Auteur/autrice : La Rédaction

  • Togo : arrestation de responsables étudiants, activistes et défenseurs des droits humains entre juin et septembre 2025

    Togo : arrestation de responsables étudiants, activistes et défenseurs des droits humains entre juin et septembre 2025

    Ce qui suit est basé sur une communication écrite par la Rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs et défenseuses des droits humains et d’autres experts des Nations Unies et transmise au Gouvernement du Togo le 18 novembre 2025. La communication est restée confidentielle pendant 60 jours afin de permettre au Gouvernement de répondre. Malheureusement, le Gouvernement n’a pas répondu dans ce délai. Si une réponse est reçue, elle sera publiée dans la base de données des procédures spéciales des Nations Unies .

    Depuis l’envoi de la communication, dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, les autorités togolaises ont libéré dix défenseurs des droits humains, parmi lesquels Yawo ATITSO, Abdoul Zoulkaneini LAMBONI, Armand AGBLEZE, Oséi AGBAGNO, Junior Yao Mario ZODJI, Chimène Akou APEVON et Julien Komandéga KATAKA, dont les cas avaient été traités dans cette communication. Tous les défenseurs des droits humains libérés demeurent sous contrôle judiciaire et sont soumis à une interdiction de voyager.

    CONTEXTE

    Sujet  : l’arrestation de responsables étudiants, d’activistes et de défenseurs des droits humains entre juin et septembre 2025, notamment M. Armand Agbleze , M. Osei Agbagno , M. Yawo Atitso , M. Julien Komandéga Kataka , M. Abdoul Zoulkaneini Lamboni , Mme Chimène Akou Apevon , M. Mario Junior Zodji et M. Bertin Bandiangou .

    ALLÉGATIONS

    M. Armand Agbleze et M. Osei Agbagno sont des militants étudiants et membres de la Synergie des Élèves et Étudiants du Togo (SEET), une organisation de défense des droits des étudiants, et de Tournons La Page Togo (TLP–Togo), une organisation promouvant la démocratie et les droits humains. Tous deux ont publiquement appelé à la libération d’un défenseur des droits humains et poète détenu arbitrairement depuis janvier 2025. Le 22 août 2025 vers 21 h 00, M. Agbleze et M. Agbagno ont été interpellés par des personnes en civil et utilisés de force dans un local du Service Central de Recherches et d’Investigations Criminelles (SCRIC), une unité de la Gendarmerie nationale placée sous l’autorité du Ministère de la Sécurité. Ils ont été poursuivis pour troubles aggravés à l’ordre public, incitation à la révolte, atteinte à la sécurité intérieure de l’État et déstabilisation des institutions de la République. Sur la base de ces charges, M. Agbleze et M. Agbagno ont été transférés à la Maison d’Arrêt Civile de Lomé le 2 septembre 2025, où ils sont détenus depuis.

    À la suite de leur arrestation, des personnes associées à M. Agbleze et M. Agbagno ont également été visées. Parmi elles figurent une avocate togolaise, Mme Chimène Akou Apevon, le secrétaire général de la SEET, M. Yawo Atitso, M. Abdoul Zoulkaneini Lamboni, membre actif de la SEET, et M. Julien Komandéga Kataka, membre du Mouvement Martin Luther King. Mme Apevon a été arrêtée le 28 août 2025 et transférée à la Maison d’Arrêt Civile de Lomé le 2 septembre 2025. M. Atitso et M. Lamboni ont été arrêtés le 3 septembre 2025, et M. Kataka le 8 septembre 2025. Mme Apevon, M. Atitso, M. Lamboni et M. Kataka font l’objet des mêmes accusations que M. Agbleze et M. Agbagno : trouble aggravé à l’ordre public, incitation à la révolte, atteinte à la sécurité intérieure de l’État et déstabilisation des institutions de la République.

    M. Bertin Bandiangou, président de la SEET, est un défenseur de longue date des droits des étudiants et des droits civiques. Le 19 avril 2024, à la suite de déclarations publiques critiquant le gouvernement, l’Université de Lomé l’a convoqué en vue de son expulsion. Des manifestations d’étudiants ont empêché son expulsion. Le 30 juin 2024, M. Bandiangou a tenu des propositions publiques dénonçant les mauvaises conditions de vie et d’étude des étudiants togolais lors d’une manifestation à Lomé. La nuit suivante, une trentaine d’hommes armés et masqués sont entrés de force dans la maison de son père dans le nord du pays. Son père a été arrêté et détenu pendant dix jours. Le 6 juin 2025, M. Bandiangou et un camarade étudiant, M. Mario Junior Zodji, ont été arrêtés lors de manifestations contre la répression gouvernementale à l’encontre de dissidents, la crise du coût de la vie et des modifications de la Constitution qui pourraient permettre au président du Conseil des ministres, Faure Gnassingbé, de demeurer au pouvoir indéfiniment. M. Bandiangou a été libéré le 9 juin 2025, tandis que M. Zodji reste détenu. Lorsque M. Agbleze et M. Agbagno ont été arrêtés le 22 août 2025, M. Bandiangou s’est retrouvé à Ouagadougou pour le 32e congrès ordinaire de l’Union Générale des Étudiants Burkinabè (UGEB). Depuis lors, il est porté disparu et se cache par crainte d’être arrêté et détenu par les autorités togolaises.

    PRÉOCCUPATIONS

    Dans cette communication, nous exprimons notre vive inquiétude concernant l’arrestation d’étudiants, de syndicalistes, d’activistes et de défenseurs des droits humains en représailles de leur protection et promotion pacifiques et légitimes des droits humains, en particulier leur défense des droits des étudiants. Les violations signalées à la rencontre des membres de la société civile constatées pourraient également constituer des atteintes aux droits à la liberté, à un procès équitable et à la liberté d’expression et d’association.

    Nous sommes également préoccupés par le fait que la persécution systématique, les arrestations et la détention de responsables étudiants et de défenseurs des droits humains, ainsi que les représailles signalées à la rencontre de leurs proches et des personnes associées aux défenseurs des droits humains, ont un effet dissuasif sur la liberté de la société civile au Togo et contraignent les activistes à se cacher ou à s’exiler.

