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  • Ghana plutôt que Togo : le choix révélateur de Senaya

    Ghana plutôt que Togo : le choix révélateur de Senaya

    Le choix de Marvin Senaya de représenter le Ghana au détriment du Togo ne relève pas du simple hasard. Derrière cette décision se dessine une réalité plus profonde du football africain : l’attractivité des sélections nationales. À 25 ans, le latéral de l’AJ Auxerre a tranché en faveur des Black Stars, laissant de côté les Éperviers du Togo. Un choix qui interroge et révèle le déclassement progressif du football togolais.

    Une décision loin d’être anodine

    Né en France et éligible pour trois sélections (France, Ghana, Togo), Marvin Senaya avait l’embarras du choix. Mais lorsque deux fédérations africaines se disputent un joueur binational, le critère sportif devient souvent déterminant.

    Le Ghana, nation historique du football africain, offre aujourd’hui une vitrine bien plus séduisante. Les Black Stars participent régulièrement aux grandes compétitions internationales, notamment la Coupe du monde de football 2026, pour laquelle ils nourrissent de réelles ambitions. À l’inverse, le Togo peine à exister sur la scène continentale et mondiale.

    Le poids de l’attractivité sportive

    Il faut le dire clairement : le Ghana est aujourd’hui plus attractif que le Togo sur le plan sportif. Les Black Stars disposent d’un vivier de joueurs évoluant dans les grands championnats européens, d’une meilleure organisation et d’une visibilité accrue.

    En face, les Éperviers du Togo semblent avoir perdu leur éclat. Depuis leur unique participation à la Coupe du monde de football 2006, ils n’ont jamais réussi à retrouver un niveau comparable. Pire, la sélection togolaise donne aujourd’hui l’image d’une équipe en reconstruction permanente, sans projet clair ni résultats marquants.

    Dans ce contexte, le choix de Marvin Senaya apparaît presque logique. Un joueur ambitieux, en pleine progression, cherchera naturellement un environnement compétitif capable de valoriser sa carrière.

    Une sélection togolaise devenue banale ?

    Autrefois portée par des figures emblématiques comme Emmanuel Adebayor, la sélection togolaise suscitait respect et admiration. Aujourd’hui, ce prestige s’est estompé.

    Les Éperviers du Togo peinent à attirer les binationaux, souvent courtisés par d’autres nations africaines plus compétitives. Ce phénomène n’est pas nouveau, mais il s’accentue. Le manque de résultats, les difficultés organisationnelles et l’absence de stabilité technique contribuent à cette désaffection.

    Le cas Senaya est donc symptomatique d’un mal plus profond : le Togo n’est plus une destination prioritaire pour les talents issus de sa diaspora.

    Le poids de l’héritage familial

    Le choix de Marvin Senaya n’en est que plus marquant lorsque l’on sait que son père a porté les couleurs du Togo. Ce lien aurait pu peser dans la balance, mais il n’a visiblement pas suffi.

    Cela montre bien que, dans le football moderne, l’attachement émotionnel cède souvent face aux considérations professionnelles. Jouer une Coupe du monde, bénéficier d’une meilleure exposition ou évoluer dans une équipe compétitive sont devenus des critères décisifs.

    A-t-il fait le bon choix ?

    Sur le plan purement sportif, difficile de contester la logique de Marvin Senaya. Le Ghana lui offre une probabilité plus élevée de disputer des compétitions majeures et de se mesurer au plus haut niveau.

    Cependant, ce choix comporte aussi des risques. La concurrence au sein des Black Stars est plus rude, et rien ne garantit une place durable dans l’effectif. À l’inverse, avec le Togo, il aurait sans doute bénéficié d’un statut plus important et d’un rôle central.

    Un signal d’alarme pour le Togo

    Au-delà du cas individuel, cette décision doit interpeller les instances du football togolais. Perdre un joueur comme Marvin Senaya, au profit d’un concurrent direct, est révélateur d’un déficit d’attractivité.

    Pour redevenir compétitifs, les Éperviers du Togo devront se réinventer : structuration, résultats, vision à long terme. Sans cela, d’autres talents pourraient suivre le même chemin.

    En définitive, le choix de Senaya n’est pas seulement celui d’un joueur. Il est le reflet d’un rapport de force clair entre deux nations du football africain. Et pour le Togo, le constat est sans appel : il est urgent de redevenir séduisant.

  • Tata Avlessi sort l’artillerie lourde contre la CAF

    Tata Avlessi sort l’artillerie lourde contre la CAF

    La décision de la Confédération africaine de football de retirer au Sénégal son titre de champion d’Afrique 2025 continue de provoquer une onde de choc sur le continent. Dernière voix en date à s’élever contre ce verdict inédit : celle de Tata Avlessi. Dans une déclaration au ton particulièrement virulent, l’ancien dirigeant togolais dénonce une décision « inique et infondée » et s’en prend frontalement au duo formé par Patrice Motsepe et Gianni Infantino.

