Étiquette : Faure Gnassingbé

  • Faure Gnassingbé en mission de rapprochement à Bichkek

    Faure Gnassingbé en mission de rapprochement à Bichkek

    Le président du Conseil affiche la volonté du Togo de renforcer ses partenariats internationaux à travers une coopération dynamique et mutuellement bénéfique avec le Kirghizistan.

    En visite officielle en Asie centrale, Faure Essozimna Gnassingbé, a effectué un séjour remarqué à Bichkek, marquant une nouvelle étape dans la diplomatie togolaise. Accueilli chaleureusement par le Président kirghize, Sadyr Japarov, le dirigeant togolais a exprimé sa gratitude pour l’hospitalité qui lui a été réservée dans la capitale kirghize.

    Cette visite, qualifiée d’amitié et de travail, s’inscrit dans une volonté commune des deux États de consolider et de dynamiser leur coopération bilatérale. Dans un contexte international où les partenariats Sud-Sud gagnent en importance, Lomé et Bichkek entendent ainsi explorer de nouvelles opportunités de collaboration.

    Les discussions entre les deux chefs d’État ont mis en lumière les nombreux atouts dont disposent leurs pays respectifs. Tant sur le plan culturel qu’économique, le Togo et le Kirghizistan présentent des potentiels complémentaires susceptibles de favoriser des échanges fructueux. Les autorités ont notamment évoqué des perspectives de coopération dans plusieurs secteurs stratégiques, sans toutefois en préciser les contours dans l’immédiat.

    Pour Faure Gnassingbé, cette démarche diplomatique traduit une ambition claire : diversifier les partenariats internationaux du Togo et ouvrir de nouveaux axes de collaboration au-delà des partenaires traditionnels. Cette orientation s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la présence du pays sur la scène internationale et à attirer des investissements.

    Du côté kirghize, cette visite est également perçue comme une opportunité d’élargir ses relations en Afrique de l’Ouest, une région en pleine mutation économique et politique. Les deux dirigeants ont ainsi réaffirmé leur engagement à bâtir un partenariat « mutuellement bénéfique », fondé sur le respect et des intérêts partagés.

    Ce rapprochement diplomatique entre Lomé et Bichkek pourrait, à terme, ouvrir la voie à des accords concrets, renforçant ainsi les liens entre l’Afrique et l’Asie centrale.

  • Togo : stabilité, réformes et ambitions renouvelées

    Togo : stabilité, réformes et ambitions renouvelées

    À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance, Faure Essozimna Gnassingbé a livré un discours centré sur l’unité nationale et l’accélération des réformes. Entre bilan des avancées et appel à l’engagement collectif, le chef de l’exécutif trace les contours d’un Togo résolument tourné vers la transformation durable.

    À l’occasion de la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Togo, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a prononcé ce lundi 27 avril 2026 un discours solennel marqué par un appel à la cohésion nationale, à la poursuite des réformes et à l’engagement collectif pour un développement durable.

    Dans une allocution à forte portée symbolique, le chef de l’exécutif a d’abord rendu hommage aux pères de l’indépendance, saluant leur courage et leur vision qui continuent d’inspirer la nation togolaise. Il a insisté sur la nécessité de préserver cet héritage en consolidant la paix, la stabilité et l’unité nationale, qu’il a qualifiées de « socle indispensable » à toute ambition de progrès.

    Sur le plan économique, Faure Gnassingbé a mis en avant les avancées enregistrées ces dernières années, notamment en matière d’infrastructures, d’agriculture et d’inclusion sociale. Il a toutefois reconnu que des défis subsistent, appelant à une accélération des réformes structurelles pour renforcer la résilience de l’économie togolaise face aux chocs extérieurs. L’accent a été particulièrement mis sur la transformation agricole, présentée comme un levier stratégique pour la création d’emplois et la sécurité alimentaire.

