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  • Au Togo, l’extradition de Damiba éclaire les fractures politiques nationales

    Au Togo, l’extradition de Damiba éclaire les fractures politiques nationales

    Le Togo traverse une nouvelle séquence politique délicate après l’extraction et l’extradition vers le Burkina Faso de l’ancien chef de la junte burkinabè Paul-Henri Sandaogo Damiba, une opération qui continue de susciter des critiques virulentes au sein de l’opposition togolaise et des observateurs nationaux.

    Le 17 janvier 2026, l’ancien dirigeant burkinabè, réfugié à Lomé depuis sa chute en 2022, a été arrêté puis remis aux autorités de Ouagadougou. Officiellement, cette extradition répond à une demande judiciaire du Burkina Faso et aurait été approuvée par les juridictions compétentes suite à la présentation de garanties sur le respect de son intégrité physique et de son droit à un procès équitable.

    Une décision diplomatique sous tension

    Sur le plan diplomatique, le gouvernement togolais a défendu l’opération comme une réponse aux exigences de coopération judiciaire internationale. Il l’a présentée comme conforme à ses engagements régionaux et bilatéraux, notamment avec son voisin burkinabè.

    Cependant, pour une partie de l’opposition togolaise, cette extradition représente un acte précipité, opaque et politiquement orienté. Jean-Pierre Fabre, figure emblématique de l’opposition, a dénoncé la mesure comme une violation des principes juridiques et humains élémentaires. Selon lui, l’absence d’information claire sur le sort de Damiba et les motifs réels de son renvoi vers Ouagadougou alimentent l’inquiétude sur la légitimité de l’opération.

    Fragilisation de l’espace politique

    Cette controverse sur l’affaire Damiba se déroule dans un climat politique déjà tendu au Togo, caractérisé par des accusations répétées de restriction des libertés civiles et politiques. Depuis 2025, plusieurs incidents ont mis en lumière une dynamique accusée de réduire l’espace démocratique : arrestations et détentions de défenseurs des droits humains dans le cadre de manifestations, blocage ou suspension de médias considérés comme critiques, et pressions sur des activistes de la diaspora.

    Ces événements ne sont pas isolés. En juin 2025, la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication a suspendu la diffusion de médias internationaux tels que RFI et France 24 pour trois mois, invoquant des manquements à l’impartialité. Des organisations internationales et des journalistes ont perçu cette décision comme une restriction supplémentaire de l’information indépendante.

    Parallèlement, les contestations politiques contre la concentration du pouvoir autour du président Faure Gnassingbé — au pouvoir depuis 2005 — ont été qualifiées par l’opposition de « coup constitutionnel ». En 2025, l’attribution d’un nouveau rôle exécutif à Gnassingbé, susceptible de prolonger indéfiniment son exercice du pouvoir, avait déjà attisé de vives critiques.

    Une opposition fragmentée et des tensions régionales

    L’extradition de Damiba a également une dimension géopolitique : elle s’inscrit dans un contexte ouest-africain marqué par des transitions turbulentes, des coups d’État successifs et des enjeux sécuritaires régionaux. Le Burkina Faso, actuellement sous contrôle militaire, a fréquemment accusé Damiba de fomenter des tentatives de déstabilisation avant de demander son extradition.

    Cette convergence entre diplomatie régionale et politique intérieure renforce l’impression d’un Togo au centre de tensions multiples, où des décisions gouvernementales affectent aussi bien l’équilibre politique national que les relations avec ses voisins.

    Perspectives et enjeux

    L’affaire met en lumière plusieurs enjeux fondamentaux pour le Togo : la transparence et l’état de droit, avec des critiques portant sur l’absence de communication officielle et de garanties claires pour la justice et les droits de l’homme ; l’espace politique et la liberté d’expression, remis en question par les arrestations de militants, les blocages de médias et les tentatives de surveillance de l’activisme diaspora ; la stabilité institutionnelle, alors que les réformes constitutionnelles et la prolongation des mandats concentrent le pouvoir autour du président.

    Dans un paysage politique déjà polarisé, cette affaire d’extradition cristallise les méfiances envers les institutions togolaises et stimule des débats plus larges sur la gouvernance, la démocratie et les normes juridiques dans un pays qui reste sous les projecteurs régionaux.

  • Pourquoi le cinquantenaire de la CEDEAO à Lomé a été annulé

    Pourquoi le cinquantenaire de la CEDEAO à Lomé a été annulé

    Le très attendu sommet marquant les 50 ans de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), initialement prévu à Lomé en 2026, ne se tiendra finalement pas dans la capitale togolaise. L’annonce a été confirmée par plusieurs sources spécialisées ce vendredi, mettant fin à des mois de spéculations diplomatiques et de tensions sous-régionales.

