Chicha à Lomé : la fausse douceur qui détruit les poumons des jeunes
À Lomé, la chicha s’impose chez les jeunes comme une pratique banalisée, alors que les spécialistes alertent sur ses graves dangers pour la santé.
Le phénomène prend de l’ampleur dans la capitale togolaise où des groupes de jeunes se retrouvent au bord des rues pour consommer ce mélange de tabac, de sirops et d’arômes fruités importé du Moyen-Orient et devenu un effet de mode.
Selon N’takinawé Kondoh, rapporte le confrère Letabloïd, chargé de suivi-évaluation au Programme national des addictions aux produits psychoactifs (PNAPP), une séance d’une heure équivaut à l’inhalation de la fumée de 100 cigarettes, voire plus, car l’eau ne filtre pas les toxines mais les masque simplement.
Il ajoute que la nicotine contenue favorise une addiction rapide et augmente les risques pulmonaires, la fumée atteignant directement les poumons sans réelle protection.
Ayaovi Montcho, coordonnateur de la Croix Bleue du Togo, toujours selon le confrère cité plus haut, insiste sur le caractère trompeur de la chicha, qui donne l’impression d’une consommation douce grâce aux arômes et au dispositif de refroidissement.
C’est du tabac fumé à travers un dispositif qui permet de l’adoucir, explique-t-il, ce qui conduit les consommateurs à fumer sans en mesurer la quantité réelle.
Selon lui, certaines pratiques aggravent encore le danger, notamment le remplacement de l’eau par des boissons alcoolisées et l’usage de résine de cannabis ou d’autres substances psychoactives dans le dispositif.
Il souligne également le risque accru de transmission de maladies lié au partage du même embout entre plusieurs consommateurs.
Face à cette tendance en hausse, les professionnels de santé appellent à une prise de conscience urgente et à un renforcement des campagnes de prévention en direction des jeunes, particulièrement exposés à cette mode perçue à tort comme inoffensive.
Les autorités sanitaires rappellent que la chicha n’est pas une alternative sûre et qu’elle peut constituer une porte d’entrée vers d’autres addictions plus sévères chez les jeunes aujourd’hui urbains.
