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  • Togo. Derrière la répression, un clan de plus en plus divisé

    Togo. Derrière la répression, un clan de plus en plus divisé

    Analyse · Depuis début juin, des manifestations spontanées ont éclaté pour demander la libération du rappeur Aamron, dénoncer la gouvernance du pays et obtenir le départ de Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005. Mais cette révolte illustre aussi et surtout de vives tensions au sein même du régime.

    Un garçon de 12 ans retrouvé dans une lagune avec des « blessures sur son corps liées à des bastonnades », selon la Ligue togolaise des droits de l’homme (LTDH), des tirs de lacrymogènes et l’utilisation de balles réelles, des citoyens battus et pourchassés jusque dans leurs maisons… Les Togolais sont encore sous le choc à la suite de la répression des manifestations des 26, 27 et 28 juin à Lomé, la capitale du pays. Des vidéos, comme celle qui montre des forces de l’ordre tabassant un homme et le laissant pour mort, ont fait le tour des réseaux sociaux.

    Selon un bilan provisoire de la société civile, les manifestations ont fait au moins sept morts, dont des mineurs, des dizaines de blessés et d’arrestations, et trente et une personnes ont été placées sous mandat de dépôt. Le 4 juillet, dix-huit ont finalement été condamnées à douze mois de prison, dont onze avec sursis, lors d’un procès expéditif. Amnesty International dénonce même la présence de « miliciens » avec un « recours inutile et excessif de la force et de la violence ».

    De son côté, dans un communiqué du 30 juin, l’exécutif togolais parle de « fausses informations », d’une « campagne de désinformation et d’incitation à la haine, à la violence, à l’incivisme et à la désobéissance civile » sur les réseaux sociaux et certains médias. France 24 et RFI sont suspendus depuis mi-juin. Les autorités louent le « professionnalisme » des forces de sécurité et mentionnent des morts par « noyade ». Le 6 juillet, la justice togolaise a annoncé  une enquête après le décès de cinq personnes repêchées dans des cours d’eau.

    Vingt ans de contestations réprimées

    Ces scènes de grandes contestations populaires suivies de fortes répressions, le Togo en a déjà connu. Dans les années 1990, des civils avaient été tués lors de manifestations pour la démocratie. En 2005, au moins 800 morts et plus de 4 000 blessés avaient été recensés  par la société civile dans des protestations suite à la succession de Faure Gnassingbé, à la mort de son père Étienne Eyadéma Gnassingbé, qui dirigeait le pays d’une main de fer depuis 1967.

    L’histoire semble donc se répéter. Avec quelques nouveautés cependant. D’abord, les manifestants sont de plus en plus jeunes. Ensuite, et surtout, des dissensions internes parmi les proches du pouvoir apparaissent plus clairement.

    « Entre Kabyès, quand on conteste, la répression est plus dure »

    Les récentes protestations ont éclaté après l’arrestation le 26 mai dernier du rappeur Aamron. Artiste populaire au Togo, il avait, durant plusieurs semaines, vivement critiqué Faure Gnassingbé sur les réseaux sociaux. Amené dans un asile psychiatrique, à Zébé, il en est ressorti le 21 juin à la suite de la pression populaire lors de manifestations spontanées les 5 et 6 juin, le tout amplifié par des activistes de la diaspora sur les réseaux sociaux.

    « Juste après son enlèvement, on l’a conduit au SCRIC [Service central de recherches et d’investigations criminelles], où il a été soumis à la torture physique et morale », détaille à Afrique XXI Célestin Agbogan, son avocat et président de la Ligue togolaise des droits de l’homme. « De là, on l’a conduit à un autre endroit après lui avoir bandé les yeux. Ses détracteurs lui ont rasé barbe et cheveux, avant de le conduire directement à l’hôpital psychiatrique, où il a même reçu plusieurs injections, sous prétexte de lui prodiguer des soins », poursuit-il. « On ne sait toujours pas de quelles injections il s’agit et, aujourd’hui, il reste affaibli, il a du mal à marcher… Il suit des séances de kinésithérapie », confie le frère du rappeur, Lao-Dja Songdou Tchala.

    Fils d’un colonel à la retraite, Aamron n’est autre que le petit-fils du chef des Kabyès, la communauté d’origine des Gnassingbé – bien que la mère de Faure Gnassingbé soit ewe (du sud du Togo). « Il avait été informé de son arrestation la veille, ainsi que du plan consistant à le faire passer pour un fou. Il pensait même se faire tuer. Entre Kabyès, quand on conteste, la répression est plus dure », partage encore son frère.

    Le rappeur a été enlevé à son domicile, sans mandat d’arrêt, par des dizaines de personnes en tenue militaire et cagoulées et une poignée d’hommes de la région de la Kara, région des Kabyès (parmi eux, des militaires ou ex-militaires gradés et d’ex-agents publics), selon Lao-Dja Tchala. Le jeune artiste a été perçu comme un porte-parole par une partie de la jeunesse togolaise, et son enlèvement a été vivement critiqué, jusque dans la communauté kabyè.

    Avec la réforme constitutionnelle, « le verre était plein »

    Le ras-le-bol était déjà latent chez de nombreux Togolais. Dans cet État de 9,3 millions d’habitants, classé dans la liste des pays les moins avancés, le coût de la vie a augmenté subitement en mai 2025, notamment le prix du kilowattheure. Une épreuve sociale de trop, aux yeux de plusieurs citoyens, malgré l’annonce de mesures d’atténuation par les autorités.

    De plus, en 2024, le pouvoir a changé la Constitution, passant d’un régime présidentiel à un régime parlementaire. Le 3 mai, le président de la République, Faure Gnassingbé, est devenu officiellement président du Conseil, sans limite de mandats et choisi par un Parlement majoritairement acquis à sa cause. « Le verre était plein », explique Kodjo, un conducteur de taxi-moto dans la capitale. « En plus, peu de Togolais mangent deux repas par jour, la colère commençait doucement à gronder, surtout sur la Toile », conclut-il.