    Source: https://srdefenders.org

  • Burkina: l’ex-putschiste Damiba arrêté au Togo et expulsé

    Burkina: l’ex-putschiste Damiba arrêté au Togo et expulsé

    L’ancien président de la transition au Burkina Faso, l’ex-lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, renversé en 2022, et accusé d’être le cerveau de plusieurs tentatives de putsch dans son pays natal, a été arrêté au Togo, où il était en exil, et expulsé.

    M. Damiba avait pris le pouvoir en janvier 2022 dans un putsch contre le président élu de l’époque, Roch Kaboré, avant d’être à son tour renversé neuf mois plus tard par le capitaine Ibrahim Traoré, toujours au pouvoir.

    Parti en exil au Togo, il est régulièrement accusé par la junte de Ouagadougou d’être le cerveau de plusieurs tentatives de putsch, la dernière au début du mois.

    Selon un de ses proches, M. Damiba a été arrêté la semaine dernière à Lomé et jugé pour “tentative de déstabilisation” au Burkina avant d’être conduit à l’aéroport.

    Une source sécuritaire régionale et une source togolaise proche du dossier ont confirmé ces informations.

    Sa destination était inconnue, mais certaines sources évoquent une probable expulsion vers le Burkina Faso.

    Ni les autorités de Ouagadougou ni celles de Lomé n’ont communiqué lundi sur ce sujet.

    Fin 2024, le capitaine Traoré avait dit “espérer” l’extradition de M. Damiba, qui a été radié de l’armée à cette même époque pour “intelligence avec une puissance étrangère ou avec des groupes terroristes” visant à déstabiliser le Burkina.

    Depuis sa prise de pouvoir, la junte du capitaine Traoré annonce régulièrement avoir déjoué des tentatives de déstabilisation, et accuse régulièrement M. Damiba.

    Peine de mort

    Le 3 janvier, “était prévue une action de déstabilisation du pays (…) par une série d’assassinats ciblés des autorités civiles et militaires en commençant par la neutralisation du camarade capitaine Ibrahim Traoré”, avait affirmé quelques jours après cette date le ministre de la Sécurité Mahamadou Sana à la télévision d’Etat.

    Quatre jours durant, ces allégations ont été soutenues par une série d’”aveux” de complices présumés, égrenés chaque soir à la télévision d’Etat. Ils affirmaient tous avoir agi sur instruction de M. Damiba.

    En avril 2025, le Burkina avait arrêté une dizaine d’officiers et de sous-officiers.

    Et en septembre 2024, Paul-Henri Sandaogo Damiba avait été présenté comme le chef du “volet militaire d’un vaste complot”, déjoué.

    Le Burkina Faso a rétabli récemment la peine de mort, notamment pour les crimes de haute trahison.

    Lors de sa prise de pouvoir, le capitaine Traoré avait promis de rétablir la sécurité en quelques mois.

    Le pays reste empêtré dans une situation sécuritaire très délicate, avec des violences jihadistes qui font des milliers de morts dans de larges pans de son territoire.

    Le capitaine Traoré mène une politique souverainiste et anti-impérialiste, particulièrement hostile à l’ancienne puissance coloniale française, dont il a chassé les soldats présents pour lutter contre les jihadistes début 2023.

    Il s’est tourné vers de nouveaux partenaires à commencer par ses voisins, le Niger et le Mali confrontés aux mêmes violences jihadistes et gouvernés également par des juntes militaires.

    Ensemble, ils se sont notamment rapprochés de la Russie et ont formé une confédération, l’Alliance des Etats du Sahel (AES).

    Ils ont quitté la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cedeao) dont fait toujours partie le Togo.

    Lomé entretient de bonnes relations avec les pays de l’AES et occupe une position stratégique grâce à son accès à la mer dont les trois pays sahéliens sont privés.

    Source: https://information.tv5monde.com

  • Est de la RDC : à Lomé, l’Union africaine parviendra-t-elle enfin à peser dans le conflit ?

    Est de la RDC : à Lomé, l’Union africaine parviendra-t-elle enfin à peser dans le conflit ?

    Le 17 janvier, le Togolais Faure Gnassingbé accueille une réunion sur la crise dans l’est de la RDC. Avec l’espoir de relancer l’Union africaine dans un dossier où elle peine à se faire entendre.

    Au sein du casting déjà pléthorique des médiateurs dans le conflit dans l’est de la RDC, l’Union africaine (UA) peut-elle vraiment prétendre jouer plus qu’un second rôle ? En charge du dossier pour le compte de l’organisation continentale depuis le retrait de l’Angolais João Lourenço en mars 2025, Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil du Togo, accueille ce 17 janvier une réunion de haut…

    La suite de cet article sur jeuneafrique.com

  • Nécrologie: Djatsougbé AKPAHOSSOU, épouse AMETOWOGBLO, sera inhumée le 7 mars

    Nécrologie: Djatsougbé AKPAHOSSOU, épouse AMETOWOGBLO, sera inhumée le 7 mars

    Décédée dans l’après-midi du vendredi 7 novembre 2025, Djatsougbé AKPAHOSSOU, épouse AMETOWOGBLO, à la suite d’une courte maladie, sera enterrée le samedi 7 mars prochain au cimetière de Hahotoé.

    Voici le programme des obsèques

  • Au Togo, NADDAF mobilise la société civile autour de la RSE dans les entreprises

    Au Togo, NADDAF mobilise la société civile autour de la RSE dans les entreprises

    Dans le cadre du projet « Les Entreprises s’engagent pour la Protection des Femmes et des Filles (EP2F) », mis en œuvre par le consortium CARE International, CARE Bn/Tg, GF2D et NADDAF, et financé par l’Union Européenne (UIE), un travail de mobilisation de la société civile togolaise autour de la thématique de la RSE est fait actuellement.

    Deux rencontres de travail à Lomé

    Après une première rencontre de réflexion qui a mobilisé 20 organisations de la société civile sur les enjeux et principes de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) au Togo pour la mise en place d’une plateforme RSE-SC Togo. Elle a également permis d’identifier les besoins spécifiques en renforcement de capacités des OSC membres du réseau, afin d’orienter les actions futures en fonction de leurs réalités »,

    La seconde rencontre a été tenue mardi le 23 décembre 2025 à la salle Orchidée de l’espace Saint Jean de Lomé. Cette importante rencontre avec les OSC membre de la plateforme a vu la participation de la majorité de leur premier responsable.

