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  • AGRESSION DE JOURNALISTES : DEUX ANS APRÈS, LE SILENCE FAIT TOUJOURS ÉCRAN

    AGRESSION DE JOURNALISTES : DEUX ANS APRÈS, LE SILENCE FAIT TOUJOURS ÉCRAN

    29 septembre 2024 – 29 septembre 2026. Deux ans jour pour jour après les violences qui ont éclaté au siège de la CDPA à Lomé, des journalistes agressés attendent toujours de connaître les conclusions des procédures engagées. Matériel arraché et jeté dans un puits, violences, panique et traumatisme : les victimes affirment avoir saisi les autorités compétentes et choisi la voie de la justice. Mais deux ans plus tard, une question demeure entière : qui a fait quoi, pourquoi, et quelles suites ont été données à l’affaire ? Sans réclamer vengeance ni désigner de coupables avant enquête, les journalistes demandent que la lumière soit faite. Car lorsque ceux qui sont venus informer deviennent eux-mêmes victimes, c’est aussi la liberté de la presse qui se retrouve sur le banc des questions.

    29 septembre 2024 : deux ans après, les journalistes agressés attendent toujours des réponses
    (EMBARGO jusqu’au 29 septembre 2026)


    Quand couvrir l’actualité devient une épreuve de survie
    Tribune de journalistes victimes de l’agression du 29 septembre 2024 à Lomé, en marge de la visite du député Guy Marius Sagna


    Le 29 septembre 2024 restera dans la mémoire de plusieurs journalistes togolais comme le jour où l’exercice de notre métier nous a exposés à une violence que nous n’aurions jamais imaginé subir.


    Ce jour-là, nous étions au siège de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), à Lomé, pour couvrir une rencontre citoyenne à laquelle participait le député sénégalais et parlementaire de la CEDEAO Guy Marius Sagna, alors en séjour au Togo dans le cadre des activités du Parlement de la CEDEAO. Plusieurs responsables et acteurs politiques togolais étaient également présents.


    Pour comprendre le climat de cette journée, il faut rappeler que, quelque temps auparavant, lors d’une session des députés de la CEDEAO, Guy Marius Sagna avait vivement critiqué le régime togolais et salué le peuple togolais dans sa lutte pour l’alternance. Des propos qui n’ont pas été bien accueillis par le pouvoir.
    Nous, journalistes, n’étions là ni pour manifester, ni pour provoquer, ni pour prendre parti. Nous étions là pour informer.


    Et puis, tout a basculé


    Quelques minutes après le début de la rencontre, la situation s’est brutalement dégradée. Des individus présents dans l’assistance ont lancé des chaises et divers objets en direction de la table d’honneur. En quelques instants, la réunion a viré à la violence et à la panique.


    Guy Marius Sagna a été agressé et blessé. Des responsables politiques et d’autres participants ont également été pris à partie. Dans cette confusion, les journalistes n’ont pas été épargnés. Yvette Sossou, Godfrey Akpa, Hyacinthe Gbloedzro, Yawo Klousse, Romuald Koffi Lansou et Albert Agbeko, présents pour couvrir l’événement, ont été directement confrontés aux violences.


    Nous étions venus avec nos outils de travail. Du matériel de journalistes a été arraché, confisqué, puis jeté dans un puits. Pour nous, cette perte n’était pas seulement financière : c’était une atteinte directe à notre capacité d’exercer notre métier.


    Une scène que nous n’oublierons pas


    Ce que nous avons vécu ne se réduit pas à quelques images diffusées sur les réseaux sociaux. Il y avait la peur, la confusion, les cris, la fuite, la recherche d’une issue. Et surtout cette question qui traversait nos esprits : allons-nous sortir vivants de cet endroit ?


    Lorsqu’un journaliste venu couvrir une rencontre doit abandonner son matériel et courir se mettre à l’abri, c’est tout l’environnement professionnel de la presse qui s’en trouve gravement fragilisé. Nous avons vécu cette scène en journalistes, mais aussi en êtres humains confrontés à une violence brutale et inattendue.
    Où étaient les forces de l’ordre ?


