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  • Togo: Faure Gnassingbé promet un changement de culture politique et une “nouvelle ère institutionnelle”

    Togo: Faure Gnassingbé promet un changement de culture politique et une “nouvelle ère institutionnelle”

    Faure Gnassingbé s’est exprimé pour la première fois, ce mardi 2 décembre, sur la politique nationale depuis le passage du Togo à la 5e République et l’instauration d’un régime parlementaire. Devant le Parlement réuni en Congrès à Lomé, il a évoqué les enjeux de cohésion nationale, de stratégie à l’internationale et du sort des prisonniers.

    Dans un discours passionné devant un parlement acquis à sa cause, Faure Gnassingbé a dévoilé les grandes lignes de sa nouvelle gouvernance, promettant un changement radical de la culture politique au Togo. Il s’agissait de sa première intervention en tant que président du Conseil devant le Parlement réuni en Congrès, ce mardi 2 décembre à Lomé.

    Ce discours marque une étape cruciale dans l’acceptation de son nouveau régime parlementaire. Son objectif était d’introduire une “nouvelle ère institutionnelle”, fondée sur la Constitution récemment entrée en vigueur. Faure Gnassingbé a structuré son programme autour de trois axes principaux: la protection des citoyens, la souveraineté nationale et le rayonnement diplomatique.

    “Rassembler implique de dépasser les clivages politiques“

    Le président du Conseil a mis l’accent sur des enjeux de stabilité politique et des institutions. “Rassembler implique de dépasser les clivages politiques“, a-t-il affirmé. Avant d’ajouter que l’opposition est “une voix nécessaire, une vigie utile, une force de proposition” dans cette République parlementaire. “Mon gouvernement tendra la main à toutes les forces représentées dans cette Assemblée et au Sénat“, a insisté Faure Gnassingbé.

    Bien que son discours n’ait pas comporté d’annonces concrètes, le président du Conseil a donné des directives claires sur la manière de faire face aux menaces djihadistes, notamment dans le nord du pays. Faure Gnassingbé a récemment renforcé ses alliances internationales, comme en témoigne sa visite en Russie où des accords de défense ont été signés.

    Cohésion nationale et mesures pour les prisonniers

    Le président a également insisté sur l’importance de la souveraineté du Togo et de la nécessité d’une voix africaine forte, à l’approche du sommet panafricain de Lomé. “Cette projection extérieure n’est pas déconnectée des réalités intérieures. Elle vise au contraire à soutenir les objectifs nationaux de développement et à mieux valoriser la jeunesse comme la diaspora.”

    Aussi porté sur l’équité territoriale, Faure Gnassingbé a déclaré qu’il tenait à ce que tous les Togolais puissent bénéficier d’un accès à l’eau, à l’éducation, à la santé, à la sécurité et à l’énergie. Il a assuré que cela serait possible grâce à la décentralisation, qui permettra le renfort des instances locales.

    “Une société forte ne se construit ni dans la faiblesse, ni dans la vengeance, mais dans l’équilibre entre justice, humanité et responsabilité.”

    La cohésion nationale a aussi été un pilier de son discours, dans un contexte où le mouvement du 6 juin appelle à manifester le 8 décembre. “Une société forte ne se construit ni dans la faiblesse, ni dans la vengeance, mais dans l’équilibre entre justice, humanité et responsabilité”, a-t-il affirmé alors qu’une partie de la société civile demande la liberation de personnes arrêtées lors des manifestations de mai et juin dernier, dont une trentaine a entamé une grève de la faim.

    Faure Gnassingbé a évoqué la possibilité de mesures de grâce pour les prisonniers, sans préciser si cela inclurait ces détenus politiques. Cette question reste en suspens et pourrait être un test pour la nouvelle gouvernance en termes de droits de l’homme et de réconciliation nationale.

    Source: information.tv5monde.com/afrique

  • A Lomé, au Togo, la marine militaire russe a désormais un accès privilégié au port

    A Lomé, au Togo, la marine militaire russe a désormais un accès privilégié au port

    Un nouvel accord bilatéral entre la Russie et le Togo, ratifié le 25 octobre, prévoit la formation de l’armée togolaise par le ministère russe de la défense, le partage de renseignements et la tenue d’exercices militaires conjoints.

