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  • Littérature : “Ma Maison d’initiation”,  ”un roman atypique”

    Littérature : “Ma Maison d’initiation”,  ”un roman atypique”

    Universitaire et critique littéraire, le Professeur  Ayayi Togoata Apédo-Amah analyse le roman « Ma maison d’initiation » de Koutchoukalo Tchassim et en déduit qu’il s’agit d’ « un roman atypique », laissant « peu de place aux personnages héros comme fil conducteur de la narration ».

    Lisez plutôt son observation, sans concession mais objective.

    ””MA MAISON D’INITIATION” de Koutchoukalo TCHASSIM, (Roman, Christon Éditions, Cotonou, 2017.)

    Par Ayayi Togoata APÉDO-AMAH

    “Ma Maison d’initiation” est un roman atypique de l’écrivaine togolaise Koutchoukalo Tchassim. Ce roman échappe à la linéarité textuelle, car il est composé de récits enchassés mais qui ne dispersent pas l’attention du lecteur. D’où la difficulté de le résumer. Le centre d’intérêt demeure le même jusqu’au bout, puisqu’il s’agit de la maison d’initiation, une métaphore polysémique qui oblige parfois le lecteur à décoder le texte au second degré. C’est l’école, l’université, le pouvoir, la vie politique, la religion, les rites de passage, la corruption, le droit de cuissage, etc.

    Ce genre de texte, laisse peu de place aux personnages héros comme fil conducteur de la narration. C’est pourquoi les deux personnages qui se distinguent des autres comme Gorki Le Filou et Almadine, ne sont pas indispensables à la compréhension du récit ou plutôt des récits. Cette architecture textuelle fonctionne comme les tableaux dans les pièces du théâtre épique négro-africain par rapport à leur autonomie relative eu égard à l’ensemble des parties.

    En littérature, un texte s’insère dans un contexte. Le contexte est le Togo, la fameuse “maison d’initiation”, qui apparaît comme une suite de cercles concentriques, dans laquelle l’auteure nous promène de l’époque de la dictature du parti unique avec ses danses d’animation et son griotisme politique jusqu’à nos jours. Toute la vie nationale est passée au crible de la critique avec ironie. Dans ce contexte, l’autocensure est de règle pour les écrivains, mais Tchassim ne bride pas trop sa liberté d’expression d’écrivaine pour délivrer son message dans un pays où tout fout le camp, où les valeurs sont égarées. Des temps douloureux d’anomie.

    Le tout est dit dans un style qui mérite qu’on en parle. Tchassim recourt beaucoup aux néologismes, aux citations d’écrivains qu’elle enchasse dans son texte. Le ludisme apparaît dans la titrologie de livres d’autres auteurs pour construire ses phrases. Elle cite beaucoup en utilisant l’intertextualité. Il est évident qu’elle maîtrise l’art littéraire.

    Le style est basé sur l’usage de la parataxe, des phrases sans liens logiques. L’abondance de points dans la ponctuation segmente souvent les phrases telles qu’elles doivent apparaître dans l’ordre habituel: sujet, verbe, complément, en les atomisant. J’avoue qu’en tant qu’écrivain qui use beaucoup de la ponctuation dans un autre registre, cela m’a posé un problème de souffle au niveau de la lecture. J’étais parfois obligé de m’arrêter face à la brisure de la linéarité des phrases pour reprendre du souffle. Il ne s’agit pas d’une critique mais d’un constat. J’en conclus que Tchassim a une respiration scripturale différente de la mienne. En effet, selon les écrivains, l’abondance ou la parcimonie des signes diacritiques est souvent liée à leur respiration ou à leur volonté stylistique de casser le rythme mormal de la phrase ou de l’allonger. Le style parataxique est celui de Koutchoukalo Tchassim au niveau de la construction de la phrase et de sa segmentation.

    Par ailleurs, son esthétique littéraire recourt beaucoup aux effets d’accumulation des mots plus ou moins synonymes pour qualifier une même chose ou réalité. Cette accumulation est à inscrire dans sa volonté d’orienter la lecture dans le sens de l’exagération. Il y a du carnavalesque dans l’esthétique littéraire de Tchassim. Le tout contribue à l’effet d’ironie et d’humour par lequel elle pose un regard critique sur la société sans prendre de gant.

    “Ma Maison d’initiation” est un roman atypique dans le champ littéraire togolais. À ce titre, il mérite d’être lu.

    Toutes les réactions :

    13Sebastien Vondoly et 12 autres personnes

    “MA MAISON D’INITIATION” de Koutchoukalo TCHASSIM, (Roman, Christon Éditions, Cotonou, 2017.)

    Par Ayayi Togoata APÉDO-AMAH

    “Ma Maison d’initiation” est un roman atypique de l’écrivaine togolaise Koutchoukalo Tchassim. Ce roman échappe à la linéarité textuelle, car il est composé de récits enchassés mais qui ne dispersent pas l’attention du lecteur. D’où la difficulté de le résumer. Le centre d’intérêt demeure le même jusqu’au bout, puisqu’il s’agit de la maison d’initiation, une métaphore polysémique qui oblige parfois le lecteur à décoder le texte au second degré. C’est l’école, l’université, le pouvoir, la vie politique, la religion, les rites de passage, la corruption, le droit de cuissage, etc.

    Ce genre de texte, laisse peu de place aux personnages héros comme fil conducteur de la narration. C’est pourquoi les deux personnages qui se distinguent des autres comme Gorki Le Filou et Almadine, ne sont pas indispensables à la compréhension du récit ou plutôt des récits. Cette architecture textuelle fonctionne comme les tableaux dans les pièces du théâtre épique négro-africain par rapport à leur autonomie relative eu égard à l’ensemble des parties.

    En littérature, un texte s’insère dans un contexte. Le contexte est le Togo, la fameuse “maison d’initiation”, qui apparaît comme une suite de cercles concentriques, dans laquelle l’auteure nous promène de l’époque de la dictature du parti unique avec ses danses d’animation et son griotisme politique jusqu’à nos jours. Toute la vie nationale est passée au crible de la critique avec ironie. Dans ce contexte,  l’autocensure est de règle pour les écrivains, mais Tchassim ne bride pas trop sa liberté d’expression d’écrivaine pour délivrer son message dans un pays où tout fout le camp, où les valeurs sont égarées. Des temps douloureux d’anomie.