    Une décision sans précédent

    Le cœur de la polémique remonte au 17 mars 2026. Ce jour-là, le jury d’appel de la CAF prend une décision qui bouleverse l’histoire du football africain : déchoir le Sénégal de son sacre acquis sur le terrain face au Maroc, victorieux (1-0) après prolongation lors de la finale disputée le 18 janvier. Une décision rendue… 59 jours après la rencontre.

    Pour justifier ce revirement spectaculaire, l’instance s’appuie sur l’article 82 du règlement de la compétition, relatif à l’abandon de match. Un argument que Tata Avlessi juge « absurde », s’interrogeant : comment évoquer un abandon alors que la rencontre est allée à son terme ?

    « Une première dans l’histoire du football mondial », tranche-t-il, pointant du doigt ce qu’il considère comme une dérive grave de la gouvernance sportive sur le continent.

    Avlessi sort l’artillerie lourde

    Dans sa déclaration signée depuis Masséville, l’ancien président de la Fédération togolaise de football ne mâche pas ses mots. Il accuse directement la direction actuelle de la CAF d’avoir porté « un grand coup d’assommoir au football africain ».

    Au centre de ses critiques, Patrice Motsepe, qu’il accuse d’allégeance à FIFA et à son président Gianni Infantino. Selon Avlessi, depuis son arrivée à la tête de la CAF en mars 2021, Motsepe aurait multiplié les gestes de soumission, au point d’être perçu comme un simple exécutant.

    « Son incapacité à s’assumer a conduit à cette farce », affirme-t-il, estimant que la décision de retirer le titre au Sénégal s’inscrit dans une série de manœuvres antérieures à la finale.

    Des accusations lourdes, qui traduisent un malaise plus profond au sein du football africain, régulièrement secoué par des controverses liées à la gouvernance et à la transparence.

    Un passé qui ressurgit

    La prise de parole de Tata Avlessi n’est pas anodine. L’ancien dirigeant rappelle implicitement son propre passé au sein des instances du football africain. Il évoque notamment son expérience entre 2007 et 2009, période durant laquelle il affirme avoir été confronté à des pratiques douteuses.

    Il fait également référence à l’affaire de tentative de corruption d’arbitre lors de la CAN U-17 organisée au Togo en 2007, un épisode qui avait marqué sa carrière. Fort de cette expérience, il estime être bien placé pour juger de la crédibilité des membres du jury d’appel.

    Pour lui, certains d’entre eux traînent déjà une réputation controversée dans leurs pays respectifs, ce qui jette un doute supplémentaire sur l’impartialité de la décision.

    Le Maroc malgré lui ?

    Dans sa déclaration, Avlessi prend soin de dissocier le Maroc de la polémique. Il salue les progrès remarquables du royaume en matière d’infrastructures sportives et son rôle dans le rayonnement du football africain à l’échelle mondiale.

    Le pays, demi-finaliste historique de la Coupe du monde 2022, n’aurait selon lui « pas besoin d’un tel coup de pouce diabolique ». Au contraire, cette décision risque de ternir ses performances et d’alimenter des tensions inutiles sur le continent.

    Une analyse qui rejoint celle de nombreux observateurs, pour qui cette affaire dépasse largement le simple cadre sportif et menace l’unité du football africain.

    Un appel à la révolte des fédérations

    Au-delà de la dénonciation, Tata Avlessi lance un appel clair aux 54 associations membres de la CAF. Il les exhorte à « prendre leurs responsabilités » face à ce qu’il qualifie de dérives graves.

    Pour lui, l’inaction serait synonyme de complicité dans une crise qui pourrait porter un coup fatal à la crédibilité de l’institution. Il appelle également à un élan de solidarité en faveur du Sénégal, invitant les acteurs du football africain à faire bloc pour défendre l’intégrité des compétitions.

    « Avant que le duo Motsepe–Infantino ne donne le coup de grâce au football africain », prévient-il.

    Cap sur le Tribunal arbitral du sport

    Dans ce contexte explosif, la suite du dossier pourrait se jouer en dehors du continent. Tata Avlessi encourage ouvertement le Sénégal à saisir le Tribunal arbitral du sport, basé à Lausanne.

    Il évoque son propre précédent, en mars 2008, lorsqu’il avait obtenu gain de cause devant cette juridiction. Un signal fort adressé aux autorités sénégalaises, invitées à aller « au bout de la procédure ».

