Catégorie : Panier de la Ménagère

  • La pauvreté humaine au Togo : un mal qui devient endémique

    La pauvreté humaine au Togo : un mal qui devient endémique

    Les témoignages se multiplient et font froid dans le dos. Chaque semaine, des dizaines de compatriotes nous décrivent une réalité insoutenable. Hommes et femmes vivent mal, très mal. L’étreinte de la précarité se resserre, au point que certains ménages sont désormais sans le moindre revenu et tirent le diable par la queue, luttant chaque jour pour leur simple subsistance.

    Les Togolais sont, par essence, des travailleurs acharnés et des personnes profondément attachées à leur dignité. La plupart s’investissent dans une petite activité, les femmes se tournant souvent vers le commerce. Pourtant, ce moteur traditionnel de l’économie populaire est en panne. « Les gens n’achètent plus », confie une mère de trois enfants, résumant la crise de la demande qui étrangle le secteur informel.

    Cette spirale infernale n’épargne personne. De nombreux jeunes restent à la charge de leurs familles, incapables de s’insérer dans un marché du travail inexistant. Des malades ne peuvent être soignés, faute de moyens. La vie est dure, et la résignation commence à s’installer. Mais face à cette souffrance, l’apathie n’est pas une option.

    Cette misère grandissante n’est pas le fruit du hasard ou d’une malchance individuelle. Ce que subissent ces personnes et ces familles est la conséquence directe d’un échec économique retentissant, celui d’un gouvernement manifestement incompétent. La solution à cette pauvreté rampante n’est pas personnelle ; elle est éminemment collective et politique.

    Pour que tout change, le régime doit changer. Il est impératif de s’engager, de se battre et d’unir nos forces pour sauver tout le monde de cette descente aux enfers. L’avenir du Togo exige un nouveau cap, une nouvelle vision, et une administration capable de rendre leur dignité aux Togolais. L’heure n’est plus à la compassion individuelle, mais à l’action collective. Debout Togolais, mettons fin au cauchemar!

    Dany K. Ayida

  • Licenciement à Sunu Bank au Togo: grève de protestation ces 24, 25 et 26 septembre

    Licenciement à Sunu Bank au Togo: grève de protestation ces 24, 25 et 26 septembre

    Au Togo, le bras de fer entre Sunu-Bank et le Synbank, suite au licenciement de 42 agents, se poursuit et prend même une tournure inquiétante avec l’annonce d’une grève de trois jours de toutes les institutions bancaires et assurantielles.

    Le syndicat des banquiers du Togo a tenu ce matin à son siège à Lomé, la capitale togolaise, une assemblée générale extraordinaire pour se pencher sur la situation après que 42 agents de Sunu-Bank Togo ont été licenciés, il y a quelques semaines.


    La confirmation de ce licenciement par le conseil d’administration de cette institution financière hier jeudi 11 septembre 2025 a encore mis le feu aux poudres après que la première annonce de mouvement d’humeur de 24 heures a été suspendue à cause de la volonté du gouvernement qui à un moment donné voulait rapprocher les parties sur les fondamentaux.


    Mais contre toute attente, les responsables de la banque Sunu-Togo , à sa tête un directeur général dont la durée d’exercice est dépassée, à en croire les membres du Synbank, aurait manifestement foulé au pied les décisions des autorités togolaises.


    Pour montrer leur soutien à leurs camarades de Sunu-Bank et surtout dans le but de sauver cette corporation au regard de ce qui se trame dans les autres institutions financières du pays, notamment sur le licenciement prochain des certains agents banquiers et autres, les membres du Synbank, soutenu par d’autres syndicats et fédérations syndicales, passent à la vitesse supérieure pour aller à une grève de 72 heures, histoire de montrer à leurs employeurs que ce qui n’est pas possible ailleurs ne doit plus l’être en terre togolaise.


    Unanimement, ils soutiennent ce mouvement de grogne générale qui va se dérouler sur l’ensemble du territoire national les 24, 25 et 26 septembre 2025. Déjà, ils appellent leurs clients à prendre toutes les dispositions afin d’éviter des désagréments que cette grève pourrait leur causer.


    A l’instar de la dernière décision que les autorités gabonaises ont prise dans ce secteur d’activité pour préserver la bonne gouvernance économique dans le secteur bancaire et de micro-finance, ces membres du Synbank invitent les autorités togolaises à emboîter le pas aux autorités du Gabon surtout que c’est la situation qui prévaut à Sunu-Bank Togo qui les incite dans ce sens.


