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  • Karim Dermane, nouveau patron des Éperviers à l’étranger ?

    Karim Dermane, nouveau patron des Éperviers à l’étranger ?

    Karim Dermane franchit un cap décisif. Régulier dans l’entrejeu lorientais, l’international togolais séduit par sa maturité tactique, sa qualité de relance et son impact physique.

    Depuis le début de la saison, Karim Dermane s’impose comme l’un des Togolais les plus en vue sur la scène européenne. Le milieu de terrain du FC Lorient, prêté par Lommel SK, enchaîne les bonnes copies en Ligue 1 française, au point de relancer le débat : est-il aujourd’hui le meilleur joueur togolais évoluant à l’étranger ?

    À seulement 21 ans, Karim Dermane franchit un cap décisif. Aligné régulièrement dans l’entrejeu lorientais, l’international togolais séduit par sa maturité tactique, sa qualité de relance et son impact dans les duels.

    Son match de référence face à l’AS Monaco, où il s’illustre avec un but, une passe décisive et la meilleure note du match, a marqué les observateurs. Une performance qui confirme sa capacité à répondre présent dans un championnat exigeant et très exposé médiatiquement.

    Dans une équipe lorientaise en quête de stabilité, Dermane s’est rapidement rendu indispensable. Son volume de jeu et sa polyvalence au milieu font de lui un élément clé du dispositif. Cette régularité en Ligue 1, rare chez les joueurs togolais de sa génération, renforce son statut à l’échelle nationale.

    Malgré ses performances, Karim Dermane ne fait pas encore l’unanimité comme numéro un togolais hors du pays. D’autres cadres des Éperviers, à l’image de Kévin Denkey, continuent de dominer les classements individuels grâce à leur efficacité offensive et aux distinctions reçues récemment.

    Denkey, notamment, reste très souvent cité comme le meilleur joueur togolais évoluant à l’étranger, en raison de son rendement constant et de son rôle décisif en club.

    Si le titre symbolique de “meilleur Togolais à l’extérieur” peut encore se discuter, Karim Dermane s’impose déjà comme l’un des visages du présent et surtout de l’avenir du football togolais. Sa progression rapide, son adaptation au haut niveau européen et sa marge de progression laissent entrevoir un leadership croissant, aussi bien en club qu’en sélection nationale.

    Karim Dermane n’est peut-être pas encore le meilleur Togolais évoluant à l’étranger selon tous les critères, mais il est sans conteste l’un des plus performants et des plus prometteurs actuellement. Et à ce rythme, la question pourrait très vite ne plus se poser.

  • Affaire Epstein: rumeur autour du Togo, silence des preuves

    Affaire Epstein: rumeur autour du Togo, silence des preuves

    À ce jour, les documents officiellement rendus publics par les autorités américaines ne fournissent aucune preuve confirmée d’un séjour, d’une résidence ou d’activités criminelles de Jeffrey Epstein au Togo

    La publication récente de milliers de documents judiciaires liés à l’affaire Jeffrey Epstein continue de susciter interrogations et spéculations à travers le monde. Parmi elles, des interrogations ont émergé au Togo, après la circulation d’informations évoquant une possible présence ou des liens de l’ancien financier américain avec le pays.

    À ce stade, les documents officiellement rendus publics par les autorités américaines ne fournissent aucune preuve confirmée d’un séjour, d’une résidence ou d’activités criminelles de Jeffrey Epstein au Togo. Les fichiers déclassifiés, comprenant des courriels, des carnets de contacts, des journaux de vols et des témoignages, détaillent un vaste réseau international, mais ne mentionnent pas explicitement le Togo comme lieu de ses opérations ou déplacements avérés.

    Certaines publications locales et commentaires sur les réseaux sociaux ont néanmoins évoqué le nom du pays, alimentant rumeurs et inquiétudes. Ces allégations reposent toutefois sur des interprétations non vérifiées et ne sont corroborées ni par les documents judiciaires américains ni par des enquêtes internationales indépendantes.

    Les spécialistes rappellent que la simple mention d’un pays dans des documents bruts ou partiellement caviardés ne constitue pas une preuve. Dans de nombreux cas, il peut s’agir de références indirectes, de projets de voyage non réalisés ou de listes sans contexte précis.

    En l’absence d’éléments tangibles, aucune autorité judiciaire ou institutionnelle n’a confirmé un lien direct entre Jeffrey Epstein et le Togo. Toute conclusion hâtive serait donc prématurée. Plusieurs observateurs appellent à la prudence et soulignent l’importance de s’appuyer exclusivement sur des faits établis, dans un dossier déjà marqué par une forte charge émotionnelle et médiatique.

  • Togo/Foot/Professionnalisation: rêve légitime, conditions insuffisantes ?

    Togo/Foot/Professionnalisation: rêve légitime, conditions insuffisantes ?

    La professionnalisation du football ne se décrète pas. Elle est l’aboutissement d’un long processus reposant sur des préalables clairs. Or, à l’épreuve des faits, le projet togolais semble avancer plus vite que ses fondations.

    Annoncée depuis 2022 comme un tournant historique, la professionnalisation du football togolais est entrée, en janvier 2026, dans une phase dite « pratique » avec la création officielle de la Ligue de football professionnel du Togo (LFPT). À neuf mois du lancement du tout premier championnat professionnel de l’histoire du pays, prévu pour septembre 2026, une question centrale s’impose : le Togo dispose-t-il réellement des moyens institutionnels, financiers et structurels pour réussir ce basculement ?

