Auteur/autrice : La Rédaction

  • C𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞 𝟗ᵉ 𝐂𝐨𝐧𝐠𝐫𝐞̀𝐬 𝐩𝐚𝐧𝐚𝐟𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧 𝐝𝐞́𝐯𝐨𝐢𝐥𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐥𝐥𝐞𝐜𝐭𝐮𝐞𝐥𝐬 𝐟𝐚𝐮𝐬𝐬𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬

    C𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞 𝟗ᵉ 𝐂𝐨𝐧𝐠𝐫𝐞̀𝐬 𝐩𝐚𝐧𝐚𝐟𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧 𝐝𝐞́𝐯𝐨𝐢𝐥𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐥𝐥𝐞𝐜𝐭𝐮𝐞𝐥𝐬 𝐟𝐚𝐮𝐬𝐬𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬

    Mais au-delà, ce congrès panafricain est une blessure pestilentielle, ou plutôt la réactivation d’une blessure historique et mémorielle qui traverse les peuples africains et leur jeunesse.

    Avant l’ouverture du congrès, j’avais prévu de donner ma voix à travers une communication déjà prête. Mais j’ai choisi une autre posture : observer, lire, écouter, analyser, méditer et intervenir plus tard. Et ce que je note pour l’instant est affligeant : 𝒖𝒏 𝒄𝒐𝒏𝒈𝒓𝒆̀𝒔 𝒎𝒂𝒓𝒒𝒖𝒆́ 𝒑𝒂𝒓 𝒅𝒆𝒔 𝒅𝒆́𝒏𝒐𝒏𝒄𝒊𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏𝒔, 𝒅𝒆𝒔 𝒄𝒐𝒏𝒕𝒓𝒂𝒅𝒊𝒄𝒕𝒊𝒐𝒏𝒔 𝒆𝒕 𝒅𝒆𝒔 𝒊𝒏𝒄𝒐𝒉𝒆́𝒓𝒆𝒏𝒄𝒆𝒔 𝒅𝒆 𝒕𝒐𝒖𝒕𝒆𝒔 𝒔𝒐𝒓𝒕𝒆𝒔 — 𝒊𝒏𝒕𝒆𝒍𝒍𝒆𝒄𝒕𝒖𝒆𝒍𝒍𝒆𝒔, 𝒆́𝒕𝒉𝒊𝒒𝒖𝒆𝒔, 𝒆́𝒑𝒊𝒔𝒕𝒆́𝒎𝒊𝒒𝒖𝒆𝒔, 𝒊𝒅𝒆́𝒐𝒍𝒐𝒈𝒊𝒒𝒖𝒆𝒔 𝒆𝒕 𝒑𝒐𝒍𝒊𝒕𝒊𝒒𝒖𝒆𝒔. Rien de surprenant, hélas. C’est presque une messe noire consacrant un pseudo-intellectualisme, une régression du panafricanisme, un fourvoiement politico-idéologique dont les peuples africains paient encore le prix.

    Ce qui se joue avec le pseudo-panafricanisme du régime de Faure Gnassingbé est plus complexe qu’il n’y paraît. C’est précisément pour cela que notre posture ne doit être ni réductrice ni simpliste. Mais les réactions citoyennes « à chaud » que nous observons partout sur la toile sont nécessaires et légitimes : elles dénoncent, à juste titre, un congrès prétendument panafricain qui fait offense à la souffrance du peuple togolais et, au-delà, à la dignité du peuple africain. Il faut même continuer à multiplier ces dénonciations après la fin du congrès.

    Nous devons le marteler encore et encore : le régime de dictature de Faure E. Gnassingbé ne possède aucune des caractéristiques minimales — démocratiques, institutionnelles ou symboliques — qui permettraient d’abriter un congrès panafricain. Les idéaux du panafricanisme sont en totale contradiction structurelle avec les pratiques d’un régime illégal et illégitime, qui ne garantit ni libertés fondamentales, ni participation citoyenne.

    Mais au-delà, ce congrès est une blessure pestilentielle, ou plutôt la réactivation d’une blessure historique et mémorielle qui traverse les peuples africains et leur jeunesse. Il ravive un soupçon persistant : celui qui entoure la mission des intellectuels africains, soupçon nourri par les trahisons supposées ou réelles par nombre d’entre eux depuis les luttes d’indépendance.

    Malheureusement, l’Afrique souffre encore de certaines de ses élites intellectuelles et universitaires — élites dont plusieurs méritent, hélas, le nom d’« intellectuels faussaires ». J’emprunte ici l’expression à Pascal Boniface et à son ouvrage 𝐿𝑒𝑠 𝐼𝑛𝑡𝑒𝑙𝑙𝑒𝑐𝑡𝑢𝑒𝑙𝑠 𝑓𝑎𝑢𝑠𝑠𝑎𝑖𝑟𝑒𝑠. Dans le cas présent, je fais référence à ces intellectuels qui se proclament panafricanistes, mais qui vendent leurs expertises aux dictateurs du continent et leur servent de caution morale.

    Leur instrumentalisation mercantile du panafricanisme — cette idéologie qu’ils prétendent incarner et défendre — a été exposée au grand jour, mise à nu, prise en flagrant délit lors du congrès de Lomé. Et toute la jeunesse africaine l’a vu. Elle a vu comment certains penseurs, au lieu d’éclairer la route de l’émancipation, préfèrent s’agenouiller devant les pouvoirs les plus répressifs, troquant la dignité intellectuelle contre des privilèges dérisoires.

    Ce sont contre ces intellectuels faussaires — ces chantres autoproclamés du panafricanisme — que mon encre et mon verbe s’insurgeront dans les heures et les jours à venir. Le 9ᵉ Congrès panafricain de Lomé aura été, malgré lui, un miroir de tord-boyaux tendu aux élites africaines : un rappel sévère qu’on ne trahit jamais impunément la conscience d’un peuple opprimé, et encore moins celle de sa jeunesse.

    « Le Burkina Faso sera le tombeau de l’impérialisme », déclarait le Président Ibrahim Traoré dans la lignée de Thomas Sankara.

    Le Togo, lui, sera le tombeau du pseudo-panafricanisme — que ce soit dit, ici, en hommage à Sylvanus Olympio.

    Je m’arrête ici pour l’instant. Le reste vient.

    Dr Kossigan Cyrille Kokou-Kpolou

  • Togo: Faure Gnassingbé promet un changement de culture politique et une “nouvelle ère institutionnelle”

    Togo: Faure Gnassingbé promet un changement de culture politique et une “nouvelle ère institutionnelle”

    Faure Gnassingbé s’est exprimé pour la première fois, ce mardi 2 décembre, sur la politique nationale depuis le passage du Togo à la 5e République et l’instauration d’un régime parlementaire. Devant le Parlement réuni en Congrès à Lomé, il a évoqué les enjeux de cohésion nationale, de stratégie à l’internationale et du sort des prisonniers.

