Auteur/autrice : La Rédaction

  • Dr Jean Emmanuel Gnagnon : « Le Togo doit se restaurer par sa jeunesse et sa vision »

    Dr Jean Emmanuel Gnagnon : « Le Togo doit se restaurer par sa jeunesse et sa vision »

    Dans l’émission Grand Rendez-vous animée par Eugène Atigan, Dr Jean Emmanuel Gnagnon, président du Mouvement togolais pour la restauration (MTR), a détaillé sa vision pour l’avenir du Togo et de l’Afrique. Rencontre avec un acteur politique qui s’affirme comme une voix émergente dans le paysage politique togolais.

    Un message central : la jeunesse comme force de changement

    Lors de l’entretien, Dr Gnagnon a fait de la jeunesse africaine le cœur du changement politique et social. Selon lui, face aux transformations profondes que traverse le continent, les jeunes doivent cesser d’être spectateurs et devenir des acteurs majeurs de la construction nationale : « La jeunesse africaine n’a pas de choix : nous devons nous mobiliser, rassembler les talents et penser une Afrique nouvelle, émergente et unie ».

    Il a insisté sur la nécessité d’une action collective portée par une jeunesse consciente de ses responsabilités, capable de répondre aux défis économiques, politiques et sociaux actuels.

    Restaurer la gouvernance et la cohésion sociale

    Dr Gnagnon a également évoqué la mission du MTR, qui selon lui vise à restaurer l’État togolais dans sa vocation de servir le peuple. Cela passe, d’après lui, par la refondation de la confiance entre les institutions et les citoyens, et par une implication plus forte de toutes les couches sociales dans la vie politique.

    Il a par ailleurs souligné l’importance de la cohésion nationale, affirmant que le Togo doit dépasser les divisions historiques pour bâtir une société inclusive et solidaire, capable de relever les défis contemporains.

    L’inclusion des femmes et des jeunes en politique

    Outre la jeunesse, Dr Gnagnon a plaidé dans plusieurs forums pour une plus grande inclusion des femmes et des jeunes dans les processus politiques. Il estime que ces acteurs ont un rôle essentiel à jouer dans l’amélioration de la gouvernance démocratique et dans la lutte contre la désinformation qui mine parfois l’engagement citoyen.

    Une AFC politique tournée vers l’Afrique unie

    Au-delà du contexte national togolais, Dr Gnagnon a montré une vision panafricaine. Il considère que les défis africains, qu’ils soient économiques, sociaux ou institutionnels, nécessitent une réponse collective des nations du continent. Cela implique, selon lui, une mobilisation au-delà des frontières pour une Afrique plus unie, forte et capable de défendre ses intérêts dans un monde globalisé.

    Au terme de cette interview, Dr Jean Emmanuel Gnagnon a réaffirmé son engagement pour un Togo renouvelé par sa jeunesse, une gouvernance rénovée et une cohésion nationale renforcée. Pour lui, ce sont ces piliers qui permettront au pays et au continent de répondre aux défis du XXIᵉ siècle.

  • Chine–Togo : Pékin écrase le commerce

    Chine–Togo : Pékin écrase le commerce

    Au troisième trimestre de 2025, la République populaire de Chine a confirmé, une nouvelle fois, sa position de premier partenaire commercial du Togo, s’imposant loin devant les autres fournisseurs du pays et façonnant un commerce bilatéral devenu à la fois essentiel et profondément asymétrique.

    Selon les données publiées récemment, la Chine a été le principal fournisseur du Togo au troisième trimestre 2025, avec des exportations vers le pays ouest-africain s’élevant à 114,8 milliards de FCFA, soit 25,8 % du total des importations togolaises sur la période — un segment bien plus élevé que celui des seconds et troisièmes fournisseurs, la France (6,6 %) et l’Inde (6,1 %).

    Sur l’ensemble de cette période, les importations du Togo ont atteint 504,9 milliards de FCFA, contre lesquelles la balance commerciale demeure structurellement déficitaire à environ 255,8 milliards de FCFA, signe d’une dépendance notable à l’égard des biens étrangers, notamment manufacturés.

    Un commerce fortement dominé par les biens manufacturés chinois

    Les principaux produits achetés par le Togo auprès de la Chine sont des biens manufacturés : motos, vêtements, équipements électroniques et biens de consommation courante issus des chaînes de production chinoises. En parallèle, les exportations togolaises vers la Chine restent plus modestes et tournées vers les matières premières comme les phosphates, le coton, le soja ou le bois, reflet de la structure économique actuelle : un Togo exportateur de ressources naturelles et importateur de produits finis.