    Le recours au TAS apparaît aujourd’hui comme la principale voie pour contester une décision qui, si elle était confirmée, ferait jurisprudence et pourrait redéfinir les règles du jeu dans les compétitions africaines.

    Une crise révélatrice

    Au-delà du cas sénégalais, cette affaire met en lumière les tensions structurelles qui traversent le football africain. Entre accusations d’ingérence, soupçons de manipulation et rivalités politiques, la CAF se retrouve une nouvelle fois au cœur d’une tempête.

    La sortie médiatique de Tata Avlessi, aussi virulente soit-elle, traduit un sentiment partagé par une partie de l’opinion sportive : celui d’une perte de confiance envers les instances dirigeantes.

    Reste désormais à savoir si cette contestation trouvera un écho suffisant pour provoquer un sursaut collectif. Car à travers ce dossier, c’est bien la crédibilité du football africain qui se joue — sur le terrain, mais aussi dans les coulisses du pouvoir.

  • CAF : le forfait du Sénégal fragilisé par un démenti explosif

    CAF : le forfait du Sénégal fragilisé par un démenti explosif

    La polémique autour du forfait infligé au Sénégal par la Confédération africaine de football prend une nouvelle tournure. Un avocat djiboutien, présenté comme membre de la commission d’appel de l’instance, a formellement démenti toute participation à la séance ayant conduit à cette décision controversée. Une déclaration qui jette un sérieux doute sur la régularité de la procédure.

    Un démenti qui trouble la version officielle

    Au cœur de la controverse, un nom : celui de Mohamed Robleh Djama, avocat djiboutien cité parmi les membres de la commission d’appel. Dans plusieurs médias africains, l’intéressé affirme n’avoir « jamais participé » à la réunion ayant statué sur le dossier sénégalais. Plus encore, il assure ne pas avoir été impliqué, ni même convoqué, pour cette séance décisive.

    Ce démenti est appuyé par la Fédération djiboutienne de football, qui confirme que son représentant n’a pas pris part aux travaux incriminés. Une prise de position qui vient fragiliser la crédibilité de la décision rendue par la commission d’appel de la Confédération africaine de football.

    Une décision déjà contestée

    Le forfait du Sénégal, prononcé plusieurs semaines après une victoire sur le terrain face au Maroc, avait déjà suscité une vague d’indignation dans le monde du football africain. Supporters, observateurs et responsables sportifs avaient dénoncé une décision tardive et difficilement compréhensible.

    Avec ce nouveau rebondissement, la controverse prend une dimension juridique. Si la composition de la commission ou la tenue de la séance est remise en cause, c’est l’ensemble du processus décisionnel qui pourrait être invalidé.

    Le spectre d’un vice de procédure

    En droit sportif, la régularité des procédures est fondamentale. Toute décision prise par une instance dont la composition est contestable ou irrégulière peut être annulée. Le fait qu’un membre officiellement listé nie sa participation soulève donc une question majeure : la commission d’appel était-elle valablement constituée ?

    Ce point pourrait constituer un argument de poids pour les avocats du Sénégal s’ils décident de porter l’affaire devant le Tribunal arbitral du sport. Une juridiction souvent saisie dans ce type de litiges et particulièrement attentive au respect des règles procédurales.

    Une affaire qui ternit encore l’image de la CAF

    Déjà critiquée ces dernières années pour plusieurs décisions controversées, la Confédération africaine de football voit son image de nouveau écornée. Ce nouvel épisode alimente les doutes sur la transparence et la rigueur de ses instances juridictionnelles.

    Pour de nombreux observateurs, cette affaire dépasse désormais le simple cadre sportif. Elle pose la question de la gouvernance du football africain et de la crédibilité de ses organes disciplinaires.

    Vers un nouveau rebondissement ?

    À ce stade, la CAF ne s’est pas officiellement exprimée sur ce démenti. Mais la pression médiatique et juridique pourrait rapidement l’obliger à clarifier la situation.

    En attendant, une chose est sûre : loin d’être clos, le dossier du forfait du Sénégal pourrait connaître un nouveau tournant. Et cette fois, ce ne sont plus seulement les résultats sur le terrain qui sont en jeu, mais la légitimité même de la décision.

  • Togo : l’équilibrisme risqué de Lomé?

    Togo : l’équilibrisme risqué de Lomé?

    L’épisode récent de la visite discrète à Lomé du ministre russe de la Défense, Andreï Belousov, illustre cette approche feutrée.

    Dans un contexte géopolitique ouest-africain de plus en plus fragmenté, le Togo de Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil, tente de se positionner comme un acteur pivot entre blocs rivaux. Entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’Alliance des États du Sahel (AES), les puissances occidentales et une Russie de plus en plus présente en Afrique, Lomé joue une partition diplomatique complexe. Une stratégie d’équilibriste qui, si elle offre des marges de manœuvre à court terme, pose la question de sa viabilité à long terme.

