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  • Taekwondo : hommage au maître de l’ombre

    Taekwondo : hommage au maître de l’ombre

    Dans l’ombre des podiums et des médailles, Grand Maître Oumar Seini Mohamed Mourtala apparaît comme l’un des artisans silencieux de l’ascension du taekwondo togolais à travers le parcours du champion Mamoudou Ibrahim.

    Dans le sport, les champions occupent souvent le devant de la scène. Pourtant, derrière chaque médaille, chaque victoire et chaque drapeau hissé sur un podium, se cache bien souvent un homme de l’ombre. Dans le taekwondo togolais, ce rôle est incarné par Grand Maître Oumar Seini Mohamed Mourtala, à qui un vibrant hommage vient d’être rendu par Oumarou Abdoul Rahamane.

    À travers une déclaration empreinte d’émotion et de reconnaissance, le président du Club Super Ramane a salué le parcours exceptionnel d’un homme considéré comme l’un des artisans silencieux du développement du taekwondo au Togo. Pour lui, les performances du jeune champion Mamoudou Ibrahim ne sont pas le fruit du hasard, mais celui de longues années de travail, de sacrifices et d’encadrement rigoureux.

    Selon le coach, tout a commencé lorsque Mamoudou Ibrahim n’était encore qu’un enfant animé par le rêve de réussir dans les arts martiaux. Grand Maître Oumar Seini Mohamed Mourtala aurait très tôt perçu en lui le potentiel d’un futur ambassadeur du Togo sur les tatamis africains et internationaux. Depuis lors, il n’a cessé de l’accompagner, aussi bien dans les moments de doute que dans les périodes de succès.

    « Il ne lui a pas juste appris le taekwondo. Il lui a appris la vie », souligne notamment Oumarou Abdoul Rahamane dans son message. Discipline, humilité, respect et persévérance figurent parmi les valeurs que le maître aurait transmises à son élève au fil des années.

    Cet hommage intervient à quelques semaines du Championnat d’Afrique de taekwondo prévu à Bamako en 2026, compétition au cours de laquelle Mamoudou Ibrahim représentera les couleurs togolaises. Pour plusieurs observateurs du milieu sportif, cette participation constitue une nouvelle étape importante pour le taekwondo national, en pleine progression sur la scène continentale.

    Mais au-delà des performances attendues de l’athlète togolais, c’est également le travail des formateurs qui est aujourd’hui mis en lumière. Dans sa déclaration, le président du Club Super Ramane insiste sur le rôle fondamental des encadreurs dans la construction des champions. Il appelle notamment les jeunes sportifs togolais à respecter leurs maîtres et à reconnaître les sacrifices consentis dans l’ombre pour leur réussite.

    « Le chemin vers Bamako, vers la Chine, vers le monde, passe par des hommes comme Grand Maître Oumar », affirme-t-il, dans un message adressé à la nouvelle génération d’athlètes.

    À travers cet hommage, c’est toute une vision du sport qui se dessine : celle où la transmission, la patience et l’éducation comptent autant que les trophées. Dans un contexte où les résultats sportifs attirent souvent toute l’attention, le témoignage rappelle que les grandes victoires naissent d’abord dans les salles d’entraînement, sous le regard exigeant mais bienveillant des maîtres.

    Pour de nombreux acteurs du taekwondo togolais, Grand Maître Oumar Seini Mohamed Mourtala apparaît ainsi comme l’un de ces bâtisseurs discrets dont l’influence dépasse largement les tatamis.

  • Le journaliste et les élèves : dialogue autour de l’info

    Le journaliste et les élèves : dialogue autour de l’info

    À l’heure de la désinformation numérique et des réseaux sociaux omniprésents, le Lycée Français de Lomé mise sur l’éducation aux médias pour former des élèves capables de décrypter l’information avec esprit critique et discernement.