    Un rapport de 2024 rappelait déjà l’ampleur de cette relation commerciale asymétrique : le volume des échanges sino-togolais est passé de 1,24 milliard USD en 2008 à 3,48 milliards USD en 2021, tandis que les exportations togolaises vers la Chine ont été multipliées par sept sur dix ans.

    Des chiffres récents qui confirment la tendance

    D’autres statistiques mondiales confirment cette tendance plus récente : en 2024, les importations totales du Togo représentaient près de 2,97 milliards USD, dont environ 670 millions USD provenaient de Chine, plaçant ainsi le pays asiatique largement en tête des fournisseurs devant la France (203 millions USD) et l’Inde (188 millions USD).

    Cette domination chinoise s’explique par la taille de l’appareil productif chinois, capable d’écouler une grande variété de biens manufacturés à des prix compétitifs, et par le rôle logistique du port de Lomé comme plaque tournante de la distribution régionale.

    Le Togo dans le contexte sous-régional

    Si le commerce sino-togolais occupe une place prépondérante, il faut aussi souligner le rôle du Togo dans le commerce ouest-africain : son hub portuaire au Port de Lomé en fait un centre de distribution clé pour les importations destinées à la sous-région. De nombreux produits importés via Lomé sont ensuite réexportés vers les pays voisins d’Afrique de l’Ouest, renforçant ainsi l’importance stratégique du pays au-delà de ses propres frontières.

    Dans ce cadre, le commerce togolais ne se limite pas à un simple échange bilatéral ; il devient un vecteur régional de circulation de biens, notamment agricoles et manufacturés, intégrant le Togo à des chaînes logistiques plus larges au sein de l’UEMOA et de l’Afrique de l’Ouest.

    Vers une relation plus équilibrée ?

    Malgré la croissance très nette du commerce bilatéral — certains rapports évoquant une progression du commerce sino-togolais de plus de +56 % en 2025 — les défis restent nombreux, notamment celui de réduire la dépendance vis-à-vis des importations et de renforcer la capacité exportatrice togolaise, en particulier vers la Chine.

    Face à un déséquilibre commercial structurel, les autorités togolaises devront poursuivre leurs efforts pour diversifier l’économie, stimuler la production locale et mieux intégrer les acteurs économiques nationaux dans la chaîne d’échanges avec Pékin et au-delà, dans une Afrique de l’Ouest en pleine mutation économique.

  • SOS Docteur TV et Michel Gohou : l’humour au service de la santé

    SOS Docteur TV et Michel Gohou : l’humour au service de la santé

    A l’heure où capter l’attention du public devient un défi majeur, l’intégration d’une figure populaire comme Michel Gohou apparaît comme une initiative audacieuse et pertinente.

    Un partenariat stratégique pour rapprocher la santé du grand public

    La télévision thématique SOS Docteur TV franchit une nouvelle étape dans son développement en scellant un partenariat avec l’humoriste ivoirien Michel Gohou à travers la production de la série « Le Centre médical ». Une alliance qui marque un tournant dans la stratégie éditoriale de la chaîne, déterminée à rendre les messages de santé publique plus accessibles, plus attractifs et surtout plus proches des réalités africaines.

    Spécialisée dans l’information sanitaire, la prévention et l’éducation à la santé, SOS Docteur TV s’est imposée comme une référence dans le paysage audiovisuel africain. Mais à l’heure où capter l’attention du public devient un défi majeur, l’intégration d’une figure populaire comme Michel Gohou apparaît comme une initiative audacieuse et pertinente.

    Michel Gohou, une voix populaire au service de la prévention

    Connu pour son talent comique et son immense popularité en Afrique francophone, Michel Gohou n’est pas seulement un acteur qui fait rire. Il est aussi un communicateur hors pair, capable d’aborder des sujets sensibles avec finesse et humanité.

    « L’humour est un puissant outil de sensibilisation. Il permet de dire des vérités difficiles avec douceur et efficacité », rassure l’Ivoirien.

    À travers des capsules, des émissions spéciales ou des campagnes de sensibilisation, l’humoriste ivoirien apportera une touche nouvelle à la grille des programmes. Son rôle consistera notamment à : vulgariser les messages de prévention ; sensibiliser les jeunes et les familles ; briser les tabous autour de certaines maladies et humaniser les débats liés à la santé publique.

    En associant divertissement et éducation, la chaîne espère ainsi toucher un public plus large et renforcer son impact social.

    Une vision portée par le Dr Serge Michel Kodom

    Derrière SOS Docteur TV se trouve une personnalité engagée : le Dr Serge Michel Kodom, médecin interniste et fondateur de l’ONG AIMES AFRIQUE.

