Catégorie : Santé

  • Drépanocytose : l’Afrique face à une urgence silencieuse qui continue de faucher des milliers de vies

    Drépanocytose : l’Afrique face à une urgence silencieuse qui continue de faucher des milliers de vies

    Chaque 19 juin, la Journée mondiale de la drépanocytose rappelle qu’au-delà d’une maladie génétique, c’est une véritable urgence de santé publique qui frappe particulièrement l’Afrique.

    Longtemps méconnue et insuffisamment prise en compte dans les politiques sanitaires, la drépanocytose demeure aujourd’hui l’une des maladies génétiques les plus répandues et les plus meurtrières au monde. À l’occasion de la Journée mondiale de la drépanocytose, célébrée chaque 19 juin, les professionnels de santé et les organisations internationales multiplient les appels pour une meilleure prévention, un dépistage précoce et un accès équitable aux traitements.

    L’Organisation mondiale de la Santé considère désormais cette pathologie comme un enjeu majeur de santé publique à l’échelle mondiale, avec un impact particulièrement alarmant sur le continent africain.

    Une maladie qui frappe durement l’Afrique

    Les chiffres sont éloquents. En 2021, environ 7,74 millions de personnes vivaient avec la drépanocytose dans le monde, tandis que près de 515 000 nouveau-nés ont vu le jour avec cette maladie. L’Afrique subsaharienne concentre à elle seule près de 80 % des cas recensés à l’échelle mondiale.

    La maladie est particulièrement dramatique chez les enfants. Chaque année, des milliers d’entre eux succombent à des complications qui auraient pourtant pu être évitées grâce à un diagnostic précoce et à une prise en charge adaptée. Selon l’OMS, la drépanocytose est responsable d’une part importante des décès chez les enfants de moins de cinq ans, mais son impact réel reste largement sous-estimé dans de nombreux pays africains en raison de l’insuffisance des systèmes d’enregistrement des décès.

    Plusieurs pays, dont le Nigeria, la République démocratique du Congo, le Ghana, le Cameroun ou encore le Togo, figurent parmi les plus concernés. Cependant, les programmes nationaux de dépistage restent encore insuffisamment développés.

    Une maladie héréditaire, pas contagieuse

    Contrairement à certaines idées reçues, la drépanocytose n’est pas une maladie infectieuse et ne se transmet pas d’une personne à une autre.

    Elle est provoquée par une mutation du gène HBB, responsable de la fabrication de l’hémoglobine, la protéine qui transporte l’oxygène dans le sang. Cette anomalie entraîne la production de globules rouges en forme de faucille qui deviennent rigides, fragiles et susceptibles d’obstruer les vaisseaux sanguins.

    La transmission est exclusivement héréditaire. Lorsqu’un enfant hérite du gène défectueux de ses deux parents, il développe la maladie.

    Les principaux symptômes sont nombreux :

    • des crises douloureuses parfois très intenses ;
    • une anémie chronique ;
    • des infections répétées ;
    • des difficultés respiratoires ;
    • des retards de croissance ;
    • des accidents vasculaires cérébraux ;
    • des atteintes des organes vitaux.

    Des traitements qui permettent aujourd’hui de mieux vivre

    Si la drépanocytose n’est pas encore totalement éradiquée, les avancées médicales des dernières années ont considérablement amélioré la qualité de vie des patients.

    La prise en charge repose d’abord sur le dépistage néonatal, qui permet d’identifier très tôt les enfants atteints afin de prévenir les complications.

    Parmi les traitements disponibles figurent :

    • l’administration régulière de vaccins et d’antibiotiques pour prévenir les infections ;
    • les transfusions sanguines ;
    • les médicaments antidouleur lors des crises ;
    • l’hydroxyurée, qui réduit la fréquence et la gravité des crises douloureuses et améliore l’espérance de vie des patients.

    La greffe de moelle osseuse demeure actuellement le seul traitement potentiellement curatif, mais elle reste peu accessible en Afrique en raison de son coût élevé et de la nécessité de disposer d’un donneur compatible.

    Par ailleurs, la thérapie génique ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques, même si ces innovations restent encore hors de portée pour la majorité des patients africains.

    Faire de la drépanocytose une priorité politique

    Au-delà des avancées scientifiques, le principal défi reste celui de l’accès aux soins. Les experts appellent les gouvernements africains à renforcer le dépistage systématique, améliorer la disponibilité des médicaments et intensifier les campagnes de sensibilisation auprès des populations.

    En cette Journée mondiale de la drépanocytose, le message est clair : cette maladie n’est plus une fatalité. Avec des investissements adéquats, des politiques publiques ambitieuses et une meilleure information des populations, des millions de vies pourraient être sauvées.

    L’Afrique, qui porte aujourd’hui l’essentiel du fardeau mondial, détient également une grande partie des solutions pour inverser la tendance et transformer cette urgence silencieuse en une victoire sanitaire durable.

  • Génie Imhotep 2026 : quand la santé devient un défi de l’intelligence en milieu scolaire

    Génie Imhotep 2026 : quand la santé devient un défi de l’intelligence en milieu scolaire

    À travers savoir, compétition et prévention, « Génie Imhotep » s’impose comme un puissant outil d’éducation à la santé pour la jeunesse togolaise.