    La célébration du cinquantenaire de la CEDEAO devait être un moment historique pour l’organisation régionale, créée en 1975 pour renforcer l’intégration économique, politique et sociale des États membres. Mais loin d’être une fête unitaire, ce jubilé est devenu le reflet des fractures profondes qui traversent aujourd’hui l’Afrique de l’Ouest.

    Le report puis l’annulation de Lomé sont directement liés à un contexte politique tendu, tant à l’intérieur du Togo que dans l’espace CEDEAO au sens large.

    Au Togo même, les derniers mois ont été marqués par une forte contestation sociopolitique. Des mouvements de jeunesse et des collectifs citoyens — notamment le Mouvement du 6 juin (M66) — ont organisé des manifestations massives contre des réformes constitutionnelles et des restrictions politiques. Ces mobilisations ont parfois dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre, créant un climat d’instabilité difficile à ignorer pour une organisation qui appelle à la paix et à l’unité régionale.

    Dans ce contexte sensible, organiser un sommet diplomatique de grande envergure dans la capitale togolaise aurait été perçu par certains comme un risque d’instrumentalisation politique plutôt qu’un moment de convergence régionale.

    Au-delà du Togo, la CEDEAO traverse une crise existentielle majeure : trois de ses anciens membres — le Mali, le Burkina Faso et le Niger — ont quitté l’organisation début 2025 pour former l’Alliance des États du Sahel (AES), changeant radicalement l’équilibre politique de la sous-région.

    Ce départ a ravivé un débat sur l’avenir même de l’organisation : certains États membres doutent de la capacité de la CEDEAO à répondre efficacement aux défis de sécurité, tandis que d’autres dénoncent l’influence de puissances étrangères ou l’absence d’une vision stratégique partagée.

    Ces divisions internes ont rendu l’organisation d’un sommet de célébration encore plus complexe, car il conviendrait d’adresser les divergences politiques au lieu de simplement marquer une date symbolique.

    L’annulation du sommet à Lomé est peut-être plus que le simple report d’un événement protocolaire. Elle symbolise une CEDEAO à la croisée des chemins, tiraillée entre son héritage institutionnel et les réalités géopolitiques actuelles.

    Les critiques internes et externes soulignent que l’organisation doit d’abord relever les défis structurels — de sécurité, de cohésion et de légitimité démocratique — avant d’envisager de grandes célébrations. Dans un climat marqué par des tensions politiques, des fractures institutionnelles et l’émergence d’entités rivales comme l’AES, la commémoration d’un demi-siècle d’existence a perdu de sa substance festive.

  • RICAC, un carrefour créatif

    RICAC, un carrefour créatif

    La cérémonie des ART PLASTIC AWARDS 2026, tenue le 6 février à Lomé dans le cadre des Résidences internationales de créations artistiques et culturelles (RICAC) – ART TO GO, s’impose comme un tournant majeur pour les arts plastiques au Togo et, au-delà, pour la scène artistique africaine. En clôturant deux semaines d’intenses résidences placées sous le thème de la multipolarité, l’événement a confirmé le rôle stratégique de Lomé comme espace de création, de circulation des idées et de reconnaissance des talents du continent.

    Bien plus qu’une simple cérémonie de remise de prix, ART TO GO s’affirme comme un outil structurant pour les artistes, notamment togolais, souvent confrontés à un manque d’infrastructures, de visibilité internationale et de cadres de formation spécialisés. En sélectionnant chaque année quatorze artistes, personnalités ou institutions, le programme crée un environnement propice à l’émergence, à la professionnalisation et à la mise en réseau des créateurs africains.

    Pour les artistes togolais, les retombées sont multiples. D’abord en termes de visibilité : évoluer au sein d’une résidence internationale, exposer aux côtés de confrères venus d’autres pays africains et être vus par des curateurs, critiques et acteurs culturels constitue une opportunité rare. Ensuite en termes de montée en compétences : le travail collectif, les échanges esthétiques et les confrontations de pratiques permettent aux artistes locaux d’affiner leur langage plastique et de se positionner dans les débats artistiques contemporains.

    L’édition 2026 a également mis en lumière la capacité des artistes togolais à dialoguer d’égal à égal avec leurs homologues africains. Les œuvres produites — tableaux et sculptures — puisent à la fois dans l’histoire du Togo, les valeurs de paix, de vivre-ensemble et de souveraineté, tout en s’inscrivant dans une réflexion globale sur un monde multipolaire. Cette articulation entre ancrage local et ouverture internationale est l’un des principaux acquis de la résidence.