    Depuis plus de deux décennies, son fondateur œuvre inlassablement dans le domaine humanitaire. À travers AIMES AFRIQUE, il a initié : des missions médico-chirurgicales gratuites en zones rurales ; des campagnes de dépistage et de prévention ; des formations sanitaires ; des programmes éducatifs dans plusieurs pays africains.

    « La santé est un droit fondamental. Informer, prévenir et soigner doivent aller ensemble », défend régulièrement le Dr Serge Michel Kodom.

    La création de SOS Docteur TV s’inscrit dans cette même logique : utiliser le média comme levier d’impact social.

    Quand humanitaire et média se rencontrent

    Ce partenariat avec Michel Gohou illustre parfaitement la philosophie du fondateur : innover pour mieux servir. En combinant expertise médicale, engagement humanitaire et puissance médiatique, SOS Docteur TV entend transformer la communication sanitaire en Afrique. L’objectif est clair : faire de la santé un sujet accessible, compréhensible et partagé par tous.

    Dans un contexte où les fausses informations circulent rapidement, l’initiative apparaît comme une réponse structurée et crédible. Avec l’apport artistique et populaire de Michel Gohou, la chaîne pourrait franchir un nouveau cap en matière d’audience et d’influence.

    Une ambition continentale

    Au-delà d’un simple partenariat médiatique, cette collaboration symbolise une ambition plus large : bâtir un modèle africain de communication sanitaire, ancré dans les réalités culturelles du continent. Entre expertise médicale et humour engagé, SOS Docteur TV démontre qu’il est possible d’informer autrement.

    Et si, finalement, le rire devenait l’un des meilleurs remèdes pour sensibiliser et sauver des vies ?

    Rappel

    Le nom de la série
    ” LE CENTRE MEDICAL “

    Série de 104 épisodes qui sera diffusée dans l’émission les MÔ-DOC avec une reprise dans l’émission talk show” le plateau du bien-être ” qui sera inter active assortie de prix à gagner à la fin de la semaine le vendredi…

    Heures de diffusion de la série LE CENTRE MÉDICAL sur SOS DOCTEUR TV

    👉8h50
    👉 11h50
    👉 18h50
    👉 19h50

    NB: QUIZGAME DANS10 L’ÉMISSION PLATEAU DU BIEN-ÊTRE AVEC DES LOTS À GAGNER (BONS DE CONSULTATIONS ETCDE BILANS A GAGNER…) TOUS LES JOURS A 10H50 – 22H10

    SOS DOCTEUR TV est disponible sur le bouquet Canal + n°6 au Togo et 440 en Afrique , également sur tous les décodeurs MP4, en application mobile sur Playstore et AppStore ainsi que les plates-formes numériques.

  • Epsteingate: médias ivoiriens et silence gêné autour de Nina Keita

    Epsteingate: médias ivoiriens et silence gêné autour de Nina Keita

    Alors que le nom de Nina Keita revient régulièrement dans le scandale international impliquant Jeffrey Epstein, les médias ivoiriens semblent choisir le silence.

    Sur les réseaux sociaux et dans la presse internationale, les références sont nombreuses, les enquêtes approfondies. Pourtant, en Côte d’Ivoire, peu ou aucun grand média ne se risque à traiter le sujet. Ce mutisme interroge, notamment sur l’indépendance de la presse nationale et sur son rôle dans la démocratie.

    Depuis plusieurs semaines, plusieurs internautes et observateurs de la vie médiatique ont remarqué l’étonnante discrétion des journaux ivoiriens face à un sujet mondialement médiatisé. Certains s’interrogent : pourquoi aucun article de fond, aucune analyse ou enquête approfondie sur le rôle supposé de Nina Keita, nièce du président Alassane Ouattara, dans ce dossier n’est publiée sur les sites et journaux ivoiriens réputés ? La réponse pourrait résider dans les liens, souvent implicites, que certains médias entretiennent avec le pouvoir en place.

    En éludant ce sujet, les médias nationaux passent à côté de leur fonction première, celle de quatrième pouvoir, capable de questionner les puissants, d’informer objectivement et de provoquer le débat public. Dans un État démocratique, la presse a le devoir de traiter des affaires même gênantes, de relayer des informations controversées et de tenir les institutions ou figures publiques responsables de leurs actes. Or, le choix de l’omission face à cette affaire montre que certains organes de presse semblent privilégier la prudence politique ou les intérêts de proches du pouvoir, au détriment de l’information des citoyens.

