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  • Est de la RDC : une diplomatie régionale sous tension autour de Tshisekedi

    Est de la RDC : une diplomatie régionale sous tension autour de Tshisekedi

    La rencontre entre le président congolais Félix Tshisekedi et ses homologues angolais João Lourenço et togolais Faure Gnassingbé, en Angola, s’inscrit dans un contexte régional explosif marqué par la persistance de l’insécurité dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

    Loin d’être une simple réunion protocolaire, ce tête-à-tête à trois révèle les limites, mais aussi les recompositions, de la diplomatie africaine face à l’un des conflits les plus complexes du continent.

    Tête-à-tête Tshisekedi, Lourenço et Gnassingbé

    En effet, depuis plusieurs mois, la situation sécuritaire dans le Nord-Kivu et l’Ituri se dégrade, avec la résurgence du M23 et la multiplication des groupes armés locaux et étrangers. Malgré les initiatives diplomatiques successives – processus de Luanda, de Nairobi, déploiement de forces régionales –, la paix reste hors de portée. C’est dans ce contexte que Félix Tshisekedi cherche à relancer une dynamique politique, en s’appuyant sur deux figures clés de la médiation africaine.

    João Lourenço, président de l’Angola, est au cœur du processus de Luanda et s’est imposé comme un médiateur incontournable entre Kinshasa et Kigali. Son implication traduit la volonté de l’Angola de consolider son rôle de puissance stabilisatrice en Afrique centrale. Mais les résultats concrets de cette médiation restent mitigés, tant les accusations mutuelles entre la RDC et le Rwanda continuent d’empoisonner les relations régionales.

    La présence de Faure Gnassingbé, président du Togo, est plus révélatrice encore. Désigné par l’Union africaine comme médiateur dans le conflit entre la RDC et le Rwanda, il incarne une diplomatie plus discrète, mais active. Son implication signale la volonté de l’UA de reprendre la main sur un dossier longtemps dominé par des initiatives sous-régionales parfois concurrentes. Elle témoigne aussi d’une recherche de compromis africain, face à l’échec relatif des pressions internationales.

    Cependant, cette diplomatie à plusieurs niveaux se heurte à une réalité brutale : sur le terrain, les armes continuent de parler. Les populations civiles de l’est de la RDC restent les premières victimes d’un conflit qui mêle enjeux sécuritaires, rivalités géopolitiques et intérêts économiques liés aux ressources naturelles. Les rencontres au sommet, aussi stratégiques soient-elles, peinent à produire des effets durables sans une volonté politique forte et coordonnée de l’ensemble des acteurs impliqués.

    En se rendant en Angola, Félix Tshisekedi envoie un message clair : la solution au drame de l’est congolais ne peut être que régionale et africaine. Reste à savoir si cette nouvelle séquence diplomatique saura dépasser les déclarations de principe pour se traduire, enfin, par une désescalade réelle sur le terrain. L’histoire récente invite à la prudence.

  • Kofi Yamgnane : « Maire, au cœur de la République »

    Kofi Yamgnane : « Maire, au cœur de la République »

    À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, Kofi Yamgnane, ancien maire de Saint-Coulitz et ex-secrétaire d’État chargé de l’Intégration, livre un témoignage fort sur la fonction de maire en France et sur le racisme violent qu’il a subi après son élection en 1989. Il s’exprimait mardi 10 février 2026 sur Africa Radio.

    Pour Kofi Yamgnane, le maire demeure une figure centrale de la vie démocratique. « Le maire reste le dernier visage de la République », affirme-t-il, rappelant que l’élu local est celui qui « recueille tous les mots et les maux de ses habitants ». Une fonction de proximité, essentielle au lien entre l’État et les citoyens, mais aujourd’hui fragilisée.

    L’ancien édile observe une dégradation du respect accordé aux élus locaux. Alors que les agressions contre les maires se multiplient, il souligne un contraste avec les années 1990, période durant laquelle la fonction bénéficiait d’une forte autorité morale. « De mon temps, les gens respectaient beaucoup le maire », insiste-t-il, pointant une défiance croissante envers les responsables politiques.

