Togbui Dagban-Ayivon a été reçu dans une émission sur les plateaux de Radio privée Victoire FM à Lomé. Occasion pour l’invité d’aborder l’actualité brûlante de l’heure: l’arrestation et la détention des journalistes Loïc Lawson et Anani Sossou. Pour la tête couronnée, ces confrères n’ont pas leur place à la prison civile de Lomé
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Le Cap-Vert orphelin de Sara Tavares
La chanteuse et compositrice lisboète s’est éteinte, le 19 novembre, à l’âge de 45 ans, des suites d’une longue maladie. Elle laisse une œuvre authentique et intemporelle.
C’était une artiste magnifique, peut-être la plus belle voix de la diaspora cap-verdienne à travers le monde. Sur les réseaux sociaux, les hommages pleuvent, depuis le 19 novembre, à la mémoire de Sara Tavares, chanteuse, guitariste et compositrice à la grâce inoubliable, qui porta haut la saudade de ses origines.
Son public parisien se souvient d’un concert à l’Alhambra, au festival Au fil des Voix, au début de 2012, où une glissade sur un tarmac gelé et une fracture l’avaient privée de son instrument, laissant le champ libre à son guitariste, Luiz Caracol. Quelques années plus tard, elle présentait, sur la même scène, l’album qui restera son dernier, Fitxadu, qui lui valut une nomination aux Grammy Awards.
C’est une tumeur au cerveau contre laquelle elle guerroyait depuis des années qui a finalement arraché cette étoile à son triste sort. Son père étant parti de la maison, sa mère quitte Lisbonne pour le Sud avec ses jeunes frères et sœurs, et confie l’enfant, née en 1978, à une vieille dame. Celle-ci l’élève en orpheline dans la capitale portugaise, où elle connaît le succès dès son adolescence.
Du gospel aux musiques cap-verdiennes
Sara apprend à chanter à l’église, fonde le premier chœur de gospel de Lisbonne avant d’être révélée au grand public en remportant deux concours télévisés, puis de représenter le Portugal à l’Eurovision, en 1994. Deux ans plus tard, sa version lusophone du titre phare de la bande originale du film Le Bossu de Notre-Dame lui vaut le prix de la meilleure adaptation, décerné par Disney. Elle a alors 18 ans et commence à s’intéresser aux rythmes cap-verdiens et à apprendre le créole, éléments qu’elle incorpore bientôt à sa musique.
« Son label voulait faire d’elle une chanteuse pop, se souvient, depuis Praia, José Da Silva, fondateur du label Lusafrica et ambassadeur des musiques de l’archipel, qu’elle suivit sur l’île de Santo Antão pour l’hommage organisé au lendemain du décès de Cesaria Evora. Mais elle préférait mêler les musiques du Cap-Vert aux sonorités africaines, avec notamment ses percussionnistes, l’Angolais N’Du, ou Miroca Paris, percussionniste de Cesaria, qui l’accompagnait en tournée. »
Groove ensoleillé et souriant
Son premier album, Mi Ma Bo (1999) est produit par le chanteur congolais Lokua Kanza, dont elle est fan. En 2005, « Balance », et des titres comme « Bom Feeling » et « One Love », au groove ensoleillé et souriant, plein de jeunesse, la propulsent sur la scène internationale. Elle y invite sa congénère Ana Moura, bientôt reine du fado moderne, sur le titre « De Nua », qui conclut l’album. Le suivant, Xinti (2009), un classique, plus introspectif et abouti, est celui de la maturité.
« Sara, c’était une voix extraordinaire, et puis la gentillesse, la douceur, poursuit José Da Silva, qui l’invita à deux reprises sur la scène du Kriol Jazz Festival. Et l’une des artistes les plus admirées de la nouvelle génération d’ici, par le public et les musiciens. »
Informé de sa maladie, le journal de la télévision publique cap-verdienne lui avait dédié une « onde de solidarité », il y a deux mois, et l’émission The Voice Portugal lui rendait hommage, dès le 19 novembre, comme le président de la République cap-verdienne, José Maria Neve, le lendemain. Proche du chanteur Boy Gé Mendes, elle avait publié quatre nouveaux morceaux en l’espace d’un an, que l’on écoute comme autant de testaments. Sara Tavares laisse une œuvre unique et intemporelle.