    Le tout est dit dans un style qui mérite qu’on en parle. Tchassim recourt beaucoup aux néologismes, aux citations d’écrivains qu’elle enchasse dans son texte. Le ludisme apparaît dans la titrologie de livres d’autres auteurs pour construire ses phrases. Elle cite beaucoup en utilisant l’intertextualité. Il est évident qu’elle maîtrise l’art littéraire.

    Le style est basé sur l’usage de la parataxe, des phrases sans liens logiques. L’abondance de points dans la ponctuation segmente souvent les phrases telles qu’elles doivent apparaître dans l’ordre habituel: sujet, verbe, complément, en les atomisant. J’avoue qu’en tant qu’écrivain qui use beaucoup de la ponctuation dans un autre registre, cela m’a posé un problème de souffle au niveau de la lecture. J’étais parfois obligé de m’arrêter face à la brisure de la linéarité des phrases pour reprendre du souffle. Il ne s’agit pas d’une critique mais d’un constat. J’en conclus que Tchassim a une respiration scripturale différente de la mienne. En effet, selon les écrivains, l’abondance ou la parcimonie des signes diacritiques est souvent liée à leur respiration ou à leur volonté stylistique de casser le rythme mormal de la phrase ou de l’allonger. Le style parataxique est celui de Koutchoukalo Tchassim au niveau de la construction de la phrase et de sa segmentation.

    Par ailleurs, son esthétique littéraire recourt beaucoup aux effets d’accumulation des mots plus ou moins synonymes pour qualifier une même chose ou réalité. Cette accumulation est à inscrire dans sa volonté d’orienter la lecture dans le sens de l’exagération. Il y a du carnavalesque dans l’esthétique littéraire de Tchassim. Le tout contribue à l’effet d’ironie et d’humour par lequel elle pose un regard critique sur la société sans prendre de gant.

    “Ma Maison d’initiation” est un roman atypique dans le champ littéraire togolais. À ce titre, il mérite d’être lu”.

    Source: page Facebook de Sébastien Vondoly, directeur général de la maison d’édition Continents

  • Institut français du Togo: rencontre avec le photojournaliste Bernard Brisé

    Institut français du Togo: rencontre avec le photojournaliste Bernard Brisé

    Le photographe Bernard Brisé présentera ce samedi 14 septembre à l’Institut Français du Togo son dernier livre. Fruit de deux résidences artistiques réalisées à Lomé, il est publié aux éditions Le Bord de L’Eau.

    Rejoignez-nous le samedi 14 septembre à 10h30 à la médiathèque pour la présentation du dernier livre du photographe Bernard Brisé, intitulé « Lomé / Paris ». Cet ouvrage, publié aux éditions Le Bord de L’Eau, est le fruit de deux résidences artistiques réalisées à Lomé en 2022 et 2023 en partenariat avec l’association Filbleu et la Commission Nationale de la Francophonie du Togo.

    À travers ses photographies et les textes de l’écrivain Kangni Alem, Bernard Brisé explore les liens entre Lomé et Paris, ainsi que notre histoire commune. Ses clichés, chargés de sens, nous invitent à repenser nos perceptions et à imaginer ensemble un avenir meilleur .

    À cette occasion, un exemplaire du livre sera offert aux modèles et partenaires qui ont contribué à ce magnifique projet.

    Ne manquez pas cette opportunité unique de découvrir l’œuvre de Bernard Brisé et d’échanger avec lui sur son processus créatif !

    Entrée libre et ouverte à tous.

    Source: Institut français du Togo

  • Au Togo, plaidoyer pour la canonisation de Mgr Yves-Nicodème Anani Barrigah-Benissan

    Au Togo, plaidoyer pour la canonisation de Mgr Yves-Nicodème Anani Barrigah-Benissan

    Aujourd’hui, en soumettant cette demande de reconnaissance de la sainteté de Mgr Yves-Nicodème Anani BARRIGAH-BENISSAN, nous ne cherchons pas seulement à honorer un homme, mais à reconnaître l’œuvre de Dieu en lui.

    Mesdames et Messieurs les membres de l’Église, chers frères et sœurs en Christ,

    Aujourd’hui, je me tiens devant vous avec un cœur empli d’humilité et de reconnaissance pour soumettre un plaidoyer en faveur de l’ouverture du processus de canonisation de Monseigneur Yves-Nicodème Anani BARRIGAH-BENISSAN. Homme de Dieu d’une profondeur exceptionnelle, pasteur bienveillant, et bâtisseur infatigable de la paix, il incarne une figure de sainteté que nous sommes appelés à reconnaître, pour le bien de notre Église et de l’humanité entière.

    1. *Un témoin de la foi chrétienne et de la vertu héroïque*

    Tout au long de sa vie, Monseigneur Yves-Nicodème Anani BARRIGAH-BENISSAN a fait preuve d’une fidélité inébranlable au Christ. De son ordination sacerdotale à ses nombreuses missions au sein de l’Église, il a servi avec humilité et dévotion. Ses qualités humaines et spirituelles, telles que l’amour, la patience, et la charité, étaient évidentes pour tous ceux qui ont eu le privilège de le côtoyer. En ces temps où le témoignage d’une foi héroïque est si nécessaire, sa vie a été une lumière pour son peuple et pour l’Église universelle.

    2. *Un bâtisseur de paix*

    Mgr Barrigah-Benissan a démontré un engagement exceptionnel en faveur de la réconciliation et de la paix, en particulier dans des contextes de tensions et de conflits sociopolitiques. Sa présidence de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) au Togo est une preuve éclatante de sa capacité à œuvrer pour la paix avec sagesse et intégrité. À travers ce ministère, il a incarné l’Évangile du pardon et du dialogue, devenant un modèle vivant du message de paix du Christ.