    La remise du Prix de la Renaissance Africaine à Julie Mehretu et Ibrahim Mahama a, elle aussi, un impact symbolique fort pour les artistes participants. En côtoyant des figures majeures de l’art contemporain mondial, les jeunes créateurs africains mesurent concrètement que des trajectoires internationales sont possibles à partir du continent. Ces parcours inspirants contribuent à briser le plafond de verre psychologique qui freine encore de nombreux talents africains.

    Le choix de Tsévié comme espace de création et de réflexion renforce également les bénéfices à long terme de l’initiative. Présentée comme la source de la nation togolaise, la localité incarne l’ambition de voir naître la première école nationale des beaux-arts. Pour les artistes togolais, cette perspective représente un espoir structurant : celui d’un futur où la formation artistique de haut niveau pourra se faire sur place, réduisant l’exil forcé des talents.

    Dans son discours de clôture, le directeur artistique Kokou Ekouagou a rappelé que la résidence ART TO GO est avant tout un laboratoire vivant, où les idées, les identités et les esthétiques se confrontent sans hiérarchie. Cette dynamique bénéficie particulièrement aux artistes africains, souvent cantonnés à des catégories figées sur les scènes internationales. Ici, ils construisent eux-mêmes leurs récits, en toute souveraineté.

    La remise de 14 distinctions, incluant mentors panafricains, meilleurs espoirs, mécènes et acteurs institutionnels, renforce cette logique inclusive. Elle valorise non seulement les artistes confirmés, mais aussi les jeunes talents et les soutiens indispensables à l’écosystème culturel. Pour les créateurs togolais et africains, cette reconnaissance constitue un levier de crédibilité et d’accès à de nouvelles opportunités.

    La présence de Natta N’Poh Labounamah, représentant du ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, et le soutien affiché de l’État togolais, envoient enfin un signal fort : celui d’une reconnaissance institutionnelle du rôle stratégique de l’art dans le développement culturel et social.

    À travers les ART PLASTIC AWARDS 2026, Lomé s’impose ainsi comme un carrefour créatif africain, offrant aux artistes togolais et à leurs pairs du continent un espace d’expression, de reconnaissance et de projection vers l’avenir. Une dynamique porteuse, qui participe à la construction d’un écosystème artistique africain plus fort, plus visible et résolument tourné vers le monde.

  • Cheikh Anta Diop, 40 ans après : l’intellectuel qui a rendu l’Afrique à elle-même

    Cheikh Anta Diop, 40 ans après : l’intellectuel qui a rendu l’Afrique à elle-même

    Quarante ans après sa disparition, le 7 février 1986, Cheikh Anta Diop demeure l’une des figures intellectuelles africaines les plus influentes du XXᵉ siècle. Savant aux multiples facettes – historien, anthropologue, physicien, linguiste et homme politique – le penseur sénégalais a consacré sa vie à une mission aussi audacieuse que fondamentale : restituer à l’Afrique son histoire, sa dignité et les bases scientifiques de son développement.

    Né en 1923 à Diourbel, au Sénégal, Cheikh Anta Diop s’impose très tôt comme un esprit brillant. Formé en France, notamment à la Sorbonne, il acquiert une solide culture scientifique tout en s’intéressant à l’histoire ancienne de l’Afrique. À une époque où le continent était présenté comme marginal dans l’histoire de l’humanité, Diop ose contester frontalement les thèses eurocentristes dominantes. Ses travaux démontrent, preuves scientifiques à l’appui, que l’Afrique, et particulièrement l’Égypte ancienne, a joué un rôle central dans le développement de la civilisation humaine.

    Son œuvre majeure, Nations nègres et culture, publiée en 1954, marque un tournant décisif. Cheikh Anta Diop y soutient que l’Égypte pharaonique était une civilisation africaine noire et qu’elle a profondément influencé la Grèce antique, fondement de la civilisation occidentale. Cette thèse, longtemps combattue, sera progressivement reconnue grâce à ses recherches interdisciplinaires mêlant linguistique, anthropologie, histoire et sciences physiques, notamment les tests de mélanine sur les momies.

    Mais l’apport de Cheikh Anta Diop ne se limite pas à la réhabilitation du passé africain. Il voyait dans la connaissance historique un levier essentiel pour le développement du continent. Pour lui, aucun progrès durable n’est possible sans conscience historique. « Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir », répétait-il. En redonnant aux Africains la fierté de leur passé, il entendait créer les conditions psychologiques et culturelles de l’émancipation économique et politique.

    Visionnaire, Diop plaidait également pour l’unité africaine, condition sine qua non du développement. Il dénonçait la balkanisation héritée de la colonisation et appelait à la construction d’un État fédéral africain, capable de peser sur la scène internationale. Dans ses écrits politiques, il insistait sur la nécessité pour l’Afrique de maîtriser la science, la technologie et l’énergie nucléaire à des fins pacifiques, convaincu que le sous-développement n’était pas une fatalité mais le résultat de choix politiques et historiques.