    À l’heure où les réseaux sociaux bouleversent les habitudes de consommation de l’information, le Lycée Français de Lomé a choisi de placer ses élèves au cœur d’une réflexion essentielle sur les médias et le journalisme. Dans le cadre de la 37ᵉ édition de la Semaine de la Presse et des Médias à l’École (SPME), l’établissement a organisé une rencontre enrichissante entre les membres du Club journal du lycée, les élèves de Première HGGSP (Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques) et le journaliste togolais Pierre Claver Kuvo.

    Placée sous le thème « Où est l’info ? », cette édition 2026 de la SPME entend sensibiliser les jeunes aux défis liés à la circulation de l’information dans un univers numérique saturé de contenus. Au Centre de Documentation et d’Information (CDI) du lycée, les échanges ont permis d’aborder plusieurs questions cruciales : comment vérifier une information ? Comment distinguer les faits des opinions ? Quels sont les dangers de la désinformation et des manipulations en ligne ?

    Face à des élèves curieux et particulièrement attentifs, Pierre Claver Kuvo a partagé son expérience du terrain, revenant notamment sur les exigences du métier de journaliste d’investigation, la nécessité de recouper les sources et le rôle fondamental de la presse dans une société démocratique. Le professionnel des médias a également insisté sur l’importance de l’éthique journalistique dans un contexte où les fausses informations circulent à grande vitesse sur les plateformes numériques.

    Au-delà d’une simple conférence, cette rencontre s’est voulue interactive et pédagogique. Les élèves ont multiplié les questions sur le fonctionnement des médias, les pressions auxquelles peuvent être confrontés les journalistes, mais aussi sur les opportunités qu’offre le numérique pour mieux informer les citoyens.

    À travers cette initiative, le Lycée Français de Lomé confirme son engagement en faveur de l’éducation aux médias et à l’information. Dans un monde où chacun peut produire et diffuser du contenu en quelques clics, former les jeunes à l’analyse critique devient un enjeu majeur de citoyenneté.

    Cette activité s’inscrit ainsi dans une dynamique d’ouverture sur le monde, tout en donnant aux élèves des outils indispensables pour comprendre les réalités contemporaines de l’information et développer un regard éclairé sur l’actualité.

  • 𝐂𝐡𝐫𝐢𝐬𝐭𝐢𝐚𝐧 𝐓𝐫𝐢𝐦𝐮𝐚 : 𝐖𝐨𝐥𝐚𝐧𝐝 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐕𝐞 𝐑𝐞́𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 ?

    𝐂𝐡𝐫𝐢𝐬𝐭𝐢𝐚𝐧 𝐓𝐫𝐢𝐦𝐮𝐚 : 𝐖𝐨𝐥𝐚𝐧𝐝 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐕𝐞 𝐑𝐞́𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 ?

    La vérité peut-elle sortir de la bouche du diable ? Parfois, oui. Et c’est peut-être précisément ce qui rend l’article de M. Christian Trimua à la fois fascinant et troublant.

    En pleine dictature stalinienne, Mikhaïl Boulgakov a consacré plus de dix années à écrire son roman Le Maître et Marguerite (en anglais, The Master and Margarita). Dans cette œuvre, c’est le Diable, appelé Woland, qui révèle les corruptions morales et expose les lâchetés humaines de la société soviétique de l’époque.

    La vérité peut-elle sortir de la bouche du diable ? Parfois, oui. Et c’est peut-être précisément ce qui rend l’article de M. Christian Trimua à la fois fascinant et troublant. On a l’impression que Woland parle désormais à travers Christian Trimua, révélant l’anarchie qui règne en enfer depuis l’avènement de leur Ve République.

    L’article de Christian Trimua contient-il une critique réelle de la mécanique institutionnelle du système actuel ? Sans doute, oui : concentration du pouvoir autour du monarque – le Président du Conseil, neutralisation des contre-pouvoirs, désordre institutionnel. Sur ce point, nous ne pouvons pas réduire sa critique à une simple manœuvre politique. N’est-ce pas plutôt rare que ce régime reconnaisse lui-même ses propres incohérences et impasses? Si Woland ou l’un de ses serviteurs commence aujourd’hui à les conceptualiser, alors c’est déjà un aveu.

