Catégorie : Panier de la Ménagère

  • CAN 2027 : Patrice Neveu peut-il briser la malédiction des Éperviers ?

    CAN 2027 : Patrice Neveu peut-il briser la malédiction des Éperviers ?

    Les Éperviers connaissent désormais leurs deux premiers rendez-vous sur la route de la CAN 2027. Face au Burundi à Lomé, puis à la Zambie à Ndola, Patrice Neveu joue déjà une partie importante de son pari : ramener le Togo à une phase finale continentale après une décennie de disette.

    Le calendrier est connu, le décor est planté et la pression commence à monter. La Confédération africaine de football (CAF) a officialisé les deux premières rencontres du Togo dans les éliminatoires de la CAN 2027. Le vendredi 25 septembre, les Éperviers recevront le Burundi au stade de Kégué à 16h GMT. Quatre jours plus tard, ils seront attendus au Levy Mwanawasa Stadium de Ndola pour défier la Zambie, également à 16h GMT.

    Deux matches en quelques jours, deux adversaires directs et surtout deux occasions de mesurer la véritable valeur du nouveau Togo de Patrice Neveu.

    Un groupe difficile, mais pas impossible

    Le Togo évolue dans le groupe I avec l’Algérie, la Zambie et le Burundi. Sur le papier, les Fennecs partent avec les faveurs des pronostics. Mais derrière l’Algérie, la bataille s’annonce ouverte. La Zambie possède une solide expérience continentale, tandis que le Burundi a montré ces dernières années qu’il pouvait poser de sérieux problèmes à des sélections mieux cotées.

    Pour les Éperviers, le calcul est donc relativement simple : il faudra éviter de laisser filer des points à domicile et être capable de prendre des résultats à l’extérieur. Le premier rendez-vous contre le Burundi revêt, à ce titre, une importance particulière. Une victoire à Kégué permettrait non seulement de lancer la campagne sur une bonne dynamique, mais aussi d’installer une certaine confiance avant le déplacement en Zambie. À l’inverse, un faux pas à domicile placerait immédiatement Neveu et ses hommes sous pression.

    La difficulté supplémentaire réside dans l’enchaînement. Entre le Burundi et la Zambie, il n’y aura que quatre jours. La gestion de l’effectif, la récupération physique, les déplacements et la capacité du staff à adapter son approche tactique seront donc déterminants.

    Neveu a-t-il les armes pour réussir là où les autres ont échoué ?

    La question est désormais incontournable. Patrice Neveu réussira-t-il là où plusieurs de ses prédécesseurs se sont cassé les dents ? En effet, depuis la dernière participation du Togo à la CAN, en 2017, les Éperviers n’ont plus retrouvé la phase finale. Les campagnes 2019, 2021, 2023 et 2025 se sont toutes soldées par des éliminations.

    Claude Le Roy avait conduit le Togo à la CAN 2017, mais n’avait pas réussi à prolonger l’aventure lors de la campagne suivante. Paulo Duarte, arrivé en 2021, n’a pas davantage réussi à qualifier les Éperviers pour la CAN 2023. Son bilan à la tête de la sélection s’est arrêté à 23 matches, pour 7 victoires, 10 nuls et 6 défaites.

    Nibombé Daré, nommé en 2024 avec la mission de conduire le Togo à la CAN 2025, n’a pas non plus réussi à inverser la tendance. Le Togo a encore manqué le rendez-vous marocain.

    C’est dans ce contexte que Patrice Neveu a été nommé en février 2026. Le technicien français, qui connaît bien le football africain après ses passages notamment en Guinée, en Mauritanie, au Gabon et en RDC, a signé un contrat de trois ans avec la FTF.

    Et ses premiers résultats donnent quelques raisons d’espérer. Depuis son arrivée, le Togo reste invaincu en quatre rencontres : nul 2-2 contre la Guinée, victoire 1-0 face au Niger, nul 1-1 contre la République centrafricaine et spectaculaire succès 5-1 devant le Bénin.