    Une diplomatie du silence et du calcul

    L’épisode récent de la visite discrète à Lomé du ministre russe de la Défense, Andreï Belousov, illustre cette approche feutrée. Reçu par le président du Conseil togolais, sans communication officielle, cet échange en dit long sur la prudence stratégique de Lomé. Le Togo ne veut froisser aucun partenaire, mais entend multiplier les canaux d’influence.

    Ce choix s’inscrit dans une dynamique plus large. Alors que plusieurs pays sahéliens ont pris leurs distances avec les partenaires occidentaux pour se rapprocher de Moscou, Lomé préfère maintenir une posture d’ouverture tous azimuts. Le pays coopère avec les États-Unis en matière sécuritaire, reste engagé au sein de la Cedeao, tout en entretenant des relations plus ou moins discrètes avec la Russie.

    Rôle d’intermédiaire

    Depuis la rupture entre la Cedeao et les pays de l’AES, notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger, le Togo tente de se positionner comme un pont diplomatique. Faure Essozimna Gnassingbé a multiplié les initiatives de médiation, cherchant à éviter une fracture durable dans la sous-région.

    Cette posture d’arbitre est stratégique. Elle permet à Lomé de renforcer son poids diplomatique tout en se présentant comme un acteur de stabilité. Dans une région marquée par les coups d’État et les tensions politiques, le Togo mise sur la continuité institutionnelle pour asseoir sa crédibilité.

    Cependant, ce positionnement n’est pas sans risques. La Cedeao, fragilisée, observe avec attention les initiatives togolaises, tandis que les pays de l’AES pourraient voir dans cette médiation une tentative d’influence déguisée.

    Jeu des puissances

    Au-delà des dynamiques régionales, le Togo évolue dans un contexte de rivalité accrue entre grandes puissances. Les États-Unis, engagés dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, considèrent Lomé comme un partenaire stable. Des coopérations sécuritaires et économiques se poursuivent, renforçant les liens entre les deux pays.

    Dans le même temps, la Russie intensifie ses efforts pour s’ancrer en Afrique de l’Ouest. Si le Togo ne s’affiche pas ouvertement dans ce rapprochement, les contacts existent. Lomé semble vouloir tirer profit de cette concurrence, obtenant des soutiens variés sans s’aligner pleinement sur un camp.

    Cette stratégie rappelle celle de certains États non-alignés durant la guerre froide : diversifier les partenaires pour maximiser les gains tout en limitant les dépendances.

    Une stratégie payante à court terme?

    À court terme, l’équilibrisme togolais présente des avantages évidents. Il permet au pays de bénéficier d’appuis multiples, de renforcer son rôle diplomatique et de préserver une certaine autonomie stratégique.

    Sur le plan intérieur, cette posture consolide également le pouvoir de Faure Essozimna Gnassingbé. En apparaissant comme un interlocuteur incontournable sur la scène régionale, le président du Conseil renforce sa légitimité et son influence. De plus, dans un environnement régional instable, le Togo capitalise sur son image de havre relatif de stabilité, attirant les partenaires et les investissements.

    Fragilité

    Mais cet équilibre reste précaire, selon les observateurs avisés. En effet, à long terme, soutiennent-ils, les tensions entre blocs pourraient rendre cette position intenable. La polarisation croissante entre la Cedeao et l’AES ainsi qu’entre les puissances occidentales et la Russie pourrait contraindre Lomé à faire des choix plus clairs.

    Le risque principal est celui de la méfiance, murmure un analyste. À vouloir ménager tous les camps, le Togo pourrait être perçu comme un partenaire peu fiable. Une telle perception pourrait affaiblir sa crédibilité diplomatique et limiter ses marges de manœuvre.

    Par ailleurs, les pressions extérieures pourraient s’intensifier. Les grandes puissances, en quête d’alliés stratégiques, pourraient exiger des positions plus tranchées, réduisant l’espace de neutralité dont bénéficie actuellement Lomé.

    Un pari sur l’avenir

    L’équilibrisme diplomatique du Togo apparaît ainsi comme un pari. Un pari sur sa capacité à naviguer dans un environnement international incertain, à maintenir des relations diversifiées sans se compromettre. Mais ce pari dépendra de plusieurs facteurs : l’évolution des rapports de force régionaux, la capacité de la Cedeao à se réinventer, la solidité de l’AES et l’intensité de la rivalité entre puissances globales.

