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  • Le témoignage d’Aziz Goma au Conseil des droits de l’homme

    Le témoignage d’Aziz Goma au Conseil des droits de l’homme

    Genève, Suisse – Après avoir passé huit années en prison au Togo, Abdoul Aziz Goma a été reçu au Palais des Nations à Genève le 2 mars 2026, où il a pris la parole devant des représentants de gouvernements, d’organisations de la société civile et de diverses délégations lors de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies.

    Un homme libre, une voix retrouvée

    Goma, citoyen togolais et irlandais, avait été arrêté à Lomé en décembre 2018 dans le cadre d’une affaire qui avait attiré l’attention internationale. Il avait été détenu pendant presque huit ans, notamment à la prison civile de Lomé, avant d’être libéré en janvier 2026, selon son propre témoignage à Genève.

    À Genève, il a tenu à partager son expérience personnelle, expliquant que sa détention n’était pas, selon lui, basée sur des actes commis mais plutôt sur ce qu’il représentait. « Je n’ai pas été détenu pour ce que j’avais fait, mais pour ce que je représentais », a-t-il déclaré, faisant allusion à son rôle perçu comme défenseur des droits humains.

    Un récit des conditions en détention

    Devant l’assemblée, Goma a évoqué les conditions de détention difficiles qu’il a vécues à Lomé, qualifiant certains aspects de « inhumains ». Il a mentionné :

    • Un isolement prolongé dans des périodes successives de détention ;
    • Un accès limité aux soins médicaux adéquats, ce qui, selon lui, a eu un impact sérieux sur sa santé physique au fil des années.

    Ce témoignage s’inscrit dans un contexte plus large de préoccupation exprimée par certains acteurs internationaux sur les conditions de détention et le traitement de prisonniers politiques ou de personnes inculpées pour des motifs liés à des mouvements de protestation.

    Reconnaissance du rôle des institutionnels

    Lors de cet événement parallèle à la session du Conseil, d’autres orateurs, dont Mary Lawlor, Rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, ont présenté des éléments plus larges sur les risques, intimidations et poursuites auxquels font face des défenseurs dans diverses régions du monde. Goma a salué, dans son intervention, l’effet de la pression internationale comme un facteur déterminant dans l’obtention de sa libération.

    Un moment symbolique

    La prise de parole de Goma à Genève ne se limite pas à un simple récit personnel : elle s’inscrit dans un débat international sur les droits humains, la liberté d’expression et la justice. Elle constitue un exemple de la manière dont les plateformes internationales peuvent être utilisées pour partager des expériences individuelles de détention, ainsi que pour attirer l’attention sur des situations de longue incarcération qui ont mobilisé l’opinion publique en dehors du pays concerné.

  • SG de l’ONU : Macky Sall motive sa candidature

    SG de l’ONU : Macky Sall motive sa candidature

    L’ancien président sénégalais Macky Sall franchit une nouvelle étape sur la scène internationale. Dans une lettre de motivation adressée aux États membres de Organisation des Nations unies, il officialise sa candidature au poste de Secrétaire général. Un document dense, structuré et résolument tourné vers les grands défis contemporains : paix, climat, justice sociale et réforme de la gouvernance mondiale.

    Une expérience mise en avant

    Dans sa lettre, Macky Sall insiste d’abord sur son parcours à la tête du Sénégal entre 2012 et 2024. Il rappelle les réformes économiques engagées, les investissements dans les infrastructures et les politiques de stabilité macroéconomique qui ont marqué ses deux mandats. Il souligne également son rôle de médiateur régional en Afrique de l’Ouest, mettant en avant une diplomatie active et pragmatique.

    L’ancien chef d’État évoque aussi son passage à la présidence de Union africaine, qu’il présente comme une expérience déterminante dans la gestion des crises continentales, qu’il s’agisse de conflits politiques, de transitions institutionnelles ou de coordination sanitaire face aux pandémies. Pour lui, cette dimension multilatérale constitue un atout majeur pour diriger l’ONU.

    Une vision pour un multilatéralisme rénové

    Au cœur de sa lettre figure un plaidoyer pour un multilatéralisme plus inclusif. Macky Sall y appelle à une réforme du Conseil de sécurité afin de mieux refléter les réalités géopolitiques actuelles, notamment en donnant une place accrue à l’Afrique. Il défend une ONU « plus représentative, plus efficace et plus proche des peuples ».