    Ce dernier résultat est particulièrement encourageant. Au-delà du score, Neveu a montré sa volonté d’élargir son groupe en donnant leur chance à plusieurs joueurs locaux. Il dispose également d’un secteur offensif capable de faire la différence, avec notamment Kevin Denkey, auteur de quatre buts lors de ses quatre premiers matches sous les ordres du technicien français.

    Mais les matches amicaux ne garantissent rien. C’est précisément lorsque les points compteront que le véritable test commencera.

    Kégué doit redevenir une forteresse

    Le premier objectif de Neveu sera probablement de transformer le stade de Kégué en véritable avantage compétitif. Le Togo ne peut raisonnablement ambitionner de terminer devant la Zambie ou de résister à l’Algérie s’il abandonne des points à domicile face au Burundi.

    La victoire sera donc recherchée, mais elle devra être accompagnée de maîtrise. Les Éperviers devront éviter le piège d’une équipe qui pourrait venir à Lomé avec un bloc bas et miser sur les contres.

    Puis viendra la Zambie. Un déplacement qui pourrait déjà constituer un premier révélateur du caractère de cette sélection. Prendre un point à Ndola serait précieux. Gagner serait un énorme coup dans la course à la qualification.

    Patrice Neveu devra surtout réussir à construire une équipe capable de voyager. C’est peut-être là que se trouve l’une des clés de cette campagne. Les Éperviers ont souvent affiché de belles intentions à domicile avant de perdre de leur efficacité loin de leurs bases.

    Une pression qui dépasse Patrice Neveu

    L’enjeu ne concerne finalement pas uniquement le sélectionneur. Il touche toute la chaîne du football togolais. Après quatre CAN manquées consécutivement, le public n’attend plus de simples promesses. Il veut des résultats. La Fédération togolaise de football (FTF), les joueurs et le staff technique savent donc que cette campagne sera scrutée avec une attention particulière.

    Patrice Neveu, lui, avait demandé du temps, de la patience et de l’unité autour des Éperviers lors de sa prise de fonction. Il dispose désormais de plusieurs mois pour préparer son groupe, mais le compte à rebours vers le 25 septembre est lancé.

    La question n’est donc plus de savoir si le Togo possède des joueurs talentueux. Il en possède. Elle n’est plus non plus de savoir si cette équipe peut produire du beau football. Le 5-1 contre le Bénin a apporté un début de réponse. La véritable interrogation est ailleurs : les Éperviers ont-ils enfin acquis la régularité, la solidité mentale et l’efficacité nécessaires pour gagner les matches qui comptent ? Burundi à Kégué, Zambie à Ndola : les deux premières réponses seront données en septembre.

    Et si le technicien français réussit à transformer les promesses de ses premiers mois en résultats compétitifs, alors le rêve d’une CAN 2027 ne sera plus une simple ambition. Il pourrait devenir une perspective crédible.

    Après neuf ans d’attente, le Togo n’a plus droit à une nouvelle campagne sans lendemain.

    Fabrice KA

  • Vogan : une station-service mise sous scellés après un contrôle surprise

    Vogan : une station-service mise sous scellés après un contrôle surprise

    Une station-service d’April a été sanctionnée à Vogan, dans la préfecture de Vo, après la découverte d’irrégularités dans les volumes de carburant servis aux clients.

    Une opération inopinée menée lundi matin à Vogan par l’Association togolaise des consommateurs (ATC), en collaboration avec l’Agence togolaise de métrologie (ATOMET), a conduit à la mise sous scellés des pompes d’une station-service d’April.

    Cette descente faisait suite à plusieurs plaintes de consommateurs signalant des anomalies présumées dans les quantités d’essence délivrées. Les équipes techniques ont contrôlé deux stations, Total et April.

    À Total, aucun manquement n’a été relevé. Les pompes contrôlées étaient conformes et les volumes distribués se situaient dans les marges réglementaires.

    En revanche, des insuffisances ont été constatées sur les pompes de la station April. Face à ces irrégularités, l’ATOMET a infligé une pénalité à l’établissement et ordonné la mise sous scellés de ses pompes, dans l’attente du paiement de l’amende et de leur réparation.

    L’ATC invite par ailleurs les gérants de stations-service à effectuer régulièrement des contrôles internes de leurs équipements. Elle encourage surtout les consommateurs à signaler tout manquement constaté, afin de permettre aux services compétents d’intervenir rapidement.

