Blog

  • CAN 2025 : Algérie-Nigeria, une vieille rivalité

    CAN 2025 : Algérie-Nigeria, une vieille rivalité

    L’Algérie et le Nigeria s’affronteront le 10 janvier à Marrakech, en quart de finale de la CAN 2025. Les deux sélections se sont souvent croisées lors de cette compétition, en demi-finale, mais surtout en finale (1980 et 1990). Retour sur ces rencontres.

    Pour la dixième fois dans l’histoire de la CAN, l’Algérie et le Nigeria vont se retrouver face à face, samedi à Marrakech, en quart de finale. C’est en 1980, à Lagos, que les Fennecs et les Super Eagles ont inauguré cette longue liste, lors d’une finale largement remportée par les Nigérians.

    Nigeria-Algérie 3-0, Lagos (finale de la CAN 1980)

    La finale se déroule le 22 mars 1980 au Lagos National Stadium devant plus de 85 000 spectateurs. Le Nigeria y a joué ses quatre premiers matchs, alors que l’Algérie évoluait à Ibadan, à 120 kilomètres plus au nord. « Nous étions arrivés à Lagos en bus, sans escorte policière. Notre hôtel était disons de qualité moyenne, et le jour du match, nous avions pris le petit déjeuner et le déjeuner dans la résidence de l’ambassadeur d’Algérie à Lagos. Ce n’était pas idéal comme préparation, nous n’avions pas pu nous reposer », se souvient Chaâbane Merzekane, l’ancien défenseur algérien.

    Dans une ambiance survoltée et sous une lourde chaleur, les Fennecs encaissent un but dès la 2e minute sur un tir de Patrick Odegbami, lequel récidive juste avant la mi-temps. Et au retour des vestiaires, Mudashiru Lawal enfonce un peu plus les Nord-Africains. « Les Nigérians étaient dans un bon jour, ce qui n’était pas notre cas. Mais cette CAN a lancé la belle décennie de la sélection algérienne, avec deux participations à la Coupe du monde [1982 et 1986] et la conquête de la CAN 1990 », rappelle Chaâbane Merzekane.

    Algérie-Nigeria 1-0, Alger (finale de la CAN 1990)

    Les deux équipes s’étaient affrontées lors du match d’ouverture, et les Algériens s’étaient imposés largement (5-1). Les Fennecs, avant cette finale, ont balayé la Côte d’Ivoire (3-0), l’Égypte (2-0) et le Sénégal (2-1) en demi-finale, alors que les Super Eagles se sont montrés moins flamboyants face à l’Égypte (1-0), à la Côte d’Ivoire (1-0) et à la Zambie (2-0). Ce 16 mars, dans un stade du 5-Juillet-1962 où 105 000 personnes se sont rassemblées, Chérif Oudjani délivre son équipe d’une frappe puissante en fin de première période.

    « Nous avions hâte de jouer cette finale. Nous étions logés dans l’hôtel du stade, dans des conditions assez spartiates, et il n’y avait pas grand-chose à faire. Le veille du match, j’avais reçu la visite surprise de mon père, Ahmed, lui-même ancien international algérien », se souvient l’unique buteur de la finale. « On avait la meilleure équipe, le meilleur joueur [Rabah Madjer], le meilleur buteur [Djamel Menad], la meilleure attaque, la meilleure défense. Ce premier titre, nous le méritions totalement. »

    Algérie-Nigeria 2-1, Le Caire (demi-finale de la CAN 2019)

    L’Algérie n’avait plus disputé de demi-finale de CAN depuis 1990, année de son premier sacre continental, avant de retrouver les Nigérians, qui entre-temps ont ajouté deux autres titres (1994 et 2013) à celui conquis en 1980. En 2019, les Nord-Africains, qui n’étaient pas forcément attendus à ce niveau avant le début de la CAN, proposent un football offensif et séduisant prôné par leur sélectionneur Djamel Belmadi et notamment incarné par Riyad Mahrez.

    L’ailier de Manchester City, déjà auteur de deux buts depuis le début de la compétition, va faire très mal aux Super Eagles au stade international du Caire. D’abord en provoquant, sur un de ses multiples centres, un but contre son camp de William Troost-Ekong (40e), puis en transformant magistralement un coup franc lors du temps additionnel, alors que les Nigérians étaient revenus au score sur un penalty transformé par Odion Ighalo.  Cinq jours plus tard, au même endroit, l’Algérie remporte sa seconde CAN face au Sénégal (1-0).

    Jeuneafrique.com

  • Au Togo, cette religieuse a sauvé plus de 5000 orphelins du sida

    Au Togo, cette religieuse a sauvé plus de 5000 orphelins du sida

    En vingt-six ans, Soeur Marie Stella a recueilli plus de 5000 orphelins du sida. Cette religieuse togolaise refuse pourtant de passer pour une héroïne. Son moteur ? L’amour du Christ et le service des pauvres, pour lesquels elle a bâti toute une œuvre.

    En quelques années, vous avez sauvé plusieurs milliers d’enfants. Comment cela est-ce possible ?

    En 1999, j’étais une jeune religieuse, infirmière à l’hôpital pour enfants tenu par ma congrégation à Dapaong, ma ville natale située au nord du Togo. De plus en plus, on nous amenait des enfants dénutris que nous n’arrivions pas à guérir. Ces enfants étaient nés avec le VIH, d’une mère contaminée, le plus souvent par son mari. J’ai donc fondé une petite association, Vivre dans l’Espérance, avec quelques bénévoles qui pensaient, comme moi, qu’il fallait agir. 

    J’ai commencé à parcourir les villages à mobylette : j’apportais de quoi laver les malades, leur donner une bouillie… J’ai enterré bien des parents qui laissaient derrière eux des enfants. Venant d’une famille nombreuse, j’avais moi-même été élevée chez un oncle. Je pensais que ces orphelins pouvaient être accueillis, comme je l’avais été. Malheureusement, la discrimination envers les malades du sida avait brisé cette solidarité communautaire, qui fait pourtant la richesse de l’Afrique.

    Les gens avaient peur ?

    Oui. Les personnes séropositives étaient souvent enfermées dans leur case où on les laissait mourir de faim et de soif.

    Ou alors, elles étaient chassées du village, jugées inutiles, car trop faibles pour travailler, et surtout dangereuses. On pensait qu’elles allaient contaminer les autres. Et lorsque dans une famille, l’un des enfants était infecté, on considérait que tous les autres l’étaient aussi : je devais recueillir ainsi des fratries entières.