    Linguiste engagé, Cheikh Anta Diop défendait l’utilisation et la valorisation des langues africaines dans l’enseignement et la recherche scientifique. Selon lui, le développement passe aussi par la décolonisation des esprits et des systèmes éducatifs, encore trop dépendants des modèles occidentaux.

    Quarante ans après sa mort, Cheikh Anta Diop continue d’inspirer chercheurs, étudiants, militants panafricanistes et décideurs africains. Son héritage intellectuel demeure d’une brûlante actualité à l’heure où l’Afrique cherche à définir son propre modèle de développement. Plus qu’un savant, Cheikh Anta Diop fut un éclaireur, un homme qui a osé penser l’Afrique par elle-même et pour elle-même. Son combat pour la vérité scientifique et la dignité africaine reste, aujourd’hui encore, un appel pressant à l’action et à la responsabilité collective

  • Ecobank Togo mise sur l’excellence pour former la relève bancaire

    Ecobank Togo mise sur l’excellence pour former la relève bancaire

    Ecobank Togo a officiellement lancé la deuxième promotion de son Graduate Development Programme (eGDP), un programme stratégique dédié à l’identification et à la formation de jeunes talents appelés à devenir les futurs leaders du secteur bancaire. Cette nouvelle cohorte est composée de 15 jeunes diplômés, dont neuf femmes, sélectionnés parmi 1 060 candidatures, à l’issue d’un processus particulièrement exigeant.

    La rigueur de la sélection – moins de 2 % des candidats retenus – illustre le positionnement du eGDP comme un programme d’élite, conçu pour attirer les profils à fort potentiel. Présélection, séries de tests et entretien approfondi ont permis d’identifier des jeunes capables de s’inscrire durablement dans la vision de croissance et de transformation d’Ecobank.

    D’une durée d’un an, le Graduate Development Programme est entièrement financé par Ecobank Togo et inclut une rémunération mensuelle pour chaque participant. Il propose un parcours structurant, combinant formations théoriques, apprentissage pratique et immersion professionnelle. Les bénéficiaires suivent des sessions en présentiel et en ligne, animées par des formateurs internes et externes, et travaillent sur des projets concrets à forte valeur ajoutée.

    L’un des atouts majeurs du programme réside dans la rotation des participants au sein de plusieurs départements clés de la banque, notamment les Opérations, le Digital, le Commerce, les Risques ou encore la Conformité. Cette approche permet aux jeunes diplômés d’acquérir une compréhension globale de l’écosystème bancaire, tout en développant des compétences techniques, managériales et comportementales solides.

    Pour Adama Paré, Directeur des Ressources Humaines d’Ecobank pour la région UEMOA, le eGDP s’inscrit dans une vision de long terme : investir dans les compétences locales à travers un dispositif structuré, aligné sur les standards internationaux, afin de bâtir un leadership durable au sein du Groupe.

    La Directrice Générale d’Ecobank Togo, Estelle Akue Komlan, a pour sa part souligné que le capital humain constitue le socle de la performance et de l’innovation de la banque. Le eGDP reflète ainsi la conviction qu’un développement continu des talents est indispensable à une croissance durable.

    Les résultats de la première promotion confirment la pertinence du programme, plusieurs anciens participants occupant déjà des postes stratégiques. Avec cette nouvelle cohorte, Ecobank Togo renforce son positionnement d’employeur de référence, tout en contribuant activement à la professionnalisation des compétences dans le secteur financier togolais.

  • Mutilations génitales féminines: ”L’inaction a un coût bien réel”, alerte Dr Sennen Hounton

    Mutilations génitales féminines: ”L’inaction a un coût bien réel”, alerte Dr Sennen Hounton

    Pour mettre fin aux mutilations génitales féminines en Afrique de l’ouest et du centre, il faut “investir dès maintenant”, insiste le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA).

    Le prix de l’inaction : pourquoi nous devons investir dès maintenant pour mettre fin aux mutilations génitales féminines en Afrique de l’Ouest et du Centre

    Le 6 février, le monde commémore la Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF). En Afrique de l’Ouest et du Centre, cette date est bien plus qu’un simple rendez-vous du calendrier : c’est un moment de vérité pour les droits, la santé et l’avenir de millions de filles.

    Le fardeau de cette pratique est ressenti de manière disproportionnée en Afrique de l’Ouest et du Centre. La région compte 17 des 27 pays africains les plus touchés. Compte tenu de cette concentration du risque, la région est au cœur de la réalisation de l’objectif mondial de zéro

    Les MGF ne sont ni une affaire privée ni un rite culturel de passage, et aucune raison médicale ne saurait les justifier. Il s’agit d’une grave violation des droits humains, qui porte atteinte au droit des filles à la vie, à la santé et à l’intégrité physique, ainsi qu’à leur droit de vivre à l’abri de la discrimination fondée sur le genre, de la torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants.