    Cette rencontre a été consacrée à la mise en place des organes de direction, la signature de la charte et à l’élaboration du plan de travail annuel pour l’année 2026 de la plateforme. Elle a été présidée par Bernard Anoumo Dodji BOKODJIN, coordinateur de NADDAF, qui a rappelé l’importance d’une synergie d’action de plaidoyer et de sensibilisation sur les enjeux de la RSE au Togo en vue de promouvoir la RSE dans les Entreprises en matière du respect des droits des femmes et des filles.

    Dans sa présentation, M. Bokodjin a aussi abordé les droits humains qui sont souvent bafoués au sein des entreprises, qu’elles soient multinationales, grandes, moyennes ou petites. Ces violations touchent particulièrement les droits des femmes et des filles.

    Le temps fort de cette rencontre est celui de la signature de la charte de la plateforme. Il a rappelé que la plateforme n’est pas seulement une structure, mais une communauté de femmes et d’hommes décidés à agir pour la protection des droits des femmes et des filles, et pour une gouvernance plus inclusive. La signature de la charte est ainsi devenue le symbole d’un nouveau départ collectif, où chaque membre se reconnaît comme acteur du changement.

    Après un bureau a été mis en place, composé du CACIT, de l’association AFRIYOL et d’Œil d’Afrique.

    Les membres de la PLATEFORME RSE-SC présents ont réaffirmé leur engagement à promouvoir la responsabilité sociale des Entreprises au service des femmes, des filles et de toute la communauté. Ce bureau, élu pour un mandat d’un an non renouvelable. Elle incarne la volonté de transparence et de participation inclusive.

    À l’issue de cette mise en place, un plan d’action annuel a été élaboré pour guider les activités de la plateforme. Ainsi, plus qu’un atelier, c’est le début d’un mouvement pour la justice sociale et le développement durable au Togo.

    Source: page facebook de Naddaf

  • Togo-« Les Mémoires d’Edem Kodjo »

    Togo-« Les Mémoires d’Edem Kodjo »

    Six ans après son entrée dans la félicité éternelle, parait aux éditions Amalthée, l’ouvrage « Les mémoires » du Président de la Fondation Pax Africana.

    Fils de Noépé dans l’Avé, né à Sokodé dans la partie centrale du Togo, Edouard Edem Kodjo est une figure majeure de la scène politique africaine post –indépendance.

    Ancien élève successivement à l’Ecole primaire catholique de Kokétimé et à Ndiaye Boubacar à Lomé-Abobokomé, passé par le Collège Saint Joseph et le Lycée Bonnecarrère, Edem Kodjo est revenu au Togo après ses études universitaires à Rennes et à l’Ena de Paris pour se mettre dans les années soixante au service de son pays.

    Ancien Secrétaire Général du Ministère de l’Economie et des Finances, Directeur et initiateur de la Société Nationale d’Investissement et Fonds Annexes (SNI & FA), il a successivement occupé les postes de Ministre des Finances et de l’Economie, puis des Affaires Etrangères et de la Coopération.

    Ancien Secrétaire Général de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) plus tard Union Africaine de 1978 -1983, l’énarque Edem Kodjo, deux fois Premier ministre (du 23 avril 1994 au 20 août 1996, puis du 9 juin 2005 au 20 septembre 2006 ), est l’un des architectes intellectuels de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest ( Cedeao), et concepteur du Plan d’Action de Lagos, un projet économique censé hâter le développement économique du continent africain.

    Six ans après son entrée dans la félicité éternelle, parait aux éditions Amalthée, l’ouvrage « Les mémoires » du Président de la Fondation Pax Africana. Une volonté de celui qui après avoir quitté la scène politique dans son pays, a consacré le reste de sa vie en qualité de médiateur dans la résolution des conflits et crises en Afrique.

    L’ouvrage postfacé par Pierre Adjété, est à lire pour en savoir davantage sur les intentions de « celui qui voulait changer l’Afrique ».

    Assurément, « un legs précieux à l’histoire contemporaine de l’Afrique pour ceux qui croient encore au pouvoir des idées, de la culture et de la volonté ».

    Source: page Facebook d’Ekoué Satchivi

  • CAN 2025 : Algérie-Nigeria, une vieille rivalité

    CAN 2025 : Algérie-Nigeria, une vieille rivalité

    L’Algérie et le Nigeria s’affronteront le 10 janvier à Marrakech, en quart de finale de la CAN 2025. Les deux sélections se sont souvent croisées lors de cette compétition, en demi-finale, mais surtout en finale (1980 et 1990). Retour sur ces rencontres.

    Pour la dixième fois dans l’histoire de la CAN, l’Algérie et le Nigeria vont se retrouver face à face, samedi à Marrakech, en quart de finale. C’est en 1980, à Lagos, que les Fennecs et les Super Eagles ont inauguré cette longue liste, lors d’une finale largement remportée par les Nigérians.

    Nigeria-Algérie 3-0, Lagos (finale de la CAN 1980)

    La finale se déroule le 22 mars 1980 au Lagos National Stadium devant plus de 85 000 spectateurs. Le Nigeria y a joué ses quatre premiers matchs, alors que l’Algérie évoluait à Ibadan, à 120 kilomètres plus au nord. « Nous étions arrivés à Lagos en bus, sans escorte policière. Notre hôtel était disons de qualité moyenne, et le jour du match, nous avions pris le petit déjeuner et le déjeuner dans la résidence de l’ambassadeur d’Algérie à Lagos. Ce n’était pas idéal comme préparation, nous n’avions pas pu nous reposer », se souvient Chaâbane Merzekane, l’ancien défenseur algérien.

    Dans une ambiance survoltée et sous une lourde chaleur, les Fennecs encaissent un but dès la 2e minute sur un tir de Patrick Odegbami, lequel récidive juste avant la mi-temps. Et au retour des vestiaires, Mudashiru Lawal enfonce un peu plus les Nord-Africains. « Les Nigérians étaient dans un bon jour, ce qui n’était pas notre cas. Mais cette CAN a lancé la belle décennie de la sélection algérienne, avec deux participations à la Coupe du monde [1982 et 1986] et la conquête de la CAN 1990 », rappelle Chaâbane Merzekane.