    Le reste à retrouver sur https://www.lepelerin.com

  • Sa Majesté le Roi Mohammed VI, merci

    Sa Majesté le Roi Mohammed VI, merci

    Le Maroc appartient à cette catégorie rare de nations dont la trajectoire ne se mesure pas uniquement à l’aune des événements, mais à la profondeur du lien qui unit l’État, le peuple et l’histoire.

    ”Merci,

    Sa Majesté le Roi Mohammed VI

    Par Ahmed Charai

    Il est des moments où une nation ressent le besoin de s’arrêter un instant, non pour se contempler, mais pour reconnaître. Reconnaître ce qui a été bâti avec patience, vision et constance. Reconnaître que derrière les grandes œuvres collectives, il y a toujours une volonté claire, une main ferme et un esprit éclairé. Que le Maroc ait pu accueillir l’Afrique, en 2025, autour d’une Coupe d’Afrique des Nations à la mesure de son histoire et de ses ambitions ne relève pas du hasard. Cette réussite procède d’une vision claire et assumée, dont il est juste de reconnaître l’inspiration première : celle de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

    Le Maroc appartient à cette catégorie rare de nations dont la trajectoire ne se mesure pas uniquement à l’aune des événements, mais à la profondeur du lien qui unit l’État, le peuple et l’histoire. Royaume ancien, il a su traverser les siècles sans rompre avec lui-même, porté par une monarchie qui a fait de la stabilité un socle.

    Sous le règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, elle s’est affirmée comme un pilier de stabilité et de transformation, dans un monde traversé par les doutes, les ruptures et les recompositions.

    C’est également sous l’impulsion personnelle du Souverain que le Maroc a renoué, avec profondeur et sincérité, avec son ancrage africain. Non par calcul circonstanciel, encore moins par effet de mode, mais par fidélité à une identité assumée. Depuis son accession au Trône, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a tissé, avec patience et constance, des liens presque personnels avec la majorité des pays du continent. Il a parcouru l’Afrique, écouté ses dirigeants, compris ses peuples, et consacré du temps — ce bien si rare — à bâtir des relations fondées sur la confiance, le respect et la solidarité.

    Cette vision africaine n’a jamais été incantatoire. Elle s’est traduite par des partenariats concrets, des projets structurants, et une parole libre. On se souvient notamment du discours historique prononcé en Côte d’Ivoire, dans lequel le Souverain appelait les Africains à prendre leur destin en main, à croire en leurs capacités, et à construire leur prospérité par eux-mêmes. Ce moment révélait la profondeur de la vision d’un monarque africain par le cœur, convaincu que l’Afrique n’est ni un fardeau ni un problème à gérer, mais une promesse à accomplir.

    C’est dans cette cohérence royale, patiemment construite, que s’est inscrite l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 sur le sol marocain. Plus qu’une compétition sportive, cet événement fut un moment de communion continentale. Le Maroc, terre d’accueil et de paix, a ouvert ses portes à l’Afrique tout entière, rappelant que le sport, lorsqu’il est porté par une vision et une âme, devient un langage universel et un acte politique au sens noble du terme.

    Au cœur de la cérémonie d’ouverture, une image s’est imposée avec sobriété et force : celle du Prince héritier Moulay Al Hassan. Par son maintien naturel, son calme et sa justesse, il donnait à voir la rigueur d’une éducation exigeante, façonnée par un père attentif et un monarque de grande envergure, pour qui, la mesure et la responsabilité ne sont jamais des mots abstraits.

    Dans la présence du Prince héritier Moulay Al Hassan se lisait, en filigrane, l’attention que Sa Majesté le Roi Mohammed VI n’a cessé de porter à la jeunesse du Royaume.

    Fidèle à ses racines, pleinement ancré en Afrique, et porté par la vision claire et constante d’un grand Roi, le Maroc poursuit son chemin avec sérénité, équilibre et confiance — conscient de son histoire, maître de ses choix, et résolument engagé dans l’avenir commun du continent africain.”

    Par Ahmed Charai

    Source: page Facbook de L’Observateur du Maroc et d’Afrique (titre changé)

  • Les églises africaines à la croisée des chemins: Quand la maison de Dieu devient un champ de bataille

    Les églises africaines à la croisée des chemins: Quand la maison de Dieu devient un champ de bataille

    Le Christ a chassé les marchands du temple avec un fouet. Peut-être est-il temps que nous fassions de même – non pas avec violence, mais avec détermination, alerte Helly GBENE, expert & promoteur de la Rencontre des jeunes entrepreneurs & décideurs chrétiens.

    Un dimanche matin d’août 2024, dans un temple d’une grande Église à Apedokoè, quartier populaire de Lomé (Togo), quelque chose d’impensable s’est produit. Des fidèles, ces mêmes personnes qui venaient chaque semaine déposer leurs dîmes avec ferveur, ont bloqué l’entrée. Leur pancarte était simple mais dévastatrice : « : «Où sont nos offrandes ? » Quelques heures plus tard, la police investissait le lieu de culte. Oui, vous avez bien lu : la police, dans une Église, un dimanche.

    Cette scène, que j’ai observée avec un mélange de tristesse et de fascination professionnelle, n’est pas un simple fait divers. C’est le symptôme d’une crise systémique qui secoue les Églises africaines et togolaises en particulier. Une crise dont nous devons parler, non pas pour condamner, mais pour comprendre et transformer.

    I. LE PARADOXE AFRICAIN : CROISSANCE SPIRITUELLE, HÉMORRAGIE DE CONFIANCE

    Parlons chiffres d’abord, parce que les chiffres ne mentent pas – contrairement à certains hommes en costume trois-pièces derrière des chaires.

    Selon le site https://www.gordonconwell.edu/center-for-global-christianity/, l’Afrique compte aujourd’hui 26% des chrétiens du monde entier. D’ici 2050, nous serons le continent avec la plus forte concentration de chrétiens au monde. Notre taux de croissance annuel est de *2,76%* – impressionnant. Au Togo, les Églises poussent plus vite que les boulangeries. Chaque coin de rue a son temple, son « ministère international », son « centre de réveil ». Le dimanche, Lomé résonne de cantiques amplifiés à tue-tête.