    Même au sein de l’Union pour la République (Unir, le parti présidentiel), certains aspects du changement de régime ont eu du mal à passer. Lors du choix du nouveau président de la République (un poste devenu honorifique, alors que le président du Conseil garde la majeure partie du pouvoir exécutif), le nom de Savi de Tové a été « comme imposé » aux Parlementaires de l’Unir, décrit une députée de ce parti sous le couvert de l’anonymat. « Il n’y a pas vraiment eu de consultation du Congrès, ni d’élection, comme cela aurait dû être fait  », partage cette source. 

    « Il est temps que la volonté du peuple soit respectée »

    La tension a surtout pris de l’ampleur après la sortie d’Essossimna Marguerite Gnakadè, l’ancienne ministre de la Défense (de 2020 à 2022). Le 2 mai dernier, elle a publié une tribune feutrée mais avec un ton offensif. Dans un pays où les voix discordantes sont régulièrement réprimées, cette tribune d’une ex-officielle en a étonné plus d’un. Le rappeur Aamron s’en est emparé, la décortiquant dans l’une de ses dernières vidéos en ligne. Probablement la vidéo de trop pour le pouvoir. 

    Dans cette tribune, Marguerite Gnakadè explique :

    Depuis deux décennies, le peuple togolais fait preuve d’un courage remarquable face à l’adversité. Il endure, espère, se mobilise… Mais trop souvent, il est réduit au silence. Aujourd’hui, alors que le pays traverse une nouvelle phase de crispation politique et d’incertitude démocratique, je prends la plume pour affirmer ceci : il est temps que la volonté du peuple togolais soit enfin respectée.


    Elle souligne encore : « Quel est le véritable bilan de Faure Gnassingbé après deux décennies de règne ? […] En dépit de plus de 15 000 milliards de FCFA [23 milliards d’euros] injectés dans l’économie togolaise, les résultats tangibles sur l’amélioration des conditions de vie des Togolaises et Togolais peinent à prendre corps. » Elle n’a pas hésité non plus à dénoncer la corruption au sommet de l’État. Les objectifs économiques « ne peuvent être atteints que s’il y a une réduction significative des détournements de deniers publics et l’instauration de la fin de l’impunité des crimes économiques ».

    Gilbert Bawara, ministre porte-flingue

    Depuis ce premier brûlot, Marguerite Gnakadè a écrit d’autres lettres, appelant à la libération des « prisonniers politiques », puis s’indignant contre la « répression organisée contre les hommes et les femmes togolais, qui manifestent pacifiquement », suite aux protestations des 26, 27 et 28 juin.

    De son côté, le gouvernement a réagi à ses prises de position, notamment à travers le ministre du Travail, Gilbert Bawara, dans Jeune Afrique le 26 juin :

    J’observe que mon ancienne collègue fait l’objet d’une grande indulgence et d’une grande mansuétude, notamment de la part de médias généralement prompts à déverser leur bile sur les autorités. Je remarque aussi qu’elle n’assume aucune responsabilité dans l’action publique qu’elle dénonce, alors qu’elle a exercé d’importantes responsabilités à la tête d’entreprises publiques et au sein du gouvernement.

    Depuis fin mai, l’ex-ministre des Armées réside à son domicile à Lomé, elle est libre de ses mouvements mais « reste prudente », affirme une source proche à Afrique XXI. Femme discrète, âgée d’une soixantaine d’années, elle est difficilement approchable des journalistes, même quand elle était en poste au ministère des Armées. Originaire du canton de Tchitchao, voisin de celui des Gnassingbé, Pya, elle a fait des études d’économie en France. De retour au Togo, elle a longtemps travaillé à la Banque internationale pour l’Afrique (BIA-Togo), puis un temps à la Cour des comptes, avant de prendre la tête de la Banque togolaise pour le commerce et l’industrie (BTCI), puis d’être promue ministre. Marguerite Gnakadè est aussi la sœur du majordome de Faure Gnassingbé, Darius Gnakadè, qui s’est désolidarisé publiquement des sorties de son aînée.

    Le gouvernement l’empêche de créer son parti

    Marguerite Gnakadè a par ailleurs un lien familial avec le président Faure Gnassingbé : elle a longtemps été mariée à son grand frère, Ernest Gnassingbé, décédé en novembre 2009. Le couple a eu plusieurs enfants avant de se séparer, autour des années 2000. Lieutenant-colonel, longtemps patron de l’appareil répressif au Togo, Ernest Gnassingbé a été considéré un temps comme le dauphin dans la succession à son père – étant l’aîné des fils Gnassingbé. Mais sa santé s’est dégradée dès la fin des années 1990. De nombreux Togolais le décrivaient même comme un tyran imprévisible. En 2005, à la mort de son père, il n’était déjà plus question qu’il prenne les rênes du pouvoir.

    Première femme au Togo à diriger l’appareil militaire, elle est finalement évincée de ce poste, et son ministère est ensuite rattaché à la Présidence. « Quelques mois après son éviction, elle a voulu créer un parti politique, confie une source proche. Cela a suscité beaucoup de remous au sein de l’appareil de l’État et du parti présidentiel. Tout a été fait pour l’empêcher de fonder son parti, déjà en ne lui délivrant pas son certificat d’origine. »

    En plus de l’arrestation d’Aamron, la prise de position de Marguerite Gnakadè est en train de diviser plus largement dans la région de la Kara. Depuis 2017, plus aucune manifestation ne s’est tenue dans la région, mais des Kabyès, souvent depuis l’étranger, continuent de s’exprimer sur les réseaux sociaux, invectivant le pouvoir actuel et plaidant pour un Togo dans lequel les richesses nationales profiteraient à tous les Togolais. « Même des informations jadis cachées sortent progressivement sur les réseaux sociaux à travers la diaspora [de la région] », explique une source kabyè. Fin juin, des chefs et des cadres du canton de Tchitchao se sont réunis pour discuter de « l’analyse des causes de la récurrence des voix dissidentes et résistantes portées par des personnalités de leur canton » après la « prise de position politique » de Marguerite Gnakadè. La réunion a provoqué des débats mais n’a pas abouti à une condamnation des propos de l’ex-ministre, ce qui est remarquable. 