    Dans ma dernière vidéo, j’ai souligné que le véritable enjeu n’est pas de savoir qui parle –que ce soit Woland, un Iscariote ou un autre zélé du système –, mais ce qui est réellement dit. L’intention derrière l’article de M. Christian Trimua peut effectivement relever d’un stratagème politique. La lucidité demeure une règle d’or en politique, incontestablement. Mais sachons lire les aveux derrière les justifications. Pour ma part, les arguments avancés par l’auteur présentent des éléments suffisamment objectifs pour pouvoir être retournés contre le régime lui-même. Je ne peux m’empêcher de penser que son analyse offre une opportunité que l’opposition politique et le peuple togolais gagneraient à exploiter face aux prochaines manœuvres que prépare le régime, pour autant que celles-ci soient fondées.

    La méfiance et le soupçon – phénomènes certes fréquents dans les régimes autoritaires comme celui du Togo – ne doivent pas nous enfermer dans une simple déduction des intentions politiques, pendant que le Régime avance ses pions. Même lorsque Woland parle ou écrit, l’essentiel n’est pas seulement de deviner ses intentions, mais de comprendre ce que ses révélations dévoilent des contradictions internes du système.

    Finalement, même en enfer, il paraît qu’il faut parfois convoquer un juriste pour expliquer pourquoi les flammes montent. Mais ne comptons pas sur eux pour nous dire comment les éteindre. C’est précisément là que nous devons transformer ces longues flammes de l’enfer en énergie capable de galvaniser et de mobiliser le peuple Togolais qui attend sa délivrance.

    Dr Kossigan Cyrille Kokou-Kpolou

  • Direction la Terre Sainte

    Direction la Terre Sainte

    Dans une atmosphère de ferveur et d’émotion, les premiers pèlerins togolais du Hadj 2026 ont quitté Lomé pour la Terre Sainte, lançant officiellement la grande aventure spirituelle de cette année.

    Les premiers pèlerins togolais engagés dans le Hadj 2026 ont quitté Lomé ce jeudi 14 mai à destination de Médine, marquant le début officiel du pèlerinage vers la Terre Sainte. À bord d’un Boeing 787 Dreamliner d’Ethiopian Airlines, 267 fidèles musulmans ont décollé depuis l’aéroport international Gnassingbé Eyadéma dans une ambiance empreinte d’émotion et de ferveur religieuse.

    Au total, 2 425 pèlerins togolais effectueront le voyage cette année à travers huit vols programmés entre Lomé et l’Arabie Saoudite. Les autorités togolaises assurent avoir renforcé les dispositifs d’organisation, de sécurité et d’encadrement afin de garantir le bon déroulement du pèlerinage.

    Avant l’embarquement, le ministre de l’Administration territoriale et président de la Commission nationale du Hadj, le Colonel Awaté Hodabalo, accompagné du ministre de la Sécurité, le Colonel Calixte Batossie Madjoulba, a exhorté les pèlerins à adopter un comportement exemplaire durant leur séjour en Terre Sainte.

    « Vous êtes les ambassadeurs du Togo au Hadj », a rappelé le ministre, invitant les fidèles à respecter les lois saoudiennes ainsi que les consignes des équipes d’encadrement.

  • Oti, la mémoire oubliée du nord Togo

    Oti, la mémoire oubliée du nord Togo

    Au nord du Togo, le bassin de l’Oti demeure l’un des grands foyers historiques méconnus d’Afrique de l’Ouest, où se croisent depuis des siècles migrations, alliances, rivalités politiques et brassages culturels.

    Longtemps considéré comme une simple périphérie géographique, le bassin de l’Oti apparaît aujourd’hui comme un véritable espace de mémoire où se sont rencontrés plusieurs peuples venus du Gourma, du Dagbon, du pays moose ou encore des territoires anoufo. Cette région du nord togolais, traversée par la rivière Oti, a servi de zone de passage et d’installation à de nombreuses communautés ouest-africaines bien avant la colonisation.