    Mais voilà le paradoxe : pendant que nos Églises se multiplient, la confiance s’effondre. Car « Ses chefs jugent pour des présents, ses sacrificateurs enseignent pour un salaire, et ses prophètes prophétisent pour de l’argent… » Michée 3:11 (LSG).

    En avril 2024, un acteur clé, est suspendu. Son crime ? Avoir osé soulever la question qui brûle les lèvres de milliers de fidèles : que deviennent les offrandes ? Trois mois plus tard, les manifestations éclatent dans plusieurs temples. Le 4 août, c’est l’intervention policière. Des chrétiens togolais, dans leurs propres Églises, encadrés par les forces de l’ordre.

    Pendant ce temps, le véhicule du président national – 40 millions de FCFA – roule tranquillement dans les rues de Lomé, selon les témoignages des manifestants abondamment relayés par les médias togolais.

    Loin de faire le procès d’une dénomination particulière, ce qui se passe dans cette Église pentecôtiste se joue, sous différentes formes, dans l’Église Évangélique, où une nouvelle Constitution adoptée en novembre 2024 est tout simplement ignorée par les dirigeants en place. Cela se joue aussi, plus subtilement, dans d’autres communautés où le silence pastoral face aux injustices sociales est devenu assourdissant.

    Alors que Dieu exige l’intégrité chez les dirigeants, selon Tite 1:7 (LSG) « Car il faut que l’évêque soit irréprochable… non adonné au vin, ni violent, ni porté à un gain déshonnête. »

    II. AU-DELÀ DE NOS FRONTIÈRES : QUAND LA FOI DEVIENT UN PASSEPORT POUR LA MORT

    Regardons maintenant au-delà du Togo. Parce que si nous avons des problèmes de gouvernance, d’autres chrétiens africains paient de leur vie leur simple désir de prier.

    Entre octobre 2023 et septembre 2024, 4 476 chrétiens ont été tués pour leur foi. Vous avez bien lu : quatre mille quatre cent soixante-seize êtres humains. Et 93% de ces meurtres ont eu lieu en Afrique subsaharienne. Au Nigeria, 3 100 chrétiens assassinés. Au Burkina Faso, 201. En RDC, 355. Des chiffres qui donnent le vertige et disponible sur le site officiel : www.portesouvertes.fr ou www.opendoors.org.

    Le dimanche 5 juin 2022, à Owo, dans l’État d’Ondo au Nigeria, des hommes armés ont investi l’Église Saint-François-Xavier pendant la messe de Pentecôte. Bilan : au moins 40 morts, dont des femmes et des enfants. Le crime ? Être chrétien, être présent, ce jour-là, dans cette Église.

    Depuis 2009, Boko Haram et ses filiales ont tué plus de 40 000 personnes dans le nord-est du Nigeria (https://www.unhcr.org/global-trends). Des prêtres sont enlevés – plus de 150 depuis 2020 (www.acninternational.org). Des Églises sont détruites. Des conversions forcées imposées. Ce qui a d’ailleurs fait réagir, en décembre 2025, Donald Trump, Président des États-Unis. Au Mali, au Niger, au Cameroun, l’histoire se répète avec des variantes locales mais la même violence aveugle.

    Aujourd’hui, selon le site https://www.unhcr.org/global-trends, 16,2 millions de chrétiens sont déplacés internes en Afrique subsaharienne. Seize millions. C’est presque la population de trois pays comme le Togo. Des familles entières, arrachées à leurs terres, à leurs maisons, à leurs Églises, simplement parce qu’elles refusent de renier leur foi.

    Et nous, au Togo, pendant ce temps ? Nous nous battons pour savoir si le pasteur conduit une Toyota ou une Mercedes. Nous nous querellons sur des questions constitutionnelles pendant que nos frères et sœurs, à quelques centaines de kilomètres, enterrent leurs morts. Or, 1 Corinthiens 12:26 (LSG), nous prône la solidarité internationale en ces termes: « Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; et si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui. »

    III. LE DIAGNOSTIC SANS COMPLAISANCE : NOS SEPT PLAIES CONTEMPORAINES

    Permettez-moi, en tant qu’ expert en développement organisationnel, de poser un diagnostic clinique. Nos Églises souffrent de sept pathologies chroniques qui, si elles ne sont pas traitées, mèneront à une mort lente mais certaine de leur crédibilité.

    Première plaie : L’opacité financière

    Dans quelle entreprise sérieuse les actionnaires n’ont-ils jamais accès aux comptes ? Dans quelle ONG les donateurs ne peuvent-ils pas consulter l’utilisation de leurs dons ? Pourquoi ce qui est une norme dans le monde séculier devient-il un tabou dans l’Église ? La dîme n’est pas un impôt colonial prélevé pour enrichir une aristocratie cléricale. C’est un acte de foi qui mérite respect et transparence. Puisque « Celui qui se livre à la cupidité trouble sa propre maison, mais celui qui hait les présents vivra. » Proverbes 15:27 (LSG)

    Deuxième plaie : La dictature spirituelle

    « Ne touchez pas à l’oint de l’Éternel ! » – ce verset biblique est devenu l’armure rhétorique de tous les abus de pouvoir. Critiquer la gestion devient un sacrilège. Demander des comptes, une rébellion. Voter pour un changement de leadership, une hérésie. Nous avons transformé des serviteurs de Dieu en pharaons intouchables.

    Troisième plaie : La schizophrénie doctrinale

    Le dimanche, on prêche la simplicité, l’humilité, le renoncement. Le lundi, on affiche sur Instagram le dernier SUV, la montre suisse, le voyage à Dubaï. « Dieu veut votre prospérité », nous dit-on. Mais visiblement, cette prospérité est réservée à ceux qui montent en chaire, pas à ceux qui s’assoient sur les bancs.

    Quatrième plaie : Le mutisme prophétique

    L’Église togolaise, notamment catholique, a un long historique d’engagement social. La lettre pastorale de 2016, « Soyons responsables dans la justice et la vérité », avait secoué le Landerneau politique. Mais aujourd’hui ? Un silence prudent. Une posture « d’observatrice entre deux camps ». Pendant que certaines Églises pentecôtistes bénissent ouvertement l’injustice et organisent des « cultes d’actions de grâces » pour des dérives politiques et sociales réformes, l’Église institutionnelle observe, commente timidement, mais ne prophétise plus.