    Le Président du Conseil a également évoqué les efforts du gouvernement en faveur de la jeunesse, soulignant l’importance de l’éducation, de la formation professionnelle et de l’entrepreneuriat. Il a exhorté les jeunes à faire preuve d’innovation et de responsabilité, tout en assurant que des mécanismes seront renforcés pour accompagner leurs initiatives.

    Sur le plan social, le discours a mis en lumière les politiques de protection sociale en cours, avec une attention particulière portée aux populations vulnérables. Faure Gnassingbé a réaffirmé sa volonté de poursuivre les actions visant à améliorer l’accès aux services de base, notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation.

    Enfin, le chef de l’État a abordé la question sécuritaire dans un contexte régional marqué par des menaces persistantes. Il a salué l’engagement des forces de défense et de sécurité, tout en appelant à une vigilance collective et à une coopération accrue avec les partenaires internationaux.

    En conclusion, Faure Gnassingbé a invité les Togolais à faire preuve de patriotisme et de solidarité, réaffirmant que « l’avenir du Togo repose sur la capacité de chacun à contribuer, à son niveau, à l’édification d’une nation prospère et inclusive ».

  • Barrot à Lomé : le retour stratégique de Paris ?

    Barrot à Lomé : le retour stratégique de Paris ?

    Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a entamé jeudi soir une visite officielle au Togo, marquant un moment diplomatique rare. À Lomé, il a rencontré le président Faure Essozimna Gnassingbé ainsi que son homologue Robert Dussey. Cette visite constitue la première d’un ministre français des Affaires étrangères depuis une décennie, dans un contexte géopolitique en pleine recomposition.

    Dès son arrivée, Jean-Noël Barrot s’est entretenu avec le chef de l’État togolais. À l’issue de cette rencontre, il a souligné l’importance de renouer un dialogue au plus haut niveau. Selon lui, l’absence prolongée d’une telle visite relevait d’une « anomalie », au regard de l’histoire et de la profondeur des relations entre Paris et Lomé. Le président Faure Gnassingbé, pour sa part, n’a pas fait de déclaration publique.

    Cette visite intervient alors que les relations entre les deux pays ont connu des tensions récentes. En juin 2025, les autorités togolaises avaient suspendu pendant trois mois la diffusion de France 24 et de Radio France Internationale, accusées de diffuser des informations jugées inexactes au sujet de manifestations dans la capitale. Cet épisode avait illustré un refroidissement notable entre les deux partenaires.

    Au-delà du bilatéral, les échanges portent sur des enjeux régionaux majeurs. Le rôle du Togo dans la médiation en Afrique centrale, notamment dans la région des Grands Lacs, a été au cœur des discussions. Lomé a en effet été désignée par Union africaine pour faciliter le dialogue autour du conflit en République démocratique du Congo et dans les pays voisins. Une mission diplomatique de premier plan qui confère au Togo une visibilité accrue sur la scène continentale.

    La situation au Sahel constitue également un axe central des discussions. Le Togo, confronté à des incursions jihadistes dans sa partie nord, suit avec attention l’évolution sécuritaire dans cette zone instable. Par ailleurs, Lomé a récemment affiché son ambition de jouer un rôle de passerelle entre la communauté internationale et les régimes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger, réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), dont les orientations diplomatiques se rapprochent de la Russie.

    Enfin, les discussions ont débordé le cadre africain. Jean-Noël Barrot a évoqué les crises internationales, notamment en Iran, ainsi que les tensions persistantes au Proche et au Moyen-Orient. Autant de dossiers qui illustrent la volonté de Paris et Lomé de maintenir un dialogue stratégique élargi.

    Cette visite pourrait ainsi marquer un tournant dans les relations franco-togolaises, à un moment où les équilibres diplomatiques se redessinent en Afrique de l’Ouest.

