Auteur/autrice : La Rédaction

  • Jesse Jackson, une conscience morale des Etats-Unis s’éteint

    Jesse Jackson, une conscience morale des Etats-Unis s’éteint

    Le révérend Jesse Jackson, figure emblématique de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis, est décédé mardi à l’âge de 84 ans, a annoncé sa famille. Atteint de paralysie supranucléaire progressive, il s’est éteint « paisiblement, entouré des siens », mettant un point final à une vie entièrement consacrée à la justice sociale, à la dignité humaine et à la défense des opprimés.

    Compagnon de route du pasteur Martin Luther King Jr., Jesse Jackson fut de ceux qui ont porté haut la voix du mouvement des droits civiques au-delà des années 1960. Pasteur baptiste, orateur charismatique et stratège politique, il a su transformer l’héritage de King en une action durable, mêlant militantisme de terrain, plaidoyer politique et médiation internationale.

    Fondateur de la Rainbow/PUSH Coalition, Jesse Jackson a œuvré pour l’égalité économique, l’accès à l’éducation, le droit de vote et la lutte contre les discriminations raciales. Son organisation est devenue, au fil des décennies, un pilier du combat pour les droits civiques, capable de fédérer communautés, syndicats et leaders politiques autour d’un agenda commun de justice sociale.

    Sur la scène politique, Jesse Jackson a marqué l’histoire en se portant candidat à l’élection présidentielle à deux reprises, en 1984 et 1988. Bien qu’il n’ait jamais accédé à la Maison-Blanche, ses campagnes ont contribué à élargir la base électorale afro-américaine et à imposer dans le débat national des thèmes alors marginalisés, comme la pauvreté, les inégalités raciales et la politique étrangère éthique.

    Au-delà des frontières américaines, Jesse Jackson s’est illustré par ses missions diplomatiques non officielles. Il a notamment négocié la libération d’Américains détenus à l’étranger, renforçant son image de médiateur infatigable, capable de dialoguer avec des régimes hostiles au nom de l’humanitaire et de la paix.

    En reconnaissance de son engagement, il avait reçu en 2000 la Médaille présidentielle de la liberté, la plus haute distinction civile des États-Unis. Cette récompense venait saluer des décennies de combat, de sacrifices personnels et de leadership moral dans une Amérique souvent divisée.

    La disparition de Jesse Jackson laisse un vide immense dans le paysage politique et social américain. Pour beaucoup, il restera la voix des sans-voix, un homme de foi et d’action qui a consacré son existence à rappeler que la justice, la dignité et l’égalité ne sont jamais acquises, mais doivent être défendues sans relâche.

  • Quadruple bonheur pour Precious Dede

    Quadruple bonheur pour Precious Dede

    Precious Dede, ancienne gardienne de but emblématique des Super Falcons du Nigeria, a donné naissance à des quadruplés,

    C’est une nouvelle qui a ému bien au-delà des terrains de football. Precious Dede, ancienne gardienne de but emblématique des Super Falcons, a donné naissance à des quadruplés, deux filles et deux garçons, après de longues années d’attente marquées par l’espoir, la patience et parfois le silence.

    Connue pour son sang-froid dans les cages et son mental d’acier lors des grandes compétitions africaines et internationales, Precious Dede a longtemps incarné la résilience sur le terrain. Aujourd’hui, c’est une autre forme de victoire qu’elle célèbre, bien plus intime et profondément humaine. Pour l’ancienne internationale nigériane, cette naissance multiple représente l’aboutissement d’un combat personnel que beaucoup de femmes connaissent, mais que peu osent raconter publiquement.

    Dans un pays où le football féminin progresse malgré de nombreux défis, l’histoire de Precious Dede résonne comme un message d’espoir. Elle rappelle que derrière les maillots, les trophées et les performances sportives se cachent des vies faites de joies, de doutes et d’épreuves. Les années d’attente avant cette maternité n’ont pas entamé sa foi ni sa détermination. Au contraire, elles ont donné encore plus de sens à ce moment exceptionnel.

    Sur les réseaux sociaux, les messages de félicitations affluent, venant d’anciens coéquipiers, de supporters et de figures du sport africain. Beaucoup saluent non seulement la mère comblée, mais aussi la femme courageuse qui a su traverser l’épreuve avec dignité. La naissance de ces quatre enfants est perçue comme une bénédiction, mais aussi comme un symbole : celui de la persévérance récompensée.

    Après avoir défendu avec fierté les couleurs du Nigeria, Precious Dede entame désormais un nouveau chapitre de sa vie, loin des stades mais tout aussi intense. Une aventure où les cris de victoire ont laissé place aux premiers pleurs, et où la plus belle des coupes se trouve désormais dans le berceau.