  • Nigeria : le faux Conseil présidentiel qui met à nu les failles du pouvoir Tinubu

    Nigeria : le faux Conseil présidentiel qui met à nu les failles du pouvoir Tinubu

    Un mystérieux organisme, doté d’un budget public de 1,3 milliard de nairas, a été démasqué comme une structure fictive, révélant de graves failles dans le contrôle administratif nigérian.

    Le scandale fait grand bruit au Nigeria. Le Presidential Foreign Intervention Promotion Council (PFIPC), présenté comme une structure chargée d’attirer les investissements étrangers, n’aurait jamais existé légalement. Pourtant, l’organisme disposait d’un directeur général autoproclamé, d’un site internet et surtout d’une enveloppe de 1,3 milliard de nairas inscrite dans le budget national 2026.

    Alerté, le président Bola Tinubu a saisi la Commission indépendante sur les pratiques de corruption et autres infractions connexes (ICPC). Après plusieurs semaines d’investigations, l’agence anticorruption a conclu à une vaste supercherie. Son président, Musa Adamu Aliyu, affirme que Prince Adeniyi Adeyemi Matthew, présenté comme le patron du Conseil, « n’a jamais été nommé » par les autorités fédérales.

    Plus troublant encore, le faux organisme aurait occupé d’anciens locaux administratifs et entretenu des contacts avec des responsables politiques, fonctionnaires et diplomates. Des documents portant des signatures et sceaux officiels auraient également été falsifiés.

    Même si aucun fonds public n’aurait finalement été versé, l’affaire soulève une question explosive : comment une structure fictive a-t-elle pu atteindre le cœur du processus budgétaire de l’État ?

    Interpellé, Adeyemi devra répondre aux enquêteurs. L’ICPC recommande également des poursuites et de profondes réformes administratives.

  • Littoral togolais : un ultime délai de trois semaines avant le déguerpissement

    Littoral togolais : un ultime délai de trois semaines avant le déguerpissement

    Les occupants illégaux du littoral disposent d’une dernière chance pour libérer volontairement les lieux.

    Les occupants installés illégalement sur le littoral togolais disposent désormais d’un ultime délai de trois semaines pour démonter leurs installations avant le lancement des opérations de déguerpissement. L’annonce a été faite vendredi à Lomé par le comité ad hoc chargé de la lutte contre les occupations anarchiques du domaine public, au cours d’un point de presse présidé par la gouverneure du District autonome du Grand Lomé (DAGL), Zouréhatou Kassah-Traoré.

    « Ce point de presse est consacré à l’opération d’intérêt général de libération du littoral togolais. Il répond à la volonté du Gouvernement de préserver le domaine public, de veiller au respect de la loi et de promouvoir un cadre de vie plus sûr, plus salubre et plus harmonieux pour l’ensemble de nos concitoyens », a déclaré la gouverneure.

    Une ultime chance avant les opérations

    Selon les autorités, cette décision s’inscrit dans une politique de préservation du domaine public maritime et de respect de la réglementation en vigueur. Elle vise également à garantir un environnement plus sécurisé et plus sain pour les populations.

    Le comité ad hoc insiste sur le fait que cette mesure n’intervient pas de manière brutale. Depuis juin 2025, plusieurs séances de concertation ont été organisées avec les propriétaires de bars, restaurants et autres exploitants installés sur le littoral afin de favoriser un départ volontaire.

    Des reports successifs, mais des engagements non tenus

    Au fil des mois, plusieurs échéances ont été accordées aux occupants. Initialement fixée à fin février 2026, la date de libération des emprises a été successivement reportée au 31 mars, puis au 30 juin 2026. Malgré ces délais, les autorités constatent que les engagements pris n’ont pas été respectés.

    Une dernière proposition formulée par l’Association des tenanciers des bars (ATER), qui sollicitait un report jusqu’au 4 janvier 2027, a été rejetée par le gouvernement. Les autorités estiment qu’un tel calendrier prolongerait une occupation considérée comme irrégulière et contraire à l’intérêt général. Les occupants disposent désormais de trois semaines pour quitter volontairement les lieux avant l’intervention des services compétents.