    Il met également l’accent sur la lutte contre le changement climatique, sujet qu’il qualifie d’« urgence existentielle ». Soulignant l’injustice climatique dont sont victimes les pays en développement, il propose un renforcement des mécanismes de financement et une solidarité internationale accrue.

    Priorité à la paix et au développement

    La lettre insiste sur la nécessité de prévenir les conflits plutôt que de simplement les gérer. Macky Sall défend une diplomatie préventive fondée sur le dialogue, la médiation et l’investissement dans l’éducation et l’emploi des jeunes. Il estime que le développement durable constitue le socle de la stabilité mondiale.

    Il plaide également pour un engagement fort en faveur de l’égalité des genres et de la jeunesse, qu’il considère comme des leviers essentiels pour transformer les sociétés. « Aucune paix durable ne peut se construire sans justice sociale », affirme-t-il en substance.

    Une candidature africaine aux ambitions globales

    La candidature de Macky Sall intervient dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et les crises multiformes. En mettant en avant son ancrage africain et son expérience internationale, l’ancien président sénégalais entend incarner une voix du Sud capable de rassembler au-delà des clivages.

    Sa lettre de motivation se veut à la fois un bilan et un projet. Bilan d’un dirigeant qui revendique une expérience solide au sommet de l’État et dans les arènes multilatérales. Projet d’un homme politique qui aspire à repositionner l’ONU comme moteur central de la coopération internationale.

    Reste désormais aux États membres à trancher. Mais une chose est certaine : avec cette candidature, Macky Sall inscrit son nom dans la course à l’un des postes les plus stratégiques de la gouvernance mondiale.

  • Les Démocrates : la fin annoncée d’un cycle Yayi

    Les Démocrates : la fin annoncée d’un cycle Yayi

    Une page politique est en train de se tourner au Bénin. Après plusieurs années à la tête du parti Les Démocrates, l’ancien président de la République, Thomas Boni Yayi, s’apprête à céder les rênes de la formation qu’il a contribué à structurer et à imposer comme principale force d’opposition sur l’échiquier national. La fin annoncée de son leadership marque un tournant stratégique pour le parti.

    Un leadership fondateur

    Thomas Boni Yayi n’est pas un acteur politique comme les autres. Ancien chef d’État du Bénin de 2006 à 2016, il est revenu au cœur du jeu politique après une période de tensions et d’exil, pour rassembler les forces de l’opposition au sein du parti Les Démocrates. Sous son impulsion, la formation a réussi à s’implanter solidement dans plusieurs régions du pays et à reconquérir une présence significative à l’Assemblée nationale.

    Son aura, son expérience du pouvoir et son réseau ont longtemps constitué le socle de la crédibilité du parti. Pour de nombreux militants, Yayi incarnait à la fois la mémoire politique et la capacité de résistance face au régime en place.

    Une transition devenue inévitable

    Mais le temps politique impose ses réalités. À l’approche de nouvelles échéances électorales, la question du renouvellement générationnel s’est imposée avec insistance. Plusieurs cadres du parti plaident désormais pour une direction plus collégiale et une nouvelle figure capable de porter le combat dans un contexte institutionnel et social en mutation.

    La fin annoncée de Thomas Yayi à la tête des Démocrates ne sonne pas comme une rupture brutale, mais plutôt comme une transition préparée. En se retirant progressivement de la direction exécutive, il pourrait choisir de jouer un rôle de guide moral, de stratège en arrière-plan, laissant l’avant-scène à une nouvelle génération de responsables politiques.

    Un test pour la cohésion du parti

    Cette évolution représente un test majeur pour Les Démocrates. Le parti saura-t-il préserver son unité sans la figure tutélaire qui a longtemps servi de ciment ? Les ambitions internes, jusqu’ici contenues par le leadership de Yayi, pourraient s’exprimer plus ouvertement.

    La désignation d’un nouveau président ou coordonnateur sera déterminante. Elle devra rassurer la base militante, maintenir la dynamique électorale et éviter toute fracture susceptible d’affaiblir l’opposition.

    Vers un nouveau chapitre

    Au-delà de la personne de Thomas Yayi, c’est l’avenir même du parti Les Démocrates qui se joue. Cette transition peut constituer une opportunité : celle de moderniser le discours, d’élargir les alliances et de préparer l’alternance sur des bases renouvelées.

