Auteur/autrice : La Rédaction

  • Chine : un footballeur togolais se brise le cou contre un panneau publicitaire lors d’un match de Championnat

    Chine : un footballeur togolais se brise le cou contre un panneau publicitaire lors d’un match de Championnat

    Le milieu du Guangxi Pingguo Samuel Asamoah s’est brisé le cou dimanche, lors d’un match de Deuxième Division chinoise en heurtant un panneau publicitaire de la tête. Son club craint que l’international togolais (31 ans, 6 sélections) reste handicapé à vie.

    Le footballeur togolais du Guangxi Pingguo, Samuel Asamoah, s’est brisé le cou lors d’un match de Championnat chinois en heurtant un panneau publicitaire de la tête, a annoncé son club, qui craint qu’il ne reste handicapé à vie. Des images de la télévision montrent Samuel Asamoah cherchant à faire écran de son corps alors que le ballon file vers ce qui semble être la ligne de touche, lors de cette rencontre de Championnat de Deuxième Division, à domicile contre Chongqing Tonglianglong, dimanche à Pingguo. Le joueur togolais de 31 ans est alors poussé de l’épaule dans le dos par un adversaire lancé en pleine course. Sous le choc, il plonge la tête la première contre un panneau à quelques mètres de la ligne et tente vainement d’amortir le choc avec les mains.

    « Un examen détaillé effectué par l’équipe médicale et l’hôpital a diagnostiqué chez Samuel Asamoah une luxation et des fractures de (différentes) vertèbres cervicales, ainsi qu’un blocage vertébral », accompagné « d’une compression nerveuse », a indiqué le club chinois dans un communiqué le lendemain du match avant de poursuivre : « Il risque une paraplégie sévère et manquera tous les matches restants de la saison. Sa carrière pourrait également être gravement affectée. » Le footballeur a été opéré mercredi « avec succès » dans un hôpital de Nanning, a indiqué le club ultérieurement. Samuel Asamoah se remet de l’opération et son état est stable. »

    Source: https://www.lequipe.fr


  • Au Togo, les évêques exhortent les fidèles «à prier sans cesse» pour la paix dans le pays

    Au Togo, les évêques exhortent les fidèles «à prier sans cesse» pour la paix dans le pays

    Au cours du mois d’octobre, mois consacré à la prière du Rosaire, la Conférence épiscopale togolaise appelle tout le peuple de Dieu à «une prière incessante et renouvelée en faveur du Togo». Faisant face à de nombreux défis, «aujourd’hui plus que jamais le pays a besoin de prière sincère, fervente et persévérante», exhortent les évêques togolais.

    Le mois d’octobre, mois du Rosaire, «s’ouvre devant nous comme un appel pressant à raviver notre foi et notre vie de prière avec Marie», révèlent les évêques togolais qui dans un appel rendu public vendredi 26 septembre exhortent les fidèles catholiques du pays à redécouvrir à travers la prière du Rosaire la puissance de l’intercession maternelle de la Vierge Marie pour la paix au Togo.

    En effet, le Togo affronte aujourd’hui de nombreux défis. Le pays vit une situation politique tendue au niveau économique, il fait face à une pauvreté croissante des populations notamment en milieu rural. À ces défis, s’ajoute celui de la sécurité. La partie nord du pays est en état d’urgence du fait des attaques terroristes qui occasionnent des pertes en vie humaine et des déplacements de populations et autres situations de violence.

    «Priez sans cesse»

    Pour les évêques, «ces nombreux défis sociaux, politiques et économiques auxquels notre pays fait face et les nervosités accumulées ne doivent pas nous plonger dans le désespoir, ni assombrir nos horizons de bien-être, de paix et de joie». Ainsi, pendant ce mois d’octobre, ils invitent tous les fidèles catholiques du pays à demeurer dans la prière afin qu’advienne la paix sociale et la sécurité dans le pays. Marie, avec qui «nous avons la certitude que rien n’est impossible à Dieu».

    S’appuyant sur l’appel de Saint-Paul «priez sans cesse» qui n’est pas «seulement un conseil» mais «un chemin de vie», les évêques togolais estiment qu’aujourd’hui plus que jamais, leur nation, «le Togo a besoin de prières intenses, sincères, ferventes et persévérantes». De ce fait, ils appellent le peuple de Dieu à intensifier sa prière en faveur du pays «non pas comme une répétition machinale, mais comme un souffle vital (…) et dans une confiance renouvelée en Dieu le Maitre de l’histoire, qui tient en ses mains les cœurs des hommes et garantit le droit des peuples». «Chaque Ave Maria est une semence d’amour et de paix déposée dans le champ de notre histoire». Ainsi, «le Seigneur, par l’intercession de la Vierge Marie, transformera nos larmes en joie et nos incertitudes en espérance», rassurent-ils.

    Conversion, prière personnelle et communautaire

    Par ailleurs, la Conférence épiscopale du Togo invite les fidèles catholiques à prier davantage personnellement et en communauté, en demandant «à Dieu de bénir notre pays le Togo, de nous accorder la grâce de la conversion sincère et d’ouvrir des chemins d’un avenir meilleur pour tous». Et les évêques togolais de conclure leur appel en s’adressant à la mère du Ciel: «Sainte Vierge Marie, Médiatrice de toute grâce et Reine de la paix, nous venons à Toi avec confiance. Intercède pour nous auprès de ton Fils bien-aimé Notre Sauveur, rends nos cœurs dociles à l’Esprit Saint, et fais de nos vies des instruments de justice et de paix. Mère très aimante, garde nos familles, notre pays le Togo et le monde entier dans l’amour de Dieu et la lumière de l’Évangile».