    La professionnalisation du football ne se décrète pas. Elle est l’aboutissement d’un long processus reposant sur des préalables clairs : infrastructures adéquates, cadre juridique et financier solide, clubs structurés en sociétés sportives, formation des acteurs, gouvernance crédible et attractivité économique. Or, à l’épreuve des faits, le projet togolais semble avancer plus vite que ses fondations.

    De grandes annonces, peu de réalisations visibles

    Depuis les premières réflexions lancées en 2022 par la Fédération togolaise de football (FTF) et le ministère en charge des Sports, les communications officielles se sont multipliées. Lors de la création de la LFPT, le président de la FTF, Guy Akpovy, a évoqué « un travail acharné mené depuis plusieurs années » pour redéfinir un cadre juridique, technique et économique viable. Un discours volontariste certes, mais qui peine à convaincre une grande partie des observateurs du football local.

    Sur le terrain, les signes tangibles de cette professionnalisation restent rares. Aucun nouveau stade homologué n’a été livré. Les clubs ne sont pas encore transformés en véritables sociétés sportives. Le statut du joueur professionnel demeure flou. Les mécanismes de financement du futur championnat ne sont pas clairement définis. Autant de zones d’ombre qui alimentent le scepticisme.

    Le talon d’Achille des infrastructures

    Le défi des infrastructures apparaît comme le plus urgent. Le Togo dispose aujourd’hui de très peu de stades répondant aux standards requis pour une compétition professionnelle. À Lomé, le stade municipal est sursollicité, tandis que dans plusieurs régions, les enceintes sportives sont vétustes ou inadaptées.

    Pour le journaliste sportif David Assimadi, ce manque constitue un obstacle majeur : « On ne peut pas parler de professionnalisation sans infrastructures conformes. À quelques mois du lancement annoncé, il faudrait engager des travaux d’envergure dans des délais très courts, ce qui paraît difficilement réalisable. »

    La comparaison avec la sous-région est éloquente. Au Ghana, la Ghana Premier League repose sur un réseau de stades rénovés ou reconstruits après la crise sécuritaire de 2001, avec des exigences strictes en matière d’homologation. En Côte d’Ivoire, la professionnalisation s’est appuyée sur les infrastructures héritées de la CAN 2023, offrant aux clubs des enceintes modernes et fonctionnelles. Au Sénégal, la Ligue professionnelle bénéficie d’investissements étatiques progressifs et d’un partenariat structurant avec des sponsors majeurs.

    Un modèle économique fragile

    Au-delà des infrastructures, la question du financement soulève de sérieuses inquiétudes. Dans le championnat actuel, l’État togolais s’est engagé à verser une subvention de 10 millions de francs CFA par club, un montant dont le paiement a souvent été irrégulier. Pourtant, pour le futur championnat professionnel, un accompagnement de 70 millions de francs CFA par club est annoncé.

    Une promesse ambitieuse, mais jugée peu réaliste par plusieurs acteurs. « Si l’État a déjà du mal à honorer des engagements bien moindres, on est en droit de se demander d’où viendront ces ressources supplémentaires », s’interroge David Assimadi, tout en laissant une marge d’espoir à une éventuelle amélioration de la situation économique nationale.

    À titre de comparaison, le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Sénégal ont progressivement réduit la dépendance des clubs vis-à-vis des subventions publiques, en développant les droits TV, le sponsoring, le marketing sportif et la billetterie. Des leviers encore très peu exploités au Togo.

    Une gouvernance et une méthode questionnées

    Autre sujet de préoccupation : la gouvernance de la nouvelle Ligue professionnelle et l’identité de ses dirigeants, qui ne rassurent pas pleinement l’opinion sportive. Pour Dela Ayité, journaliste togolais, le problème est aussi méthodologique. Il plaide pour une transition graduelle : « Une semi-professionnalisation aurait permis de tester le modèle, de corriger les insuffisances et d’éviter un choc brutal. L’exemple du Gabon, où la professionnalisation s’est soldée par un échec, doit nous servir de leçon. »

    Au Sénégal comme en Côte d’Ivoire, la professionnalisation s’est faite par étapes, avec une montée en puissance progressive des exigences imposées aux clubs. Une approche prudente qui contraste avec la volonté togolaise de basculer rapidement vers un professionnalisme intégral.

    Un pari risqué mais pas encore perdu

    L’objectif affiché de la professionnalisation du football togolais (amélioration de la gouvernance, élévation du niveau de jeu, création d’emplois et d’une véritable industrie sportive) est unanimement salué. Mais entre l’ambition et la réalité, le fossé reste important. Et c’est là le hic.

    À neuf mois du coup d’envoi annoncé, le projet ressemble davantage à un pari risqué qu’à une réforme solidement préparée. Sans investissements massifs, sans cadre clair et sans une implication réelle de tous les acteurs, la professionnalisation pourrait bien devenir un projet mort-né. À moins d’un sursaut collectif et d’une réorientation stratégique inspirée des modèles réussis de la sous-région.


  • Emmanuel Adebayor rattrapé

    Emmanuel Adebayor rattrapé

    Avant le week-end écoulé, le Togolais Emmanuel Adebayor détenait seul un joli record dans l’histoire de Manchester City.