    Il ne l’avait pas accueilli en Russie depuis 2019. C’est tout sourire que Vladimir Poutine a reçu, mercredi 19 novembre, Faure Gnassingbé, le président du conseil togolais, sous les ors du Kremlin. Symbole de leur bonne entente et du rapprochement entre leurs deux pays : l’annonce de la réouverture prochaine de leurs ambassades à Lomé et Moscou, respectivement fermées depuis 1992 et 1999.

    Durant leur entretien, le président russe et son hôte togolais ont évoqué leur partenariat en matière commerciale, énergétique ou encore agricole. Mais c’est surtout sur le plan militaire qu’ils ont fait avancer leur relation. Vladimir Poutine et Faure Gnassingbé ont en effet validé un nouvel accord bilatéral en la matière, annoncé au printemps et ratifié, le 25 octobre, par la Douma, le Parlement russe.

    Ce texte, qui prévoit la formation de l’armée togolaise par le ministère russe de la défense, mais aussi le partage de renseignements ou encore la tenue d’exercices militaires conjoints, indique que les deux pays pourront utiliser leurs ports militaires respectifs. Un joli coup pour la Russie qui obtient de cette façon un nouvel ancrage dans le golfe de Guinée, où ses navires de guerre et ses avions militaires pourront désormais faire escale et donc se positionner à l’intersection des principales routes maritimes reliant…

    La suite de l’article sur lemonde.fr/afrique


  • Togo: Faure Gnassingbé en visite officielle en Russie, une première depuis six ans

    Togo: Faure Gnassingbé en visite officielle en Russie, une première depuis six ans

    Le président du Conseil togolais doit rencontrer le président russe Vladimir Poutine à Moscou, ce mercredi 19 novembre. Au programme des discussions entre les deux dirigeants qui entretiennent de bonnes relations depuis longtemps : la « paix et de la sécurité régionales », mais aussi des questions très diverses qui vont de la sécurité alimentaire à l’énergie en passant par le commerce et l’agriculture.

    Ce sera leur premier entretien en tête-à-tête depuis 2019 : le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, doit rencontrer le président russe à Moscou, mercredi 19 novembre. Une visite officielle à l’invitation de Vladimir Poutine qui s’inscrit « dans la continuité des consultations menées ces derniers mois avec plusieurs partenaires internationaux », selon le communiqué publié à Lomé.

    Au programme des discussions : des échanges autour de la « paix et de la sécurité régionales », mais aussi sur des questions très diverses : sécurité alimentaire, commerce, agriculture ou encore énergie. « Le Togo est dans une logique de diversification de ses partenariats, il faut banaliser » cette visite, estime une source proche du pouvoir togolais qui poursuit : « Il est nécessaire de discuter avec tous les grands acteurs mondiaux, comme par exemple Washington, Paris, et Moscou ».

    Alors que, de son côté, l’agence russe Tass cite le Togo parmi les pays où la Russie prévoit d’ouvrir une ambassade, « la proximité entre Lomé et Moscou n’est pas nouvelle », rappelle un spécialiste des relations Russie-Afrique. En témoigne également un accord de coopération militaire signé cette année entre les deux pays qui prévoit notamment formation et exercices militaires, ce qui conduit ce dernier à s’interroger sur la possibilité d’un rapprochement encore plus fort entre les deux pays. Un rapprochement qui passerait, notamment, par une présence de l’Africa Corps au Togo… Mais à l’évocation de cette idée, la source proche du pouvoir à Lomé contactée par RFI affirme sans équivoque que le pays n’a pas besoin de cela.

    Source: rfi.fr/fr

  • Le Togo se dote d’un nouveau gouvernement après cinq mois d’attente, la plupart des ministres sont reconduits

    Le Togo se dote d’un nouveau gouvernement après cinq mois d’attente, la plupart des ministres sont reconduits

    Depuis l’intronisation de Faure Gnassingbé dans ses nouvelles fonctions de président du conseil, en mai, le gouvernement démissionnaire gérait les affaires courantes.

    Le Togo a un nouveau gouvernement : cinq mois après la démission de l’ancienne équipe, la plupart des ministres sortants ont été reconduits dans leurs fonctions, mercredi 8 octobre, sous la houlette du président du conseil, Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005.