    La deuxième saison du jeu éducatif de culture générale en santé et bien-être « Génie Imhotep » a tiré sa révérence samedi à Lomé dans une ambiance festive et riche en émotions. Après plusieurs mois de compétition, cette initiative portée par l’ONG AIMES-AFRIQUE confirme son statut d’outil pédagogique innovant au service de l’éducation sanitaire des jeunes Togolais.

    La cérémonie de clôture s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités du monde de la santé et de l’éducation, parmi lesquelles le Professeur honoraire Dr Serge Michel Kodom, président-fondateur de AIMES-AFRIQUE et initiateur du projet, ainsi que Mme Élise Kakam, représentante du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) au Togo.

    Cette deuxième édition a enregistré une forte mobilisation des établissements scolaires et des partenaires institutionnels, traduisant l’intérêt croissant accordé à la promotion de la santé et du bien-être en milieu scolaire. À travers un format de questions-réponses dynamique, les élèves ont été amenés à approfondir leurs connaissances sur des thématiques essentielles liées à la prévention, à l’hygiène, à la santé reproductive et à l’adoption de comportements favorables au bien-être.

    Dans son allocution, le Dr Serge Michel Kodom a tenu à remercier l’ensemble des acteurs qui ont contribué à la réussite de cette aventure éducative. Il a notamment salué l’accompagnement des ministères en charge de l’Éducation et de la Santé ainsi que l’engagement des enseignants, des encadreurs et des élèves.

    « La mobilisation constante de tous les partenaires a été déterminante pour le succès de cette initiative qui vise à promouvoir durablement la culture de la santé et du bien-être chez les jeunes », a-t-il déclaré.

    Même satisfaction du côté de l’UNFPA. Mme Élise Kakam a félicité les candidats pour leur implication et leur détermination tout au long de la compétition. Elle les a encouragés à poursuivre leurs apprentissages et à partager les connaissances acquises avec leurs camarades.

    « Continuez à croire en vos capacités, à apprendre et à transmettre ce que vous avez appris autour de vous », a-t-elle lancé à l’endroit des participants, tout en soulignant l’importance du soutien du ministère de l’Éducation nationale et de l’implication des acteurs régionaux dans l’extension du projet à l’échelle nationale.

    Sur le terrain de la compétition, cette saison a tenu toutes ses promesses. Pas moins de 27 matchs ont été disputés entre plusieurs établissements scolaires du pays. Chaque confrontation a permis aux candidats de démontrer leurs connaissances tout en développant des compétences telles que l’esprit d’équipe, la gestion du stress et la prise de parole en public.

    La grande finale a opposé le Lycée d’Agoè-Nyivé au Lycée d’Adétikopé dans un duel particulièrement disputé. Au terme d’une rencontre intense, le Lycée d’Agoè-Nyivé s’est imposé avec 310 points contre 270, décrochant ainsi le trophée de cette deuxième édition.

    La joie était immense dans le camp des vainqueurs. La capitaine de l’équipe championne, Mlle Idayatou Kondoou, a attribué cette victoire à la rigueur et à la discipline qui ont caractérisé la préparation de son équipe.

    « Nous n’étions pas certaines de gagner, mais nous avons travaillé sérieusement et nous sommes arrivées à la finale avec confiance », a-t-elle confié avec émotion.

    Malgré la défaite, le Lycée d’Adétikopé est sorti grandi de l’expérience. Sa capitaine, Mlle Ali Bienvenue, a mis en avant les nombreux enseignements tirés de la compétition.

    « Ce concours nous a permis de découvrir nos talents et d’acquérir des connaissances utiles pour notre avenir. Nous repartons motivées et prêtes à relever d’autres défis », a-t-elle affirmé.

    Au-delà du classement final, « Génie Imhotep » apparaît aujourd’hui comme un véritable laboratoire d’apprentissage citoyen. En associant éducation, santé et compétition intellectuelle, le programme contribue à former une jeunesse mieux informée et davantage consciente des enjeux sanitaires.

    Le succès de cette deuxième saison témoigne de la pertinence d’un modèle qui fait de la connaissance un levier de prévention. Une ambition qui pourrait encore gagner en ampleur dans les années à venir et faire de « Génie Imhotep » une référence incontournable de l’éducation à la santé au Togo.

  • Génie Imhotep : Agoè-Centre et Adétikopé en quête de la couronne de l’excellence sanitaire

    Génie Imhotep : Agoè-Centre et Adétikopé en quête de la couronne de l’excellence sanitaire

    Dans une finale très attendue de Génie Imhotep, les lycées Agoè-Centre et Adétikopé s’affrontent pour le sacre national de la culture générale en santé.

    Ce samedi 13 juin 2026 à partir de 10 heures GMT, les regards de la communauté éducative togolaise seront tournés vers un duel intellectuel de haut niveau. En direct sur SOS Docteur TV, le Lycée Agoè-Centre et le Lycée Adétikopé s’affronteront dans le cadre de la « Grande Apothéose » du jeu de culture générale en santé Génie Imhotep, une compétition devenue en quelques mois un véritable phénomène éducatif national.

    Portée par l’ONG AIMES-AFRIQUE à travers SOS Docteur TV, l’initiative dépasse largement le cadre d’un simple concours scolaire. Elle s’inscrit dans une stratégie ambitieuse visant à promouvoir la culture sanitaire, le leadership des jeunes et l’excellence académique dans les établissements secondaires du Togo.