    Les séquelles psychologiques de cette pratique marquent toute une vie et touchent actuellement plus de 230 millions de femmes et de filles en vie. Chaque année, 4 millions de filles supplémentaires sont exposées au risque, dont la moitié ont moins de cinq ans. Si nous n’accélérons pas nos actions dès maintenant, on estime que 23 millions de filles supplémentaires subiront des MGF d’ici 2030, les laissant sans protection ni espoir.

    Un moment décisif pour le progrès

    Nous nous trouvons à un tournant décisif. Si des progrès ont été enregistrés — la moitié des avancées des 30 dernières années ayant eu lieu au cours de la dernière décennie reste insuffisante. Pour atteindre la cible des Objectifs de développement durable (ODD) d’ici 2030, le taux de recul de la pratique doit être 27 fois plus rapide. Concrètement, cela signifie que chaque année, nous devons protéger 4 millions de filles qui, selon les projections actuelles, risquent de subir cette pratique néfaste.

    Cette urgence est aggravée par un recul croissant de l’égalité de genre et des droits des femmes à l’échelle mondiale. Malgré l’ampleur des enjeux, nous assistons à une tendance préoccupante : la diminution des financements mondiaux. L’inaction a un coût bien réel. Le traitement des complications sanitaires liées aux MGF coûte chaque année 1,4 milliard de dollars aux systèmes de santé — un montant appelé à augmenter si l’élimination de la pratique n’est pas atteinte.

    À l’inverse, l’argument économique est clair. Investir 1 dollar pour mettre fin aux MGF génère un retour sur investissement de 10 dollars, grâce aux économies substantielles en matière de santé et aux gains transformateurs en éducation et en productivité lorsque les filles sont protégées. Un investissement mondial de 2,8 milliards de dollars permettrait d’éviter que 20 millions de filles et de femmes ne subissent les MGF, tout en générant près de 28 milliards de dollars de bénéfices économiques.

    Pas de fin aux MGF sans investissement

    Le thème de la Journée internationale 2026, « Vers 2030 : pas de fin aux MGF sans engagement et investissement durables », est un appel à la pérennité et au passage à l’échelle.

    Nous savons ce qui fonctionne : l’éducation, l’engagement communautaire et le travail avec les prestataires de santé pour transformer les normes sociales. En garantissant des financements durables et flexibles, nous pouvons permettre aux mouvements communautaires de renforcer leur impact et de provoquer un changement durable au sein des communautés.

    En Afrique de l’Ouest et du Centre, nous devons :

    • Briser les silos : intégrer la prévention des MGF dans les programmes de santé, d’éducation et de développement économique ;

    • Diversifier les sources de financement : renforcer les ressources nationales, explorer des mécanismes de financement innovants et mobiliser le secteur privé ;

    • Investir dans l’innovation : utiliser la technologie pour atteindre les communautés les plus reculées et garantir qu’aucune fille ne soit laissée pour compte.

    La force du partenariat : le Programme conjoint UNFPA–UNICEF

    En cohérence avec ces objectifs, le Programme conjoint UNFPA–UNICEF pour l’élimination des mutilations génitales féminines constitue la plus grande initiative mondiale dédiée à l’accélération de l’abandon de cette pratique. Lancé en 2008, le programme intervient dans 18 pays, dont 8 en Afrique de l’Ouest et du Centre, afin de tenir la promesse mondiale de mettre fin aux MGF d’ici 2030, conformément à la cible 5.3 des Objectifs de développement durable.

    En s’appuyant sur l’expertise combinée des deux agences, le Programme conjoint renforce les cadres juridiques nationaux, étend les mouvements communautaires visant à transformer les normes sociales, et veille à ce que les survivantes aient accès à des services de santé, juridiques et sociaux de qualité. À ce jour, cette collaboration a permis de protéger 1 137 000 filles âgées de 0 à 14 ans contre les MGF, d’amener plus de 50 millions de personnes dans 21 700 communautés à déclarer publiquement l’abandon de la pratique, et de fournir des services essentiels de protection et de prise en charge à plus de 7 millions de femmes et de filles.

    Il s’agit d’un appel à l’action pour chaque membre de la société — femmes et hommes, filles et garçons, familles, leaders traditionnels et religieux, gouvernements et secteur privé — afin qu’ils mettent leur influence et leurs compétences au service d’un avenir sans MGF. Les enjeux sont immenses : on estime que 23 millions de filles supplémentaires risquent de subir des MGF d’ici 2030 si nous n’accélérons pas nos actions.