    Le pays a connu en juin et juillet une série de manifestations critiques du pouvoir dans la capitale, Lomé, lors desquelles sept personnes ont été tuées, selon des organisations de la société civile. Parmi les récriminations des manifestants figurait la réforme constitutionnelle adoptée en 2024, qui permet à Faure Gnassingbé, 59 ans, d’être désigné président du conseil et de rester au pouvoir sans limite de mandat, le poste de président de la République devenant honorifique. Le gouvernement avait démissionné le 2 mai, à la veille de l’intronisation de M. Gnassingbé dans ses nouvelles fonctions, et gérait depuis les affaires courantes.

    Mercredi soir, le secrétaire général du gouvernement, Stanislas Baba, a annoncé la composition de la nouvelle équipe d’une trentaine de ministres. Les piliers du régime de Faure Gnassingbé sont reconduits, à commencer par Gilbert Bawara, l’un de ses proches, qui passe du portefeuille de la réforme du service public à celui des relations avec le Parlement et les institutions. Le ministre des affaires étrangères, Robert Dussey, connu pour ses récentes prises de position panafricanistes et anti-impérialistes, reste en poste, tout comme le ministre de la sécurité, Calixte Batossie Madjoulba.

    Les appels à manifester se sont calmés ces dernières semaines au Togo. En septembre, l’ancienne ministre des armées, Marguerite Gnakadè, par ailleurs belle-sœur de Faure Gnassingbé, a été arrêtée et inculpée pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat, trouble aggravé à l’ordre public et incitation de l’armée à la révolte ». Elle avait notamment appelé à la démission de M. Gnassingbé.

    Avec AFP


  • Togo: vingt ans, et après ?

    Togo: vingt ans, et après ?

    En Afrique de l’Ouest, hormis les régimes putschistes, il était un des rares à refuser la limitation (à deux) des mandats présidentiels. Pour continuer à diriger indéfiniment, sans passer pour le mouton noir du groupe, il a opéré un réaménagement cosmétique de la Constitution. À présent, ses adversaires attaquent ses résultats.

    Sous prétexte qu’il a échoué sur tous les plans, Faure Gnassingbé a été, ce 12 juin, sommé de démissionner, par l’opposition et la société civile. Cette injonction a-t-elle quelque chance d’être entendue par le dirigeant togolais ?

    Ce serait un miracle. Mais, comment reprocher à un peuple qui ne croit plus au pouvoir du bulletin de vote d’espérer un signe du ciel ? De la possibilité d’éconduire Faure Gnassingbé par les urnes, les Togolais, depuis longtemps, ont fait leur deuil. Il ne sait pas perdre ! Après tout, la réforme constitutionnelle contre laquelle protestaient les jeunes arrêtés la semaine dernière visait à perpétuer son bail aux commandes du Togo, en s’épargnant les accusations de mandats sans nombre. Ce serait véritablement un miracle, si, après toutes ces contorsions, il démissionnait, à la suite d’une simple injonction d’opposant. Tout comme il serait illusoire d’espérer le voir abandonner, par fierté, à cause de l’allusion à son bilan peu glorieux.

    Manque de légitimité, carences de la gouvernance, échec sur le plan économique, incapacité à offrir un modèle exemplaire aux jeunes générations… Le tableau dépeint par le professeur David Dosseh pour exiger sa démission est accablant. S’accrocher au pouvoir avec un tel bilan, corroboré, en plus, par certains membres de son propre camp, relève des motivations impénétrables. Il faut du courage, beaucoup de courage, pour renoncer au pouvoir.

    Peut-être croit-il que les opposants sont juste de mauvaise foi, et que ses anciens partisans sont aigris…

    Au-delà des opposants et des déçus de son propre camp, Faure Gnassingbé a un problème plus grave, qui est sous les yeux de tous : les performances plutôt étincelantes des pays voisins. Oublions le Burkina Faso, qui a ses problèmes, en plus d’être un pays enclavé, tributaire des États côtiers pour ses exportations et importations. À l’est, le Bénin, sur qui le Togo avait, dans les années 70 et 80, une avance certaine, accrue par les ravages de la Révolution marxiste, sous Mathieu Kérékou. Même les lycéens et collégiens béninois préféraient, à l’époque, aller terminer leurs études secondaires au Togo ou même plus loin. Après la Conférence nationale de 1990, le pays s’est relevé, progressivement. Mais, ces neuf dernières années, le Bénin s’est construit avec méthode, dans une modernité qui s’étend à tout le territoire national, pas seulement à  Cotonou et à Porto-Novo.