    L’affiche de cette finale met en scène deux établissements qui se sont illustrés tout au long du championnat par leur maîtrise des connaissances liées à la santé, à la science, à la société et à la culture générale. Pour les candidats, l’enjeu est de taille : décrocher le prestigieux trophée de cette première édition nationale et inscrire leur établissement au panthéon de cette compétition innovante.

    Lancée officiellement à l’échelle nationale au début de l’année 2026, la compétition Génie Imhotep mobilise plus de 200 établissements répartis dans les 39 préfectures du pays. Son objectif est clair : faire de la connaissance un outil de prévention et de promotion de la santé auprès des jeunes.

    Selon les promoteurs du projet, Génie Imhotep constitue l’un des piliers des Clubs Santé SOS Docteur TV, un programme qui ambitionne de toucher plusieurs milliers d’élèves togolais à travers des activités éducatives, citoyennes et sanitaires. Les clubs abordent des thématiques majeures telles que la santé mentale, la santé sexuelle et reproductive, la prévention des comportements à risque ou encore le développement du leadership chez les adolescents.

    L’initiative bénéficie du soutien de plusieurs institutions nationales et partenaires, notamment le ministère de l’Éducation nationale, le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et divers acteurs engagés dans la promotion de la santé en milieu scolaire. Comme l’illustre l’affiche officielle de l’événement, la démarche repose sur une synergie entre les secteurs de l’éducation et de la santé afin de bâtir une génération plus responsable et mieux informée.

    À travers SOS Docteur TV, chaîne spécialisée dans l’information sanitaire créée par AIMES-AFRIQUE, les organisateurs entendent également démocratiser l’accès au savoir médical et développer ce qu’ils appellent une véritable « culture sanitaire pour tous ».

    Cette « Grande Apothéose » promet ainsi un spectacle intellectuel captivant où rapidité, réflexion, esprit d’équipe et maîtrise des enjeux de santé feront la différence. Entre le Lycée Agoè-Centre, habitué des grandes compétitions de Génie Imhotep, et le Lycée Adétikopé, déterminé à créer l’exploit, le suspense reste entier.

    Une chose est certaine : au-delà du vainqueur qui sera sacré ce samedi, c’est la promotion du savoir et de la santé qui sortira gagnante de cette grande fête de l’intelligence togolaise.


  • Bienvenu AMOUH: ”Les faux médicaments mettent directement des vies en danger”

    Bienvenu AMOUH: ”Les faux médicaments mettent directement des vies en danger”

    À travers sa 8ᵉ édition prévue à Kpalimé, le Club RFI Togo veut intensifier la sensibilisation contre les faux médicaments et appeler à une mobilisation collective pour protéger la santé publique. C’est ce que souligne dans l’interview ci-après Bienvenu AMOUH, son Coordinateur national, en tirant la sonnette d’alarme.

    Le Club RFI Togo organise prochainement sa 8ᵉ édition d’activités à Kpalimé. Quel est l’objectif principal de cette initiative ?

    Cette 8ᵉ édition, qui se déroulera du 21 au 23 août 2026 à Kpalimé, vise avant tout à sensibiliser les populations aux dangers liés à la consommation des faux médicaments. Nous faisons face à un problème majeur de santé publique qui touche de nombreuses familles. À travers cette rencontre, nous voulons informer, éduquer et mobiliser les citoyens afin qu’ils prennent conscience des risques encourus lorsqu’ils achètent des produits pharmaceutiques dans les circuits informels.

    Pourquoi avoir choisi le thème « Les faux produits, un crime contre l’Humanité » ?

    Ce thème reflète la gravité de la situation. Les faux médicaments ne sont pas de simples produits de mauvaise qualité. Ils mettent directement des vies en danger. Beaucoup sont contrefaits, périmés ou conservés dans des conditions inadaptées. Leur consommation peut entraîner l’aggravation des maladies, des complications graves, voire des décès. Nous considérons donc ce phénomène comme une véritable menace contre la vie humaine.

    Quelle est aujourd’hui l’ampleur du problème au Togo et dans la sous-région ?

    Le phénomène reste très préoccupant. Dans plusieurs pays africains, y compris le Togo, la vente de médicaments de rue est encore largement répandue. Cette situation s’explique notamment par la pauvreté, la difficulté d’accès à certains services de santé et parfois le manque d’information des populations. Malheureusement, de nombreuses personnes continuent de privilégier ces produits sans mesurer les risques qu’elles encourent.

    Quelles activités sont prévues durant cette campagne ?

    Nous avons élaboré un programme riche et diversifié. Des conférences et des panels réuniront des spécialistes de la santé, des acteurs de la société civile et des responsables institutionnels. Des campagnes de sensibilisation de proximité seront également organisées afin d’atteindre le plus grand nombre. Une attention particulière sera accordée aux jeunes et aux populations rurales, qui figurent parmi les catégories les plus vulnérables face à ce fléau.

    Le Club RFI Togo lance également un appel aux partenaires. Pourquoi cet appel est-il important ?

    Parce que la lutte contre les faux médicaments est une responsabilité collective. Pour donner à cette campagne toute son ampleur, nous avons besoin d’un accompagnement financier, matériel et logistique. Les entreprises, les institutions publiques, les organisations internationales et les acteurs de la société civile ont un rôle essentiel à jouer. Leur soutien permettra d’élargir la portée de nos actions et de toucher davantage de communautés.

    Quel message adressez-vous aux autorités et aux citoyens ?