    Dans un discours passionné devant un parlement acquis à sa cause, Faure Gnassingbé a dévoilé les grandes lignes de sa nouvelle gouvernance, promettant un changement radical de la culture politique au Togo. Il s’agissait de sa première intervention en tant que président du Conseil devant le Parlement réuni en Congrès, ce mardi 2 décembre à Lomé.

    Ce discours marque une étape cruciale dans l’acceptation de son nouveau régime parlementaire. Son objectif était d’introduire une “nouvelle ère institutionnelle”, fondée sur la Constitution récemment entrée en vigueur. Faure Gnassingbé a structuré son programme autour de trois axes principaux: la protection des citoyens, la souveraineté nationale et le rayonnement diplomatique.

    “Rassembler implique de dépasser les clivages politiques“

    Le président du Conseil a mis l’accent sur des enjeux de stabilité politique et des institutions. “Rassembler implique de dépasser les clivages politiques“, a-t-il affirmé. Avant d’ajouter que l’opposition est “une voix nécessaire, une vigie utile, une force de proposition” dans cette République parlementaire. “Mon gouvernement tendra la main à toutes les forces représentées dans cette Assemblée et au Sénat“, a insisté Faure Gnassingbé.

    Bien que son discours n’ait pas comporté d’annonces concrètes, le président du Conseil a donné des directives claires sur la manière de faire face aux menaces djihadistes, notamment dans le nord du pays. Faure Gnassingbé a récemment renforcé ses alliances internationales, comme en témoigne sa visite en Russie où des accords de défense ont été signés.

    Cohésion nationale et mesures pour les prisonniers

    Le président a également insisté sur l’importance de la souveraineté du Togo et de la nécessité d’une voix africaine forte, à l’approche du sommet panafricain de Lomé. “Cette projection extérieure n’est pas déconnectée des réalités intérieures. Elle vise au contraire à soutenir les objectifs nationaux de développement et à mieux valoriser la jeunesse comme la diaspora.”

    Aussi porté sur l’équité territoriale, Faure Gnassingbé a déclaré qu’il tenait à ce que tous les Togolais puissent bénéficier d’un accès à l’eau, à l’éducation, à la santé, à la sécurité et à l’énergie. Il a assuré que cela serait possible grâce à la décentralisation, qui permettra le renfort des instances locales.

    “Une société forte ne se construit ni dans la faiblesse, ni dans la vengeance, mais dans l’équilibre entre justice, humanité et responsabilité.”

    La cohésion nationale a aussi été un pilier de son discours, dans un contexte où le mouvement du 6 juin appelle à manifester le 8 décembre. “Une société forte ne se construit ni dans la faiblesse, ni dans la vengeance, mais dans l’équilibre entre justice, humanité et responsabilité”, a-t-il affirmé alors qu’une partie de la société civile demande la liberation de personnes arrêtées lors des manifestations de mai et juin dernier, dont une trentaine a entamé une grève de la faim.

    Faure Gnassingbé a évoqué la possibilité de mesures de grâce pour les prisonniers, sans préciser si cela inclurait ces détenus politiques. Cette question reste en suspens et pourrait être un test pour la nouvelle gouvernance en termes de droits de l’homme et de réconciliation nationale.

    Source: information.tv5monde.com/afrique

  • Togo. Katanga, le «ghetto» des pêcheurs délogés puis délaissés

    Togo. Katanga, le «ghetto» des pêcheurs délogés puis délaissés

    Reportage · Face à la mer, à l’est du vaste port de la capitale Lomé, ce quartier de pêcheurs est devenu un vrai « ghetto » à la suite du délogement de ses habitants de son ancien emplacement pour l’extension du grand port construit par Bolloré. Malgré la mauvaise réputation et les violences policières, les « Katangais » tentent de maintenir une certaine solidarité et de reconstruire leur lieu de vie.

    Des centaines de petites cabanes posées côte à côte, avec des feuilles de palmiers pour murs et des bâches pour toits : le quartier de pêcheurs de Katanga, niché face à la mer, à une dizaine de kilomètres à l’est de Lomé, la capitale du Togo, détonne au milieu des hôtels, des restaurants, des villas ostentatoires et des grandes usines de la ville. Coincé entre le grand port de la capitale, dirigé jusqu’en 2023 par le groupe français Bolloré, et le nouveau port de pêche – un don des Japonais.

    La situation géographique de Katanga attire depuis longtemps des populations arrivées de différents pays du golfe de Guinée. Togolais, Ghanéens, Béninois et Nigérians… Quelques 3 000 personnes cohabitent dans ce village à l’allure négligée. Deux entrées permettent d’accéder à Katanga : une piste partant de la route du Bénin, ou depuis la plage, en contournant l’embouchure d’un ruisseau grisâtre malodorant qui charrie les déchets des usines environnantes.

    Les difficultés d’accès, à cause de l’éloignement géographique du centre urbain de Lomé et du manque d’infrastructures de transport, conjuguées au caractère « étranger » du lieu, ont cantonné le quartier à une position périphérique. Cette mise à l’écart a nourri le sentiment d’altérité des citadins de la capitale envers cette population d’exilés considérée comme marginale. Amandine Spire, spécialiste des sociétés urbaines et des dynamiques migratoires en Afrique subsaharienne, définit cette marginalité comme « le paradoxe de l’invisibilité de l’identité étrangère », un paradoxe consistant en une invisibilité sociale et politique.

    Ici on parle l’akan, l’adan, l’ashanti et le kabiyè

    Sans représentation, peu reconnu par les institutions, mais loin de passer inaperçu, le quartier attire l’attention par ses pratiques sociales et culturelles atypiques incarnées par la forte présence d’une population considérée comme étrangère. Ce contraste révèle toute la complexité de Katanga : mis à l’écart des circuits officiels de la ville, il n’en occupe pas moins une place bien réelle dans l’imaginaire urbain, comme un espace différent, marginal, et pourtant symboliquement central dans la construction de l’altérité à Lomé.

    La forte diversité communautaire se manifeste clairement dans les espaces de sociabilité de Katanga, marqués par une grande richesse linguistique. Jacques, 37 ans, pêcheur depuis son enfance, habite dans le village voisin de Gbétsogbé, accolé au port de pêche. Pourtant, tout le monde à Katanga le connaît et le salue en passant. « Jack bless », lui lancent-ils. « No one cares », répond-il en souriant. En nous accompagnant, il précise que les langues les plus parlées à Katanga sont l’akan, l’adan, l’ashanti et le kabiyè.

    Ce samedi de mars, sous un soleil brûlant à son zénith, nous empruntons la piste qui mène au quartier depuis la route. Nous traversons des venelles recouvertes de sable noirâtre : des femmes participent à la transformation du poisson, des hommes reprisent des filets de pêche, d’autres reviennent de la mer imprégnés d’une odeur iodée.