    En quittant la tête du parti, Yayi pourrait ainsi transformer ce qui aurait pu être perçu comme un retrait en un acte stratégique : celui d’un leader qui choisit le moment de passer le flambeau pour garantir la pérennité de son héritage politique.

  • Festival La Marmite 2026 : Lomé aux fourneaux

    Festival La Marmite 2026 : Lomé aux fourneaux

    Du 12 au 16 août 2026, l’Esplanade du Palais des Congrès de Lomé vibrera au rythme des saveurs locales et internationales à l’occasion de la 5e édition du Festival La Marmite (FESMA). Positionné comme la plus grande foire-exposition dédiée à la restauration et à l’agroalimentaire au Togo, l’événement lance un appel pressant aux exposants désireux de conquérir un marché en pleine expansion.

    Une vitrine géante de la chaîne « de la ferme à l’assiette »

    Artisans, producteurs agricoles, cuisiniers, restaurateurs, transformateurs, distributeurs… tous les maillons de la chaîne alimentaire sont conviés à prendre part à ce grand rendez-vous. Le concept du FESMA repose sur une ambition claire : valoriser les produits locaux, promouvoir le savoir-faire culinaire togolais et créer un pont entre production, transformation et consommation.

    Dans un contexte où le Togo mise sur la transformation locale et la souveraineté alimentaire, le festival se présente comme un levier stratégique. Il met en lumière les initiatives innovantes du secteur agroalimentaire, tout en offrant aux petites et moyennes entreprises une plateforme de visibilité à grande échelle.

    Plus de 50 000 visiteurs attendus

    Les organisateurs annoncent plus de 50 000 visiteurs sur les cinq jours. Un chiffre qui témoigne de la montée en puissance de l’événement au fil des éditions. Familles, professionnels, investisseurs, touristes et passionnés de gastronomie sont attendus pour découvrir, déguster et nouer des partenariats.

    Au programme : dégustations, expositions de produits, démonstrations culinaires, animations culturelles et rencontres B2B. L’ambiance se veut à la fois festive et professionnelle. Entre découvertes gustatives et opportunités d’affaires, le FESMA entend conjuguer culture et business.

    Un tremplin pour les entreprises

    Participer au Festival La Marmite, c’est bénéficier d’une promotion ciblée et d’une visibilité accrue. Les exposants auront l’opportunité de présenter leurs produits et services à un public large et diversifié, dans un cadre propice aux échanges commerciaux.

    « Gagnez en visibilité. Développez votre réseau. Boostez vos ventes ». Le message des organisateurs est clair : le FESMA n’est pas qu’un événement festif, c’est aussi un accélérateur de croissance pour les entreprises du secteur. Dans un environnement concurrentiel, se positionner sur un événement d’une telle envergure peut constituer un avantage stratégique déterminant.

    Lomé, carrefour des saveurs

    En accueillant cette 5e édition sur l’Esplanade du Palais des Congrès, Lomé confirme son rôle de carrefour régional des échanges commerciaux et culturels. La capitale togolaise s’impose progressivement comme un hub événementiel en Afrique de l’Ouest, notamment dans le domaine agroalimentaire.

    Les réservations de stands sont déjà ouvertes. Les entreprises intéressées peuvent contacter les organisateurs aux numéros suivants : +228 79 94 77 91 / +228 99 60 61 02 ou consulter le site officiel www.festivalalamarmite.com.

    À quelques mois du coup d’envoi, le compte à rebours est lancé. Pour les acteurs de la chaîne « de la ferme à l’assiette », le rendez-vous d’août 2026 s’annonce comme une opportunité à ne pas manquer.

  • Atakpamé : la sauvegarde au cœur de l’action

    Atakpamé : la sauvegarde au cœur de l’action

    Garantir un environnement sûr pour les enfants, les jeunes et tous les participants aux programmes n’est pas une option, mais une responsabilité. À Atakpamé, cet engagement a pris une dimension concrète à travers une session intensive de formation dédiée à la sauvegarde et à la prévention des abus.