    Nous invitons les autorités à renforcer les contrôles et à intensifier les actions contre les réseaux de distribution illicite. Quant aux citoyens, nous les encourageons à se procurer leurs médicaments exclusivement dans les pharmacies et les structures agréées. Chacun a une part de responsabilité dans cette lutte.

    Quel impact espérez-vous à l’issue de cette 8ᵉ édition ?

    Nous souhaitons provoquer une prise de conscience durable. Au-delà de l’événement, notre ambition est de créer un véritable mouvement citoyen contre les faux médicaments. À Kpalimé, en août prochain, nous voulons faire entendre un cri d’alarme et susciter une mobilisation générale pour protéger la santé et sauver des vies.



  • Destruction des drogues : le Togo verrouille la sécurité sanitaire et environnementale

    Destruction des drogues : le Togo verrouille la sécurité sanitaire et environnementale

    Au Togo, la destruction des substances psychoactives obéit à un dispositif rigoureux associant plusieurs ministères afin de protéger à la fois la santé publique et l’environnement.

    La destruction des substances psychoactives et autres produits prohibés au Togo ne s’improvise pas. Elle répond à un processus strict, encadré par plusieurs institutions de l’État afin de garantir la sécurité des populations et la préservation de l’environnement. C’est le message principal délivré par le Dr Francis Balaka, coordonnateur du Programme national des addictions aux produits psychoactifs au ministère de l’Agriculture, lors d’une rencontre d’échanges avec les membres du Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN-Togo).

    Face aux journalistes, le spécialiste a levé le voile sur les mécanismes qui entourent la destruction des substances saisies ou retirées de la circulation. Il a expliqué que chaque opération est soumise à une procédure rigoureuse impliquant plusieurs départements ministériels, notamment ceux de la Santé, de l’Environnement, de la Justice et de l’Administration territoriale.

    Selon Dr Francis Balaka, la justice joue un rôle central dans le processus en veillant à la régularité des opérations. Avant toute destruction, les autorités judiciaires sont saisies afin de garantir le respect des dispositions légales en vigueur. De son côté, le ministère chargé de l’Environnement procède à l’évaluation du site retenu pour s’assurer que l’opération ne présente aucun danger pour les écosystèmes ou les populations riveraines.

    Des méthodes adaptées à chaque substance

    Le coordonnateur a insisté sur le fait que toutes les substances psychoactives ne sont pas détruites de la même manière. La méthode choisie dépend de la nature du produit concerné ainsi que de son niveau de dangerosité.

    « Tous les produits ne sont pas détruits de la même manière », a-t-il souligné. Certaines substances sont enfouies dans des conditions sécurisées, d’autres sont incinérées dans des installations adaptées, tandis que certaines peuvent être détruites par brûlage contrôlé. Ces choix techniques visent à réduire les risques de pollution et à protéger la santé publique.

    Sensibiliser sur les enjeux des addictions

    Cette rencontre avec REMAPSEN-Togo s’inscrit dans une dynamique de sensibilisation et d’information sur les enjeux liés aux substances psychoactives. Elle a permis aux professionnels des médias de mieux comprendre les mécanismes de gestion de ces produits et les mesures prises par les autorités pour limiter leurs impacts sur la société.

    À travers cette démarche, le Programme national des addictions aux produits psychoactifs entend renforcer la collaboration avec les médias afin de mieux informer le public sur les risques associés à ces substances et sur les actions engagées par le gouvernement pour assurer une destruction sécurisée, transparente et respectueuse de l’environnement.

  • « Ce que contient vraiment le cube » : les révélations troublantes d’un ex-employé à Lomé

    « Ce que contient vraiment le cube » : les révélations troublantes d’un ex-employé à Lomé

    Ancien agent d’une entreprise de fabrication de bouillons culinaires à Lomé, un ex-employé lève le voile sur les procédés de production des célèbres « cubes » de cuisine et met en garde contre une consommation excessive de ces exhausteurs de goût.

    Les bouillons de cuisine, communément appelés « cubes », occupent une place importante dans les habitudes culinaires de nombreux foyers togolais. Utilisés pour relever le goût des sauces, soupes et autres préparations, ils sont pourtant régulièrement pointés du doigt par des consommateurs et des professionnels de santé qui s’interrogent sur leurs effets à long terme. À Lomé, les révélations d’un ancien employé d’une société spécialisée dans leur fabrication relancent le débat.

    Souhaitant conserver l’anonymat, cet ex-ouvrier affirme avoir participé au processus de production de ces bouillons culinaires pendant plusieurs années. Selon lui, les ingrédients utilisés sont loin de l’image que renvoient certains emballages.

    « Les produits qu’on utilise pour fabriquer le cube n’ont rien à voir avec les ingrédients naturels que les consommateurs imaginent. On utilise principalement du sucre, du sel et plusieurs autres composants. À cela s’ajoute une substance appelée arôme, qui donne au produit son goût spécifique », explique-t-il dans des propos rapportés par le confrère Letabloid.

    D’après son témoignage, les différentes variétés commercialisées, notamment celles présentées comme étant au poulet ou à la crevette, ne contiendraient pas nécessairement les ingrédients auxquels elles font référence. « Ce sont les arômes qui permettent de reproduire ces saveurs. C’est ce qui fait la différence entre les produits », soutient-il.