  • Le SYNJIT “met en garde” ceux qui menacent “de mort” le journaliste Roger Amemavoh

    Le SYNJIT “met en garde” ceux qui menacent “de mort” le journaliste Roger Amemavoh

    Après qu’il a fait un reportage sur le conflit foncier à Latékopé, le journaliste Roger Amemavoh fait l’objet de “menaces de mort et intimidations”, alerte le Syndicat des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) et “met en garde”.

    COMMUNIQUÉ DE PRESSE

    (Menaces de mort et intimidations contre le journaliste Roger Amemavoh : Le SYNJIT met en garde)

    LOMÉ, le 15 février 2026 – Depuis la publication par « Capture MEDIA » d’un reportage consacré au conflit foncier et à la détresse des femmes à Latékopé, le Syndicat des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) a appris avec une vive inquiétude que l’auteur de l’enquête, Roger Amemavoh, est la cible de violentes hostilités de la part de certains acteurs de cette crise.

    Fidèle à sa mission de protection des professionnels des médias, le SYNJIT a recueilli le témoignage du journaliste. Roger Amemavoh, faisant l’objet d’intimidations constantes et de menaces de mort, affirme avoir rarement été confronté à un tel déchaînement de violence.

    Le SYNJIT condamne avec la plus grande fermeté ces agissements.

    Le journaliste Roger Amemavoh

    Bien que le Togo se présente comme une démocratie jouissant d’une presse diversifiée, nous observons malheureusement, depuis quelques années, une escalade insidieuse des atteintes à la liberté d’informer. Le journalisme togolais traverse une période sombre, fragilisant les derniers piliers d’une presse privée libre et indépendante.

    Le SYNJIT dénonce vigoureusement la multiplication des tentatives de bâillonnement visant les journalistes sur le territoire national. Il rappelle que la liberté de la presse est un pilier fondamental de l’État de droit, garant du droit à l’information et du pluralisme des opinions.

    Le SYNJIT exprime sa totale solidarité à Roger Amemavoh. Il prend publiquement à témoin les autorités sécuritaires du pays, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), ainsi que l’opinion nationale et internationale face à ces graves menaces.

    Fait à Lomé, le 16 février 2026

    Pour le Secrétaire Général

  • Un procès en appel très attendu s’ouvre dans l’affaire du général Félix Abalo Kadanga

    Un procès en appel très attendu s’ouvre dans l’affaire du général Félix Abalo Kadanga

    Après plusieurs reports, la Cour d’appel militaire de Lomé a enfin entamé ce lundi les débats dans le procès en appel du général Félix Abalo Kadanga, ancien chef d’état-major des Forces armées togolaises (FAT). Cette procédure judiciaire très suivie intervient trois ans après la condamnation en première instance de l’officier supérieur, au centre d’une affaire qui continue de diviser l’opinion publique togolaise.

    Rappel des faits

    En novembre 2023, le tribunal militaire de Lomé avait condamné le général Kadanga à 20 ans de réclusion criminelle pour son rôle présumé dans l’assassinat du colonel Bitala Madjoulba, commandant du 1er Bataillon d’intervention rapide (BIR), tué dans son bureau dans la nuit du 3 au 4 mai 2020.

    La juridiction l’avait reconnu coupable de complot contre la sûreté intérieure de l’État, complicité d’assassinat et entrave au bon fonctionnement de la justice. La sentence avait été rendue au terme d’un procès très médiatisé devant une chambre criminelle spécialement constituée au sein de la justice militaire.

    Félix Abalo Kadanga avait toujours rejeté ces accusations, clamant son innocence et qualifiant la procédure de procès politique. Sa défense avait ainsi interjeté appel de la décision dès la fin de l’instance initiale, ouvrant la voie à un nouveau jugement devant la Cour d’appel militaire.

    Cependant, ce procès en appel n’a pas été un long fleuve tranquille : programmé à plusieurs reprises, il avait déjà fait l’objet de reports. En novembre 2025, l’audience initialement fixée au 10 novembre avait été repoussée au 16 février 2026, faute de la présence de témoins ou d’experts jugés essentiels, selon les explications du procureur général.

    Fond du dossier

    Ce report à répétition avait suscité frustration et inquiétude : pour la défense, il illustrait les difficultés structurelles de la justice militaire togolaise et les possibles pressions externes pesant sur le dossier. Les avocats de Félix Kadanga avaient dénoncé, en amont, des irrégularités dans la procédure, un dossier incomplet et un manque de preuves déterminantes, estimant que ces retards équivalaient à une prolongation injustifiée de la détention de leur client.

    Ce lundi matin, la Cour d’appel militaire a donc entamé les débats dans une atmosphère tendue. Si les autorités judiciaires n’ont pas encore communiqué publiquement les détails complets des arguments, plusieurs avocats présents dans la salle ont souligné l’enjeu crucial de cette étape pour le système judiciaire togolais.

