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Madagascar sous les décombres de Gezani

Le cyclone tropical Gezani a frappé de plein fouet la côte est de Madagascar mardi 10 février, causant une destruction généralisée, des pertes humaines et une crise humanitaire naissante dans plusieurs régions de l’île.

La tempête, extrêmement puissante, a touché terre près de Toamasina, la deuxième ville du pays et principal port maritime, déclenchant des vents violents, des pluies torrentielles et des inondations dès la soirée.

Un bilan humain et matériel préoccupant

Selon le Bureau national de gestion des risques et catastrophes (BNRGC), au moins vingt personnes ont péri, principalement à cause de l’effondrement de maisons et de bâtiments lors du passage du cyclone, et 19 autres ont été blessées. Les victimes ont été recensées surtout dans les zones côtières les plus proches de l’impact, où les conditions étaient les plus extrêmes.

Des témoins sur place décrivent une situation de désolation totale : toitures arrachées, murs effondrés, poteaux électriques tombés, arbres déracinés et rues transformées en rivières de boue et de débris. Même des constructions relativement solides n’ont pas résisté à la force du vent.

Les services météorologiques malgaches ont émis des alertes rouges pour plusieurs régions (dont Analanjirofo, Atsinanana, Analamanga et Betsiboka), signalant le risque imminent de crues soudaines, inondations et glissements de terrain alors que Gezani se déplace vers l’intérieur du pays.

Dévastation à Toamasina : capitale économique en difficulté

Toamasina, cité portuaire d’environ 300 000 habitants, a été la zone la plus durement touchée. En plus des destructions, l’approvisionnement en électricité est coupé dans de larges secteurs et les communications ont été fortement perturbées, compliquant l’organisation des opérations de secours.

Le président malgache, Colonel Michael Randrianirina, récemment arrivé au pouvoir après un coup d’État en octobre, s’est rendu sur place pour évaluer les dégâts et coordonner la réponse des autorités. La journée de mercredi a été déclarée chômée dans plusieurs régions pour permettre aux équipes de secours d’agir sans contraintes, et plusieurs écoles ont été fermées.

Crise humanitaire et défis de reconstruction

Les organismes humanitaires s’inquiètent déjà d’une crise prolongée. Outre les pertes humaines et les dommages directs, des milliers de personnes risquent d’être sans abri, avec des toits détruits et des infrastructures publiques endommagées. Les inondations menacent aussi de contaminer l’eau potable, ce qui accroît les risques sanitaires à court terme.

L’accès aux zones les plus affectées est rendu difficile par les routes et ponts impraticables, ralentissant l’acheminement de l’aide d’urgence. Cette fragilité des réseaux de communication et de transport est une faiblesse structurelle déjà mise en évidence lors de précédents cyclones.

Un contexte de vulnérabilité climatique aggravé

Gezani intervient moins de deux semaines après le cyclone Fytia, qui avait déjà causé des pertes humaines et déplacé des dizaines de milliers de personnes dans le nord et l’ouest de Madagascar. Ce cumul d’événements météorologiques extrêmes met en lumière la vulnérabilité croissante de l’île face aux cyclones, phénomène accentué par le changement climatique, avec des mers plus chaudes et des pluies plus intenses.

Les experts soulignent que les infrastructures souvent fragiles et les ressources publiques limitées rendent Madagascar particulièrement exposée à de tels chocs naturels. La répétition des cyclones chaque saison (de novembre à mars) met à rude épreuve les capacités de réponse du pays et la résilience de ses communautés rurales et urbaines.

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