    L’ancien employé affirme également que les quantités de sucre et de sel utilisées dans la fabrication seraient importantes. Une situation qui, selon lui, devrait interpeller les consommateurs à l’heure où les autorités sanitaires multiplient les campagnes de sensibilisation contre les excès de sodium et de sucre dans l’alimentation.

    « On nous déconseille souvent de consommer trop de sel ou trop de sucre. Pourtant, ce sont des éléments qui entrent dans la composition de ces produits », indique-t-il.

    Ces déclarations interviennent dans un contexte où les maladies non transmissibles, notamment l’hypertension artérielle, le diabète et certaines maladies cardiovasculaires, connaissent une progression dans plusieurs pays africains. Toutefois, les spécialistes soulignent qu’aucun aliment pris isolément ne peut être considéré comme responsable de ces pathologies. C’est généralement l’excès et le déséquilibre alimentaire global qui augmentent les risques pour la santé.

    Pour limiter l’usage des cubes, l’ancien ouvrier recommande de privilégier les ingrédients naturels locaux. Il cite notamment l’oignon, l’ail, le gingembre ou encore certains champignons, capables selon lui de rehausser le goût des plats sans recourir systématiquement aux bouillons industriels.

    Si les fabricants défendent la conformité de leurs produits aux normes alimentaires en vigueur, ce témoignage remet en lumière une question essentielle : celle de la composition des aliments consommés quotidiennement et de la nécessité pour les consommateurs de s’informer davantage sur ce qu’ils mettent dans leurs assiettes.

  • UL- SOS Docteur TV : le pari du concret

    UL- SOS Docteur TV : le pari du concret

    L’Université de Lomé et la chaîne panafricaine SOS Docteur TV unissent leurs forces pour offrir aux étudiants des formations plus pratiques et mieux adaptées aux réalités du monde professionnel.

    L’Université de Lomé franchit une nouvelle étape dans sa politique de professionnalisation des formations. Ce 21 mai 2026, l’institution universitaire, à travers l’Institut des Sciences de l’Information, de la Communication et des Arts (ISICA), a officiellement signé une convention de partenariat avec l’ONG AIMES-Afrique et sa chaîne thématique SOS Docteur TV. L’accord vise principalement à renforcer les compétences pratiques des étudiants dans les domaines de l’information, de la communication et de l’audiovisuel.

    La cérémonie de signature s’est déroulée en présence des responsables universitaires, enseignants-chercheurs, étudiants ainsi que des représentants de AIMES-Afrique et de SOS Docteur TV. Elle a été présidée par le président de l’Université de Lomé, le Professeur Kossivi Hounaké.

    À travers ce partenariat, les deux institutions affichent une ambition commune : rapprocher davantage le monde académique des réalités professionnelles afin de faciliter l’insertion des jeunes diplômés sur le marché de l’emploi.

    Passerelle entre théorie et pratique

    Prenant la parole lors de la cérémonie, le Président Fondateur de AIMES-Afrique et CEO de SOS Docteur TV, le Professeur Honoraire Docteur Serge Michel Kodom, a salué un partenariat qu’il considère comme structurant pour la jeunesse africaine.

    Selon lui, cette convention dépasse largement le cadre d’un simple acte administratif. Elle symbolise avant tout la rencontre entre le savoir académique et les réalités du terrain.

    « Cette cérémonie marque bien plus qu’un simple acte administratif, elle symbolise la rencontre entre le monde académique et le monde professionnel, mais surtout la rencontre entre le savoir, la pratique et l’action concrète sur le terrain », a-t-il déclaré devant l’assistance.

    Le Professeur Honoraire a insisté sur la nécessité d’adapter davantage les formations universitaires aux exigences du secteur médiatique moderne. Dans un environnement où les métiers de la communication et de l’audiovisuel évoluent rapidement, il estime indispensable de permettre aux étudiants d’acquérir des expériences pratiques avant même leur entrée dans la vie active.

    Grâce à cette convention, les étudiants de l’ISICA pourront désormais bénéficier de stages pratiques, d’immersions professionnelles, de formations spécialisées ainsi que d’un accompagnement dans le domaine du journalisme de santé, un secteur encore peu développé dans plusieurs pays africains.

    Pour les initiateurs du projet, l’objectif est de former une nouvelle génération de professionnels, capables de produire des contenus de qualité, de lutter contre la désinformation et de sensibiliser efficacement les populations sur les questions sanitaires.

    Défi de la désinformation sanitaire

    Au-delà de l’aspect purement académique, les responsables de SOS Docteur TV entendent également mettre l’accent sur l’éducation sanitaire des populations africaines. Le Professeur Kodom a d’ailleurs souligné le rôle stratégique que peut jouer une télévision spécialisée dans la santé dans un contexte marqué par la circulation massive de fausses informations.

    Selon lui, les médias spécialisés ont aujourd’hui une responsabilité importante dans la prévention des crises sanitaires et dans la diffusion d’informations fiables auprès des populations.

    « La santé médiatique devient donc un investissement économique stratégique », a-t-il affirmé, invitant les étudiants à saisir pleinement cette opportunité de formation et d’insertion professionnelle.

    Cette orientation vers le journalisme de santé prend une dimension particulière depuis la pandémie de COVID-19, période durant laquelle les médias ont joué un rôle central dans la sensibilisation des populations sur les gestes barrières, la vaccination et les mesures de prévention.

    Vision portée par l’Université de Lomé

    Du côté de l’Université de Lomé, ce partenariat s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation et de professionnalisation des formations universitaires.