    Algérie-Nigeria 1-0, Alger (finale de la CAN 1990)

    Les deux équipes s’étaient affrontées lors du match d’ouverture, et les Algériens s’étaient imposés largement (5-1). Les Fennecs, avant cette finale, ont balayé la Côte d’Ivoire (3-0), l’Égypte (2-0) et le Sénégal (2-1) en demi-finale, alors que les Super Eagles se sont montrés moins flamboyants face à l’Égypte (1-0), à la Côte d’Ivoire (1-0) et à la Zambie (2-0). Ce 16 mars, dans un stade du 5-Juillet-1962 où 105 000 personnes se sont rassemblées, Chérif Oudjani délivre son équipe d’une frappe puissante en fin de première période.

    « Nous avions hâte de jouer cette finale. Nous étions logés dans l’hôtel du stade, dans des conditions assez spartiates, et il n’y avait pas grand-chose à faire. Le veille du match, j’avais reçu la visite surprise de mon père, Ahmed, lui-même ancien international algérien », se souvient l’unique buteur de la finale. « On avait la meilleure équipe, le meilleur joueur [Rabah Madjer], le meilleur buteur [Djamel Menad], la meilleure attaque, la meilleure défense. Ce premier titre, nous le méritions totalement. »

    Algérie-Nigeria 2-1, Le Caire (demi-finale de la CAN 2019)

    L’Algérie n’avait plus disputé de demi-finale de CAN depuis 1990, année de son premier sacre continental, avant de retrouver les Nigérians, qui entre-temps ont ajouté deux autres titres (1994 et 2013) à celui conquis en 1980. En 2019, les Nord-Africains, qui n’étaient pas forcément attendus à ce niveau avant le début de la CAN, proposent un football offensif et séduisant prôné par leur sélectionneur Djamel Belmadi et notamment incarné par Riyad Mahrez.

    L’ailier de Manchester City, déjà auteur de deux buts depuis le début de la compétition, va faire très mal aux Super Eagles au stade international du Caire. D’abord en provoquant, sur un de ses multiples centres, un but contre son camp de William Troost-Ekong (40e), puis en transformant magistralement un coup franc lors du temps additionnel, alors que les Nigérians étaient revenus au score sur un penalty transformé par Odion Ighalo.  Cinq jours plus tard, au même endroit, l’Algérie remporte sa seconde CAN face au Sénégal (1-0).

    Jeuneafrique.com

  • Au Togo, cette religieuse a sauvé plus de 5000 orphelins du sida

    Au Togo, cette religieuse a sauvé plus de 5000 orphelins du sida

    En vingt-six ans, Soeur Marie Stella a recueilli plus de 5000 orphelins du sida. Cette religieuse togolaise refuse pourtant de passer pour une héroïne. Son moteur ? L’amour du Christ et le service des pauvres, pour lesquels elle a bâti toute une œuvre.

    En quelques années, vous avez sauvé plusieurs milliers d’enfants. Comment cela est-ce possible ?

    En 1999, j’étais une jeune religieuse, infirmière à l’hôpital pour enfants tenu par ma congrégation à Dapaong, ma ville natale située au nord du Togo. De plus en plus, on nous amenait des enfants dénutris que nous n’arrivions pas à guérir. Ces enfants étaient nés avec le VIH, d’une mère contaminée, le plus souvent par son mari. J’ai donc fondé une petite association, Vivre dans l’Espérance, avec quelques bénévoles qui pensaient, comme moi, qu’il fallait agir. 

    J’ai commencé à parcourir les villages à mobylette : j’apportais de quoi laver les malades, leur donner une bouillie… J’ai enterré bien des parents qui laissaient derrière eux des enfants. Venant d’une famille nombreuse, j’avais moi-même été élevée chez un oncle. Je pensais que ces orphelins pouvaient être accueillis, comme je l’avais été. Malheureusement, la discrimination envers les malades du sida avait brisé cette solidarité communautaire, qui fait pourtant la richesse de l’Afrique.

    Les gens avaient peur ?

    Oui. Les personnes séropositives étaient souvent enfermées dans leur case où on les laissait mourir de faim et de soif.

    Ou alors, elles étaient chassées du village, jugées inutiles, car trop faibles pour travailler, et surtout dangereuses. On pensait qu’elles allaient contaminer les autres. Et lorsque dans une famille, l’un des enfants était infecté, on considérait que tous les autres l’étaient aussi : je devais recueillir ainsi des fratries entières.

    Le reste à retrouver sur https://www.lepelerin.com

  • Les églises africaines à la croisée des chemins: Quand la maison de Dieu devient un champ de bataille

    Les églises africaines à la croisée des chemins: Quand la maison de Dieu devient un champ de bataille

    Le Christ a chassé les marchands du temple avec un fouet. Peut-être est-il temps que nous fassions de même – non pas avec violence, mais avec détermination, alerte Helly GBENE, expert & promoteur de la Rencontre des jeunes entrepreneurs & décideurs chrétiens.

    Un dimanche matin d’août 2024, dans un temple d’une grande Église à Apedokoè, quartier populaire de Lomé (Togo), quelque chose d’impensable s’est produit. Des fidèles, ces mêmes personnes qui venaient chaque semaine déposer leurs dîmes avec ferveur, ont bloqué l’entrée. Leur pancarte était simple mais dévastatrice : « : «Où sont nos offrandes ? » Quelques heures plus tard, la police investissait le lieu de culte. Oui, vous avez bien lu : la police, dans une Église, un dimanche.

    Cette scène, que j’ai observée avec un mélange de tristesse et de fascination professionnelle, n’est pas un simple fait divers. C’est le symptôme d’une crise systémique qui secoue les Églises africaines et togolaises en particulier. Une crise dont nous devons parler, non pas pour condamner, mais pour comprendre et transformer.

    I. LE PARADOXE AFRICAIN : CROISSANCE SPIRITUELLE, HÉMORRAGIE DE CONFIANCE

    Parlons chiffres d’abord, parce que les chiffres ne mentent pas – contrairement à certains hommes en costume trois-pièces derrière des chaires.