    Kpatcha Gnassingbé, Kadangha Abalo… Des condamnations qui divisent

    Au Togo, la communauté kabyè est au cœur du pouvoir depuis la présidence de Gnassingbé père. Ce dernier avait succédé à Nicolas Grunitzky (1963-1967) et l’officier Kléber Dadjo (janvier à avril 1967), qui avaient conduit une transition après l’assassinat, lors d’un coup d’État en janvier 1963, du père de l’indépendance, Sylvanus Olympio, originaire du sud du pays. Selon des archives françaises, Étienne Eyadéma Gnassingbé a été impliqué dans son meurtre.

    Beaucoup de cadres militaires des Forces armées togolaises proviennent de la région de la Kara, en particulier des cantons de Tchitchao et Pya, même si cette tendance s’est atténuée depuis 2005. « Longtemps, on a fait croire aux Kabyès que s’ils perdaient le pouvoir les gens du Sud allaient se révolter contre eux et même commettre un génocide », explique une source du sérail. Mais, aujourd’hui, « beaucoup ne pensent plus ainsi », conclut-elle. 

    Avec le temps, la communauté s’est divisée et des griefs sont apparus. D’une part, la région ne s’est pas développée autant que l’auraient souhaité ses habitants. D’autre part, l’emprisonnement depuis avril 2009 de Kpatcha Gnassingbé (ex-ministre de la Défense, frère de Faure Gnassingbé), pour « complot contre la sûreté de l’État », laissant ainsi le pouvoir total à son frère, n’a pas été du goût de tous. 

    Soutenu par l’armée et non condamné à l’international

    En 2023, la condamnation du général Kadangha (beau-frère des Gnassingbé), pour « complicité d’assassinat » d’un colonel, a accentué la division interne. Apollinaire Mewenemesse, directeur de publication du journal La Dépêche et natif de la Kara, a même été emprisonné un temps pour avoir écrit un article titré  : « Et si le Général Kadangha Abalo était le Capitaine Dreyfus du Togo ? », en référence à la célèbre affaire française de la fin du XIXe siècle.

    Avant Marguerite Gnakadè, quelques personnalités de la région s’étaient déjà opposées au pouvoir en place, comme le commandant Olivier Amah (venu du Pya) et l’ex-ministre de l’Intérieur François Boko (de Tchitchao), tous deux en exil, mais aussi l’ex-ministre de la Justice et opposant Abi Tchessa, ou encore Dahuku Péré (de Bohou), ancien président de l’Assemblée nationale, devenu opposant, et décédé en 2021.

    Mais tel un sphinx, Faure Gnassingbé a toujours su renaître de ses cendres après chaque poussée de fièvre politique. Soutenu par les forces de l’ordre qui lui ont de nouveau fait allégeance le 3 mai au terme de sa prestation de serment comme président du Conseil, il s’appuie aussi sur des divisions entre opposants ou membres de la société civile. Tandis qu’il reste bien souvent épargné par les condamnations à l’international, en premier lieu de la France, qui a toujours soutenu la famille Gnassingbé.

    Source: afriquexxi.info








  • Au Togo, l’activiste Folly Satchivi arrêté par des hommes en cagoule

    Au Togo, l’activiste Folly Satchivi arrêté par des hommes en cagoule

    L’activiste togolais, Folly Satchivi, un ancien étudiant de l’Université de Lomé, l’un des porte-paroles des mouvements estudiantins, engagé aujourd’hui du côté de la lutte de libération du Togo, menée par la jeunesse, a été enlevé ce lundi 7 juillet à son domicile dans la zone Bè Ahadji- Kpota aux environs de 17h 30 par des hommes armés, cagoulés à bord d’une Jeep des forces de sécurité.

    Selon des témoins, ces hommes qui ont irruption dans le quartier de façon fracassante ont escaladé le mur avant d’aller enlever Folly Satchivi manu- militari. Il sera conduit à une destination que les témoins de la scène n’étaient pas en mesure d’identifier.

    Aussitôt, nos vérifications auprès des organisations de défense des droits humains nous ont permis de se rendre compte que c’était nous qui les informions des faits qui se produisaient jusque là.

    Aux dernières nouvelles, Folly Satchivi se trouverait en ce moment dans les mains des éléments de la Direction Centrale de la Police Judiciaire ( DCPJ) à Lomé.

    Nul n’est en mesure de savoir ce qu’on reproche de nouveau à cet activiste qui de par le passé a connu la prison à plus d’une fois. La question est de savoir peut-on interpeller un citoyen si vraiment on lui reprochait quelque chose dans un Etat dit de droit ?

    Nous y reviendrons !

    Justin ANANI


  • Au Togo, une enquête est ouverte sur la mort de cinq personnes après les manifestations de juin

    Au Togo, une enquête est ouverte sur la mort de cinq personnes après les manifestations de juin

    Les manifestants descendus dans les rues en juin dénonçaient la hausse du prix de l’électricité, les arrestations d’opposants et la réforme constitutionnelle de 2024. L’opposition et la société civile demandaient depuis plusieurs jours l’ouverture d’une enquête.

    Une enquête a été ouverte au Togo sur la mort de cinq personnes dont les corps ont été repêchés dans deux cours d’eau, à Lomé, après les manifestations de la fin juin, a annoncé le parquet à la télévision publique, ce 6 juillet. Jusque-là, les autorités n’avaient pas donné de bilan chiffré mais évoqué des morts « par noyade » – il y avait eu deux, selon la gendarmerie.