    Le président de l’institution, le Professeur Kossivi Hounaké, a rappelé que la professionnalisation constitue l’un des axes majeurs de son mandat. Pour lui, l’université ne peut plus se limiter à la transmission théorique des connaissances. Elle doit également préparer concrètement les étudiants aux réalités du marché du travail.

    Le président de l’université a salué l’engagement du Professeur Kodom, qu’il considère comme « un citoyen modèle qui s’engage véritablement pour notre pays ». Et d’ajouter que cette convention permettra désormais aux étudiants de disposer d’un véritable laboratoire professionnel où ils pourront expérimenter leurs connaissances et développer leurs compétences techniques.

    Le Professeur Hounaké a toutefois insisté sur la nécessité de rendre ce partenariat pleinement opérationnel afin qu’il produise des résultats tangibles. « Nous ne sommes pas dans la gouvernance spectacle, mais dans la gouvernance action », a-t-il martelé, appelant les responsables des deux institutions à faire de cette coopération un modèle de collaboration entre université et monde professionnel.

    Acteur médiatique en pleine expansion

    Créée en 2020 par l’ONG AIMES-Afrique à Lomé, AIMES-Afrique a lancé SOS Docteur TV avec pour objectif de rendre l’information sanitaire accessible au plus grand nombre.

    La chaîne panafricaine, spécialisée dans la santé et le bien-être, diffuse 24 heures sur 24 des programmes consacrés à la prévention, à la nutrition, au sport santé, à l’information médicale et à la sensibilisation des populations.

    Durant la pandémie de COVID-19, SOS Docteur TV s’est particulièrement illustrée grâce à ses émissions éducatives sur les gestes barrières, les traitements préventifs et la vaccination.

    Accessible sur le bouquet CANAL+, au canal 6 au Togo et au canal 440 en Afrique, la chaîne est également disponible en streaming sur ses plateformes numériques et via son application mobile.

    SOS Docteur TV dispose par ailleurs de clubs santé implantés dans plusieurs collèges et lycées du Togo. Ces structures servent de relais de sensibilisation auprès des jeunes sur les questions sanitaires et de bien-être.

    Avec cette convention signée avec l’Université de Lomé, la chaîne entend désormais jouer un rôle encore plus actif dans la formation des futurs professionnels des médias au Togo et en Afrique.

    Le promoteur de la chaîne, le Professeur Honoraire Dr KODOM Serge Michel, médecin interniste, spécialisé journalisme médical et en diplomatie de la santé compte mettre ses compétences dans l’encadrement de la nouvelle génération de journalistes dans le domaine de la santé.

    SOS DOCTEUR TV, première chaîne panafricaine spécialisée dans la santé, basée à Lomé, entièrement digitalisée, disponible également sur le bouquet Canal + (n°6 au Togo et n°440 en Afrique), sur satellite MP4, a su s’imposer comme média thématique ” santé et bien-être ” partenaire de l’OOAS et Africa CDC de l’Union Africaine.

  • L’Afrique mise sur la génomique pour révolutionner ses soins de santé

    L’Afrique mise sur la génomique pour révolutionner ses soins de santé

    À Nairobi, un partenariat scientifique africain soutenu par un investissement de 3,5 millions de dollars vient de franchir une étape décisive dans le développement de la médecine de précision sur le continent. Annoncée en marge du sommet régional du World Health Summit Regional Meeting 2026, cette initiative ambitionne de renforcer durablement les capacités africaines en génomique, avec le Kenya et la Côte d’Ivoire comme premiers pays pilotes.

    Le partenariat réunit Biolinx Africa, YTO Foundation et Nextgen Molecular Lab autour d’un objectif commun : rapprocher la médecine de précision des populations africaines grâce à des infrastructures de pointe et à une production de données génomiques pilotée par des scientifiques africains.

    Nouvelle génération

    Au cœur du projet figure l’acquisition d’une plateforme de séquençage NovaSeq X Plus, développée par Illumina. Cette technologie de séquençage à grande échelle permettra d’accélérer l’analyse génétique et de soutenir la recherche médicale sur le continent.

    La première phase du programme s’étendra sur 24 mois. Elle prévoit le renforcement des capacités de séquençage, la formation de compétences locales, ainsi que la création d’une feuille de route commune entre le Kenya et la Côte d’Ivoire. Les partenaires espèrent ainsi jeter les bases d’une infrastructure génomique durable capable d’alimenter les politiques de santé publique africaines.

    Lors d’une table ronde organisée à huis clos à Nairobi, chercheurs, régulateurs, investisseurs et organisations internationales de santé ont échangé sur les défis qui freinent encore le développement de la génomique en Afrique. Parmi eux figurent le manque d’infrastructures, le déficit de financement et la faible représentation des populations africaines dans les bases de données génétiques mondiales.

    Correction

    L’Afrique possède pourtant la plus grande diversité génétique humaine au monde. Malgré cela, les populations africaines restent largement absentes des grandes études génomiques internationales. Une situation qui entraîne souvent des diagnostics erronés, des interprétations inexactes des analyses médicales et des traitements moins efficaces.

    Pour le Dr Robert Karanja, le moment est venu de transformer les discours en actions concrètes. « La génomique en Afrique doit passer de la conversation à la capacité opérationnelle », a-t-il déclaré, soulignant que ce partenariat vise à mettre « l’infrastructure, l’investissement et le leadership scientifique africain au service d’un agenda concret ».