    La drogue pour s’évader

    Peu s’aventurent dans ce quartier, réputé dangereux et rempli de « drogués », mais, malgré les déchets omniprésents, les ruelles sont animées et mènent toutes à une place circulaire, le point névralgique du village.

    Installé sur un banc en bois, non loin du bar qui fait vibrer le quartier chaque jour au rythme de l’afrobeat, Khalifa, pantalon en dessous de la taille façon sagging, allume son joint de cannabis avant de le tendre à son « grand frère » Jacques. « On aime porter le pantalon comme ça, comme Tupac », lance Khalifa. Ce pêcheur résidant lui aussi à Gbétsogbé, aime se poser à Katanga pour se détendre après une nuit passée en mer. Deux autres jeunes semblent en transe après avoir consommé du tramadol, un analgésique de la classe des opioïdes très répandu au Togo. Le regard perdu dans l’horizon, ils basculent vers l’avant se pliant sur eux-mêmes, leurs mentons sur le point de toucher leurs genoux, avant de se redresser soudainement, tels des zombies.

    À quelques mètres, des enfants jouent au football avec un ballon déchiqueté. Soudain, arrivant comme par magie au milieu de la fumée, une mère hèle son gamin. Cette femme d’une quarantaine d’années est vendeuse de fruits au port de pêche. « Mon dernier ne veut plus aller à l’école depuis quelques semaines. J’ai essayé de le convaincre mais, pour devenir pêcheur, il pense qu’il n’a plus besoin d’y aller », confie-t-elle.

    Tué à 27 ans lors d’une intervention policière

    Katanga n’est pas seulement le territoire des jeunes fumeurs. Les habitations à même le sable ne sont pas la propriété de ceux qui les occupent. Chaque ménage est tenu de verser une taxe mensuelle de 1 000 F CFA (soit environ 1,53 euro) à l’État, sous peine d’expulsion. Aux yeux du gouvernement, cette forme de « ghettoïsation » ternit l’image de la ville et reste perçue comme un obstacle à son développement urbain. Livrés à eux-mêmes, les habitants de Katanga se plaignent de l’absence de services de nettoyage, un abandon illustré par l’imposante montagne de déchets qui borde le littoral et altère le paysage maritime. Les habitants disent avoir attendu deux ans pour que des techniciens municipaux se rendent enfin sur place, en janvier, afin d’étudier la possibilité d’une nouvelle opération de salubrité.

    La montée des eaux est un autre défi pour le village. L’inaction du gouvernement est perçue comme le signe d’une volonté de se débarrasser du quartier. L’océan engloutit chaque année de cinq à dix mètres de plage et les maisons construites avec des matériaux de fortune sur son passage. Cette situation s’est aggravée avec la construction du port de Lomé, en 1967, et le barrage hydroélectrique d’Akosombo, au Ghana. La modification des fonds marins a précipité, à l’est du port, un départ de sédiments qui contribuaient à limiter l’érosion, et le phénomène a été exacerbé par les effets du changement climatique ainsi que par l’extraction de graviers par les riverains.

    Les installations électriques improvisées, basées sur un système de câblage en araignée relié à un réseau clandestin, exposent les habitants à un risque permanent d’électrocution et d’incendie. Patricia, vendeuse ambulante de fruits, a vu sa maison familiale partir en fumée début décembre 2024. « Nous n’avons pas les moyens de la reconstruire », dit-elle, visiblement éprouvée. Quelques semaines auparavant, la famille avait déjà été frappée par un autre drame : son frère Modcho, 27 ans, avait été tué lors d’une intervention policière visant à démanteler un point de vente de cannabis. Selon plusieurs témoins, Modcho aurait tenté de s’interposer pour empêcher l’arrestation d’une vendeuse. Les policiers auraient alors ouvert le feu. Modcho était l’un des rares soutiens financiers du foyer, dont dépendaient également sa compagne et ses enfants. Depuis l’incendie, la famille est complètement désemparée, livrée à elle-même, sans ressources ni perspectives.

    « On constate une réduction des stocks de poissons »

    Assis en cercle sur le sable, devant la mer, cinq hommes d’une cinquantaine d’années réparent des filets de pêche en sirotant du sodabi, la boisson locale distillée à base de vin de palme. La réparation d’un filet de 100 mètres est rémunérée 10 000 F CFA, une somme dérisoire pour deux semaines de travail.

    Ils ne parlent pas français mais éwé, l’une des langues officielles du Togo, sont analphabètes et n’ont jamais fréquenté l’école. « Nos enfants sont aussi pêcheurs, mais les nouvelles générations prennent d’autres chemins parce qu’on constate une réduction des stocks de poissons », raconte Pascal, débraillé, avec une tenue aussi échevelée que son discours est hésitant. « De plus, les Ghanéens viennent ici avec des embarcations plus sophistiquées et des filets qui ne respectent pas les tailles autorisées. Ils capturent tous nos poissons », poursuit l’ancien pêcheur.

    « Il y a cinquante ans, on pêchait deux fois plus de poissons. Des navires chinois viennent capturer nos espèces avec des filets trop serrés », dénonce David, ancien pêcheur résidant à Katanga. Dans les eaux du Togo, pays du golfe de Guinée, la surpêche et la pêche illégale sont un problème récurrent depuis des décennies. En dépit des efforts du gouvernement togolais, à travers des patrouilles maritimes et le renforcement de la législation en 2016, la pêche illégale représente 37 % des captures.

    « Le gouvernement permet cette situation »

    Au Togo, les conséquences de la surpêche sont aggravées par d’autres facteurs, comme l’absence de période de repos biologique maritime. L’expérimentation par le Ghana de cette trêve imposée pousse les pêcheurs ghanéens à venir pêcher au large des côtes de son voisin, fragilisant davantage son écosystème.

    Face aux navires industriels étrangers, les pêcheurs artisanaux sur leurs petites pirogues motorisées ne font pas le poids. Parfois, voulant pêcher de nuit et profiter des lumières des grands navires stationnés dans le port de Lomé, ils s’approchent trop près et sont pris pour des pirates.

    « Les Ghanéens viennent sur nos côtes et ramassent tous les petits poissons. C’est pour ça qu’on a de moins en moins de gros poissons », raconte Kossivi, qui a dû abandonner la pêche quand sa pirogue s’est cassée. Depuis longtemps, la pêche n’était plus une activité lucrative : « On dépense plus en carburant qu’on ne fait de bénéfices. » Et le quadragénaire de conclure : « Le gouvernement permet cette situation en acceptant l’argent des Ghanéens qui paient une taxe pour violer en toute impunité la loi qui interdit les filets de mailles trop étroites. De plus, les vendeuses de poisson sont elles aussi complices. Elles en profitent. »

    Quand le port de Bolloré délogeait les pêcheurs

    La pêche artisanale représente 99 % de la production totale marine du Togo. Pourtant, les pêcheurs déplorent un manque de soutien du gouvernement à ce secteur qui emploie 20 000 personnes et représente 4,5 % du PIB, selon les chiffres du ministère de l’Économie maritime du Togo.