    3. *Un guide spirituel d’une grande humilité*

    Mgr Yves-Nicodème Anani BARRIGAH-BENISSAN a su, par son humilité et son esprit de service, guider les âmes vers Dieu. Dans ses homélies, ses écrits et ses nombreuses interventions, il a toujours rappelé la centralité de la charité chrétienne et l’appel universel à la sainteté. Il n’a jamais cherché à se glorifier, mais à élever ses fidèles vers Dieu. Sa proximité avec les plus pauvres et son engagement pour la justice sociale témoignent de la pureté de son cœur et de la sincérité de son engagement.

    4. *Un instrument de guérison divine*

    Plusieurs témoignages, non seulement dans son pays natal, mais aussi au-delà, évoquent les grâces et les bénédictions reçues par son intercession. Des fidèles rapportent des guérisons miraculeuses et des conversions profondes liées à son ministère et à sa prière. Ces signes manifestes de la puissance divine à travers lui doivent être étudiés avec rigueur pour confirmer qu’ils relèvent de l’intervention de Dieu par son serviteur.

    Conclusion

    Aujourd’hui, en soumettant cette demande de reconnaissance de la sainteté de Mgr Yves-Nicodème Anani BARRIGAH-BENISSAN, nous ne cherchons pas seulement à honorer un homme, mais à reconnaître l’œuvre de Dieu en lui. L’Église a toujours exalté ceux qui, à travers leur vie, ont permis à la lumière divine de briller avec éclat. En tant que *Serviteur de Dieu*, il a déjà montré qu’il vivait dans la foi et l’espérance avec une intensité peu commune. Il est temps maintenant de l’accompagner sur le chemin de la béatification, pour que l’Église universelle puisse pleinement bénéficier de son exemple de sainteté.

    Que le Seigneur nous accorde la grâce de discerner avec sagesse et avec foi cette étape décisive. Monseigneur Yves-Nicodème Anani BARRIGAH-BENISSAN, par son dévouement à Dieu et à son prochain, mérite d’être reconnu pour ce qu’il a toujours été : un saint parmi nous.

    Amen !

    Fraternellement

    Immaculée Natacha Gbandi,

    Bergère de l’école Théofania sur https://www.lectureplus.fr

    Fidèle catholique de l’archidiocèse de Lomé

  • Togo- HOMMAGE D’IDELPHONSE AKPAKI A MGR BARRIGAH-BENISSAN

    Togo- HOMMAGE D’IDELPHONSE AKPAKI A MGR BARRIGAH-BENISSAN

    Bien souvent, la disparition d’un proche, d’un parent et  d’un ami, nous prend au dépourvu et nous laisse désemparés, en dépit de notre conviction que la mort est  le commencement l’immortalité.  Nous ressentons cette douloureuse séparation parce que cet être qui nous quitte, nous l’avons connu et aimé. Nous avons partagé avec lui nos joies et nos peines, et que son départ laisse en notre vie et notre cœur un grand vide difficile à combler.

    Mais, pour nous chrétiens, cette disparition n’est pas une fin en soi. Au contraire, un passage qui nous ouvre les portes de la vie. Car pour ressusciter avec le Christ, il nous faut mourir comme Lui et avec Lui. Il nous faut quitter notre corps mortel pour demeurer auprès du Seigneur. Telle est notre conviction et celle certainement de notre très cher et regretté prélat Mgr Yves Nicodème Anani BARRIGAH-BENISSAN qui a été arrachée à notre affection.

    UN PARCOURS

    Nicodème Anani BARRIGAH-BENISSAN est né le 19 mai 1963 à Ouagadougou, il est ordonné prêtre le 8 août 1987 dans la cathédrale Notre-Dame-de-la-Trinité d’Atakpamé. À partir de 1997, il est employé par le service diplomatique du Saint-Siège : il est envoyé dans plusieurs nonciatures successives. Sa première mission est au Rwanda, où il doit contribuer à la gestion des suites judiciaires du génocide, notamment le procès d’un évêque. Puis il est envoyé au Salvador, puis en Côte d’Ivoire, où il est présent durant la crise politico-militaire. Enfin, durant une année, il est envoyé en Israël de mars 2007 à mars 2008.

    Le 9 mars 2008, Nicodème Anani BARRIGAH-BENISSAN est ordonné évêque d’Atakpamé. Au sein de la Conférence des évêques du Togo, il est président du conseil épiscopal « Justice et Paix ». Par ailleurs, en 2009, il est nommé président de la Commission « Vérité Justice et Réconciliation » chargée de faire la lumière sur les violences politiques au Togo. Les conclusions de cette enquête considérée comme un succès sont remises en avril 2012 au président Faure Gnassingbé. Le 23 novembre 2019, Mgr Nicodème Anani BARRIGAH-BENISSAN est nommé Archevêque de Lomé pour succéder à Mgr Denis Komivi Amuzu-Dzakpah, démissionnaire pour raison d’âge. Il reste en poste, en tant qu’administrateur apostolique, à Atakpamé, jusqu’à son installation à Lomé le 11 janvier 2020.

    Durant sa mission à la nonciature de Côte-d’Ivoire, Nicodème Barrigah produit son premier disque de chants religieux, intitulé « Père pardonne-nous ». Il écrit et compose les textes et les musiques d’une centaine de chants, réunis en six albums. La plupart de ses compositions sont religieuses. Nicodème Barrigah est également dramaturge. En 1993, il écrit une pièce de théâtre intitulée Le Trône royal, où il évoque notamment certaines traditions africaines, ainsi que la place de la figure féminine et celle de la prédestination. L’ouvrage est consacré grand prix de la littérature togolaise en 2020.

    UN PASTEUR HUMAIN

    Mgr Nicodème Anani BARRIGAH-BENISSAN, je l’ai connu et pratiqué le peu de temps que nous avions passé ensemble. J’ai eu l’occasion de passer avec lui des moments inoubliables au cours desquels j’ai apprécié  ses talents, surtout de diplomate. Ma dernière rencontre avec lui remonte au 29 novembre 2023. Nous avons surtout parlé de comment faire pour ramener Mgr Philippe Fanoko KPODZRO, de vénérée mémoire au Togo, encore vivant, pour jouir pleinement et paisiblement de sa retraite.