    Même constat pour le Professeur David Téa Okou, spécialiste en génétique moléculaire clinique. Selon lui, le projet permettra de produire des données davantage adaptées aux réalités africaines afin d’améliorer la prise en charge des patients. « De meilleures données, de meilleurs soins », résume-t-il.

    Médecine de précision

    Cette initiative intervient alors que la médecine de précision prend une place croissante dans les politiques sanitaires africaines. L’AUDA-NEPAD considère déjà la génomique comme une priorité scientifique stratégique. De son côté, le Africa CDC indique que plusieurs pays africains ont lancé ou finalisé des stratégies nationales en génomique.

    En février 2026, l’Organisation mondiale de la Santé a également adopté une résolution encourageant les investissements dans la génomique, la bioinformatique et la pharmacogénomique.

    Pour le Dr George Michuki, ces avancées pourraient transformer la prise en charge des cancers et d’autres maladies chroniques. Il estime que la pharmacogénomique permettra progressivement d’adapter les traitements aux profils génétiques des patients africains.

    Réseau scientifique africain

    Au-delà de l’investissement financier, ce projet symbolise aussi la montée en puissance des collaborations scientifiques africaines. Le Dr Karanja et le Professeur Téa Okou se sont rencontrés grâce à l’initiative African Voices of Science, lancée par Speak Up Africa pour promouvoir l’expertise scientifique africaine.

    Pour Fara Ndiaye, cette alliance démontre que les solutions de santé portées par des Africains peuvent désormais s’imposer à l’échelle continentale. Les partenaires envisagent déjà une expansion du programme vers d’autres pays africains à mesure que les infrastructures et les collaborations se consolideront.

  • Former pour prévenir les dérives chez les jeunes

    Former pour prévenir les dérives chez les jeunes

    À Dapaong, des enseignants des Savanes se mobilisent et se forment pour mieux armer les adolescents face aux défis de la santé sexuelle et des valeurs dans un contexte en pleine mutation. Sous l’impulsion de l’ONG AIMES-AFRIQUE.

    À Dapaong, des enseignants mieux armés pour encadrer les adolescents

    Du 22 au 24 avril 2026, la ville de Dapaong, dans la région des Savanes, a accueilli un atelier de formation d’envergure à l’endroit des membres du comité régional des enseignants encadreurs des clubs santé. Organisée par l’ONG AIMES-AFRIQUE, avec l’appui du Ministère de l’Éducation nationale et de l’UNFPA, cette session s’inscrit dans une dynamique de renforcement des compétences des acteurs éducatifs face aux défis croissants liés à la santé sexuelle et au développement des adolescents.

    Défis contemporains

    Dans un contexte marqué par l’influence grandissante des réseaux sociaux et la persistance de nombreux tabous autour de la sexualité, les jeunes se retrouvent souvent exposés à des informations erronées ou incomplètes. Face à cette réalité, l’école apparaît comme un cadre privilégié pour apporter des réponses adaptées.

    C’est dans cette optique que les 21 membres du comité régional des encadreurs des clubs santé de la région des Savanes ont été réunis autour du thème de l’Éducation aux Valeurs et à la Santé Sexuelle (EVSS). L’objectif est clair : doter ces enseignants d’outils pédagogiques et de connaissances solides pour mieux accompagner les élèves dans leur développement personnel, social et sanitaire.

    Levier de transformation

    Mis en place progressivement depuis octobre 2023 et généralisés à l’échelle nationale en mars 2024, les clubs santé s’imposent aujourd’hui comme un dispositif structurant dans le système éducatif togolais. Portés par AIMES-AFRIQUE, ils constituent de véritables espaces d’échange, d’écoute et de sensibilisation pour les élèves.

    Ces clubs reposent sur une approche participative innovante. À travers des activités interactives, notamment les jeux éducatifs comme « Génie Imhotep », les élèves sont encouragés à produire eux-mêmes des contenus éducatifs destinés à leurs pairs. Ils deviennent ainsi des relais d’information, des éducateurs et même des ambassadeurs de la santé au sein de leurs établissements.

    Richesse

    La formation de Dapaong, première du genre depuis l’installation officielle des comités régionaux en février 2026, a abordé plusieurs thématiques essentielles. Parmi elles figurent le genre, la santé sexuelle et reproductive, les droits et responsabilités des jeunes, les relations interpersonnelles ainsi que la prévention des violences basées sur le genre (VBG).

    Les participants ont également été formés sur des modules spécifiques tels que les méthodes contraceptives, la citoyenneté sexuelle ou encore la lutte contre les grossesses précoces en milieu scolaire. Autant de problématiques qui touchent directement la jeunesse et nécessitent une prise en charge adaptée.

    Des guides pédagogiques et des outils pratiques ont été mis à disposition des enseignants afin de faciliter la transmission des connaissances au sein des clubs santé. L’objectif est de garantir un encadrement de qualité, capable d’influencer positivement les comportements des élèves.

    Sexualité responsable

    Au cœur des échanges, la question des tabous liés à la sexualité a occupé une place importante. Pour les experts, il est impératif de libérer la parole afin de mieux sensibiliser les jeunes.

    « Les tabous sur la sexualité persistent encore et il faudrait sauter les verrous et aider les jeunes dans la sexualité positive », a souligné le Dr Michel Kodom, président fondateur d’AIMES-AFRIQUE.