    En juillet 2025, face aux violences de juin, l’ Église Évangélique Presbytérienne du Togo – EEPT a finalement rompu son « silence pastoral » avec une lettre courageuse appelant au dialogue et à la réconciliation. Mieux vaut tard que jamais, dit-on. Mais les fidèles, eux, se demandent : pourquoi attendre que les maisons brûlent pour crier au feu ?

    Cinquième plaie : L’anarchie réglementaire

    En novembre 2024, un rapport a documenté le « désordre grandissant » dans le paysage religieux togolais. N’importe qui, avec un minimum de charisme et un maximum d’audace, peut ouvrir une Église. Aucune formation théologique requise. Aucun contrôle éthique. Aucune supervision financière. Résultat ? Des escroqueries spirituelles, des nuisances sonores qui ont conduit à la fermeture de plus de 15 lieux de culte à Lomé en 2025, et une politisation rampante des activités religieuses.

    Sixième plaie : La dépendance postcoloniale

    Nos Églises historiques, malgré leur discours d’africanisation, restent financièrement et théologiquement dépendantes de l’Occident. Pendant ce temps, les nouvelles Églises pentecôtistes importent l’« Évangile de prospérité » américain sans aucune contextualisation. Nous sommes pris entre deux formes de colonisation : l’une historique, l’autre contemporaine.

    Septième plaie : La division stratégique

    Face à la fragmentation des confessions, prolifération non encadrée des Églises, faible formation de certains responsables religieux et messages déconnectés des réalités socio-économiques qui fragilisent aujourd’hui l’impact réel de l’action ecclésiale sur la société, ainsi qu’aux défis sécuritaires, économiques et politiques qui menacent notre continent, les Églises africaines devraient être unies. Il s’agit d’une responsabilité particulière qui incombe aux grandes Églises d’utiliser leur poids institutionnel pour promouvoir l’unité, structurer le secteur et accompagner les petites communautés sans les écraser. Au lieu de cela, nous nous déchirons sur des querelles internes, des compétitions de clochers, des jalousies de dénominations. Nous sommes incapables de présenter un front commun face aux vrais enjeux.

    IV. ET SI ON CHANGEAIT DE LOGICIEL ? SEPT STRATÉGIES POUR UNE RÉFORME PROFONDE

    Je ne suis pas du genre à pleurer sur les ruines. Mon métier, c’est de proposer des solutions. Alors voici, sans langue de bois, ce que nos Églises doivent faire si elles veulent survivre au XXIe siècle.

    Stratégie 1 : La révolution de la transparence

    Comme l’apôtre Paul a institue clairement la reddition de comptes dans 2 Corinthiens 8:20–21 (LSG) « Nous prenons cette précaution afin que personne ne nous blâme au sujet de cette abondante collecte, car nous recherchons ce qui est bien, non seulement devant le Seigneur, mais aussi devant les hommes. »

    La transparence étant une exigence morale, chaque Église doit publier ses comptes annuels. Point. Pas dans un document de 300 pages accessible uniquement aux initiés. Sur le site web de l’Église, en format PDF téléchargeable. Revenus, dépenses, salaires des cadres, investissements, projets sociaux. Tout. Avec un audit externe certifié. Si les ONG nationales et internationales le font, pourquoi pas les Églises qui doivent donner le bon exemple?

    Créons des comités de gestion mixtes : 50% de clercs, 50% de laïcs compétents (comptables, juristes, gestionnaires). Instituons des mandats limités pour tous les postes de direction – cinq ans, l’Église n’est pas une monarchie absolue. C’est une communauté de croyants. Les fidèles doivent avoir leur mot à dire sur les grandes décisions : budget, projets d’investissement, élection des dirigeants, orientation stratégique. Organisons des assemblées générales régulières où les membres peuvent questionner, proposer, voter.

    L’EEPT a adopté une nouvelle Constitution en novembre 2024. Parfait. Maintenant, appliquons-la ! Mettons en place les commissions électorale et de recours. Respectons les mandats. Organisons les élections dans les délais. Une Constitution non appliquée n’est qu’un bout de papier.

    Stratégie 3 : La formation éthique et professionnelle

    Nous devons professionnaliser le pastorat. Pas seulement la formation théologique – ça, on le fait déjà. Mais la formation en gestion, en éthique financière, en leadership transformationnel, en psychologie pastorale, en médiation de conflits. Un pasteur du XXIe siècle doit être aussi formé qu’un cadre d’entreprise.

    Et surtout, établissons un code de déontologie contraignant avec des sanctions réelles en cas de violation. Malversation financière ? Révocation immédiate. Abus de pouvoir ? Exclusion. Enrichissement inexpliqué ? Enquête et restitution.

    Car l’amour de l’argent corrompt la foi selon 1 Timothée 6:9–10 (LSG) « Mais ceux qui veulent s’enrichir tombent dans la tentation, dans le piège et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux… Car l’amour de l’argent est une racine de tous les maux. »

    Stratégie 4 : Le retour à une théologie contextuelle

    Arrêtons d’importer des modèles théologiques préfabriqués. Le plan stratégique SCEAM 2050, adopté à Kigali en août 2025, propose 12 piliers de développement holistique pour l’Église africaine (www.sceam.org) : évangélisation, éducation, santé, médias, développement rural, etc. Voilà une vision ! Approprions-nous-la, contextualisons-la, incarnons-la.

    Développons une théologie de la libération africaine qui parle de nos réalités : la corruption, la pauvreté, l’injustice, les violences. Pas un évangile d’évasion qui promet le paradis après la mort tout en tolérant l’enfer sur terre. Il nous faut de la dignité du travail honnête : « Que celui qui dérobait ne dérobe plus ; mais plutôt qu’il travaille, en faisant de ses mains ce qui est bien, pour avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin. » Éphésiens 4:28 (LSG).

    Sur le fond, le message doit évoluer. La foi et les miracles ne peuvent plus être dissociés du travail, de la compétence et de l’action concrète. Une Église prophétique et pertinente est celle qui forme des croyants responsables, travailleurs et autonomes, capables de transformer leur vie et leur communauté, plutôt que d’attendre passivement des promesses sans fondement.

    Stratégie 5 : L’engagement social sans compromission

    L’Église africaine dans tout son ensemble doit retrouver sa voix prophétique. Pas une voix partisane– nous ne sommes ni un parti politique ni une ONG militante. Mais une voix qui nomme l’injustice, qui défend les vulnérables, qui appelle au respect de la dignité humaine.