  • Gouvernance axée sur les résultats

    Gouvernance axée sur les résultats

    Le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, a réaffirmé sa volonté d’ancrer l’action gouvernementale dans une logique de performance et d’efficacité, en mettant l’accent sur des résultats « concrets, mesurables et utiles » au service des populations. Cette déclaration a été faite dans un message publié mardi 7 avril sur sa page Facebook, au terme du premier séminaire gouvernemental de l’année 2026.

    À travers cette sortie, le chef de l’exécutif a voulu rappeler la philosophie qui doit guider l’action publique dans les prochaines années. « Notre ambition est claire : faire vivre une action publique fondée sur des résultats concrets, mesurables et utiles », a-t-il insisté, soulignant ainsi la nécessité pour les politiques publiques de produire des effets visibles dans le quotidien des citoyens.

    Selon Faure Gnassingbé, ce séminaire gouvernemental a été consacré à deux grands axes : l’évaluation approfondie de la feuille de route gouvernementale 2020-2025 et la préparation des bases de la prochaine stratégie nationale de développement. Un exercice qui, selon lui, dépasse largement le simple cadre administratif.

    Le Président du Conseil a tenu à préciser que cette rencontre ne saurait être perçue comme un rituel bureaucratique ou une succession de formalités techniques. Pour lui, il s’agit avant tout d’un cadre stratégique visant à assurer la cohérence de l’action gouvernementale, à hiérarchiser les priorités et à transformer les ambitions politiques en orientations claires, réalistes et utiles pour les populations.

    Cette déclaration intervient dans un contexte où les autorités togolaises s’apprêtent à ouvrir une nouvelle phase de planification stratégique après la mise en œuvre de la feuille de route 2020-2025, qui a servi de boussole à plusieurs projets de développement et de réformes structurelles au cours des dernières années.

    Après une période marquée par de nombreuses ambitions affichées et le lancement de projets structurants dans divers secteurs, Faure Gnassingbé estime que le moment est désormais venu de renforcer les acquis obtenus et de recentrer l’action publique sur les priorités les plus essentielles pour les citoyens.

    Le message du Président du Conseil traduit ainsi une volonté affichée de passer d’une logique de promesses à une culture de résultats, où chaque initiative publique devra être appréciée à l’aune de son impact réel sur les conditions de vie des populations.

    En insistant sur la nécessité de privilégier l’efficacité, la lisibilité et la pertinence des politiques publiques, Faure Gnassingbé entend visiblement imprimer une nouvelle dynamique à l’appareil gouvernemental, axée sur la redevabilité et la performance.

    Ce premier séminaire gouvernemental de 2026 apparaît donc comme une étape stratégique dans la redéfinition des priorités de l’exécutif, avec pour objectif affiché de bâtir une gouvernance davantage tournée vers l’impact concret et la satisfaction des besoins des citoyens.

  • Faure Gnassingbé et l’AES : si proche et si loin à la fois

    Faure Gnassingbé et l’AES : si proche et si loin à la fois

    Faure Gnassingbé cultive une diplomatie d’équilibre entre l’Occident et les régimes militaires sahéliens. Derrière la realpolitik, c’est une ambition de médiateur régional qui se dessine. L’analyse de François Soudan, au micro de Catherine Potet pour RFI.

    Depuis quelques années, Faure Essozimna Gnassingbé mène une diplomatie de l’équilibre, marquée par un pragmatisme assumé dans ses relations internationales. La récente visite en mars du ministre russe de la Défense, dans le sillage d’un accord de coopération militaire conclu en octobre 2025, en est une illustration concrète.

    Si Moscou voit dans le Togo un « tremplin logistique » pour soutenir les contingents d’Africa Corps dans le Sahel, les autorités togolaises présentent ce rapprochement comme un simple « acte de diversification des partenaires et de souveraineté sans plus », d’après François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique, au micro de Catherine Potet, pour RFI. Une lecture qui contraste avec celle des Occidentaux, et notamment de la France, pour qui cette évolution suscite une réelle inquiétude.