    D’aucuns évaluent, aujourd’hui, à un bon quart de siècle le retard qu’accuse le Togo par rapport au Bénin. Qui a, lui aussi, ses problèmes politiques. Mais, même ses plus féroces détracteurs reconnaissent à Patrice Talon d’œuvrer au mieux-être du Bénin et des Béninois. Rien à voir avec ce qu’une ancienne ministre des Armées, membre du clan au pouvoir à Lomé, qualifie de petits projets aux objectifs inavouables, vantés par une propagande dont l’unique finalité est la conservation de pouvoir.

    À l’ouest du Togo, le Ghana, on l’a souvent dit ici, rayonne plutôt. Est-ce bien cela ?

    Plus que jamais ! Un diplomate angolais, devenu ensuite ministre, raconte que dans les années 80, en poste à Accra, ils allaient, en fin de semaine, faire leurs courses et se détendre à Lomé. Aujourd’hui, lorsqu’ils ont besoin de détente, les Togolais qui en ont les moyens vont en villégiature au Ghana. Qui a, lui aussi, ses problèmes, mais avance de manière irréversible. On pourrait même poursuivre le voyage un peu plus loin, à l’ouest du Ghana, avec la Côte d’Ivoire, qui continue de se construire et d’impressionner.

    Il se trouve que les Togolais visitent ces États voisins, et n’ont donc nullement besoin de mauvaise foi pour constater que leur Togo, dans ce voisinage, est d’une anormalité d’autant plus triste que Faure Gnassingbé, arrivé au pouvoir à moins de 40 ans, aurait dû brûler, plus que tous, d’envie de très bien faire. S’accrocher au pouvoir n’est tolérable que si on s’applique, au moins, à faire le bonheur de son peuple. Mais toute boulimie de longévité au pouvoir qui se nourrit du mépris de ceux dont on accapare ainsi le destin est, au regard de l’Histoire, doublement coupable.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 15 juillet 2025 sur RFI

  • Togo : quelles sont les causes de la contestation citoyenne ?

    Togo : quelles sont les causes de la contestation citoyenne ?

    Le 6 juin, jour d’anniversaire du président Faure Gnassingbé, des Togolais ont bravé l’interdiction de manifester pour se retrouver dans les rues de Lomé. D’où vient la contestation ? Entretien avec Mohamed Madi Djabakaté, politologue et essayiste. 

    Mohamed Madi Djabakaté, vous êtes politologue et essayiste au Togo. Quelle est la situation sur place ? 

    Mohamed Madi Djabakaté,  politologue et essayiste : Il y a eu une montée d’adrénaline dans la nuit du 5 au 6 juin, les gens ont cru qu’ils allaient pouvoir manifester sans répression. Malheureusement ça n’a pas été le cas, mais ce 6 juin est un premier acte, il marque une rupture avec la peur. 

    Dans la rue, ce n’étaient pas que des leaders politiques classiques, mais aussi des Togolais ordinaires qui se sont retrouvés face à un système qui fait tout pour imposer le silence. Cette répression amène les gens à se dire : il faut parler, il faut agir, mais comment ? 

    Pourquoi parler de rupture ? 

    Mohamed Madi Djabakaté,  politologue et essayiste : Parce que la contestation a toujours été faite par la classe politique de l’opposition. Alors que cette fois, ce sont des gens issus de la société civile qui ont le courage de parler et de dénoncer. Que ce soit à Lomé, à l’intérieur du pays, ou dans la diaspora.  Et ils ont un canal via les réseaux sociaux surtout Tiktok. Les Togolais peuvent ainsi se partager leur vécu mais aussi se retrouver en ligne et partager ce qui ne va pas. Comme le social, le sanitaire, l’éducation, et la vie chère.

    Justement, quelles sont les revendications des Togolais ? 