    Pour le Secrétaire général du Synbank, membre de plusieurs fédérations syndicales, les discussions ne sont pas rompues surtout que le Patronat togolais cherche à les rencontrer.

    Il est à signaler que l’organisation internationale du travail (OIT) ne se retrouve pas dans la décision à licencier 42 agents banquiers dans une institution financière pour des raisons économiques dont une majorité des femmes dans cette boîte.


    ” Mais si le gouvernement s’est encore invité pour jouer l’apaisement, nous devons observer cette grève là au moins 24 heures, que désormais nos employeurs nous respectent. Ce qui se passe au Togo ne peut jamais se passer dans un autre pays en Afrique”, a déclaré un syndiqué du Synbank lors des échanges.
    ” Nous ne sommes pas xénophobes. Nous demandons qu’on nous respecte et que les textes soient respectés”, a renchéri un autre.


    Dans l’atmosphère où cette assemblée générale du Synbank s’est déroulée ce matin, il va s’en dire que le soutien de taille des autres syndicats et fédérations à ce mouvement de grogne annoncée ne sera pas rose.
    Vivement que ceux qui s’amusent avec la dignité humaine prennent la mesure de la chose!

  • Koami Gbekou, nouveau président de l’association Tovi Novi

    Koami Gbekou, nouveau président de l’association Tovi Novi

    Les membres de l’association Tovi Novi en assemblée générale élective ce dimanche 7 septembre 2025 à Lomé ont élu Koami Gbekou au poste de président.

    Tovi Novi est dans une nouvelle dynamique. Association humanitaire à but non lucratif basé à Bè Apédomé, à Lomé donc, elle incarne un développement sociocommunautaire avec une détermination d’aider non seulement ses membres mais aussi de participer davantage au progrès de sa localité.

    Ce qui ne peut se faire que si son instance de décision reste active et s’adapte aux réalités d’aujourd’hui. C’est dans cette instance qu’une assemblée générale élective a été organisée ce week-end dans les locaux de l’Institut Aldus.

    Dans le starting-block trois impétrants : Kodjo Ifangne Gbekou,  Octave Kossivi Sewonou et Koami Gbekou. In fine, le choix a été porté sur ce dernier, avec 11 voix contre 9 pour son poursuivant.

    C’est donc à lui de présider désormais les destinées de Tovi Novi pour les trois prochaines années. Un mandat qui lui permettra, assure-t-il, de s’employer à mobiliser les uns et les autres autour des projets de développement, entre autres.

    Dans son programme, le patron de Tovi Novi promet mettre également un accent particulier sur l’initiative personnelle. Pour ce faire, une série de formations est dans le tuyau avec la ferme volonté de faire de cette association une structure autonome, responsable, sur laquelle les autorités coutumières et administratives peuvent compter pour leurs actions de développement.

    Nous y reviendrons.

  • Banques/assurances : avis de réunion du conseil syndical  à Lomé

    Banques/assurances : avis de réunion du conseil syndical à Lomé

    Les délégués syndicaux et du personnel, etc. des banques et assurances vont participer à conseil syndical extraordinaire ce samedi 6 septembre à Lomé.

    Voici la note d’information

  • De femme de chambre à VTC indépendante : grâce à un microcrédit, Ayabavi donne un nouveau cap à sa vie

    De femme de chambre à VTC indépendante : grâce à un microcrédit, Ayabavi donne un nouveau cap à sa vie

    Ayabavi Blewoussi a pu acheter sa voiture et devenir chauffeuse VTC indépendante, grâce à un microcrédit accordé par l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) à Noisiel (Seine-et-Marne). Un tournant professionnel et personnel pour cette mère de quatre enfants devenue entrepreneuse.

    « Vous vous rendez compte ? Je suis passée de femme de chambre à chauffeuse VTC ! » Ayabavi Blewoussi, 49 ans, a du mal à y croire elle-même. Cette mère de quatre enfants, originaire du Togo, vit aujourd’hui sa passion : conduire. Elle est chauffeuse VTC indépendante, patronne de sa propre activité. Une reconversion inimaginable pour celle qui n’avait ni diplôme ni apport financier jusqu’à ce qu’elle pousse la porte de l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie). Grâce à un microcrédit de 10 000 euros, Ayabavi a pu investir dans une voiture, un SUV Lexus, et prendre ainsi un nouveau départ dans sa vie.

    Créée en 1989 par la militante Marie Nowak, l’Adie s’est donné pour mission de rendre le droit d’entreprendre accessible à tous. Son principe est simple : proposer des microcrédits à celles et ceux que les banques refusent de financer. Marie Nowak, surnommée « la banquière de l’espoir », s’est inspirée du modèle de la Grameen Bank au Bangladesh, qui accorde de petits prêts à des paysans sans ressources. Après avoir testé le concept en Afrique de l’Ouest, elle fonde l’Adie en France avec une conviction : tout le monde peut créer son activité.