    Du 16 au 20 février 2026, 30 participants, dont 16 filles et femmes, ont pris part à un atelier de renforcement des capacités axé sur la Protection et la Sauvegarde des Enfants et des Participants aux Programmes (PSEPP), ainsi que sur la Prévention du Harcèlement, de l’Exploitation et des Abus Sexuels (PSHEA). Organisée dans une dynamique participative, cette session visait à ancrer durablement une culture organisationnelle fondée sur la protection, la responsabilité et la redevabilité.

    Une approche pratique et transformative

    Pendant cinq jours, les bénéficiaires – issus d’organisations partenaires – ont été outillés pour mieux prévenir, identifier et anticiper les risques de harcèlement, d’exploitation et d’abus dans la mise en œuvre de leurs activités. Études de cas, jeux de rôle et discussions de groupe ont rythmé les travaux, favorisant une appropriation concrète des outils proposés.

    Pour le Directeur exécutif de Solidarité Active Développement (SAD), cette formation marque un tournant. « En toute honnêteté, tout a été clair et limpide. La méthodologie était pertinente et plus pratique que celle que j’avais suivie auparavant. Je me sens désormais capable d’assumer un rôle de formateur », a-t-il confié. Il a également plaidé pour l’inscription de lignes budgétaires dédiées à la sauvegarde afin d’opérationnaliser efficacement cette approche.

    Au-delà des discours, chaque organisation représentée a élaboré son propre plan d’action, définissant des politiques et procédures internes en matière de sauvegarde. Une étape cruciale pour institutionnaliser les bonnes pratiques et garantir leur application sur le terrain.

    Un projet structurant pour la région des Plateaux

    Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet YEWASH porté par Plan International et mis en œuvre avec l’ONG Le Jourdain – Vie et Santé (JVS) dans la région des Plateaux. Le projet bénéficie du soutien financier de la Fondation Poul Due Jensen/Grundfos.

    À travers cette formation, les partenaires du projet réaffirment leur volonté de placer la protection au centre de leurs interventions, notamment dans les domaines de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement. Car au-delà des infrastructures et des services, la sécurité et la dignité des bénéficiaires demeurent prioritaires.

    En renforçant les capacités des acteurs locaux, cette session contribue à bâtir des organisations plus responsables et mieux préparées à faire face aux risques. À Atakpamé, la sauvegarde n’est plus un concept abstrait : elle devient une pratique quotidienne, intégrée aux politiques internes et portée par des acteurs désormais formés, engagés et déterminés à protéger les plus vulnérables.

  • Lomé, hub stratégique pour le Niger

    Lomé, hub stratégique pour le Niger

    Le Togo confirme son rôle de plateforme logistique majeure en Afrique de l’Ouest. À travers un message publié à l’issue d’une rencontre à Lomé, le ministre togolais de l’Économie maritime et de la Protection côtière, Kokou Edem Tengue, a annoncé une avancée significative dans la coopération entre Lomé et Niamey.

    En entretien avec le Colonel Mahaman Elhadj Ousmane, ministre de l’Agriculture du Niger, les discussions ont porté sur un enjeu crucial : la sécurisation logistique de l’approvisionnement du Niger en engrais. Une question hautement stratégique pour ce pays sahélien enclavé, confronté à des défis sécuritaires et climatiques qui pèsent lourdement sur sa production agricole.

    20 000 tonnes d’engrais en transit

    Selon le ministre Tengue, le Togo a décidé de mobiliser ses infrastructures portuaires afin de faciliter le transit de 20 000 tonnes d’engrais destinées au Niger.

    Le Port autonome de Lomé, reconnu comme l’un des ports les plus performants du Golfe de Guinée, jouera un rôle central dans cette opération. Grâce à ses capacités modernes de manutention et à sa position stratégique, Lomé s’impose comme une porte d’entrée privilégiée pour les pays de l’hinterland, notamment le Niger, le Burkina Faso et le Mali.

    Cette initiative vise à garantir un acheminement fluide et sécurisé des intrants agricoles, indispensables à la campagne agricole nigérienne. Dans un contexte mondial marqué par des tensions sur les chaînes d’approvisionnement et la flambée des prix des fertilisants, cette coopération apparaît comme un signal fort de solidarité régionale.

    Une diplomatie économique assumée

    Au-delà de l’aspect logistique, cette opération traduit une diplomatie économique active de Lomé. Le Togo capitalise sur ses infrastructures portuaires et routières pour renforcer son intégration régionale et soutenir ses partenaires sahéliens.