    Souvenez-vous de ce moment génial de Premier League: le 18 juillet 2009, quelques semaines après son arrivée à Manchester City en provenance d’Arsenal, Emmanuel Adebayor a donné l’avantage à sa nouvelle équipe, de la tête sur un centre de Shaun Wright-Phillips. William Gallas a été devancé. L’attaquant togolais a alors sprinté comme un fou jusqu’à l’autre bout du terrain afin de célébrer devant le parcage des supporters des Gunners ! Il a été averti par l’arbitre puis, accusé par son ancien coéquipier Robin van Persie de l’avoir frappé au visage, a écopé d’une suspension de trois matches…

    En tout cas, les débuts d’Adebayor chez les Cityzens, après un recrutement s’élevant à 30 millions d’euros, ont été une réussite. Associé à Carlos Tévez et Robinho dans le secteur offensif par Mark Hughes, l’attaquant passé par l’AS Monaco a marqué lors de ses quatre premiers matches de championnat contre Blackburn, Wolverhampton, Portsmouth et donc Arsenal. Il a toutefois fini à 14 buts en 31 matches toutes compétitions confondues.

    Semenyo comme Adebayor

    Un joueur actuel de Man City a égalé « Manu » Adebayor, qui était jusque-là le seul joueur de l’histoire du club à marquer sur quatre de ses cinq premiers matches depuis le début de l’ère Premier League (depuis 1992). Antoine Semenyo, recruté pour 72 millions d’euros le 9 janvier dernier, a en effet enchaîné des réalisations contre Exeter et Newcastle en coupes puis Wolverhampton et Tottenham en PL.

    Dimanche lors du choc contre les Spurs, Rayan Cherki a ouvert le score d’une frappe croisée du droit (11e) et Semenyo a doublé la mise avant la pause, bien décalé par Bernardo Silva dans la surface (44e). Mais Tottenham a réalisé une belle seconde période, face à une formation de Pep Guardiola devenue apathique, et a arraché un point grâce à un doublé de Dominik Solanke, avec un deuxième but inscrit en coup du scorpion (53e et 70e).

    Source: https://www.football.fr/

  • ”La métaphore multipolaire” : une invitation à la création et à la réflexion

    ”La métaphore multipolaire” : une invitation à la création et à la réflexion

    La métaphore multipolaire, en tant que sujet artistique, peut se traduire par la représentation de multiples centres d’intérêt, de sources de pouvoir ou de perspectives dans une œuvre.

    Par Kokou Ekouagou

    C’est avec une immense joie que nous ouvrons aujourd’hui la Résidence Internationale de Créations Artistiques et Culturelles Les RICAC « ART TO GO » 2026, ici à la Maison des Jeunes et de la Femme de Tsévié. Nous exprimons nos sincères remerciements au Ministère en charge de la Culture, à la Mairie de la Commune du Zio 1 et aux membres du Comité d’Organisation pour les efforts si efficacement conjugués dans la parfaite tenue de cette grande messe culturelle.

    Chers collègues artistes, mesdames, messieurs les autorités à vos rangs et grades respectifs, amateurs d’art et de culture, chers invités, le thème que nous proposons pour cette édition est ambitieux, philosophique et profondément actuel : « La métaphore multipolaire ». Mais de quoi s’agit-il ?

    En géopolitique, la multipolarité décrit un système international où plusieurs puissances, plus de deux, exercent une influence significative. En linguistique, une métaphore est une figure de style qui établit une comparaison implicite entre deux éléments différents, en transférant les caractéristiques de l’un à l’autre. La “métaphore multipolaire ” peut être utilisée comme une analogie pour mieux comprendre la complexité et les dynamiques d’un système international multipolaire.

    La métaphore multipolaire, en tant que sujet artistique, peut se traduire par la représentation de multiples centres d’intérêt, de sources de pouvoir ou de perspectives dans une œuvre. Cela peut se manifester dans des compositions visuelles où plusieurs points focaux coexistent, se contredisent, ou interagissent.

    Selon Franz Kafka, “La fréquentation des Hommes induit à s’observer soi-même”. L’artiste, avec le contact des autres, peut explorer les tensions et les équilibres créés par cette multiplicité de pôles, offrant ainsi une vision plus complexe et nuancée du monde.

    Le contact avec les autres est une sorte de miroir qui nous renvoie notre propre image, nous poussant à l’introspection qui permet de dépeindre la complexité du monde contemporain, où les hiérarchies traditionnelles s’estompent et où de multiples réalités coexistent. En introduisant plusieurs points de vue, l’artiste peut questionner les certitudes et encourager l’ambiguïté, invitant le spectateur à interpréter l’œuvre de manière plus ouverte.

    L’interaction entre les différents pôles peut générer un sentiment de mouvement et de transformation, créant des espaces artistiques dynamiques et évolutifs. L’œuvre peut défier les perspectives linéaires et unilatérales, incitant à une réflexion sur la relativité des points de vue.

    Nous vivons dans un monde où les certitudes s’effritent, où les frontières sont mouvantes, où les récits dominants sont contestés. L’artiste, à travers la métaphore multipolaire, n’apporte pas de réponses figées, mais ouvre des fenêtres. Il invite à penser autrement, à sentir autrement.

    Cette résidence est donc un laboratoire de cohabitation artistique : entre styles, entre visions du monde, entre générations, entre territoires. C’est cela, la force de ce projet : faire circuler les idées, les formes, les émotions. Je nous invite donc, durant ces jours de création, de partages, de rencontres, à oser les contrastes, à valoriser les différences, à construire des ponts entre nos univers.

    Dans cette aventure créative, créons un espace vivant, libre, complémentaire à l’image du monde, à l’image de l’art…et surtout créons avec nos humanités. En somme, la métaphore multipolaire offre un cadre riche pour l’exploration artistique, culturelle permettant de traduire la complexité et la diversité du monde en des œuvres qui invitent à la réflexion et à l’interprétation.

    Kokou Ekouagou

    Artiste Plasticien | Consultant | Manager Culturel

    Les RICAC 2026

  • Forum des médias sur les maladies tropicales négligées : un appel à l’action

    Forum des médias sur les maladies tropicales négligées : un appel à l’action

    Le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) organise un Forum continental des médias sur les maladies tropicales négligées (MTN) ces 29 et 30 janvier 2026 à Cotonou, au Bénin.