    Quand des jeunes sont tués lors de manifestations, l’Église doit parler. Quand des élections sont truquées, l’Église doit parler. Quand la Constitution est modifiée de manière controversée, l’Église doit parler. Non pas pour imposer un candidat ou un système, mais pour défendre des principes : justice, vérité, paix, dialogue.

    Stratégie 6 : La solidarité panafricaine

    Nos frères nigérians, burkinabés, maliens, congolais meurent. Que faisons-nous ? Des prières génériques le dimanche ? Ce n’est pas suffisant. Créons des réseaux de solidarité transnationaux. Collectons des fonds pour les déplacés. Organisons des missions d’accompagnement psychologique. Faisons du plaidoyer international.

    Le Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) a une vision : 230 millions de catholiques africains mobilisés pour transformer le continent. Si nous y ajoutons les protestants, les évangéliques, nous dépassons 600 millions de chrétiens africains. Imaginez la force de ce nombre si nous étions unis !

    Stratégie 7 : L’autonomie financière

    « Car, lorsque nous étions chez vous, nous vous disions expressément : si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. » 2 Thessaloniciens 3:10 (LSG).

    Arrêtons de mendier. La foi sans action est stérile comme le souligne Jacques 2:17 (LSG) « Il en est ainsi de la foi : si elle n’a pas les œuvres, elle est morte en elle-même. »

    Ainsi, développons des projets générateurs de revenus. Les Églises ont des terres ? Créons des fermes modèles, des centres de formation professionnelle, des coopératives agricoles. Les Églises ont des bâtiments ? Louons-les intelligemment en semaine pour des événements communautaires. Les Églises ont des membres compétents ? Créons des réseaux d’affaires chrétiens basés sur l’éthique et la solidarité. Car, seul, le travail produit la transformation dans Proverbes 14:23 (LSG) « Tout travail procure l’abondance, mais les paroles en l’air ne mènent qu’à la disette. »

    L’Objectif est d’atteindre 50% d’autosuffisance financière d’ici 2035. Cela réduira la dépendance, augmentera la crédibilité, et libérera des ressources pour le service social.

    V. L’URGENCE DU CHOIX : RÉFORME OU MARGINALISATION

    Je vais être direct : nous sommes à un point de bascule.

    D’un côté, nous avons une jeunesse africaine de plus en plus éduquée, connectée, exigeante. Elle ne se contente plus des réponses toutes faites. Elle veut de la cohérence. Elle scrute, elle compare, elle questionne. Les vidéos des manifestations de l’Église en question en juillet 2024 ont fait le tour des réseaux sociaux en quelques heures. La suspension de l’acteur principal a suscité des débats enflammés sur WhatsApp, Facebook, TikTok. Cette jeunesse ne tolérera plus longtemps l’opacité et l’hypocrisie.

    De l’autre côté, nous avons des menaces existentielles : le terrorisme qui avance du Sahel vers le Golfe de Guinée, la pauvreté qui s’aggrave, les tensions politiques qui se radicalisent, le changement climatique qui chasse les populations de leurs terres. Dans ce contexte, l’Afrique a besoin de ses Églises – pas comme décoration spirituelle, mais comme force de transformation sociale.

    Si nous ne nous réformons pas maintenant, nous deviendrons ce que l’Église catholique européenne est devenue : une institution muséifiée, respectée pour son histoire mais marginalisée dans les débats contemporains. Nos magnifiques cathédrales et temples deviendront des attractions touristiques, nos doctrines des curiosités anthropologiques.

    Est-ce cela que nous voulons ?

    VI. MON APPEL PERSONNEL : LE COURAGE DE LA MÉTAMORPHOSE

    Je ne suis pas pasteur. Je ne suis pas théologien. Je suis un expert en développement organisationnel qui a passé quinze ans à accompagner des entreprises, des ONG, des institutions publiques comme privées dans leurs transformations. Et je peux vous dire ceci : toute organisation qui refuse de s’adapter meurt. C’est une loi aussi implacable que la gravité.

    Mais j’ai aussi la foi. Une foi héritée de mes parents, nourrie dans les Églises togolaises, enrichie par mes voyages et mes lectures. Et c’est cette foi qui me pousse à écrire ces lignes, non pas pour démolir, mais pour reconstruire.

    Aux dirigeants ecclésiastiques, je dis : ayez le leadership comme service, pas domination. Matthieu 23:11–12 (LSG), le précise bien : « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé. » Car le pouvoir que vous détenez n’est pas un privilège, c’est un service. Jésus a lavé les pieds de ses disciples. Il n’a pas exigé qu’ils financent son SUV. Vous avez été appelés à servir, pas à être servis. Revenez à cette vocation première. Ouvrez les comptes. Acceptez le contrôle. Limitez vos mandats. Écoutez la base. Ayez le courage de la transparence radicale.

    Aux fidèles, je dis : vous êtes l’Église. Pas les murs, pas les titres, pas les structures. Vous. Cessez d’être des spectateurs passifs. Exigez la transparence. Participez aux assemblées générales. Votez avec discernement. Et si nécessaire, conditionnez votre soutien financier à des réformes concrètes. Votre dîme est sacrée ; ne la gaspillez pas dans des projets opaques. Car la vraie foi libère l’homme de la misère, de l’ignorance, de la dépendance et de la peur, en l’appelant à agir, travailler, se former et transformer sa société.

    À l’État togolais, je dis : régulez sans étouffer, en soutenant la formation des pasteurs, en reconnaissant les structures crédibles et en posant des exigences minimales de qualification pour l’implantation des Églises. Créez un cadre légal qui empêche les dérives (escroqueries, nuisances, politisation) tout en respectant la liberté religieuse. Médiez dans les conflits internes quand on vous le demande, mais n’intervenez pas avec des matraques dans des lieux de culte. Cette image du 4 août 2024 restera longtemps dans les mémoires – et pas en bien.

    À la communauté internationale, je dis : soutenez la réforme, pas le statu quo. Conditionnez vos aides aux Églises africaines à des critères de bonne gouvernance. Accompagnez-nous techniquement et financièrement dans cette transformation. Mais ne nous imposez pas vos modèles.Nous avons besoin de partenaires, pas de *nouveaux colonisateurs.