    La presse nigérienne n’a pas manqué de saluer cette initiative, y voyant une preuve tangible de fraternité entre États membres de la sous-région. Pour Niamey, la sécurisation des engrais est directement liée à la sécurité alimentaire, dans un pays où l’agriculture fait vivre une large majorité de la population.

    En facilitant le transit de ces 20 000 tonnes d’intrants, Lomé ne se contente pas d’offrir un service logistique : elle participe activement à la stabilité alimentaire d’un pays frère. Une démarche qui illustre, une fois de plus, le positionnement du Togo comme hub régional et acteur clé de la solidarité ouest-africaine.

  • Togo : tour de vis contre l’argent sale

    Togo : tour de vis contre l’argent sale

    L’Assemblée nationale a adopté, vendredi 27 février, une nouvelle loi relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive. Voté lors de la deuxième séance plénière de la première session extraordinaire de 2026, le texte marque une étape décisive dans le renforcement de l’arsenal juridique togolais face aux flux financiers illicites.

    Présidée par Selom Klassou, la séance s’est tenue en présence de plusieurs membres du gouvernement, notamment Gilbert Bawara, Hodabalo Awaté et Badanam Patoki. Adopté en première lecture le 29 décembre 2025, le projet avait déjà reçu l’approbation du Sénat le 26 février dernier, ouvrant la voie à son adoption définitive.

    Pour les autorités, l’enjeu est à la fois sécuritaire et économique. Le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme sont perçus comme des menaces directes pour la stabilité nationale. « Le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme constituent des menaces réelles qui fragilisent les systèmes économiques, détournent des ressources destinées au développement et alimentent l’instabilité », a souligné le ministre de l’Économie.

    La nouvelle loi ambitionne ainsi de moderniser les mécanismes de surveillance et de renforcer les obligations de vigilance imposées aux entités assujetties, notamment les institutions financières et certains acteurs économiques. Les dispositifs de déclaration des opérations suspectes sont également consolidés, afin de mieux détecter et prévenir les circuits financiers clandestins.

    Un accent particulier est mis sur l’amélioration des procédures de gel des avoirs liés au terrorisme, dans le but d’accroître l’efficacité des sanctions. Pour le président de l’Assemblée nationale, le blanchiment de capitaux constitue « un mécanisme central du financement et de la pérennisation de la grande criminalité ». Il a mis en garde contre ces flux illicites qui, selon lui, « menacent de ternir la lumière de notre avenir » et agissent comme « des chaînes invisibles qui entravent l’essor de nos rêves communs ».

    Au-delà du renforcement des sanctions, le texte clarifie les responsabilités des différentes autorités compétentes et vise une meilleure coordination entre les acteurs nationaux engagés dans la lutte contre la criminalité financière. Par ce vote, les députés entendent envoyer un signal fort : le Togo affirme sa détermination à ne pas devenir un refuge pour les réseaux de finances illicites et à protéger durablement son économie.

  • Extradition : décision mitigée pour Madiambal Diagne

    Extradition : décision mitigée pour Madiambal Diagne

    La cour d’appel de Versailles a rendu, mardi matin, un avis « partiellement favorable » à la demande d’extradition visant le patron de presse sénégalais Madiambal Diagne. Une décision nuancée qui ouvre la voie à une nouvelle bataille judiciaire entre Paris et Dakar.

    Une décision en demi-teinte

    Dans un communiqué, la juridiction française a précisé avoir émis un avis « partiellement favorable sur la demande d’extradition, compte tenu de la prescription partielle d’une partie des faits visés ». En clair, certains faits reprochés au journaliste seraient prescrits, réduisant ainsi le champ des poursuites susceptibles de justifier son renvoi vers le Sénégal.

    Les autorités sénégalaises avaient lancé en septembre un mandat d’arrêt international contre le patron de presse, critique assumé du pouvoir en place. Convoqué dans le cadre d’une enquête portant sur de présumées transactions financières suspectes, Madiambal Diagne avait quitté le Sénégal pour la France à la fin du même mois.

    La justice sénégalaise lui reproche des infractions à caractère financier, notamment escroquerie et blanchiment, liées à des contrats passés entre deux sociétés et l’État sénégalais.