    C’est l’une des questions qui demeurent. Nous avons vu des forces de l’ordre à proximité du lieu des violences, alors que la situation se dégradait. Elles ne sont pas intervenues pour y mettre fin.


    Cette situation soulève des interrogations légitimes. Quel était leur rôle sur place ? Avaient-elles reçu des instructions particulières ? Pourquoi ne sont-elles pas intervenues alors que les violences se déroulaient à proximité ? Dans quelles conditions la sécurité des participants et des journalistes devait-elle être assurée ?
    Ces questions appellent des réponses fondées sur une enquête sérieuse. Après les événements, les autorités avaient annoncé l’ouverture de procédures pour établir les circonstances des violences et identifier les responsables. Deux ans après, nous attendons toujours d’en connaître les résultats.


    Des « miliciens » ou des individus à identifier ?


    Dans les témoignages et réactions publiés après les faits, certains acteurs politiques et observateurs ont qualifié les agresseurs de « miliciens », de « nervis » ou de « gros bras ».


    Nous ne voulons pas nous substituer à une enquête judiciaire. Nous voulons simplement que les personnes qui ont participé aux violences soient identifiées, entendues et, si les faits sont établis à leur encontre, qu’elles répondent de leurs actes devant la justice.


    Qui étaient-elles ? Qui les avait mobilisées ? Comment ont-elles pu pénétrer sur les lieux, puis agir pendant plusieurs minutes ? Comment du matériel de journalistes a-t-il pu être confisqué puis jeté dans un puits ? Ces questions méritent des réponses fondées sur des éléments d’enquête, et non sur des suppositions.
    Nous avons porté plainte


    Dans le courant du mois d’octobre 2024, quelques jours après les faits, les journalistes victimes ont entrepris les démarches nécessaires auprès des autorités compétentes. Nous avons raconté ce que nous avions vu, indiqué ce que nous avions subi, signalé les violences et les pertes matérielles.


    Nous avons fait ce que tout citoyen victime d’une infraction est en droit de faire : saisir la justice et faire confiance aux institutions. C’est précisément parce que nous avons choisi la voie légale que nous continuons à attendre.


    Le traumatisme ne disparaît pas avec le temps


    Deux ans peuvent sembler courts pour ceux qui n’ont pas vécu la scène. Pour une victime, ils sont très longs. Une agression physique peut laisser des traces visibles, mais il existe aussi des blessures invisibles : la peur de retourner sur certains terrains, la méfiance, le souvenir des cris, des coups, de la fuite, et l’impuissance ressentie face à une situation qui échappe soudain à tout contrôle. Lorsque l’absence de réponse judiciaire se prolonge, s’y ajoute une autre souffrance : ne pas savoir si ce que l’on a subi connaîtra un jour une réponse institutionnelle.


    Nous avons perdu des téléphones, des enregistreurs, des équipements et d’autres outils indispensables à notre travail. Le matériel peut être remplacé. La confiance, beaucoup moins facilement. Comment restaurer celle d’un journaliste qui se demande désormais s’il sera protégé lorsqu’il ira sur le terrain ?
    La liberté de la presse ne se résume pas à la possibilité de publier un article. Elle suppose aussi que les journalistes puissent collecter l’information sans être agressés, menacés ou dépouillés de leurs outils de travail.


    Nous ne demandons pas une vengeance


    Nous ne demandons pas une justice de circonstance, ni que des personnes soient désignées coupables sans enquête. Nous demandons que la vérité soit établie : que les témoignages soient examinés, que les personnes impliquées soient identifiées, que les responsabilités individuelles soient déterminées, que les éventuelles défaillances dans la protection des participants soient examinées, et que les victimes soient informées de l’état d’avancement des procédures.
    C’est cela, la justice.