  • TdE: le CAR réclame une réforme en faveur des abonnés aux compteurs prépayés

    TdE: le CAR réclame une réforme en faveur des abonnés aux compteurs prépayés

    Le Comité d’action pour le renouveau (CAR) plaide pour une révision de la politique tarifaire appliquée aux compteurs intelligents d’eau, estimant que les abonnés au système prépayé sont désavantagés par rapport aux utilisateurs des compteurs post-payés.

    Dans un communiqué rendu public le 30 juillet 2026, le parti indique qu’une délégation conduite par son président national, Yao Daté, a tenu une séance de travail avec la direction générale de la Togolaise des eaux (TdE) le mercredi 22 juillet. Cette rencontre faisait suite à une correspondance adressée par le CAR à l’entreprise publique au sujet de la tarification des compteurs intelligents.

    Au cours des échanges, la TdE a expliqué les raisons qui justifient, selon elle, le coût plus élevé appliqué aux compteurs prépayés par rapport aux compteurs post-payés. Tout en saluant la disponibilité du directeur général et de ses collaborateurs, la délégation du CAR a estimé que cette différence de traitement crée une situation d’injustice pour les usagers concernés.

    Afin d’apporter une réponse concrète à cette préoccupation, le parti a proposé que les cinq premiers mètres cubes consommés par les abonnés équipés de compteurs prépayés soient facturés au même tarif que la tranche sociale actuellement appliquée aux compteurs post-payés. Selon le CAR, cette mesure permettrait d’alléger les dépenses d’un grand nombre de ménages et de renforcer l’équité dans l’accès à l’eau potable.

  • Traite des Togolais vers le Moyen-Orient : une enquête révèle les rouages d’un réseau d’exploitation

    Traite des Togolais vers le Moyen-Orient : une enquête révèle les rouages d’un réseau d’exploitation

    Des promesses d’emploi se transforment, pour de nombreux Togolais, en un véritable cauchemar au Moyen-Orient.

    Une enquête publiée par Afrique XXI met en lumière les mécanismes d’un réseau de traite d’êtres humains qui envoie des jeunes Togolais, principalement des femmes, vers des pays du Moyen-Orient où ils sont confrontés à des conditions de travail assimilées à de l’exploitation.

    Le reportage retrace notamment le parcours de « Christelle », une jeune Togolaise partie à Oman avec l’espoir d’améliorer sa situation financière. Une fois arrivée, son passeport lui est confisqué et elle est soumise à des journées de travail particulièrement longues, sans réelle possibilité de quitter son employeur. Son témoignage illustre les pratiques dénoncées par plusieurs victimes ayant travaillé dans des pays du Golfe.

    L’enquête décrit un système organisé faisant intervenir des intermédiaires chargés de recruter les candidats au départ, de faciliter les formalités administratives et de les mettre en relation avec des familles d’accueil ou des agences étrangères. Selon les auteurs, certains acteurs disposeraient de relais influents, ce qui contribuerait à la pérennité de ces réseaux malgré les alertes répétées d’organisations de défense des droits humains.

    Face à cette situation, des associations togolaises, dont le Mouvement Martin Luther King (MMLK), poursuivent leurs actions pour secourir les victimes et sensibiliser les candidats à l’émigration aux risques liés aux filières clandestines. L’enquête relance ainsi le débat sur le renforcement des mécanismes de protection des travailleurs migrants et sur la lutte contre la traite des êtres humains.

  • Le climat social se tend à nouveau au Port autonome de Lomé avec l’annonce d’une grève de 72 heures.

    Le climat social se tend à nouveau au Port autonome de Lomé avec l’annonce d’une grève de 72 heures.

    Le Syndicat des Agents du Port Autonome de Lomé (SYAPAL) durcit le ton en annonçant une grève de 72 heures et des poursuites judiciaires contre la Direction générale du Port autonome de Lomé.