    Feu Mgr Nicodème Anani BARRIGAH-BENISSAN a fait de son mieux malgré les invectives, calomnies et mensonges proférés à son égard même si on doit admettre qu’aucune œuvre humaine n’est parfaite. Contrairement à ce qu’on raconte de l’illustre disparu dans la gestion de certains dossiers dont celui de son aîné dans l’épiscopat Mgr KPODZRO, j’ai trouvé en lui un diplomate qui a à cœur les problèmes de ses semblables et se battait pour en trouver une solution.

    Comme je l’écrivais sur ma page Facebook, ce dimanche 4 août 2024, jour d’anniversaire de naissance de ma défunte grande sœur Rita AKPAKI,  « Monseigneur, vous êtes et vous demeurez un homme très effacé mais efficace dans vos actes ». Je suis donc de ceux qui sont témoins oculaires et auditifs de certains de vos actes. L’honneur me choit donc d’en  témoigner à la face du monde.

    Un Pasteur qui agit en silence

    Je vous dois aujourd’hui des honneurs, pas des honneurs non usurpés mais  tout à fait mérités. Mérités non pas parce que vous fûtes un religieux ou encore mieux un évêque mais parce que  vous ayez été un homme de charisme et de piété.

    Ce serait donc pure ingratitude si je passais sous silence l’incommensurable travail que vous avez accompli pour le peuple togolais même si cela a été fait dans le silence et le calme. Vous fûtes une  « Figure éminente du Togo, notre pays, dont le dévouement à la cause de la paix, de la réconciliation et de justice sociale a marqué notre nation notamment à la tête de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) ». Sur votre parcours terrestre, des langues affirment que : vous « êtes le meilleurs de tous et aviez la rhétorique, cette capacité à dire de grandes vérités avec des phrases toutes simples.»

    Oui vous avez abattu un travail de haute nécessité et d’indéniable valeur puisqu’il a aussi consisté à semer des graines d’amour, de paix de réconciliation et de justice dans les cœurs. Malheureusement ce travail a été interrompu par votre départ brusque vers votre Créateur. Eh oui ! Les bonnes choses ne durent jamais. Pis encore, c’est lorsque la source est tarie qu’on sait ce qu’elle vaut.

    Mgr BARRIGAH, vous avez su panser des plaies, vous avez su concilier les cœurs. C’est avec le cœur serré et sévèrement entaillé que je vous dis, non pas adieu mais plutôt au revoir. Ensemble avec nos aïeux veillez sur ce peuple qui ne  vous oubliera jamais. Et sachez qu’au panthéon de son histoire, votre nom sera gravé en lettre d’or.

    Que le Christ que par sa puissance d’amour et de de résurrection vous accorde le repos éternel. Je vous dédie cette chanson et je vous demande de nous soutenir dans le combat pour un Togo nouveau :

    Si la mer se déchaine. Si le vent souffle. Si la barque t’entraine, n’aie pas peur de la mort. Il n’a pas dit que tu coulerais. Il n’a pas dit que tu sombrerais. Il a dit : allons de l’autre bord.

     On ne pleure pas un héros.

    Seigneur accorde-lui le repos éternel et que brille à ses  yeux la lumière sans déclin. Que son âme repose en paix.

     Idelphonse AKPAKI

    Journaliste / Directeur du journal

     LA GAZETTE DU TOGO.

  • Togo-Le Mouvement citoyen Ablodé  milite pour « une assise nationale » pour l’alternance

    Togo-Le Mouvement citoyen Ablodé  milite pour « une assise nationale » pour l’alternance

    Pour provoquer l’alternance au Togo, il est nécessaire que les Togolais se réunissent à travers une « assise nationale » afin d’en décider les contours. Un rappel du Mouvement citoyen Ablodé, créé depuis avril 2024 et basé à Paris, en France, lors d’une sortie médiatique ce 30 avril. Pour lui, il est temps de « mettre en place les conditions d’une assise nationale de consentement sur ce qui nous unit et sur l’avenir que nous voulons ensemble pour nos descendants sur la terre de nos ancêtres ».

    Voici en intégralité la déclaration liminaire lue par Soter-Caïus Dovi

    MOUVEMENT CITOYEN ABLODÉ

    DÉCLARATION LIMINAIRE

    Mesdames et Messieurs, Compatriotes Togolais,

    Nous nous retrouvons en ce jour mémorable à une croisée des chemins de notre histoire, un moment où les souvenirs douloureux du passé se heurtent aux défis pressants du présent, illuminant la voie vers un avenir plus radieux pour notre cher Togo.

    Depuis les premiers instants de notre quête pour l’indépendance et la souveraineté, notre nation a été le théâtre de luttes acharnées, de sacrifices incommensurables et de rêves brisés.

    La mémoire de Sylvanus Olympio, père de notre indépendance, tragiquement assassiné, résonne encore dans nos cœurs, rappelant le lourd tribut payé pour notre liberté et notre indépendance souveraine.

    Depuis notre passé sous le joug impérialiste, marqué par le protectorat allemand et le condominium français imposé par la Société des Nations en 1920, le Togo n’a jamais été entièrement libéré de ces chaînes invisibles qui entravent notre développement et notre émancipation.

    Les récents événements des 24 et 25 avril ont plongé notre nation dans une tourmente indicible, violant de manière flagrante les principes fondamentaux de notre constitution, fruits de luttes acharnées pour la démocratie et la justice. L’arbitraire s’est installé, transformant notre quatrième république en une cinquième république sans le consentement du peuple, sans respect pour nos lois fondamentales.

    À l’image des prophéties de Simon Kimbangu en Afrique centrale en 1921, qui prédisait : « Le Congo sera indépendant un jour. Pendant 40 ans, le pays sera mis à feu et à sang et connaîtra d’énormes difficultés et souffrances de tous genres, puis viendra le bonheur », nous voyons aujourd’hui des parallèles troublants dans nos propres luttes.

    Les prophéties de Hovenu du 22 septembre 1946 dont le prophète Esaïe est le missionnaire pour son accomplissement en Afrique de l’Ouest, résonnent étrangement avec les événements actuels. Les présages sombres qui planent sur notre nation et les avertissements des anciens semblent se concrétiser sous nos yeux.