    Ce silence a plusieurs conséquences. D’abord, il fragilise la crédibilité de la presse ivoirienne. Les lecteurs qui cherchent des informations fiables sur des dossiers internationaux se tournent vers des sources étrangères, parfois au détriment de l’actualité locale. Ensuite, il contribue à une forme d’autocensure, où les journalistes eux-mêmes hésitent à traiter certains sujets par peur de représailles ou de pressions implicites. Enfin, il envoie un message inquiétant sur l’état de la démocratie : si la presse ne remplit pas son rôle de surveillance, les citoyens sont privés d’un outil essentiel pour comprendre et contrôler le pouvoir.

    L’affaire Nina Keita, ex-mannequin, et Jeffrey Epstein n’est pas seulement un scandale lointain ; elle est aussi un test pour la presse ivoirienne. Savoir informer sur des sujets sensibles, même internationaux, est un marqueur de professionnalisme et d’indépendance. La véritable question aujourd’hui est simple : les médias ivoiriens seront-ils capables de dépasser leurs liens implicites avec le pouvoir pour accomplir leur mission fondamentale ? Ou continueront-ils à pratiquer une forme de complaisance qui menace leur réputation et, par ricochet, la démocratie elle-même ?

    Le silence autour de Nina Keita, 44 ans, ex-conseillère du ministre du Budget, Abdourahmane Cissé (2014-2016), mariée au ministre de l’Emploi, Adama Kamara, numéro deux de la société publique de gestion des fonds pétroliers de Côte d’Ivoire (Gestoci) depuis 2019, autrement dit une figure du clan au pouvoir à Abidjan, révèle bien plus qu’un simple choix éditorial. En effet, il souligne une fragilité structurelle de la presse ivoirienne. Celle-ci, confrontée à la pression politique et aux enjeux économiques, doit rappeler à ses journalistes et à ses dirigeants que l’information ne doit jamais céder devant l’intérêt du pouvoir. La crédibilité se gagne dans la transparence, le courage et la constance. Tout le reste n’est que compromis et fragilité d’un quatrième pouvoir en péril.

  • Cameroun : Deux anciens détenus d’Épervier libres après 20 ans

    Cameroun : Deux anciens détenus d’Épervier libres après 20 ans

    Après deux décennies derrière les barreaux, Gilles Roger Belinga et Emmanuel Gérard Ondo Ndong ont retrouvé la liberté ce 21 février 2026, marquant la fin d’un long chapitre judiciaire au Cameroun.

    Arrêtés en 2006 dans le cadre de l’Opération Épervier, une vaste campagne de lutte contre la corruption lancée par l’État camerounais, les deux hommes étaient parmi les premiers hauts responsables à avoir été inculpés pour de présumés détournements de fonds publics.

    Gilles Roger Belinga, ancien directeur général de la Société immobilière du Cameroun (SIC), avait été condamné en 2007 à une peine initiale de 35 ans, ramenée ensuite à 20 ans, pour des affaires de détournement de deniers publics dans la gestion de structures publiques.

    De son côté, Emmanuel Gérard Ondo Ndong, ex‑directeur général du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (FEICOM), avait vu sa peine révisée à plusieurs reprises avant d’être finalement libéré après deux décennies de détention pour des accusations similaires et des sommes considérables évoquées dans l’affaire.

    À leur sortie, les deux hommes ont regagné leurs proches dans une atmosphère mêlée d’émotions, après des années d’attente et de procédures judiciaires complexes. Leur retour en liberté relance le débat dans l’opinion publique camerounaise sur l’efficacité de l’Opération Épervier, initiée pour assainir la gestion des finances publiques, et sur les défis de la réinsertion post‑carcérale pour d’anciens hauts responsables de l’administration

  • Antoine Kombouaré, l’expérience au service du jeu

    Antoine Kombouaré, l’expérience au service du jeu

    Discret dans les projecteurs médiatiques, rarement cité parmi les entraîneurs “à la mode”, Antoine Kombouaré n’en demeure pas moins l’un des techniciens les plus respectés du football français. Son parcours parle pour lui.

    De RC Strasbourg à Valenciennes FC, en passant par Paris Saint-Germain (PSG), RC Lens, EA Guingamp, Dijon FCO, Toulouse FC, FC Nantes ou encore Paris FC, il a accumulé plus de vingt ans d’expérience sur les bancs professionnels. Peu d’entraîneurs peuvent se targuer d’une telle longévité au plus haut niveau.

    Un bâtisseur d’équipes

    Kombouaré n’est peut-être pas l’entraîneur le plus médiatisé, mais il est un bâtisseur. Là où il passe, il structure, il stabilise, il redonne une âme. À Nantes, il a su recréer une dynamique compétitive et remettre le club sur la carte du football français. À Guingamp ou Valenciennes, il a imposé une discipline et une rigueur qui ont permis à ses équipes de rivaliser avec des moyens limités.