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La campagne foraine de Togbui Dagban-Ayivon contre le diabète démarre ce mercredi à Bè-Beach
La campagne foraine annoncée par Togbui Dagban-Ayivon, au profit des patients souffrant du diabète, va effectivement commencer ce mercredi 22 novembre pour prendre fin le lendemain à Bè –Beach.
La tête couronnée s’est donné une mission, depuis quelques années, celle d’aider, de soulager les diabétiques par un traitement à base de médecine traditionnelle. Pour marquer donc la journée mondiale du diabète, célébrée chaque 14 novembre, Togbui Dagban-Ayivon organise du 22 au 23 novembre une campagne foraine de traitement gratuit.
Une maladie curable
En prélude à cet évènement, le promoteur de la médecine traditionnelle a rencontré les médias pour leur expliquer le contour de l’opération foraine.
« Le diabète est une maladie guérissable grâce aux remèdes naturels », insiste le chef coutumier du territoire d’Adakpamé.
« Je ne soulage pas du diabète, je traite le diabète. Je veux ramener de la lumière, là où la médecine dite moderne a introduit de l’obscurité pendant longtemps sans d’ailleurs parvenir à vaincre la maladie. Pire, elle aggrave la situation sanitaire déjà critique des patients avec des produits chimiques », rappelle la tête couronnée.
Ces deux jours de la campagne foraine seront l’occasion pour les malades de venir tester les remèdes gratuitement en question afin de faire leur propre opinion sur la solution puisée dans les valeurs ancestrales.
« Grâce à la pharmacopée, nous avions guéri plus de 600 cas de diabète (des patients pour la plupart de la classe des riches) et une centaine de cas d’hypertension. Ces clients ont tenté à plusieurs reprises et sans succès, de sa faire traiter par la médecine conventionnelle », révèle Togbui Dagban-Ayivon.
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Togo–Togbui Dagban-Ayivon quitte la barque du CAR
Les querelles intestines qui minent le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) depuis le décès de son fondateur, Me Apollinaire Madjé Yaovi Agboyibor ont finalement conduit à la démission de l’un de ses anciens vice-présidents, en la personne de Dagban Akoété, plus connu sous le nom Togbui Dagban.
Désormais, Togbui Dagban ne fait plus partie du CAR. C’est par le biais d’une lettre en date du 10 Octobre 2023 adressée au Président national et à tous les camarades militantes et militants du parti, signifiée par voie d’Huissier de Justice que l’ancien vice-président a rendu le tablier.
Dans son courrier, Togbui Dagban relève l’atmosphère délétère qui règne au sein du parti : « Aujourd’hui, les turbulences tant redoutées nous ont rattrapés et tous nos efforts en vue de les atténuer pour ensuite restaurer la confiance collective et le vivre ensemble sont demeurés vains ».
Aussi, justifie-t-il sa démission par entre autres raisons, « les contre-vérités, les inimitiés et les heurts lancés à [son ndlr] adresse depuis » les congrès chaotiques du parti.
En déclarant que sa « personnalité politique ne saurait être plongée dans un mutisme plus longtemps encore », Togbui Dagban laisse présager l’idée de déballer au grand jour certains évènements sur lesquels il aurait gardé le silence en raison de sa qualité de membre du CAR.
Il faut que croire que le car du CAR risque encore de perdre des roues.
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Au Togo, Togbui Dagban-Ayivon va créer son parti politique
Après avoir démissionné du Comité d’action pour le renouveau (CAR), Togbui Dagban-Ayivon, encouragé par bien d’autres dissidents, va créer son propre parti politique. « Nous allons entamer les démarches administratives dans ce sens », confirme-t-il.