    Son témoignage prend une dimension particulièrement forte lorsqu’il évoque son élection, le 20 mars 1989, comme l’un des premiers maires noirs de France. Très vite, il devient la cible d’une vague de courriers racistes venus de tout le pays. Insultes, menaces, déni de légitimité : la haine atteint un sommet lorsque ses enfants sont directement menacés de mort. « Là, j’ai eu peur », confie-t-il.

    Malgré cette violence, Kofi Yamgnane refuse de céder. Soutenu par son épouse, il poursuit son mandat durant douze ans, faisant de sa résistance un acte politique à part entière. En 2021, il publie Mémoires d’Outre-haine, pour témoigner et briser le silence autour du racisme vécu par les élus issus de la diversité.

    S’il reconnaît que le racisme n’a pas disparu, l’ancien ministre se montre plus optimiste pour l’avenir. Selon lui, un candidat noir élu en 2026 ne subirait plus une haine d’une telle intensité, signe d’une évolution, encore fragile certes, de la société française.

  • Afrique: dette sans développement

    Afrique: dette sans développement

    Le problème n’est pas seulement le volume de la dette, mais l’usage qui en est fait. Dans de nombreux pays africains, les emprunts extérieurs servent davantage à boucher des trous budgétaires, financer des dépenses de prestige ou entretenir des systèmes politiques clientélistes qu’à investir dans des secteurs productifs

    En 2026, l’Afrique devra rembourser plus de 90 milliards de dollars de dette extérieure. Un chiffre vertigineux qui illustre une réalité devenue banale : le continent s’endette toujours plus, sans que cet endettement ne se traduise, la plupart du temps, par un développement réel et durable. Routes inachevées, hôpitaux fantômes, écoles délabrées : la dette grossit, mais les conditions de vie des populations, elles, stagnent.

    Le problème n’est pas seulement le volume de la dette, mais l’usage qui en est fait. Dans de nombreux pays africains, les emprunts extérieurs servent davantage à boucher des trous budgétaires, financer des dépenses de prestige ou entretenir des systèmes politiques clientélistes qu’à investir dans des secteurs productifs. Résultat : peu de création de richesse, mais une lourde charge à rembourser, souvent en devises fortes.

    Les exemples concrets abondent.

    Au Mozambique, le scandale des « dettes cachées » révèle comment plus de 2 milliards de dollars empruntés pour des projets maritimes ont été détournés, sans bénéfice pour l’économie nationale. Le pays a fini par faire défaut, tandis que la population s’est appauvrie.

    En Zambie, l’endettement massif pour des infrastructures, souvent surévaluées et peu rentables, a conduit à un défaut de paiement en 2020. Les routes et barrages construits n’ont pas suffi à générer les recettes nécessaires pour honorer la dette.

    En Angola, des prêts adossés au pétrole ont permis de financer des projets, mais ont surtout renforcé la dépendance à une seule ressource, exposant le pays aux chocs des prix du brut, sans véritable diversification économique.

    Dans d’autres cas, la dette sert à financer des projets visibles mais peu utiles : palais présidentiels, stades surdimensionnés, sommets internationaux coûteux. Ces investissements flattent l’image des dirigeants, mais n’améliorent ni la productivité, ni l’emploi, ni la transformation industrielle du continent.

    Le plus inquiétant est que cette dette est majoritairement libellée en dollars ou en euros. À chaque dépréciation des monnaies locales, le fardeau s’alourdit. Les États consacrent alors une part croissante de leurs budgets au service de la dette, au détriment de la santé, de l’éducation et de l’agriculture. L’endettement devient un cercle vicieux : on emprunte pour rembourser, sans jamais investir suffisamment pour produire.

    Bien sûr, la dette n’est pas mauvaise en soi. Des pays comme la Corée du Sud ou le Vietnam se sont endettés pour se développer. La différence ? Une gouvernance rigoureuse, une orientation claire vers l’industrialisation et l’exportation, et une lutte réelle contre la corruption. En Afrique, trop souvent, la dette sert à maintenir un système, pas à transformer une économie.

    En 2026, la question n’est donc pas seulement comment rembourser, mais pourquoi s’endetter. Tant que l’endettement ne sera pas strictement lié à des projets productifs, transparents et évaluables, la dette africaine restera une promesse trahie : beaucoup d’argent emprunté, peu de développement réel.