    Deux ans après, nous attendons toujours


    Le 29 septembre 2024, nous étions des journalistes venus couvrir une rencontre. Nous sommes repartis en victimes. Deux ans plus tard, une question demeure entière : où en sont réellement les enquêtes ?
    Cette interrogation n’est pas seulement la nôtre. Elle concerne tous ceux pour qui la liberté de la presse est un élément essentiel de la vie publique. Car lorsqu’un journaliste est agressé alors qu’il est présent pour informer, ce n’est pas seulement un individu qui est touché : c’est le droit du public à être informé qui est fragilisé.


    Nous continuerons donc à demander que toute la lumière soit faite sur les violences du 29 septembre 2024, non par esprit de revanche, mais parce qu’une société qui veut renforcer l’État de droit doit pouvoir répondre à une question aussi simple que fondamentale : qui a fait quoi, pourquoi, et quelles suites la justice a-t-elle données à ces faits ?


    Deux ans après, nous attendons toujours les réponses. Et cette attente ne doit pas être interprétée comme un oubli.


    Fait à Lomé, le 29 septembre 2026
    Ont signé :
    Romuald Koffi LANSOU, journaliste reporter, Togovision
    Yawo KLOUSSE, journaliste, directeur du site d’information afriquenligne.tg
    Kokou Godfrey AKPA, rédacteur en chef, icilome.com
    Hyacinthe Kokuvi GBLOEDZRO, rédacteur en chef, Nana FM
    Albert Akouété AGBEKO, journaliste, directeur de publication du site d’information Togo Scoop Info
    Yvette SOSSOU, journaliste, La Dépêche et Canal D

  • Togo : deux réalisateurs français autorisés à quitter le territoire après leur détention

    Togo : deux réalisateurs français autorisés à quitter le territoire après leur détention

    Arrêtés le 27 juillet dernier au Togo, les réalisateurs français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani ont obtenu une mise en liberté provisoire, assortie d’une autorisation de quitter le pays. Une décision annoncée jeudi 3 septembre par le Quai d’Orsay.

    Le dossier connaît un dénouement qui apporte un « grand soulagement » aux proches des deux réalisateurs français détenus au Togo depuis fin juillet. Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani ont été placés en liberté provisoire le 1er septembre, avec l’autorisation de quitter le territoire togolais, a annoncé jeudi le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères.

    « Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, réalisateurs arrêtés au Togo le 27 juillet 2026, se sont vus signifier une décision de mise en liberté provisoire le 1er septembre, avec autorisation de quitter le territoire », a indiqué le Quai d’Orsay dans un communiqué. Une source diplomatique française a précisé qu’ils devaient regagner la France « dans les prochaines heures ».

    « C’est un grand soulagement pour leurs proches et le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, qui s’est pleinement mobilisé pour ce dénouement », a ajouté cette même source.

    Une arrestation lors d’un tournage

    Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani avaient été arrêtés le 27 juillet dans le nord du Togo alors qu’ils réalisaient un épisode de Les routes de l’impossible, une série documentaire diffusée sur France Télévisions. Leur collaborateur togolais, Fred Vedomey, avait également été interpellé. Les trois hommes avaient ensuite été placés en détention à Lomé.

    En août, Sebastian Perez Pezzani avait bénéficié d’une remise en liberté sous contrôle judiciaire, notamment pour lui permettre de suivre des soins médicaux à Lomé. Son passeport avait toutefois été confisqué.

    Mardi soir, plusieurs médias togolais avaient rapporté que Gaël Mocaër et Fred Vedomey avaient également obtenu une liberté provisoire. Leur avocat, Me Martial Akakpo, avait confirmé cette information à l’AFP mercredi.

    Des accusations contestées

    Les trois hommes sont poursuivis par la justice togolaise pour « fausses déclarations », des accusations qu’ils contestent. Fin août, les autorités togolaises avaient indiqué que la justice disposait « d’indices graves » à leur encontre.