    Dans le camp de la défense, on attend désormais que la Cour examine les moyens de droit soulevés par les avocats, dont la contestation des éléments de preuve et la régularité de la première instance. Certains espèrent obtenir une révision du verdict voire, à défaut, une diminution de la peine. Du côté de l’accusation, le parquet général devrait, pour sa part, chercher à confirmer le jugement antérieur, estimant que celui-ci repose sur des éléments probants suffisamment solides.

    Ce procès en appel, qui pourrait durer plusieurs semaines, constitue donc un moment judiciaire déterminant pour le général Kadanga mais aussi pour le système de justice militaire togolais dans son ensemble. Alors que l’affaire Madjoulba reste encore dans les mémoires collectives, les décisions rendues dans cette nouvelle phase pourraient bien entrer dans l’histoire judiciaire du Togo.

  • MAWU SIKA, le poids de l’héritage et la promesse d’un grand cinéma

    MAWU SIKA, le poids de l’héritage et la promesse d’un grand cinéma

    Avec MAWU SIKA, le réalisateur Steven AF signe une œuvre dense et profondément ancrée dans les réalités socioculturelles ouest-africaines. Porté par une affiche élégante et symbolique, le film s’impose d’emblée comme un drame familial et initiatique où se mêlent mémoire, transmission et quête d’identité.

    Mawu-Sika raconte l’histoire d’une héritière de Nana-Benz, ces femmes emblématiques qui ont bâti leur pouvoir économique autour du commerce des pagnes. À la mort de sa mère, Mawu-Sika se retrouve face à un héritage aussi prestigieux que lourd à porter. Pour reprendre le commerce familial, elle doit affronter les non-dits, les secrets enfouis et les fantômes d’un passé soigneusement dissimulé. Ce voyage initiatique, autant intérieur que social, devient le fil conducteur d’un récit où la tradition dialogue avec la modernité, et où le destin d’une femme se confond avec celui d’un pan entier de la mémoire collective.

    L’affiche officielle du film résume à elle seule cette tension dramatique. Trois femmes, droites et fières, vêtues de pagnes aux motifs éclatants, incarnent les différentes générations d’un même héritage. La composition visuelle, dominée par des couleurs chaudes et des textures textiles, rappelle l’importance du commerce du pagne non seulement comme activité économique, mais aussi comme symbole de pouvoir, de transmission et d’identité féminine. Cette esthétique soignée confirme l’attention particulière que Steven AF porte à l’image et à la symbolique visuelle.

    Sur le plan narratif, Mawu-Sika s’inscrit dans une veine réaliste, mais jamais figée. Le réalisateur privilégie les silences, les regards et les tensions familiales pour construire son drame. Il évite le sensationnalisme au profit d’une approche plus intime, laissant les personnages évoluer dans toute leur complexité. Cette maturité dans l’écriture et la mise en scène confirme ce que beaucoup observent déjà : Steven AF fait indéniablement partie des meilleurs réalisateurs de sa génération dans le cinéma togolais et, plus largement, ouest-africain.

    Cependant, malgré cette maîtrise artistique évidente, Mawu-Sika révèle aussi les limites structurelles auxquelles le réalisateur est confronté. Le manque de moyens financiers se fait parfois sentir, notamment dans l’ampleur des décors, la durée du film ou certaines ambitions narratives qui semblent volontairement contenues. Ce déficit de ressources empêche Steeven AF de déployer pleinement tout son potentiel cinématographique. Là où son regard et son écriture appellent des développements plus audacieux, la réalité de la production impose des choix de sobriété.

    Pour autant, loin d’être un frein artistique, cette contrainte renforce parfois la sincérité du film. Elle oblige le cinéaste à aller à l’essentiel : les personnages, leurs conflits et leurs émotions. Mawu-Sika devient alors un film de conviction, porté par une vision claire et un engagement profond envers les histoires locales et les figures féminines fortes.

    Mawu-Sika n’est pas seulement un nouveau film à inscrire au catalogue du cinéma togolais. Il est la preuve qu’une génération de réalisateurs, dont Steven AF est l’un des visages les plus prometteurs, possède le talent et la vision nécessaires pour hisser ce cinéma à un niveau supérieur. Il ne manque désormais qu’un véritable accompagnement financier et institutionnel pour permettre à ces créateurs de révéler toute l’étendue de leurs potentialités et d’imposer durablement leurs œuvres sur les scènes africaine et internationale.

  • Mario Attidokpo, passeur de traditions, bâtisseur de talents

    Mario Attidokpo, passeur de traditions, bâtisseur de talents

    Né sous le nom de Koffi Mawoutor Attidokpo à Hahotoé, au Togo, Mario Attidokpo est l’une des figures les plus marquantes de la création artistique et de la culture vivante en Afrique.

