Droits humains : l’ASVITTO dénonce un recul malgré les réformes
À quelques mois du quatrième cycle de l’Examen périodique universel (EPU), l’ASVITTO et des journalistes ont passé en revue les engagements du Togo en matière de lutte contre la torture, soulignant des avancées juridiques mais aussi des préoccupations persistantes quant à leur application effective.
À la veille de la Journée internationale de soutien aux victimes de la torture, célébrée chaque 26 juin, l’Association des victimes de la torture au Togo (ASVITTO), avec l’appui d’Amnesty International, a réuni ce 25 juin à Lomé des défenseurs des droits humains et des journalistes pour faire le point sur la mise en œuvre des engagements du Togo en matière de lutte contre la torture. Une rencontre marquée par une évaluation critique des recommandations formulées lors du troisième cycle de l’Examen périodique universel (EPU) en 2022.
L’initiative intervient dans un contexte où les organisations de la société civile préparent déjà leurs contributions pour le quatrième cycle de l’EPU, prévu en janvier 2027. Pour l’ASVITTO, il était important d’associer les professionnels des médias à cette réflexion afin de recueillir leurs observations sur le respect des engagements internationaux du pays.
« En tant qu’organisation de la société civile, nous avons commencé le processus d’élaboration des rapports alternatifs et voulu partager, avec les journalistes, nos préoccupations par rapport à la mise en œuvre de ces recommandations », a expliqué Kao Atcholi, ancien président du Conseil d’administration de l’ASVITTO, récemment nommé directeur exécutif de l’organisation.
Les recommandations adressées au Togo en matière de prévention de la torture et d’amélioration des conditions de détention étaient au nombre de vingt-quatre. Selon l’ASVITTO, plusieurs avancées ont été enregistrées sur le plan juridique. L’organisation cite notamment la nouvelle loi organique relative à la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), l’intégration du Mécanisme national de prévention de la torture ainsi que la criminalisation formelle de la torture dans le nouveau Code pénal, qui en consacre également l’imprescriptibilité.
Cependant, ces progrès législatifs ne se traduiraient pas suffisamment dans la pratique. « Depuis que le cadre juridique a été institué, on a eu un semblant de mise en œuvre ; mais il y a eu un grand recul dans la mise en pratique des engagements pris pour la prévention de la torture », a regretté Kao Atcholi. Il évoque notamment les événements survenus en 2025, au cours desquels des allégations d’actes de torture sur des manifestants, y compris des femmes et des enfants, ont été rapportées par plusieurs organisations de défense des droits humains.
Au-delà de l’évaluation des engagements du Togo, la rencontre a également permis de renforcer les capacités des participants sur les mécanismes nationaux, régionaux et internationaux de protection des droits humains. Les organisateurs ont insisté sur les principes de neutralité, d’impartialité et d’indépendance qui guident les actions de plaidoyer en faveur des victimes.
À quelques mois du prochain examen du Togo devant les instances onusiennes, l’ASVITTO entend poursuivre son travail de veille afin que les engagements pris sur la scène internationale se traduisent davantage par des résultats concrets pour les citoyens