    La suite sur leparisien.fr

  • Licenciement du SG du SYNBANK : le calme avant la tempête ?

    Licenciement du SG du SYNBANK : le calme avant la tempête ?

    Le sit-in annoncé devant se tenir devant toutes les institutions bancaires et assurantielles ce lundi 25 août au Togo, dans la foulée du licenciement d’une quarantaine d’employés de Sunu Bank, est suspendu. Provisoirement.

    Le vendredi 22 août, 42 employés de Sunu Bank Togo, dont le Secrétaire général du SYNBANK,  sont informés de leur licenciement. Le Syndicat des employés et cadres des assurances du Togo (SYNASSUR) et le Syndicat des employés et cadres des banques, des établissements financiers et des assurances du Togo (SYNBANK) montent au créneau et appellent à un mouvement d’humeur.

    Le choix est porté sur un sit-in devant se tenir devant les institutions bancaires et assurantielles sur l’ensemble du territoire. La date aussi est connue : à compter de ce lundi 25 août 2025.

    C’est parce que, expliquent ces deux organisations syndicales, « l’heure est grave » qu’elles sonnent la mobilisation, convaincues que le renvoi de leurs camarades s’est fait « en violation de toutes les dispositions réglementaires ».

    Suspension provisoire

    A la veille du début du sit-in, Gilbert Bawara, le ministre de la Réforme du service public, du Travail, et du Dialogue social, rencontre les responsables des deux syndicats. La concertation débouche sur une suspension provisoire de la décision de grever. Il est annoncé une nouvelle rencontre destinée à « examiner les problèmes de fond » afin d’ « envisager les solutions idoines ».

    L’objectif, éviter la paralysée des activités des banques et assurances. Une autre concertation doit se tenir ce lundi entre les syndicalistes et les autorités politiques. Un appel à une grève de trois jours en septembre reste dans le tuyaux.

    Nous y reviendrons !

  • Togo. Katanga, le «ghetto» des pêcheurs délogés puis délaissés

    Togo. Katanga, le «ghetto» des pêcheurs délogés puis délaissés

    Reportage · Face à la mer, à l’est du vaste port de la capitale Lomé, ce quartier de pêcheurs est devenu un vrai « ghetto » à la suite du délogement de ses habitants de son ancien emplacement pour l’extension du grand port construit par Bolloré. Malgré la mauvaise réputation et les violences policières, les « Katangais » tentent de maintenir une certaine solidarité et de reconstruire leur lieu de vie.

    Des centaines de petites cabanes posées côte à côte, avec des feuilles de palmiers pour murs et des bâches pour toits : le quartier de pêcheurs de Katanga, niché face à la mer, à une dizaine de kilomètres à l’est de Lomé, la capitale du Togo, détonne au milieu des hôtels, des restaurants, des villas ostentatoires et des grandes usines de la ville. Coincé entre le grand port de la capitale, dirigé jusqu’en 2023 par le groupe français Bolloré, et le nouveau port de pêche – un don des Japonais.

    La situation géographique de Katanga attire depuis longtemps des populations arrivées de différents pays du golfe de Guinée. Togolais, Ghanéens, Béninois et Nigérians… Quelques 3 000 personnes cohabitent dans ce village à l’allure négligée. Deux entrées permettent d’accéder à Katanga : une piste partant de la route du Bénin, ou depuis la plage, en contournant l’embouchure d’un ruisseau grisâtre malodorant qui charrie les déchets des usines environnantes.

    Les difficultés d’accès, à cause de l’éloignement géographique du centre urbain de Lomé et du manque d’infrastructures de transport, conjuguées au caractère « étranger » du lieu, ont cantonné le quartier à une position périphérique. Cette mise à l’écart a nourri le sentiment d’altérité des citadins de la capitale envers cette population d’exilés considérée comme marginale. Amandine Spire, spécialiste des sociétés urbaines et des dynamiques migratoires en Afrique subsaharienne, définit cette marginalité comme « le paradoxe de l’invisibilité de l’identité étrangère », un paradoxe consistant en une invisibilité sociale et politique.