    Background

    Artiste pluridisciplinaire, dramaturge, metteur en scène, conteur, chorégraphe, maître de danses, percussionniste, comédien et animateur, Mario Attidokpo allie une profonde connaissance des traditions orales à une pratique engagée de l’art contemporain.

    Après des formations de base en théâtre, danse et conte dès les années 1980, il s’est affirmé dans les structures professionnelles de Lomé avant de fonder en 1998 l’Ensemble Culturel Les Griots Noirs du Togo, où coexistent des compagnies de théâtre, de danse, de musique, d’arts plastiques et de cinéma.

    Attidokpo n’a cessé de travailler pour donner à l’oralité africaine la place qu’elle mérite, estimant que le continent, bien qu’empreint d’une riche tradition de récit, manquait d’événements phares consacrés aux arts de la parole. C’est ainsi qu’il a créé en 2005 le Festival International de Conte du Togo (FESCONTE) devenu l’un des rendez-vous culturels majeurs du pays et de la sous-région, réunissant conteurs, artistes et passionnés autour de la transmission des savoirs immatériels.

    En 2024 et en 2025, sous sa direction, les 20e et 21ᵉ éditions du FESCONTE se sont tenues entre août et novembre avec des ateliers et tournées de formation dans plusieurs cantons du Togo, visant à faire vivre le conte comme un outil de transmission des valeurs africaines auprès des jeunes générations.

    Transmission

    Durant ce festival, il a lui-même animé des formations pour de jeunes dont ceux d’Akoumapé, expliquant l’origine, les valeurs et la portée pédagogique du conte dans les sociétés africaines, un rappel fort de l’importance d’une tradition vivante transmise de génération en génération.

    En plus de son rôle de promoteur culturel, Mario Attidokpo distingué par ses engagements internationaux. En 2023, il a reçu un trophée de reconnaissance au Festival International de Théâtre d’Abidjan (FITHA) pour sa contribution artistique et son expertise dans l’organisation de festivals et d’événements culturels. Dans la même année, il fut sacré Baobab d’Or du Théâtre africain, option directeur artistique, dramaturge et metteur en scène dont les œuvres ont foulé les planches depuis 25 ans.

    Outre le FESCONTE, Mario Attidokpo est un habitué de tournées artistiques européennes depuis 1999 et en 2025, il en a effectué deux pour des spectacles artistiques, d’animation d’ateliers et d’échanges artistiques entre l’Allemagne, la Belgique, la France, la Hollande et la Suisse.

    Parallèlement à sa vie d’artiste, Attidokpo est Enseignant permanent de didactique, d’animation  et d’arts vivants à l’Institut national de la jeunesse et des sports (INJS), à la Faculté des lettres, langues et arts (FLLA) et à l’Institut national des sciences de l’éducation (INSE) de l’Université de Lomé, où il forme les nouvelles générations notamment en arts vivants, transmettant non seulement des techniques mais aussi une vision du spectacle comme outil d’éducation, de cohésion sociale et de dialogue interculturel.

    Au fil des décennies, Mario Attidokpo demeure un héritier et un passeur, un baobab solide enraciné dans la tradition qui, par son enseignement et ses festivals, continue d’irriguer les jeunes pousses de la culture vivante au Togo et ailleurs.

  • Mafille Woedikou : de l’étoile togolaise à l’AS Cannes, un nouveau défi en France

    Mafille Woedikou : de l’étoile togolaise à l’AS Cannes, un nouveau défi en France

    Malgré son talent indéniable et ses nombreuses sélections avec l’équipe nationale féminine du Togo, les Éperviers dames, Woedikou n’a pas encore réussi à franchir le fameux “cap” qui lui permettrait de s’imposer durablement dans un club de très haut niveau en Europe.

    Dans le paysage du football féminin togolais, Mafille Woedikou s’est imposée comme l’une des figures les plus emblématiques de sa génération. Née à Lomé, Togo, Woedikou s’est d’abord forgée une réputation solide sur les pelouses de son pays natal où elle a été élue meilleure joueuse du championnat national avant de tenter l’aventure européenne.

    Depuis son arrivée en France en 2019, Woedikou a multiplié les clubs et les expériences, passant par l’ES Trois Cités Poitiers, l’AJ Auxerre, le FF Yzeure Allier Auvergne, puis le RC Strasbourg et le FC Nantes en Division 2 féminine. Ces années en France ont été marquées par des hauts et des bas, mais surtout par une persévérance hors du commun et une volonté de toujours progresser.