    Le gouvernement prétexte la nationalité étrangère supposée des habitants de Katanga pour justifier le manque d’investissement en faveur de cette communauté de pêcheurs. Cette dernière se sent abandonnée de l’État et craint à tout moment d’être délogée.

    « On nous a forcés à partir avec la construction du troisième quai du port de Lomé en 2002 », rappelle Cécile, une résidente d’environ 70 ans qui connaît bien l’histoire du quartier. Le souvenir du délogement forcé, pour construire le port de Bolloré, reste encore très présent dans les esprits. Contraints de partir, les gens se sont installés quelques kilomètres plus loin sans aucun dédommagement.

    Les habitants l’appellent le « ghetto »

    En plus de leurs habitations, les pêcheurs perdent alors leur port artisanal. La promesse d’un nouveau port de pêche ne se concrétise que bien plus tard, en 2019. Les pêcheurs dénoncent aujourd’hui des insuffisances dans le chenal d’accès du nouveau port de pêche qui a déjà coûté la vie1 à deux d’entre eux et causé la perte de treize pirogues rien que pour le mois de juillet 2020. « Les vagues doivent être cassées en amont, elles sont trop proches du chenal », explique Kossi, un jeune pêcheur.

    Les stupéfiants en circulation, la prostitution, la pauvreté, l’insalubrité et la délinquance ont fait de Katanga ce que beaucoup considèrent comme la pire banlieue de la capitale. Les habitants eux-mêmes l’appellent le « ghetto ».

    La précarité économique de la pêche (500 F CFA de gains lors d’une mauvaise journée) et le manque d’opportunités en dehors de ce secteur poussent les jeunes à considérer la vente de cannabis comme l’unique option de survie. D’autres formes de délinquance telles que le vol, le braquage ou des règlements de comptes violents ont contribué à stigmatiser cette population au sein de la société loméenne.

    Une mauvaise réputation qui perdure

    Les zemidjans (motos-taxis) refusent de s’y rendre, et les citadins de Lomé déconseillent d’y aller. De fait, les personnes étrangères ne faisant pas partie du village sont perçues avec méfiance et exposées aux braqueurs. Se faire accompagner d’un résident est le seul moyen d’entrer en toute sécurité. Face à cette situation, la communauté s’est organisée pour écarter les bandits. La mauvaise réputation perdure bien que les agressions en plein jour soient de plus en plus rares.

    À l’intérieur, une hiérarchie tirée de la coutume garantit un certain ordre, fidèle aux perceptions de la justice sociale. Loin de s’apitoyer, la population compense la précarité par des formes multiples de solidarité et d’entraide.

    Les conditions de vie engendrées par la précarité et amplifiées par l’isolement de Katanga favorisent une addiction précoce aux stupéfiants. Katanga est devenu un lieu de deal mais aussi un refuge pour celles et ceux qui sont en rupture avec les normes sociales imposées par la famille.

    Vente de cannabis et de repas chauds

    Chez elle, une mère de famille prépare des enveloppes de cannabis pour la vente. « On est nés dedans », explique Jeanne (nom d’emprunt), qui consacre sa vie aux enfants vulnérables. Proche de la soixantaine, elle s’est dévouée corps et âme à nourrir, habiller et scolariser ces mineurs abandonnés à leur sort.

    Pour ce faire, elle utilise une méthode peu orthodoxe : la vente de cannabis et de repas chauds qui lui permet d’assurer un revenu régulier pour financer les besoins de dizaines d’enfants. « Ce n’est pas pour rien qu’on la surnomme “la maman” dans tout Katanga ! », dit Akalai, un jeune que Jeanne a vu grandir. Malgré quelques passages éphémères à la prison civile de Lomé, elle n’a jamais baissé les bras. Elle fait la fierté des habitants de Katanga, qui la protègent même des descentes de police régulières dans le quartier.

    La criminalité et la présence de stupéfiants justifient les opérations inopinées de la gendarmerie à Katanga. « Des grands bandits se réfugient à Katanga. Il y a quelques années, la police n’osait même pas y intervenir », affirme Kokou, habitant de Lomé et fondateur d’un centre culturel. La stigmatisation du quartier engendre parfois des interventions disproportionnées, comme celle qui a coûté la vie à Modcho. Sa famille, résignée, refuse de saisir la justice. « Ça ne sert à rien de porter plainte contre l’État », lâche sa sœur, d’un ton las. Pour sa compagne, la perte est lourde : endeuillée, elle se tourne désormais vers la solidarité de la communauté pour subvenir aux besoins des enfants du couple.

    source: https://afriquexxi.info

  • JMS 2025 au Togo: l’empreinte du REMAPSEN

    JMS 2025 au Togo: l’empreinte du REMAPSEN

    ‎Pour lutter contre cette maladie qui fait beaucoup de dégâts surtout dans les pays sous-développés, il faut ”Surmonter les perturbations, Transformer la riposte au Sida”.

    La journée mondiale de lutte contre le sida a été officiellement lancée ce lundi 1er décembre 2025, par Prof Tchin Darre, Représentant le ministre ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, en présence du Docteur Yaye Kanny Diallo, la Directrice pays de l’ONUSIDA et du Prof Pitché, le Coordonnateur du SP/CNLS-IST.

    ‎Mme Ambroisine Mêmèdé, la Coordonnatrice nationale du Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN-Togo), a pris part activement aux travaux. En effet, elle est intervenue sur l’aspect pédiatrique, notamment l’atteinte des 3×95 au niveau des enfants et la question des perdues de vue.

    ‎Au niveau pédiatrique, les statistiques révèlent que nous sommes à 81, 69 et 56% pour les enfants de 0 à 14ans alors que ce taux est de 92, 92 et 85% chez les adultes.

    ‎Les solutions avancées sont la lutte contre la déperdition du couple mère/enfant, le renforcement du système de soins, la stigmatisation, etc.
    ‎
    La Journée mondiale de lutte contre le Sida de l’année 2025 a été placée sous le thème ”Surmonter les perturbations, Transformer la riposte au Sida”.

    Au plan national, les réflexions tournent autour de la mobilisation pour la triple élimination VIH Syphilis Hépatite B chez l’enfant.