    Ici on parle l’akan, l’adan, l’ashanti et le kabiyè

    Sans représentation, peu reconnu par les institutions, mais loin de passer inaperçu, le quartier attire l’attention par ses pratiques sociales et culturelles atypiques incarnées par la forte présence d’une population considérée comme étrangère. Ce contraste révèle toute la complexité de Katanga : mis à l’écart des circuits officiels de la ville, il n’en occupe pas moins une place bien réelle dans l’imaginaire urbain, comme un espace différent, marginal, et pourtant symboliquement central dans la construction de l’altérité à Lomé.

    La forte diversité communautaire se manifeste clairement dans les espaces de sociabilité de Katanga, marqués par une grande richesse linguistique. Jacques, 37 ans, pêcheur depuis son enfance, habite dans le village voisin de Gbétsogbé, accolé au port de pêche. Pourtant, tout le monde à Katanga le connaît et le salue en passant. « Jack bless », lui lancent-ils. « No one cares », répond-il en souriant. En nous accompagnant, il précise que les langues les plus parlées à Katanga sont l’akan, l’adan, l’ashanti et le kabiyè.

    Ce samedi de mars, sous un soleil brûlant à son zénith, nous empruntons la piste qui mène au quartier depuis la route. Nous traversons des venelles recouvertes de sable noirâtre : des femmes participent à la transformation du poisson, des hommes reprisent des filets de pêche, d’autres reviennent de la mer imprégnés d’une odeur iodée.

    La drogue pour s’évader

    Peu s’aventurent dans ce quartier, réputé dangereux et rempli de « drogués », mais, malgré les déchets omniprésents, les ruelles sont animées et mènent toutes à une place circulaire, le point névralgique du village.

    Installé sur un banc en bois, non loin du bar qui fait vibrer le quartier chaque jour au rythme de l’afrobeat, Khalifa, pantalon en dessous de la taille façon sagging, allume son joint de cannabis avant de le tendre à son « grand frère » Jacques. « On aime porter le pantalon comme ça, comme Tupac », lance Khalifa. Ce pêcheur résidant lui aussi à Gbétsogbé, aime se poser à Katanga pour se détendre après une nuit passée en mer. Deux autres jeunes semblent en transe après avoir consommé du tramadol, un analgésique de la classe des opioïdes très répandu au Togo. Le regard perdu dans l’horizon, ils basculent vers l’avant se pliant sur eux-mêmes, leurs mentons sur le point de toucher leurs genoux, avant de se redresser soudainement, tels des zombies.

    À quelques mètres, des enfants jouent au football avec un ballon déchiqueté. Soudain, arrivant comme par magie au milieu de la fumée, une mère hèle son gamin. Cette femme d’une quarantaine d’années est vendeuse de fruits au port de pêche. « Mon dernier ne veut plus aller à l’école depuis quelques semaines. J’ai essayé de le convaincre mais, pour devenir pêcheur, il pense qu’il n’a plus besoin d’y aller », confie-t-elle.

    Tué à 27 ans lors d’une intervention policière

    Katanga n’est pas seulement le territoire des jeunes fumeurs. Les habitations à même le sable ne sont pas la propriété de ceux qui les occupent. Chaque ménage est tenu de verser une taxe mensuelle de 1 000 F CFA (soit environ 1,53 euro) à l’État, sous peine d’expulsion. Aux yeux du gouvernement, cette forme de « ghettoïsation » ternit l’image de la ville et reste perçue comme un obstacle à son développement urbain. Livrés à eux-mêmes, les habitants de Katanga se plaignent de l’absence de services de nettoyage, un abandon illustré par l’imposante montagne de déchets qui borde le littoral et altère le paysage maritime. Les habitants disent avoir attendu deux ans pour que des techniciens municipaux se rendent enfin sur place, en janvier, afin d’étudier la possibilité d’une nouvelle opération de salubrité.

    La montée des eaux est un autre défi pour le village. L’inaction du gouvernement est perçue comme le signe d’une volonté de se débarrasser du quartier. L’océan engloutit chaque année de cinq à dix mètres de plage et les maisons construites avec des matériaux de fortune sur son passage. Cette situation s’est aggravée avec la construction du port de Lomé, en 1967, et le barrage hydroélectrique d’Akosombo, au Ghana. La modification des fonds marins a précipité, à l’est du port, un départ de sédiments qui contribuaient à limiter l’érosion, et le phénomène a été exacerbé par les effets du changement climatique ainsi que par l’extraction de graviers par les riverains.