  • Rennes: Habib Beye, la chute brutale

    Rennes: Habib Beye, la chute brutale

    L’aventure d’Habib Beye sur le banc du Stade Rennais aura été aussi intense que brève. Arrivé avec l’étiquette d’un jeune entraîneur prometteur, charismatique et porteur d’idées modernes, l’ancien international sénégalais n’aura finalement pas résisté à la spirale négative des résultats.

    Ce lundi, le club breton a officiellement mis fin à sa collaboration avec son entraîneur, tournant ainsi une page ouverte avec beaucoup d’espoirs… et refermée dans la douleur.

    La décision des dirigeants rennais intervient après une série de contre-performances préoccupantes. Quatre défaites consécutives en championnat, une élimination prématurée en Coupe de France et surtout un contenu de jeu jugé insuffisant ont fini par fragiliser une position devenue intenable. À Rennes, club ambitieux habitué à jouer les premiers rôles en Ligue 1 et à viser l’Europe, la patience a des limites. Et celles-ci ont été atteintes.

    Pourtant, le pari Habib Beye n’était pas dénué de sens. Après des débuts remarqués dans le monde des médias et une reconversion rapide sur les bancs, il incarnait une nouvelle génération d’entraîneurs africains, audacieux, pédagogues et proches de leurs joueurs. Son arrivée avait suscité curiosité et enthousiasme, tant chez les supporters que chez les observateurs du football français. Mais entre la théorie et la réalité du terrain, l’écart s’est révélé cruel.

    Les difficultés tactiques, le manque de constance de l’équipe et une gestion d’effectif parfois critiquée ont alimenté les doutes. À mesure que les défaites s’accumulaient, la pression est devenue écrasante. Beye, malgré sa détermination et son discours combatif, n’a pas réussi à inverser la tendance. Dans un football professionnel où le résultat immédiat prime, le projet a fini par voler en éclats.

    Ce départ pose aussi une question plus large : celle du temps accordé aux entraîneurs, surtout lorsqu’ils sont en phase d’apprentissage à ce niveau. Habib Beye paie sans doute le prix d’un contexte exigeant et d’un club en quête de stabilité sportive. Mais son échec à Rennes ne saurait résumer son potentiel. À 48 ans, il reste un technicien en construction, dont le parcours ne fait que commencer.

    Pour Rennes, l’urgence est désormais ailleurs : trouver un successeur capable de redresser la barre et de sauver une saison compromise. Pour Habib Beye, l’heure est au recul et à la réflexion. La chute est rude, mais elle pourrait aussi être formatrice. Dans le football comme dans la vie, les défaites forgent parfois les plus solides renaissances

  • Atikpame: racines du football

    Atikpame: racines du football

    Le football à la base n’est pas simplement l’étape initiale d’une pyramide vers le haut niveau : c’est le cœur même du sport, l’endroit où se forgent les compétences techniques, les valeurs humaines et les communautés durables. À travers le 11ᵉ acte du Tournoi de la Révélation d’Atikpame, c’est cette réalité que l’on a pu constater : un moment sportif, social et éducatif qui va bien au-delà d’un simple match.

    Le football de base désigne le football joué au niveau non professionnel et non élite, incluant le football d’enfants, scolaire ou amateur — où la participation, l’apprentissage et l’amour du jeu priment avant tout. C’est une philosophie que promeuvent les fédérations du monde entier, conscientes que c’est à ce niveau que se construit l’avenir du sport.

    Une école de vie et de valeurs

    Sur le terrain d’Atikpame, Lionceaux FC et Union Sportive de Tokoindji n’ont pas seulement disputé un match : ils ont rappelé que le football à la base est une école de vie. Les valeurs qu’il inculque — esprit d’équipe, solidarité, discipline et respect — ne sont pas que des mots, mais des leçons quotidiennes pour chaque jeune joueur qui foule la pelouse.

    Dans les clubs communautaires, ces valeurs ne sont pas enseignées dans un manuel, elles se vivent. Elles façonnent le caractère, renforcent la confiance et préparent les jeunes à affronter les défis, tant dans le sport que dans la vie. Plusieurs études démontrent que les enfants engagés dans le football présentent une amélioration de leur condition physique et mentale ainsi qu’un sens accru de la coopération et de la discipline.