    « Vendredi 27 juin, deux corps ont été découverts et repêchés dans le quatrième lac d’Akodessêwa aux alentours de 10 heures », a déclaré le procureur de la République, Talaka Mawama. Il a précisé qu’il s’agissait de deux Béninois de 23 et 25 ans. « Le constat a conclu à une mort par noyade qui remonterait à 48 heures, soit avant le début de la série de manifestations », a-t-il indiqué à La Télévision Togolaise (TVT), média d’État.

    Expertise médico-légale

    Le même jour, « le commissariat de police d’Akodessêwa a été saisi du repêchage de deux corps, cette fois-ci dans la lagune de Bè », a-t-il ajouté. L’un des deux corps est celui d’un élève de troisième, « identifié par sa famille qui l’a aussitôt récupéré et l’aurait malheureusement inhumé sans qu’aucune constatation n’ait été faite », a-t-il affirmé. L’autre est celui d’un adolescent âgé de 15 ans, dont « une expertise médico-légale […] a conclu à une mort par noyade ».

    « Samedi 28 juin, la brigade de gendarmerie d’Adjigbota a également été informée qu’un corps avait été repêché par la population dans la même lagune de Bè », celui d’un Gabonais de 21 ans, « mort par noyade », a dit le procureur. « Sur l’ensemble de ces corps découverts durant la période indiquée, une enquête judiciaire a déjà été ouverte contre X et elle est en cours », a-t-il déclaré.

    Le procureur a annoncé que depuis les premières manifestations début juin, 114 personnes ont été arrêtées, dont « 87 ont été à ce jour mises en liberté ». Dix-huit ont été reconnues coupables de « troubles aggravés à l’ordre public », a-t-il dit, puis condamnées à 12 mois de prison, dont 11 avec sursis. « Neuf autres font l’objet d’une information judiciaire » et sont aussi en détention, a-t-il conclu. Il a justifié les arrestations en expliquant que les forces de l’ordre « ont été violemment prises à partie par les manifestants, qui se sont attelés à leur jeter des projectiles ou à les agresser directement ».

    Nouvel appel à manifester

    Ce 4 juillet, un nouvel appel à manifester a été lancé par les organisateurs des contestations de juin, qui protestaient contre la hausse du prix de l’électricité et la réforme constitutionnelle de 2024 permettant à Faure Gnassingbé de consolider son pouvoir. Les manifestations sont prévues les 16 et 17 juillet : le deuxième jour correspond aux élections municipales, dont le report a été demandé par plusieurs partis d’opposition et par la société civile. Depuis fin juin, plusieurs journalistes ont été convoqués par la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) et des associations ont dénoncé des restrictions d’accès à internet.

    Avec AFP



  • Manifestations de juin au Togo : dans la discrétion, la CNDH a mouillé le maillot

    Manifestations de juin au Togo : dans la discrétion, la CNDH a mouillé le maillot

    Lors des manifestations des 26, 27 et 28 juin au Togo, loin des micros et des caméras, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a joué sa partition, celle de s’employer à ce que l’essentiel soit sauvegardé.

    Rapport étape

    Attendu dans certains milieux de défense des droits de l’homme,  le rapport d’étape lié à la situation des droits de l’homme après qu’une partie des Togolais ont manifesté contre le pouvoir en place ces 26, 27 et 28 juin 2025 à Lomé et dans ses environs est prêt en partie. Le document à mi-parcours a été remis à Kodjo Adédzé, le président de l’Assemblée nationale.

    « Ce rapport d’étape élaboré conformément à son mandat de promotion, de protection des droits de l’homme et de prévention de torture et autres formes  de traitements cruels, inhumains et dégradants, présente les constats provisoires, les préoccupations relevées ainsi que  les recommandations formulées à l’endroit de tous les acteurs en vue de garantir le respect des droits fondamentaux de tous les  concitoyens », indique un communiqué officiel dont Reanouveau228 dispose d’une copie.

    Selon toujours ladite note signée par Me Kwa Ohini Sanvee, la Commission nationale des droits de l’homme rappelle que les droits de l’homme « ne peuvent prospérer dans un climat de violence généralisée mais plutôt avec une culture de respect mutuel et de tolérance ».

    Au moins sept morts

    Et la CNDH d’ajouter qu’elle reste déterminée  « à poursuivre avec professionnalisme la  documentation des allégations de violation des droits de l’homme afin que la (toute) lumière soit faite sur les cas avérés ».

    Si l’institution appelle les uns et les autres  à privilégier le dialogue, le respect de la loi, accorder une importance capitale à la préservation de la paix, il faut dire que les dernières manifestations des contestations du régime en place ont fait au moins officiellement sept (7) décès, dus à la répression des forces de l’ordre et de défense. Avec le soutien des milices, dit-on.

    Mission

    Sous le sceau de la discrétion – c’est l’impression que beaucoup ont -, la Commission a pu visiter les lieux de détention et de garde-à-vue lors des manifestations et identifier en concertation avec les familles et les proches des victimes. Des organisations de défense des droits de l’homme aussi l’ont saisie dans ce sens.

    En réalité, conformément à sa mission de promotion et de protection des droits de l’homme, ainsi que le mécanisme national de prévention de la torture, la CNDH a pu se rendre dans tous les lieux de privation de liberté, permettant ainsi aux familles et proches des gardés-à-vue de visités ces derniers.

    Limité ?

    Beaucoup des proches et familles des victimes, grâce à la Commission, ont vu leur conseil avoir également accès à ces lieux de privation de liberté.

    Grâce à la CNDH, certains qui ont sollicité leurs avocats en ont eu accès. Il se susurre que certains détenus ont dû voir leurs conditions de détention améliorées suite à la visite de l’institution.

    Si certains disent que la Commission aurait abattu un travail colossal, il faut dire qu’elle n’est pas à même de rendre publiques ses actions sur le terrain. Tout simplement parce que la loi ne le lui en permet pas bien qu’on la trouve indifférente ou absente quand les droits de l’homme sont violés ou bafoués. Le contraste reste que les plus virulentes critiques proviendraient de ceux qui la saisissent après tout. A suivre !!!