    Le Bureau exécutif du Syndicat des Agents du Port Autonome de Lomé (SYAPAL) a annoncé avoir déposé, ce lundi 27 juillet 2026, un préavis de grève de 72 heures. Selon le syndicat, le mouvement est prévu pour débuter le mardi 11 août 2026 à 5 heures du matin.

    Dans son communiqué, le SYAPAL explique cette décision par ce qu’il qualifie de « mauvaise foi » de la Direction générale ainsi que par un « simulacre de dialogue social » à la suite du précédent préavis de grève déposé le 8 juin 2026. Le syndicat estime que les échanges engagés depuis cette date n’ont pas permis d’aboutir à des avancées satisfaisantes sur les préoccupations des travailleurs.

    Le Bureau exécutif affirme maintenir sa position et indique que sa détermination demeure intacte. En outre, il annonce son intention d’engager des procédures judiciaires afin d’obtenir une réparation collective et individuelle des préjudices qu’il estime avoir été subis par les travailleurs.

    À ce stade, la Direction générale du Port Autonome de Lomé ne s’est pas encore exprimée publiquement sur ce nouveau préavis de grève. Les prochains jours pourraient être marqués par de nouvelles discussions entre les différentes parties en vue d’une éventuelle résolution du différend avant le début du mouvement annoncé.

  • Mounira, 17 ans : le fil de l’espoir tissé au Togo

    Mounira, 17 ans : le fil de l’espoir tissé au Togo

    À seulement 17 ans, Mounira a déjà connu l’exil. Réfugiée au Togo depuis 2022, cette adolescente a trouvé dans le tissage bien plus qu’un métier : une nouvelle raison de croire en l’avenir.

    Installée à Koutong-Bong, dans la région des Savanes, elle suit avec assiduité un apprentissage de tisserande. Chaque jour, derrière son métier à tisser, elle apprend les gestes, les techniques et la patience qu’exige cet artisanat ancestral. Déterminée à réussir, Mounira nourrit une ambition claire : devenir une grande tisserande et ouvrir un jour son propre commerce.

    Son parcours illustre la capacité de résilience des enfants réfugiés lorsqu’ils bénéficient d’un environnement protecteur et de perspectives d’insertion. Malgré les épreuves traversées, la jeune fille regarde désormais vers l’avenir avec confiance, convaincue que le travail et la persévérance lui permettront de réaliser son rêve.

    Cette trajectoire est rendue possible grâce aux mécanismes de protection et d’accompagnement des enfants réfugiés mis en place par le Gouvernement du Togo, avec le soutien du Bureau de la Population, des Réfugiés et des Migrations des États-Unis (BPRM), à travers l’UNICEF. Ces dispositifs favorisent notamment l’accès à la formation, à la protection et à des opportunités d’autonomisation pour les jeunes réfugiés.

    Pour Mounira, chaque étoffe tissée représente bien plus qu’un exercice d’apprentissage. Elle symbolise un avenir qu’elle construit fil après fil, avec courage, détermination et espoir. Son histoire rappelle qu’au-delà du statut de réfugié se cachent des talents, des aspirations et une formidable volonté de réussir lorsque les conditions sont réunies pour permettre à chaque enfant de développer son potentiel.

    À Koutong-Bong, le bruit régulier du métier à tisser accompagne désormais le rêve d’une jeune fille qui aspire à transformer son savoir-faire en une entreprise florissante. Un rêve qui, grâce à l’accompagnement dont elle bénéficie, semble aujourd’hui à sa portée.

  • Quand la pluie emporte le gagne-pain : à Lomé, les inondations plongent les commerçants informels dans la précarité

    Quand la pluie emporte le gagne-pain : à Lomé, les inondations plongent les commerçants informels dans la précarité

    À Lomé, les fortes pluies qui s’abattent depuis plusieurs semaines ne se contentent pas d’inonder les rues. Elles paralysent une économie informelle dont dépendent des milliers de ménages. Derrière les images de routes submergées se cachent des histoires de vies bouleversées, de petits commerces détruits et d’espoirs engloutis. Reportage au cœur d’une capitale où chaque averse devient une menace pour ceux qui vivent au jour le jour.