    Son style ?

    Son style de jeu se décline en organisation défensive solide avec une exigence mentale sur fond d’un esprit collectif avant les individualités. C’est dire qu’il n’est pas dans le spectacle, mais dans l’efficacité.

    Une reconnaissance encore insuffisante

    Malgré ce parcours riche et cohérent, Antoine Kombouaré reste souvent sous-estimé dans les débats sur les “meilleurs entraîneurs”. Pourtant, sa constance, sa capacité d’adaptation et sa résilience forcent le respect.

    Dans un football où la visibilité médiatique pèse parfois plus que les résultats, il incarne une autre forme de réussite : celle du travail, de la persévérance et du mérite.

    Une figure inspirante

    Au-delà des résultats, Kombouaré est aussi une figure importante de la diversité dans le football européen. Son parcours prouve que la compétence et le leadership ne se mesurent ni à la notoriété ni aux clichés. Il fait partie de ces entraîneurs qui, par leur professionnalisme et leur longévité, ont ouvert la voie et continuent d’inspirer.

    Antoine Kombouaré n’est peut-être pas “à la mode”. Mais il est, sans contestation possible, l’un des meilleurs entraîneurs de sa génération.

  • Eperviers: Patrice Neveu, l’expérience face au doute

    Eperviers: Patrice Neveu, l’expérience face au doute

    Le choix de l’expérimenté technicien français Patrice Neveu, 71 ans, pour cornaquer les Eperviers suscite autant d’espoir que de prudence. Explication.

    Le Togo a choisi l’expérience. En nommant Patrice Neveu à la tête des Éperviers, en remplacement du technicien local Nibombé Daré, la Fédération togolaise de football opte pour un profil rompu aux réalités du continent. À 70 ans passés, le technicien français est tout sauf un novice en Afrique. Depuis la fin des années 1990, il sillonne le continent, multipliant les expériences et les défis, souvent dans des contextes complexes.

    Un connaisseur du terrain africain

    Arrivé en Afrique en 1998, Patrice Neveu a dirigé plusieurs sélections nationales, dont l’équipe du Niger de football, l’équipe de Mauritanie de football ou encore le Équipe du Gabon de football. Partout, il a dû composer avec des moyens limités, des championnats locaux fragiles et des environnements institutionnels parfois instables.

    Ce parcours fait de lui un technicien aguerri aux réalités africaines : gestion des déplacements difficiles, adaptation aux pelouses approximatives, négociation permanente avec les fédérations et mobilisation de joueurs évoluant à l’étranger. Autant d’éléments qui constituent un atout pour le Togo, en quête de stabilité et d’efficacité.

    Son passage en Mauritanie reste l’un des plus marquants, avec une qualification historique à la CAN, symbole de sa capacité à structurer un groupe et à bâtir une discipline collective. Ce type d’exploit nourrit aujourd’hui l’espoir d’un renouveau pour des Éperviers en perte de vitesse sur la scène continentale.

    Un défi immense au Togo

    Le contexte togolais n’est pas simple. Depuis plusieurs années, la sélection nationale peine à retrouver le lustre de l’époque dorée qui l’avait menée au Mondial 2006. Les résultats en dents de scie, les changements répétés d’encadrement technique et les tensions internes ont fragilisé le collectif.

    Avec des cadres comme Djené Dakonam, le Togo dispose pourtant de joueurs expérimentés évoluant dans des championnats compétitifs. Mais le talent individuel ne suffit plus. Il faut une vision, une organisation, une cohérence dans le jeu.

    C’est précisément sur ce terrain que Patrice Neveu est attendu : remettre de l’ordre, redonner une identité tactique claire et instaurer une culture de la rigueur. Son expérience du continent pourrait faciliter son intégration rapide et sa compréhension des enjeux locaux.

    Des critiques récurrentes

    Cependant, le technicien français n’est pas exempt de critiques. Une simple recherche fait apparaître des réserves exprimées lors de ses précédents passages. Certains observateurs lui reprochent un style de jeu jugé trop prudent, voire défensif. D’autres évoquent des relations parfois tendues avec des dirigeants ou des joueurs.

    Son parcours est également marqué par des expériences courtes et des départs dans des contextes délicats. Si son CV est riche, il donne aussi l’image d’un entraîneur souvent appelé pour éteindre des incendies, sans toujours inscrire son action dans la durée.

    Ces éléments alimentent les doutes d’une partie de l’opinion togolaise, qui s’interroge sur la capacité du nouveau sélectionneur à impulser un véritable déclic psychologique et sportif.