    Aux jeunes Africains, je dis : ne quittez pas vos Églises. Transformez-les. Vous êtes la génération qui peut opérer cette révolution. Vous avez l’éducation, la connectivité, l’énergie. Investissez-vous dans les structures décisionnelles. Candidatez aux postes de responsabilité. Créez des collectifs de jeunes chrétiens engagés pour la réforme. L’avenir vous appartient, mais seulement si vous le saisissez.

    LE RENDEZ-VOUS AVEC L’HISTOIRE

    Il y a quelques semaines, j’ai eu une longue conversation avec un ancien pasteur qui m’a dit quelque chose qui m’a marqué : « Helly, j’ai passé trente ans dans le ministère. J’ai vu des miracles, de vraies transformations de vies. Mais j’ai aussi vu l’appât du gain remplacer l’appel de Dieu. J’ai vu des hommes de Dieu devenir des hommes d’affaires. J’ai vu l’Évangile marchandisé. Je pars non pas parce que je perds la foi, mais parce que je veux la garder. »

    Ce témoignage me hante. Combien de vrais serviteurs de Dieu quittent discrètement le ministère, dégoûtés par ce qu’ils voient ? Combien de fidèles sincères désertent les Églises, cherchant ailleurs une spiritualité authentique ? Combien de jeunes rejettent le christianisme parce qu’ils ne voient aucune différence entre un « homme de Dieu » et un politicien corrompu ?

    Un tour des personnes ressources touchées dans le cadre de la rédaction de cette tribune révèle, en fin, que la crédibilité de l’Église passe par une gouvernance éthique : transparence financière, reddition de comptes et refus de l’idolâtrie des leaders religieux. L’Église de demain doit redevenir un acteur central du développement intégral – spirituel, social, intellectuel et économique – au service du bien commun et de la nation.

    Nous sommes en 2025. L’Afrique est à un tournant de son histoire. Dans les vingt-cinq prochaines années, nous deviendrons le continent le plus peuplé, avec la population la plus jeune. Nous avons un potentiel immense. Mais ce potentiel ne se réalisera que si nos institutions – y compris religieuses – sont saines, transparentes, crédibles.

    Les Églises africaines peuvent être des acteurs majeurs de cette transformation. Elles peuvent éduquer, soigner, réconcilier, développer. Elles peuvent être des espaces de dialogue dans des sociétés polarisées. Elles peuvent être des voix prophétiques face aux injustices. Elles peuvent être des modèles de bonne gouvernance.

    Mais pour cela, elles doivent d’abord se réformer elles-mêmes.

    Le Christ a chassé les marchands du temple avec un fouet. Peut-être est-il temps que nous fassions de même – non pas avec violence, mais avec détermination. Chassons l’opacité, chassons l’enrichissement illicite, chassons le culte de la personnalité, chassons le mutisme complice.

    Et construisons, sur ces ruines salubres, une Église africaine digne de ce nom. Une Église qui ressemble vraiment à Celui qu’elle prétend servir. Une Église pauvre avec les pauvres, juste avec les opprimés, prophétique face aux puissants, transparente dans sa gestion, démocratique dans son fonctionnement, holistique dans son développement.

    Cette Église-là, je la veux. Cette Église-là, nos enfants la méritent. Cette Église-là, l’Afrique en a besoin.

    Alors, mes frères et sœurs, qu’attendons-nous ?

    Le temps de l’indignation stérile est révolu. Le temps de l’action stratégique est venu. Nous avons le diagnostic. Nous avons les solutions. Il ne manque qu’une chose : le courage.

    Aurons-nous ce courage ?

    L’histoire nous regarde. Dieu nous regarde. Nos enfants nous regardent.

    À nous de choisir : réforme ou marginalisation. Renaissance ou décadence. Authenticité ou hypocrisie.

    Moi, j’ai choisi. Et vous ?

    Helly GBENE

    Expert & Promoteur de la Rencontre des Jeunes Entrepreneurs & Décideurs Chrétiens

    Source: Togoscoop

  • Dans la préfecture de VO, les chiffres alarmants des VBG

    Dans la préfecture de VO, les chiffres alarmants des VBG

    Une étude réalisée sur les causes profondes des violences sexuelles validée dans la préfecture de VO au Togo montrent que les VBG y ont atteint un niveau inquiétant.

    Avec le soutien du Fonds Muskoka à travers ONU Femmes, une rencontre a été organisée à Vogan, dans la préfecture de Vo, à l’issue de laquelle une étude sur les causes profondes des violences sexuelles dans cette localité a été validée.

    Alarmant

    Ce mardi 16 décembre s’est tenu à Vogan l’atelier de validation de l’étude sur les causes profondes des violences sexuelles au Togo. La rencontre s’origine dans l’exécution du projet « Appui à la promotion de l’égalité des sexes pour améliorer la santé sexuelle, reproductive, maternelle, néonatale, infantile et des adolescents et la nutrition au Togo ». Il est mis en œuvre par l’ONG La Colombe, avec le soutien du Fonds français Muskoka à travers ONU Femmes.

    L’étude est menée dans 10 cantons de la préfecture de Vo : Vogan Vo-Koutimé, Togoville, Anyronkopé, Dzrékpo, Dagbati, Mome-Hounkpati, Akoumapé et Sévagan. Il en ressort une forte prévalence du viol (69,67%), des grossesses précoces (60%), des attouchements (57,35%) et du refus de paternité (55,45%).

    Les MGF représentent 0,95% alors que le cyber harcèlement sexuel est de 2,84%.

    L’autre donnée importante à retenir est que 44,44% des enquêtés ont répondu que les familles des victimes plaident pour le pardon alors que beaucoup d’autres (33%) le banalisent.

    Briser le silence

    La violence sexuelle se définit comme tentative d’acte sexuel ou tout autre acte exercé par autrui contre la sexualité d’une personne en faisant usage de la force, quelle que soit sa relation avec la victime, dans n’importe quel contexte, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

    « Les facteurs socio-culturels, économiques et politiques ; les pratiques traditionnelles et les normes sociales » sont les causes des violences sexuelles dans le Vo, a confié Thérèse Adjoa Akakpo, la coordinatrice de l’ONG La Colombe, ajoutant qu’ « il y a plusieurs types des VGB mais nous nous avons choisi les violences sexuelles à causes de nombreuses victimes qui gardent le silence ».

    Pour contribuer à briser les silences  afin de sauver les femmes et les femmes dans cette préfecture que cette étude a été menée.