    Pour de nombreux observateurs, cette diplomatie d’équilibre semble toutefois s’incliner vers les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). La posture adoptée lors du coup d’État de 2023 au Niger en est un exemple révélateur : le choix d’une non-intervention pragmatique a tranché avec une ligne plus ferme adoptée par certains dirigeants de la sous-région.

    « Il fait de la realpolitik »

    D’autres éléments viennent nourrir cette perception, comme la présence supposée à Lomé de Pascal Tigri, impliqué dans une tentative de coup d’État au Bénin en décembre 2025 et proche des putschistes sahéliens, ou encore l’extradition en janvier 2026 de l’ex-putschiste burkinabé Paul-Henri Damiba vers son pays, à la demande de la junte.

    « Lomé est aussi une capitale où se rendent régulièrement les ministres, les propagandistes des pays de l’AES, souvent à l’invitation du ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, dont les convictions souverainistes et panafricanistes sont affichées. » Cette orientation, parfois perçue comme pro-junte, tranche avec la posture plus nuancée de Faure Gnassingbé, qui multiplie les gestes en direction de l’AES, sans pour autant franchir un point de rupture.

    « Il n’est ni anti-occidental, ni néo-sankariste, ni admirateur des régimes militaires. Il fait de la realpolitik », souligne François Soudan. Car les ambitions du dirigeant togolais semblent se situer ailleurs. Doyen en longévité parmi les chefs d’État de la Cedeao, il chercherait à s’imposer comme un médiateur régional, comme il a pu le faire dans l’est de la RDC, comme l’écrit Matthieu Millecamps dans son article « Faure Gnassingbé : entre la Russie, la Cedeao et l’AES, l’équilibrisme comme levier de pouvoir« . Une trajectoire qui rappelle celle de son père, Gnassingbé Eyadéma, et qui suppose le maintien d’un certain non-alignement.

    La Semaine de JA est à retrouver chaque samedi sur RFI, et en intégralité sur Jeune Afrique.

    Source: jeuneafrique.com

  • Paix en partage

    Paix en partage

    Faure Gnassingbé, le président du Conseil, a adressé un message de paix et de solidarité à la communauté musulmane du Togo ainsi qu’à l’ensemble des fidèles à travers le monde à l’occasion de la fête de l’Aïd El Fitr, célébrée ce vendredi et marquant la fin du mois sacré du Ramadan.

    Publié sur les réseaux sociaux, ce message s’inscrit dans une tradition de communion nationale en cette période de célébration spirituelle. Dans un contexte international marqué par des tensions persistantes et des crises sécuritaires, le chef du gouvernement togolais a choisi de donner à son intervention une portée à la fois nationale et universelle.

    « En ce temps de célébration, j’ai une pensée particulière pour les populations confrontées à la menace terroriste. Que les prières concourent au triomphe de la paix dans les régions du monde qui connaissent des conflits », a-t-il déclaré, soulignant ainsi l’importance de la foi et de la prière comme vecteurs d’espérance.

    Ce message, empreint d’humanité, met en lumière la préoccupation constante des autorités togolaises face aux défis sécuritaires, notamment dans la région des Savanes, au nord du pays. Cette zone, régulièrement exposée aux incursions de groupes armés, demeure au cœur des priorités gouvernementales en matière de sécurité et de protection des populations civiles.

    En évoquant ces réalités, Faure Gnassingbé rappelle que les moments de fête ne sauraient faire oublier les souffrances de certaines communautés. Au contraire, ils doivent renforcer les élans de solidarité et encourager une mobilisation collective en faveur de la paix.

    Au-delà des frontières togolaises, ce message résonne comme un appel à la concorde dans un monde en proie à de multiples foyers de tension. Des conflits armés aux menaces terroristes, les défis sécuritaires continuent d’affecter des millions de personnes, rendant plus que jamais nécessaire la promotion du dialogue et du vivre-ensemble.