    Source: https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news

  • L’Afrique, entre Israël et Palestine: migration des solidarités

    L’Afrique, entre Israël et Palestine: migration des solidarités

    Quelques grandes capitales occidentales viennent d’annoncer la reconnaissance de l’État palestinien, adoubé, depuis 1988, par la quasi-totalité des pays africains. Mais, lorsque à la tribune des Nations unies, des dirigeants africains ont fait, cette semaine, un vibrant plaidoyer pour le peuple palestinien, certains se sont dits que l’Afrique, majoritairement, est hostile à Israël.

    La plupart des peuples africains ont, avec les Israéliens, des liens qui remontent à l’aube des indépendances. Cela n’interdit pas la compassion pour les Palestiniens, au regard du déferlement de violence qu’ils subissent. Et c’est à dessein que, citant le Dr Kwame Nkrumah, père de l’indépendance ghanéenne, John Dramani Mahama, son lointain successeur, a déclaré : « Nous voulons être l’ami de tout le monde, l’ennemi de personne ».

    En mars 1957, Kwame Nkrumah avait justement invité la cheffe de la diplomatie israélienne Golda Meir, pour l’indépendance du Ghana. C’est là qu’ont été posées les fondations de la coopération entre l’Afrique et l’État hébreu, sans doute une des plus fructueuses entre les Africains et quelques autres peuples. Cela n’exclut pas, par moments, quelques réflexions excessives ou hostiles au gouvernement israélien.

    Mais les Africains qui ont de la mémoire savent distinguer ce peuple dont beaucoup étaient proches, durant les 15 premières années des indépendances, de ses dirigeants du moment. Golda Meir suscitait, sur le continent, une réelle ferveur : « Nous partageons avec les Africains non seulement les défis qui vont avec la nécessité d’un développement rapide, mais aussi le souvenir de siècles de souffrances : oppression, discrimination, esclavage. Pour les Africains, comme pour les Juifs, ce ne sont pas de simples clichés, liés à de lointaines expériences vécues par des ancêtres oubliés ; ils sont en rapport avec des tourments et des humiliations qui ne datent que d’hier », disait-elle.

    S’inspirer de l’écrivain hongrois Theodor Herzl

    Elle semblait s’inspirer de Theodor Herzl, journaliste et écrivain austro-hongrois. Ce dernier écrivait que la question africaine était d’une tragédie profonde, qui ne pouvait être appréhendée que par un juif. Il évoquait ces êtres humains qui, uniquement parce qu’ils étaient noirs, étaient volés comme du bétail, capturés, faits prisonniers, vendus. Leurs enfants grandissaient en terre étrangère, objets de mépris et d’hostilité, à cause de la couleur de leur peau. Theodor Herzl disait espérer, dès lors qu’il aura assisté à la rédemption des juifs, voir aussi celle des africains. Il est mort en 1904. Mais son roman, « Altneuland », était le bréviaire de Golda Meir.

    L’ancienne ministre des Affaires étrangères, devenue également Première ministre, a déployé, dans toute l’Afrique, entre 1958 et 1973, des milliers d’experts israéliens en agriculture, en hydrologie, en santé publique, et divers autres domaines. Ces experts, parfois très jeunes, vivaient avec les populations, dans une simplicité inimaginable chez le colonisateur ou le coopérant occidental. Des milliers d’Africains étaient aussi formés en Israël, et rapportaient chez eux un peu de cette technicité grâce à laquelle, sur une terre austère, les Israéliens avaient su créer de la prospérité.

    Golda Meir se disait particulièrement fière de ce programme de coopération. Mais a avoué son amertume, lorsqu’en 1973, les États africains, collectivement, ont rompu les relations avec Israël. « Pour bénéficier à nouveau de notre amitié, ils devront vraiment la mériter », avait-elle prévenu.

    Une interruption brutale en 1973

    Tout cela s’interrompt brutalement en 1973 par solidarité avec l’Égypte, pays africain, dont une partie du territoire était occupée par Israël. Mais, même après la réconciliation israélo-égyptienne à Camp David, en septembre 1978, certains États africains ont continué à boycotter Israël. Dans leur rancœur, la cause palestinienne a pris le relais de la solidarité avec l’Égypte.