    Lomé leur reproche notamment « plusieurs irrégularités dans la préparation et l’exécution » de leur mission, ainsi que l’absence d’autorisations jugées nécessaires pour certaines activités. La société de production des réalisateurs affirme, de son côté, que l’équipe était en règle.

    L’utilisation d’un drone figure également parmi les éléments évoqués par les autorités togolaises, notamment dans le nord du pays, une zone confrontée depuis plusieurs années à une situation sécuritaire tendue.

    Depuis 2021, l’extrême nord du Togo est régulièrement confronté à des incursions de groupes jihadistes opérant depuis le Burkina Faso voisin. Ce contexte sécuritaire explique notamment la sensibilité particulière des activités de tournage et de prise de vues dans certaines zones du pays.

    La décision de mise en liberté provisoire permet désormais aux deux réalisateurs français de quitter le Togo, tandis que la procédure judiciaire engagée contre eux demeure distincte de cette mesure.

  • Journalistes du privé : le SYNJIT dénonce une précarité alarmante

    Journalistes du privé : le SYNJIT dénonce une précarité alarmante

    À l’occasion de ses 15 ans, le SYNJIT dresse un constat préoccupant sur les conditions sociales des journalistes du secteur privé et réclame des réformes urgentes.

    Précarité

    Créé le 27 août 2011, le Syndicat national des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) célèbre ses 15 ans sur fond d’inquiétude. Dans une déclaration rendue publique à Lomé, le syndicat estime que le journalisme privé togolais traverse une « asphyxie sociale », quatre ans après la signature de la Convention collective des journalistes, le 14 octobre 2022.

    Cette alerte s’appuie sur une enquête menée entre avril et mai auprès de 69 journalistes du secteur privé. Selon les résultats présentés par le SYNJIT, 91,3 % des professionnels interrogés gagnent moins de 100 000 FCFA par mois, tandis que 49,3 % disposent de moins de 50 000 FCFA. Par ailleurs, 60,9 % travaillent sous CDD, à la pige, en stage ou dans le bénévolat prolongé.

    Le syndicat relève également l’absence de protection sociale pour plus de la moitié des journalistes interrogés et des retards ou irrégularités de paiement pour près de 38 % d’entre eux.

    Mesures urgentes

    La situation préoccupe particulièrement le syndicat quant à l’avenir de la profession. Selon l’enquête, 78,3 % des journalistes déclarent ne pas pouvoir exercer ce métier jusqu’à la retraite. Le SYNJIT évoque ainsi une fuite des talents et une satisfaction professionnelle très faible, évaluée à 1,26 sur 5.

    Face à cette situation, le syndicat appelle à une réforme sociale immédiate et réclame l’application stricte de la Convention collective, la fixation d’un salaire plancher professionnel, ainsi que le conditionnement de l’aide publique aux médias au respect des obligations sociales, notamment la déclaration à la CNSS et la régularité des salaires. Il demande également un encadrement juridique des stages afin de lutter contre le bénévolat déguisé.

    Pour ses 15 ans, le SYNJIT dit vouloir rester mobilisé pour la défense de la dignité et des droits des journalistes du secteur privé.

  • IA: ReJAH-AOS mise sur des journalistes agricoles mieux outillés

    IA: ReJAH-AOS mise sur des journalistes agricoles mieux outillés

    À Lomé, des journalistes agricoles ouest-africains renforcent leurs compétences pour mieux couvrir les enjeux du secteur à l’ère de l’intelligence artificielle.

    Nouveaux défis

    Le Réseau des journalistes pour la promotion des systèmes agro-sylvio-pastoraux et halieutiques en Afrique de l’Ouest et du Sahel (ReJAH-AOS) réunit, depuis mercredi 26 août 2026 à Lomé, des journalistes agricoles venus de plusieurs pays de la sous-région. Organisé sur deux jours, l’atelier porte sur le thème : « L’information agricole à l’ère de l’Intelligence Artificielle ».