    Les installations électriques improvisées, basées sur un système de câblage en araignée relié à un réseau clandestin, exposent les habitants à un risque permanent d’électrocution et d’incendie. Patricia, vendeuse ambulante de fruits, a vu sa maison familiale partir en fumée début décembre 2024. « Nous n’avons pas les moyens de la reconstruire », dit-elle, visiblement éprouvée. Quelques semaines auparavant, la famille avait déjà été frappée par un autre drame : son frère Modcho, 27 ans, avait été tué lors d’une intervention policière visant à démanteler un point de vente de cannabis. Selon plusieurs témoins, Modcho aurait tenté de s’interposer pour empêcher l’arrestation d’une vendeuse. Les policiers auraient alors ouvert le feu. Modcho était l’un des rares soutiens financiers du foyer, dont dépendaient également sa compagne et ses enfants. Depuis l’incendie, la famille est complètement désemparée, livrée à elle-même, sans ressources ni perspectives.

    « On constate une réduction des stocks de poissons »

    Assis en cercle sur le sable, devant la mer, cinq hommes d’une cinquantaine d’années réparent des filets de pêche en sirotant du sodabi, la boisson locale distillée à base de vin de palme.

    La réparation d’un filet de 100 mètres est rémunérée 10 000 F CFA, une somme dérisoire pour deux semaines de travail. Ils ne parlent pas français mais éwé, l’une des langues officielles du Togo, sont analphabètes et n’ont jamais fréquenté l’école. « Nos enfants sont aussi pêcheurs, mais les nouvelles générations prennent d’autres chemins parce qu’on constate une réduction des stocks de poissons », raconte Pascal, débraillé, avec une tenue aussi échevelée que son discours est hésitant. « De plus, les Ghanéens viennent ici avec des embarcations plus sophistiquées et des filets qui ne respectent pas les tailles autorisées. Ils capturent tous nos poissons », poursuit l’ancien pêcheur.

    « Il y a cinquante ans, on pêchait deux fois plus de poissons. Des navires chinois viennent capturer nos espèces avec des filets trop serrés », dénonce David, ancien pêcheur résidant à Katanga. Dans les eaux du Togo, pays du golfe de Guinée, la surpêche et la pêche illégale sont un problème récurrent depuis des décennies. En dépit des efforts du gouvernement togolais, à travers des patrouilles maritimes et le renforcement de la législation en 2016, la pêche illégale représente 37 % des captures.

    « Le gouvernement permet cette situation »

    Au Togo, les conséquences de la surpêche sont aggravées par d’autres facteurs, comme l’absence de période de repos biologique maritime. L’expérimentation par le Ghana de cette trêve imposée pousse les pêcheurs ghanéens à venir pêcher au large des côtes de son voisin, fragilisant davantage son écosystème.

    Face aux navires industriels étrangers, les pêcheurs artisanaux sur leurs petites pirogues motorisées ne font pas le poids. Parfois, voulant pêcher de nuit et profiter des lumières des grands navires stationnés dans le port de Lomé, ils s’approchent trop près et sont pris pour des pirates.

    « Les Ghanéens viennent sur nos côtes et ramassent tous les petits poissons. C’est pour ça qu’on a de moins en moins de gros poissons », raconte Kossivi, qui a dû abandonner la pêche quand sa pirogue s’est cassée. Depuis longtemps, la pêche n’était plus une activité lucrative : « On dépense plus en carburant qu’on ne fait de bénéfices. » Et le quadragénaire de conclure : « Le gouvernement permet cette situation en acceptant l’argent des Ghanéens qui paient une taxe pour violer en toute impunité la loi qui interdit les filets de mailles trop étroites. De plus, les vendeuses de poisson sont elles aussi complices. Elles en profitent. »

    Quand le port de Bolloré délogeait les pêcheurs

    La pêche artisanale représente 99 % de la production totale marine du Togo. Pourtant, les pêcheurs déplorent un manque de soutien du gouvernement à ce secteur qui emploie 20 000 personnes et représente 4,5 % du PIB, selon les chiffres du ministère de l’Économie maritime du Togo.

    Le gouvernement prétexte la nationalité étrangère supposée des habitants de Katanga pour justifier le manque d’investissement en faveur de cette communauté de pêcheurs. Cette dernière se sent abandonnée de l’État et craint à tout moment d’être délogée.

    « On nous a forcés à partir avec la construction du troisième quai du port de Lomé en 2002 », rappelle Cécile, une résidente d’environ 70 ans qui connaît bien l’histoire du quartier. Le souvenir du délogement forcé, pour construire le port de Bolloré, reste encore très présent dans les esprits. Contraints de partir, les gens se sont installés quelques kilomètres plus loin sans aucun dédommagement.