Plusieurs centaines de Togolais, venus de toutes les régions du pays se sont retrouvés ce samedi 21 octobre 2021 à Bè Beach à Lomé. Cette rencontre qui a duré presque toute la journée a servi de cadre de discussions et d’échanges après que l’ancien vice-président national du CAR a rendu le tablier parce que le parti se réclamant de l’opposant est miné par une guerre de leadership.
Nouveau parti
« L’objectif est de me situer par rapport à ma nouvelle orientation. Faut-il rentrer dans un autre parti ou carrément créer ensemble une nouvelle formation politique ? », s’est d’abord interrogé la tête couronnée.

Les soutiens de Togbui Dagban-Ayivon Et de poursuivre : « Ce que nous retenons après ces échanges sérieux, c’est que ces délégations venues des différentes régions de notre pays ont été unanimement favorables à un nouveau parti en m’exhortant à me lancer en leur nom. J’en ai pris acte. Je leur ai demandé de prendre leur mal en patience. Nous ferons les démarches nécessaires ».
C’est un public cosmopolite qui s’est donné rendez-vous ce samedi au quartier général du chef traditionnel d’Adakpamé. Il est composé des militants d’autres partis politiques et des gens de la société civile. On a pu observer aussi certaines personnes se réclamant du CAR, assurant qu’elles ont aussi quitté la barque qui chavire.
Le nouveau parti aura « des stratégies originales et sans heurt pour un lendemain meilleur pour nos peuples », promet Togbui Dagban-Ayivon, probablement son futur président.
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Togo-Togbui Dagban-Ayivon officialise son départ du CAR et lance un appel…
Togbui Akoété Dagban-Ayivon démissionne du Comité d’action pour le renouveau (CAR). Tout le monde le sait déjà. Devant la presse ce matin, il a indiqué qu’il se donne un temps de réflexion pour la suite à donner à sa vie politique.
La crise au sein de la formation politique à la couleur rouge, incarnée durant plusieurs décennies par Yawovi Agboyibo, décédé le 30 mai 2020 à Clichy en terre française, a atteint à un point de non-retour. Jusqu’aujourd’hui, toutes les tentatives pour concilier d’abord et réconcilier ensuite les deux camps ont connu un échec.
Démission
L’une des bonnes volontés pour une réconciliation (en vain) des camps antagonistes Yao Daté et Nador Awuko, reste Togbui Akoété Dagban-Ayivon. Celui-ci assure avoir tout fait pour que la sérénité revienne au CAR. Mais l’ancien vice-président national (2008-2013) n’y est pas parvenu.
« Biens Chers Camarades Militantes et Militants, notre responsabilité politique ne saurait être prolongée dans un mutisme plus longtemps encore. C’est pourquoi, après multiples réflexions et analyses, nous sommes arrivés à la décision présente d’abandonner purement et simplement la barque commune pour nous refaire », écrit-il dans un courrier envoyé à Yao Datè, le président national et Nador Awuku, le président de transition, les deux capitaines dans un même bateau.
Et de préciser : « En clair, nous nous retirons définitivement de notre famille politique commune CAR. Cette déclaration tient lieu de notre démission de toutes les instances du Parti et fait entièrement foi sans aucune autre forme de recours ».
Réflexion
Le chef traditionnel du quartier Adakpamé quitte définitivement le CAR pour éviter de se « noyer » avec les autres. Mais il ne claque pas la porte, pour autant, de la vie politique.
L’ancien coordonnateur régional de Grand-Lomé (2016-2013) dit se donner un temps de réflexion. Et lance à un appel à tous ceux qui se reconnaissent en lui de faire aussi un « repli » et de s’approcher de lui pour des concertations.
Togbui Akoété Dagban-Ayivon ira-t-il jusqu’à créer un autre (nouveau) parti ? « L’heure n’est pas à la création d’une nouvelle structure politique », affirme-t-il. C’est la nature de la mobilisation de tous ceux qui vont le rejoindre qui déterminera la marche à suivre, se contente-t-il de répondre.