    Au cœur de cette histoire figure le pays Dyè-Boukombom, également appelé Ngangam. Les traditions orales recueillies par plusieurs chercheurs évoquent l’installation progressive de populations dans cette partie du bassin de l’Oti, avec la mise en place d’organisations politiques locales, de réseaux commerciaux et de systèmes de coexistence entre groupes voisins. L’histoire des Ngangam reste notamment marquée par leurs relations avec les Kpankpamba, les Dagomba, les Moose et les Gulmu.

    Selon les travaux récents de l’historien Ilaboti Dipo, les récits fondateurs des Ngangam montrent que cette région n’a jamais été isolée. Au contraire, elle a constamment subi les influences politiques et militaires des grands royaumes voisins. Les migrations successives, parfois provoquées par des conflits ou des crises économiques, ont progressivement transformé le paysage humain du bassin de l’Oti.

    Les XVIIIe et XIXe siècles constituent d’ailleurs une période de profondes mutations. L’expansion des puissances anoufo et les rivalités entre chefferies locales bouleversent alors les équilibres traditionnels. Plusieurs communautés sont contraintes de se déplacer, tandis que d’autres se regroupent pour renforcer leur sécurité face aux menaces extérieures. Ces recompositions politiques contribuent à redessiner les rapports de force dans toute la région septentrionale du Togo actuel.

    Les historiens rappellent également que le bassin de l’Oti fut un espace stratégique reliant les savanes du nord aux circuits commerciaux plus méridionaux. Cette position de carrefour favorisa les échanges culturels, linguistiques et économiques entre populations diverses. Aujourd’hui encore, cette diversité reste visible dans les traditions, les langues et les structures sociales présentes dans la région.

    Au-delà de l’histoire politique, cette mémoire ancienne constitue désormais un enjeu patrimonial et identitaire majeur pour le Togo. Dans un contexte où les traditions orales jouent un rôle essentiel dans la transmission du passé, plusieurs chercheurs plaident pour une meilleure valorisation des récits historiques du bassin de l’Oti afin de préserver un héritage longtemps resté dans l’ombre.

  • Darmanin tend la main à Lomé

    Darmanin tend la main à Lomé

    Face à la montée des menaces sécuritaires en Afrique de l’Ouest, Paris et Lomé affichent une volonté commune de renforcer leur coopération judiciaire et stratégique.

    La coopération entre le Togo et la France dans les domaines judiciaire et sécuritaire connaît un nouveau coup d’accélérateur. En visite de travail, le ministre togolais de la Justice, Pacôme Yaovi Adjourouvi, a été reçu par son homologue français, Gérald Darmanin, pour des échanges centrés sur les défis sécuritaires et la consolidation des relations entre les deux pays.

    La rencontre, marquée par une poignée de main chaleureuse devant les drapeaux togolais, français et européen, a été rendue publique par Gérald Darmanin sur son compte X (anciennement Twitter). Le garde des Sceaux français a salué « un échange » avec le ministre togolais autour de « la coopération judiciaire entre nos deux pays », avant d’insister sur les enjeux liés « au terrorisme et aux ingérences ».

    À travers cette déclaration, Paris affiche clairement sa volonté de renforcer son partenariat avec Lomé dans un contexte régional particulièrement sensible. Depuis plusieurs années, le Togo fait face à une pression sécuritaire croissante dans sa région septentrionale, confrontée à la menace des groupes armés actifs au Sahel. Les autorités togolaises ont multiplié les initiatives pour renforcer les capacités des forces de défense et de sécurité, tout en consolidant les dispositifs judiciaires de lutte contre le terrorisme.

    La France, de son côté, cherche à maintenir une coopération stratégique avec plusieurs États ouest-africains malgré les bouleversements géopolitiques observés dans la sous-région. Dans plusieurs pays du Sahel, les relations avec Paris se sont fortement dégradées ces dernières années, ouvrant une période de recomposition diplomatique. Dans ce contexte, le Togo apparaît de plus en plus comme un partenaire stable et pragmatique aux yeux des autorités françaises.