    Les habitants l’appellent le « ghetto »

    En plus de leurs habitations, les pêcheurs perdent alors leur port artisanal. La promesse d’un nouveau port de pêche ne se concrétise que bien plus tard, en 2019. Les pêcheurs dénoncent aujourd’hui des insuffisances dans le chenal d’accès du nouveau port de pêche qui a déjà coûté la vie1 à deux d’entre eux et causé la perte de treize pirogues rien que pour le mois de juillet 2020. « Les vagues doivent être cassées en amont, elles sont trop proches du chenal », explique Kossi, un jeune pêcheur.

    Les stupéfiants en circulation, la prostitution, la pauvreté, l’insalubrité et la délinquance ont fait de Katanga ce que beaucoup considèrent comme la pire banlieue de la capitale. Les habitants eux-mêmes l’appellent le « ghetto ».

    La précarité économique de la pêche (500 F CFA de gains lors d’une mauvaise journée) et le manque d’opportunités en dehors de ce secteur poussent les jeunes à considérer la vente de cannabis comme l’unique option de survie. D’autres formes de délinquance telles que le vol, le braquage ou des règlements de comptes violents ont contribué à stigmatiser cette population au sein de la société loméenne.

    Une mauvaise réputation qui perdure

    Les zemidjans (motos-taxis) refusent de s’y rendre, et les citadins de Lomé déconseillent d’y aller. De fait, les personnes étrangères ne faisant pas partie du village sont perçues avec méfiance et exposées aux braqueurs. Se faire accompagner d’un résident est le seul moyen d’entrer en toute sécurité. Face à cette situation, la communauté s’est organisée pour écarter les bandits. La mauvaise réputation perdure bien que les agressions en plein jour soient de plus en plus rares.

    À l’intérieur, une hiérarchie tirée de la coutume garantit un certain ordre, fidèle aux perceptions de la justice sociale. Loin de s’apitoyer, la population compense la précarité par des formes multiples de solidarité et d’entraide.

    Les conditions de vie engendrées par la précarité et amplifiées par l’isolement de Katanga favorisent une addiction précoce aux stupéfiants. Katanga est devenu un lieu de deal mais aussi un refuge pour celles et ceux qui sont en rupture avec les normes sociales imposées par la famille.

    Vente de cannabis et de repas chauds

    Chez elle, une mère de famille prépare des enveloppes de cannabis pour la vente. « On est nés dedans », explique Jeanne (nom d’emprunt), qui consacre sa vie aux enfants vulnérables. Proche de la soixantaine, elle s’est dévouée corps et âme à nourrir, habiller et scolariser ces mineurs abandonnés à leur sort.

    Pour ce faire, elle utilise une méthode peu orthodoxe : la vente de cannabis et de repas chauds qui lui permet d’assurer un revenu régulier pour financer les besoins de dizaines d’enfants. « Ce n’est pas pour rien qu’on la surnomme “la maman” dans tout Katanga ! », dit Akalai, un jeune que Jeanne a vu grandir. Malgré quelques passages éphémères à la prison civile de Lomé, elle n’a jamais baissé les bras. Elle fait la fierté des habitants de Katanga, qui la protègent même des descentes de police régulières dans le quartier.

    La criminalité et la présence de stupéfiants justifient les opérations inopinées de la gendarmerie à Katanga. « Des grands bandits se réfugient à Katanga. Il y a quelques années, la police n’osait même pas y intervenir », affirme Kokou, habitant de Lomé et fondateur d’un centre culturel. La stigmatisation du quartier engendre parfois des interventions disproportionnées, comme celle qui a coûté la vie à Modcho. Sa famille, résignée, refuse de saisir la justice. « Ça ne sert à rien de porter plainte contre l’État », lâche sa sœur, d’un ton las. Pour sa compagne, la perte est lourde : endeuillée, elle se tourne désormais vers la solidarité de la communauté pour subvenir aux besoins des enfants du couple.

    Source: afriquexxi.info

  • Rectificatif de la rédaction à propos de l’article sur la retraite complémentaire des ex-agents de la TdE

    Rectificatif de la rédaction à propos de l’article sur la retraite complémentaire des ex-agents de la TdE

    La rédaction du site d’informations Renouveau228 tient à revenir sur sa publication en date du 30 juillet 2025, relative à une situation impliquant un groupe d’anciens agents de la Togolaise des Eaux (TdE) au sujet de leur retraite complémentaire.

    Après un examen attentif et une relecture critique de notre démarche éditoriale, nous reconnaissons que l’article publié n’a pas respecté, comme il se doit, les principes fondamentaux du journalisme, notamment l’équilibre de l’information et la vérification rigoureuse des faits auprès de toutes les parties concernées.