    In fine, si cette stratégie confère aujourd’hui au Togo un rôle singulier en Afrique de l’Ouest, rien ne garantit qu’elle pourra être maintenue indéfiniment. L’équilibriste peut avancer tant que le fil tient. Mais dans un monde de plus en plus polarisé, la moindre secousse pourrait suffire à rompre cet équilibre fragile.

  • Bolloré face à la justice

    Bolloré face à la justice

    Le feuilleton judiciaire autour de Vincent Bolloré connaît un tournant décisif. L’homme d’affaires français a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris pour « corruption d’agent public étranger » dans un dossier impliquant notamment le Togo. Une audience est attendue en décembre prochain, sauf rebondissement de procédure.

    Au cœur de cette affaire, des soupçons remontant à 2010. La justice française, à travers le Parquet national financier, estime que le groupe Groupe Bolloré aurait, via sa filiale de communication Havas, fourni des prestations à coût réduit pour soutenir les campagnes présidentielles de Faure Gnassingbé et de Alpha Condé. En contrepartie, le groupe aurait obtenu ou consolidé des concessions stratégiques dans la gestion de ports en Afrique de l’Ouest.

    Des faits anciens mais sensibles

    Les faits reprochés remontent à plus de quinze ans, mais leur portée reste hautement sensible. Le Togo et la Guinée représentent des zones clés pour les activités portuaires du groupe Bolloré, notamment dans la logistique et le transport maritime. Les ports de Lomé et de Conakry constituent en effet des hubs stratégiques pour les échanges commerciaux dans la région.

    Selon les juges d’instruction, ces arrangements supposés pourraient relever d’un système d’influence mêlant communication politique et intérêts économiques. Une pratique strictement encadrée, voire interdite, par le droit français lorsqu’elle implique des agents publics étrangers.

    Une défense ferme

    Face à ces accusations, la défense de Vincent Bolloré conteste vigoureusement toute irrégularité. Ses avocats soutiennent que les opérations évoquées s’inscrivaient dans un cadre commercial classique entre entreprises partenaires. Ils affirment également que leur client n’avait pas connaissance des modalités précises de certaines prestations réalisées par Havas.

    Deux autres figures du groupe sont également concernées par le renvoi : Gilles Alix, ancien directeur général, et Jean-Philippe Dorent, ex-responsable international chez Havas. Tous deux devront répondre, à des degrés divers, d’accusations liées à la corruption ou à la complicité d’abus de confiance.

    Enjeux politiques et économiques

    Au-delà du cas personnel de Vincent Bolloré, ce procès s’annonce comme un moment clé dans la lutte contre la corruption internationale. Il met en lumière les relations parfois complexes entre grandes entreprises occidentales et pouvoirs politiques africains.

    Pour le Togo, cité dans cette affaire, l’enjeu est aussi celui de l’image et de la gouvernance. Bien que les faits soient anciens, leur résonance actuelle intervient dans un contexte où la transparence et la bonne gouvernance sont de plus en plus scrutées, tant au niveau national qu’international.

    Une audience très attendue

    Si la tenue du procès est confirmée pour décembre, il pourrait durer plusieurs jours, voire semaines, au regard de la complexité du dossier. Ce rendez-vous judiciaire permettra de clarifier les responsabilités et, potentiellement, de faire la lumière sur des pratiques longtemps restées dans l’ombre.

    En attendant, cette affaire rappelle que les interactions entre politique et affaires, surtout à l’international, demeurent un terrain sensible où la justice entend désormais exercer un contrôle renforcé.

  • Brigitte Adjamagbo-Johnson en tournée citoyenne

    Brigitte Adjamagbo-Johnson en tournée citoyenne

    La députée Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, également secrétaire générale de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), entame une tournée parlementaire dans le nord du pays. Cette initiative s’inscrit dans une démarche de proximité avec les populations et de redevabilité de l’action politique.

    Prévue du 20 au 24 mars 2026, cette tournée conduira la parlementaire successivement à Dapaong les 20 et 21 mars, puis à Kara les 23 et 24 mars. À travers cette descente sur le terrain, l’élue entend renforcer le lien entre les citoyens et leurs représentants à l’Assemblée nationale.

    Une mission de redevabilité

    Au cœur de cette tournée figure un objectif clair, celui de rendre compte aux populations des actions menées au Parlement. Dans un contexte où la transparence et la confiance entre gouvernants et gouvernés sont souvent questionnées, cette initiative se veut un exercice de responsabilité démocratique.

    « On siège pour vous », rappelle le message central de la campagne. La députée entend ainsi expliquer les décisions prises, les débats engagés et les positions défendues au sein de l’hémicycle. Une manière de rapprocher les citoyens des institutions et de leur permettre de mieux comprendre les enjeux politiques nationaux.