    Au-delà des questions sécuritaires, cette rencontre traduit également une volonté de renforcer les échanges techniques entre les systèmes judiciaires des deux pays. La coopération pourrait concerner plusieurs domaines, notamment la formation des magistrats, la lutte contre la criminalité transnationale, la cybercriminalité ou encore le partage d’expertise judiciaire.

    La présence des drapeaux européens lors de cette rencontre n’est pas anodine. Elle illustre aussi l’intérêt croissant des partenaires européens pour la stabilité du golfe de Guinée, devenu un espace stratégique dans la lutte contre l’expansion des menaces terroristes vers les pays côtiers.

    En affichant publiquement son soutien au Togo, Gérald Darmanin envoie ainsi un signal politique fort : face aux défis sécuritaires et aux tentatives de déstabilisation, Paris entend maintenir une coopération étroite avec Lomé.

  • Ali Bongo contre son propre camp

    Ali Bongo contre son propre camp

    Affaibli mais déterminé à reprendre le contrôle du Parti démocratique gabonais, Ali Bongo Ondimba relance la bataille politique depuis son exil, au risque de rallumer de profondes fractures au sein de l’ancien parti au pouvoir.

    Donné politiquement affaibli depuis le coup d’État du 30 août 2023 qui a mis fin à son règne, Ali Bongo Ondimba semble pourtant loin d’avoir renoncé à la bataille politique. Depuis son exil entre Londres et Paris, l’ancien chef de l’État multiplie les offensives juridiques et politiques pour reprendre le contrôle du Parti démocratique gabonais (PDG), l’ancien parti au pouvoir fondé par son père, Omar Bongo Ondimba.

    L’ex-président, renversé par les militaires dirigés par Brice Clotaire Oligui Nguema, conteste ouvertement la légitimité de la direction actuelle du PDG. Dans plusieurs correspondances adressées aux responsables du parti depuis Paris, il affirme demeurer le président légal de la formation politique et menace de saisir pleinement la justice pour faire annuler les décisions prises contre lui depuis 2024.

    Cette stratégie marque un tournant. Longtemps silencieux après sa chute, Ali Bongo adopte désormais une posture de chef d’opposition interne au sein même de l’appareil qu’il a dirigé pendant près de quinze ans. Ses proches dénoncent une “usurpation” de la direction du parti et accusent les nouveaux dirigeants d’avoir organisé sa mise à l’écart en profitant de son état de santé fragile.

    Victime d’un accident vasculaire cérébral en 2018, l’ancien président apparaît diminué physiquement et éprouve encore des difficultés à se déplacer et à s’exprimer. Mais malgré cette fragilité visible, il refuse manifestement de quitter définitivement la scène politique gabonaise. En mars dernier, il a même réaffirmé publiquement sa volonté de conserver les rênes du PDG, tout en assurant qu’il ne briguerait plus de mandat national.

    Ce retour annoncé risque toutefois de raviver les fractures déjà profondes au sein du parti. Depuis le renversement du régime Bongo, plusieurs cadres du PDG tentent de reconstruire une formation capable de survivre à la chute de son ancien leader historique. Certains responsables estiment désormais qu’un retour d’Ali Bongo compromettrait les efforts de repositionnement politique engagés depuis deux ans.

    En interne, la bataille s’annonce donc explosive. Entre les fidèles de l’ancien président et ceux qui souhaitent tourner définitivement la page du système Bongo, le PDG pourrait replonger dans une guerre de leadership aux conséquences imprévisibles. Et dans un Gabon en pleine recomposition politique, le retour au premier plan d’Ali Bongo pourrait rapidement redevenir un facteur majeur de tensions nationales.