    Les travaux ont été officiellement ouverts par André Affanou, représentant du ministre de la Communication, en présence de Gilles Essonana Podjolé, président du ReJAH-AOS, et d’Adrian Bell, secrétaire général de l’International Federation of Agriculture Journalists (IFAJ).

    Pour le président du ReJAH-AOS, l’objectif est de renforcer les capacités des professionnels des médias afin qu’ils puissent mieux contribuer aux défis du développement africain. L’initiative ambitionne également de favoriser un espace médiatique régional consacré notamment à l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’aquaculture, les forêts, la nutrition et le changement climatique.

    Rigueur et responsabilité

    À travers cette formation, le ReJAH-AOS entend promouvoir une information agricole crédible, scientifique et accessible, tout en valorisant les innovations africaines et les savoirs endogènes. Le réseau souhaite également rapprocher médias, chercheurs, producteurs et décideurs.

    Pour André Affanou, l’enjeu est surtout d’apprendre à utiliser l’intelligence artificielle de manière responsable. « La véritable question est donc de savoir comment l’utiliser, avec quelles règles, quelles vérifications et quelle conscience de responsabilité professionnelle », a-t-il souligné.

    Même exigence du côté d’Adrian Bell. Le secrétaire général de l’IFAJ insiste sur l’importance, pour les journalistes agricoles, d’avoir accès à des informations fiables, aux ressources nécessaires et à des formations adaptées.

    L’atelier de Lomé se veut ainsi une étape vers une meilleure professionnalisation du journalisme agricole ouest-africain, dans un contexte où l’IA transforme rapidement les méthodes de production et de traitement de l’information.

  • Journalistes togolais : le SYNJIT veut briser le silence syndical

    Journalistes togolais : le SYNJIT veut briser le silence syndical

    Entre précarité professionnelle et pressions éditoriales, le Syndicat des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) veut relancer la mobilisation autour de la défense des intérêts des professionnels des médias.

    Au Togo, les conditions d’exercice du métier de journaliste restent marquées par de nombreuses difficultés. Précarité professionnelle, horaires de travail contraignants et injonctions éditoriales constituent encore le quotidien de nombreux professionnels des médias. Face à cette situation, la question de l’engagement syndical apparaît pourtant comme un autre défi.

    Le constat est paradoxal : alors que les journalistes sont confrontés à des enjeux qui touchent directement à leurs conditions de travail et à l’exercice de leur profession, la mobilisation syndicale peine à susciter un véritable engouement. Une indifférence qui, selon le SYNJIT, appelle désormais à une prise de conscience collective.

    C’est dans cette perspective que le syndicat organise un webinaire consacré à la remobilisation de ses membres et, plus largement, des professionnels du secteur. L’initiative entend notamment s’adapter aux réalités professionnelles des journalistes, souvent retenus par leurs obligations et leurs horaires de travail.

    Replacer la solidarité au cœur du combat syndical

    Prévu le vendredi 21 août 2026 à 13 heures GMT, le webinaire portera sur le thème : « Au cœur des défis : réengagement, solidarité, remobilisation. Ensemble pour un SYNJIT fort ».

    À travers cette rencontre en ligne, le SYNJIT souhaite ouvrir un espace d’échanges autour des difficultés rencontrées par les journalistes, mais aussi réfléchir aux moyens de renforcer la solidarité professionnelle et l’engagement syndical.

    L’enjeu dépasse ainsi la seule organisation syndicale. Il s’agit, pour ses initiateurs, de rappeler que l’amélioration des conditions de travail et la défense des droits des journalistes passent également par une mobilisation collective.

    En tendant la main à ceux qui vivent au rythme du micro et de la plume, le SYNJIT entend donc provoquer un sursaut. Le webinaire se veut une occasion de renouer le dialogue, de susciter l’engagement et de construire, ensemble, un syndicat davantage capable de porter les préoccupations des professionnels des médias.