    Recommandations

    La solution ? Il faut, rappelle Mawoussé Kokougan Sodjago, le chargé d’étude, « renforcer la sensibilisation communautaire en vue d’une meilleure connaissance des effets négatifs des violences sexuelles et de la législation dans ce domaine, diversifier les canaux de sensibilisation afin d’atteindre toutes les couches communautaires, utiliser les médias locaux les plus écoutés en se créant un créneau d’horaires fixes pour parler des VBG et surtout des violences sexuelles et en langue locale surtout », etc.

    « Le Viol n’y pense même pas » devient ainsi, désormais, le mot de Pass de cette lutte dans le Vo, informe Ahomadégbé Akakpo, le  Secrétaire général de ladite préfecture.

    Le Réseau des médias africains pour la promotion de l’environnement et la santé REMAPSEN-Togo a été représenté à cet atelier avec une participation active.

  • Pharmacopée : Togbui Dagban-Ayivon IV est de retour

    Pharmacopée : Togbui Dagban-Ayivon IV est de retour

    C’est avec tout un programme spécial que Togbui Dagban Ayivon IV a lancé la reprise solennelle de ses activités de pharmacopée. Avec cerise sur le gâteau, des séances foraines de traitements et rituels de fin d’année.

    Après ce qu’il appelle « la tempête de Bè-Beach »,  le chef traditionnel du quartier Adakpamé, Togbui Dagban Ayivon IV, a repris ses activités de la pharmacopée africaine et de la tradi-thérapie au palais d’Adakpamé.

    L’annonce officielle a été ce mardi 16 décembre 2025, au cours d’une rencontre avec des médias de la place.

    « Désormais, toutes les activités seront logées au palais royal. Des causeries et débats seront ouverts pour expliquer un certain nombre d’appréhensions. Rien de bien ne peut arriver à l’homme s’il ne dépense pas et ne se sacrifie pas pour attirer le bonheur. Il faut se battre dans la vie, aller à la connaissance de soi et de son environnement pour bien se positionner dans l’univers. Le bonheur s’attire, il ne peut venir d’autrui », a confié la tête couronnée.

    Pour d’amples informations, contactez le 90 04 62 08.

  • A Lomé, les rois et reines d’Afrique de l’ouest et du centre se mobilisent pour l’accès à la terre, l’eau et les semences paysannes

    A Lomé, les rois et reines d’Afrique de l’ouest et du centre se mobilisent pour l’accès à la terre, l’eau et les semences paysannes

    Les têtes couronnées de l’Afrique de l’ouest et du centre ont pris part à une rencontre de haut niveau à Lomé destinée à faciliter l’accès à la terre, l’eau et les semences paysannes.

    L’atelier d’adoption de la Charte de collaboration de l’alliance des chefs coutumiers et traditionnels de l’Afrique de l’ouest et du centre s’est tenu à Lomé ces 15 et 16 décembre à Lomé.

    Organisée par la Convergence Globale des Luttes pour la Terre et l’Eau – Ouest Africaine (CGLTE-OA), ces retrouvailles des deux jours ont permis aux têtes couronnées venus de l’Afrique de l’ouest et du centre  d’adopter une Charte les impliquant davantage  dans la gouvernance responsable et inclusive des ressources naturelles dont les trois matières indissociables terre (foncier), eau et semences paysannes et la promotion de l’agroécologie paysanne.

    « Créée en 2019, cette Alliance est soutenue par la CGLTE AO, qui souhaite avancer aux côtés des rois et chefs traditionnels dans le cadre de la gouvernance inclusive des ressources naturelles liées à la terre, à l’eau et aux semences paysannes », a confié, à l’ouverture des travaux Massa Koné, porte-parole de la CGLTE AO.

    Selon lui, « Il est question d’adopter la charte ainsi que les documents statutaires afin de définir » les missions des chefs traditionnelles, « leurs objectifs et leur vision ».

    « Au-delà de cela, il y a l’organisation du Forum social mondial, dont la convergence a reçu la confiance du Conseil international pour une édition prévue en 2026 au Bénin. À ce forum, tous les mouvements sociaux d’Afrique souhaitent marquer une étape différente en mettant en commun leurs cultures et leurs valeurs ancestrales. Pour cela, les chefs et rois réunis vont discuter des stratégies à mettre en place afin de contribuer et d’être acteurs de ce Forum social mondial, auquel la diaspora africaine et les Afro-descendants d’Amérique latine et des États-Unis souhaitent également participer », a-t-il ajouté.

    Dans un contexte marqué par l’accaparement des terres, les conflits fonciers, les inégalités d’accès au foncier, surtout pour les femmes et les jeunes, et, les effets du changement climatique, le rôle des autorités traditionnelles apparaît plus que jamais central. C’est dans cette optique la Convergence Globale des Luttes pour la Terre et l’Eau – Ouest Africaine a été créée en 2015, afin d’inciter les communautés à être au-devant de la scène.

    Koudjou Esso, représentant du ministre de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, à la cérémonie d’ouverture, a rassuré que le Togo soutient la CGLTE-OA et se réjouit de ce que les rois et reines, acteurs clés du développement et de la stabilité sociale, y soient davantage impliqués.

  • Au Togo, une répression silencieuse étouffe les voix dissidentes

    Au Togo, une répression silencieuse étouffe les voix dissidentes

    La réforme constitutionnelle d’avril 2024, qui a permis à l’ex-président Faure Gnassingbé d’obtenir la présidence du conseil, sans limitation de mandat, avait provoqué une vague de contestation au printemps. Face à la dureté de la répression du gouvernement, les opposants ont cessé leur mobilisation.

    La date avait été choisie pour perturber l’ouverture du 9e Congrès panafricain, organisé à Lomé. Lundi 8 décembre, les Togolais étaient appelés à descendre dans la rue pour protester contre le pouvoir de Faure Gnassingbé, à la tête du pays depuis vingt ans. Depuis plusieurs semaines, des relais du Mouvement du 6 juin (M66) – majoritairement composé d’influenceurs de la diaspora – exhortaient, sur TikTok, la population à relancer la contestation qui avait éclaté au printemps.