  • Le mystère autour du retrait de reconnaissance de Togbui Lanklivi intrigue

    Le mystère autour du retrait de reconnaissance de Togbui Lanklivi intrigue

    Entre silence officiel, spéculations politiques et interrogations sur les véritables motifs de la décision, le retrait de reconnaissance de Togbui Lanklivi 1er continue d’alimenter un vif débat dans l’opinion togolaise.

    Le retrait de l’arrêté de reconnaissance de Togbui Adjikou Lanklivi 1er, chef traditionnel du quartier d’Adakpamé Kpota-Colas, à Lomé, continue de susciter interrogations et commentaires au sein de l’opinion. Depuis l’annonce de cette décision, aucune explication officielle détaillée n’a été rendue publique par les autorités compétentes, laissant place à de nombreuses interprétations dans les milieux politiques et sociaux.

    Dans un contexte où la chefferie traditionnelle demeure une institution sensible, à la fois culturelle et politique, plusieurs observateurs s’interrogent sur les véritables raisons ayant conduit à cette mesure administrative. D’autant plus que le sujet touche une personnalité connue pour ses prises de position publiques et son influence dans une zone souvent considérée comme acquise à l’opposition.

    Selon des informations relayées dans certains médias locaux et sur les réseaux sociaux, une première explication évoquée ferait état d’un incident protocolaire lors d’une cérémonie de présentation de vœux au président du Conseil, Faure Gnassingbé. D’après cette version, une liste restreinte de chefs traditionnels autorisés à participer à l’événement aurait été établie en amont, et le nom du chef d’Adakpamé Kpota-Colas n’y figurait pas initialement.

    Toujours selon ces mêmes sources non officielles, Togbui Lanklivi aurait finalement intégré la délégation avant d’outrepasser le temps prévu pour les échanges individuels avec le chef de l’exécutif. Certains commentaires présentent cet épisode comme l’élément déclencheur du retrait de son arrêté de reconnaissance.

    Toutefois, aucune autorité officielle n’a confirmé publiquement cette version des faits. À ce stade, il convient donc de traiter ces informations avec prudence, faute de communication administrative claire permettant d’établir les circonstances exactes de la décision.

    Cette absence d’explications nourrit naturellement les spéculations. Plusieurs observateurs estiment en effet qu’une simple question protocolaire paraît insuffisante, à elle seule, pour justifier une mesure aussi lourde de conséquences symboliques et institutionnelles.

    Le sujet devient d’autant plus sensible que le chef traditionnel s’était illustré ces dernières années par des prises de position perçues comme favorables au pouvoir dans un quartier politiquement réputé critique envers les autorités. Son positionnement lui avait valu autant de soutiens que de critiques dans l’espace public.

    Parallèlement, certains analystes évoquent également un autre élément ayant pu alimenter les débats. Ces derniers mois, Togbui Lanklivi avait effectué un séjour remarqué au Bénin durant la période électorale béninoise. Au cours de différentes interventions publiques relayées localement, il avait salué l’organisation du scrutin béninois ainsi que le climat politique observé sur place.

    Là encore, aucune preuve ne permet d’établir un lien entre ces déclarations et la décision administrative prise à son encontre. Mais dans certains cercles d’opinion, ces propos ont été interprétés comme des comparaisons indirectes avec le contexte politique togolais, ce qui alimente aujourd’hui les discussions.

    Dans ses déclarations attribuées par plusieurs médias, le chef traditionnel aurait notamment insisté sur la stabilité institutionnelle, l’importance de la confiance électorale et la nécessité de transformer la légitimité politique en résultats concrets pour les populations. Des propos qui, selon certains commentateurs, auraient pu être diversement appréciés.

    En l’état actuel des choses, aucune version officielle ne permet toutefois de confirmer ou d’infirmer ces hypothèses. Et c’est précisément ce silence qui intrigue une partie de l’opinion. Beaucoup jugent, en effet, curieux que ni le ministère de tutelle ni l’intéressé lui-même ne communiquent clairement sur une affaire aussi importante que passionnante pour le débat public. Une clarification officielle permettrait sans doute d’éviter les rumeurs, les interprétations excessives et les procès d’intention qui prospèrent actuellement autour de ce dossier sensible.