    Et lorsque, finalement, la plupart renouent avec Israël, ils ne demandent pas ces technologies, qui permettent d’aller chercher, 800m sous terre, dans le désert du Néguev, de l’eau, saumâtre, d’en utiliser la chaleur pour chauffer les serres durant les nuits froides, pour ensuite l’utiliser pour élever des poissons d’eau de mer puis, tout au bout de la chaîne, arroser les fruits et légumes. Non, la plupart préfèrent payer cher pour avoir une protection israélienne infaillible. Mais uniquement pour le chef de l’État et quelques surveillances téléphoniques. À chacun son sens des priorités.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 27 septembre 2025 sur RFI


  • Conférence sur l’Océan: «l’Afrique s’attend à» avoir «plus de poids dans la discussion», dit Foga Agbetossou

    La protection des mers, c’est l’enjeu de la troisième Conférence de l’ONU sur l’Océan, qui s’ouvre lundi 9 juin à Nice, dans le sud de la France. L’un des sujets majeurs de ce sommet, c’est la pollution des mers par les plastiques. Comme dit Foga Agbetossou, les microplastiques n’ont pas besoin de visas pour arriver sur les côtes africaines. Foga Agbetossou est le responsable pour le Togo de l’ONG SOA, pour Sustainable Ocean Alliance, Alliance pour un océan durable, en français. En ligne de Lomé, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Foga Agbetossou, vu d’Afrique, qu’est-ce que vous attendez de cette troisième Conférence des Nations unies sur l’océan ?

    Foga Agbetossou : Il faut dire que l’Afrique s’attend à beaucoup de choses, surtout en matière de conservation. Donc, nous attendons à ce que les jeunes Africains puissent avoir plus de poids en matière de discussion sur les questions liées aux océans.

    Est-ce qu’avec le réchauffement climatique, vous craignez une élévation du niveau de la mer sur les côtes africaines ?

    Bien sûr, cette élévation du niveau de la mer sur les côtes africaines n’est pas à craindre puisque c’est quelque chose qui se passe déjà. Les côtes les plus vulnérables sur le continent africain sont les côtes qui sont principalement constituées de plages sableuses. Puisque, vous le savez, les plages sableuses ne sont pas très résistantes face à l’avancée de la mer, face au phénomène d’érosion côtière. Donc, dès que les vagues déferlent sur les côtes, ces plages sableuses ne résistent pas aux vagues qui les érodent.

    Et du côté des mangroves ?

    Et les mangroves aussi. Comme les mangroves sont partie intégrante des systèmes côtiers, elles sont également menacées et, du coup, elles perdent leurs potentiels de résistance face aux inondations et aux phénomènes d’érosion côtière.

    Et qu’en est-il pour les îles au large du continent africain, notamment du côté de l’océan Indien ?

    Oui, ces îles sont également très menacées face au réchauffement climatique, puisque ces îles sont des zones de prédilection de ce que nous appelons les récifs coralliens. Et ces récifs coralliens, figurez-vous, ce sont des organismes qui créent des écosystèmes où d’autres poissons viennent se reproduire et où il y a beaucoup en termes de biodiversité marine. Donc, avec le réchauffement climatique, avec ses corollaires d’élévation du niveau de la mer, d’élévation du taux de CO2 dans la mer, ces récifs coralliens perdent en fait leur efficacité, perdent certaines de leurs activités biologiques et expulsent des organismes qui sont responsables de leur croissance. Donc, une fois qu’ils expulsent ces organismes-là, ils subissent ce qu’on appelle le blanchissement et ils perdent leurs fonctions biologiques. Et du coup, cela constitue un très grand problème, surtout pour ces îles comme Zanzibar, les Seychelles, les Comores et autres, qui sont dans l’océan Indien. Et figurez-vous que même une partie de leur économie en matière de pêche repose sur ces écosystèmes de récifs coralliens.

    Alors, toujours au chapitre du réchauffement climatique, l’un des sujets de cette conférence de Nice, ce sont les émissions de CO2 provoquées par le transport maritime. Ce secteur est à l’origine de 3 % des émissions mondiales de CO2, soit presque autant que l’avion et presque autant que l’ensemble du continent africain. Qu’attendez-vous d’une telle conférence au sujet du trafic maritime, justement ?

    Oui. Quand vous parlez des 3 %, on peut peut-être penser que c’est un chiffre infime. Mais les 3 % représentent en fait 1056 millions de tonnes de CO2 qui sont émis par le domaine maritime, les bateaux et tout le reste.

    Est ce qu’il faut que les bateaux arrêtent d’utiliser du fioul ? Et à ce moment-là, par quoi faut-il le remplacer ?

    Bien entendu, il faudrait qu’on se tourne vers les nouvelles technologies et remplacer ces carburants par d’autres carburants alternatifs comme l’hydrogène. Les recherches sont en cours et, à Lomé même récemment, il y a un institut, un centre Wascal.org qui est un centre de recherche sur les questions climatiques, qui, avec d’autres partenaires, a mis sur pied un institut de recherche sur l’hydrogène dont des avancées se font déjà sur le continent, principalement au Togo. Mais je crois qu’il faut qu’on se tourne beaucoup plus vers ces carburants alternatifs. Comme je le disais, il y a l’hydrogène. Il y a également des biocarburants marins. Des recherches sont en cours pour voir si on pourrait utiliser les algues et les déchets marins pour fabriquer du carburant pour ces bateaux. Il y a également un domaine qui est en pleine recherche actuellement, qui est l’électrification des ports. Il faut doter les ports des équipements d’énergies renouvelables pour réduire l’empreinte carbone.

    Donc il faudrait, sur le port de Lomé, des bornes électriques où les bateaux viendraient recharger leurs batteries ?

    Exactement.

    Mais est ce que ce n’est pas quelque chose qui va prendre des années et des années ?

    Bien sûr que ça prendra des années. Mais tout rêve commence par un pas. Donc si nous ne faisons pas ce pas aujourd’hui, on risque de répéter les mêmes choses après 40 ou 50 ans.