    Des terrains qui rapprochent les communautés

    Le football à la base crée des liens sociaux forts. Au-delà de l’effort collectif sur le terrain, ce sont les familles, les bénévoles, les éducateurs et les supporters qui tissent un réseau de soutien mutuel. Les clubs développent un sentiment d’appartenance ; ils deviennent des espaces où les différences sociales, économiques ou culturelles s’effacent derrière la passion partagée pour le ballon rond.

    Cette dynamique communautaire est essentielle, particulièrement dans des régions où le sport peut être un vecteur d’unité et d’intégration sociale. Les parents et les volontaires jouent un rôle central dans l’encadrement, l’organisation des événements et la motivation des jeunes, donnant au football une fonction sociale aussi importante que sportive.

    Détecter, former et accompagner

    L’un des atouts majeurs du football à la base est sa capacité à détecter les talents qui pourront un jour jouer à un niveau supérieur. Les jeunes qui brillent dans ces tournois sont repérés, conseillés, parfois intégrés dans des structures de formation. Au Burkina Faso, par exemple, la FIFA a lancé un programme dédié au développement des talents dès le plus jeune âge, conscient que des fondations solides permettent de faire éclore une élite capable de rivaliser sur la scène internationale.

    Cependant, ce rôle de formation ne se limite pas à la « technique ». Il inclut une véritable réflexion sur la reconversion des joueurs, un thème central du tournoi d’Atikpame. Trop souvent, les jeunes ne préparent pas leur avenir en dehors du terrain. Ce tournant éducatif vise à responsabiliser les joueurs, les dirigeants et les encadreurs à la gestion de carrière, à la santé et à l’intégration dans la société au-delà du sport.

    Un tremplin pour l’avenir

    Les bénéfices du football à la base s’étendent bien au-delà du terrain : développement personnel des jeunes, tant sur le plan physique que psychologique; renforcement du tissu social et cohésion des communautés; repérage des talents et formation structurée, avec des programmes fédéraux et internationaux; transmission de valeurs durables comme le respect, la solidarité et le travail d’équipe.

    À Atikpame, le Tournoi de la Révélation n’est donc pas seulement un spectacle sportif : il est une manifestation vivante du rôle fondamental du football à la base, un socle indispensable pour l’avenir du football et de la société tout entière.

  • Dr Jean-Paul Yao AMEGAN ou la santé autrement

    Dr Jean-Paul Yao AMEGAN ou la santé autrement

    Pour le Dr Jean-Paul Yao AMEGAN, la crise actuelle de la médecine n’est pas uniquement technique ou financière. Elle est avant tout une crise de paradigme.

    À l’heure où les systèmes de santé montrent leurs limites face à la progression des maladies chroniques, à la montée du stress social et à la répétition des crises sanitaires, certains acteurs appellent à un changement profond de regard sur la santé humaine. Parmi eux, le Dr Jean-Paul Yao AMEGAN, médecin, santécin, quanticien et sociologue, s’impose comme l’un des défenseurs d’une approche globale du vivant, à travers un projet médiatique et scientifique original : Santécine Infinity TV.

    Un parcours forgé sur le terrain

    Le Dr Jean-Paul Yao AMEGAN a longtemps exercé et travaillé au Togo, confronté aux réalités quotidiennes d’un système de santé sous tension. Cette expérience de terrain a nourri sa réflexion sur les limites d’une médecine essentiellement curative, souvent déconnectée des déterminants sociaux, psychologiques et environnementaux de la maladie.

    Face aux résistances institutionnelles et à la difficulté de faire reconnaître des approches interdisciplinaires, il a finalement quitté le Togo pour s’installer à Dakar, au Sénégal. Ce déplacement marque une étape décisive dans son parcours. Dakar devient un espace d’expression, de recherche et de diffusion de sa pensée, dans un environnement plus ouvert aux débats scientifiques transversaux sur la santé.

    Santécine Infinity TV, un canal de diffusion de la santé

    C’est dans ce contexte qu’il anime régulièrement des émissions sur Santécine Infinity TV, un canal de diffusion de la santé conçu comme un espace d’éducation, de sensibilisation et de réflexion critique. Loin des formats médicaux classiques, ces émissions proposent une lecture accessible mais rigoureuse des grands enjeux sanitaires contemporains.