    Selon le site https://www.gordonconwell.edu/center-for-global-christianity/, l’Afrique compte aujourd’hui 26% des chrétiens du monde entier. D’ici 2050, nous serons le continent avec la plus forte concentration de chrétiens au monde. Notre taux de croissance annuel est de *2,76%* – impressionnant. Au Togo, les Églises poussent plus vite que les boulangeries. Chaque coin de rue a son temple, son « ministère international », son « centre de réveil ». Le dimanche, Lomé résonne de cantiques amplifiés à tue-tête.

    Mais voilà le paradoxe : pendant que nos Églises se multiplient, la confiance s’effondre. Car « Ses chefs jugent pour des présents, ses sacrificateurs enseignent pour un salaire, et ses prophètes prophétisent pour de l’argent… » Michée 3:11 (LSG).

    En avril 2024, un acteur clé, est suspendu. Son crime ? Avoir osé soulever la question qui brûle les lèvres de milliers de fidèles : que deviennent les offrandes ? Trois mois plus tard, les manifestations éclatent dans plusieurs temples. Le 4 août, c’est l’intervention policière. Des chrétiens togolais, dans leurs propres Églises, encadrés par les forces de l’ordre.

    Pendant ce temps, le véhicule du président national – 40 millions de FCFA – roule tranquillement dans les rues de Lomé, selon les témoignages des manifestants abondamment relayés par les médias togolais.

    Loin de faire le procès d’une dénomination particulière, ce qui se passe dans cette Église pentecôtiste se joue, sous différentes formes, dans l’Église Évangélique, où une nouvelle Constitution adoptée en novembre 2024 est tout simplement ignorée par les dirigeants en place. Cela se joue aussi, plus subtilement, dans d’autres communautés où le silence pastoral face aux injustices sociales est devenu assourdissant.

    Alors que Dieu exige l’intégrité chez les dirigeants, selon Tite 1:7 (LSG) « Car il faut que l’évêque soit irréprochable… non adonné au vin, ni violent, ni porté à un gain déshonnête. »

    II. AU-DELÀ DE NOS FRONTIÈRES : QUAND LA FOI DEVIENT UN PASSEPORT POUR LA MORT

    Regardons maintenant au-delà du Togo. Parce que si nous avons des problèmes de gouvernance, d’autres chrétiens africains paient de leur vie leur simple désir de prier.

    Entre octobre 2023 et septembre 2024, 4 476 chrétiens ont été tués pour leur foi. Vous avez bien lu : quatre mille quatre cent soixante-seize êtres humains. Et 93% de ces meurtres ont eu lieu en Afrique subsaharienne. Au Nigeria, 3 100 chrétiens assassinés. Au Burkina Faso, 201. En RDC, 355. Des chiffres qui donnent le vertige et disponible sur le site officiel : www.portesouvertes.fr ou www.opendoors.org.

    Le dimanche 5 juin 2022, à Owo, dans l’État d’Ondo au Nigeria, des hommes armés ont investi l’Église Saint-François-Xavier pendant la messe de Pentecôte. Bilan : au moins 40 morts, dont des femmes et des enfants. Le crime ? Être chrétien, être présent, ce jour-là, dans cette Église.

    Depuis 2009, Boko Haram et ses filiales ont tué plus de 40 000 personnes dans le nord-est du Nigeria (https://www.unhcr.org/global-trends). Des prêtres sont enlevés – plus de 150 depuis 2020 (www.acninternational.org). Des Églises sont détruites. Des conversions forcées imposées. Ce qui a d’ailleurs fait réagir, en décembre 2025, Donald Trump, Président des États-Unis. Au Mali, au Niger, au Cameroun, l’histoire se répète avec des variantes locales mais la même violence aveugle.

    Aujourd’hui, selon le site https://www.unhcr.org/global-trends, 16,2 millions de chrétiens sont déplacés internes en Afrique subsaharienne. Seize millions. C’est presque la population de trois pays comme le Togo. Des familles entières, arrachées à leurs terres, à leurs maisons, à leurs Églises, simplement parce qu’elles refusent de renier leur foi.

    Et nous, au Togo, pendant ce temps ? Nous nous battons pour savoir si le pasteur conduit une Toyota ou une Mercedes. Nous nous querellons sur des questions constitutionnelles pendant que nos frères et sœurs, à quelques centaines de kilomètres, enterrent leurs morts. Or, 1 Corinthiens 12:26 (LSG), nous prône la solidarité internationale en ces termes: « Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; et si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui. »

    III. LE DIAGNOSTIC SANS COMPLAISANCE : NOS SEPT PLAIES CONTEMPORAINES

    Permettez-moi, en tant qu’ expert en développement organisationnel, de poser un diagnostic clinique. Nos Églises souffrent de sept pathologies chroniques qui, si elles ne sont pas traitées, mèneront à une mort lente mais certaine de leur crédibilité.

    Première plaie : L’opacité financière

    Dans quelle entreprise sérieuse les actionnaires n’ont-ils jamais accès aux comptes ? Dans quelle ONG les donateurs ne peuvent-ils pas consulter l’utilisation de leurs dons ? Pourquoi ce qui est une norme dans le monde séculier devient-il un tabou dans l’Église ? La dîme n’est pas un impôt colonial prélevé pour enrichir une aristocratie cléricale. C’est un acte de foi qui mérite respect et transparence. Puisque « Celui qui se livre à la cupidité trouble sa propre maison, mais celui qui hait les présents vivra. » Proverbes 15:27 (LSG)

    Deuxième plaie : La dictature spirituelle

    « Ne touchez pas à l’oint de l’Éternel ! » – ce verset biblique est devenu l’armure rhétorique de tous les abus de pouvoir. Critiquer la gestion devient un sacrilège. Demander des comptes, une rébellion. Voter pour un changement de leadership, une hérésie. Nous avons transformé des serviteurs de Dieu en pharaons intouchables.

    Troisième plaie : La schizophrénie doctrinale

    Le dimanche, on prêche la simplicité, l’humilité, le renoncement. Le lundi, on affiche sur Instagram le dernier SUV, la montre suisse, le voyage à Dubaï. « Dieu veut votre prospérité », nous dit-on. Mais visiblement, cette prospérité est réservée à ceux qui montent en chaire, pas à ceux qui s’assoient sur les bancs.