    Cette semaine, l’internationale togolaise a signé un nouveau contrat avec l’AS Cannes Football, club évoluant en Division 3 féminine française. La transaction a été officialisée par plusieurs sources sportives et sur les réseaux sociaux du club et de la joueuse elle-même, confirmant son arrivée dans l’équipe azuréenne pour la saison 2026.

    Pour Woedikou, ce transfert représente une nouvelle étape dans une carrière déjà bien remplie. À 31 ans, la Togolaise apporte non seulement son expérience, mais aussi sa capacité à faire la différence offensivement au sein d’un collectif en quête d’ambitions. L’AS Cannes, qui figure parmi les équipes leaders de son championnat, voit en elle une joueuse capable d’apporter de la profondeur au secteur offensif.

    Pourtant, malgré son talent indéniable et ses nombreuses sélections avec l’équipe nationale féminine du Togo, les Éperviers dames, Woedikou n’a pas encore réussi à franchir le fameux “cap” qui lui permettrait de s’imposer durablement dans un club de très haut niveau en Europe. En France, la majorité de ses expériences l’ont vue évoluer dans les divisions inférieures – D2 et désormais D3 – plutôt que dans l’élite du football féminin hexagonal. Ce constat soulève de nombreuses interrogations quant aux obstacles structurels et personnels auxquels les joueuses africaines doivent faire face pour intégrer les niveaux supérieurs du football européen.

    Le parcours de Woedikou illustre parfaitement cette réalité : une joueuse dotée d’un talent reconnu, régulièrement décisive avec son équipe nationale (elle compte plus de 14 buts en sélection), mais qui se heurte à un plafond de verre lorsqu’il s’agit de franchir un pas décisif vers les clubs les plus prestigieux.

    Les raisons de cette situation sont multiples. D’une part, la transition entre le football africain et européen exige une adaptation tactique et physique qui n’est pas toujours évidente. D’autre part, la visibilité moindre des joueuses évoluant en divisions inférieures rend plus ardues les opportunités de recrutement par les clubs de haut niveau. Enfin, les joueuses féminines africaines font souvent face à des défis culturels, linguistiques et logistiques qui peuvent freiner leur progression.

    Pour Mafille Woedikou, la signature à l’AS Cannes est l’occasion de relancer sa carrière et de démontrer que son talent ne se limite pas aux succès nationaux ou à l’échelon amateur/semiprofessionnel. En rejoignant un club ambitieux en D3 française, elle espère non seulement aider son équipe à atteindre ses objectifs de promotion, mais aussi attirer à nouveau l’attention de clubs plus importants.

    Alors que la saison bat son plein, tous les regards seront tournés vers cette joueuse togolaise qui, malgré les obstacles, continue de poursuivre son rêve, celui de briller au plus haut niveau du football féminin européen.

  • Gestion concertée de l’eau : Séna Alipui prend les rênes du Conseil des ministres de l’ABM

    Gestion concertée de l’eau : Séna Alipui prend les rênes du Conseil des ministres de l’ABM

    La gestion concertée des ressources en eau transfrontalières s’impose aujourd’hui comme un levier majeur de stabilité, de développement et de paix. Ce message fort a marqué l’ouverture, à Lomé, de la 8ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de l’Autorité du Bassin du Mono (ABM). À cette occasion, le ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna Alipui, a rappelé l’enjeu stratégique que représentent le fleuve Mono et les aquifères partagés pour le Togo et le Bénin.

    Dans son intervention, nourrie par un diagnostic lucide et des perspectives d’action, le ministre a insisté sur la nécessité d’une gouvernance intégrée, équitable et durable. L’ABM, créée conjointement par Lomé et Cotonou, a précisément pour mission de prévenir les conflits liés à l’eau, d’harmoniser les usages, eau potable, agriculture, industrie et énergie, et de préserver les écosystèmes.

    Défis

    Le bassin du Mono couvre environ 24 300 km², dont près de 88 % se situent sur le territoire togolais, ce qui confère au Togo une responsabilité particulière dans la préservation de cette ressource vitale.

    Au terme des travaux, Séna Alipui a été porté à la présidence du Conseil des ministres de l’ABM, un mandat stratégique qui vient consacrer l’engagement du Togo en faveur de la coopération hydrique régionale. Cette nouvelle responsabilité l’expose toutefois à des défis majeurs. La pression démographique accrue sur les rives du Mono, les effets déjà perceptibles du changement climatique, alternance de crues et d’étiages sévères, ainsi que la concurrence entre usages productifs exigent des arbitrages éclairés et une coordination renforcée entre États et acteurs locaux.

    Parmi les acquis de cette coopération figure le barrage hydroélectrique de Nangbéto, mis en service en 1987 et géré par la Communauté électrique du Bénin (CEB). Symbole d’un partenariat gagnant-gagnant, l’ouvrage fournit de l’électricité aux deux pays tout en illustrant les bénéfices d’une gestion partagée des infrastructures hydrauliques.