    Cet événement rassemblera au moins 70 journalistes de 35 pays africains pour discuter de la lutte contre les les maladies tropicales négligées et de leur élimination.

    Problème de santé publique majeur en Afrique

    Les MTN touchent plus d’un milliard de personnes dans le monde, dont plus de 40% en Afrique. Ces maladies provoquent des souffrances considérables, des défigurations, des douleurs chroniques, des handicaps, l’exclusion sociale et des décès. Malgré les progrès réalisés, les MTN restent une priorité de santé publique négligée.

    Les objectifs du Forum

    Le Forum vise à renforcer le repositionnement des MTN comme une priorité politique, financière et de développement. Les objectifs spécifiques incluent : renforcer les capacités des journalistes sur les thématiques liées aux MTN, encourager la production médiatique de qualité sur la prévention, le traitement et la lutte contre la stigmatisation, valoriser la recherche et l’innovation africaines dans la lutte contre les MTN, constituer un réseau régional de journalistes spécialisés sur les MTN..

    Un appel à l’action

    Les médias jouent un rôle essentiel dans la lutte contre les MTN. Le REMAPSEN appelle les journalistes, les acteurs de santé, les chercheurs et les décideurs politiques à se joindre à lui pour amplifier les voix africaines et donner aux MTN la visibilité qu’elles méritent. Ensemble, nous pouvons faire avancer l’agenda africain pour l’élimination des MTN et améliorer la santé des populations vulnérables, insiste ce réseau.

    Notons que le Togo est y représenté par trois confrères, membres de l’antenne nationale du REMAPSEN.

  • Expulsion de familles à Kégué Zogbedzi (Togo) : une situation dramatique

    Expulsion de familles à Kégué Zogbedzi (Togo) : une situation dramatique

    Ce samedi 20 janvier 2025, une matinée de peur et d’incompréhension a régné à Kégué Zogbedzi, dans la commune du Golfe 1, à Lomé, au Togo. Plusieurs personnes ont été chassées de leur habitation. La plupart y sont depuis au moins trois décennies.

    Des familles ont été expulsées de leurs maisons dans des conditions violentes, avec des portes défoncées et des effets personnels sortis de force. Les occupants affirment être en règle et avoir acquis leurs parcelles auprès d’un vendeur vivant et détenteur de documents fonciers authentiques.

    Le différend fait l’objet d’une procédure judiciaire en cours. Les victimes appellent les autorités administratives et judiciaires à intervenir rapidement pour faire respecter le droit et prévenir toute escalade de la violence.

    Il est important de noter que l’expulsion est une mesure extrême qui ne doit être utilisée qu’en dernier recours. Les autorités et les propriétaires doivent respecter les droits des personnes menacées d’expulsion et trouver des solutions alternatives.

    Le samedi 24 janvier, les concernés ont organisé une manifestation sur le site. Avec plus ou moins de réussite. Ils ne comptent pas baisser les bras. « C’est dire que cette affaire ne fait que commencer », nous glisse un délogé.

  • Togoville, l’incroyable histoire d’une petite ville qui a donné son nom à tout un pays

    Togoville, l’incroyable histoire d’une petite ville qui a donné son nom à tout un pays

    On l’appelle l’« âme spirituelle du Togo ». Togoville, dans le temps, était connue comme la ville sanctuaire de la religion vodoun avec la divinité Nyigblin (sur laquelle nous reviendrons plus tard dans cet article).

    C’est cette divinité qui la protège selon les nombreuses recherches universitaires que nous avons consultées. Mais la petite ville est devenue également aujourd’hui le lieu sacré des fidèles catholiques avec la Cathédrale qui la surplombe.

    Petite ville aujourd’hui calme, presqu’oubliée, elle était la première capitale qui a donné son nom au pays. Les natifs de ce milieu continuent de réclamer une reconnaissance pour cette partie du Togo, pour ce qu’il a été dans l’histoire du pays.

    « Notre localité est emblématique, mais elle est lésée. Si on reconnaît les mérites de Togoville et qu’on fait ce qui doit l’être pour mettre ses populations à l’aise, tout le Togo sera complètement sauvé », confie à BBC News Afrique, Folly-Notsron Barnabé, un cadre du milieu qui, nous a-t-il dit, s’est beaucoup battu pour la localité et a même fait la prison à cause de son engagement. Il est aujourd’hui à la retraite.

    Ce qu’il réclame, ce sont des routes bitumées, des infrastructures et une politique publique pour retenir les habitants de Togoville, notamment les jeunes qui la désertent. « Nous sommes isolés du reste du pays à cause du manque de route ».

    Située à environ 30 km de Lomé, la capitale togolaise, Togoville renferme pourtant des richesses culturelles qui peuvent être mises en valeur pour son développement. Elle a aussi connu l’esclavage et était importante au début du 20e siècle, époque où les colons allemands ont mis pieds pour la première fois dans la région.

    Aujourd’hui, Togoville ne vit que pour sa gloire du passé racontée dans les livres et qu’on peut écouter auprès des garants des us et coutumes de la localité. Pour les quelques natifs du milieu interrogés dans le cadre de ce papier, le temps s’est arrêté dans la cité qui les a vus naître. « Et il faut corriger cela », ajoute M. Folly-Notsron.

    Dans cet article, nous allons voyager dans cette petite ville qu’on pourra accéder aujourd’hui en faisant un long détour par une piste détériorée et poussiéreuse qui contourne le Lac Togo.