    Un espace de dialogue direct

    Au-delà du bilan parlementaire, cette tournée se veut aussi un cadre d’échanges ouverts. Les populations de Dapaong et de Kara auront l’occasion d’exprimer leurs préoccupations, poser des questions et partager leurs attentes.

    Ces rencontres directes traduisent une volonté de construire une gouvernance participative, où les citoyens ne sont pas de simples spectateurs, mais des acteurs à part entière du processus démocratique. La démarche vise également à recueillir des contributions utiles pour orienter les futures actions politiques.

    Contrôle de l’action gouvernementale

    Autre axe important de cette tournée : les visites de terrain pour évaluer l’action du gouvernement. La députée prévoit d’effectuer des contrôles afin de mesurer l’impact réel des politiques publiques dans ces localités.

    Cette approche s’inscrit dans le rôle de veille et de contrôle dévolu aux parlementaires. Elle permet de confronter les décisions prises à Lomé aux réalités vécues par les populations.

    Appel à la mobilisation

    La CDPA lance un appel à une mobilisation massive des populations concernées. « Votre voix compte, votre présence est essentielle », souligne le message adressé aux habitants.

    À travers cette tournée, Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson réaffirme son engagement en faveur d’une politique de proximité, fondée sur l’écoute, le dialogue et la transparence. Un rendez-vous citoyen qui pourrait renforcer la participation démocratique dans ces régions du Togo.

  • Agriculture résiliente : le privé en première ligne

    Agriculture résiliente : le privé en première ligne

    Le secteur privé togolais entend jouer un rôle moteur dans la transformation de l’agriculture face aux défis climatiques. Réuni à Lomé le 17 mars 2026, lors de l’atelier national de validation des stratégies du projet NAP Readiness, le Conseil National du Patronat du Togo (CNP-Togo) a réaffirmé son engagement en faveur d’investissements durables et innovants.

    Organisé à l’Hôtel Concorde, cet atelier s’inscrit dans une dynamique impulsée par le gouvernement togolais, avec l’appui technique de la FAO et le financement du Fonds Vert pour le Climat (GCF). L’objectif du projet NAP Readiness est clair : renforcer les capacités nationales et régionales pour mieux gérer les risques liés au changement climatique, notamment dans des secteurs clés comme l’agriculture, la foresterie et les ressources en eau.

    Le privé face au défi climatique

    Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le président du CNP-Togo, Coami Sedolo Tamegnon, a insisté sur la double dimension du changement climatique. « Il constitue à la fois un défi et une opportunité pour les entreprises », a-t-il déclaré, appelant à une mobilisation accrue du secteur privé.

    Selon lui, les entreprises togolaises ont un rôle stratégique à jouer dans la transition vers une économie plus verte. À travers sa politique environnementale, le CNP-Togo entend promouvoir des pratiques durables et encourager l’innovation dans tous les secteurs productifs. Une orientation qui vise à concilier performance économique et responsabilité environnementale.

    Vers des partenariats renforcés

    Au cœur des échanges, la nécessité d’une collaboration étroite entre les différents acteurs a été largement soulignée. Le président du patronat togolais a plaidé pour un renforcement des synergies entre l’État, le secteur privé et les partenaires techniques et financiers.

    Les stratégies validées au cours de cet atelier devraient permettre de consolider les partenariats public-privé et de favoriser une meilleure implication des entreprises dans les projets climato-résilients. Cette approche collaborative est jugée essentielle pour garantir des actions concrètes, efficaces et durables sur le terrain.

    Une agriculture en mutation

    Face aux effets de plus en plus visibles du changement climatique, l’agriculture togolaise est appelée à se réinventer. Le CNP-Togo se positionne ainsi comme un acteur clé de cette transformation, en soutenant des initiatives capables d’améliorer la résilience des systèmes de production.

    L’organisation patronale réaffirme, à cet effet, sa disponibilité à accompagner le gouvernement et l’ensemble des parties prenantes dans la mise en œuvre des stratégies adoptées. Elle ambitionne également de stimuler une nouvelle dynamique d’investissements durables.

    À terme, cette mobilisation du secteur privé pourrait contribuer à bâtir une agriculture plus performante, résiliente et adaptée aux réalités climatiques, tout en renforçant la sécurité alimentaire et la croissance économique du pays.

  • CAN 2025 : le titre du Sénégal en sursis

    CAN 2025 : le titre du Sénégal en sursis

    Le Sénégal pensait avoir écrit une nouvelle page dorée de son histoire en remportant la Coupe d’Afrique des nations 2025 sur le terrain face au Maroc. Pourtant, près de deux mois après cette victoire, tout a basculé. Dans un communiqué officiel publié mardi soir, la Confédération africaine de football (CAF) a décidé de retirer le titre aux Lions de la Teranga.