    En effet, l’article en question a donné une vision partielle de la situation, en s’appuyant exclusivement sur la version des ex-agents, sans donner à la direction de la TdE l’opportunité de faire entendre sa voix. Ce déséquilibre dans le traitement de l’information a pu laisser croire que l’entière responsabilité du différend lui incombait, ce qui ne reflète pas fidèlement la réalité.

    Nous reconnaissons que cette omission a pu porter atteinte à l’image de la TdE, entreprise publique investie d’une mission essentielle : garantir un accès durable à l’eau potable et assurer une gestion responsable du secteur de l’assainissement au Togo. La rigueur journalistique exige que de telles entités, comme tout autre acteur, bénéficient du droit de réponse avant toute conclusion publique.

    C’est pourquoi, dans un souci de transparence et d’équité, Renouveau228 s’engage à revenir très prochainement sur ce dossier, en publiant un article complémentaire tenant compte des versions et précisions de toutes les parties concernées.

    En attendant, la rédaction présente ses excuses les plus sincères à la direction générale de la TdE pour les désagréments que cette publication a pu engendrer.

    La Rédaction

  • A Dakar, le SFA Forum va tenter de structurer l’avenir financier africain

    A Dakar, le SFA Forum va tenter de structurer l’avenir financier africain

    Le Structured Finance Africa (SFA Forum) réunira à Dakar le 25 septembre prochain les acteurs importants de finance pour réfléchir sur la transformation structurelle des économies africaines.

    Les travaux se dérouleront sur le  thème, « Innovations financières et structuration structurelle des économies africaines : titrisation, financements durables et souveraineté ». Objectif, structurer l’avenir financier du continent. Il s’agira de réfléchir sur la structuration structurelle des économies africaines à travers des solutions financières innovantes, adaptées aux réalités du Berceau de l’humanité.

    Pour tous les détails, lisez le document ci-après :  

    COMMUNIQUÉ DE PRESSE

    Structured Finance Africa – SFA Forum 2025

    Structurer l’avenir financier du continent : l’heure de l’innovation et de la souveraineté a sonné

    Dakar, Sénégal, le 15 juillet 2025 – L’Afrique s’engage dans une nouvelle ère de transformation de ses modèles de financement. Pour la première fois, le Structured Finance Africa – SFA Forum réunira, le 25 septembre 2025 à Dakar, tous les acteurs clés de la structuration financière du continent autour du thème : « Innovations financières et transformation structurelle des économies africaines : titrisation, financements durables et souveraineté ». Ce nouveau rendez-vous ambitionne de fédérer les énergies et de catalyser une dynamique collective pour doter l’Afrique d’outils financiers innovants, adaptés à ses réalités et à ses ambitions.

    Un contexte d’urgence et de renouveau

    Face à des tensions budgétaires accrues, au poids de la dette et à un déficit chronique de financement des infrastructures, estimé à plus de 108 milliards de dollars par an, l’Afrique doit repenser ses approches. Les besoins globaux dépassent aujourd’hui 130 milliards de dollars chaque année. Les solutions traditionnelles atteignent leurs limites, alors que l’innovation et l’énergie entrepreneuriale du continent n’ont jamais été aussi fortes. Pour libérer ce potentiel, il est impératif de mobiliser des outils financiers nouveaux, conçus pour et par l’Afrique.

    Paroles d’organisateurs

    Isaac MBAYE, Directeur général d’Invictus Capital & Finance, affirme :
    « Ce forum incarne notre conviction qu’il est temps de passer d’un financement classique à une ingénierie financière plus ambitieuse, inclusive et ancrée dans nos réalités régionales. Il s’agit de créer ensemble des solutions structurées pour libérer l’investissement privé et public en Afrique de l’Ouest. »

    Moustapha FAYE, Directeur général de KF Titrisation, souligne :
    « Ce rendez-vous est une opportunité stratégique pour accélérer l’usage de la titrisation comme levier de transformation économique. Notre objectif est clair : démocratiser ces outils, mutualiser les expertises et bâtir un écosystème de confiance autour des financements structurés. »

    Nafissatou DIAGNE, Directeur général de Development Finance Advisory – DFA, précise :
    « À travers ce forum, nous voulons renforcer le dialogue entre les institutionnels, investisseurs et opérateurs, pour dégager des solutions réalistes et fonctionnelles permettant d’adresser le besoin urgent de financement de la croissance et du développement durable. Car, bien plus qu’une mobilisation de techniques et d’instruments financiers, financer la transformation structurelle de nos entreprises et de nos économies nécessite un bon alignement des approches et des actions des parties prenantes. »

    Des leviers stratégiques à activer

    Le SFA Forum mettra en lumière des leviers essentiels, encore sous-exploités à l’échelle du continent :

    • Titrisation : canaliser l’épargne locale et renforcer la capacité de financement des institutions financières. Depuis 2010, 25 opérations ont été réalisées dans l’UEMOA pour plus de 2 000 milliards FCFA, dont 1 000 milliards sur les cinq dernières années – un potentiel à structurer à l’échelle africaine.