    Le destin de notre pays semble être inscrit dans les astres, avec des présages funestes pour ceux qui trahissent les aspirations de notre peuple.

    Le Mouvement Citoyen ABLODE est né de la nécessité de répondre à l’appel de notre histoire, de nous unir dans un dialogue inclusif pour forger ensemble un avenir juste et prospère pour tous les Togolais. Nous sommes les gardiens de notre destinée collective, les architectes de notre avenir commun.

    ABLODE, dans la conscience collective, résonne comme un symbole érigé contre une partie du peuple togolais. Pourtant, ABLODE, d’origine anglaise signifiant “A Blood Day” — jour du sang —, incarne également l’énergie créatrice. C’est de la splendeur de ABLO que la nation togolaise, l’or de l’humanité, doit tirer sa force.

    La phrase résonnante et retentissante de notre hymne, « Togolais, viens bâtissons la cité », nous rappelle que, où que nous soyons, qui que nous soyons, dès l’instant où cette énergie créatrice nommée ABLO coule dans nos veines, nous devons œuvrer pour devenir les bâtisseurs de la nouvelle République togolaise.

    Le Togo, c’est l’affaire de tous. Nul n’est plus Togolais qu’un autre. C’est ensemble que les bâtisseurs, depuis les carrières, posent pierre par pierre pour ériger une architecture digne de son nom. Et non par exclusion, ni par division, ni par conservation de privilèges au détriment des autres, ni par trahison, ni par musèlement, ni par assassinat d’autres artisans. Encore une fois, « Togolais, viens bâtissons la cité. »

    Si j’insiste avec ces exhortations, c’est parce que dans ces temps incertains, où les forces de l’injustice et de la tyrannie menacent de nous submerger, rappelons-nous que c’est dans l’unité et la solidarité que réside notre force, que c’est dans la résilience et la détermination                que se trouve notre espoir.

    Le chemin qui s’ouvre devant nous est semé d’embûches et d’obstacles, mais c’est ensemble, en tant que nation unie et déterminée, que nous surmonterons ces défis et construirons un Togo plus juste, plus libre et plus fort.

    Le mot “dialogue” résonne parfois, pour beaucoup de nos concitoyens, comme une entreprise vaine. Mais ne vous y trompez pas : les 26 dialogues précédents ont été organisés entre le pouvoir en place et les partis politiques. Ce que nous proposons sous la coupole d’ABLODE va bien au-delà des partis politiques. Il s’agit cette fois de mettre en place les conditions d’une assise nationale de consentement sur ce qui nous unit et sur l’avenir que nous voulons ensemble pour nos descendants sur la terre de nos ancêtres, ceci face aux défis existentiels de notre siècle en regroupant tous les corps constitués : intellectuels, anthropologues, sociologues, ethnologues, militaires, chefs traditionnels, partis politiques, organisations de la société civile, chefs de cantons, membres de l’exécutif, les religieux, et traditionalistes, etc.

    Ceci n’est ni une cour de justice ni un tribunal de chasse aux sorcières, mais une innovation sociale sans précédent qui donnera l’occasion à chaque Togolais de s’exprimer pleinement, permettant à tous les Togolais de dialoguer entre eux.

    Aujourd’hui, le Togolais ne se sent plus Togolais à part entière, il n’a plus la notion d’exister dans un État nation. Il se sent opprimé, méprisé et laissé pour compte comme au temps de l’avilissante colonisation occidentale. il ne s’appartient plus. Nous allons enfin construire l’État-nation à travers ce Dialogue Togolais Inclusif.

    Que l’esprit de nos ancêtres angélisés guide nos pas vers le bien que nous devons vers nos populations, vers l’honnêteté à leur endroit et vers la vérité pour les générations futures. Que la sagesse de nos aînés éclaire nos décisions, et que l’amour pour notre patrie nous inspire à agir avec courage et détermination.

    Sous l’impulsion divine de SEGBO-LISSA, je devrais laisser la parole au Prophète Esaïe, qui a reçu la science ancestrale de nous éclairer sur certaines réalités et poser les bases du travail harassant qui nous pend au nez et à la barbe, mais compte tenu du refus de l’administration territoriale, sa parole viendra plus tard.

    Ensemble, levons-nous pour un Togo meilleur, dans l’unité et la solidarité.

    Vive le Togo, terre de dignité et de liberté !

    Vive ABLODE !

    Vive ABLODE !

    Vive ABLODE !

    Vive ABLODE !

    Vive ABLODE !

    Vive ABLODE !

    Vive ABLODE !

    Vive ABLODE !

    Vive ABLODE !

    Vive ABLODE !

    Vive ABLODE !

    Je vous remercie.

    C’est votre frère Soter-Caïus DOVI, pour ABLODE.

    Fait à Lomé le 30 août 2024.

  • CAN 2025 : Le  Togo débute les éliminatoires par un nul décevant contre le Liberia à Lomé

    CAN 2025 : Le  Togo débute les éliminatoires par un nul décevant contre le Liberia à Lomé

    Dans un stade de Kégué plein à craquer, les Eperviers qui affrontent ce vendredi 6 septembre les Lone Stars n’ont pu faire qu’un match nul alors qu’une victoire leur tend le bras. Dans le cadre de la première journée de la course qualificative pour la CAN 2025 dans la poule  E.

    1-1. C’est par ce score frustrant que le capitaine Djene Dakonam et ses partenaires ont entamé les éliminatoires de la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) Maroc 2025. Alors que l’attaquant Ahoueke Steeve Kévin Denkey ouvre le score à la 78è sur une action personnelle, William Gibson égalise dans les arrêts de jeu pour les visiteurs.

      Dans le même groupe, l’Algérie, elle, lance bien ses éliminatoires en battant la Guinée Equatoriale 2-0 hier jeudi à Oran, au stade Miloud Hadedi. Un succès qui le place en tête.

      Lors de la seconde journée de la poule E, la Guinée équatoriale recevra le Togo le lundi 9 septembre au stade de Malabo. Les Fennecs, eux, feront le déplacement de Monrovia pour affronter les Lone Stars avec l’intention de confirmer leur bonne entrée en matière.