    A Bè, quartier populaire du sud-est de la capitale, un important dispositif de sécurité était déployé. Mais les forces de l’ordre n’ont pas eu à intervenir. Personne n’est sorti manifester. La répression mise en œuvre par les autorités depuis six mois contre toute personne impliquée dans la contestation, qui avait fait sept morts, selon les organisations de la société civile – cinq selon le gouvernement, qui évoque des « noyades » –, semble avoir eu raison de la mobilisation des Togolais.

    Et étouffé le mouvement de colère apparu après la réforme constitutionnelle d’avril 2024. Celle-ci a permis à Faure Gnassingbé de passer de la présidence de la République à la présidence du…

    La suite sur lemonde.fr/afrique

  • Réduction des financements des DSSR/PF : REMAPSEN alerte

    Réduction des financements des DSSR/PF : REMAPSEN alerte

    Au Togo, la chute des financements des projets liés aux Droits et santé sexuels et reproductifs / Planification familiale (DSSR/PF) a des conséquences sur les femmes, les jeunes…

    Pour une seconde fois dans ce mois de décembre, la section nationale du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN-Togo) a mobilisé des journalistes pour le « Rendez-vous du REMAPSEN ».

    Cette rencontre a permis aux participants de comprendre qu’il y a de réels impacts de la réduction des financements des Droits et santé sexuels et reproductifs / Planification familiale (DSSR/PF) sur les femmes, les jeunes dans leur pays.

    Ces financements ont contribué à la baisse de la mortalité maternelle, l’amélioration des services destinés aux jeunes, la hausse de la prévalence contraceptive. Sauf que cette embellie prend un coup à cause de la réduction des aides internationales, a alerté  Ambroisine Mèmêdé, la coordinatrice du REMAPSEN-Togo. Aujourd’hui, a-t-elle, ajouté, 34% des besoins en contraception ne trouvent pas de solution. La prévalence contraceptive, elle, cale à 24%. Des données réelles fiables que ce « Rendez-vous du REMAPSEN » a permises d’avoir.

    En dépit des efforts de l’Etat, sans des financements internationaux, les résultats ne peuvent être atteints. La preuve, a rappelé, Dr Abram Amétépé Agossou, le chef de la Division santé de la mère et de l’enfant (DSME), l’objectif moins de 70 décès d’ici 2030 ne sera pas réaliste parce que le ratio de mortalité maternelle en 2023 est de 362 décès pour 100 000 naissances vivantes.

    Apoété Zekpa, Secrétaire exécutif du Réseau des champions en plaidoyer pour le financement adéquat de la santé au Togo (RCPFAS-Togo), est, de son côté, revenu sur le cadre légal, notamment les textes et stratégies  qui entourent les actions du gouvernement, insistant sur le fait que beaucoup de sont aujourd’hui en difficulté.

    Ce « Rendez-vous du REMAPSEN » a été organisé en prélude à la réunion annuelle du Partenariat de Ouagadougou prévue à Lomé, la capitale togolaise. Avec pour mot d’ordre, tout faire pour sauver ce qui peut l’être, c’est-à-dire limiter les conséquences du tarissement des aides devant permettre le financement des projets liés à la planification familiale, etc.

  • Amélioration des conditions de détention au Togo : La CNDH procède à la remise officielle d’un guide pratique destiné aux surveillants de l’administration pénitentiaire

    Amélioration des conditions de détention au Togo : La CNDH procède à la remise officielle d’un guide pratique destiné aux surveillants de l’administration pénitentiaire

    Les locaux du ministère des droits de l’homme ont servi de cadre ce 11 décembre 2025 à une cérémonie solennelle de remise d’un guide à l’usage des surveillants de l’administration pénitentiaire(SAP) du Togo.

    Elaboré par la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), agissant au titre du Mécanisme National de Prévention de la torture (MNP), avec le soutien  du fonds spécial OPCAT, ce guide vise à outiller les surveillants pénitentiaires (SAP) du Togo pour :

    • garantir le respect des droits humains en détention ;
    • prévenir la torture, les abus et les mauvais traitements ;
    • améliorer la gestion humaine, sécurisée et efficace des établissements pénitentiaires.

    Présidée par le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des droits humains en présence du Président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), la cérémonie a rassemblé des responsables du ministère de la justice et de droits humains, de la CNDH, de l’administration pénitentiaire, du commandement du corps des SAP ainsi que plusieurs surveillants de l’administration pénitenatiaire.

    Dans son allocution, le Ministre de la Justice Me ADJOUROUVI Pacôme a salué « un outil essentiel qui contribuera à l’amélioration de la gouvernance pénitentiaire, au renforcement des capacités des surveillants et à la promotion du respect de la dignité humaine au sein des lieux de privation de liberté ». Il a rappelé l’engagement du Togo à poursuivre les réformes engagées dans le secteur de la justice et à mettre en œuvre les standards internationaux en matière de détention.3

    Le Président de la CNDH Monsieur SANVEE Ohini Kwao a, pour sa part remercié le ministre pour sa disponibilité et sa sollicitude habituelle à l’endroit de la CNDH. Il a invité tous les responsables des lieux de privation de liberté à s’approprier le guide qui leur est destiné afin de renforcer l’image du Togo en matière des droits de l’homme en général et des droits des détenus en particulier.

    Le nouveau guide, élaboré avec l’appui de partenaires nationaux et internationaux, fournit des orientations pratiques sur :

    • la gestion humaine et sécuritaire des personnes détenues ;
    • les procédures disciplinaires ;
    • la prévention de la torture et des traitements inhumains ;
    • les droits fondamentaux des personnes privées de liberté ;
    • la gestion des situations d’urgence et des incidents en milieu carcéral ;
    • l’éthique professionnelle et la déontologie du surveillant.

    Pour leur part, le commandant du corps des SAP et le Directeur de l’administration pénitentiaire ont tour à tour souligné que « ce guide vient répondre à un besoin de formation continue et d’unification des pratiques ». Ils ont également salué le dévouement des surveillants et les ont exhortés à s’approprier pleinement le document.

    La cérémonie s’est achevée par la remise symbolique du guide au commandant du corps des surveillants de l’administration pénitentiaire.

    Des sessions de formation et de vulgarisation sont annoncées dans les prochaines semaines afin d’assurer une mise en œuvre harmonieuse du document.

    Avec ce nouvel outil, l’administration pénitentiaire togolaise renforce son professionnalisme et confirme sa volonté d’inscrire la gestion carcérale dans une approche centrée sur la dignité humaine et la réinsertion.

Radio Renouveau228

Ceci fermera dans 0 secondes