    • Financements durables : accompagner des projets à fort impact social, environnemental et climatique.


    • Gestion active de la dette publique : préserver les équilibres macroéconomiques et soutenir la résilience.


    • Trade finance : sécuriser les importations stratégiques et renforcer les chaînes de valeur régionales.


    • Financement des infrastructures : développer des montages innovants et des instruments hybrides.


    • Partenariats public-privé structurés : catalyser les investissements privés dans les services essentiels.


    • Innovation digitale : vecteur d’inclusion financière et d’intermédiation renforcée.

    Un forum pour passer du constat à l’action

    Le SFA Forum se positionne comme une plateforme inédite pour la structuration financière du continent. Pour cette première édition, l’objectif est de réunir banquiers, assureurs, investisseurs, fintechs, sociétés de gestion, institutions de développement, régulateurs et décideurs publics, opérant sur les marchés africains et internationaux, afin d’initier un dialogue ouvert et de partager des solutions concrètes face aux enjeux de financement.

    Cinq axes structurants pour la première édition :

    1. Panorama du marché africain de la titrisation : état des lieux, dynamiques régionales, obstacles et leviers.


    2. Régulation, notation, fiscalité : bâtir un environnement crédible, attractif et favorable à l’innovation financière.


    3. Trade finance et financements structurés : répondre aux urgences du commerce intra-africain.


    4. Finance durable et infrastructures sociales : passer de l’intention à l’exécution, en identifiant des modèles reproductibles.


    5. Financement des PME/TPE : bâtir des synergies entre fintech, microfinance et structuration financière.

    Un appel à la mobilisation

    Le SFA Forum, co-organisé par Invictus Capital & Finance SA, KF Titrisation et Development Finance Advisory, est né de la conviction que l’Afrique doit inventer ses propres solutions pour répondre à ses défis de financement. Cette première édition est un appel à l’ensemble des professionnels du secteur financier, des décideurs publics, des entrepreneurs et des experts à rejoindre cette dynamique collective.

    Rendez-vous le 25 septembre 2025 à Dakar
    Pour structurer, ensemble, l’avenir financier du continent.

    Découvrez les ambitions du SFA Forum en vidéo : https://youtu.be/1ES8cNVUeec?si=V1Sx512lySXtRYm- 

    Contacts presse

    Cabinet ELOHE : hello@elohe.group
    SFA Forum :
    info@sfa-forum.com
    Accréditations presse :
    communication@elohe.group 

    SFA Forum : info@sfa-forum.com 

    Pour en savoir plus : sfa-forum.com
    LinkedIn SFA Forum : Structured Finance Africa_SFA Forum

    LES ORGANISATEURS

    SFA Forum est une initiative conjointe de trois acteurs majeurs de la structuration financière en Afrique de l’Ouest :

    À propos d’Invictus Capital & Finance


    Société de gestion agréée, spécialisée dans les opérations structurées et le financement sur mesure pour les États, les entreprises publiques et les grands groupes privés. Elle a piloté ou co-structuré plusieurs transactions emblématiques dans la sous-région : 150 milliards FCFA pour l’État du Sénégal, 75 milliards pour Sonatel (première titrisation télécoms en zone UEMOA), ou encore 60 milliards pour le Port Autonome de Dakar.
     Plus d’informations : invictuscapfin.com

    À propos de KF Titrisation


    Première société de gestion agréée exclusivement dédiée aux fonds de titrisation dans l’UEMOA. Elle conçoit et structure des opérations innovantes dans les secteurs de l’immobilier, des infrastructures sociales, des télécommunications, du crédit-bail et de la dette privée, avec une vision tournée vers la liquidité des marchés et l’attraction des investisseurs institutionnels.
     Plus d’informations : kftitrisation.com

    À propos de Development Finance Advisory – DFA


    Cabinet de conseil stratégique basé à Dakar, DFA accompagne la structuration de financements complexes, les réformes de marché et les projets à fort impact dans les domaines de la finance durable, des infrastructures et de l’inclusion financière. Il agit comme interface entre les priorités locales et les standards internationaux.
    Plus d’informations : df-advisory.com

Radio Renouveau228

Ceci fermera dans 0 secondes