    Un choix dans un contexte sensible

    Au-delà de la personnalité de Patrice Neveu, c’est aussi le contexte de sa nomination qui suscite des interrogations. Le départ de Nibombé Daré, ancien international et figure respectée du football togolais, a laissé des traces. Beaucoup voyaient en lui le symbole d’un renouveau local, d’une volonté de bâtir sur les compétences nationales.

    Dans ce climat, l’arrivée d’un technicien étranger peut être perçue comme un désaveu de la filière locale. Or, pour réussir, un sélectionneur a besoin d’un environnement apaisé et d’un soutien institutionnel clair.

    Si le contexte politique et fédéral ne lui offre pas une stabilité minimale, Patrice Neveu pourrait se retrouver confronté aux mêmes difficultés que ses prédécesseurs. Le risque serait alors de voir s’installer une nouvelle transition sans lendemain, au détriment d’un projet structurant.

    Entre espoir et prudence

    Le pari Patrice Neveu repose donc sur une équation délicate, celle de capitaliser sur son immense expérience africaine tout en évitant les écueils qui ont parfois jalonné son parcours. Son savoir-faire, sa connaissance du terrain et sa capacité à bâtir un collectif discipliné constituent des atouts indéniables.

    Mais pour que le déclic se produise chez Djené Dakonam et ses coéquipiers, il faudra plus qu’un changement de visage sur le banc. Il faudra une vision partagée, un soutien institutionnel fort et une adhésion totale du vestiaire.

    Les Éperviers jouent aujourd’hui une partie décisive. En confiant leur destin à un globe-trotter du football africain, le Togo fait le choix de l’expérience. Reste à savoir si cette expérience suffira à transformer l’essai et à redonner des ailes à une sélection en quête de renouveau.

  • Wedy : l’ascension d’un roi du RnB togolais et les promesses inachevées

    Wedy : l’ascension d’un roi du RnB togolais et les promesses inachevées

    Pour beaucoup, Wedy est le pionnier du RnB togolais moderne, celui qui prouve qu’un artiste local peut s’approprier un genre mondial et le rendre authentiquement togolais.

    Aux origines d’un talent précoce

    Né le 18 août 1981 à Lomé, dans le quartier populaire de Bè-Kpéhénou, Koffi Wodi Gabla, plus connu sous le nom de scène Wedy, grandit dans une famille de six enfants. Très tôt, la musique devient son refuge et son ambition. À seulement sept ans, il reprend les titres de Michael Jackson, Stevie Wonder ou encore Lionel Richie, façonnant ainsi son oreille et son style.

    Élève à Lomé puis à Dapaong, il s’initie à la scène au sein de troupes locales avant de rejoindre, dans les années 1990, plusieurs formations urbaines. Cette immersion dans le hip-hop et les reprises de Snow, Shabba Ranks ou Naughty by Nature forge son identité musicale. Mais c’est au tournant des années 2000 que son destin bascule.

    Le roi incontesté du RnB des années 2000

    Au moment où le hip-hop domine la scène togolaise, Wedy choisit une voie encore peu explorée : le RnB. En 2000, avec le groupe Wise, il sort l’album Mifiomlo. Mais c’est en solo qu’il impose véritablement sa marque.

    Entre 2003 et 2006, Wedy enchaîne les succès : New Day, Gogbalo, Enyo. Des titres comme Enubué, Gogbalo ou Mitin deviennent des références. Aux All Music Awards, il rafle plusieurs trophées dans la catégorie Soul RnB, consacrant son règne sur le genre. À cette époque, aucun autre artiste togolais ne rivalise réellement avec lui dans ce registre.

    Sa voix suave, ses mélodies romantiques et son mélange de langues locales et d’influences internationales séduisent une génération entière. Wedy ne suit pas la tendance : il la crée. Il devient le pionnier du RnB togolais moderne, celui qui prouve qu’un artiste local peut s’approprier un genre mondial et le rendre authentiquement togolais.

    Ouverture internationale

    L’année 2004 marque un tournant majeur. Alors que peu d’artistes togolais disposent de réseaux internationaux solides, Wedy entame une tournée européenne le 26 décembre, avec des dates à Paris, Bruxelles et Düsseldorf. À cette période, une telle initiative reste exceptionnelle pour un artiste togolais de sa génération.

    Cette tournée aurait pu constituer le tremplin vers une carrière africaine ou diasporique plus large. Elle témoigne d’un potentiel d’exportation réel et d’une ambition rare. Wedy faisait alors partie des très rares artistes togolais à franchir les frontières européennes avec son propre répertoire RnB.