    Quatrième plaie : Le mutisme prophétique

    L’Église togolaise, notamment catholique, a un long historique d’engagement social. La lettre pastorale de 2016, « Soyons responsables dans la justice et la vérité », avait secoué le Landerneau politique. Mais aujourd’hui ? Un silence prudent. Une posture « d’observatrice entre deux camps ». Pendant que certaines Églises pentecôtistes bénissent ouvertement l’injustice et organisent des « cultes d’actions de grâces » pour des dérives politiques et sociales réformes, l’Église institutionnelle observe, commente timidement, mais ne prophétise plus.

    En juillet 2025, face aux violences de juin, l’ Église Évangélique Presbytérienne du Togo – EEPT a finalement rompu son « silence pastoral » avec une lettre courageuse appelant au dialogue et à la réconciliation. Mieux vaut tard que jamais, dit-on. Mais les fidèles, eux, se demandent : pourquoi attendre que les maisons brûlent pour crier au feu ?

    Cinquième plaie : L’anarchie réglementaire

    En novembre 2024, un rapport a documenté le « désordre grandissant » dans le paysage religieux togolais. N’importe qui, avec un minimum de charisme et un maximum d’audace, peut ouvrir une Église. Aucune formation théologique requise. Aucun contrôle éthique. Aucune supervision financière. Résultat ? Des escroqueries spirituelles, des nuisances sonores qui ont conduit à la fermeture de plus de 15 lieux de culte à Lomé en 2025, et une politisation rampante des activités religieuses.

    Sixième plaie : La dépendance postcoloniale

    Nos Églises historiques, malgré leur discours d’africanisation, restent financièrement et théologiquement dépendantes de l’Occident. Pendant ce temps, les nouvelles Églises pentecôtistes importent l’« Évangile de prospérité » américain sans aucune contextualisation. Nous sommes pris entre deux formes de colonisation : l’une historique, l’autre contemporaine.

    Septième plaie : La division stratégique

    Face à la fragmentation des confessions, prolifération non encadrée des Églises, faible formation de certains responsables religieux et messages déconnectés des réalités socio-économiques qui fragilisent aujourd’hui l’impact réel de l’action ecclésiale sur la société, ainsi qu’aux défis sécuritaires, économiques et politiques qui menacent notre continent, les Églises africaines devraient être unies. Il s’agit d’une responsabilité particulière qui incombe aux grandes Églises d’utiliser leur poids institutionnel pour promouvoir l’unité, structurer le secteur et accompagner les petites communautés sans les écraser. Au lieu de cela, nous nous déchirons sur des querelles internes, des compétitions de clochers, des jalousies de dénominations. Nous sommes incapables de présenter un front commun face aux vrais enjeux.

    IV. ET SI ON CHANGEAIT DE LOGICIEL ? SEPT STRATÉGIES POUR UNE RÉFORME PROFONDE

    Je ne suis pas du genre à pleurer sur les ruines. Mon métier, c’est de proposer des solutions. Alors voici, sans langue de bois, ce que nos Églises doivent faire si elles veulent survivre au XXIe siècle.

    Stratégie 1 : La révolution de la transparence

    Comme l’apôtre Paul a institue clairement la reddition de comptes dans 2 Corinthiens 8:20–21 (LSG) « Nous prenons cette précaution afin que personne ne nous blâme au sujet de cette abondante collecte, car nous recherchons ce qui est bien, non seulement devant le Seigneur, mais aussi devant les hommes. »

    La transparence étant une exigence morale, chaque Église doit publier ses comptes annuels. Point. Pas dans un document de 300 pages accessible uniquement aux initiés. Sur le site web de l’Église, en format PDF téléchargeable. Revenus, dépenses, salaires des cadres, investissements, projets sociaux. Tout. Avec un audit externe certifié. Si les ONG nationales et internationales le font, pourquoi pas les Églises qui doivent donner le bon exemple?

    Créons des comités de gestion mixtes : 50% de clercs, 50% de laïcs compétents (comptables, juristes, gestionnaires). Instituons des mandats limités pour tous les postes de direction – cinq ans, l’Église n’est pas une monarchie absolue. C’est une communauté de croyants. Les fidèles doivent avoir leur mot à dire sur les grandes décisions : budget, projets d’investissement, élection des dirigeants, orientation stratégique. Organisons des assemblées générales régulières où les membres peuvent questionner, proposer, voter.

    L’EEPT a adopté une nouvelle Constitution en novembre 2024. Parfait. Maintenant, appliquons-la ! Mettons en place les commissions électorale et de recours. Respectons les mandats. Organisons les élections dans les délais. Une Constitution non appliquée n’est qu’un bout de papier.

    Stratégie 3 : La formation éthique et professionnelle

    Nous devons professionnaliser le pastorat. Pas seulement la formation théologique – ça, on le fait déjà. Mais la formation en gestion, en éthique financière, en leadership transformationnel, en psychologie pastorale, en médiation de conflits. Un pasteur du XXIe siècle doit être aussi formé qu’un cadre d’entreprise.

    Et surtout, établissons un code de déontologie contraignant avec des sanctions réelles en cas de violation. Malversation financière ? Révocation immédiate. Abus de pouvoir ? Exclusion. Enrichissement inexpliqué ? Enquête et restitution.

    Car l’amour de l’argent corrompt la foi selon 1 Timothée 6:9–10 (LSG) « Mais ceux qui veulent s’enrichir tombent dans la tentation, dans le piège et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux… Car l’amour de l’argent est une racine de tous les maux. »

    Stratégie 4 : Le retour à une théologie contextuelle

    Arrêtons d’importer des modèles théologiques préfabriqués. Le plan stratégique SCEAM 2050, adopté à Kigali en août 2025, propose 12 piliers de développement holistique pour l’Église africaine (www.sceam.org) : évangélisation, éducation, santé, médias, développement rural, etc. Voilà une vision ! Approprions-nous-la, contextualisons-la, incarnons-la.

    Développons une théologie de la libération africaine qui parle de nos réalités : la corruption, la pauvreté, l’injustice, les violences. Pas un évangile d’évasion qui promet le paradis après la mort tout en tolérant l’enfer sur terre. Il nous faut de la dignité du travail honnête : « Que celui qui dérobait ne dérobe plus ; mais plutôt qu’il travaille, en faisant de ses mains ce qui est bien, pour avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin. » Éphésiens 4:28 (LSG).