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Guérison: Togbui Dagban-Ayivon donne rendez-vous aux diabétiques ces 22 et 23 novembre à Bè-Beach
Le chef traditionnel du quartier d’Adakpamé célèbre en différé la journée mondiale du diabète-commémorée chaque 14 novembre- à travers une campagne d’information et de sensibilisation ces mercredi 22 et jeudi 23 novembre à Bè-Beach à Lomé.
En prélude à cet évènement sanitaire, la tête couronnée a organisé une conférence de presse ce jeudi 16 novembre à Lomé pour rappeler que le diabète est curable, elle est une maladie induite. Elle n’est pas guérissable selon la médecine traditionnelle.
Dans cette optique, Togbui Dagban organise, au profit des diabétiques (qui le souhaitent), une campagne de traitement gratuit les 22 et 23 novembre prochains à Bè-Beach à Lomé. Les patients qui souhaitent y suivre le traitement sont appelés à s’inscrire avant le jour J afin de bénéficier d’un traitement gratuit.
« Le diabète est une maladie qui se guérit. Elle n’est pas chronique comme beaucoup le disent. La médecine occidentale ne la traite pas. Tu vas suivre un traitement à vie, pour enrichir les firmes pharmaceutiques. Enfin de compte les malades meurent. Alors que la pharmacopée y arrive », résume-t-il.
La tête couronnée donne aux diabétiques les 22 et 23 novembre pour venir vérifier eux-mêmes si son traitement est efficace ou non.
Pour les inscriptions, contactez le numéro 90-04-62-08 pour avoir les informations complémentaires.
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CAN 2025 : pourquoi la CAF a désigné le Maroc
La Confédération africaine de football (CAF) a tranché : c’est bien le Maroc, grand favori depuis des mois, qui accueillera la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025. Pour l’édition de 2027, c’est le trio Kenya-Ouganda-Tanzanie qui l’a emporté.
Le favori logique l’a emporté : comme on s’y attendait, c’est donc bien le Maroc qui organisera la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025. L’annonce ayant été plusieurs fois reportée, les spéculations allaient bon train depuis plusieurs mois sur le choix du pays hôte de la prochaine CAN mais aussi de celle qui aura lieu en 2027. L’instance a tranché ce 27 septembre, après que son comité exécutif a délibéré la veille pour plancher sur ces deux dossiers et les rapports effectués par le cabinet d’audit allemand Roland Berger, mandaté pour auditer les pays candidats.
Maroc : des structures et du lobbying
Pour rappel, le Maroc, l’Algérie, la Zambie et le duo constitué du Nigeria et du Bénin étaient en course pour la CAN 2025, du moins jusqu’au 26 septembre, date à laquelle la fédération algérienne a pris tout le monde de court en retirant sa candidature. Pour la CAN 2027 – à laquelle l’Algérie a également renoncé, alors que beaucoup de pronostiqueurs la jugeaient très bien placée pour l’emporter –, restaient en lice l’Égypte, le Sénégal, le Botswana et un trio composé du Kenya, de l’Ouganda et de la Tanzanie.
Pour 2025, beaucoup estimaient que le match était joué d’avance. Le royaume chérifien, qui n’a plus accueilli la CAN depuis 1988, dispose de toutes les infrastructures nécessaires, et notamment des stades homologués par la CAF (Casablanca, Marrakech, Agadir, Fès, Rabat et Tanger, ces deux derniers ayant accueilli les matches de la CAN des moins de 23 ans en juin et juillet derniers, NDLR).
Il a également effectué un intense travail de lobbying en Afrique, sa fédération ayant noué des partenariats avec 44 instances sportives. « N’oublions pas que Fouzi Lekjaâ, le président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), est membre de la CAF et qu’il est influent en Afrique », rappelle un dirigeant d’une fédération africaine subsaharienne. Des détails qui ont forcément eu leur importance à l’heure du choix.