    Dans ce contexte, la célébration de l’Aïd El Fitr apparaît comme un moment privilégié pour réaffirmer les valeurs de paix, de partage et de fraternité. Au Togo, pays reconnu pour sa diversité religieuse et sa cohésion sociale, ces principes constituent un socle essentiel du vivre-ensemble.

    Le message du président du Conseil s’inscrit ainsi dans une volonté de renforcer cette harmonie sociale, tout en adressant un signal fort aux populations affectées par l’insécurité. Il traduit également une reconnaissance des efforts et des sacrifices consentis par les fidèles musulmans tout au long du Ramadan.

    Cette prise de parole officielle dépasse le cadre d’un simple message de circonstance. Elle se veut un plaidoyer pour la paix et une invitation à faire de la solidarité un principe actif, capable de transcender les épreuves et de rapprocher les peuples.

  • Togo : l’équilibrisme risqué de Lomé?

    Togo : l’équilibrisme risqué de Lomé?

    L’épisode récent de la visite discrète à Lomé du ministre russe de la Défense, Andreï Belousov, illustre cette approche feutrée.

    Dans un contexte géopolitique ouest-africain de plus en plus fragmenté, le Togo de Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil, tente de se positionner comme un acteur pivot entre blocs rivaux. Entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’Alliance des États du Sahel (AES), les puissances occidentales et une Russie de plus en plus présente en Afrique, Lomé joue une partition diplomatique complexe. Une stratégie d’équilibriste qui, si elle offre des marges de manœuvre à court terme, pose la question de sa viabilité à long terme.

    Une diplomatie du silence et du calcul

    L’épisode récent de la visite discrète à Lomé du ministre russe de la Défense, Andreï Belousov, illustre cette approche feutrée. Reçu par le président du Conseil togolais, sans communication officielle, cet échange en dit long sur la prudence stratégique de Lomé. Le Togo ne veut froisser aucun partenaire, mais entend multiplier les canaux d’influence.

    Ce choix s’inscrit dans une dynamique plus large. Alors que plusieurs pays sahéliens ont pris leurs distances avec les partenaires occidentaux pour se rapprocher de Moscou, Lomé préfère maintenir une posture d’ouverture tous azimuts. Le pays coopère avec les États-Unis en matière sécuritaire, reste engagé au sein de la Cedeao, tout en entretenant des relations plus ou moins discrètes avec la Russie.

    Rôle d’intermédiaire

    Depuis la rupture entre la Cedeao et les pays de l’AES, notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger, le Togo tente de se positionner comme un pont diplomatique. Faure Essozimna Gnassingbé a multiplié les initiatives de médiation, cherchant à éviter une fracture durable dans la sous-région.

    Cette posture d’arbitre est stratégique. Elle permet à Lomé de renforcer son poids diplomatique tout en se présentant comme un acteur de stabilité. Dans une région marquée par les coups d’État et les tensions politiques, le Togo mise sur la continuité institutionnelle pour asseoir sa crédibilité.

    Cependant, ce positionnement n’est pas sans risques. La Cedeao, fragilisée, observe avec attention les initiatives togolaises, tandis que les pays de l’AES pourraient voir dans cette médiation une tentative d’influence déguisée.

    Jeu des puissances

    Au-delà des dynamiques régionales, le Togo évolue dans un contexte de rivalité accrue entre grandes puissances. Les États-Unis, engagés dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, considèrent Lomé comme un partenaire stable. Des coopérations sécuritaires et économiques se poursuivent, renforçant les liens entre les deux pays.

    Dans le même temps, la Russie intensifie ses efforts pour s’ancrer en Afrique de l’Ouest. Si le Togo ne s’affiche pas ouvertement dans ce rapprochement, les contacts existent. Lomé semble vouloir tirer profit de cette concurrence, obtenant des soutiens variés sans s’aligner pleinement sur un camp.

    Cette stratégie rappelle celle de certains États non-alignés durant la guerre froide : diversifier les partenaires pour maximiser les gains tout en limitant les dépendances.