    Lors de cette conférence, la France va proposer que les armateurs et les transporteurs maritimes payent une taxe carbone pour financer la transition énergétique. Mais beaucoup de pays sont contre. Qu’est-ce que vous en pensez ?

    Oui, la pollution plastique est bel et bien une réalité en Afrique puisque l’Afrique, pour information, produit plus de 17 millions de tonnes de déchets plastiques par an. Mais moins de 10 % de ces plastiques sont recyclés sur le continent et le reste finit, comme vous le savez, dans les rivières, les fleuves et dans les deux océans, l’océan Atlantique et l’océan Indien.

    L’un des fléaux des mers aujourd’hui, c’est le plastique. Alors vu d’Afrique, est-ce que la pollution plastique est une réalité ou pas ?

    Oui, la pollution plastique est bel et bien une réalité en Afrique puisque l’Afrique, pour information, a produit plus de 17 millions de tonnes de déchets plastiques par an. Mais moins de 10 % de ces plastiques sont recyclés sur le continent et le reste finit, comme vous le savez, dans les rivières, les fleuves et dans les deux océans, l’océan Atlantique et l’océan Indien.

    Et le problème, c’est que ces plastiques ne sont pas biodégradables. C’est ça ?

    Oui, la majeure partie de ces plastiques ne sont pas biodégradable. Une fois qu’ils entrent dans l’environnement marin, ils prennent des décennies, quelquefois même des centaines d’années, à se désintégrer par suite des processus physiques qui se déroulent dans la mer. Et donc, année après année, les plastiques augmentent en pleine mer. Et cela constitue un danger notoire pour les organismes qui vivent dans la mer. Et lorsque ces plastiques arrivent à se désintégrer aussi, ils se désintègrent et deviennent des microplastiques qui sont quelquefois confondus par certaines espèces marines avec des aliments. Ces espèces les ingurgitent. Et tout cela finit sur nos tables lorsque nous consommons de ces espèces.

    Donc il y a des poissons qu’il ne faut plus manger, c’est ça ?

    Je ne dirai pas qu’il ne faut plus manger, mais on ne sait pas quel poisson a ingurgité ces microplastiques et lequel n’en a pas pris. Donc, nous nous attendons à ce que des avancées notoires soient faites sur la question de la pollution plastique, puisque c’est une question qui touche non seulement l’Afrique, mais aussi les autres continents. Et le problème également, c’est que les plastiques qui sont rejetés sur d’autres continents n’ont pas besoin de visas avant de venir sur nos côtes. Et donc je crois qu’il faut vraiment développer une solution qui serait globale pour la question du plastique. Et je crois qu’une prochaine session se tiendra à Genève, en Suisse, et je crois qu’ils vont développer un traité mondial sur le plastique, un traité mondial que les États vont ratifier pour que tous ensemble, nous puissions trouver une solution globale pour ce problème global.

    Oui, mais vous savez bien que cet accord international que tout le monde appelle de ses vœux, les pays producteurs de pétrole n’en veulent pas puisque le plastique est fait à partir du pétrole.

    Oui, oui. Mais ce n’est pas parce que certains États ont refusé de ratifier le traité que nous allons nous empêcher de faire ce qui est bien. Il faut quand même aller dans la bonne direction et, un de ces jours, nous sommes positifs. Nous croyons que ces États vont céder.

    Et de ce point de vue, qu’est-ce que fait votre ONG, SOA, Sustainable Ocean Alliance, l’Alliance pour un Océan Durable, contre ce fléau des plastiques ?

    À SOA Togo, nous nous sommes rendu compte qu’en fait, en Afrique et spécialement au Togo, beaucoup de personnes ne sont pas informées sur les questions relatives aux océans. Et c’est d’ailleurs ce qui a motivé la création de cette organisation au Togo. Et ce que nous faisons, c’est que d’abord nous essayons de rapprocher l’océan des populations. Nous essayons de parler aux populations, nous faisons des tournées dans des écoles pour parler aux jeunes apprenants, pour familiariser les gens sur les questions relatives aux océans. Et pendant ces campagnes de sensibilisation, l’un des sujets principaux que nous débattons, c’est la question du plastique et nous montrons justement aux apprenants les bonnes pratiques à faire pour pouvoir réduire la pollution plastique, sinon l’éviter carrément.

    Donc votre message, c’est que la mer, ce n’est pas une poubelle.

    Oui, bien entendu, la mer n’est pas une poubelle, tout comme nos maisons respectives ne sont pas des poubelles. La mer, les fleuves, les rivières, ce sont des écosystèmes, des habitats d’autres organismes. Donc, il faut que nous travaillions à ne pas en faire des poubelles.

    La préoccupation majeure des professionnels de la mer en Afrique, c’est la surpêche, notamment la pêche industrielle. Que peut faire cette conférence de l’ONU à Nice, en France, pour réguler cette pêche sur les côtes africaines ?

    Oui, je pense à la convention d’Abidjan et je crois qu’il y a certains éléments qui manquent à la Convention et sur lesquels la Conférence peut également travailler pour régler la question de la surpêche sur le continent. En fait, ce qui se passe sur le terrain, c’est qu’il y a des bateaux, des industriels provenant d’autres pays qui viennent effectuer ces surpêches au large du continent africain et qui violent certains règlements qui sont en cours. Donc, je crois que la Conférence peut travailler à maximiser les efforts pour renforcer les mesures protectives contre cette surpêche.