    Une « demi-victoire » pour la défense

    À la sortie de l’audience, l’intéressé s’est dit « serein » et « confiant », entouré de ses soutiens. Son avocat, Me Vincent Brengarth, a évoqué une « demi-victoire », regrettant que la cour n’ait pas entièrement suivi l’argumentation de la défense.

    Le conseil a annoncé son intention de se pourvoir en cassation. Si ce recours n’est pas suspensif de plein droit, l’avocat estime qu’au regard de la portée nationale et internationale de l’affaire, un éventuel décret d’extradition serait difficilement envisageable dans l’immédiat. Il a également rappelé qu’un tel décret pourrait être contesté devant le Conseil d’État.

    Madiambal Diagne, de son côté, a réitéré sa confiance en la justice française, estimant ne pas pouvoir bénéficier d’un traitement équivalent dans son pays d’origine. Toutefois, il considère que cette décision « qui coupe la poire en deux » pose un problème juridique et laisse présager « une nouvelle bataille judiciaire ».

    Un contentieux diplomatique sensible

    L’affaire a déjà pris une dimension diplomatique. Mi-décembre, la ministre sénégalaise de la Justice, Yassine Fall, avait annoncé la suspension de toute extradition vers la France, en attendant une réponse à la demande d’extradition de M. Diagne.

    Quelques jours plus tard, l’ambassadrice de France au Sénégal, Christine Fages, avait souligné que les poursuites visant le patron de presse concernaient des faits délictuels et non criminels, contrairement aux demandes françaises portant majoritairement sur des crimes graves. Des propos qualifiés « d’ingérence » par le ministère sénégalais de la Justice.

    Entre considérations juridiques et tensions diplomatiques, le dossier Madiambal Diagne reste suspendu aux prochaines étapes procédurales, dans un climat déjà chargé entre les deux capitales.

  • Pascal Tigri : 20 millions pour un homme en cavale

    Pascal Tigri : 20 millions pour un homme en cavale

    Les autorités béninoises ont annoncé une mise à prix de 20 millions de francs CFA pour toute information permettant de localiser et d’arrêter Pascal Tigri, présenté comme le cerveau présumé du coup d’État manqué au Bénin. Une décision forte qui illustre la détermination du pouvoir à faire toute la lumière sur cette affaire à haute portée politique.

    Le principal suspect du complot

    Selon les informations communiquées par les autorités judiciaires et sécuritaires, Pascal Tigri serait l’un des principaux instigateurs d’un projet visant à renverser les institutions en place. Les enquêteurs le présentent comme l’architecte d’un plan destiné à déstabiliser le régime du président Patrice Talon.

    Si les contours exacts du complot restent partiellement confidentiels en raison de l’enquête en cours, les autorités évoquent une organisation structurée et des complicités potentielles. La mise à prix intervient dans un contexte où le suspect serait toujours en fuite.

    Une prime pour accélérer son arrestation

    La récompense de 20 millions FCFA vise à encourager toute personne disposant d’informations fiables à collaborer avec les forces de sécurité. Les autorités assurent que l’identité des informateurs sera protégée et que la prime sera accordée à toute personne dont les renseignements permettront une arrestation effective.

    Ce dispositif traduit une volonté d’impliquer la population dans la préservation de la stabilité nationale. Dans un pays souvent cité pour sa relative stabilité démocratique en Afrique de l’Ouest, la tentative de coup d’État présumée a provoqué une onde de choc.

    Une affaire à fort enjeu politique

    L’annonce de cette mise à prix intervient alors que le dossier continue d’alimenter le débat public. Entre exigences de fermeté et respect de l’État de droit, les autorités béninoises insistent sur la présomption d’innocence et la nécessité de laisser la justice suivre son cours.

    Pour le gouvernement, il s’agit aussi d’envoyer un message clair : toute tentative de remise en cause de l’ordre constitutionnel sera poursuivie avec la plus grande rigueur.

    En attendant l’évolution de l’enquête, l’affaire Pascal Tigri demeure l’un des dossiers sécuritaires les plus sensibles du moment au Bénin, symbole des tensions politiques et des défis liés à la stabilité institutionnelle.