    Les ancêtres qui ont fondé Togoville sont des Adja qui viennent du Dahomey, actuel Bénin, selon le livre « Patrimoines », une collection de l’ancien président de l’Université de Lomé, le Professeur Nicoué L. Gayibor en collaboration avec Yves Marguerat et Jean-Claude Barbier.

    Ces ancêtres se sont ensuite installé au niveau de la rive sud du Lac Togo, notamment dans un village appelé Adjassémé. De l’autre rive, se dresse une colline avec une forêt et des terres derrière.

    Un jour, le chef de cette communauté, celui-là même qui veille sur la divinité Nyigblin, a voulu explorer cette autre rive et ce qui derrière la colline. C’est ainsi, selon l’universitaire, qu’il a trouvé des terres fertiles, propices à l’agriculture.

    Il a décidé d’y amener toute sa communauté et baptisé cette terre « Togo », dérivant de « to » qui veut dire « colline » en éwé, langue parlée au sud du pays, et « (a)go » qui veut « l’autre côté ou au-delà ». Togo peut s’expliquer donc par « au-delà ou de l’autre côté de la colline ».

    « De Adjassémé, on voyait sur l’autre rive du lac une colline. Un jour, l’un des principaux piliers de la collectivité Nyigblin, nommé Togbi Gbago, qui était chasseur de métier, décida de traverser le lac, ce qu’il fit sans grande difficulté à l’aide d’une pirogue de rônier. II visita ensuite la forêt qui couvrait le flanc et le sommet de ladite colline. À son retour, il dit aux siens « Toagodzi nyo nto », ce qui, littéralement traduit, signifie « c’est très bien du côté de la colline ». Après plusieurs visites successives des lieux, la population décida unanimement d’aller y habiter », lit-on dans « Patrimoines ».

    À Togo, la communauté, dont les membres appelés « les Togo », vivait dans la tranquillité avec la chasse et la pêche, et en harmonie avec ses voisins Baguida et Bè devenus aujourd’hui des quartiers emblématiques de la ville de Lomé, la capitale togolaise.

    C’est après la Seconde Guerre mondiale, avec la défaite des Allemands, que les Français ont ajouté « ville » à « Togo » qui devient Togoville.

    La responsabilité des Allemands

    Togo ou Togoville, comme les Français l’ont finalement baptisé, devenu un puissant royaume avec son administration traditionnelle et avec à sa tête le Roi Mlappa et son régent Plakoo, contrôlait les autres territoires, notamment Baguida et Porto Séguro (aujourd’hui appelé Agbodrafo, où s’est particulièrement déroulée la traite négrière au Togo).

    Baguida et Porto Seguro étant situés sur la côte, ils ont vu la présence des Portugais et Anglais qui y faisaient le commerce, surtout l’esclavage avant même l’arrivée des Allemands.

    C’est depuis la Gold Coast, actuel Ghana, que les Anglais perçoivent des taxes sur le commerce qui se déroulait sur le littoral jusqu’à Lomé. En décembre 1879, ils annexent Denu et Aflao et fixent l’actuelle frontière togolaise. Les Anglais avaient voulu annexer également tout le littoral qui est aujourd’hui le Togo.

    Selon le Professeur Nicoué Gayibor, historien et ancien président de l’Université de Lomé, « Malgré l’insistance des autorités d’Accra, Londres y demeurait hostile. Pourtant, sur l’ordre du gouverneur de la Gold Coast, le commandant de cercle de Kéta, le capitaine Reginald Firmhger, franchit la frontière d’Aflao le 18 juin 1884 et vint à Lomé, à Baguida, puis à Porto-Seguro pour forcer la main des chefs de ces localités. Il découvrit, lors de ce voyage, qu’il ne pouvait annexer ce territoire sans l’accord des chefs de Togoville ».

    Bien que les chefs de Togoville donnent la garantie aux Anglais que le littoral leur sera cédés, ils ont fait volte-face lorsqu’un navire allemand à bord duquel se trouve le Dr Gustave Nachtigal, arrive dans les eaux togolaises.

    Le régent Ananivi Plakoo de Togoville s’est alors approché des Allemands et leur a demandé une protection contre les Anglais. C’est ainsi qu’au nom du roi Mlappa, il a signé un traité de protectorat avec les Allemands.

    « Ne pouvant pas refuser une telle demande des chefs traditionnels et des commerçants allemands sur lesquels pèsent les menaces anglaises, Nachtigal débarque le 4 juillet sur la plage de Baguida, où l’attendent les chefs de Togo, de Baguida et autres localités. Le 5 juillet 1884, a lieu la signature du traité », relate « Patrimoines » de M. Gayibor.

    Avec les Allemands, le roi Mlappa a délimité le territoire qui porte aujourd’hui le nom de Togo.

    C’est ainsi que de « Togo », comme un petit royaume bien organisé avec sa propre culture, on est arrivé au « Togo », l’entité qui porte aujourd’hui les plus de 8 millions d’âme avec les 56 600 Km2, limité au nord par le Burkina Faso, au sud par le Golfe de Guinée, à l’est par le Bénin et à l’ouest par le Ghana.

    Le royaume lui-même est devenu Togoville grâce aux Français qui y avaient chassé les Allemands à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    « C’est la politisation de la localité par les Français. C’est ce qui les a amenés à donner ce nom Togoville à notre village », croit savoir Folly-Notsron Barnabé.

    Togoville, le sanctuaire spirituel du Togo

    Depuis sa création, cette petite ville a toujours été le sanctuaire du culte vodoun. « Les Togo » ont leur divinité Nyigblin, leur dieu protecteur qui trône dans la forêt sacrée du village.