    Et vous trouvez que la Convention d’Abidjan n’est pas assez contraignante ?

    Il y a certains des éléments qu’on pourrait ajouter à cette Convention, tels que la question de la pêche artisanale. Cette question n’a pas été bien traitée dans cette Convention, puisque lorsque ces bateaux industriels font cette surpêche, ils entrent en fait en compétition avec la pêche artisanale et ils menacent la sécurité alimentaire dans nos pays.

    Un accord a été rédigé qui vise à contrecarrer et éliminer la pêche illégale : 64 % des États côtiers du monde ont signé cet accord, ce qui veut dire qu’il reste 36 % des pays qui ne l’ont pas signé. Ce qui signifie qu’il y a de la résistance, non ?

    Bien sûr, cette résistance provient principalement de ces pays qui trouvent un intérêt dans la surpêche. Quand je pense à la Chine, vous savez que même la Chine intervient au large de plusieurs pays africains. Au Ghana même, la question est très cruciale. Je ne sais pas si vous avez déjà entendu parler du Saiko Fishing. Donc, ce sont des Chinois qui viennent au large des côtes ghanéennes et qui font leurs activités de façon illicite et qui font même des transbordements. Ils vendent des espèces juvéniles. Ils vont jusqu’aux espèces juvéniles, les vendent aux pêcheurs traditionnels qui reviennent les vendre sur le continent. Donc je crois que, au point où nous sommes arrivés, l’océan constitue beaucoup de potentialités que nous pourrons exploiter pour notre développement. Mais pendant que nous exploitons les ressources de l’océan, il faut penser à les exploiter de façon durable, parce que l’océan entretient la vie sur la terre. L’océan produit près de la moitié de l’oxygène que nous respirons et l’océan a encore beaucoup d’éléments à nous offrir. Et si nous nous précipitons à détruire ces ressources, nous risquons de ne pas avoir accès aux autres ressources que l’océan réserve pour nous. Donc, j’exhorte la population mondiale, j’exhorte les États à prendre des décisions qui iront à l’avantage de l’océan.

    Source: rfi.fr/fr

  • Au Togo, un Français détenu pour atteinte à la sûreté de l’État, ses proches se disent « très inquiets »

    Selon une source ayant accès au dossier, Steeve Rouyar est poursuivi pour troubles à l’ordre public aggravés, faits qu’il a reconnus devant un juge d’instruction, pour lesquels il risque un à cinq ans d’emprisonnement.

    Que faisait Steeve Rouyar le 6 juin à Lomé ? Plus de trois mois après l’arrestation de ce Français expatrié au Togo, où il risque une lourde condamnation, ses proches dénoncent des zones d’ombre et appellent à sa libération. Ce jour-là, une rare mobilisation secoue le pays.

    La jeunesse descend dans la rue pour protester contre l’arrestation de voix critiques, la hausse du prix de l’électricité et surtout la nouvelle Constitution, qui permet à Faure Gnassingbé de se maintenir au pouvoir sans limite de mandats. Trois jours plus tard, le parquet de Lomé annonce qu’un Français figure parmi la cinquantaine de « manifestants » arrêtés le 6 juin.

    Sa famille apprend qu’il s’agit de Steeve Rouyar sur les réseaux sociaux. « Ça nous a fait un gros choc, confie son frère Mickaël. On sait très peu de choses sur la manière dont il a été arrêté et les motifs d’inculpation. »

    Comment cet expert-comptable de 44 ans, père de deux enfants, originaire de Guadeloupe et installé au Togo depuis novembre 2024, s’est-il retrouvé mêlé aux soubresauts de la politique locale ?

    Selon une source ayant accès au dossier, Steeve Rouyar est poursuivi pour troubles à l’ordre public aggravés, faits qu’il a reconnus devant un juge d’instruction, pour lesquels il risque un à cinq ans d’emprisonnement. Mais aussi pour « atteinte à la sûreté de l’État », ce qu’il nie.

    Il aurait notamment participé à la fabrication de tracts, avant d’être arrêté lors d’un rassemblement et détenu au Service central de recherche et d’investigation criminelle (Scric), affirme la même source.

    Militant engagé

    Son frère assure ne pas savoir « dans quelle mesure [Steeve] a pris part au mouvement », même s’« il devait avoir une sensibilité pour ce qui se passait » au Togo. Car l’expert-comptable est aussi un militant engagé. En Guadeloupe, d’abord, où il a démarré son activité il y a vingt ans, après avoir grandi en région parisienne. Il se présente aux législatives de 2017, 2022 et 2024, notamment sous la bannière du Nouveau front populaire (gauche) – et récolte chaque fois moins de 1 % des voix.

    Sur son compte Facebook, dont le dernier post remonte au 6 juin, il fustige régulièrement la politique d’Emmanuel Macron, la vaccination anti-Covid, et affiche son soutien à la cause palestinienne. Ces derniers mois, il partage des publications à la gloire des juntes qui ont pris le pouvoir par la force au pouvoir au Mali et au Burkina Faso voisins. Il relaie aussi les messages d’influenceurs panafricanistes, pourfendeurs de l’ancienne puissance coloniale.