    Avec le secrétariat

  • Au forum des médias du REMAPSEN sur les maladies tropicales négligées, Dr Maria Rebollo Polo (OMS) tire la sonnette d’alarme

    Au forum des médias du REMAPSEN sur les maladies tropicales négligées, Dr Maria Rebollo Polo (OMS) tire la sonnette d’alarme

    Experte mondiale de l’OMS sur les maladies tropicales négligées, Dr Maria Rebollo Polo a, lors du forum des médias du REMAPSEN de ce 25 novembre sur cette problématique, une nouvelle fois encore fait l’état des lieux, relavant que les financement internationaux sont faibles bien qu’un certain nombre de progrès soient notés.

    Lors de la cérémonie d’ouverture tenue par webinaire le mardi 25 novembre 2025, la Dr Maria Rebollo Polo, experte mondiale de l’OMS, a livré un état des lieux sans concession sur les maladies tropicales négligées (MTN), alertant sur la fragilité des progrès face à l’effondrement des financements internationaux.

    L’exposé présenté lors de la cérémonie d’ouverture du Forum des Médias du REMAPSEN par la Dr Maria Rebollo Polo, experte mondiale de l’OMS sur les maladies tropicales négligées (MTN), offre une lecture précise et alarmante de la situation actuelle des MTN dans le monde et en Afrique. Selon elle, malgré des avancées significatives, les progrès restent fragiles et menacés par une baisse historique du financement international. Les MTN, qui touchent encore directement ou indirectement plus d’un milliard de personnes, continuent d’imposer un lourd tribut humain et économique, en particulier sur le continent africain où se concentre la grande majorité de la charge de morbidité.

    Des données chiffrées…

    Depuis 2010, le nombre de personnes nécessitant une intervention contre les MTN a diminué de 695 millions, dont 239 millions rien que sur la période 2020–2023. Cette évolution, soutenue en grande partie par les campagnes de chimioprévention de masse, traduit une dynamique encourageante. Entre 2022 et 2023, la réduction supplémentaire a concerné 122 millions de personnes. Par ailleurs, l’OMS a reconnu à ce jour 58 pays ayant éliminé au moins une MTN, un progrès notable vers l’objectif de 100 pays fixés pour 2030. L’année 2025 est particulièrement marquante avec neuf nouveaux pays ayant obtenu la validation d’élimination, dont le Niger pour l’onchocercose, la Guinée pour la trypanosomiase, la Mauritanie et le Burundi pour le trachome, ainsi que le Sénégal, le Kenya, l’Égypte et la Papouasie-Nouvelle-Guinée pour d’autres pathologies.

    Cependant, la charge mondiale demeure élevée avec 119 000 décès imputés aux MTN en 2021 et plus d’un milliard de personnes vivant avec au moins une de ces maladies. Les années de vie ajustées sur l’incapacité (DALYs) restent elles aussi préoccupantes, atteignant 14,14 millions en 2021. En 2024, 1,437 milliard de traitements préventifs ont été administrés à travers le monde, couvrant 864,6 millions de personnes pour au moins une MTN. Le taux de couverture pour la chimioprévention s’élève à 62,7 %. Au-delà de la chimioprévention, environ 7,5 millions de patients ont bénéficié d’une prise en charge individuelle, soulignant l’importance des deux approches complémentaires recommandées par l’OMS.

    La Dr Rebollo a également attiré l’attention sur la chute dramatique des financements mondiaux. Entre 2018 et 2023, le soutien financier destiné spécifiquement aux MTN est passé de 531 millions à seulement 260 millions USD, soit un recul de 41 %. Cette contraction budgétaire frappe durement les programmes nationaux, particulièrement en Afrique. La réduction ou l’arrêt des programmes tels que USAID Act to End NTDs entraîne un ralentissement des campagnes de distribution de masse et fragilise les capacités nationales, surtout dans des pays où les MTN pèsent déjà lourdement sur les systèmes de santé.

    Pour faire face à ces difficultés, plusieurs pays développent des modèles d’intégration innovants permettant de mieux utiliser les plateformes existantes de santé. L’Éthiopie, le Kenya et l’Ouganda ont ainsi commencé à intégrer les interventions MTN dans leurs systèmes de soins primaires. D’autres pays, comme le Bénin ou le Niger, utilisent les plateformes scolaires ou communautaires pour livrer les campagnes. Madagascar a combiné la réponse MTN avec les campagnes de vaccination, tandis que la Tanzanie l’a intégrée à ses programmes de nutrition. Le Rwanda et le Togo, quant à eux, développent des approches multisectorielles reliant santé, éducation, eau et assainissement. Pour la Dr Rebollo, la clé réside dans un leadership national fort, une meilleure coordination et une implication centrale des communautés.

    Les défis structurels persistent néanmoins…

    La faible visibilité politique des MTN, la dépendance aux bailleurs, l’insuffisance de personnel qualifié, la faible intégration aux systèmes de santé et la fragilité des services WASH ralentissent la dynamique d’élimination. La durabilité à long terme exige des pays qu’ils intègrent pleinement les MTN dans leurs politiques nationales, prévoient des lignes budgétaires dédiées, renforcent les chaînes logistiques, développent la digitalisation des rapports et adoptent des plans de transition pour réduire progressivement la dépendance aux dons internationaux. Chaque pays devra aussi renforcer sa surveillance, adapter ses stratégies aux réalités locales et mobiliser les communautés pour garantir un changement durable. À travers son exposé, la Dr Rebollo appelle à une mobilisation urgente et collective. Selon elle, l’avenir de la lutte contre les MTN repose désormais sur trois piliers : un leadership national affirmé, un ancrage dans les systèmes de santé primaires et une diversification des financements. Sans cela, les gains durement acquis risquent d’être perdus et les populations les plus vulnérables de nouveau exposées à ces maladies évitables. Elle rappelle que la lutte contre les MTN est un investissement transversal en faveur de l’équité, de l’éducation, de la productivité et de la souveraineté sanitaire. L’Afrique dispose des atouts pour réussir, mais la responsabilité collective doit être amplifiée.

  • A Lomé, au Togo, la marine militaire russe a désormais un accès privilégié au port

    A Lomé, au Togo, la marine militaire russe a désormais un accès privilégié au port

    Un nouvel accord bilatéral entre la Russie et le Togo, ratifié le 25 octobre, prévoit la formation de l’armée togolaise par le ministère russe de la défense, le partage de renseignements et la tenue d’exercices militaires conjoints.

    Il ne l’avait pas accueilli en Russie depuis 2019. C’est tout sourire que Vladimir Poutine a reçu, mercredi 19 novembre, Faure Gnassingbé, le président du conseil togolais, sous les ors du Kremlin. Symbole de leur bonne entente et du rapprochement entre leurs deux pays : l’annonce de la réouverture prochaine de leurs ambassades à Lomé et Moscou, respectivement fermées depuis 1992 et 1999.