    « Nyigblin est le dieu principal du peuple de Togo. C’est un esprit qui, semble-t-il, ne se voit jamais à travers une quelconque représentation physique et matérielle, sauf à la place publique de Xétsiavi où, dit-on, est représentée l’une de ses manifestations, appelée “Mama Kpo “, protectrice du village », raconte l’ancien président de l’Université dans son livre.

    Il ajoute : « On nous a affirmé que sa forme matérielle -inconnue- se trouve dans la case des voduno et que personne n’est autorisé à entrer dans cette case. À l’intronisation d’un avéto, Nyigblin l’accompagne dans la forêt sacrée, et revient à sa place après le décès de celui-ci. Dans l’enceinte du couvent, on voit des jarres, des pots contenant de l’eau pure et bénite. Le python en est le symbole, c’est pourquoi il est interdit à la communauté nyigblin de le tuer, et même d’en voir le cadavre. Toute personne qui enfreint cette loi doit accomplir des cérémonies expiatoires pour se purifier, comme chez les Xwla, qui ont la même vénération pour le python. S’il advenait qu’on tue un python, on prendrait soin de l’enterrer avec les feuilles d’arbre et de s’agenouiller pour battre les mains un certain nombre de fois. Il en va de même lorsqu’on le trouve mort quelque part. Après les cérémonies d’enterrement, un jour plus tard, on se rend dans le couvent, chez le vodoun, pour lui soumettre sa mésaventure. C’est alors qu’on prend le bain du pardon et de la purification ».

    Le roi des Togo, Mlappa, n’a pas autant d’influence sur le peuple que le Vodounon qui veille sur Nyigblin. Il y avait bien sûr d’autres divinités et leur culte, notamment Xébiésso (la foudre). C’est avec ces cultes que la société était organisée jusqu’à l’arrivée des Allemands qui y ont introduit le christianisme.

    « Mlppa veut dire ce que le couteau ne transperce pas et que les balles de fusil ne peuvent pas perforer. C’est ce mystère que l’entourage du roi racontait aux Allemands qui le craignaient », souligne Folly-Notsron Barnabé.

    Mais l’arrivée des Allemands a bouleversé cette spiritualité qu’avait cette communauté qui s’attache fortement à sa religion.

    D’abord c’est l’école européenne qui a été introduite, ensuite l’évangélisation. Le christianisme, selon le Professeur Nicoué Gayibor, est arrivé au sein d’une communauté qui disposait de sa propre organisation, de ses chefs et de sa religion.

    Il s’agissait pour cette mission, de réussir à s’implanter et d’empiéter sur la tradition de cette collectivité paisible. La tradition subissait une perturbation qui se répercutait directement sur l’individu et la société toute entière. Car la mission porte avec elle certaines façons de vivre, de penser et de parler qui sont apprises à l’école ou à l’église, lieux de rupture et de contestation des conceptions ancestrales.

    « On y apprend des choses nouvelles qui dépassent le cadre du village, de la famille. Pour amener les gens à se convertir, la Mission a employé des stratégies qui consistent à faire croire que les païens allaient au diable, alors que les chrétiens allaient à Dieu. Ceux qui deviennent chrétiens doivent rompre avec le monde dit païen. La Mission remet en particulier en cause la polygamie. Les chrétiens qui la pratiquaient sont souvent exclus de la communauté des fidèles ».

    Nicoué L. Gayibor ajoute : « Il est donc clair que l’activité de la Mission a été destructrice des valeurs anciennes, à Togoville comme ailleurs. A la place, elle a produit des individus détribalisés : elle détruit les grands principes moraux et l’ordre de la communauté Nyigblin ».

    Aujourd’hui, la communauté à Togoville est fortement animiste. Mais la ville est partagée entre ceux qui ont gardé la religion ancestrale et les convertis au christianisme.

    En 1973, la Vierge Marie serait apparue dans une barque sur le Lac Togo à Togoville. Ce qui a conduit à l’intronisation de « Notre Dame du Lac Togo ». Mais pour certains, c’était une sirène. Jusqu’aujourd’hui, l’on ne sait pas exactement ce qu’il en est.

    L’Eglise Catholique y a érigé une grande cathédrale et la ville sert de lieu de pèlerinage à des milliers de fidèles de cette église chaque année, pour honorer la vierge Marie. Mais, la cohabitation entre chrétiens et animistes n’est toujours pas facile à Togoville.

    Les querelles de voisinage subsistent toujours. Il arrive qu’à Togoville, les prêtres vodoun décident que le tam-tam ne résonne plus dans la localité pendant une certaine période. En prélude à des rituels pour les divinités et la protection des habitants.

    Mais, selon Yao Koussougbo, cultivateur et ancien du village, les chrétiens font fi de cette interdiction et joue du tam-tam surtout lors des messes du dimanche et autres célébrations eucharistiques.

    En 1985, lors de la visite du Pape Jean-Paul II à Togoville, ce dernier a prêché la coexistence pacifique entre les deux religions.

    Le troc, l’identité même de Togoville

    Sur l’une de ses rues poussiéreuses qui vient du village voisin, Ekpui, BBC News Afrique a rencontré Yao Koussougbo, cultivateur, qui, des produits agricoles chargés sur sa vieille moto, se dirige vers le marché emblématique de la petite ville. Un marché où jusqu’aujourd’hui, on n’achète pas avec l’argent.

    « Non, je ne vais pas vendre mes produits. Mais j’irai les échanger avec des produits de la pêche ou ce que je n’ai pas à la maison avec ma famille », nous indique-t-il avec un sourire, comme pour se moquer de notre curiosité.