    Sous les eaux, une capitale au ralenti

    À Hédzranawoé, Nukafu, Bè, Agbalépédogan ou encore Awatamé, les pluies diluviennes ont transformé les rues en véritables cours d’eau. Les eaux stagnantes envahissent les marchés improvisés, les étals disparaissent sous la boue et les clients se font rares.

    Dans cette ville où une grande partie de la population tire ses revenus du commerce informel, les inondations ne représentent pas seulement un désagrément. Elles signifient l’arrêt brutal de l’activité économique.

    À chaque nouvelle pluie, les vendeuses hésitent à sortir leurs marchandises. Certaines préfèrent rester chez elles plutôt que de risquer de tout perdre. D’autres n’ont simplement plus rien à vendre.

    Pour beaucoup, la journée commence désormais par une question angoissante : la pluie laissera-t-elle une chance de travailler ? « Je n’en peux plus » résume désormais la détresse silencieuse des commerçantes.

    Sous un hangar de fortune à Hédzranawoé, Adjo contemple les flaques qui encerclent son emplacement habituel. Son commerce de pagnes, construit au fil de plusieurs années d’efforts, tourne désormais au ralenti. La commerçante ne cache plus son découragement. « Ces pluies provoquent des inondations qui m’empêchent de faire mon petit commerce qui me permet de nourrir ma famille », confie-t-elle avant d’ajouter, la voix chargée d’émotion : « Je n’en peux plus. »

    Son témoignage résume la réalité de nombreuses femmes dont les revenus quotidiens assurent la scolarité des enfants, les soins médicaux et les dépenses alimentaires.

    Contrairement aux entreprises formelles disposant parfois d’une trésorerie ou d’assurances, les petits commerçants vivent essentiellement des recettes quotidiennes. Une journée sans vente est déjà une perte. Plusieurs semaines d’inactivité deviennent une catastrophe.

    À Nukafu, un commerce balayé par les eaux

    À quelques kilomètres de là, dans le quartier Nukafu, Amélie peine encore à réaliser ce qui lui est arrivé. Les premières pluies ont suffi à détruire tout son petit commerce. Les eaux ont emporté son installation, laissant derrière elles des marchandises irrécupérables. Aujourd’hui, elle ne travaille plus. « Je ne fais plus rien. Je reste à la maison », déplore-t-elle.

    Cette phrase, aussi simple soit-elle, traduit toute la brutalité des conséquences économiques des inondations. Rester à la maison ne signifie pas prendre du repos. Cela veut dire ne plus générer le moindre revenu.

    Comme Amélie, de nombreux vendeurs ambulants et détaillants voient leurs économies disparaître avec leurs marchandises. Beaucoup avaient contracté de petits crédits auprès de tontines ou de réseaux d’épargne communautaires. Désormais, ils doivent continuer à rembourser sans disposer de revenus.

    Une économie populaire fragilisée

    Dans la capitale togolaise, l’économie informelle constitue l’un des principaux pourvoyeurs d’emplois. Des milliers de femmes vendent chaque jour des fruits, des légumes, des vêtements, des pagnes, des repas ou des produits manufacturés. Leur activité repose sur un équilibre fragile, celui d’acheter le matin, vendre dans la journée et réinvestir les bénéfices le lendemain.

    Les inondations brisent totalement ce cycle. Les marchandises périssables pourrissent. Les clients évitent les zones inondées.

    Les transports deviennent difficiles. Les fournisseurs eux-mêmes rencontrent des problèmes d’approvisionnement. À cela s’ajoutent les dépenses imprévues liées aux dégâts dans les habitations, obligeant certains ménages à utiliser leurs maigres économies pour réparer leurs maisons plutôt que pour relancer leur commerce.

    « Nous sommes condamnés à attendre que le soleil revienne »

    Madame Solim partage le même sentiment d’impuissance. Depuis plusieurs jours, elle ne se rend plus sur son lieu habituel d’activité. Les rues inondées et les pluies incessantes rendent tout déplacement compliqué. Elle résume sa situation en quelques mots: « Je suis restée à la maison parce que je ne peux plus vaquer à mes occupations économiques à cause des pluies qui plombent les activités dans la capitale togolaise. »

    Comme elle, beaucoup de travailleurs indépendants vivent désormais au rythme des prévisions météorologiques. Une pluie abondante signifie une journée sans revenus. Deux jours de pluie successifs deviennent un véritable casse-tête pour nourrir la famille.