    Ces derniers jours, il y a eu +12,5% d’augmentation des frais d’électricité, et les togolais ne l’ont pas digéré. Ils sont obligés de payer cher pour un service dont ils ne bénéficient pas en termes de qualité. Parce qu’il y a beaucoup de perte d’énergie, elle n’arrive pas à destination, et ce sont des pratiques qui permettent de pouvoir détourner des fonds. 

    Résultat : beaucoup de services en rapport avec l’électricité ont subi des augmentations. Les Togolais ont donc compris que la politique menée a un impact concret sur leur quotidien. Selon des analyses économiques, l’augmentation du prix de l’électricité pourrait entraîner une inflation de 10 à 15% dans les mois à venir.  

    Est-ce que la mobilisation vient surtout des jeunes ? 

    Pas que, mais ce sont eux qui sont sur le devant de la scène, c’est leur moment. Beaucoup n’ont pas eu de cadre approprié au Togo, ils ont dû s’enfuir et aujourd’hui ils osent donc dénoncer. D’autres jeunes n’ont plus de perspectives mais ne savent même plus où immigrer. Et la politique actuelle aux Etats-Unis est loin d’offrir des perspectives. 

    Le rappeur Aamron, très critique envers le pouvoir, a été arrêté il y a deux semaines. Il a présenté ses excuses sur Tiktok, mais selon son avocat, cela aurait été fait sous la contrainte. Qu’en pensez-vous ? 

    Aamron a contribué à accélérer l’indignation, c’est lui qui a suggéré la date du 6 juin. Il a proposé ironiquement aux jeunes de sortir dans la rue le jour de l’anniversaire du président Faure Gnassingbé. En ce qui concerne sa vidéo d’excuses, il suffit de la décoder pour comprendre. On voit son état physique, et qu’il fait ça sous la contrainte. 

    De toute façon, on connaît le système togolais et sa façon de faire. Ils ont cru que le fait qu’Aamron plie allait démobiliser les gens mais au contraire, ça a contribué à les exaspérer parce qu’ils ont vu que le régime garde les mêmes pratiques. L’indignation ne fait que monter, même si ça continue à aggraver la peur chez certains.   

    Malgré la peur, les Togolais ont quand même laissé exploser leur colère alors qu’ils n’avaient pas le droit de se rassembler ? 

    Beaucoup de Togolais ont ce dilemme : réagir aux violences. Ou continuer de maintenir une approche pacifique et restez soumis. Le terrain de prédilection du régime lui, reste le même : la violence. 

    Pensez-vous qu’on se rapproche d’une insurrection populaire comme en 2014 au Burkina Faso ? 

    Ce qui est sûr, c’est qu’un processus est enclenché et pas dirigé par une seule personne. C’est un conglomérat d’acteurs : certains dans le pays, mais aussi aux Etats-Unis ou en Europe et tous convergent à défier l’autorité en place. Les gens veulent voir Faure Gnassingbé dégager après 20 ans au pouvoir, et ils sont déterminés. 

    Source: TV5Monde/Afrique

  • Togo: Faure Gnassingbé, président du Conseil selon la nouvelle Constitution

    Togo: Faure Gnassingbé, président du Conseil selon la nouvelle Constitution

    Au Togo, dernière ligne droite dans la mise en place de la Ve République, un an après la promulgation de la nouvelle Constitution, le 6 mai 2024. Hier soir, le gouvernement a présenté sa démission, acceptée par le président Faure Gnassingbé, selon un communiqué. Ce 3 mai, les députés sont convoqués pour désigner le président du Conseil, qui détiendra le pouvoir exécutif. Avec les sénateurs, ils éliront ensuite un président de la République au rôle honorifique.

    Le Togo achève sa transition vers un régime parlementaire, supprimant l’élection présidentielle au suffrage universel direct. Une réforme toujours vivement contestée par une partie de l’opposition et de la société civile.

    Première étape, ce samedi 3 mai au matin : les députés togolais sont convoqués pour désigner le président du Conseil. Chef du gouvernement et des armées, il détient le pouvoir exécutif selon la nouvelle constitution. Cette fonction revient au chef du parti majoritaire à l’Assemblée nationale. Donc au chef de l’État, Faure Gnassingbé, à la tête du pays depuis 2005. 

    Les législatives de l’année dernière ont donné 108 sièges sur 113 à son parti UNIR pour un mandat de 6 ans. Des résultats toujours contestés par plusieurs partis d’opposition et organisations de la société civile.