    Descendant avec lui ce chemin en terre rouge qui fait perdre la vue à une centaine de mètres lorsqu’une moto passe en soulevant la poussière, nous sommes arrivés dans le marché bondé déjà de monde pour ces premières heures matinales. Déjà à 8 heures, il s’anime avec divers produits agricoles et de la pêche qu’on y trouve.

    « Si vous arrivez ici vers midi, vous ne trouverez plus personne », confie M. Koussougbo qui nous informe que le marché s’anime seulement en quelques heures. « Mais chacun y trouve son compte. Nous savons que c’est comme ça ».

    Au milieu du marché, sous un baobab, est assise Manavi Aklobéssi avec son étalage garni de poissons fumés. Devant elle se tient une autre dame lui tendant un bol rempli de la farine de manioc. « J’ai besoin de poissons pour préparer la sauce pour mes enfants. Je viens les échanger avec du gari (Ndlr, farine du manioc) », confie-t-elle.

    Durant une heure de tour dans le marché, ce sont ces genres d’échange, sans la monnaie. « Ce sont des échanges des produits agricoles contre ceux de la pêche. C’est un système qui existait depuis le 19e siècle lors de la régence de Gâ Djossou Mlappa. On n’achète pas avec l’argent », raconte Folly-Notsron Barnabé.

    Il est vrai qu’aujourd’hui, c’est devenu une curiosité pour les touristes qui voyagent dans la région, mais pour cet ancien cadre du village, si le système perdure jusqu’à ce jour, c’est à cause de la pauvreté dans la région.

    « On peut avoir du maïs, du manioc ou de l’igname, mais ne pas avoir de l’argent pour acheter d’autres ingrédients pour se faire un repas copieux. Il faut alors se rendre au marché de troc pour échanger ce qu’on a avec les autres accessoires dont on a besoin. Avec ça, les familles ne se plaignent pas à Togoville ».

    Il souligne toutefois qu’« aujourd’hui, ce n’est pas interdit d’aller dans le marché avec de l’argent. On a veillé à ce que ceux qui n’ont pas de produits à échanger puissent aussi acheter et satisfaire leurs besoins ».

    D’ailleurs, selon le Professeur Nicoué L. Gayibor, le troc était devenu moins fréquent à partir de l’époque où l’économie s’est monétisée, avec l’arrivée des Européens sur la côte togolaise. La monnaie utilisée avant la colonisation allemande était le cauri.

    Togoville, l’âme du Togo, reste une ville historique et culturelle qui attire beaucoup de chercheurs et de touristes avec ses 10 000 habitants environ qu’elle abrite aujourd’hui.

    On peut y accéder à partir d’Agbodrafo, en traversant le lac Togo sur près de 2 à 3 km ou en contournant le lac sur la difficile piste en latérite.

    Source: https://www.bbc.com/afrique


  • Avec RICAC, l’art africain en mouvement à Tsévié

    Avec RICAC, l’art africain en mouvement à Tsévié

    Au Togo, à Tsévié, Zio 1, les Résidences Internationales de Créations Artistiques et Culturelles (RICAC) 2026, dénommées “ART TO GO”, ont été officiellement été lancées ce lundi 26 janvier.

    Pendant deux semaines, jusqu’au 6 février 2026, la cité devient un véritable carrefour de la création artistique contemporaine africaine. L’édition de 2026 réunit des artistes venus de plusieurs pays africains autour du thème “La métaphore multipolaire : créer dans un monde de points de vue”.

    La cérémonie d’ouverture a été marquée par la présence du représentant du maire de la Commune de Zio 1, du représentant du Gouverneur de la région Maritime, ainsi que de plusieurs acteurs du monde culturel et artistique.

    Isaac Tchiakpe, le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, a officiellement ouvert l’événement, en réaffirmant l’engagement de l’État togolais en faveur du développement culturel et de la promotion des industries créatives.

    “Le coup de pinceau inaugural, donné par le ministre Isaac Tchiakpe, a marqué le lancement officiel des RICAC 2026, traduisant la volonté de placer l’art au cœur de l’action publique et du dialogue social”, a-t-il déclaré.

    La conférence inaugurale, animée par l’artiste plasticien Kokou Ekouagou, Directeur artistique des RICAC, a mis en lumière la nécessité pour les artistes africains de penser la création comme un espace de croisements, de pluralité des regards et de dialogue entre les cultures.

    Pendant deux semaines, des créateurs originaires du Togo, du Bénin, du Mali, du Sénégal, du Cameroun et du Ghana partageront un espace de résidence dédié à l’échange, à la recherche et à l’expérimentation artistique, dans une dynamique de dialogue interculturel et de réflexion contemporaine.

    ART TO GO se veut un espace de transmission, de sensibilisation et de valorisation des expressions culturelles africaines, tout en rapprochant l’art des populations locales à travers des expositions, rencontres et moments de partage avec le public.

    Soutenue par plusieurs partenaires institutionnels et privés, cette édition 2026 des RICAC confirme son ambition : faire de l’art un langage commun, mobile et engagé, au service de l’unité, de la mémoire collective et du progrès social.

  • Togo : arrestation de responsables étudiants, activistes et défenseurs des droits humains entre juin et septembre 2025

    Togo : arrestation de responsables étudiants, activistes et défenseurs des droits humains entre juin et septembre 2025

    Ce qui suit est basé sur une communication écrite par la Rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs et défenseuses des droits humains et d’autres experts des Nations Unies et transmise au Gouvernement du Togo le 18 novembre 2025. La communication est restée confidentielle pendant 60 jours afin de permettre au Gouvernement de répondre. Malheureusement, le Gouvernement n’a pas répondu dans ce délai. Si une réponse est reçue, elle sera publiée dans la base de données des procédures spéciales des Nations Unies .