    En cause : une infraction aux articles 82 et 84 du règlement de la compétition. Selon le Jury d’appel, les joueurs sénégalais ont quitté la pelouse sans autorisation de l’arbitre lors de la finale disputée le 18 janvier. Une entorse aux règles jugée suffisamment grave pour entraîner un forfait. Résultat : une défaite sur tapis vert (3-0) et un trophée attribué au Maroc.

    Une décision lourde de conséquences, qui a immédiatement suscité incompréhension et polémique dans le monde du football africain.

    Une décision juridiquement contestée

    Sur le papier, la sanction paraît claire. Mais dans les faits, elle soulève de nombreuses interrogations. Car le Sénégal avait bel et bien remporté le match, reçu le trophée et vu la victoire validée officiellement à l’issue de la rencontre. Ce n’est que plusieurs semaines plus tard, à la suite d’un appel, que la CAF a changé de position.

    Ce revirement tardif fragilise la cohérence de la procédure. Entre validation initiale, célébrations officielles et décision inversée, la chronologie des événements devient un élément central du débat juridique. Peut-on réellement revenir sur un résultat déjà homologué et entériné ?

    Pour les avocats sénégalais, la réponse pourrait être non. Ils pourraient invoquer un vice de procédure, estimant qu’une finale validée et suivie d’une remise officielle du trophée ne peut être annulée sans circonstances exceptionnelles.

    L’interprétation des faits au cœur du litige

    Au-delà de la procédure, le fond du dossier repose sur un point clé : la nature exacte de l’incident survenu pendant le match. Les joueurs sénégalais ont quitté la pelouse, certes, mais ils sont ensuite revenus pour terminer la rencontre. L’arbitre, de son côté, n’a jamais interrompu définitivement le match.

    Dès lors, peut-on parler d’abandon ? C’est toute la question. Le règlement prévoit un forfait en cas de refus de jouer ou de sortie définitive du terrain sans autorisation. Mais si cette sortie est temporaire, dans un contexte de contestation, la qualification juridique devient beaucoup plus floue.

    Cette nuance pourrait peser lourd dans la balance, car c’est précisément cette notion d’abandon qui déclenche automatiquement la sanction du forfait.

    Le recours ultime devant le TAS

    Face à cette situation, le Sénégal n’a désormais plus qu’une seule option : saisir le Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Cette instance, basée en Suisse, constitue la plus haute juridiction du sport mondial.

    Contrairement aux organes internes de la CAF, le TAS a le pouvoir de réexaminer l’ensemble du dossier, tant sur le fond que sur la forme. Il peut confirmer la décision, l’annuler ou ordonner un nouveau jugement.

    Un précédent reste dans toutes les mémoires : l’affaire Espérance de Tunis – Wydad Casablanca en 2019, où les décisions contradictoires de la CAF avaient été finalement invalidées par le TAS pour des raisons procédurales. De quoi nourrir l’espoir côté sénégalais.

    Une bataille juridique incertaine

    Pour autant, rien n’est joué. La CAF s’appuiera sur une lecture stricte de son règlement : quitter le terrain sans autorisation constitue une infraction, et cette infraction entraîne automatiquement le forfait.

    Le Sénégal, de son côté, misera sur trois axes principaux : la temporalité des décisions, la cohérence de la procédure et la proportionnalité de la sanction. Il insistera également sur le fait que le match est allé à son terme.

    En toile de fond, une question essentielle demeure : peut-on modifier le résultat d’un match après coup, une fois celui-ci validé et célébré ?

    La réponse du TAS sera déterminante. Elle pourrait soit rétablir le Sénégal dans ses droits, soit entériner définitivement une décision qui, déjà, laisse des traces profondes dans l’image du football africain.

  • Cité ministérielle : l’État se regroupe pour plus d’efficacité

    Cité ministérielle : l’État se regroupe pour plus d’efficacité

    Le Togo s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la modernisation de son administration publique. Dans les prochains mois, une vaste cité ministérielle verra le jour à Bè Klémé, dans la commune du Golfe 3, avec pour ambition de regrouper sur un site unique plusieurs départements ministériels actuellement dispersés à travers le centre-ville de Lomé.

    Le projet, d’envergure, prévoit la construction de 90.000 m² de bureaux répartis sur 18 bâtiments. Cette nouvelle organisation spatiale devrait permettre de rationaliser le fonctionnement de l’appareil administratif en facilitant la coordination entre les différents ministères. Aujourd’hui, l’éparpillement des services engendre des lenteurs, des déplacements fréquents et une perte de temps pour les usagers comme pour les agents de l’État.