    À travers ce média, le Dr AMEGAN expose et vulgarise une vision singulière : la santé sous un autre paradigme, qu’il qualifie de scientifiquement plus réaliste, car fondé sur une compréhension globale de l’être humain et de son environnement.

    La santé sous un autre paradigme

    Pour le Dr AMEGAN, la crise actuelle de la médecine n’est pas uniquement technique ou financière. Elle est avant tout une crise de paradigme. La médecine moderne, selon lui, reste prisonnière d’une logique fragmentée, centrée sur l’organe malade plutôt que sur l’individu dans sa totalité.

    Son approche repose sur la santécine, une discipline qui articule médecine conventionnelle, sciences quantiques et sociologie du vivant. La santé y est conçue comme un équilibre dynamique entre plusieurs dimensions : biologique, mentale, émotionnelle, sociale et environnementale.

    Dans cette perspective, la maladie devient le symptôme d’un déséquilibre global, souvent aggravé par le mode de vie, les pressions sociales, les contraintes économiques ou les traumatismes psychiques.

    Une démarche scientifiquement argumentée

    Contrairement aux discours approximatifs parfois associés aux approches alternatives, le Dr Jean-Paul Yao AMEGAN insiste sur la rigueur scientifique de sa démarche. Les contenus diffusés sur Santécine Infinity TV s’appuient sur les avancées contemporaines en biologie des systèmes, en neurosciences et en physique quantique, qui décrivent le corps humain comme un réseau complexe d’interactions.

    L’objectif n’est pas d’opposer médecine conventionnelle et approches complémentaires, mais de dépasser cette opposition pour proposer une lecture plus cohérente et plus fidèle à la réalité du vivant.

    Une lecture sociale et africaine de la santé

    Sociologue, le Dr AMEGAN intègre pleinement les déterminants sociaux de la santé dans son analyse. Son expérience au Togo, puis son installation à Dakar, lui ont permis d’observer combien la précarité, le stress social, les croyances collectives et les modèles culturels influencent directement l’état de santé des populations africaines.

    Ses émissions abordent ainsi des thèmes rarement mis en avant dans les médias traditionnels : la relation entre pouvoir et santé, l’impact du système économique sur le corps humain, ou encore la nécessité de valoriser les savoirs endogènes africains sans renoncer aux exigences de la science moderne.

    Vers une nouvelle culture sanitaire

    À travers Santécine Infinity TV, le Dr Jean-Paul Yao AMEGAN ambitionne de contribuer à l’émergence d’une nouvelle culture de la santé, fondée sur la prévention, la responsabilisation individuelle et la compréhension globale du vivant.

    En montrant la santé sous un autre paradigme, scientifiquement plus réaliste, il invite à une réflexion de fond sur l’avenir des systèmes de soins en Afrique, et plus largement sur notre manière collective de penser la santé.

  • Félix Auger-Aliassime, fierté canadienne aux racines togolaises

    Félix Auger-Aliassime, fierté canadienne aux racines togolaises

    Félix Auger-Aliassime, 25 ans, est sacré champion à Montpellier pour une deuxième année consécutive. Il reste une étoile du tennis canadien au riche héritage togolais

    Dans une ambiance électrique à l’Arena Sud de France, Félix Auger-Aliassime a une nouvelle fois marqué l’histoire de l’Open Occitanie. Le tennisman canadien, âgé de 25 ans, a défendu avec brio son titre à Montpellier, battant en finale le Français Adrian Mannarino 6-3, 7-6(4), remportant ainsi l’épreuve pour la deuxième année consécutive.

    Ce succès confirme non seulement la domination d’Auger-Aliassime sur la surface dure en salle, mais fait également de lui l’un des joueurs les plus en vue du circuit ATP en ce début de saison. En imposant son jeu offensif, sa régularité au service et sa capacité à gérer la pression, il s’est montré quasiment intouchable tout au long du tournoi, ne concédant aucun point de break face à Mannarino lors de ce match décisif.

    Un nouveau record pour le Canadien

    Cette victoire de Montpellier est la neuvième de sa carrière sur le circuit ATP, un total qui lui permet d’entrer dans l’histoire du tennis canadien en dépassant Milos Raonic pour devenir le joueur masculin canadien le plus titré de l’ère Open. Ce nouvel exploit vient enrichir un palmarès déjà bien fourni pour le jeune homme, qui a atteint récemment la sixième place mondiale au classement ATP.