  • Communales 2025/campagne :UFC entre en action

    Communales 2025/campagne :UFC entre en action

    Bien que l’opération de charme ait commencé quarante huit heures plutôt, l’Union des forces de changement (UFC) entre dans la danse à travers une rencontre de mobilisation tenue à son siège à Lomé ce jeudi 3 juillet 2025.

    Le parti ”Détia” a de grandes ambitions pour les élections municipales du 17 juillet prochain. Dans cette optique, il mobilise sa base avec un seul objectif, parvenir à avoir au soir du scrutin beaucoup de conseillers municipaux élus.

    C’est ce que résume Sena Alipui, un des vice-présidents du parti politique se considérant comme la troisième force politique dans le pays:

  • Togo-La répression des manifestations des 26, 27 et 28 juin sont “d’une gravité inouïe” selon les Evêques

    Togo-La répression des manifestations des 26, 27 et 28 juin sont “d’une gravité inouïe” selon les Evêques

    C’est “avec une profonde préoccupation” que les Evêques du Togo ont suivi la répression des manifestations des 26, 27 et 28 juin à Lomé et dans ses environs. Ces “évènements douloureux” sont “d’une gravité inouïe”, déplorent-ils.

    DECLARATION DE LA CONFERENCE DES ÉVEQUES DU TOGO (CET) SUITE AUX VIOLENCES DES 26, 27 ET 28 JUIN 2025

    Nous, Evêques du Togo, à l’issue de notre 139ème session ordinaire, avions condamné fermement toutes formes de violences d’où qu’elles viennent et dénoncé la culture du mensonge dans notre pays.

    Après avoir suivi avec une profonde préoccupation, affliction et tristesse les événements douloureux qui ont marqué les journées du 26, 27 et 28 juin 2025, suite aux faits d’une gravité inouïe, nous condamnons vigoureusement à nouveau ces violences inacceptables et insoutenables, quels qu’en soient leurs origines, leurs auteurs ou leurs justifications.

    Un usage aussi disproportionné de la force pour réprimer une manifestation, fût-elle illégale, est simplement inadmissible. Nous invitons les auteurs de ces actes répréhensibles à la conversion. Qu’ils n’oublient pas que les cris des innocents sont des lamentations qui montent vers Dieu. Nous rappelons ici, le caractère sacré de toute vie et la dignité inaliénable de la personne humaine. La banalisation de ces principes fondamentaux de toute religion, culture et civilisation, conduit inexorablement au chaos.

    De même, s’entêter à voir le vrai et à faire croire le faux est une violence morale qui brise la cohésion. Il faut se ressaisir par crainte de Dieu et par amour pour notre Nation. Nous nous inclinons respectueusement devant la mémoire de tous les compatriotes qui ont été fauchés dans ces vagues de violences et présentons nos sincères condoléances aux familles éplorées.

    Nous les assurons de notre proximité et de nos prières pour le repos des âmes des victimes et le réconfort de tous. Nous prions également pour un prompt rétablissement des blessés. Nous invitons tous les fils et filles du Togo, en particulier les dirigeants, les acteurs politiques, les Forces de Défense et de Sécurité et les leaders d’opinion, à faire preuve de responsabilité, de retenue et d’engagement sincère pour la construction de notre pays

    Au demeurant, chers fils et filles, chers concitoyens, nous vous exhortons à continuer, sans vous décourager, à prier pour que Dieu nous prenne en pitié. Oui, « le secours nous viendra du Seigneur qui a fait le ciel et la terre » (Ps 120, 2) ; Il est notre bouclier. Qu’Il touche les cœurs de tous les Togolais, “qu’ils s’unissent enfin pour œuvrer généreusement à la construction de la cité terrestre dans sa marche vers la Cité céleste”. (Extrait de la Prière pour la paix au Togo).

    Ce faisant, nous répondrons à l’appel de notre Hymne national : « Togolais, viens, bâtissons la cité ».Dans l’espérance qui ne déçoit pas (Cf. Rm 5, 5), nous implorons la bénédiction de Dieu sur notre cher pays et sur tous ses habitants.

    Fait à Lomé, le 30 juin 2025, En la mémoire des saints premiers martyrs de Rome.

    +Mgr Benoît ALOWONOU,

    Evêque de Kpalimé,

    Président de la CET.




  • Au Togo, plusieurs personnes tuées lors de manifestations, selon des organisations

    Au Togo, plusieurs personnes tuées lors de manifestations, selon des organisations

    Lors de manifestations contre le pouvoir et la hausse des prix, au moins sept personnes ont été retrouvées mortes fin juin, à Lomé, la capitale togolaise.

    Lors des manifestations contre le pouvoir à Lomé, fin juin, au moins sept personnes ont été tuées et des « dizaines » d’autres blessées, ont affirmé, dimanche 29 juin, des organisations de la société civile, dénonçant des « exactions commises par des éléments des forces de l’ordre et des miliciens ».

    De jeudi 26 à samedi 28 juin, réunis parfois par dizaines dans certains quartiers, les manifestants ont été dispersés à coups de gaz lacrymogènes. Des pneus et des barricades en bois ont été brûlés dans certaines rues de la capitale, où de nombreux commerces étaient restés fermés.

    Dimanche soir, le gouvernement togolais a réagi et dénoncé « des tentatives de récupération malheureuses » à la suite de « la découverte et [du] repêchage de corps » dans des cours d’eau de la capitale, jeudi et samedi. « Les résultats des analyses médico-légales (…) ont révélé que ces décès sont survenus par suite de noyade », a démenti le gouvernement dans un communiqué, sans se prononcer sur le nombre de corps repêchés.