    Urgence

    Pour le nouveau président du Conseil des ministres de l’ABM, l’urgence est désormais de consolider les mécanismes de financement, d’améliorer le partage des données hydrologiques et de renforcer la résilience des communautés riveraines. « Seule une gestion solidaire et coordonnée garantira la sécurité hydrique et un développement durable », a-t-il martelé en conclusion.

    À Lomé, la session de l’ABM aura ainsi consacré un leadership et tracé une feuille de route : faire de l’eau non pas un facteur de tension, mais un moteur de paix et de prospérité partagée dans le bassin du Mono.

  • FTF : et si l’option Samuel Ekoé Galé devenait une évidence ?

    FTF : et si l’option Samuel Ekoé Galé devenait une évidence ?

    La question revient avec insistance dans les débats autour de l’avenir de la sélection nationale togolaise : et si, pour une nouvelle fois, la Fédération togolaise de football (FTF) faisait le choix audacieux mais assumé d’un sélectionneur local pour diriger les Éperviers ? Alors que plusieurs noms sont cités pour succéder à Nibombé Daré, une autre option, plus discrète mais non moins crédible, mérite aujourd’hui une attention particulière : celle de Samuel Ekoé Galé.

    Ce débat n’est pas nouveau, mais il prend une résonance particulière dans un contexte où les résultats sportifs tardent à convaincre et où la construction d’un projet durable pour les Éperviers du Togo demeure un chantier inachevé. À travers le profil de Samuel Ekoé Galé, c’est toute la problématique de la confiance accordée – ou non – aux compétences locales qui se trouve posée de nouveau.

    Un technicien formé, diplômé et ancré dans les réalités locales

    Samuel Ekoé Galé n’est pas un inconnu du paysage footballistique togolais. Ancien joueur professionnel, il a progressivement construit sa reconversion dans le métier d’entraîneur, en misant sur la formation et la rigueur. Titulaire de la prestigieuse Licence UEFA Pro, le plus haut diplôme d’entraîneur reconnu au niveau international, il répond d’emblée à l’un des arguments souvent opposés aux techniciens locaux : celui du manque de qualification.

    Au-delà du diplôme, M. Galé a dirigé plusieurs clubs emblématiques du championnat national, dont AS OTR et Étoile Filante de Lomé. Il a également marqué les esprits lors de son passage à Kotoko de Lavié, où son travail méthodique et son approche pédagogique ont été salués. Autant d’expériences qui lui confèrent une connaissance intime des réalités du football togolais : contraintes financières, infrastructures limitées, gestion des jeunes talents, pression populaire et exigences institutionnelles.

    L’argument de l’inexpérience : un faux débat ?

    Les détracteurs de l’option Samuel Ekoé Galé vont avancer un argument récurrent : son manque d’expérience au plus haut niveau international. Un reproche qui, à bien y regarder, interroge davantage le système que l’homme lui-même. Comment acquérir de l’expérience si aucune opportunité n’est offerte ? Tous les entraîneurs aujourd’hui cités comme références, qu’ils soient africains ou européens, ont commencé quelque part. Aucun n’est né sélectionneur national.

    D’ailleurs, plusieurs techniciens étrangers passés par le banc des Éperviers découvraient eux aussi, parfois, le football africain ou les réalités spécifiques du Togo. Pourtant, la FTF n’a pas hésité à leur confier les rênes de la sélection. Pourquoi ce qui est toléré, voire encouragé, chez un expatrié devient-il rédhibitoire lorsqu’il s’agit d’un Togolais formé, diplômé et expérimenté localement ?

    Une opportunité provisoire, mais stratégique

    Certains observateurs avancent une proposition intermédiaire, empreinte de pragmatisme : accorder à Samuel Ekoé Galé une chance à titre provisoire, au moins jusqu’à l’issue de la prochaine fenêtre FIFA, prévue les 23 et 31 mars 2026. Cette période pourrait servir de test grandeur nature, permettant à la FTF d’évaluer concrètement ses capacités à gérer un groupe international, à préparer des matches officiels et à imposer une identité de jeu.

    Une telle démarche aurait le mérite de limiter les risques tout en envoyant un nouveau signal fort aux techniciens locaux : le mérite et la compétence peuvent ouvrir des portes. Dans un football togolais en quête de repères et de stabilité, ce pari mesuré pourrait aussi renforcer le sentiment d’appropriation nationale autour de la sélection.

    Et si le salut passait par un staff hybride ?

    À défaut de lui confier immédiatement les clés des Éperviers, d’autres voix plaident pour une solution tout aussi constructive : intégrer Samuel Ekoé Galé dans le staff technique du futur sélectionneur, quel qu’il soit. Cette approche permettrait à l’ancien entraîneur de Kotoko de Lavié de s’imprégner du fonctionnement d’une sélection nationale A, d’apprendre aux côtés d’un technicien plus expérimenté et de se préparer, à moyen terme, à prendre la relève.