    Malgré une saison débutée par une blessure à l’Open d’Australie, qui l’avait contraint à abandonner précocement, Auger-Aliassime avait déjà montré des signes de forme prometteurs en acceptant une invitation tardive pour défendre son titre à Montpellier. Il a justifié cette confiance en dominant des joueurs solides, y compris des Français comme Arthur Fils et Titouan Droguet avant de s’imposer en finale.

    Identité multiculturelle

    Né à Montréal, Félix Auger-Aliassime est généralement présenté comme un tennisman canadien, mais son histoire familiale est profondément marquée par une richesse culturelle qui dépasse les frontières nord-américaines. Son père, Sam Aliassime, est originaire du Togo, où il a grandi avant d’émigrer vers le Canada pour travailler comme entraîneur de tennis. C’est justement avec lui que Félix a commencé à tenir une raquette dès l’âge de quatre ans, posant les premières pierres d’une carrière exceptionnelle.

    Son double héritage—togolais du côté paternel et québécois du côté maternel—a façonné non seulement son identité mais aussi une partie de son engagement personnel. Fidèle à ses racines africaines, Auger-Aliassime s’est impliqué dans des actions philanthropiques en faveur des enfants au Togo, notamment à travers des dons versés à l’éducation et à la protection des jeunes dans le pays ouest-africain.

    Dans ses rares interviews, il évoque souvent avec émotion l’influence de son père et la fierté qu’il ressent à représenter une famille issue de cultures différentes. Cette double appartenance est désormais un trait distinctif de sa personnalité, apprécié aussi bien par ses fans que par ses pairs sur le circuit professionnel.

    Perspectives

    Avec ce nouveau titre, Auger-Aliassime alimente les attentes autour de son potentiel à remporter des trophées encore plus prestigieux. Son jeu complet, qui combine puissance, régularité et intelligence tactique, en fait un candidat sérieux pour briller dans les Masters 1000 et pourquoi pas dans les grands chelems à l’avenir.

    À 25 ans, il incarne l’avenir du tennis masculin : un joueur charismatique, ancré dans une histoire personnelle riche et inspirante, capable de transformer les défaites en leçons de résilience et les victoires en tremplins vers des sommets encore plus élevés.

  • Togo-Le pari vert d’Ayélé Séverine Kouévi-Kokoh

    Togo-Le pari vert d’Ayélé Séverine Kouévi-Kokoh

    Ayélé Séverine Kouévi-Kokoh est une entrepreneure obsédée par un avenir durable. Portrait d’une jeune dame à la tête d’une une start-up qui réinvente la valorisation des déchets tout en créant de la valeur locale et des opportunités d’emploi.

    Dans un pays où la gestion des déchets demeure un défi environnemental, social et économique majeur, une nouvelle génération de jeunes innovateurs se lève pour proposer des solutions concrètes. À la tête de ce mouvement figure Ayélé Séverine Kouévi-Kokoh, fondatrice d’Africa Ecoworld, une start-up togolaise qui réinvente la valorisation des déchets tout en créant de la valeur locale et des opportunités d’emplois.

    Une vision née d’un double constat

    Originaire du Togo, Séverine Kouévi-Kokoh est diplômée d’une licence en géographie et titulaire d’un master en villes durables, une formation qui l’a sensibilisée aux enjeux urbains, environnementaux et sociaux contemporains.

    Son engagement trouve ses racines dans une observation simple mais implacable : la gestion des déchets solide reste inefficace, tandis que la pression sur les ressources naturelles se traduit par une déforestation accrue et une pollution croissante. Face à ces défis, elle a décidé d’agir plutôt que de dénoncer. C’est ainsi qu’est née Africa Ecoworld, en octobre 2023, avec pour mission de transformer les déchets en ressources économiques durables.