    1. Au Togo, la famille de l’homme d’affaires Bertin Agba se dit victime d’un règlement de compte post-mortem

      Au Togo, la famille de l’homme d’affaires Bertin Agba se dit victime d’un règlement de compte post-mortem

      Le frère et d’autres parents de cet entrepreneur sulfureux, décédé en 2023 en Afrique du Sud après avoir fui son pays, ont été arrêtés en juillet à Lomé, accusés notamment de « complot contre la sécurité intérieure de l’Etat ». Leurs proches crient au complot.

      Aïssat Agba ne sait plus quoi répondre à la question lancinante de ses trois enfants : « Il rentre quand papa ? » Cyrille, l’époux de cette Togolaise installée en région parisienne, croupit, depuis le 25 juillet, dans une cellule à 6 500 km de là, au Togo. Gérant d’une société de gardiennage dans le Val-d’Oise, il est accusé, avec deux membres de sa famille, de « complot contre la sécurité intérieure de l’Etat et financement de terrorisme » et encourt jusqu’à 20 ans de prison.

      « C’est une histoire forgée de toutes pièces, dénonce, en pleurs, son épouse. Comment aurait-il pu obtenir un agrément pour son entreprise de sécurité en France s’il avait des liens avec des terroristes ? Tout cela ne tient pas débout ».

      Le calvaire de la famille Agba a débuté le 25 juillet à l’aube. Arrivé quelques jours avant sans sa famille à Lomé, la capitale, Cyrille Agba est réveillé par une quinzaine d’hommes armés et en civil. Sans jamais lui notifier le motif de leur présence, ils saisissent ordinateurs, téléphones portables, imprimantes et l’embarquent avec son neveu, Eddy Agba, et un cousin. Au même moment, à quelques kilomètres de là, sa belle-sœur, Françoise Agba ainsi que le gardien de son domicile subissent le même sort.

      Interrogés sans la présence de leurs avocats dans les locaux du Service central de recherches et d’investigations criminelles (Scric), trois d’entre eux apprennent alors qu’ils sont soupçonnés de tentative de renversement du régime. Une accusation des plus graves dans un pays dirigé d’une main de fer depuis plus de soixante par la famille Gnassingbé et dont le chef de l’Etat actuel, Faure Gnassingbé, a fait adopter en mai une nouvelle Constitution qui pourrait lui permettre de rester indéfiniment aux commandes du pays.

      « Le régime togolais est rancunier et paranoïaque »

      Derrière cette arrestation, les proches de la famille Agba estiment que la cible visée est en fait le sulfureux homme d’affaires Sow Bertin Agba, le frère de Cyrille, décédé un an auparavant, en exil en Afrique du Sud. Entrepreneur à succès dans la sécurité, Sow Bertin Agba avait été, en 2011, au cœur d’une affaire d’escroquerie internationale, dans laquelle avait été cité Loïk Le Floch-Prigent, l’ancien patron d’Elf Aquitaine. Un riche Emirati, proche du pouvoir togolais, l’avait accusé de lui avoir soutiré 48 millions de dollars en se faisant passer pour le ministre de l’intérieur.

      A la faveur d’une libération provisoire, Sow Bertin Agba s’est ensuite enfui du pays. Après un passage au Ghana, il avait été interpellé par Interpol à Athènes. Malgré l’envoi d’une délégation togolaise pour l’extrader, il avait de nouveau pu s’échapper. Etabli en Afrique du Sud, Sow Bertin Agba est mort brutalement en mai 2023, à l’issue d’un déjeuner dans un restaurant de Johannesburg. « Un empoisonnement ourdi par les autorités togolaises », affirment certains de ses soutiens, peu surpris par le coup de filet contre ses proches.

      « Le régime togolais est rancunier et paranoïaque. En arrêtant les Agba treize ans après cette histoire, il les punit comme si le délit de parenté existait. Comment peut-on croire que sa veuve, Françoise, dévastée par sa mort, s’adonne à des activités de déstabilisation et de terrorisme ? Coller ces accusations est devenu une arme pour le pouvoir quand il veut éliminer des ennemis », dénonce un activiste, qui a requis l’anonymat comme nombre de personnes interrogées, par peur des représailles.

      Pour les autorités cependant, la veuve Agba apparaît comme le cerveau d’une double attaque terroriste survenue le 20 juillet dans le nord du pays où douze soldats ont été tués. Selon le procès-verbal consulté par Le Monde, son arrivée au Togo et celle de ses proches quelques jours avant « ne serait pas fortuite ». « Bertin aurait réservé une bonne partie de son patrimoine pour soutenir ce qu’il appelle “la lutte” pour le changement du régime en place », indiquent les gendarmes en charge des auditions.

      Un dossier embarrassant pour Paris

      Les proches de la famille Agba, eux, s’inquiètent du sort de la détenue, opérée d’un cancer et toujours sous traitement. « Elle est rentrée après plus de dix ans d’exil car elle pensait que depuis la mort de son mari, elle ne risquait rien. En arrivant, elle s’est même rendue à la gendarmerie pour refaire ses papiers d’identité. Une terroriste ferait ça ? », s’insurge l’une de ses proches.

      Derrière ces accusations où aucune preuve tangible n’est apparue – le rapport d’audition conclut que les interrogatoires n’ont pu « établir les implications des personnes interrogées dans une conspiration contre l’Etat, ni leur soutien financier à des fins terroristes » –, c’est la fortune supposée de Sow Bertin Agba qui semble susciter la méfiance du régime togolais.

      De son vivant, l’homme d’affaires menait grand train avec ses deux jets privés et son important parc immobilier et automobile. Mais ses proches l’assurent, ces dernières années, malgré ses entrées auprès des chefs d’Etat kényan, ghanéen ou congolais, l’entrepreneur à succès a rencontré de sérieux revers.

      « Sa femme est rentrée pour vendre leurs deux maisons et payer leurs dettes en Afrique du Sud. Leur niveau de vie avait chuté. Il n’y a pas de pactole caché. Et puis Bertin ne nourrissait pas d’ambitions politiques. Il ne représentait pas une menace pour le pouvoir », assure l’un de ses amis.