    Durant leur entretien, le président russe et son hôte togolais ont évoqué leur partenariat en matière commerciale, énergétique ou encore agricole. Mais c’est surtout sur le plan militaire qu’ils ont fait avancer leur relation. Vladimir Poutine et Faure Gnassingbé ont en effet validé un nouvel accord bilatéral en la matière, annoncé au printemps et ratifié, le 25 octobre, par la Douma, le Parlement russe.

    Ce texte, qui prévoit la formation de l’armée togolaise par le ministère russe de la défense, mais aussi le partage de renseignements ou encore la tenue d’exercices militaires conjoints, indique que les deux pays pourront utiliser leurs ports militaires respectifs. Un joli coup pour la Russie qui obtient de cette façon un nouvel ancrage dans le golfe de Guinée, où ses navires de guerre et ses avions militaires pourront désormais faire escale et donc se positionner à l’intersection des principales routes maritimes reliant…

    La suite de l’article sur lemonde.fr/afrique


  • L’impact d’Esther Ayélé Gabiam visible à Folivi Joe

    L’impact d’Esther Ayélé Gabiam visible à Folivi Joe

    Les habitants Folivi Joe bénéficient d’une unité de production moderne de volailles avec un système d’alimentation automatique et d’un torréfacteur écologique.

    L’honorable Esther Ayélé Gabiam poursuit ses œuvres en faveur des habitants de Folivi Joe. Un promet mêlant la protection de l’environnement et la promotion du développement durable est en train de transformer la vie des femmes de ce village située dans la commune des Lacs 4.

    Développement communautaire

    ‎Dans le cadre du projet ” Terroirs villageois”, la population du village Folivi Joe, situé dans le du canton d’Anfoin, donc dans la préfecture des Lacs, commune des Lacs 4, a bénéficié de nouveau, avec l’appui du ministère de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique, financé par le Programme des Nations Unies pour le Développement ( PNUD), l’installation d’une unité de production moderne de volailles avec un système d’alimentation automatique et aussi la mise en place d’un torréfacteur écologique et économique en bois  d’énergie.

    ‎L’installation de ces deux équipements en faveur des communautés du village Folivi Joe est rendue possible grâce à l’élue du peuple dans la circonscription électorale des Lacs, l’honorable Esther Ayélé Gabiam.

    ‎La cérémonie de réception de ces équipements s’est déroulée ce mercredi 19 novembre 2025 en présence de la députée, Mme Esther Ayélé Gabiam, et de son second de la circonscription électorale des Lacs, Drafoe Jonas, du maire de la Commune des Lacs 4, Martin Anénou, et son Conseil, du Coordonnateur du projet “Ecovillage”, Joseph Agboussoumondé, des chefs traditionnels, des autorités politiques et administratives ainsi que une partie des populations bénéficiaires.

    ‎Ce projet du ministère de l’Environnement, des Ressources forestières, de la production côtière et du Changement climatique, financé par le PNUD vient renforcer les réalisations existantes déjà sur le terrain, faites dans le cadre du projet ” Eco Village” et financé toujours par le PNUD pour soulager les populations de Folivi Joe sur la base de leur autonomisation.

    ‎Il est à rappeler que ce projet ” Terroirs villageois” est mis en œuvre au Togo sur la période 2025-2027 avec l’appui financier du PNUD.

    Réduction de la pauvreté

    ‎Dans son allocution de circonstance, la députée, Mme Esther Ayélé Gabiam s’est félicitée de la détermination de la communauté de Folivi Joe et surtout de la dynamique qu’elle a enclenchée depuis qu’elle a mis cette communauté dans son programme de développement, soutenu par les pouvoirs publics et le principal partenaire financier, PNUD. Il a salué les efforts conjoints des uns et des autres qui visent à réduire considérablement les impacts de la pauvreté dans ce milieu.

    ‎ « Grâce à l’électrification, l’aménagement des pistes, l’accès à l’eau potable et la construction d’infrastructures sociales de base, Folivi Joe incarne aujourd’hui le visage d’une zone rurale en pleine autonomisation », a relevé, l’honorable Esther Ayélé Gabiam. Elle n’a pas manqué d’exprimer sa reconnaissance envers Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil, pour son écoute et ses appuis sans cesse à l’endroit des populations, de même que le PNUD pour son appui financier jamais égalé. Elle a, pour finir, invité les populations de Folivi Joe à faire un bon usage de ces équipements de développement.

    Modernité

    ‎‎Pour Joseph Agbossoumondé, Coordonnateur du projet ” Eco Village”, « Ce système d’élevage en cage, doté d’une alimentation automatique, permet un gain de temps considérable pour les éleveurs, optimise le travail et favorise l’autonomisation des acteurs locaux».

    ‎‎Le torréfacteur installé, explique-t-il,  permettra de réduire l’utilisation du bois de chauffe, de diminuer la pression sur les ressources forestières, de préserver les écosystèmes, de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d’améliorer les conditions de travail des femmes, en limitant les inhalations nocives.

    ‎‎Le Maire de la commune Lacs 4, Martin Anénou, a, lui, salué cette initiative d’installer un torréfacteur pour la production de gari. Selon lui, ce dispositif répond à un besoin direct dans une localité où la majorité des femmes vive de la transformation du manioc en farine. « Je suis le plus heureux des habitants d’Anfoin aujourd’hui. Si l’on veut vraiment aider une femme d’ici, c’est ce qu’il faut lui offrir », a-t-il ajouté.

    ‎‎Le torréfacteur installé à Folivi Joe pourra également desservir les populations des cantons voisins de la Commune des Lacs 4, notamment Koliafo, Fiata et Anamé.

    ‎‎Le  Projet de développement ” Terroirs villageois”, porté par le ministère en charge de l’environnement avec l’appui du PNUD, est axé sur  trois volets majeurs : la construction des infrastructures communautaires ou l’aménagement utile pour les villages, l’énergie à travers l’électrification solaire, l’installation des plateformes multifonctionnelles et l’accès à une énergie propre, et enfin le soutien aux Activités génératrices de revenus (AGR) pour réduire la pression sur les ressources forestières.

    ‎‎Mme Gabiam est entrée en politique dans le camp du parti au pouvoir, Union pour la République (UNIR). Depuis lors,  elle ne cesse d’aider, de soutenir les populations à la base dans sa circonscription électorale et ailleurs au Togo. ‎Elle a déjà fait ses preuves lors de son premier mandat à l’Assemblée nationale ce qui lui a valu une admiration des populations et sa réélection pour un nouveau mandat à l’hémicycle. ‎

    ‎Vivement que d’autres députés fassent comme elle !

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    ‎Justin ANANI

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  • Bas-Mono 2 : les premiers pas du maire Afangbedji

    Bas-Mono 2 : les premiers pas du maire Afangbedji

    Le 13 novembre dernier était le jour qu’a choisi le Préfet du Bas-Mono, Amétépé Kokou Sogbo pour installer les nouveaux Maires dans les deux Communes que compte cette préfecture.