    « Le droit de nous exprimer »

    Autre réaction, celle du ministre de l’administration territoriale togolaise, Hodabalo Awaté, à la télévision d’Etat, dimanche soir : « Je voudrais féliciter le bon comportement de nos concitoyens et également le professionnalisme de nos forces de sécurité et surtout les rassurer que le gouvernement prendra toutes les dispositions pour protéger le citoyen togolais. »

    Les manifestations sont rares au Togo ces dernières années, mais il s’agissait du deuxième appel lancé sur les réseaux sociaux à descendre dans la rue ce mois-ci. « Nous sommes dans un pays où des citoyens ont quand même le droit de sortir, de s’exprimer et ils n’ont pas à faire face à cette brutalité mise en place par l’Etat, c’est inacceptable », a déclaré le porte-parole du Front citoyen Togo debout, David Dosseh. Il ajoute : « Nous ne sommes pas des animaux, nous sommes des fils de ce pays et en tant que fils et citoyens de ce pays, la Constitution nous donne le droit de nous exprimer et de manifester pacifiquement. »

    « Mauvais traitements »

    Les manifestants protestaient contre des arrestations de voix critiques, la hausse du prix de l’électricité ou encore la réforme constitutionnelle qui permet à Faure Gnassingbé, 59 ans, de consolider son pouvoir, en place depuis 2005.

    Début juin, les premières manifestations avaient en partie été lancées par le rappeur Aamron, critique du pouvoir, qui avait été arrêté fin mai, avant de réapparaître dans une vidéo le 5 juin, d’un hôpital psychiatrique où il présentait des excuses à Faure Gnassingbé. Il a depuis été libéré le 21 juin.

    Dès les 5 et 6 juin, une cinquantaine d’arrestations avaient été signalées par les autorités. Certains manifestants, majoritairement jeunes, avaient déclaré à Amnesty International « avoir été soumis à la torture ou à d’autres mauvais traitements ». Le gouvernement avait répondu ne pas avoir eu connaissance de tels cas.

    Mi-juin, les autorités togolaises ont suspendu pour trois mois la chaîne de télévision France 24 et RFI, accusées d’avoir relayé des « propos inexacts et tendancieux » après des manifestations du début du mois.

    Avec AFP



  • Au Togo, les FDR attirent l’attention de l’opinion internationale sur la violente répression des dernières manifestations

    Au Togo, les FDR attirent l’attention de l’opinion internationale sur la violente répression des dernières manifestations

    C’est avec la dernière rigueur que le parti les Forces démocratiques de la république (FDR) condamne la violente répression des manifestations pacifiques de ces 26, 27 et 28 juin au Togo. Dans un communiqué, la formation politique de l’opposition, « tire sur la sonnette d’alarme et attire l’attention de l’opinion nationale surtout internationale sur l’inquiétante évolution de la situation sociopolitique dans notre pays le Togo ». En dehors de la sortie musclée des forces de sécurité, dans des maisons pour tabasser les individus avec « une rare violence », c’est surtout l’appel à des « nervis armées » intervenant « à visage découvert pour la plupart, à la répression, aux côtés des forces de défense et de sécurité, ce qui ne laisse aucun doute sur ceux qui les ont envoyés en mission », déplore le parti incarné par Me Paul Dodji Apévon.

    COMMUNIQUE

     AUCUNE REPRESSION, AUSSI FEROCE SOIT-ELLE, NE PEUT ARRETER L’ELAN D’UN PEUPLE POUR LA LIBERTE

     Le parti Forces Démocratiques pour la République (FDR) tire sur la sonnette d’alarme et attire l’attention de l’opinion nationale et surtout internationale sur l’inquiétante évolution de la situation socio politique dans notre pays le Togo.

     En effet, le monde entier a vu sur les réseaux sociaux les effroyables images des sauvages, barbares et ignominieuses violences exercées par les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) sur des manifestants à mains nues, sortis pour exprimer pacifiquement leur opposition au changement illégal et illégitime de la Constitution imposée par Faure GNASSINGBE dans un mépris total du peuple, pour pérenniser son règne dynastique au Togo.

    Ces forces de sécurité ont fait des incursions dans des domiciles privés pour passer à tabac, avec une rare violence, tous les habitants, et ont même exercé des exactions sur de simples passants et des citoyens se trouvant devant leur maison, provoquant ainsi de graves blessures à certains.

    Le plus alarmant est la sortie, une fois encore, de nervis armés qui ont participé, à visage découvert pour la plupart, à la répression, aux côtés des forces de défense et de sécurité, ce qui ne laisse aucun doute sur ceux qui les ont envoyés en mission.

     La protection dont bénéficient ces miliciens leur a donné l’assurance de leur impunité et c’est fort de cette assurance que l’un d’eux, un militaire à la retraite, a fait ouvertement sur les réseaux sociaux l’apologie du crime en déclarant qu’ il faut apprendre à tuer au Togo et que si quelqu’un est tué au cours des manifestations, c’est lui qui en est l’auteur.

    C’est dans ce climat de terreur que deux corps sans vie ont été repêchés dans le 4 ème lac à Anfamé, deux autres dans la lagune de Bè. On a appris que ce sont les recherches d’un jeune, toujours porté disparu, qui a sauté dans la lagune pour échapper à la répression qui ont permis de découvrir les deux corps repêchés. Tout cela nous rappelle l’atroce souvenir de la tuerie de la lagune de Bè où 28 corps y ont été repêchés en Avril 1991.

     Depuis sa prise de pouvoir, il y a 58 ans, la dynastie GNASSINGBE a utilisé la répression, les assassinats, les arrestations arbitraires, les intimidations, les manipulations pour s’y maintenir. Les victimes de ces exactions se comptent aujourd’hui par milliers.

    Mais la 5ème République qu’elle tente d’imposer au forceps et par coup de bluff est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, permettant ainsi au peuple togolais de comprendre enfin qu’il est temps de mettre un terme à ce long règne chaotique qui l’étouffe. Ce que Faure GNASSINGBE n’a pas pu faire en 20 ans, ce n’est pas en décrétant le règne à vie qu’il va réussir à le faire.