      Dans ce contexte, Aïssat Agba espère l’aide de la France pour obtenir la libération de son époux franco-togolais. Un dossier embarrassant pour Paris qui ménage ses relations avec le Togo. Le 15 août, le président Faure Gnassingbé était l’un des rares chefs d’Etat à avoir accepté l’invitation de l’Elysée au 80e anniversaire du débarquement de Provence. Un geste précieux pour Paris confronté à la défiance d’une grande partie des anciennes colonies d’Afrique francophone.

      « La France ne doit pas abandonner mon mari. Il est aussi français. Mais, pour le moment, il n’a toujours pas reçu d’assistance ou de visite consulaire », regrette Aïssat Agba. Sollicité, le ministère des affaires étrangères n’a pas répondu à nos questions.

      Source : www.lemonde.fr/afrique

    2. Silence ou fuite : le dilemme togolais

      Silence ou fuite : le dilemme togolais

      Madjidou Modjokobo incarne le visage discret mais révélateur d’une réalité que dénoncent depuis des années des organisations de défense des droits humains et acteurs politiques : celle d’un exil contraint par la répression politique au Togo.

      Aujourd’hui installé hors des frontières de son pays d’origine, ce trentenaire, père de famille, affirme avoir fui son pays pour échapper à des persécutions liées à ses engagements militants.

      Son parcours, loin d’être isolé, s’inscrit dans un contexte politique marqué par plus d’un demi-siècle de pouvoir concentré entre les mains d’un même système, dominé par la dynastie incarnée  par Gnassingbé Eyadéma puis poursuivie par son fils Faure Gnassingbé.

      Engagement précoce

      C’est sur le campus de l’Université de Lomé que Madjidou Modjokobo fait ses premiers pas dans le militantisme. Membre actif de la Ligue togolaise des droits des étudiants (LTDE), il milite aux côtés de figures comme Foly Satchivi pour la défense des libertés académiques et de la liberté d’expression.

      Mais très vite, ces engagements attirent l’attention des autorités. Selon son témoignage, les activités étudiantes critiques du pouvoir sont étroitement surveillées, souvent réprimées. Arrestations arbitraires, intimidations, exclusions : autant de pratiques régulièrement dénoncées par des ONG comme Amnesty International.

      De l’opposition politique à la clandestinité

      En 2016, M. Modjokobo franchit un cap en rejoignant le Parti national panafricain (PNP), dirigé par Tikpi Atchadam. Le parti devient rapidement l’un des principaux moteurs de la contestation populaire.

      Le 19 août 2017 marque un tournant. Ce jour-là, une grande manifestation pacifique organisée par le PNP pour exiger des réformes constitutionnelles est violemment dispersée. Des rapports d’organisations internationales évoquent un usage excessif de la force par les autorités.

      Après ces événements, M. Modjokobo affirme avoir été activement recherché. Des agents en civil se seraient rendus à son domicile à plusieurs reprises. Craignant pour sa sécurité, il entre dans la clandestinité, se réfugiant loin de Lomé, dans des conditions précaires.

      Climat de peur généralisé

      Le cas de Madjidou Modjokobo s’inscrit dans un climat politique tendu, où l’opposition est régulièrement fragilisée. Après le départ en exil de Tikpi Atchadam, plusieurs militants du PNP auraient été arrêtés ou contraints à la fuite.

      Son engagement se poursuit toutefois au sein de la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), qui soutient la candidature d’Agbéyomé Kodjo lors de l’élection présidentielle de 2020. Cette élection, contestée par l’opposition, a ravivé les tensions politiques.

      Plusieurs figures associées à cette dynamique ont connu un destin similaire : exil, poursuites judiciaires, ou décès loin du pays. C’est le cas de Monseigneur Philippe Fanoko Kpodzro, figure morale de l’opposition, mort en exil, ou encore du journaliste Ferdinand Ayité, contraint de quitter le pays après des menaces.

      Critiques internationales

      Le Togo est régulièrement pointé du doigt pour des atteintes aux libertés publiques. Liberté de la presse, droit de manifester, indépendance de la justice, etc. autant de domaines où des organisations internationales appellent à des réformes. En vain ?

      Des médias indépendants ont été suspendus, des journalistes inquiétés, et des manifestations interdites ou réprimées. Pour de nombreux observateurs, le système politique togolais reste marqué par une forte centralisation du pouvoir et une faible tolérance à la contestation.

      Exil comme ultime recours

      Face à cette situation, l’exil apparaît souvent comme la seule issue pour de nombreux opposants. Des artistes engagés, militants politiques ou journalistes ont quitté le pays ces dernières années pour éviter des représailles.

      Le cas de Madjidou Modjokobo illustre cette dynamique. En septembre 2023, il quitte le Togo ne pouvant plus. Il se susurre qu’il a réussi à traverser la manche et se retrouverait aujourd’hui dans un pays en Amérique du nord, selon son entourage.

      Entre espoir et incertitude

      Aujourd’hui, Madjidou Modjokobo vit dans l’attente d’un changement dans son pays d’origine. Son cas, comme pour beaucoup d’autres, l’exil n’est pas un choix, mais une nécessité. Un départ imposé par un contexte où, selon ses mots, « il n’y a plus de justice, ni de sécurité pour ceux qui osent critiquer ». Son combat, désormais, se poursuit loin de Lomé. A-t-il réussi à obtenir une  reconnaissance de son statut de réfugié ?  La question reste posée.

    3. Youth Talk : La jeunesse au cœur de la révolution numérique

      Youth Talk : La jeunesse au cœur de la révolution numérique

      Ce 27 août 2024, le siège de WANEP-TOGO à Agbalépédogan a accueilli un Youth Talk dans le cadre de la commémoration de la journée internationale de la jeunesse, placé sous le thème : “Quelles contributions de la jeunesse pour la paix et le développement socio-économique du Togo ?”.

       Cet événement organisé par WANEP-TOGO et le Centre d’Etudes et de Recherches pour le Developpement Integral-CERDI, a réuni de jeunes acteurs du changement déterminés à utiliser les technologies numériques pour impacter positivement leur communauté et contribuer au développement durable.