    Du 12 au 15 novembre se sont déroulées sur l’ensemble du territoire national, annoncé par le Colonel Awaté Hodabalo, ministre de l’Administration territoriale, de la gouvernance locale et des affaires coutumières, les cérémonies de passation de service dans les différentes Cccunes du Togo, entre les nouveaux Maires et les sortants. Pour les anciens Maires confirmés à leur poste, les Préfets ont procédé à leur confirmation à travers une séance officielle.

    Passation

    Le 13 novembre dernier était le jour qu’a choisi le Préfet du Bas-Mono, Amétépé Kokou Sogbo pour installer les nouveaux Maires dans les deux Communes que compte cette préfecture.

    C’était la Commune du Bas-Mono 2 qui a ouvert le bal de cette cérémonie de passation de charges à Attitogon par le Préfet, Amétépé Kokou Sogbo dans une ambiance de gaité entre le maire sortant, Atsu Eklou et son adjoint et sénateur, Afangbédji Komlanvi Sédoufia.

    En présence des Ccnseillers municipaux sortants  et entrants, les chefs services du Bas-Mono 2, les chefs traditionnels, les autorités civiles et militaires, les responsables des comités de développement et des associations des jeunes, des cadres de la Commune du Bas-Mono 2 vivants dans la diaspora ainsi que plusieurs invités.

    Pour l’occasion, la passation de service dans cette commune s’est déroulée en deux phases. La première, en huis clos, entre le Préfet les Maires sortants et les nouveaux élus. Et la seconde était consacrée aux mots de circonstance des deux  maires, l’allocution d’installation du Préfet suivie  de la signature des procès verbaux et l’échange du parapheur.

    Une photo de famille a mis fin à l’événement  qui marque le début d’une nouvelle aventure pour les nouveaux maires, le sénateur Afangbédji Komlanvi Sédoufia et son adjoint Dogbé Amavi pour le compte de cette seconde mandature de ce conseil municipal du Bas-Mono 2 dont le mandat couvre une durée toujours de six  années.

    Dans son mot de bienvenue, le Secrétaire général de la commune du Bas-Mono 2 a salué le travail abattu par l’équipe sortante malgré les moyens limités qu’avaient disposés le Maire sortant, Atsu Eklou et son Conseil. Il a par ailleurs félicité le nouveau Maire pour sa brillante élection à la tête de cette commune du Bas-Mono 2. Il a par ailleurs relevé quelques projets réalisés au profit de la population. Pour lui, c’est la page d’une histoire qui se ferme avec l’ouverture d’une nouvelle aventure pleine d’expérience au regard de ce qu’ils ont vécu tout au long du précédent mandat.

    Le Maire sortant de la Commune du Bas-Mono 2, Atsu Eklou, dans son intervention de circonstance a rendu grâce à Dieu qui leur a permis de travailler dans de parfaite collaboration malgré leur bord politique différent. Il n’a pas manqué de témoigner sa gratitude au gouvernement qui a permis aux populations à la base de prendre leur destin en main.

    Pour lui, cette politique de décentralisation leur a ouvert la voie d’identifier leurs réels problèmes afin de rechercher des approches de solution. « Durant nos six années de gestion des affaires de la Commune, nous avons connu des hauts et des bas. Mais ce sont surtout des années riches d’expériences et d’apprentissage », a déclaré le maire sortant. Il n’a pas oublié de remercier tous ceux qui de prêt plus de long ont apporté leur contribution au succès de leur mandat. Il a, par ailleurs, vanté le mérite des projets qu’ils ont réalisés au profit de leurs concitoyens du Bas-Mono 2. Sa gratitude est allée aussi à l’ensemble de son conseil municipal, le personnel, les services déconcentrés, la chefferie traditionnelle, les cadres du Bas-Mono 2, la diaspora, les donateurs, les prêtres religieux, les ONG et associations des jeunes, etc. pour leurs engagements et leurs soutiens sans faille tout au long de son mandat.

    Il indique être certain que cette cérémonie de passation de service ne marque pas la fin de sa des projets de développement dans sa commune mais le début d’un autre chapitre. Il dit être convaincu que son successeur, le nouveau Maire et son Conseil ne marqueront pas d’occasion pour faire la promotion du développement du Bas-Mono 2, la promotion de la paix et de la cohésion sociale avant de souhaiter pleine réussite à son successeur, le sénateur Afangbédji Komlanvi Sédoufia dans sa nouvelle fonction de maire de la commune du Bas-Mono 2.

    Après avoir rendu grâce à Dieu pour sa miséricorde et surtout sa protection, le nouveau maire, a indiqué d’entrée, dans son allocution de circonstance, qu’un nouveau jour se lève sur leur commune, jour dédié par l’Etre suprême pour la cérémonie de ce jour, c’est pourquoi dit-il qu’il lui plait de remercier Dieu qui a permis que ce processus de renouvellement des instances dirigeantes ait lieu jusqu’à l’apothéose ce 13 novembre 2025.

    Il a outre remercié le bureau sortant ayant à sa tête le Maire, Atsu Eklou et ses conseillers qui, selon lui, ont abattu un travail de titan au cours de leur mandat. « La décentralisation prôné par le Président du Conseil, S.E M. Faure Essozimna Gnassingbé dont nous saluons ici sa vision claire et méthodique a fini sa phase d’expérimentation et poursuit irréversiblement son chemin pour le bonheur de nos populations à la base où l’autogestion est d’actualité », a-t-il martelé avant de rappeler que l’équipe des  conseillers qu’ils forme  est remplie des hommes compétents au point qu’aucune faveur ne leur sera acceptée au cours de leur mandat étant donné qu’il y avait déjà eu un mandat d’expérimentation lors de ces six dernières années.

    Il a par ailleurs invité son conseil à plus d’ardeur à la tâche qu’ils se sont donné volontairement, celle de servir leur population dans son développement harmonieux. « Il me plait de dire sans craindre que nous ne serons pas seuls dans cette mission tel que nous connaissons nos cadres qui ne ménagent aucun effort chaque fois qu’ils sont sollicités pour le développement de notre Commune », a –t-il poursuivi.

    « Les hommes passent mais les institutions restent et chacun de nous doit apporter sa pierre à l’édifice du développement de notre chère commune. C’est pour dire que notre Ccnseil travaillera en équipe solide où l’homme sera placé au centre du développement. Un seul oiseau ne fait pas le printemps dit-on souvent», a insisté le sénateur-maire Afangbédji Kolamvi Sédoufia.

    Il a ensuite souligné que leur mandat sera placé sous le signe de la recherche des voies et moyens pouvant les aider à la mobilisation des ressources nécessaires pour un développement considérable.