    Dans un climat politique où chaque signal est scruté avec attention, l’affaire Togbui Lanklivi illustre une nouvelle fois combien les questions liées à la chefferie traditionnelle restent étroitement liées aux équilibres institutionnels et politiques du pays.


  • Médias togolais : l’alerte rouge du PPT

    Médias togolais : l’alerte rouge du PPT

    Malgré une légère progression du Togo dans le classement mondial de la liberté de la presse, le Patronat de la Presse Togolaise dénonce un climat toujours marqué par les intimidations, les arrestations et l’autocensure des journalistes.

    Le Patronat de la Presse Togolaise (PPT) a dressé, mardi à Lomé, un tableau préoccupant de la liberté de la presse au Togo. À travers la publication de son Baromètre 2025 et un plaidoyer en faveur de l’abrogation des peines privatives de liberté dans le futur Code de la presse, l’organisation patronale des médias a dénoncé un climat marqué par les intimidations, les arrestations et l’autocensure croissante dans les rédactions.

    Réuni à Marguo City, dans la commune du Golfe 5, le PPT reconnaît certes une légère amélioration par rapport à l’année 2021, qualifiée de « période la plus sombre de l’ère démocratique » pour les médias togolais. Le classement de Reporters sans frontières, qui fait passer le Togo de la 121e à la 97e place mondiale entre 2025 et 2026, est cité comme un signal positif. Mais pour le PPT, cette progression ne doit pas masquer la persistance des pressions contre les journalistes.

    Dans son rapport, l’organisation recense plusieurs cas d’interpellations, d’agressions, de poursuites judiciaires et de menaces enregistrés entre 2024 et 2026. Parmi les faits évoqués figurent l’arrestation de la journaliste de TV5MONDE Flore Monteau lors de manifestations politiques à Lomé en juin 2025, la suspension de RFI et de France 24 par la HAAC la même année, ou encore l’incarcération des journalistes Loïc Lawson et Anani Sossou après des publications sur les réseaux sociaux.

    Le document cite également plusieurs journalistes victimes d’agressions physiques, d’intimidations ou de procédures judiciaires, notamment Albert Agbeko, Roger Amemavoh ou encore le journal Tampa Express, poursuivi dans plusieurs affaires de diffamation. Le PPT dénonce aussi les redressements fiscaux infligés au journal Liberté, ainsi que des interventions jugées abusives des autorités administratives dans le fonctionnement de certains médias locaux.

    Pour l’organisation, ces événements traduisent un environnement médiatique « sous tension », où les professionnels de l’information évoluent dans un climat d’incertitude permanent. Le PPT estime que cette situation favorise l’autocensure, particulièrement dans les médias critiques du pouvoir.

    Au cœur des préoccupations du Patronat figure surtout le recours au Code pénal contre les journalistes. Le PPT rappelle que la dépénalisation des délits de presse constitue un acquis historique depuis 2004 et juge « inquiétante » la multiplication des arrestations de professionnels des médias sur la base du droit commun.

    L’organisation demande ainsi l’abrogation de plusieurs dispositions du Code de la presse de 2020, notamment celles excluant les réseaux sociaux de la protection accordée aux journalistes. Selon le PPT, ces articles permettent aujourd’hui d’engager des poursuites pénales contre des journalistes pour leurs publications numériques.

    Le Patronat critique également certaines nouvelles dispositions de la loi organique de la HAAC, qu’il considère comme des instruments pouvant favoriser le « musellement » de la presse critique. Les lourdes amendes prévues dans le nouveau Code de la presse inquiètent également l’organisation, qui estime qu’elles risquent d’asphyxier économiquement les médias privés togolais.

    Au-delà des réformes juridiques, le PPT plaide aussi pour la détaxation des intrants d’imprimerie et des équipements de production médiatique afin d’alléger les charges financières des entreprises de presse.