  • Deux journalistes français détenus au Togo : les faits à retenir

    Deux journalistes français détenus au Togo : les faits à retenir

    Arrêtés le 27 juillet alors qu’ils réalisaient un reportage dans le nord du Togo, deux journalistes français sont depuis détenus à Lomé dans le cadre d’une information judiciaire.

    L’affaire n’a été rendue publique que plusieurs semaines après leur interpellation. Sébastien Perez-Pezzani et Gaël Mocaër, deux réalisateurs français travaillant pour la société de production Tony Comiti, ont été arrêtés le 27 juillet 2026 dans le nord du Togo. Ils y réalisaient un épisode de l’émission documentaire Les Routes de l’impossible, diffusée sur France Télévisions.

    Après leur interpellation, les deux hommes ont été transférés à Lomé. Ils ont ensuite été placés sous mandat de dépôt le 17 août, après leur présentation devant la justice togolaise. Le Quai d’Orsay a confirmé leur détention le 18 août, précisant qu’ils font l’objet d’une information judiciaire conduite par un juge d’instruction.

    Un dossier encore entouré de zones d’ombre

    Les circonstances précises de leur arrestation et les charges retenues à leur encontre restent partiellement inconnues. Plusieurs médias togolais évoquent notamment un problème lié à leur visa. Selon ces informations, les deux Français auraient utilisé un visa touristique alors qu’ils exerçaient une activité professionnelle de tournage. Cette version n’a toutefois pas été officiellement détaillée par les autorités judiciaires togolaises.

    D’autres allégations, notamment celles faisant état d’une possible demande d’extradition du journaliste togolais Ferdinand Ayité depuis la France, circulent également. Elles n’ont, à ce stade, été confirmées ni par Lomé ni par Paris.

    Paris suit la situation

    Le ministère français des Affaires étrangères indique que ses services à Paris et à Lomé sont mobilisés pour suivre leurs conditions de détention, leur état de santé et le respect de leurs droits de défense. Les deux détenus ont déjà reçu trois visites consulaires.

    Pour l’heure, la justice togolaise poursuit son instruction et les contours exacts du dossier demeurent à préciser.

  • Nuit des femmes des médias : le combat pour une voix féminine plus forte

    Nuit des femmes des médias : le combat pour une voix féminine plus forte

    À travers la première édition de la Nuit des femmes des médias, l’AFPM-Togo veut donner davantage de visibilité aux professionnelles et encourager une présence féminine accrue dans les médias.

    Le temps d’une journée, le siège du Forum des organisations de défense des droits de l’enfant au Togo (FODDET), à Adidoadin, a pris les allures d’une rédaction à ciel ouvert. Studios de radio, conférences de rédaction, expositions de journaux, panels et échanges avec le public se sont succédé dans le cadre de la première édition de la Nuit des femmes des médias.

    Organisée par l’Association des femmes professionnelles des médias du Togo (AFPM-Togo), l’initiative placée sous le thème « Ensemble pour plus d’impacts » entend mettre en lumière les parcours et les contributions des femmes dans un secteur où leur présence demeure encore limitée.

    Une bataille pour la représentativité

    Les chiffres présentés à l’occasion de la rencontre illustrent l’ampleur du défi. Selon une enquête de l’Observatoire togolais des médias (OTM), les femmes représentent environ 24 % des effectifs dans les médias publics et 26 % dans les médias privés.

    Une progression existe, mais elle reste insuffisante, notamment dans les postes de responsabilité et les espaces où se construit l’opinion publique. Pour les organisatrices, l’objectif n’est donc plus seulement de faire entrer davantage de femmes dans les rédactions, mais de leur permettre d’occuper pleinement leur place.

    Elisabeth Apampa, présidente de l’AFPM-Togo, souhaite notamment susciter des vocations chez les jeunes filles. L’association entend se rendre dans les établissements scolaires et universitaires afin de présenter les multiples débouchés offerts par le secteur.