  • Clubs santé : AIMES-AFRIQUE mobilise pour la jeunesse

    Clubs santé : AIMES-AFRIQUE mobilise pour la jeunesse

    Lancée le 23 février 2026, la rencontre nationale d’échanges et de renforcement des capacités des acteurs engagés dans la réussite des Clubs Santé en milieu scolaire touche progressivement à son terme. Ce week-end, les travaux se sont poursuivis simultanément à Lomé et à Aného, dans la région Maritime, confirmant l’ampleur nationale de cette initiative dédiée à la santé et au bien-être des adolescents togolais.

    Une dynamique nationale en faveur du bien-être scolaire

    Cette mobilisation intervient dans un contexte où les défis sanitaires et sociaux auxquels font face les jeunes nécessitent des réponses coordonnées, structurées et durables.

    À l’origine du projet, l’ONG AIMES-AFRIQUE, en collaboration avec sa chaîne thématique 100 % santé SOS Docteur TV. Ensemble, elles ont réuni autour d’une même table parents d’élèves, enseignants, professionnels de santé, acteurs sociaux et élèves.

    L’objectif est clair : renforcer les compétences des acteurs clés afin d’assurer une mise en œuvre efficace et pérenne des Clubs Santé dans les établissements secondaires du pays. Il s’agit non seulement d’outiller les encadreurs, mais aussi de créer une synergie entre école, famille et services de santé.

    La santé des adolescents, un enjeu stratégique

    Aujourd’hui, la santé des adolescents constitue une priorité nationale. L’influence croissante des réseaux sociaux, l’exposition aux violences, les conduites à risque, les addictions ou encore les troubles liés à la santé mentale fragilisent une frange importante de la jeunesse.

    Face à ces réalités, la redynamisation des activités parascolaires apparaît comme une réponse pertinente. Dès octobre 2023, AIMES-AFRIQUE a proposé la mise en place de Clubs Santé dans tous les établissements secondaires du Togo. L’ambition est de créer un cadre participatif où les jeunes peuvent s’informer, dialoguer et apprendre à adopter des comportements responsables.

    Un plan d’action structuré et ambitieux

    Pour garantir l’efficacité du projet, un plan d’action articulé autour de sept axes stratégiques a été élaboré. Les interventions couvrent notamment la santé mentale, l’éducation à la vie sexuelle et sociale (EVSS), la santé des jeunes et adolescents (SAJ), la santé environnementale, ainsi que des approches innovantes et ludiques comme le jeu de culture générale en santé publique « Génie Imhotep ».

    La réussite du programme repose sur une coordination étroite entre les différents acteurs. Cinq ministères partenaires accompagnent l’initiative, notamment ceux en charge de l’Éducation nationale, de la Santé, des Solidarités et du Genre, des Sports et de la Jeunesse, ainsi que de l’Environnement. Cette approche intersectorielle vise à inscrire durablement les Clubs Santé dans le fonctionnement du système éducatif togolais.

    Une tournée nationale pour consolider les acquis

    Selon le président de AIMES Afrique et directeur de SOS Docteur TV, Dr Serge Michel Kodom, cette rencontre s’inscrit dans une vaste tournée nationale couvrant les sept régions éducatives : Savane, Kara, Centrale, Plateaux Est, Plateaux Ouest, Maritime et Grand Lomé.

    L’objectif est de redynamiser la vie scolaire en impliquant pleinement les enseignants, les professionnels de santé et les acteurs sociaux. La récente mise en place de comités d’enseignants encadreurs aux niveaux préfectoral, régional et national constitue une étape clé vers l’ancrage institutionnel des Clubs Santé.

    Des acteurs convaincus et engagés

    Les témoignages recueillis à l’issue des travaux traduisent un large consensus. Pour les professionnels de santé, les Clubs Santé offrent un cadre approprié pour aborder sans tabou des thématiques sensibles telles que la santé mentale, la santé sexuelle et reproductive ou les addictions.

    Les parents d’élèves saluent également une initiative favorisant le dialogue et l’information sur les transformations liées à l’adolescence, encore insuffisamment abordées dans les familles. Du côté des élèves, l’adhésion est manifeste. Beaucoup évoquent une prise de conscience accrue de leurs responsabilités et de leur rôle dans la construction de leur avenir.

    À travers cette mobilisation nationale, AIMES-AFRIQUE confirme son engagement à faire des Clubs Santé de véritables leviers d’éducation, de prévention et de développement personnel, contribuant ainsi à bâtir une jeunesse togolaise mieux informée, plus responsable et résolument tournée vers l’avenir.

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