    Une stratégie payante à court terme?

    À court terme, l’équilibrisme togolais présente des avantages évidents. Il permet au pays de bénéficier d’appuis multiples, de renforcer son rôle diplomatique et de préserver une certaine autonomie stratégique.

    Sur le plan intérieur, cette posture consolide également le pouvoir de Faure Essozimna Gnassingbé. En apparaissant comme un interlocuteur incontournable sur la scène régionale, le président du Conseil renforce sa légitimité et son influence. De plus, dans un environnement régional instable, le Togo capitalise sur son image de havre relatif de stabilité, attirant les partenaires et les investissements.

    Fragilité

    Mais cet équilibre reste précaire, selon les observateurs avisés. En effet, à long terme, soutiennent-ils, les tensions entre blocs pourraient rendre cette position intenable. La polarisation croissante entre la Cedeao et l’AES ainsi qu’entre les puissances occidentales et la Russie pourrait contraindre Lomé à faire des choix plus clairs.

    Le risque principal est celui de la méfiance, murmure un analyste. À vouloir ménager tous les camps, le Togo pourrait être perçu comme un partenaire peu fiable. Une telle perception pourrait affaiblir sa crédibilité diplomatique et limiter ses marges de manœuvre.

    Par ailleurs, les pressions extérieures pourraient s’intensifier. Les grandes puissances, en quête d’alliés stratégiques, pourraient exiger des positions plus tranchées, réduisant l’espace de neutralité dont bénéficie actuellement Lomé.

    Un pari sur l’avenir

    L’équilibrisme diplomatique du Togo apparaît ainsi comme un pari. Un pari sur sa capacité à naviguer dans un environnement international incertain, à maintenir des relations diversifiées sans se compromettre. Mais ce pari dépendra de plusieurs facteurs : l’évolution des rapports de force régionaux, la capacité de la Cedeao à se réinventer, la solidité de l’AES et l’intensité de la rivalité entre puissances globales.

    In fine, si cette stratégie confère aujourd’hui au Togo un rôle singulier en Afrique de l’Ouest, rien ne garantit qu’elle pourra être maintenue indéfiniment. L’équilibriste peut avancer tant que le fil tient. Mais dans un monde de plus en plus polarisé, la moindre secousse pourrait suffire à rompre cet équilibre fragile.

  • Est de la RDC : une diplomatie régionale sous tension autour de Tshisekedi

    Est de la RDC : une diplomatie régionale sous tension autour de Tshisekedi

    La rencontre entre le président congolais Félix Tshisekedi et ses homologues angolais João Lourenço et togolais Faure Gnassingbé, en Angola, s’inscrit dans un contexte régional explosif marqué par la persistance de l’insécurité dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

    Loin d’être une simple réunion protocolaire, ce tête-à-tête à trois révèle les limites, mais aussi les recompositions, de la diplomatie africaine face à l’un des conflits les plus complexes du continent.

    Tête-à-tête Tshisekedi, Lourenço et Gnassingbé

    En effet, depuis plusieurs mois, la situation sécuritaire dans le Nord-Kivu et l’Ituri se dégrade, avec la résurgence du M23 et la multiplication des groupes armés locaux et étrangers. Malgré les initiatives diplomatiques successives – processus de Luanda, de Nairobi, déploiement de forces régionales –, la paix reste hors de portée. C’est dans ce contexte que Félix Tshisekedi cherche à relancer une dynamique politique, en s’appuyant sur deux figures clés de la médiation africaine.

    João Lourenço, président de l’Angola, est au cœur du processus de Luanda et s’est imposé comme un médiateur incontournable entre Kinshasa et Kigali. Son implication traduit la volonté de l’Angola de consolider son rôle de puissance stabilisatrice en Afrique centrale. Mais les résultats concrets de cette médiation restent mitigés, tant les accusations mutuelles entre la RDC et le Rwanda continuent d’empoisonner les relations régionales.