    Sur le fond, le message doit évoluer. La foi et les miracles ne peuvent plus être dissociés du travail, de la compétence et de l’action concrète. Une Église prophétique et pertinente est celle qui forme des croyants responsables, travailleurs et autonomes, capables de transformer leur vie et leur communauté, plutôt que d’attendre passivement des promesses sans fondement.

    Stratégie 5 : L’engagement social sans compromission

    L’Église africaine dans tout son ensemble doit retrouver sa voix prophétique. Pas une voix partisane– nous ne sommes ni un parti politique ni une ONG militante. Mais une voix qui nomme l’injustice, qui défend les vulnérables, qui appelle au respect de la dignité humaine.

    Quand des jeunes sont tués lors de manifestations, l’Église doit parler. Quand des élections sont truquées, l’Église doit parler. Quand la Constitution est modifiée de manière controversée, l’Église doit parler. Non pas pour imposer un candidat ou un système, mais pour défendre des principes : justice, vérité, paix, dialogue.

    Stratégie 6 : La solidarité panafricaine

    Nos frères nigérians, burkinabés, maliens, congolais meurent. Que faisons-nous ? Des prières génériques le dimanche ? Ce n’est pas suffisant. Créons des réseaux de solidarité transnationaux. Collectons des fonds pour les déplacés. Organisons des missions d’accompagnement psychologique. Faisons du plaidoyer international.

    Le Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) a une vision : 230 millions de catholiques africains mobilisés pour transformer le continent. Si nous y ajoutons les protestants, les évangéliques, nous dépassons 600 millions de chrétiens africains. Imaginez la force de ce nombre si nous étions unis !

    Stratégie 7 : L’autonomie financière

    « Car, lorsque nous étions chez vous, nous vous disions expressément : si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. » 2 Thessaloniciens 3:10 (LSG).

    Arrêtons de mendier. La foi sans action est stérile comme le souligne Jacques 2:17 (LSG) « Il en est ainsi de la foi : si elle n’a pas les œuvres, elle est morte en elle-même. »

    Ainsi, développons des projets générateurs de revenus. Les Églises ont des terres ? Créons des fermes modèles, des centres de formation professionnelle, des coopératives agricoles. Les Églises ont des bâtiments ? Louons-les intelligemment en semaine pour des événements communautaires. Les Églises ont des membres compétents ? Créons des réseaux d’affaires chrétiens basés sur l’éthique et la solidarité. Car, seul, le travail produit la transformation dans Proverbes 14:23 (LSG) « Tout travail procure l’abondance, mais les paroles en l’air ne mènent qu’à la disette. »

    L’Objectif est d’atteindre 50% d’autosuffisance financière d’ici 2035. Cela réduira la dépendance, augmentera la crédibilité, et libérera des ressources pour le service social.

    V. L’URGENCE DU CHOIX : RÉFORME OU MARGINALISATION

    Je vais être direct : nous sommes à un point de bascule.

    D’un côté, nous avons une jeunesse africaine de plus en plus éduquée, connectée, exigeante. Elle ne se contente plus des réponses toutes faites. Elle veut de la cohérence. Elle scrute, elle compare, elle questionne. Les vidéos des manifestations de l’Église en question en juillet 2024 ont fait le tour des réseaux sociaux en quelques heures. La suspension de l’acteur principal a suscité des débats enflammés sur WhatsApp, Facebook, TikTok. Cette jeunesse ne tolérera plus longtemps l’opacité et l’hypocrisie.

    De l’autre côté, nous avons des menaces existentielles : le terrorisme qui avance du Sahel vers le Golfe de Guinée, la pauvreté qui s’aggrave, les tensions politiques qui se radicalisent, le changement climatique qui chasse les populations de leurs terres. Dans ce contexte, l’Afrique a besoin de ses Églises – pas comme décoration spirituelle, mais comme force de transformation sociale.

    Si nous ne nous réformons pas maintenant, nous deviendrons ce que l’Église catholique européenne est devenue : une institution muséifiée, respectée pour son histoire mais marginalisée dans les débats contemporains. Nos magnifiques cathédrales et temples deviendront des attractions touristiques, nos doctrines des curiosités anthropologiques.

    Est-ce cela que nous voulons ?

    VI. MON APPEL PERSONNEL : LE COURAGE DE LA MÉTAMORPHOSE

    Je ne suis pas pasteur. Je ne suis pas théologien. Je suis un expert en développement organisationnel qui a passé quinze ans à accompagner des entreprises, des ONG, des institutions publiques comme privées dans leurs transformations. Et je peux vous dire ceci : toute organisation qui refuse de s’adapter meurt. C’est une loi aussi implacable que la gravité.

    Mais j’ai aussi la foi. Une foi héritée de mes parents, nourrie dans les Églises togolaises, enrichie par mes voyages et mes lectures. Et c’est cette foi qui me pousse à écrire ces lignes, non pas pour démolir, mais pour reconstruire.

    Aux dirigeants ecclésiastiques, je dis : ayez le leadership comme service, pas domination. Matthieu 23:11–12 (LSG), le précise bien : « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé. » Car le pouvoir que vous détenez n’est pas un privilège, c’est un service. Jésus a lavé les pieds de ses disciples. Il n’a pas exigé qu’ils financent son SUV. Vous avez été appelés à servir, pas à être servis. Revenez à cette vocation première. Ouvrez les comptes. Acceptez le contrôle. Limitez vos mandats. Écoutez la base. Ayez le courage de la transparence radicale.

    Aux fidèles, je dis : vous êtes l’Église. Pas les murs, pas les titres, pas les structures. Vous. Cessez d’être des spectateurs passifs. Exigez la transparence. Participez aux assemblées générales. Votez avec discernement. Et si nécessaire, conditionnez votre soutien financier à des réformes concrètes. Votre dîme est sacrée ; ne la gaspillez pas dans des projets opaques. Car la vraie foi libère l’homme de la misère, de l’ignorance, de la dépendance et de la peur, en l’appelant à agir, travailler, se former et transformer sa société.