    Chaque déclaration publique, chaque changement de politique et chaque dollar investi nous rapprochent d’un monde où le corps des filles est respecté et où leur avenir est protégé.

    Préservons les acquis durement obtenus. Nous avons les outils ; il nous faut désormais la volonté collective d’investir dans l’avenir que ces filles méritent.

    Dr Sennen Hounton

    Directeur régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre

  • Forum REMAPSEN : double distinction pour le Togo

    Forum REMAPSEN : double distinction pour le Togo

    Le Togo s’est illustré de manière remarquable lors du 4ᵉ Forum des médias du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN), tenu les 29 et 30 janvier 2026 à Cotonou, au Bénin. Cette rencontre continentale de haut niveau a réuni des journalistes spécialisés en santé et en environnement issus de 35 pays africains, autour d’un enjeu majeur de santé publique : les Maladies tropicales négligées (MTN). À l’issue des travaux, le Togo est reparti avec deux distinctions majeures, confirmant la qualité de son engagement au sein du réseau.

    Placée sous le thème « Maladies tropicales négligées : de la négligence à la mise en lumière », cette quatrième édition du forum avait pour objectif de tirer la sonnette d’alarme sur des maladies qui continuent de toucher essentiellement les populations pauvres vivant dans des zones reculées. Malgré leur caractère évitable et traitable, les MTN restent insuffisamment médiatisées et faiblement intégrées aux priorités de santé publique, exposant les communautés concernées à une double peine : la maladie et l’oubli.

    Dès l’ouverture des travaux, le président du comité exécutif du REMAPSEN, Bamba Youssouf, a salué la mobilisation des journalistes africains autour de cette cause, soulignant le rôle central des médias dans la sensibilisation, le plaidoyer et l’interpellation des décideurs. Les représentants de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de Galien Africa ont, quant à eux, déploré la persistance des MTN sur le continent, appelant à une synergie renforcée entre États, partenaires techniques, communautés locales et médias.

    Les échanges ont été structurés autour de trois panels thématiques. Le premier a permis de dresser un état des lieux des MTN en Afrique. Le deuxième s’est penché sur les questions d’équité, d’innovation et du sport comme levier de santé publique, en mettant l’accent sur l’implication des communautés dans les réponses durables. Le troisième panel a mis en lumière le rôle stratégique des médias africains dans le plaidoyer sanitaire, un levier indispensable pour accélérer l’élimination des MTN.

    La deuxième journée du forum a été marquée par une sortie de terrain à Pobé, localité située à une centaine de kilomètres de Cotonou. Cette immersion a permis aux participants de mieux comprendre la réalité vécue par les personnes atteintes de MTN, prises en charge au Centre de dépistage et de traitement de la lèpre et de l’ulcère de Buruli, géré par la Fondation Raoul Follereau.

    Le moment fort du forum est intervenu lors de la cérémonie de clôture avec les Awards du REMAPSEN, dotés du Prix Michel Sidibé, récompensant les meilleures productions médiatiques en santé et en environnement ainsi que les coordinations nationales les plus performantes. À cette occasion, le Togo a été doublement honoré. Le pays a décroché le 5ᵉ Prix de la meilleure coordination pays, saluant la régularité, l’organisation et la dynamique du REMAPSEN Togo. Il a également remporté le 1er Prix Télé – catégorie Santé, une distinction majeure qui met en lumière la qualité éditoriale et l’impact des productions audiovisuelles togolaises sur les questions de santé publique.

    Le REMAPSEN Togo était représenté à ce forum par Ambroisine Mémédé, Coordinatrice nationale, Régis Talikpeti, Coordonnateur adjoint, et Hector Nammangue, Point focal Environnement. Leur participation active et les récompenses obtenues renforcent la visibilité du Togo au sein du réseau et témoignent de l’engagement constant des journalistes togolais dans la lutte contre les maladies tropicales négligées.

    Par ces distinctions, le Togo confirme sa place parmi les pays africains les plus engagés dans la promotion de la santé et de l’environnement à travers les médias, et réaffirme son rôle moteur dans le combat pour une Afrique plus solidaire et en meilleure santé.

  • Décès du pasteur Luc Russel Adjaho : entre héritage spirituel et controverses

    Décès du pasteur Luc Russel Adjaho : entre héritage spirituel et controverses

    Le pasteur Luc Russel Adjaho, fondateur l’église Zion-To, est décédé ce jeudi, suscitant une vague d’émotion au sein de la communauté chrétienne et au-delà. Figure bien connue du paysage religieux, il laisse derrière lui un parcours marqué à la fois par un engagement pastoral constant et par des controverses qui ont souvent alimenté les débats.