    Avec cette cité ministérielle, les autorités entendent améliorer l’efficacité du service public, en rapprochant les centres de décision et en simplifiant les procédures administratives. Il s’agit également de moderniser les infrastructures de travail, souvent jugées inadaptées ou vieillissantes dans certains bâtiments administratifs actuels.

    Contrairement à certaines grandes réalisations à forte portée symbolique, ce projet se veut avant tout fonctionnel. L’objectif n’est pas d’ériger un complexe prestigieux, mais bien de doter l’administration togolaise d’un outil de travail performant, capable de répondre aux exigences d’une gouvernance moderne.

    La mise en œuvre du projet est déjà en cours. La phase d’expropriation des terrains a débuté à Bè Klémé. Les propriétaires concernés seront indemnisés, conformément aux dispositions en vigueur. Cette étape, souvent sensible, constitue un préalable indispensable à la libération du site et au démarrage effectif des travaux.

    Le financement de la cité ministérielle est assuré par la Banque ouest africaine de développement (BOAD), partenaire clé du Togo dans plusieurs projets d’infrastructures. L’appui de cette institution régionale témoigne de la crédibilité du projet et de son importance stratégique pour le pays.

    Au-delà de la modernisation administrative, cette initiative pourrait également contribuer à décongestionner le centre-ville de Lomé, en réduisant les flux quotidiens liés aux activités administratives. Elle participe ainsi à une réflexion plus large sur l’aménagement urbain et la répartition des services publics.

    En regroupant ses ministères sur un site unique, le Togo fait le pari de l’efficacité, de la cohérence et d’une administration plus proche des besoins des citoyens. Un chantier structurant qui, une fois achevé, pourrait transformer durablement le visage et le fonctionnement de l’État.

  • VO 2 prépare son futur pôle communal

    VO 2 prépare son futur pôle communal

    La commune de VO 2 franchit une étape décisive dans sa politique d’aménagement du territoire. Le 12 mars 2026, le maire a réuni autour de la même table propriétaires terriens, géomètres et autorités traditionnelles pour une rencontre de cadrage consacrée à un ambitieux projet de construction d’un terrain municipal, accompagné d’infrastructures socio-collectives.

    Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de planification structurée visant à doter la commune d’équipements modernes et adaptés aux besoins de sa population. Au cœur des échanges, l’identification d’une réserve administrative d’environ 45 hectares, un espace jugé stratégique pour accueillir non seulement le futur terrain municipal, mais aussi d’autres installations d’intérêt public.

    Dans son intervention, le maire a souligné l’importance de ce projet pour le développement local. Il a rappelé que le site retenu pourrait également abriter les futurs locaux de la mairie ainsi que des infrastructures liées au projet soutenu par la FAO. Une vision globale qui témoigne de la volonté des autorités locales de transformer cet espace en un véritable pôle administratif et communautaire.

    Le géomètre mandaté pour accompagner le projet a apporté des précisions techniques, indiquant que les démarches administratives sont déjà en cours auprès du ministère compétent. Une avancée qui traduit la détermination de la municipalité à faire aboutir ce chantier dans le respect des procédures en vigueur.

    Mais au-delà des aspects techniques, la rencontre a surtout été marquée par des échanges francs et constructifs. Les propriétaires terriens ont exprimé leurs préoccupations, notamment en ce qui concerne la gestion foncière et le respect de leurs droits. Des inquiétudes légitimes auxquelles les autorités ont prêté une oreille attentive.

    Dans un souci d’inclusivité, les participants ont insisté sur la nécessité d’impliquer l’ensemble des géomètres dans le processus. L’objectif est clair : garantir un travail collectif, transparent et conforme aux normes cadastrales. Cette approche participative vise également à renforcer la confiance entre les différentes parties prenantes.

    Au terme des discussions, un consensus s’est dégagé sur la poursuite des concertations afin de parvenir à un compromis équilibré. Les acteurs présents ont affiché leur volonté commune de privilégier le dialogue et de rechercher des solutions respectueuses des droits fonciers tout en répondant aux impératifs de développement.

    En clôturant la séance, le maire a salué l’esprit de responsabilité et de coopération qui a prévalu tout au long des échanges. Il a réaffirmé l’engagement de son équipe à travailler en étroite collaboration avec les communautés locales pour faire de ce projet une réussite collective.

    Ce futur terrain municipal, au-delà de sa vocation sportive ou administrative, se profile déjà comme un symbole de cohésion sociale et de progrès pour la commune de VO 2. S’il aboutit dans les conditions souhaitées, il pourrait marquer un tournant dans la modernisation du territoire et renforcer durablement l’attractivité de la localité.

Radio Renouveau228

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