    Dans ce registre, le nouveau maire  a sollicité l’adhésion de la diaspora et de toute la population à leurs projets par leurs suggestions et leurs conseils afin que la réussite soit totale à l’issue de leur mandat. « Certes, nous avions utilisé nos partis politiques pour accéder au conseil communal mais une fois que nous sommes ici, nous disons qu’il est judicieux d’oublier nos appartenances politiques pour choisir la politique du développement de notre commune que nous avions promis lors de nos campagnes électorales », a-t-il précisé.

    Et d’enchaîner : «  La Commune du Bas-Mono 2 doit être la vitrine ou à défaut, l’une des meilleures communes qu’on doit citer en référence en matière de gestion méticuleuse des ressources et nous sommes certains que l’apport des uns et des autres ne nous fera pas défaut. Notre credo, c’est le bien-être de notre population sur tous les plans. Et nous comptons sur toutes  les bonnes volontés ayant cette même vision à se joindre à nous, à se joindre à notre navire, à le conduire à bon port, le bateau du développement de la commune du Bas-Mono 2 ».

    Le nouveau maire a terminé son intervention par un remerciement adressé à la  population pour la confiance qu’elle a placée en eux en votant pour lui et les autres lors des élections municipales.

    Visite du site

    Dans son allocution d’installation, le Préfet du Bas-Mono 2, Amétépé Kokou Sogbo, s’est réjoui de la présence du maire adjoint Dogbé Amavi dans l’exécutif de cette commune du Bas-Mono 2 qui, selon lui, aura à apporter énormément au développement de sa commune. Il dit faire confiant à ce nouvel exécutif pour continuer les œuvres amorcées par l’ancienne équipe sous la houlette du maire sortant.

    Cette cérémonie de passation de service marque, selon lui, un moment historique de renouveau démocratique dans sa préfecture. Elle marque la confiance que les populations du Bas-Mono 2 ont placée en leurs  élus.

    Il a par ailleurs rappelé la mission de la décentralisation au nouveau maire, le sénateur Afangbédji Komlanvi Sédoufia, et toute son équipe dirigeante. Pour lui, l’équipe sortante n’a pas failli. C’est pourquoi, disait-il, qu’ils vont commercer par regarder l’exécutif entrant.

    Amétépé Kokou Sogbo a, pour finir, conseillé vivement les nouveaux élus à la tête da la commune du Bas-Mono 2 au travail, et surtout de mettre un accent sur la bonne gouvernance locale, la transparence dans la gestion, l’emploi des jeunes, l’assainissement,  etc.

    Une visite guidée du nouveau maire et son conseil sur le site qui abritera le nouveau bâtiment de la mairie d’Attitogon a mis fin à la cérémonie de passage des charges.

    Justin ANANI      

  • Togo: Faure Gnassingbé en visite officielle en Russie, une première depuis six ans

    Togo: Faure Gnassingbé en visite officielle en Russie, une première depuis six ans

    Le président du Conseil togolais doit rencontrer le président russe Vladimir Poutine à Moscou, ce mercredi 19 novembre. Au programme des discussions entre les deux dirigeants qui entretiennent de bonnes relations depuis longtemps : la « paix et de la sécurité régionales », mais aussi des questions très diverses qui vont de la sécurité alimentaire à l’énergie en passant par le commerce et l’agriculture.

    Ce sera leur premier entretien en tête-à-tête depuis 2019 : le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, doit rencontrer le président russe à Moscou, mercredi 19 novembre. Une visite officielle à l’invitation de Vladimir Poutine qui s’inscrit « dans la continuité des consultations menées ces derniers mois avec plusieurs partenaires internationaux », selon le communiqué publié à Lomé.

    Au programme des discussions : des échanges autour de la « paix et de la sécurité régionales », mais aussi sur des questions très diverses : sécurité alimentaire, commerce, agriculture ou encore énergie. « Le Togo est dans une logique de diversification de ses partenariats, il faut banaliser » cette visite, estime une source proche du pouvoir togolais qui poursuit : « Il est nécessaire de discuter avec tous les grands acteurs mondiaux, comme par exemple Washington, Paris, et Moscou ».

    Alors que, de son côté, l’agence russe Tass cite le Togo parmi les pays où la Russie prévoit d’ouvrir une ambassade, « la proximité entre Lomé et Moscou n’est pas nouvelle », rappelle un spécialiste des relations Russie-Afrique. En témoigne également un accord de coopération militaire signé cette année entre les deux pays qui prévoit notamment formation et exercices militaires, ce qui conduit ce dernier à s’interroger sur la possibilité d’un rapprochement encore plus fort entre les deux pays. Un rapprochement qui passerait, notamment, par une présence de l’Africa Corps au Togo… Mais à l’évocation de cette idée, la source proche du pouvoir à Lomé contactée par RFI affirme sans équivoque que le pays n’a pas besoin de cela.

    Source: rfi.fr/fr

  • Togo: plusieurs détenus de la prison de Lomé en grève de la faim illimitée pour dénoncer leur situation

    Togo: plusieurs détenus de la prison de Lomé en grève de la faim illimitée pour dénoncer leur situation

    Au Togo, un groupe de détenus de la prison civile de Lomé ont entamé une grève de la faim illimitée cette semaine, pour attirer l’attention sur leur situation. Une grande partie d’entre eux ont été arrêtés dans le cadre des manifestations de 2018 contre le pouvoir. Ils demandent la libération de ceux qu’ils qualifient de « prisonniers politiques », et dénoncent leurs conditions de détention.

    À l’origine de ce mouvement dans la prison de Lomé, au Togo, deux détenus qui ont entamé une grève de la faim illimitée il y a une semaine. Abdoul Aziz Goma, citoyen irlando-togolais. Il a été arrêté fin 2018 au moment des manifestations contre le pouvoir et condamné en février dernier à 10 ans de prison. Il entame sa 2ᵉ grève de la faim en quelques mois, précise son avocat, Me Ferdinand Amazouhoun.

    Grace Koumayi, sage-femme et activiste, a, elle, été arrêtée début octobre et inculpée pour « atteinte à la sûreté intérieure de l’État ». Elle avait déjà été interpellée lors des manifestations du mois de juin.

    Dans une lettre manuscrite adressée à l’administrateur de la prison civile de Lomé, 25 détenus se joignent au mouvement. Ils dénoncent des conditions de détention inhumaines : des cellules surpeuplées et insalubres et un accès insuffisant aux soins médicaux.

    Tous demandent la libération de ce qu’ils considèrent être des « prisonniers politiques », et le respect des avis de plusieurs instances internationales en leur faveur : de la Cour de justice de la Cédéao et du groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire.

    « C’est un recours ultime », selon Maitre Raphael Kpande Adzare, président d’honneur de la ligue togolaise des droits de l’homme, qui rappelle que certains d’entre eux sont détenus depuis plusieurs années sans avoir été jugés.

    Source: rfi.fr/afrique

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