    Une telle vision s’inscrirait dans une logique de continuité et de transmission, souvent absente dans la gestion des équipes nationales africaines. Former aujourd’hui le sélectionneur de demain, plutôt que de repartir à zéro à chaque changement, serait un signe de maturité institutionnelle pour la FTF.

    Au-delà d’un homme, une philosophie à assumer

    Le débat autour de Samuel Ekoé Galé dépasse largement sa personne. Il pose une question fondamentale : quelle place la FTF souhaite-t-elle accorder à l’expertise locale dans son projet sportif ? C’est vrai que le passage de Nibombé Daré, un local,  à la tête des Eperviers n’a pas donné les résultats escomptés. Mais miser sur un entraîneur togolais, c’est aussi parier sur une meilleure compréhension du championnat national, une relation plus naturelle avec les joueurs locaux et une communication plus fluide avec les acteurs du football national.

    Certes, le risque existe. Mais le risque n’est-il pas inhérent à toute décision sportive ? Continuer à chercher systématiquement la solution à l’extérieur n’a pas toujours garanti le succès. Peut-être est-il temps d’oser une autre voie

    Une chance à saisir, ou à regretter plus tard

    En définitive, la question mérite d’être posée sans passion mais avec lucidité : et si la Fédération togolaise de football faisait enfin de nouveau confiance à un sélectionneur local comme Samuel Ekoé Galé ? Qu’il s’agisse d’un intérim, d’une intégration dans le staff ou d’une nomination pleine et entière, les options existent.

    Ne pas tenter l’expérience, c’est aussi prendre le risque de freiner l’émergence d’une génération d’entraîneurs togolais pourtant formés, compétents et ambitieux. Donner une chance, en revanche, pourrait ouvrir une nouvelle page du football togolais, fondée sur la confiance, la transmission et la responsabilité. Et si le véritable tournant des Éperviers commençait justement par ce choix-là ?

  • Gabon : Bilie-By-Nze, l’inlassable critique d’Oligui Nguema

    Gabon : Bilie-By-Nze, l’inlassable critique d’Oligui Nguema

    Alain-Claude Bilie-By-Nze, président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG), est aujourd’hui l’un des rares hommes politiques du pays à défier ouvertement Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la République.

    La position de l’ancien Premier ministre d’Ali Bongo, loin d’être conciliatrice, s’est affirmée au fil des mois en critique frontale (politique, juridique et morale) de la gestion du pouvoir, au point de faire de lui l’opposant numéro 1 au Gabon depuis l’élection de Brice Clotaire Oligui Nguema.

    De candidat présidentiel à principal opposant

    Lors de l’élection présidentielle du 12 avril 2025, organisée pour clore près de deux ans de transition après le coup d’État d’août 2023, Brice Clotaire Oligui Nguema a obtenu plus de 90 % des voix, selon les résultats officiels.

    Face à cette victoire écrasante, Bilie-By-Nze n’a pas reconnu le résultat. Il a refusé de le féliciter publiquement. Pour lui, ce large score n’était pas la preuve d’une adhésion populaire réelle, mais plutôt le symptôme d’un processus électoral qu’il qualifie d’opaque et entaché de pratiques contestables.

    Dans une interview à RFI, l’ancien Premier ministre a même déclaré qu’il représentait aujourd’hui « l’alternative unique qu’il reste aux Gabonais face aux militaires », soulignant sa volonté de tenir tête à la nouvelle élite politique qui se construit autour d’Oligui Nguema.

    Une critique constante du pouvoir en place

    Contrairement à certains leaders politiques qui adoptent une posture plus modérée après une défaite électorale, Bilie-By-Nze a multiplié les critiques contre le gouvernement d’Oligui Nguema.

    Dans un entretien accordé à Jeune Afrique en août 2025, il a affirmé que l’exécutif avançait « sans cap ni boussole », et que la gouvernance actuelle ressemblait, selon lui, à une continuité du système Bongo, malgré les promesses de rupture faites après le coup d’État.

    Son attaque ne s’est pas limitée à des critiques générales. En effet, il a dénoncé la gouvernance concentrée entre les mains du président, la faible crédibilité du nouveau cadre constitutionnel et reproché au gouvernement de négliger les défis sociaux et économiques du pays, tels que la crise du système de santé, le manque d’enseignants ou encore la vie chère persistante.

    Plus récemment, dans une déclaration retentissante en octobre 2025, Bilie-By-Nze est allé jusqu’à qualifier les élections législatives de « fraude d’État » et de « défaite morale », prophétisant « l’orage politique » si la situation ne changeait pas.