    Homme de foi charismatique, Luc Russel Adjaho s’est imposé comme un prédicateur influent, suivi par de nombreux fidèles. À travers ses enseignements et son accompagnement spirituel, il a contribué à renforcer la foi de plusieurs croyants et à diffuser un message centré sur l’espérance, la prière et la persévérance. Son ministère a durablement marqué une partie de la communauté évangélique.

    Cependant, son parcours n’a pas été exempt de zones de tension. Au fil des années, certaines de ses prises de position, pratiques ou déclarations ont suscité des critiques et des polémiques, divisant parfois l’opinion au sein même des milieux chrétiens. Pour ses partisans, ces controverses relevaient de malentendus ou de résistances face à un style jugé atypique ; pour ses détracteurs, elles soulevaient des interrogations légitimes sur sa méthode et son leadership spirituel.

    La disparition du pasteur Luc Russel Adjaho ouvre ainsi le temps du bilan, entre reconnaissance de son influence spirituelle et regard critique sur les zones d’ombre de son parcours. Son héritage, complexe et contrasté, continuera sans doute d’alimenter les débats.

  • REDM au Togo : Komi Aziangbédé à la manœuvre

    REDM au Togo : Komi Aziangbédé à la manœuvre

    C’est avec une profonde émotion et un sens aigu des responsabilités que Komi Aziangbédé a récemment annoncé sa nomination en tant que Représentant résident de l’ONG Réussir Ensemble dans le Monde (REDM) au Togo.

    Cette nomination, saluée par de nombreux acteurs de la société civile, marque une étape significative dans l’engagement de cet homme dynamique au service du développement local et national.

    Un parcours marqué par l’engagement communautaire

    Originaire du canton de Djagblé, Komi Aziangbédé a construit sa réputation sur des actions concrètes en faveur de sa communauté. Bien avant sa nomination à la tête de REDM au Togo, il s’était distingué comme Délégué Pays du Haut Conseil des Togolais de l’Extérieur (HCTE) section Burkina Faso, où il s’est investi activement dans le soutien des populations de sa localité.

    Il est le Secrétaire des associations faitières des Togolais au Burkina Faso, Délégué du Haut conseil des togolais de l’extérieur (HCTE) au Burkina Faso. De retour au pays, il a été nommé conseiller spécial auprès du représentant résident du réseau des chambres des experts européennes département Afrique de l’ouest au Togo.

    La proximité du Directeur d’AZIKOM Service SARL-U avec les jeunes et les initiatives sportives en dit long sur son sens du lien social : il a notamment offert des maillots et une contribution financière significative à l’équipe de football de Djagblé après leur victoire historique à la Coupe Ayizã, démontrant ainsi qu’il sait mobiliser ses ressources au profit du rayonnement et de la cohésion sociale de ses pairs.

    Mais au-delà de la seule sphère sportive, ce sont bien les actions sociales et les projets structurants qui ont forgé son image de promoteur de développement. En tant que Président d’honneur de Renaissance FC de Hlan-Kopé, il n’a cessé de porter des initiatives permettant aux jeunes de trouver des opportunités d’engagement constructives.

    Une expertise déjà reconnue dans la promotion du développement durable

    L’engagement de Komi Aziangbédé ne se limite pas à une seule activité ou une seule organisation. Il a également exercé des responsabilités déterminantes dans des structures orientées vers le développement socio-économique et humanitaire. À titre d’exemple, il a été Président de l’Association Solidaire pour un Développement Durable (SDD), une organisation humanitaire basée au Burkina Faso et axée sur la promotion du développement socio-économique, culturel et environnemental.

    Sous sa responsabilité, cette association a eu pour objectif d’améliorer l’accès des populations vulnérables aux services sociaux de base, de soutenir l’éducation des enfants nécessiteux, de lutter contre le travail des enfants et de promouvoir l’énergie renouvelable, l’eau potable ou encore l’assainissement.

    Cet engagement multiforme illustre non seulement sa capacité à piloter des projets concrets, mais aussi sa vision holistique du développement durable, qui intègre des dimensions sociales, économiques, éducatives et environnementales. Un profil particulièrement pertinent pour la mission ambitieuse que REDM souhaite mener au Togo.

    Un leadership fondé sur la proximité et l’écoute

    L’un des traits distinctifs de Komi Aziangbédé est sa proximité avec les populations qu’il sert. À plusieurs reprises, il a été décrit comme un acteur à l’écoute, apportant un soutien financier et matériel direct aux habitants de sa région natale.

    Ce style de leadership, fondé sur la participation citoyenne et la mobilisation locale, est essentiel pour les ONG de développement qui cherchent à co-construire des solutions avec les communautés plutôt que d’imposer des stratégies externes. Dans le contexte actuel du Togo, où les défis en matière d’éducation, d’infrastructures sociales, d’accès à l’eau et à l’assainissement restent cruciaux, une telle approche collaborative est un véritable atout.