    Une trajectoire freinée

    Pourtant, malgré un talent indéniable et une reconnaissance nationale forte, la carrière de Wedy n’a pas connu l’ampleur que beaucoup lui prédisaient. Après le pic des années 2000, ses sorties deviennent plus espacées. Il continue de produire – Cadeau (2010), puis une série de singles jusqu’en 2023 – mais sans véritable percée continentale.

    La question se pose inévitablement : qu’est-ce qui a freiné cette ascension ? Certains observateurs estiment que Wedy n’a pas toujours su capitaliser sur les opportunités internationales, notamment après sa tournée européenne. À une époque où le marketing digital n’était pas encore dominant, la structuration d’une carrière reposait sur le management, les réseaux et la stratégie. A-t-il manqué d’encadrement solide ? A-t-il sous-estimé l’importance d’un positionnement plus agressif sur le marché sous-régional ? La responsabilité individuelle peut être interrogée.

    Le poids du contexte togolais

    Mais il serait réducteur d’en faire une question purement personnelle. Le contexte togolais des années 2000 reste marqué par un manque criant d’infrastructures culturelles, de financements et de structures professionnelles capables d’accompagner les artistes vers l’international.

    Studios limités, absence de véritables maisons de production structurées, faibles investissements privés, circuits de distribution quasi inexistants : l’environnement ne favorisait pas l’émergence durable d’artistes au-delà des frontières nationales.

    Wedy, comme beaucoup de ses contemporains, a évolué dans un écosystème fragile. Même primé et populaire, un artiste togolais devait souvent compter sur ses propres moyens pour produire, promouvoir et distribuer sa musique.

    L’héritage d’un pionnier

    Malgré une carrière qui n’a pas atteint les sommets espérés, Wedy demeure une figure majeure de la musique togolaise. En 2013, il est reconnu parmi les cinq artistes ayant marqué les dix ans du hip-hop togolais. En 2018, il est nommé aux CEDEAO Music Awards à Abidjan, preuve que son influence dépasse les frontières nationales.

    Sa trajectoire raconte à la fois la grandeur d’un talent et les limites d’un système. Roi incontesté du RnB togolais des années 2000, il a ouvert la voie à une nouvelle génération d’artistes urbains. L’artiste incarne ainsi une double réalité, celle d’un pionnier qui a dominé son époque, et celle d’un artiste dont la carrière interroge sur la capacité du Togo à transformer ses talents en icônes continentales durables.

  • Foncier/Togblé Botokopé-Sivédomé : victoire pour la collectivité Holo-Avla

    Foncier/Togblé Botokopé-Sivédomé : victoire pour la collectivité Holo-Avla

    Dans sa décision N°0752/2022 du 20 mai 2022, la justice togolaise constate que la collectivité
    Holo-Avla « est propriétaire par voie de première occupation » de la parcelle de terrain en question.


    Au Togo, la justice est inondée de dossiers liés aux litiges fonciers. « Terrain litigieux »,
    « Cessation des travaux », « Voir l’huissier de justice Me … », etc. sont les inscriptions qui se
    lisent sur les immeubles en construction. Si certaines de ces affaires se règlent en un temps
    record, d’autres traînent devant la justice, et leurs dénouements ne sont connus que plusieurs
    années plus tard.


    Après la pluie, vient le beau temps. Cette expression convient parfaitement à la situation qui prévaut
    actuellement à Togblékopé au lieu-dit Botokopé-Sivédomé, dans la commune d’Agoè-Nyivé 4.
    Dans cette localité, les acquéreurs et propriétaires terriens ont derrière eux les moments de tempête
    vécus à travers des procédures judiciaires qui paraissaient interminables.


    En mai 2022, après plusieurs mois de procédures, le Tribunal de Première instance de première
    classe de Lomé rend sa décision dans le dossier opposant la collectivité Holo-Avla au sieur
    Hamidou Aboudramane. La requête introduite par ladite collectivité visait à obtenir confirmation de
    son droit de propriété sur un domaine d’une contenance superficielle de 07 hectares, et l’expulsion
    et la démolition des ouvrages érigés sur ce domaine.


    Dans sa décision N°0752/2022 du 20 mai 2022, la justice togolaise constate que la collectivité
    Holo-Avla « est propriétaire par voie de première occupation » de la parcelle de terrain en question.
    Par conséquent, elle « confirme purement et simplement le droit de propriété de la requérante (la
    collectivité Holo-Avla, Ndlr) sur sa parcelle
    » sise à Togblékopé au lieu-dit Botokopé-Sivédomé.