    En effet, ce que Faure GNASSINGBE et les jusqu’au-boutistes autour de lui font semblant d’ignorer, c’est que leur règne a déjà pris fin. La contestation populaire en cours, lancée par des influenceurs togolais et soutenue par le peuple, avec la descente sur le terrain de jeunes courageux et déterminés, ne s’arrêtera pas.

    Plus ils chercheront à la réprimer par quelques militaires et forces de sécurité instrumentalisés et par des milices appelées en renfort, plus elle s’amplifiera jusqu’à leur chute.

    Nul ne peut résister indéfiniment à l’Esprit.

     Cette contestation populaire permet au monde entier de découvrir encore plus la face hideuse de la minorité pilleuse qui a pris le pays en otage depuis des années.

    Le parti FDR adresse ses vives félicitations à tous les compatriotes qui ont courageusement décidé de braver les dangers de la répression pour dire non à l’imposture de la 5ème République frelatée que des esprits maléfiques tentent de nous imposer.

    Il manifeste sa proximité aux personnes arrêtées, ses compassions à celles qui sont blessées et violentées et ses condoléances aux familles des victimes repêchées dans la lagune de Bè et dans le 4ème lac.

    Le parti FDR lance un vibrant appel aux dirigeants de fait de notre pays à écouter enfin le cri de détresse du peuple togolais qu’ils prétendent gouverner, en faisant cesser les violences gratuites sur les populations, en libérant les personnes arrêtées au cours des manifestations et tous les autres prisonniers politiques, en faisant ouvrir une enquête indépendante pour identifier et traduire en justice les auteurs et commanditaires des répressions qui ont entrainées des mort, en procédant à l’arrestation du militaire à la retraite qui a ouvertement fait sur les réseaux sociaux l’apologie du crime.

    Le parti FDR exhorte tous les Togolais, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, à rester mobilisés et déterminés afin de donner à notre pays un avenir plus prometteur.

     Lomé, le 28 Juin 2025 Le Président National Me Paul Dodji APEVON

  • Infrastructures, modification de la Constitution… Pourquoi ces manifestations contre le pouvoir au Togo

    Infrastructures, modification de la Constitution… Pourquoi ces manifestations contre le pouvoir au Togo

    Les Togolais sont de nouveau sortis dans la rue ce jeudi 26 juin pour protester contre le pouvoir et demander “la démission de Faure Gnassingbé”.  

    Depuis 2017, les manifestations sont rares au Togo mais la police a réprimé ce jeudi des groupes de manifestants dispersés dans la capitale Lomé. “J’ai décidé de tout fermer en soutien aux manifestations déclenchées pour libérer notre pays, car trop, c’est trop. Nous voulons le changement”, a expliqué à l’Agence France-Presse, Hélène, une commerçante du quartier de Hedzranawoé.

    Manque d’emplois, précarité des infrastructures… La colère est globale et la question des conditions de vie est au cœur de la contestation. L’état des routes est également jugé médiocre, alors que la saison des pluies commence au Togo et que les routes se retrouvent totalement inondées.

    Un autre pans de la mobilisation vient de l’augmentation du prix de l’énergie annoncée en mai. “Il y a eu +12,5% d’augmentation des frais d’électricité et les Togolais ne l’ont pas digéré. Ils sont obligés de payer cher pour un service dont ils ne bénéficient pas en termes de qualité. Parce qu’il y a beaucoup de perte d’énergie, elle n’arrive pas à destination, et ce sont des pratiques qui permettent de détourner des fonds”, expliquait à TV5Monde, au début du mois de juin, Mohamed Madi Djabakaté, politique et essayiste. 

    En conséquence, “beaucoup de services en rapport avec l’électricité ont subi des augmentations. Les Togolais ont donc compris que la politique menée a un impact concret sur leur quotidien. Selon des analyses économiques, l’augmentation du prix de l’électricité pourrait entraîner une inflation de 10% à 15% dans les mois à venir”, commentait-il.

    “Des procédures législatives opaques” 

    Dans le pays, où Faure Gnassingbé, président après avoir succédé à son père en 2005, a récemment consolidé son pouvoir grâce à une réforme constitutionnelle, les manifestations sont pourtant interdites depuis 2022. Une interdiction qui est intervenue après une attaque meurtrière au grand marché de Lomé. Les meetings eux, restent autorisés.

    Le 19 avril 2025, les parlementaires togolais ont adopté un changement de la Constitution. Désormais, pour élire le président, le suffrage universel direct n’est plus nécessaire. Autre changement: le pays est transformé en un système parlementaire où la limite de mandats présidentiels est supprimée. Elle était jusque-là fixée à deux. 

    Selon le centre d’études stratégiques de l’Afrique, Africa Center, “ce changement fondamental du système de gouvernance du Togo, qui limite les droits politiques des citoyens, n’a pas été adopté par référendum, mais par le parti au pouvoir depuis longtemps et ce, via des procédures législatives opaques.” 

    Au micro de RFI, Sambirini Targone, coordinateur de la dynamique pour la majorité du peuple au Togo, a réagi : “En violant cette Constitution, qui est la loi fondamentale du pays, on déstabilise le pays. En ce moment les populations se disputent des nourritures avariées. Quand on fait le bilan de Faure Gnassingbé, après avoir dépensé 15000 milliards de Francs CFA et une dette de 4000 milliards, qu’est-ce que l’argent a servi à faire ?”

    “Touche pas à ma Constitution”

    Jeudi 26 juin, un fort dispositif policier quadrillait plusieurs quartiers de la capitale, après la dispersion avec des gaz lacrymogènes de groupes de manifestants. 

    Début juin, des manifestations ont été lancées sur les réseaux sociaux par des influenceurs de la diaspora togolaise et des militants de la société civile pour protester contre le pouvoir. Il n’y a pas d’organisation politique leader de ce mouvement. 

    Les récentes manifestations avaient notamment été initiées par le rappeur Aamron, critique du pouvoir. Il avait été arrêté fin mai avant de réapparaître dans une vidéo le 5 juin, depuis un hôpital psychiatrique où il présentait des excuses envers Faure Gnassingbé.