    À l’État togolais, je dis : régulez sans étouffer, en soutenant la formation des pasteurs, en reconnaissant les structures crédibles et en posant des exigences minimales de qualification pour l’implantation des Églises. Créez un cadre légal qui empêche les dérives (escroqueries, nuisances, politisation) tout en respectant la liberté religieuse. Médiez dans les conflits internes quand on vous le demande, mais n’intervenez pas avec des matraques dans des lieux de culte. Cette image du 4 août 2024 restera longtemps dans les mémoires – et pas en bien.

    À la communauté internationale, je dis : soutenez la réforme, pas le statu quo. Conditionnez vos aides aux Églises africaines à des critères de bonne gouvernance. Accompagnez-nous techniquement et financièrement dans cette transformation. Mais ne nous imposez pas vos modèles.Nous avons besoin de partenaires, pas de *nouveaux colonisateurs.

    Aux jeunes Africains, je dis : ne quittez pas vos Églises. Transformez-les. Vous êtes la génération qui peut opérer cette révolution. Vous avez l’éducation, la connectivité, l’énergie. Investissez-vous dans les structures décisionnelles. Candidatez aux postes de responsabilité. Créez des collectifs de jeunes chrétiens engagés pour la réforme. L’avenir vous appartient, mais seulement si vous le saisissez.

    LE RENDEZ-VOUS AVEC L’HISTOIRE

    Il y a quelques semaines, j’ai eu une longue conversation avec un ancien pasteur qui m’a dit quelque chose qui m’a marqué : « Helly, j’ai passé trente ans dans le ministère. J’ai vu des miracles, de vraies transformations de vies. Mais j’ai aussi vu l’appât du gain remplacer l’appel de Dieu. J’ai vu des hommes de Dieu devenir des hommes d’affaires. J’ai vu l’Évangile marchandisé. Je pars non pas parce que je perds la foi, mais parce que je veux la garder. »

    Ce témoignage me hante. Combien de vrais serviteurs de Dieu quittent discrètement le ministère, dégoûtés par ce qu’ils voient ? Combien de fidèles sincères désertent les Églises, cherchant ailleurs une spiritualité authentique ? Combien de jeunes rejettent le christianisme parce qu’ils ne voient aucune différence entre un « homme de Dieu » et un politicien corrompu ?

    Un tour des personnes ressources touchées dans le cadre de la rédaction de cette tribune révèle, en fin, que la crédibilité de l’Église passe par une gouvernance éthique : transparence financière, reddition de comptes et refus de l’idolâtrie des leaders religieux. L’Église de demain doit redevenir un acteur central du développement intégral – spirituel, social, intellectuel et économique – au service du bien commun et de la nation.

    Nous sommes en 2025. L’Afrique est à un tournant de son histoire. Dans les vingt-cinq prochaines années, nous deviendrons le continent le plus peuplé, avec la population la plus jeune. Nous avons un potentiel immense. Mais ce potentiel ne se réalisera que si nos institutions – y compris religieuses – sont saines, transparentes, crédibles.

    Les Églises africaines peuvent être des acteurs majeurs de cette transformation. Elles peuvent éduquer, soigner, réconcilier, développer. Elles peuvent être des espaces de dialogue dans des sociétés polarisées. Elles peuvent être des voix prophétiques face aux injustices. Elles peuvent être des modèles de bonne gouvernance.

    Mais pour cela, elles doivent d’abord se réformer elles-mêmes.

    Le Christ a chassé les marchands du temple avec un fouet. Peut-être est-il temps que nous fassions de même – non pas avec violence, mais avec détermination. Chassons l’opacité, chassons l’enrichissement illicite, chassons le culte de la personnalité, chassons le mutisme complice.

    Et construisons, sur ces ruines salubres, une Église africaine digne de ce nom. Une Église qui ressemble vraiment à Celui qu’elle prétend servir. Une Église pauvre avec les pauvres, juste avec les opprimés, prophétique face aux puissants, transparente dans sa gestion, démocratique dans son fonctionnement, holistique dans son développement.

    Cette Église-là, je la veux. Cette Église-là, nos enfants la méritent. Cette Église-là, l’Afrique en a besoin.

    Alors, mes frères et sœurs, qu’attendons-nous ?

    Le temps de l’indignation stérile est révolu. Le temps de l’action stratégique est venu. Nous avons le diagnostic. Nous avons les solutions. Il ne manque qu’une chose : le courage.

    Aurons-nous ce courage ?

    L’histoire nous regarde. Dieu nous regarde. Nos enfants nous regardent.

    À nous de choisir : réforme ou marginalisation. Renaissance ou décadence. Authenticité ou hypocrisie.

    Moi, j’ai choisi. Et vous ?

    Helly GBENE

    Expert & Promoteur de la Rencontre des Jeunes Entrepreneurs & Décideurs Chrétiens

    Source: Togoscoop

  • Au Togo, une répression silencieuse étouffe les voix dissidentes

    Au Togo, une répression silencieuse étouffe les voix dissidentes

    La réforme constitutionnelle d’avril 2024, qui a permis à l’ex-président Faure Gnassingbé d’obtenir la présidence du conseil, sans limitation de mandat, avait provoqué une vague de contestation au printemps. Face à la dureté de la répression du gouvernement, les opposants ont cessé leur mobilisation.

    La date avait été choisie pour perturber l’ouverture du 9e Congrès panafricain, organisé à Lomé. Lundi 8 décembre, les Togolais étaient appelés à descendre dans la rue pour protester contre le pouvoir de Faure Gnassingbé, à la tête du pays depuis vingt ans. Depuis plusieurs semaines, des relais du Mouvement du 6 juin (M66) – majoritairement composé d’influenceurs de la diaspora – exhortaient, sur TikTok, la population à relancer la contestation qui avait éclaté au printemps.

    A Bè, quartier populaire du sud-est de la capitale, un important dispositif de sécurité était déployé. Mais les forces de l’ordre n’ont pas eu à intervenir. Personne n’est sorti manifester. La répression mise en œuvre par les autorités depuis six mois contre toute personne impliquée dans la contestation, qui avait fait sept morts, selon les organisations de la société civile – cinq selon le gouvernement, qui évoque des « noyades » –, semble avoir eu raison de la mobilisation des Togolais.

    Et étouffé le mouvement de colère apparu après la réforme constitutionnelle d’avril 2024. Celle-ci a permis à Faure Gnassingbé de passer de la présidence de la République à la présidence du…

    La suite sur lemonde.fr/afrique

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