    Depuis l’envoi de la communication, dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, les autorités togolaises ont libéré dix défenseurs des droits humains, parmi lesquels Yawo ATITSO, Abdoul Zoulkaneini LAMBONI, Armand AGBLEZE, Oséi AGBAGNO, Junior Yao Mario ZODJI, Chimène Akou APEVON et Julien Komandéga KATAKA, dont les cas avaient été traités dans cette communication. Tous les défenseurs des droits humains libérés demeurent sous contrôle judiciaire et sont soumis à une interdiction de voyager.

    CONTEXTE

    Sujet  : l’arrestation de responsables étudiants, d’activistes et de défenseurs des droits humains entre juin et septembre 2025, notamment M. Armand Agbleze , M. Osei Agbagno , M. Yawo Atitso , M. Julien Komandéga Kataka , M. Abdoul Zoulkaneini Lamboni , Mme Chimène Akou Apevon , M. Mario Junior Zodji et M. Bertin Bandiangou .

    ALLÉGATIONS

    M. Armand Agbleze et M. Osei Agbagno sont des militants étudiants et membres de la Synergie des Élèves et Étudiants du Togo (SEET), une organisation de défense des droits des étudiants, et de Tournons La Page Togo (TLP–Togo), une organisation promouvant la démocratie et les droits humains. Tous deux ont publiquement appelé à la libération d’un défenseur des droits humains et poète détenu arbitrairement depuis janvier 2025. Le 22 août 2025 vers 21 h 00, M. Agbleze et M. Agbagno ont été interpellés par des personnes en civil et utilisés de force dans un local du Service Central de Recherches et d’Investigations Criminelles (SCRIC), une unité de la Gendarmerie nationale placée sous l’autorité du Ministère de la Sécurité. Ils ont été poursuivis pour troubles aggravés à l’ordre public, incitation à la révolte, atteinte à la sécurité intérieure de l’État et déstabilisation des institutions de la République. Sur la base de ces charges, M. Agbleze et M. Agbagno ont été transférés à la Maison d’Arrêt Civile de Lomé le 2 septembre 2025, où ils sont détenus depuis.

    À la suite de leur arrestation, des personnes associées à M. Agbleze et M. Agbagno ont également été visées. Parmi elles figurent une avocate togolaise, Mme Chimène Akou Apevon, le secrétaire général de la SEET, M. Yawo Atitso, M. Abdoul Zoulkaneini Lamboni, membre actif de la SEET, et M. Julien Komandéga Kataka, membre du Mouvement Martin Luther King. Mme Apevon a été arrêtée le 28 août 2025 et transférée à la Maison d’Arrêt Civile de Lomé le 2 septembre 2025. M. Atitso et M. Lamboni ont été arrêtés le 3 septembre 2025, et M. Kataka le 8 septembre 2025. Mme Apevon, M. Atitso, M. Lamboni et M. Kataka font l’objet des mêmes accusations que M. Agbleze et M. Agbagno : trouble aggravé à l’ordre public, incitation à la révolte, atteinte à la sécurité intérieure de l’État et déstabilisation des institutions de la République.

    M. Bertin Bandiangou, président de la SEET, est un défenseur de longue date des droits des étudiants et des droits civiques. Le 19 avril 2024, à la suite de déclarations publiques critiquant le gouvernement, l’Université de Lomé l’a convoqué en vue de son expulsion. Des manifestations d’étudiants ont empêché son expulsion. Le 30 juin 2024, M. Bandiangou a tenu des propositions publiques dénonçant les mauvaises conditions de vie et d’étude des étudiants togolais lors d’une manifestation à Lomé. La nuit suivante, une trentaine d’hommes armés et masqués sont entrés de force dans la maison de son père dans le nord du pays. Son père a été arrêté et détenu pendant dix jours. Le 6 juin 2025, M. Bandiangou et un camarade étudiant, M. Mario Junior Zodji, ont été arrêtés lors de manifestations contre la répression gouvernementale à l’encontre de dissidents, la crise du coût de la vie et des modifications de la Constitution qui pourraient permettre au président du Conseil des ministres, Faure Gnassingbé, de demeurer au pouvoir indéfiniment. M. Bandiangou a été libéré le 9 juin 2025, tandis que M. Zodji reste détenu. Lorsque M. Agbleze et M. Agbagno ont été arrêtés le 22 août 2025, M. Bandiangou s’est retrouvé à Ouagadougou pour le 32e congrès ordinaire de l’Union Générale des Étudiants Burkinabè (UGEB). Depuis lors, il est porté disparu et se cache par crainte d’être arrêté et détenu par les autorités togolaises.

    PRÉOCCUPATIONS

    Dans cette communication, nous exprimons notre vive inquiétude concernant l’arrestation d’étudiants, de syndicalistes, d’activistes et de défenseurs des droits humains en représailles de leur protection et promotion pacifiques et légitimes des droits humains, en particulier leur défense des droits des étudiants. Les violations signalées à la rencontre des membres de la société civile constatées pourraient également constituer des atteintes aux droits à la liberté, à un procès équitable et à la liberté d’expression et d’association.

    Nous sommes également préoccupés par le fait que la persécution systématique, les arrestations et la détention de responsables étudiants et de défenseurs des droits humains, ainsi que les représailles signalées à la rencontre de leurs proches et des personnes associées aux défenseurs des droits humains, ont un effet dissuasif sur la liberté de la société civile au Togo et contraignent les activistes à se cacher ou à s’exiler.

    Source: https://srdefenders.org

Radio Renouveau228

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