    Sa famille assure qu’il est venu au Togo pour ouvrir un nouveau cabinet d’expertise-comptable sur un marché africain porteur, avant de se heurter à des démarches administratives plus complexes que prévu.

    « Il m’a dit : “Je ne suis pas avec l’opposition, je suis avec le peuple” », ajoute son père, Dominique Rouyar, joint au téléphone. Ce dernier se dit « très inquiet » pour son fils, « détenu dans des conditions inhumaines et assis dans le noir toute la journée » avec 11 codétenus. « On ne lui donne pas à manger, on ne l’emmène pas se promener, il dort à même le sol », assure-t-il.

    Lors de leur dernier échange téléphonique fin août, il lui a confié être « très amaigri ». « Je n’ai pas reconnu sa voix », dit encore Dominique Rouyar. Contacté, le Quai d’Orsay n’a pas commenté sa situation.

    Selon l’opposition, la violente répression des manifestations de juin a fait sept morts – le parquet a fait état de 5 morts « par noyade ». Une source gouvernementale togolaise a assuré à la presse que « l’état de droit [était] bien respecté », demandant de « laisser la justice faire son travail » en attendant la fin de l’instruction.

    (Avec AFP)

  • Le Ghana expulse vers le Togo au moins six ouest-africains, initialement expulsés par les États-Unis

    Le Ghana expulse vers le Togo au moins six ouest-africains, initialement expulsés par les États-Unis

    Ces demandeurs d’asile expulsés début septembre des États-Unis, à cause de la politique anti-immigration de Donald Trump, avaient déposé plainte contre le Ghana, estimant que leur procédure d’expulsion est illégale.

    Des États-Unis au Ghana puis du Ghana au Togo, en l’espace de trois semaines. Le Ghana a expulsé vers le Togo au moins six Ouest-Africains, initialement expulsés par les États-Unis, ont indiqué à l’Agence France-Presse leurs avocats.

    Onze personnes expulsées par les États-Unis et détenues au Ghana avaient saisi la justice et attaquait le gouvernement ghanéen pour leur placement en détention sans procès ni accusation, et empêcher un renvoi dans leur pays d’origine. Ces personnes, dont 4 sont issues du Nigeria, trois du Togo, deux du Mali, une du Liberia et une autre de la Gambie, ont été expulsées au Ghana au début du mois de septembre. 

    Expulsés avant la fin de l’examen de leur dossier au Ghana

    “Toutes ces personnes demandaient l’asile aux États-Unis, et elles ont clairement indiqué qu’elles étaient confrontées à des persécutions – que ce soit pour des raisons religieuses, politiques, et même en raison de leur orientation sexuelle“, avait déclaré Maître Olivier Barker-Vormawor à l’AFP la semaine dernière. 

    Mardi, à l’audience devant un juge de la Division des droits de l’homme de la Haute cour du Ghana, l’avocat a indiqué qu’elles avaient été “expulsées” sans attendre la fin de l’examen du dossier.

    Le Ghana a signé un accord avec Washington pour accueillir des Africains de l’Ouest expulsés des États-Unis. Une décision qui suscite de nombreuses réactions à Accra.

    L’une des 11 personnes a été remise en liberté et rendue à l’un de ses proches dans le pays, tandis que six autres ont été envoyés au Togo, a-t-il précisé à l’AFP et les derniers ont vraisemblablement été “aussi expédiés au Togo, mais nous n’avons pas eu entrer en contact” avec eux, a-t-il déclaré.

    Le sort de ces personnes, qui demandaient l’asile aux États-Unis, reste entouré de secret, y compris le moment exact de leur arrivée au Ghana ou leur lieu de détention. Et ce malgré l’effort des avocats, défenseurs de droits humains et journalistes pour suivre le rythme rapide des expulsions pratiquées par l’administration Trump et leur acceptation par des pays tiers dans le monde.

    D’autres expulsions sont en cours

    L’expulsion de personnes vers des pays tiers – dans lesquelles elles n’ont souvent jamais vécu – est une des mesures phares de Donald Trump depuis son retour à la Maison blanche en janvier, notamment en envoyant des centaines de personnes dans une prison tristement célèbre au Salvador, ou encore au Panama et au Soudan du Sud. 

    Les expulsions vers le Ghana auraient commencé au début de septembre et d’autres sont en cours, bien qu’Accra ait gardé de nombreux détails secrets. Le 11 septembre, le président ghanéen John Mahama avait annoncé que son pays acceptait sur demande de Washington d’accueillir des ressortissants originaires d’Afrique de l’Ouest expulsés des États-Unis.

    Un accord conclu dans un contexte de tensions avec les États-Unis, l’administration Trump ayant augmenté les droits de douane sur les produits ghanéens et restreint le nombre de visas.

    Après l’arrivée au Ghana d’un premier groupe de 14 expulsés, les autorités avaient d’abord déclaré qu’ils seraient autorisés à rester temporairement dans le pays, conformément aux règles régionales de voyage sans visa, ou à retourner chez eux. L’annonce avait déclenché un tollé, l’opposition affirmant que l’accord avait été conclu à l’insu du Parlement.

    Pour ajouter à la confusion, les autorités avaient déclaré que ces 14 personnes avaient regagné leur domicile. Or, seuls trois étaient retournés dans leur pays d’origine contre 11 restés au Ghana, a indiqué Olivier Barker-Vormawor.