    Une offensive médiatique sur la scène internationale

    Il y a quelques jours encore, Alain-Claude Bilie-By-Nze a rappelé qu’il n’entendait ni se taire ni se retirer du débat public. Sur plusieurs médias internationaux, l’ancien Premier ministre est monté au créneau pour livrer une charge sévère contre le régime de transition devenu pouvoir constitutionnel, dirigé par Brice Clotaire Oligui Nguema.

    Invité sur des antennes étrangères suivies bien au-delà des frontières gabonaises, Bilie-By-Nze a dénoncé ce qu’il qualifie de “confiscation du pouvoir par une minorité militaro-politique”, estimant que la transition promise comme une rupture s’est progressivement transformée en recomposition du système, sans réforme de fond. Selon lui, les promesses de gouvernance vertueuse, de justice sociale et de transparence électorale peinent à se traduire dans les faits.

    L’ancien chef du gouvernement a également mis en cause la concentration excessive du pouvoir exécutif, l’absence de contre-pouvoirs effectifs et le climat politique qu’il juge peu favorable à une opposition libre et équitable. Des propos qui, une fois encore, ont trouvé un écho particulier à l’international, où la situation gabonaise reste observée avec attention depuis le coup d’État d’août 2023.

    En choisissant de s’exprimer hors des médias nationaux, Bilie-By-Nze assume une stratégie claire, celle d’internationaliser le débat gabonais. Une démarche qui vise autant à alerter les partenaires étrangers du Gabon qu’à renforcer son statut de principal contradicteur du pouvoir en place. Cette exposition médiatique renforce son image d’homme politique qui refuse toute compromission et confirme qu’il ne compte pas laisser au régime le monopole du récit politique.

    Pour le camp présidentiel, ces sorties répétées sont perçues comme une tentative de fragilisation de l’image du pays à l’extérieur. Pour ses partisans, elles constituent au contraire un acte de résistance politique, dans un contexte où l’espace d’expression interne serait, selon eux, de plus en plus restreint.

    Controverses institutionnelles et confrontation juridique

    Au-delà des critiques politiques, Bilie-By-Nze a également contesté la légalité même de certaines décisions de l’État.

    Avant l’élection présidentielle, il avait dénoncé un vice de procédure concernant la mise à disposition du général Oligui Nguema, estimant que la nomination du chef de la Transition ne respectait pas le cadre juridique prévu, ce qui illustrait, selon lui, un « coup d’État permanent ».

    Par la suite, lors des contestations préélectorales de 2025, il a renvoyé Oligui Nguema à ses responsabilités constitutionnelles, notamment sur la gestion des listes électorales, qu’il jugeait entachées d’irrégularités.

    Ces confrontations montrent que son opposition n’est pas seulement politique, mais aussi institutionnelle – visant à remettre en cause, pas à pas, la légitimité et la conformité des actions du pouvoir en place.

    Malgré son franc-parler, Bilie-By-Nze a aussi tenté à plusieurs reprises de nuancer son positionnement. Après les critiques sévères sur l’organisation des élections locales et législatives de septembre-octobre 2025, il s’est entretenu avec Oligui Nguema au palais présidentiel, insistant sur le besoin d’un climat électoral « équitable et transparent ».

    Ce geste pourrait être interprété comme une tentative de dialogue, mais il n’a pas entamé sa ligne de critique la plus dure : pour l’instant, aucun signe concret ne laisse penser qu’il renonce à son rôle de contre-poids politique.

    Une réconciliation possible ?

    La question est sur toutes les lèvres : ces deux hommes pourront-ils un jour enterrer la hache de guerre ? À court terme, la réponse semble peu probable. Les critiques de Bilie-By-Nze sont trop profondes et ciblent non seulement des choix politiques, mais aussi la question de la légitimité et de l’État de droit dans le Gabon post-transition. À ce jour, il continue à se présenter comme la principale voix contestataire face à un pouvoir qu’il juge autoritaire dans son fonctionnement, même si celui-ci prétend avoir démocratiquement remporté les suffrages.

    Pour une réconciliation, il faudrait, au minimum, une reconnaissance mutuelle d’un cadre institutionnel partagé et respecté, une condition qui reste aujourd’hui lointaine.

    Aujourd’hui, Alain-Claude Bilie-By-Nze s’est imposé comme l’opposant numéro 1 à Brice Clotaire Oligui Nguema. Par ses critiques répétées du pouvoir en place il incarne une opposition résolue, refusant de cautionner ce qu’il qualifie de dérives institutionnelles. Si la réconciliation entre les deux hommes demeure un enjeu futur, elle n’est pour l’instant qu’un horizon lointain, tant leurs visions du Gabon divergent. Profondément.

Radio Renouveau228

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