    Prestation de serment

    Le nouveau président du Conseil prêtera serment dans la foulée devant la cour constitutionnelle. Ce 3 mai dans l’après-midi, les députés et sénateurs se réunissent en congrès. Ils doivent élire le nouveau président de la République pour un mandat de 4 ans. Une fonction devenue essentiellement honorifique. 

    D’après la Constitution de la Ve République, il accrédite les ambassadeurs, décerne les décorations, et reçoit le président du Conseil pour être informé de l’état de la nation. De leur côté, une partie des opposants prévoient de se mobiliser le 4 mai pour un meeting.

    Source: rfi.fr/fr

  • Crise à l’est de la RDC : ce que pense Sena Alipui de la médiation de Faure Gnassingbé

    Crise à l’est de la RDC : ce que pense Sena Alipui de la médiation de Faure Gnassingbé

    La désignation de Faure Gnassingbé par l’Union africaine (UA) pour tenter de résoudre le conflit en cours dans l’est de la RDC serait une bonne option selon le sénateur Sena Alipui, deuxième vice-président de l’Union des forces de changement (UFC).

    Le président togolais succède à son homologue angolais João Lourenço qui assurait cette mission jusqu’au mois dernier. C’est autour donc de Faure Gnassingbé de jouer le rôle de médiateur entre la RDC et le Rwanda, accusé d’être le principal soutien du M23, un mouvement rebelle qui contrôle une partie importante de l’est de la RDC.

    « … joie et fierté »

    En effet, ce mardi 15 avril, à Lomé, l’ancien député a déclaré toute son admiration pour Faure Gnassingbé qui a su implémenter une diplomatie à même de permettre le choix du Togo comme médiateur dans la crise qui plombe l’est du pays de Patrice Lumumba.

    « Nous avons appris avec joie et fierté la désignation par l’Union Africaine (UA), du Président de la République, son Excellence monsieur Faure Essozimna GNASSINGBÉ, comme médiateur du conflit entre la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda », s’enflamme Sena Alipui, exprimant ses « admirations au Président de la République » d’une part et d’autre part ses « félicitations à notre diplomatie dont le dynamisme et les résultats antérieurs ont contribué à ce choix ».

    Défis

    Selon le deuxième vice-président de l’Union des forces de changement, le Togo reste un pays de paix. Ce qui se ressent un peu partout, convaincu-t-il. La preuve, il a été désigné pour jouer la médiation entre le Mali et la Côte d’Ivoire, le Niger et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO).

    Rien ne sera facile. « La complexité et la difficulté du conflit dans cette région sensible de notre continent, illustre le degré de confiance que notre institution continentale l’UA place dans la diplomatie Togolaise et notre Président. Ce choix est un honneur et une fierté pour le Togo mais aussi pour toute la CEDEAO où l’on ne compte plus les facilitations et médiations réussies du Togo », résume le jeune sénateur.

    Ce dernier précise qu’il a confiance au chef de l’Etat pour réussir sa mission parce qu’il bénéficie des soutiens de ses pairs…

  • Conflit dans l’est de la RDC: quelles marges de manoeuvre pour le nouveau médiateur de l’UA, Faure Gnassingbé?

    Conflit dans l’est de la RDC: quelles marges de manoeuvre pour le nouveau médiateur de l’UA, Faure Gnassingbé?

    Désigné médiateur de l’Union africaine (UA) pour tenter de résoudre le conflit en cours dans l’est de la RDC, le président togolais Faure Gnassingbé vient de succéder à son homologue angolais João Lourenço qui assurait cette mission jusqu’au mois dernier. Mais alors que les initiatives diplomatiques pour tenter de mettre un terme au conflit se multiplient, de quelles marges de manœuvre dispose-t-il réellement ? Décryptage. 

    Plusieurs sources diplomatiques l’affirment : si le choix de l’Union africaine (UA) s’est porté sur Faure Gnassingbé pour succéder au président angolais João Lourenço en tant que médiateur dans le conflit qui déchire l’est de la RDC, c’est parce qu’il fallait impérativement une personnalité consensuelle, non directement impliquée dans la crise. 