    Quarante autres personnes expulsées par les États-Unis sont attendues dans les prochains jours, a annoncé jeudi dernier le ministre des Affaires étrangères ghanéen, Samuel Okudzeto Ablakwa. Il a affirmé que la décision du Ghana d’accepter ces personnes expulsées se fondait sur des considérations humanitaires et ne constituait pas une “approbation” de la politique d’immigration des États-Unis.

    Soudan du sud, Eswatini, Rwanda, Ouganda… Depuis mai dernier, cinq nations africaines ont conclu des accords avec Washington pour recevoir des migrants.

    Source: https://information.tv5monde.com

  • Togo : belle-sœur du président, l’ancienne ministre de la Défense arrêtée

    Togo : belle-sœur du président, l’ancienne ministre de la Défense arrêtée

    Marguerite Gnakadè, ancienne ministre de la Défense, est la belle-sœur du président Faure Gnassingbé. Au cours des derniers mois, elle a demandé à plusieurs reprises à ce dernier de quitter le pouvoir et de mettre fin au régime familial.

    La belle-sœur du dirigeant togolais Faure Gnassingbé a été arrêtée à son domicile mercredi, selon les médias locaux et des sources de sécurité. Marguerite Gnakadè a dirigé le ministère de la Défense de 2020 à 2022 et est également la veuve d’Ernest Gnassingbé, le défunt frère de Faure Gnassingbé.

    Au cours des derniers mois, Mme Gnakadè s’est montrée de plus en plus critique à l’égard du régime, appelant le président togolais à démissionner et à mettre fin au régime autoritaire de la famille dans le pays.

    Faure Gnassingbé est président depuis 2005, après avoir succédé à son père, qui a dirigé le pays pendant 38 ans à partir de 1967. Les rares opposants à Faure Gnassingbé qui ont osé prendre la parole sur les réseaux sociaux ont critiqué cette arrestation.

    Faure Gnassingbé a pris ses nouvelles fonctions de président du Conseil des ministres en mai, à la suite d’un changement constitutionnel qui lui permet de gouverner sans limitation de durée et de consolider le pouvoir exécutif entre ses mains.

    La modification de la constitution et la poursuite du règne de M. Gnassingbé ont donné lieu à de vastes manifestations dans le pays, qui ont toutefois été violemment réprimées par les autorités.

    Source: https://fr.africanews.com/

  • Au Togo, une affaire de viol présumé donnera-t-elle lieu à un #MeToo national ?

    Au Togo, une affaire de viol présumé donnera-t-elle lieu à un #MeToo national ?

    A Lomé, le secrétaire général du ministère de l’Action sociale et de la Promotion de la femme a été mis en cause dans une affaire de viol présumé. La société civile profite de l’occasion pour monter au créneau.

    À la consternation suscitée par la découverte de délits ou de crimes présumés s’ajoute parfois le parfum de l’ironie du sort. Comme des ministres chargés du civisme fiscal sont parfois surpris un doigt dans le pot de confiture de la fraude, c’est aujourd’hui un haut responsable de la politique dédiée aux femmes qui est accusé, au Togo, de maltraitance à l’égard d’une personne de sexe féminin.

    Toujours présumé innocent,  Bileba N’Gmebib, le secrétaire général du ministère de l’Action sociale, de la Solidarité et de la Promotion de la femme a été interpellé, placé en garde à vue et déféré à la prison civile de Lomé, en attendant la suite de l’instruction judiciaire. C’est pour suspicion de viol qu’une enquête a été ouverte par la Direction centrale de la police judiciaire. Les faits incriminés se seraient déroulés dans le bureau du numéro deux du ministère, et la victime serait une employée du département.

    Vers une libération de la parole ?

    Au-delà de ce cas particulier qui pourrait être purgé judiciairement, avec la lenteur que requiert une instruction de ce type, les acteurs féministes entendent battre le fer tant qu’il est chaud, en mettant à profit l’inédite onde de choc médiatique. La Grappe des organisations féministes du Togo (GOFT) salue ainsi l’arrestation du suspect, tout en appelant à une mobilisation plus globale, dans l’optique d’une tolérance zéro envers la violence faite aux femmes.

    Beaucoup d’internautes considèrent, à la lumière de leurs expériences personnelles, que le cas de ce secrétaire général est loin d’être isolé, les femmes n’obtenant pas encore le respect qui leur revient, tant dans les comportements quotidiens que dans leur représentativité aux postes à responsabilités, et ceci particulièrement dans la sphère politique. Et certains de rêver que la parole se libère et qu’un véritable #MeToo puisse enfin voir le jour dans la fonction publique togolaise.

    Des lois et des règlements à venir

    L’affaire éclatée au grand jour, la ministre de la Promotion de la femme ne pouvait manquer d’organiser une réunion d’urgence, laquelle a rassemblé la coordination du ministère et les directeurs techniques et régionaux. Et Kossiwa Zinsou-Klassou d’évoquer rien de moins qu’« un tournant décisif dans la lutte contre les violences basées sur le genre ».