    En conclusion, l’organisation appelle l’ensemble des professionnels des médias, du public comme du privé, à une mobilisation générale pour défendre la liberté de la presse au Togo. Tout en réaffirmant que « la liberté va de pair avec la responsabilité », le PPT invite également les journalistes à davantage de professionnalisme et d’autocritique dans l’exercice de leur métier.

  • Face au terrorisme, le Togo serre les rangs

    Face au terrorisme, le Togo serre les rangs

    Entre soutien international, renforcement militaire et mobilisation des troupes au nord du pays, le Togo intensifie sa riposte face à la menace terroriste qui gagne du terrain dans la sous-région.

    Face à la menace jihadiste qui pèse de plus en plus sur ses frontières septentrionales, le Togo intensifie sa coopération sécuritaire avec ses partenaires internationaux. Cette dynamique s’est illustrée ces derniers jours à Lomé avec le soutien affiché de la Coalition islamique militaire contre le terrorisme, au moment où les autorités togolaises multiplient les initiatives pour consolider le dispositif de défense dans le nord du pays.

    La visite dans la capitale togolaise du secrétaire général de la Coalition islamique militaire contre le terrorisme (IMCTC), le général de division Mohammed Al-Moghedi, marque une nouvelle étape dans la coopération sécuritaire entre Lomé et cette organisation basée à Riyad. Reçu par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Calixte Batossie Madjoulba, le responsable saoudien a échangé avec les autorités togolaises sur les moyens de renforcer la coordination dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.

    Les discussions ont également porté sur la stabilité régionale dans un contexte où plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest restent confrontés à des attaques armées attribuées à des groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda ou à l’État islamique. Depuis plusieurs années, le nord du Togo subit une pression sécuritaire croissante en raison de la progression des groupes armés opérant dans la région sahélienne.

    Au-delà du cadre diplomatique, la coopération entre le Togo et l’IMCTC s’est traduite par une action concrète. Mardi, à Lomé, la coalition a officiellement lancé une initiative de fourniture d’équipements militaires destinés aux forces spéciales antiterroristes togolaises. Cet appui vise à améliorer les capacités opérationnelles des unités engagées sur le terrain, notamment dans les zones sensibles proches des frontières avec le Burkina Faso.

    Pour les autorités togolaises, ce soutien intervient à un moment crucial. Les attaques sporadiques enregistrées ces dernières années dans la région des Savanes ont poussé le gouvernement à revoir sa stratégie sécuritaire, avec un renforcement de la présence militaire et des investissements accrus dans les équipements de défense.

    Cette montée en puissance du dispositif sécuritaire s’accompagne également d’un engagement politique affiché au plus haut niveau de l’État. Il y a quelques jours, le président du Conseil, Faure Gnassingbé, s’est rendu dans le nord du pays pour rencontrer les forces de défense et de sécurité déployées sur le front. Cette visite hautement symbolique visait à galvaniser les militaires engagés dans les opérations de sécurisation et à réaffirmer la détermination des autorités togolaises face à la menace terroriste.

    Sur place, le chef des armées togolaises a salué l’engagement des soldats et insisté sur la nécessité de maintenir une vigilance permanente pour prévenir toute tentative de déstabilisation du pays. Cette présence auprès des troupes traduit la volonté du pouvoir togolais d’afficher une posture de fermeté dans un contexte régional marqué par l’instabilité.

    Le rapprochement avec la Coalition islamique militaire contre le terrorisme confirme également l’ambition du Togo de diversifier ses partenariats sécuritaires. Alors que les défis liés au terrorisme deviennent de plus en plus transnationaux, Lomé cherche à renforcer ses capacités grâce à une coopération accrue avec des organisations internationales et des pays alliés.

    Dans un environnement sécuritaire régional particulièrement tendu, les autorités togolaises espèrent ainsi consolider leur dispositif de défense afin de contenir durablement la menace jihadiste à leurs frontières nord.

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