    Cette décision a fait l’objet d’appel et d’une tierce opposition de la part des adversaires de la
    collectivité Holo-Avla. Les demandes introduites par le biais de leur conseil n’ont donc pas
    prospéré. Tout en recevant « le sieur Habidina Hamidou en sa tierce opposition, régulière », la
    justice l’a déclaré « mal fondée », déboutant ainsi « de toutes ses demandes, fins et conclusions » le
    sieur Habidina Hamidou. Le sieur Hamidou Aboudramane a été aussi débouté par la justice.


    Dans les décisions N°0897/2024 du 25 juin 2024 et N°0898/2024 du 25 juin 2024 tous deux du
    Tribunal de grande instance de Lomé, la justice togolaise « maintient le jugement n°0752/2022
    rendu le 20 mai 2022 par le tribunal de céans en toutes ses dispositions
    », confirmant ainsi le droit
    de propriété de la collectivité Holo-Avla sur la parcelle querellée.


    En 2025, ces deux procédures ont été achevées par l’obtention des grosses des jugements
    N°0897/2024 du 25 juin 2024 et N°0898/2024 du 25 juin 2024. Par conséquent, le droit de propriété
    de la collectivité Holo-Avla sur ce domaine de 7 hectares est définitivement confirmé.

  • Festival Master Piano 2026 : un tournant majeur pour la musique classique au Togo

    Festival Master Piano 2026 : un tournant majeur pour la musique classique au Togo

    Lomé a officiellement lancé la 4ᵉ édition du Festival International Master Piano lors d’une conférence de presse tenue le vendredi 20 février 2026. Ouvert depuis le 16 février, l’événement se poursuit jusqu’au 27 février 2026 et marque une étape décisive dans la structuration et le rayonnement de la musique classique au Togo.

    Porté par Opus Academy, le festival s’impose désormais comme un rendez-vous culturel stratégique. Au-delà des concerts, Master Piano incarne une vision : faire de la musique un outil d’éducation, de professionnalisation et d’ouverture internationale pour la jeunesse togolaise.

    Un acte culturel fort et symbolique

    L’édition 2026 se distingue par un choix hautement significatif : mettre à l’honneur les compositeurs togolais. Cette décision consacre une volonté claire d’ancrer la musique dite « savante » dans le patrimoine national, tout en l’inscrivant dans les standards internationaux. Il s’agit d’un signal fort : la création togolaise mérite reconnaissance, diffusion et excellence.

    Sous l’impulsion de Behanzin Vigninou, la Philharmonia de Lomé est née de la fusion de l’orchestre symphonique de l’école avec les chœurs Amazing Voice et Émeraude d’Aného. Cette synergie artistique inédite témoigne de la maturité du projet et de l’ambition d’élever le niveau orchestral au Togo.

    Soutenu par le Ministère de la Culture, du Tourisme et des Arts, le festival bénéficie d’un appui institutionnel et financier déterminant, preuve que la culture est progressivement reconnue comme un levier stratégique de développement et d’image pour le pays.

    Une ouverture internationale renforcée

    Grâce à l’appui de l’Ambassade de France au Togo, le festival consolide ses partenariats européens. Le pianiste Christophe Beguin revient à Lomé accompagné de son trio du Conservatoire de Caen, aux côtés des professeurs Christophe Denel et Maréva Bécu. Cette coopération illustre l’importance de la transmission et du dialogue artistique entre experts européens et jeunes talents togolais.

    Un festival qui dépasse Lomé

    Master Piano 2026 élargit son empreinte territoriale avec des activités prévues à Aného et Kpalimé, confirmant une volonté de démocratisation culturelle. Avec un budget annuel de plus de 13 millions de FCFA, l’événement investit dans la formation, les concours, les master class et l’accompagnement des lauréats, dont certains poursuivent déjà des parcours dans des conservatoires européens.

    Le rendez-vous historique du 25 février

    Le point culminant du festival aura lieu le mercredi 25 février 2026 à 19h00 précises au Palais des Congrès de Lomé (entrée libre, mise en place à partir de 18h30). Pour la première fois, la Philharmonia de Lomé réunira orchestre symphonique et chœurs dans une fresque musicale mêlant grands classiques et œuvres togolaises.

    La programmation comprend également : Open Piano (21 février), hommage aux compositeurs togolais (22 février), étape à Aného (23 février) et concert du trio invité le 26 février à l’IFT.

    À travers cette 4ᵉ édition, Master Piano confirme son statut de rendez-vous musical de référence en Afrique de l’Ouest. Plus qu’un festival, il affirme l’émergence d’un Togo culturel ambitieux, confiant dans son identité artistique et résolument tourné vers l’excellence.

Radio Renouveau228

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