    Les inondations, un phénomène de plus en plus préoccupant

    Ces dernières semaines, Lomé a enregistré des précipitations particulièrement importantes. Le débordement de plusieurs bassins de rétention et la montée des eaux ont provoqué des inondations dans plusieurs quartiers de la capitale, perturbant la circulation et affectant les activités économiques.

    Les spécialistes expliquent que plusieurs facteurs se conjuguent : l’intensité croissante des pluies liée au changement climatique, l’urbanisation rapide, l’imperméabilisation des sols et les difficultés d’évacuation des eaux dans certains secteurs.

    Les conséquences dépassent largement les seuls dégâts matériels. Elles touchent directement les revenus des ménages, la sécurité alimentaire, la santé publique et le pouvoir d’achat.

    La riposte du gouvernement

    Face à cette situation, les autorités togolaises ont multiplié les interventions d’urgence. Le ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna Alipui, s’est rendu dans plusieurs quartiers sinistrés afin d’évaluer les dégâts et de coordonner les opérations d’urgence.

    Le gouvernement a notamment renforcé les opérations de pompage des eaux, procédé au nettoyage des caniveaux, à l’enlèvement des déchets, au suivi des bassins de rétention et mobilisé l’Agence nationale de la protection civile (ANPC) ainsi que l’Agence nationale d’assainissement et de salubrité publique (ANASAP). Le Plan ORSEC a également été activé pour renforcer la réponse face aux intempéries.

    Au-delà de l’urgence, les autorités poursuivent des investissements structurels destinés à réduire durablement les inondations. Parmi eux figurent le projet RAINE, l’utilisation du micro-tunnelier « Mawuse », la réalisation d’un troisième intercepteur des eaux pluviales et le renforcement des infrastructures de drainage dans le Grand Lomé.

    Parallèlement, le ministère de l’Action sociale a mobilisé ses services pour accompagner les populations sinistrées et renforcer l’assistance aux familles les plus affectées.

    Au-delà des infrastructures, sauver des moyens de subsistance

    Si les travaux d’assainissement sont salués, plusieurs commerçants estiment qu’ils ne suffisent pas à répondre à l’urgence économique. Pour ces travailleurs du secteur informel, chaque journée d’inactivité réduit un peu plus leurs capacités de rebond.

    Des économistes soulignent qu’une catastrophe naturelle ne détruit pas uniquement des infrastructures ; elle fragilise aussi le tissu économique local en privant des milliers de familles de leurs revenus.

    Pour beaucoup de femmes commerçantes, un appui exceptionnel sous forme de microcrédits, de subventions ciblées ou de facilités de relance permettrait de redémarrer rapidement leurs activités.

    Quand la pluie devient une question de dignité

    En fin de journée, les nuages s’accumulent de nouveau au-dessus de Lomé. Les commerçantes lèvent instinctivement les yeux vers le ciel. Pour certains habitants, la pluie est synonyme de fraîcheur. Pour Adjo, Amélie, Madame Solim et tant d’autres, elle est devenue le symbole de l’incertitude.

    Chaque averse menace un peu plus leur équilibre financier. Chaque inondation rappelle que les premiers touchés par les catastrophes climatiques sont souvent ceux qui disposent du moins de ressources pour s’en relever.

    À travers leurs témoignages, c’est toute une économie populaire qui exprime son inquiétude. Une économie discrète mais essentielle, qui nourrit quotidiennement des milliers de familles togolaises.

    À Lomé, la lutte contre les inondations ne consiste donc pas seulement à évacuer les eaux ou à construire de nouveaux ouvrages hydrauliques. Elle consiste aussi à préserver des moyens de subsistance, à protéger les plus vulnérables et à permettre à celles et ceux qui vivent de leur petit commerce de continuer à gagner dignement leur vie.

    Car derrière chaque étal fermé se cache bien plus qu’une activité interrompue : il y a une famille qui attend de pouvoir, enfin, reprendre le cours normal de son existence.

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