    Valoriser les déchets pour changer les pratiques

    Africa Ecoworld se positionne à la croisée de l’environnement, de l’économie circulaire et de l’innovation sociale. Au cœur de son modèle : la transformation des déchets en produits utiles et respectueux de l’environnement. Parmi les innovations phares de l’entreprise, deux produits se distinguent :

    Le charbon écologique « AKA-GNOE », fabriqué à partir de déchets organiques et de résidus agricoles — tels que les coques de noix de coco ou autres biomasses — qui, une fois carbonisés, deviennent un combustible propre et performant. Ce charbon se distingue par sa combustion plus longue, sans fumée nocive, et une utilisation qui ne noircit pas les marmites, ce qui représente une véritable alternative pour des millions de ménages encore dépendants du bois traditionnel.

    Les pavés écologiques, produits à partir de plastiques recyclés. Ce projet innovant, développé en partenariat avec l’Université technologique du Michigan aux États-Unis pour des tests de prototypage, vise à limiter la circulation des déchets plastiques tout en offrant une alternative durable pour l’aménagement urbain.

    Cette approche illustre une vision systémique : réduire la pollution, préserver les écosystèmes, tout en créant des biens de consommation et des solutions concrètes pour les Togolais.

    Une entrepreneure reconnue et un impact croissant

    Le travail de Mme Kouévi-Kokoh ne passe pas inaperçu. En 2025, elle a été sélectionnée parmi les 20 lauréats du prestigieux programme panafricain L’Afrik de Demain, qui met en lumière les jeunes entrepreneurs africains ayant un impact positif sur leurs communautés.

    Plus tôt encore, elle avait été mise à l’honneur sur les ondes de RFI, saluée comme pionnière du charbon écologique — une reconnaissance qui confère une portée internationale à son initiative.

    Un modèle aligné sur les efforts nationaux

    L’activisme de Mme Kouévi-Kokoh s’inscrit dans une dynamique plus large au Togo. Le gouvernement, les institutions locales et des partenaires internationaux multiplient les programmes pour intensifier la gestion durable des déchets et encourager l’entrepreneuriat vert. En 2025, plusieurs initiatives ont été mises en place pour former les jeunes, soutenir les projets innovants et renforcer les infrastructures de recyclage.

    Dans ce territoire où près de 250 000 tonnes de déchets ménagers sont produites chaque année dans l’agglomération du Grand Lomé, des solutions comme celles proposées par Africa Ecoworld ne sont plus une option, mais une nécessité.

    Entre défis et perspectives d’avenir

    Malgré les premiers succès, les défis restent nombreux. L’accès au financement, l’industrialisation des procédés et la structuration d’une chaîne locale de production peinent encore à décoller à grande échelle. Pourtant, l’approche de Mme Kouévi-Kokoh offre une voie tangible vers une économie circulaire au Togo, alliant impact environnemental, inclusion sociale et création de richesses locales.

    Africa Ecoworld a déjà commencé à toucher des centaines de foyers et petites entreprises en substituant des produits polluants par des alternatives durables. L’entreprise ambitionne d’élargir encore sa capacité de production, d’explorer de nouveaux débouchés comme le biochar agricole ou le charbon actif pour la cosmétique, et de former des centaines de jeunes à l’économie verte d’ici 2030.

    À travers son travail, Ayélé Séverine Kouévi-Kokoh incarne l’esprit d’une nouvelle génération d’entrepreneurs africains : créatifs, responsables et profondément ancrés dans les réalités de leur territoire. En transformant ce qui était autrefois un fardeau — les déchets — en solutions durables, elle trace un chemin vers un modèle de développement plus respectueux des personnes et de la planète. Dans un contexte où les enjeux environnementaux sont plus urgents que jamais, son leadership offre une lueur d’espoir pour l’avenir du Togo et de toute l’Afrique de l’Ouest.

  • WAPCo établit un record historique de livraison de gaz en 2025

    WAPCo établit un record historique de livraison de gaz en 2025

    La West African Gas Pipeline Company (WAPCo) annonce une performance sans précédent pour l’année 2025, avec des livraisons quotidiennes de gaz naturel atteignant un pic historique de 217 000 mmbtu, le plus haut niveau jamais enregistré dans l’histoire de l’entreprise.

    Selon Abiodun Bodunrin, Directeur Général de WAPCo, cette performance reflète une amélioration significative de l’efficacité opérationnelle et de la fiabilité du système, avec une disponibilité des actifs atteignant 99 %. Le pic de livraison observé en novembre 2025 représente une hausse de près de 22 % par rapport à l’année précédente.