    Les discours étant bien rodés, la législation et les règlements clairs en matière d’agressions sexuelles – en particulier celles commises par une personne exerçant une autorité sur la victime – mais aussi de harcèlement, de sanctions abusives, de mutations punitives, d’intimidations et autres propos déplacés, elle a dû présenter, à l’échelle de son département, six décisions au parfum de nouveauté.

    Ont ainsi été annoncées la mise en place de boîtes à suggestions anonymes, la création d’un numéro d’urgence personnel de la ministre, l’amélioration de la communication hiérarchique en vue d’une meilleure transparence, l’installation d’une cellule spéciale pour un suivi durable et d’une cellule de réflexion, la mise en place de sanctions disciplinaires renforcées contre les auteurs de violences faites aux femmes, et, plus vague, la promotion d’un climat de confiance pour encourager les dénonciations. Une rencontre élargie à l’ensemble des agents du ministère, à Lomé et dans les régions, devrait bientôt se tenir. À la société civile de maintenir la pression.

    Source: jeuneafrique.com

  • Au Togo, qu’appelle-t-on échec d’une manifestation contre la dictature?

    Au Togo, qu’appelle-t-on échec d’une manifestation contre la dictature?

    La peur qu’inspire une manifestation pacifique à une dictature, est déjà un succès en soi. Interdire est un aveu de faiblesse quand le pouvoir lui-même est illégal et illégitime.

    Les gens se méprennent souvent dans le domaine politique lorsqu’ils portent des jugements à la va-vite sur les manifestations publiques interdites visant à dénoncer les abus et exactions du régime de terreur. La norme antidémocratique est l’interdiction systématique de toute expression publique de ras-le-bol du peuple contre ses dirigeants incompétents.

    Ceux qui ne voient que la surface des choses, se privent de la découverte de la profondeur des choses. En effet, interdire une manifestation qui fait peur, et qui n’a pas pu effectivement avoir lieu, n’est pas un échec en soi.

    Pourquoi n’est-ce pas un échec ? Il suffit de constater à tous les carrefours et autres points sensibles des milliers de policiers, gendarmes et militaires dont la présence, alors qu’ils ont autre chose à faire, est la conséquence de la réussite de la manifestation où les corps habillés ont pris la place, malgré eux, des civils. Même des domiciles sont encerclés pour empêcher des manifestants potentiels de sortir pour protester. Eh bien, le succès d’une manifestation se juge aussi à l’importance des entraves mises en oeuvre pour l’en empêcher.

    La peur qu’inspire une manifestation pacifique à une dictature, est déjà un succès en soi. Interdire est un aveu de faiblesse quand le pouvoir lui-même est illégal et illégitime.

    L’universitaire et activiste Ayayi Togoata APÉDO-AMAH

  • Togo : deux militants citoyens enlevés dans un contexte de répression

    Togo : deux militants citoyens enlevés dans un contexte de répression

    Deux militants de l’organisation citoyenne “Tournons la Page” ont été enlevés à Lomé le 22 août, dans un contexte politique et social tendu. La société civile togolaise réclame des réformes démocratiques. 

    Dans les rues de Lomé, la capitale du Togo, deux jeunes militants, Armand et Oseï, ont été arrêtés le 22 au soir. Membres actifs de l’organisation citoyenne “Tournons la Page”, ils sont actuellement détenus au Service Central de Recherche et d’Investigation Criminelle (SCRIC). Bien que leur avocat ait confirmé qu’ils n’ont pas subi de violences physiques, les raisons de leur arrestation demeurent floues, suscitant l’inquiétude et l’indignation au sein de la société civile.

    Intimidation et répression : une stratégie de silence

    Le mouvement “Tournons la Page” dénonce ce qu’elle considère comme des pratiques d’intimidation visant à museler les voix dissidentes. Selon David Dosseh, le coordinateur de l’organisation, les arrestations ciblent particulièrement les jeunes capables de mobiliser et de sensibiliser la population à travers des manifestations spontanées. “Le dernier recours pour la population, ce sont ces manifestations spontanées. Et il faut faire en sorte de les mettre hors de nuire”, explique-t-il au micro de TV5MONDE. 

    Cette stratégie, perçue comme un complot pour réduire au silence les acteurs de la société civile, a poussé certains militants à chercher refuge à l’étranger, craignant pour leur sécurité. Pour David Dosseh toute forme de contestation est rendue impossible. “Nous avons compris qu’il y a un plan évident pour que la société civile ne puisse plus s’exprimer du tout, ne puisse plus faire des actions de terrain, ne puisse plus mobiliser la population”, déplore-t-il auprès de TV5MONDE.

    Les récentes arrestations ne sont pas un cas isolé. La coalition politique DMP a également exprimé son mécontentement face à ce qu’elle qualifie d’arrestations arbitraires de jeunes, une tendance qui s’est intensifiée depuis les manifestations de juin dernier. 

    Parallèlement, un prisonnier politique incarcéré à la prison civile de Lomé depuis 2018 a entamé une grève de la faim pour dénoncer des actes de torture, soulignant ainsi les violations des droits humains dans le pays.

    Malgré les appels à la transparence et au respect des droits fondamentaux, le gouvernement togolais n’a pas souhaité commenter ces événements, selon les informations recueillies par TV5MONDE. Ce silence ne fait qu’accentuer les préoccupations concernant la liberté d’expression et les droits civiques au Togo.

    Source: information.tv5monde.com/afrique

Radio Renouveau228

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