    Des expertes à faire entendre

    La spécialisation apparaît également comme un levier d’émancipation professionnelle. Politique, économie, culture, sport ou questions sociales : les femmes sont invitées à investir tous les champs du journalisme.

    L’AFPM-Togo appelle également les médias à diversifier leurs plateaux. Les femmes expertes doivent pouvoir intervenir davantage dans les débats et émissions afin que leur expertise participe pleinement à la construction du débat public.

    Pour Nadège Adiki, journaliste à AfrikElles, la solidarité entre professionnelles constitue un autre levier essentiel. Les réseaux sociaux peuvent notamment faciliter les échanges, le partage d’expériences et la mise en valeur des productions féminines.

    La journée s’est achevée par une cérémonie à l’Hôtel Concorde, où une quinzaine de femmes de médias, issues de différentes générations, ont été distinguées.

    Avec cette initiative, l’AFPM-Togo entend inscrire la promotion des femmes dans les médias dans la durée. Car au-delà du nombre, le véritable enjeu demeure désormais celui de la visibilité, de l’expertise, des responsabilités et de l’influence.

  • Evala : quand les “likes” montent sur le ring des médias

    Evala : quand les “likes” montent sur le ring des médias

    À Kara, les lutteurs ne sont pas les seuls à se mesurer dans l’arène. Cette année, une autre bataille fait rage : celle qui oppose le journalisme… aux filtres et aux likes.

    Pendant que les champions des Evala s’affrontent dans les arènes, une lutte d’un tout autre genre anime les coulisses de la fête traditionnelle. Selon le Patronat de la presse togolaise (PPT), des badges estampillés « Média » auraient été distribués à des influenceurs et créateurs de contenus, au grand dam des professionnels de l’information.

    Le constat a de quoi faire sourire… avant de faire réfléchir. Car à ce rythme, un smartphone bien chargé, deux millions de vues et une danse virale suffiraient presque à remplacer une rédaction, une carte de presse et quelques années de déontologie.

    La chasse aux “likes” remplace-t-elle la chasse à l’information ?

    Le communiqué du PPT dénonce une confusion entretenue entre deux métiers qui n’ont pourtant pas le même objectif. Le journaliste vérifie, recoupe, contextualise et assume la responsabilité de ce qu’il publie. L’influenceur, lui, cherche avant tout à capter l’attention de sa communauté, quitte à privilégier l’émotion ou le spectaculaire.

    Les deux univers peuvent coexister. Mais les mélanger reviendrait à confondre un arbitre avec un supporter : tous deux aiment le football, mais ils ne jouent pas le même rôle.

    Badge “Média” : attention au hors-jeu

    En attribuant indistinctement le précieux sésame, les organisateurs prennent le risque d’entretenir une ambiguïté que le PPT juge préjudiciable à la profession. Demain, faudra-t-il remettre un stéthoscope à tout influenceur santé ou une toque de chef à chaque critique gastronomique ?

    L’humour mis à part, le débat est sérieux. Les réseaux sociaux ont bouleversé la circulation de l’information, mais ils n’ont pas aboli les règles du journalisme.

    Aux Evala, les lutteurs savent qu’il existe des catégories bien définies. Peut-être est-il temps que les badges suivent la même logique : un pour les médias, un autre pour les créateurs de contenus. Ainsi, chacun restera dans son arène… sans tenter un plaquage sur la crédibilité de l’autre.

  • Ekina arme les médias pour défendre les femmes

    Ekina arme les médias pour défendre les femmes

    Vingt-cinq journalistes ont été outillés pour promouvoir une couverture médiatique plus respectueuse des droits des femmes.

    À travers son projet « Comprendre et défendre les droits des femmes dans les médias au Togo », l’Association Ekina, en partenariat avec son webmagazine EkinaMag et avec le soutien du Fonds Pananetugri, entend renforcer l’engagement des professionnels des médias en faveur de l’égalité de genre. Les 25 et 26 juin 2026, vingt-cinq journalistes issus de différents organes de presse togolais, en majorité des femmes, ont participé à un atelier de formation consacré aux droits des femmes et à leur traitement dans les médias.