    L’entreprise attribue ce succès à d’importants projets d’ingénierie et de maintien de l’intégrité des infrastructures, notamment des opérations de nettoyage et d’inspection du segment offshore du gazoduc. Elle souligne aussi une longue période sans accident avec plus de 13 millions d’heures-travail sans blessure enregistrable.

    WAPCo, qui exploite le premier système régional de transmission de gaz naturel en Afrique subsaharienne, a également publié son premier rapport de durabilité, marquant un jalon dans sa démarche de responsabilité sociale et environnementale.

    Pour 2026, la société prévoit de renforcer l’utilisation de la capacité du pipeline, d’optimiser la maintenance et de développer davantage de partenariats afin de soutenir la croissance et valoriser les retombées économiques régionales.

  • Adzinukuza en sursis (tribune)

    Adzinukuza en sursis (tribune)

    Le 6 février 2026, une réunion dite « de crise » s’est tenue à la mairie de Vogan autour de l’avenir de la fête traditionnelle Adzinukuza. Le simple fait qu’un tel cadre ait été jugé nécessaire en dit long sur le malaise qui entoure aujourd’hui cette célébration ancestrale. Jadis moment sacré de communion, de reconnaissance aux ancêtres et de transmission des valeurs, Adzinukuza semble désormais engagée sur une pente glissante : celle d’une politisation progressive qui menace d’en vider la substance.

    Adzinukuza n’est pas une fête traditionnelle comme les autres. Elle est, pour les populations de Vo, un repère identitaire fort, un temps ritualisé où les gestes, les rythmes et les paroles obéissent à une symbolique précise héritée de plusieurs générations. À travers les danses, les tambours et les rites, c’est toute une mémoire collective qui s’exprime. Or, depuis quelques années, cette mémoire paraît reléguée au second plan, éclipsée par des considérations étrangères à l’esprit originel de la fête.

    Communication

    La présence des autorités politiques n’est pas en soi un problème. Elle peut même être perçue comme une marque de reconnaissance institutionnelle. Le danger apparaît lorsque cette présence devient envahissante, structurante, voire directive. Lorsque les discours politiques prennent le pas sur les rites, lorsque l’agenda officiel dicte le déroulement d’une fête censée obéir aux codes traditionnels, un déséquilibre s’installe. Adzinukuza commence alors à ressembler davantage à un événement de communication qu’à une célébration culturelle.

    Cette dérive n’est pas propre à Vogan. Partout dans le pays, des fêtes traditionnelles semble connaître le même sort : progressivement transformées en vitrines politiques, elles ont perdu leur âme, leur profondeur, leur caractère sacré. Ce qui était un espace de transmission est devenu un décor. Ce qui était un temps de sens est devenu un temps de spectacle. La crainte aujourd’hui est qu’Adzinukuza suive ce chemin, jusqu’à être réduite à une coquille vide, vidée de sa quintessence.

    Alerte

    La réunion de crise du 6 février 2026 doit donc être comprise comme un signal d’alarme. Elle traduit une prise de conscience, certes tardive, mais nécessaire. Encore faut-il s’interroger sur sa portée réelle. Qui parle au nom d’Adzinukuza ? Les gardiens de la tradition, les chefs coutumiers, les communautés locales ont-ils été placés au cœur des échanges, ou sont-ils restés en périphérie d’un débat dominé par des logiques administratives et politiques ?

    Sauver Adzinukuza suppose un choix clair : redonner la primauté au sens, aux rites, aux détenteurs légitimes de la tradition. Cela implique aussi de fixer des limites nettes à l’ingérence politique, afin que la fête ne soit plus instrumentalisée au gré des agendas et des intérêts. La culture ne peut être durablement protégée si elle devient un simple outil.

    La question demeure donc entière : cette réunion de crise permettra-t-elle réellement de sauver ce qui peut encore l’être ? Ou restera-t-elle un exercice de communication de plus, sans effets profonds ? L’avenir d’Adzinukuza dépendra de la réponse apportée à cette interrogation. Car une tradition que l’on dénature finit toujours par disparaître, même lorsqu’elle continue d’être célébrée. La 40è édition, c’est dans quelques mois, l’heure est donc à l’urgence.

    Kossivi AMETOWOGBLONA

Radio Renouveau228

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