    Cette approche vise à promouvoir une sexualité responsable, fondée sur le respect de soi et des autres, tout en prévenant les risques liés aux comportements à risque.

    Renforcement

    Les comités régionaux des encadreurs des clubs santé jouent désormais un rôle clé dans la mise en œuvre du programme. En tant qu’organes déconcentrés, ils assurent la coordination des activités au niveau des préfectures, des inspections et des établissements scolaires.

    La formation de Dapaong a ainsi permis de consolider cette dynamique en renforçant les capacités des encadreurs et en harmonisant les méthodes d’intervention. Elle a été coordonnée par des experts du Ministère de l’Éducation nationale, notamment Méatchi Bakar, point focal santé et alimentation, et Passa Tchilabalo, chef division de la vie scolaire et des projets d’établissements à la Direction de l’Enseignement secondaire général.

    Impact durable

    L’un des points forts du programme repose sur son approche en cascade. Les enseignants formés sont appelés à transmettre les connaissances acquises à leurs collègues et aux élèves, créant ainsi un effet multiplicateur.

    Cette stratégie vise à toucher un maximum de jeunes et à renforcer durablement l’impact des clubs santé dans les établissements scolaires. À terme, il s’agit de contribuer à la formation d’une génération plus consciente, responsable et mieux informée sur les enjeux liés à la santé et à la citoyenneté.

    Cap sur les autres régions

    Après la région des Savanes, le programme de formation se poursuivra dans les autres régions éducatives du pays, notamment le Grand Lomé, la Maritime, les Plateaux Est et Ouest, la Centrale ainsi que la Kara.

    Cette extension progressive témoigne de la volonté des acteurs impliqués de faire des clubs santé un pilier du système éducatif togolais. En renforçant les compétences des enseignants et en impliquant activement les élèves, cette initiative ambitionne de transformer durablement les comportements et de bâtir une jeunesse épanouie et responsable.

    À travers cette formation, AIMES-AFRIQUE et ses partenaires confirment leur engagement en faveur du bien-être des jeunes. À Dapaong, un pas important vient d’être franchi dans la construction d’un avenir où l’éducation à la santé et aux valeurs occupe une place centrale.

  • Paludisme : le Bénin sonne l’alerte

    Paludisme : le Bénin sonne l’alerte

    À Cotonou, la Journée mondiale de lutte contre le paludisme a servi de tremplin à un appel urgent à l’action collective pour inverser la tendance alarmante dans l’espace francophone et sauver des millions de vies.

    À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, célébrée le 25 avril 2026, le Bénin s’est imposé comme un carrefour majeur de la mobilisation contre cette maladie qui continue de faire des ravages en Afrique. Du 24 au 26 avril, la capitale économique Cotonou a accueilli une série d’activités de haut niveau réunissant décideurs politiques, partenaires techniques et financiers, chercheurs, jeunes, acteurs de la société civile et figures du sport autour d’un objectif commun : accélérer l’élimination du paludisme dans l’espace francophone.

    Point d’orgue de cette mobilisation, le lancement officiel du rapport intitulé « Un effort collectif contre le paludisme dans l’espace francophone » par le ministre béninois de la Santé, le Pr Benjamin Hounkpatin. Le document met en lumière une situation préoccupante : alors que les pays francophones ne représentent que 13 % de la population mondiale exposée au paludisme, ils concentrent plus de 42 % des cas et 40 % des décès liés à cette maladie.

    Face à ce constat alarmant, le rapport appelle à une intensification des efforts autour de priorités clés, notamment le renforcement du financement, l’innovation, l’implication du secteur privé et la mobilisation de l’ensemble de la société. « Notre région est en première ligne, mais des progrès sont possibles si le leadership politique et la mobilisation collective sont au rendez-vous », a souligné le ministre de la Santé.

    Le Bénin illustre déjà cette dynamique. Entre 2022 et 2025, le pays a presque quadruplé son budget consacré à la lutte contre le paludisme, contribuant ainsi à une réduction significative du fardeau de la maladie. Cette performance repose sur une approche multisectorielle associant autorités publiques, parlementaires, société civile et secteur privé.

    Parmi les acteurs clés de cette mobilisation figure l’organisation Speak Up Africa, dont les initiatives ont permis de transformer cette journée de sensibilisation en un véritable levier d’action. Sa directrice exécutive, Yacine Djibo, a insisté sur l’urgence d’agir collectivement pour sauver des vies et financer durablement la lutte contre le paludisme.

    Les activités organisées à Cotonou ont également mis l’accent sur l’engagement des jeunes et des communautés, à travers des initiatives innovantes mêlant sport, culture et communication. Un tournoi de basketball 3×3, des ateliers de storytelling et un Media Day ont notamment permis de toucher un public élargi.

    L’ancien international sénégalais Khalilou Fadiga a, quant à lui, rappelé le rôle du sport comme vecteur de sensibilisation et de changement social. Au niveau international, les partenaires ont insisté sur la nécessité d’accélérer les efforts dans un contexte de financement sous pression.

    Au-delà du Bénin, les messages portés à Cotonou résonnent dans tout l’espace francophone, où l’urgence d’une action collective renforcée apparaît plus évidente que jamais, à l’approche du Sommet de la Francophonie prévu en novembre 2026.

Radio Renouveau228

Ceci fermera dans 0 secondes