    L’objectif était de permettre aux participants de mieux maîtriser les cadres juridiques nationaux, régionaux et internationaux relatifs à la protection des droits des femmes afin de favoriser une information plus équilibrée, inclusive et fondée sur les droits humains.

    Durant les deux jours de travaux, les journalistes ont approfondi leurs connaissances sur les principes de l’égalité de genre, le cadre juridique togolais ainsi que plusieurs instruments internationaux de référence, notamment le Protocole de Maputo, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF/CEDAW), la Résolution 1325 des Nations Unies et l’Objectif de développement durable n°5 consacré à l’égalité entre les sexes.

    Les échanges ont également porté sur la responsabilité des médias dans la promotion des droits des femmes et sur les techniques de production de contenus journalistiques sensibles au genre. Les sessions ont été animées par plusieurs experts, dont André Kangni Afanou, Andréa Aziabou et Joseph Atchali, aux côtés de membres de l’équipe Ekina.

    À l’issue de cette première phase, douze femmes journalistes seront retenues pour intégrer le programme « Ambassadrices Genre dans les Médias ». Elles bénéficieront d’un accompagnement éditorial, d’un mentorat et d’un appui à la production de contenus dédiés aux droits des femmes.

    L’initiative a bénéficié du soutien de plusieurs institutions publiques et organisations professionnelles de la presse, traduisant une volonté commune de bâtir des médias togolais plus inclusifs, plus responsables et pleinement engagés dans la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes.

  • À 15 ans, le SYNJIT lance la reconquête de ses membres

    À 15 ans, le SYNJIT lance la reconquête de ses membres

    À l’aube de ses 15 ans, le SYNJIT accélère sa modernisation et mobilise ses adhérents.

    À l’approche de la célébration de son 15ᵉ anniversaire, prévue en août 2026, le Syndicat National des Journalistes Indépendants du Togo (SYNJIT) engage une nouvelle phase de sa restructuration. L’organisation annonce le lancement imminent de la confection et de la distribution de nouvelles cartes de membres modernisées, une initiative qui marque sa volonté de renforcer son fonctionnement interne et de consolider son identité syndicale.

    Première organisation syndicale créée au sein de la presse privée togolaise, le SYNJIT entend faire de cet anniversaire un tournant dans son histoire. La nouvelle carte de membre, proposée au tarif de 2 500 FCFA, permettra essentiellement de couvrir les frais de fabrication. Au-delà de son aspect pratique, elle symbolise la modernisation du syndicat et son ambition de mieux fédérer les journalistes indépendants autour d’un projet commun.

    Dans le même élan, le bureau exécutif invite les adhérents à régulariser leurs cotisations annuelles, fixées à 6 000 FCFA. Cette contribution est présentée comme un levier indispensable pour financer les activités prévues dans le cadre du plan d’action stratégique adopté par l’organisation.

    Selon les responsables du SYNJIT, ce programme vise avant tout à relancer la mobilisation syndicale et à intensifier les actions en faveur de l’amélioration des conditions de vie et de travail des professionnels des médias du secteur privé. Ces derniers continuent d’évoluer dans un environnement marqué par la précarité de l’emploi, les faibles rémunérations et des conditions d’exercice souvent difficiles.

    À quinze ans de son existence, le SYNJIT réaffirme ainsi sa détermination à défendre les droits et les intérêts des journalistes indépendants. À travers cette campagne de renouvellement des cartes de membres et de mobilisation des cotisations, le syndicat entend renforcer la cohésion de ses adhérents et se doter de moyens supplémentaires pour poursuivre son combat en faveur d’une presse privée plus forte, mieux organisée et davantage respectée au Togo.

Radio Renouveau228

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