    Or, dans cette perspective, le président togolais bénéficiait de deux atouts majeurs : le fait que son pays n’appartienne ni à la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), ni à la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), ni à la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) d’une part; ses relations équilibrées avec l’ensemble des parties prenantes au conflit de l’autre, celui-ci entretenant des liens cordiaux tant avec le président congolais Félix Tshisekedi qu’avec le président rwandaisPaul Kagame.

    Complémentarité

    Mais cette passation de témoin actée, reste maintenant à en évaluer la portée alors que le Qatar s’est lancé, lui aussi, dans une médiation entre les délégués de l’AFC/M23 et ceux du gouvernement congolais. Dans ce nouveau contexte en effet, comment les deux initiatives vont-elles s’articuler – et quelles seront donc les marges de manœuvre dont Faure Gnassingbé va disposer ?

    À ce propos, plusieurs diplomates consultés écartent l’idée d’une concurrence entre elles pour privilégier plutôt leur complémentarité. Doha étant perçue comme une puissance capable de débloquer les discussions – contrairement à l’UA jugée parfois trop lente et trop bureaucratique -, le Qatar pourrait ainsi poser les bases du processus, tandis que Faure Gnassingbé pourrait en accompagner la suite au non de l’UA avec la collaboration de partenaires internationaux comme l’ONU, la Monusco, l’Union européenne, les États-Unis, mais aussi l’EAC et la SADC.

    Source: Rfi.fr/fr

  • Est de la RDC: réactions prudentes à Kinshasa sur l’éventuelle nomination du président du Togo comme médiateur

    Est de la RDC: réactions prudentes à Kinshasa sur l’éventuelle nomination du président du Togo comme médiateur

    Le président togolais Faure Gnassingbé a été pressenti pour reprendre la médiation entre la RDC et le Rwanda. Une décision annoncée le 5 avril 2025 par João Lourenço, président angolais et président en exercice de l’Union africaine (UA), lors d’une réunion virtuelle du bureau de l’organisation. Lourenço, qui occupait cette fonction depuis deux ans, a confirmé son retrait et plaidé pour la continuité du dialogue entre Kinshasa et Kigali. À Kinshasa, la majorité prend note tandis que l’opposition émet des réserves.

    En RDC, au sein de la majorité, on prend acte, sans critique ouverte. Lambert Mende, député et membre du présidium de l’Union sacrée, la plateforme au pouvoir, explique que son camp n’a « pas d’acrimonie particulière » envers le président togolais : « Lorsqu’on entre dans des jugements de valeur, on risque de ne pas s’en sortir. Tous les pays ont leurs défis à relever. L’Angola, par exemple, a connu une guerre civile atroce. Nous ne pouvons pas nous substituer au peuple togolais pour pouvoir décider si le président Gnassingbé a réussi ou pas à réconcilier toutes les parties qui étaient en litige dans son pays. Ce qui compte aujourd’hui, c’est de pouvoir parler avec le Rwanda, un État qui a agressé notre pays. Il faut absolument un facilitateur. Est-ce que Faure Gnassingbé est le bon ? Est-ce qu’il est pertinent ? Est-ce qu’il ne l’est pas ? Notre chef de l’État en jugera et nous tiendra informés. »

    Dans l’opposition, la réaction est plus mesurée. Pour Claudel-André Lubaya, opposant et membre du Cadre de concertation des forces politiques et sociales, le nom de Faure Gnassingbé importe peu. Selon lui, si l’Union africaine l’a proposé, elle doit avoir ses raisons. Mais il alerte sur un autre point : « Je salue toutes les initiatives de paix. Mais aujourd’hui, elles sont dispersées, parallèles, parfois concurrentes et simultanées. Leur juxtaposition crée de la confusion et nous éloigne chaque jour de la solution que notre peuple attend. Il faut vite ramener de la clarté et une meilleure coordination. »

    Une nomination qui doit encore être validée à l’UA

    Reste une étape avant une éventuelle nomination officielle : la proposition concernant le président Faure Gnassingbé doit encore être validée formellement par l’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, via la procédure dite de « silence ».

    Et pendant ce temps, un autre processus suit son cours : les délégués du gouvernement congolais et du groupe politico-militaire AFC/M23 sont attendus à Doha pour un deuxième round de discussions, dans le cadre de la médiation discrète menée par le Qatar.

    Source: RFI

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