    Des compétences transférables pour la mission REDM au Togo

    La mission qui attend Komi Aziangbédé à la tête de l’ONG Réussir Ensemble dans le Monde est ambitieuse : elle vise à promouvoir un développement inclusif, durable et fondé sur l’initiative locale. REDM, comme beaucoup d’ONG engagées dans la transformation sociale, a besoin de leaders capables de conjuguer vision stratégique, sens de l’organisation et capacité à mobiliser des partenaires multisectoriels.

    L’expérience de Komi Aziangbédé à la tête de la SDD, ainsi que son engagement antérieur au sein d’associations et d’initiatives communautaires, montrent qu’il possède ces qualités. Il a déjà su structurer des actions allant de l’accès à l’éducation à l’accompagnement des populations vulnérables, en passant par la promotion de services sociaux essentiels.

    À travers ses différentes responsabilités, il a démontré une capacité à fédérer autour d’objectifs communs, à ne pas se limiter à des discours mais à traduire ses convictions en actions concrètes. Sa nomination à la tête de REDM au Togo s’inscrit donc dans une logique de continuité, mais aussi d’élargissement de portée : il aura désormais l’opportunité de multiplier l’impact de ses initiatives à une plus grande échelle nationale.

    Un horizon de collaboration et de résultats

    Dans son message aux partenaires, Komi Aziangbédé a exprimé sa gratitude et son engagement total pour réussir les objectifs de l’ONG REDM, une organisation internationale basée en Côte d’Ivoire. Son sens de responsabilité et son enthousiasme à travailler avec les différentes parties prenantes — institutions, acteurs de la société civile, populations locales — sont des signaux forts d’un leadership tourné vers la coopération et l’efficacité.

    Alors que le Togo s’efforce de renforcer sa trajectoire vers un développement durable et inclusif, la nomination de personnalités dynamiques, proches des réalités locales et dotées d’une expérience solide dans la gestion de projets sociaux, constitue un atout précieux. L’expérience et l’engagement de Komi Aziangbédé, ainsi que sa capacité à travailler avec divers partenaires, laissent présager un mandat fructueux pour REDM au Togo — au service des populations et du développement de notre nation.

  • Qui est José Altafini, champion du monde 1958 sous un faux nom ?

    Qui est José Altafini, champion du monde 1958 sous un faux nom ?

    À 87 ans, José Altafini reste l’un des derniers témoins vivants de la Coupe du monde 1958, remportée par le Brésil en Suède. Membre de cette génération légendaire aux côtés de Pelé et Garrincha, l’ancien attaquant conserve un regard étonnamment léger sur une carrière pourtant exceptionnelle, marquée par une singularité rare : avoir brillé sous deux identités et deux nationalités.

    Feuilletant un ancien numéro de France Football, Altafini découvre presque par surprise sa onzième place au Ballon d’Or 1963. « Je ne savais même pas que j’étais classé », s’amuse-t-il en parcourant les noms du palmarès. Lev Yachine, Gianni Rivera, Jimmy Greaves… Autant de monuments du football mondial. Mais un détail le fait sourire davantage : Giovanni Trapattoni, son coéquipier à l’AC Milan cette année-là, est classé devant lui. « Mince alors ! » lance-t-il, hilare.

    Cette distinction, il l’obtient sous la nationalité italienne. Car après son sacre mondial avec le Brésil, Altafini s’installe en Europe et devient une figure majeure du calcio. Naturalisé italien, il évolue sous le surnom de « Mazzola », choisi pour répondre aux contraintes réglementaires de l’époque et faciliter son intégration. Un choix qui symbolise une époque où le football se jouait aussi dans les bureaux.

    Son histoire personnelle reflète cette complexité. « J’ai gagné la Coupe du monde 1958 sous un faux nom », confie-t-il aujourd’hui sans détour. À 19 ans, il inscrit deux buts durant le tournoi et participe à l’éclosion d’un Brésil flamboyant, destiné à dominer durablement la planète football.

    Avec l’AC Milan, Altafini atteint son apogée européenne. Buteur décisif en Coupe d’Europe, notamment lors de la campagne 1962-1963, il s’impose comme l’un des attaquants les plus efficaces de son temps. Sa place au Ballon d’Or, même lointaine, confirme son statut parmi l’élite mondiale.

    Aujourd’hui, José Altafini regarde son parcours avec sérénité. Champion du monde, star du Milan, international brésilien puis italien, il incarne une époque révolue où le football forgeait des destins hors normes. Une légende à la croisée de deux histoires, qui continue de fasciner.

Radio Renouveau228

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