    La présence de Faure Gnassingbé, président du Togo, est plus révélatrice encore. Désigné par l’Union africaine comme médiateur dans le conflit entre la RDC et le Rwanda, il incarne une diplomatie plus discrète, mais active. Son implication signale la volonté de l’UA de reprendre la main sur un dossier longtemps dominé par des initiatives sous-régionales parfois concurrentes. Elle témoigne aussi d’une recherche de compromis africain, face à l’échec relatif des pressions internationales.

    Cependant, cette diplomatie à plusieurs niveaux se heurte à une réalité brutale : sur le terrain, les armes continuent de parler. Les populations civiles de l’est de la RDC restent les premières victimes d’un conflit qui mêle enjeux sécuritaires, rivalités géopolitiques et intérêts économiques liés aux ressources naturelles. Les rencontres au sommet, aussi stratégiques soient-elles, peinent à produire des effets durables sans une volonté politique forte et coordonnée de l’ensemble des acteurs impliqués.

    En se rendant en Angola, Félix Tshisekedi envoie un message clair : la solution au drame de l’est congolais ne peut être que régionale et africaine. Reste à savoir si cette nouvelle séquence diplomatique saura dépasser les déclarations de principe pour se traduire, enfin, par une désescalade réelle sur le terrain. L’histoire récente invite à la prudence.

  • Est de la RDC : à Lomé, l’Union africaine parviendra-t-elle enfin à peser dans le conflit ?

    Est de la RDC : à Lomé, l’Union africaine parviendra-t-elle enfin à peser dans le conflit ?

    Le 17 janvier, le Togolais Faure Gnassingbé accueille une réunion sur la crise dans l’est de la RDC. Avec l’espoir de relancer l’Union africaine dans un dossier où elle peine à se faire entendre.

    Au sein du casting déjà pléthorique des médiateurs dans le conflit dans l’est de la RDC, l’Union africaine (UA) peut-elle vraiment prétendre jouer plus qu’un second rôle ? En charge du dossier pour le compte de l’organisation continentale depuis le retrait de l’Angolais João Lourenço en mars 2025, Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil du Togo, accueille ce 17 janvier une réunion de haut…

    La suite de cet article sur jeuneafrique.com

  • Au Togo, une répression silencieuse étouffe les voix dissidentes

    Au Togo, une répression silencieuse étouffe les voix dissidentes

    La réforme constitutionnelle d’avril 2024, qui a permis à l’ex-président Faure Gnassingbé d’obtenir la présidence du conseil, sans limitation de mandat, avait provoqué une vague de contestation au printemps. Face à la dureté de la répression du gouvernement, les opposants ont cessé leur mobilisation.

    La date avait été choisie pour perturber l’ouverture du 9e Congrès panafricain, organisé à Lomé. Lundi 8 décembre, les Togolais étaient appelés à descendre dans la rue pour protester contre le pouvoir de Faure Gnassingbé, à la tête du pays depuis vingt ans. Depuis plusieurs semaines, des relais du Mouvement du 6 juin (M66) – majoritairement composé d’influenceurs de la diaspora – exhortaient, sur TikTok, la population à relancer la contestation qui avait éclaté au printemps.

    A Bè, quartier populaire du sud-est de la capitale, un important dispositif de sécurité était déployé. Mais les forces de l’ordre n’ont pas eu à intervenir. Personne n’est sorti manifester. La répression mise en œuvre par les autorités depuis six mois contre toute personne impliquée dans la contestation, qui avait fait sept morts, selon les organisations de la société civile – cinq selon le gouvernement, qui évoque des « noyades » –, semble avoir eu raison de la mobilisation des Togolais.

    Et étouffé le mouvement de colère apparu après la réforme constitutionnelle d’avril 2024. Celle-ci a permis à Faure Gnassingbé de passer de la présidence de la République à la présidence du…

    La suite sur lemonde.fr/afrique

Radio Renouveau228

Ceci fermera dans 0 secondes