      À travers des échanges riches et des témoignages inspirants, les panélistes Arnaud Thom Tahouenakou et Nestor Kotchadjo ont avec les participants, exploré les multiples façons dont les outils numériques peuvent être des leviers de la cohésion et du progrès sociaux. Comme l’a souligné le panéliste, Arnaud Thom Tahouenakou, “de nos jours, on peut gagner sa vie honnêtement avec les outils numériques.” Toutefois, il a également mis en garde en affirmant que “L’outil numérique est un couteau à double tranchant qu’il faut savoir utiliser”.

      Les échanges ont également permis d’identifier les défis de paix liés au numérique, et à en proposer des pistes de solution, mettant en œuvre les jeunes. Les participants ont été exhortés à cultiver les valeurs de paix, même dans leurs rapports en ligne et à contribuer par leurs clics à la promotion de la paix, conformément aux idéaux de la Résolution 2250 du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Cette résolution du Conseil de sécurité a pour recommande que les jeunes soient placés au cœur des initiatives de paix.

      Enfin, les discussions ont mis en avant l’importance de l’engagement des jeunes filles et garçons à construire un avenir meilleur grâce au numérique. Ce YouthTalk a souligné une fois de plus le rôle central des jeunes togolais dans la transformation digitale du pays, en les incitant à devenir des acteurs clés du changement positif.

      Source : WANEP-TOGO

    4. Au Togo l’universitaire Adoté Blivi s’adresse à son “Préfet”

      Au Togo l’universitaire Adoté Blivi s’adresse à son “Préfet”

      Ancien Vice-président de la Commission océanographique intergouvernementale de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), le professeur Adoté Blim Blivi, dans la publication ci-après, rappelle que “La Personnalité de plein droit au Togo est le Président de l’Assemblée Nationale de la 5ème République de régime parlementaire”.

      “Mon Préfet,
      Bonjour
      La Personnalité de plein droit au Togo est le Président de l’Assemblée Nationale de la 5ème République de régime parlementaire. Tu le connais.

      Le Président de l’Assemblée Nationale est le seul de cette Nouvelle République, 5ème République depuis le 6 mai 2024, disposant de tout droit, de pouvoir installer le Président du Conseil des Ministres, diriger le Congrès, réunion de l’Assemblée Nationale et du Sénat, veiller à l’élection du Président d’Honneur du Togo Président de la République sous la 5ème République.

      Le Président de la République par intérim, ancien Président de la République sous régime semi présidentiel, et la Premier ministre et son Gouvernement de surenchère politique par intérim n’ont RIEN à faire dans la mise en place des Institutions de la 5ème République : du Président du Conseil des Ministres, un député, chef de parti majoritaire à l’Assemblée Nationale et du Président d’Honneur du Togo.

      Les Deux Personnalités du Régime Semi Présidentiel, en intérim, dans l’intervalle entre régime semi présidentiel et régime parlementaire n’ont RIEN à faire.

      Pendant l’intérim, n’excédant pas 12 mois, au même moment le Président de l’Assemblée Nationale de la 5ème République est vivement actif sur l’installation des deux autres institutions de la 5ème République, le Président de la République par intérim et la Premier ministre et son Gouvernement de surenchère politique par intérim représentent le Togo, conduisent les politiques publiques, entre autres donner de l’eau aux populations, participer à la conférence préparatoire de TICAD 9 à Tokyo et éventuellement la Premier ministre par intérim peut représenter le Togo au Partenariat des Passerelles Urbaines en Mongolie, et éventuellement le Président de la République par intérim peut représenter le Togo à Washington invité par le Président Biden.

      Ils n’ont RIEN à voir, à faire pendant la mise en place des Institutions de la 5ème République, en dehors des besoins de facilités demandés par le Président de l’Assemblée Nationale dans l’exercice pressant des nouvelles institutions de la 5ème République.

      Dès que le Président du Conseil des Ministres est investi, la fonction de Premier ministre par intérim cesse. Mme la Premier ministre devient Ancien Premier ministre et devient Sénatrice d’office et à vie, si bien sûr, elle ne renonce pas. Elle ne doit pas renoncer. Déjà, Premier ministre de surenchère politique par intérim, à l’Assemblée Nationale de la 5ème République son suppléant occupe son fauteuil. Elle devient Sénatrice. Elle peut déposer sa candidature pour être élue Président d’Honneur du Togo, tout comme d’autres parlementaires, députés et sénateurs, en exemple, Mr Gogue de ADDI, député, candidat à la présidentielle de la 5ème République.

      Le Président de la République par intérim, nous le respectons pour assumer la plus haute fonction d’Etat, assure la continuité de sa haute fonction jusqu’à l’investiture du Président d’Honneur de la 5ème République. Sa fonction d’intérim cesse. Il devient sénateur à vie et s’il ne renonce pas peut déposer sa candidature pour le poste de Président d’honneur du Togo, tout comme l’ancien Premier ministre Me Joseph K. Koffigoh, Sénateur à vie.

      C’est le Président de l’Assemblée Nationale de la 5ème République qui préside le Congrès.

      Ils n’ont RIEN à voir, à faire. Ils assurent l’intérim.

      Je te conseille de discuter ces variables sur cette période d’intérim n’excédant pas 12 mois : il faut aller vite et rationnellement car il s’agit du Togo.

      Que doit il faire, le Président de l’Assemblée Nationale de la 5ème République en cas de manquement dans les procédures définies par la Constitution de la 5ème République.

      Les Autorités du Togo de la 5ème République sont des Parlementaires. Les 3 Autorités sont des Parlementaires.

      Nous avons déjà, le Président de l’Assemblée Nationale, un Parlementaire. Il reste, le Président du Conseil des Ministres, un député, chef de parti majoritaire et le Président d’honneur, député ou sénateur ou sénatrice.

      Mangez bien, buvez bien réfléchissez bien, prenez le chemin de l’intelligence.

      Je suis disponible.
      Allumer le réfléchir”

      Adoté Blim Blivi

    Radio Renouveau228

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