    Lors des mouvements du début du mois, une cinquantaine de personnes ont été arrêtées puis libérées. Des journalistes qui couvraient les manifestations ont été brièvement interpellés et contraints par les forces de l’ordre d’effacer leurs images. 

    Un regroupement de partis politiques de l’opposition et de la société civile, le Front “Touche pas à ma Constitution”, a affirmé “condamner avec la plus grande fermeté les arrestations massives et arbitraires perpétrées les 5 et 6 juin 2025″.

    ”Ces arrestations “sont l’expression d’un pouvoir aux abois qui préfère la violence à l’écoute, la répression à l’apport de solutions aux préoccupations des citoyens”, a-t-il estimé. 

    Malgré la répression et les risques, les Togolais n’ont pas plié. De nouveaux appels à manifester ont été lancés sur les réseaux sociaux pour les prochains jours pour demander “la démission de Faure Gnassingbé”.  

    Source: https://information.tv5monde.com/afrique



  • Crédit-bail ou chaos : Pourquoi les TPME togolaises doivent sortir de l’informel maintenant ?

    Crédit-bail ou chaos : Pourquoi les TPME togolaises doivent sortir de l’informel maintenant ?

    Le monde célèbre ce vendredi 27 juin 2025, les TPME comme pilier de la résilience économique. Et le Togo se démarque par un choix de thème audacieux et chirurgical : « Crédit-bail et financement durable : un levier pour accélérer la formalisation et le financement des TPME ». A travers cette tribune, Helly GBENE, Expert en veille stratégique et CEO du Cabinet d’Ingenierie de Formation & Consulting – IF&C Togo, dont le rôle d’éclaireur stratégique est clé pour transformer le financement des TPME en outil d’émancipation, lance un appel à l’action.  Pour lui, en intégrant le crédit-bail et les solutions durables, le Togo peut impulser une vague de formalisation massive et réaliste. Ici, pas de théorie : des pistes concrètes, duplicables et humaines. 

    Sortir de l’informel sans s’endetter 

    À l’heure du chaos économique global, cette vision trace une trajectoire crédible vers un écosystème togolais robuste. Un contenu à fort impact pour tout leader d’influence.

     Le 27 juin 2025, le monde célèbre les TPME comme pilier de la résilience économique. Cette année, le Togo se démarque par un choix de thème audacieux et chirurgical : « Crédit-bail et financement durable : un levier pour accélérer la formalisation et le financement des TPME ». Enfin une prise de position claire : le financement ne doit plus être une entrave, mais un moteur.

    Car soyons directs : sans financement intelligent, sans outils adaptés, sans souplesse dans l’accès au matériel et aux services, nos TPME resteront dans l’ombre. Pire : elles risquent de s’effondrer sous le poids de dettes mal calibrées. Le crédit-bail, lui, offre une sortie de secours non toxique.

    Ce que le crédit-bail change vraiment

    Le crédit-bail (ou leasing) permet à une entreprise d’utiliser un équipement sans en payer le prix total immédiatement. C’est une révolution douce pour les TPME togolaises, surtout celles du secteur agricole, artisanal ou logistique. Un moulin, un tricycle, une machine à coudre ou un ordinateur professionnel : accessibles sans s’endetter ni hypothéquer la maison familiale.

    Mais pour cela, il faut : une réglementation claire et sécurisée ; des acteurs locaux de confiance (coopératives, banques partenaires, fintech) ; une vulgarisation massive dans toutes les langues nationales.

    Le vrai défi : formaliser par la confiance, pas par la peur

    Tant que formaliser une entreprise signifie « payer des impôts et être traqué », on tournera en rond. La formalisation doit devenir un passeport vers les opportunités. Le crédit-bail devient alors une carotte économique : seul un acteur formel peut y prétendre. C’est là que l’État joue un rôle stratégique.

    Proposition concrète :

    Chaque TPME formalisée reçoit un bonus crédit-bail automatique de démarrage.

    Les collectivités locales peuvent co-garantir les baux pour les TPME de leur zone.

    Création d’un répertoire national TPME* éligibles au crédit-bail, avec visibilité auprès des partenaires privés.

    Le financement durable : pas une mode, une nécessité

    On ne parle plus ici de crédits à la consommation ou d’endettement spéculatif. Le financement durable, c’est : orienter les fonds vers des activités viables, propres, ancrées dans le territoire ; imposer des conditions humaines et éthiques : pas d’usure, pas de clauses abusives ; prioriser les femmes, les jeunes, et les zones rurales.

    Idée forte : le Togo peut devenir leader sous-régional du leasing éthique, en lien avec la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). En structurant une plateforme publique-privée, on crée un marché local, sécurisé, et massivement inclusif.

    Ce que le Cabinet IF& C-Togo peut impulser maintenant

    Le Cabinet IF&C peut : piloter un programme de formation express “leasing + formalisation” dans les 5 régions ; proposer une cellule d’intelligence stratégique pour accompagner les institutions dans le ciblage des secteurs prioritaires ; créer une base de données dynamique TPME formalisées et prêtes au crédit-bail, utile aux banques, fonds d’impact et partenaires au développement.

    Helly GBENE et son cabinet peuvent devenir le point focal d’une réforme réussie, en articulant les besoins du terrain et la vision de long terme.

    Le moment est maintenant

    Le crédit-bail n’est pas une solution miracle. Mais c’est la meilleure arme réaliste que nous ayons aujourd’hui pour faire basculer des milliers de TPME togolaises de la précarité vers la structuration, sans violence financière.

    L’État a ouvert une brèche avec ce thème fort. C’est le devoir des acteurs stratégiques comme IF&C d’y injecter méthode, énergie, et impact.

    Car en 2026, ce qu’on attendra, ce ne sont plus des discours. Ce sont des machines livrées, des jeunes formés, des bilans solides. Et, surtout, des TPME fières, visibles, et durables.

    Source: revueinfo.tg

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