longtemps fait sa force et son universalité.

  • Mondial 2038 : le délicat calcul de Philippe Diallo

    Mondial 2038 : le délicat calcul de Philippe Diallo

    Entre convictions et intérêts stratégiques, Philippe Diallo, le patron de la Fédération française de football (FFF), se retrouve face à un choix hautement politique.

    À quelques mois de l’élection à la présidence de la FIFA, prévue le 18 mars 2027, à Rabat (Maroc), à l’occasion du 77è Congrès de la FIFA, Philippe Diallo est confronté à un véritable dilemme. Le président de la Fédération française de football (FFF) devrait apporter son soutien à Gianni Infantino, candidat à sa propre succession, alors même qu’il ne figure pas parmi les plus fervents admirateurs du dirigeant suisse.

    Selon L’Équipe, cette position relève avant tout d’un calcul stratégique. Conscient que Gianni Infantino ne fait face à aucun adversaire crédible et qu’il a de fortes chances d’être reconduit, Philippe Diallo préfère éviter toute confrontation avec l’homme fort du football mondial.

    L’objectif : le Mondial 2038

    Derrière cette prudence se cache un enjeu majeur : la France nourrit l’ambition de déposer sa candidature pour accueillir la Coupe du monde 2038. Dans cette perspective, préserver de bonnes relations avec le président de la FIFA apparaît comme un atout diplomatique de premier ordre.

    Le patron du football français doit ainsi composer avec une équation délicate : soutenir un dirigeant qu’il n’apprécie pas particulièrement ou risquer de fragiliser les chances françaises dans la course à l’organisation du plus grand événement du football mondial.

    Ce choix illustre les réalités de la gouvernance sportive internationale, où les considérations politiques et stratégiques pèsent souvent autant que les affinités personnelles. Pour Philippe Diallo, l’intérêt supérieur du football français semble, pour l’heure, l’emporter sur les réserves qu’il pourrait nourrir à l’égard de Gianni Infantino.

  • Platini contre-attaque : Infantino visé par une plainte explosive

    Platini contre-attaque : Infantino visé par une plainte explosive

    Onze ans après le scandale qui a brisé son rêve de présider la FIFA, Michel Platini lance une offensive judiciaire contre Gianni Infantino.

    L’ancien président de l’UEFA, Michel Platini, a déposé ce lundi une plainte contre le président de la FIFA, Gianni Infantino, pour « dénonciation calomnieuse » et « trafic d’influence ». Cette nouvelle procédure marque une étape majeure dans la bataille judiciaire qui oppose depuis plusieurs années l’ex-capitaine des Bleus aux instances dirigeantes du football mondial.

    Selon un communiqué transmis à l’AFP, la plainte vise également deux anciens responsables de la FIFA. Elle est accompagnée d’une constitution de partie civile, une démarche qui devrait conduire à la désignation d’un juge d’instruction chargé d’examiner les faits dénoncés.

    Michel Platini estime avoir été victime d’un complot ayant entraîné sa chute en 2015, alors qu’il apparaissait comme le grand favori pour succéder à Sepp Blatter à la tête de la FIFA. L’affaire du paiement controversé de deux millions de francs suisses reçu de l’ancien patron de l’instance mondiale avait alors provoqué sa suspension et mis un terme à ses ambitions présidentielles.

    Déjà en 2021, Platini avait déposé une plainte simple dans ce dossier. Celle-ci avait toutefois été classée sans suite en octobre 2025. Avec cette nouvelle offensive judiciaire, l’ancien numéro 10 français entend obtenir toute la lumière sur une affaire qui continue de secouer les coulisses du football international.

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