Face au dossier très complet du Maroc, un pays qui est aussi candidat à l’organisation de la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal, l’Algérie avait pourtant des arguments. Elle a organisé en 2023 le Championnat d’Afrique des nations (CHAN) et la CAN des moins de 17 ans dans de bonnes conditions grâce à une intense politique de construction de stades (Baraki, dans la banlieue d’Alger, Oran) et de rénovation (Annaba, Constantine, Stade du 5-Juillet 1962 à Alger, Douéra). Beaucoup estimaient que le scénario logique aurait été l’attribution de l’édition 2025 au Maroc, puis celle de 2027 au voisin algérien. Mais celui-ci a préféré se retirer, ce qui soulève quelques interrogations.
Pourquoi l’Algérie a renoncé
Parmi les raisons avancées pour expliquer cette volte-face, beaucoup citent l’instabilité chronique à la tête de la Fédération algérienne de football (FAF), qui a vu Charaf-Eddine Amara (en 2022) et Djahid Zefizef (en 2023) démissionner après un an de mandat, Walid Sadi ayant été choisi pour le remplacer le 21 septembre dernier. Cela n’a évidemment pas aidé la FAF à défendre son dossier. L’instance ne pèse pas grand-chose en Afrique, et la vacuité de son lobbying continental, qui s’est limité à quelques coups de téléphone, sont autant d’éléments qui ont joué contre sa candidature face à son voisin marocain, bien plus influent et mieux organisé en coulisses.
Les autres candidats pour 2025 semblaient présenter des dossiers peu convaincants. La Zambie n’a qu’un seul stade homologué (Ndola) et n’avait aucune chance d’être choisie. Le Nigeria, associé au Bénin, a des enceintes modernes et fonctionnelles, mais le pays traverse une grave crise économique et sa situation sécuritaire reste très préoccupante. Son voisin béninois, certes beaucoup plus stable et sûr, n’a qu’un seul stade aux normes, à Cotonou.
Pour l’édition 2027, les candidats présentaient des profils très variés. L’Égypte a la capacité d’organiser la compétition, mais elle l’a accueillie en 2019. Le Sénégal dispose certes d’un nouvel écrin à Diamniadio (50 000 places), près de Dakar, et d’un stade à Thiès (15 000 places), mais ses autres enceintes doivent être largement rénovées. Pourtant, sa candidature était prise au sérieux. Le Botswana, même s’il a annoncé la construction de trois stades et rénovation de deux autres, partait de trop loin.
Mais c’est finalement le trio Kenya-Ouganda-Tanzanie, dont la cote était remontée ces dernières semaines, qui l’a emporté. Même s’il souffre d’un problème structurel et qu’organiser un tournoi dans trois pays différents est toujours compliqué – la Tanzanie étant la seule à disposer d’un stade homologué alors qu’il en faut six pour organiser le tournoi –, ce dossier a convaincu la CAF.
Dans les coulisses du football continental, les avis divergent. « L’objectif, c’est de pouvoir disputer ces phases finales dans la sérénité, dans des pays où il ne risque pas d’y avoir de mauvaises surprises parce que des stades ne sont pas prêts », résume ce dirigeant d’une fédération d’Afrique australe, rappelant, presque mot pour mot, ce que Véron Mosengo-Omba, le secrétaire général de la CAF, avait confié il y a quelques mois à Jeune Afrique.
Un autre, en Afrique de l’Ouest, avait de toute façon « du mal à imaginer que la CAN se joue deux fois de suite en Afrique du Nord ». Un sélectionneur d’une équipe d’Afrique centrale estimait que la CAF, si elle avait confié son tournoi phare au Maroc en 2025 et à l’Algérie deux ans plus tard, aurait ménagé « les susceptibilités respectives, mais également celles des Européens ».
En effet, la CAF, alors dirigée par Ahmad Ahmad, avait décidé en 2017 que la phase finale aurait lieu en juin et juillet, et non plus en janvier et février, afin d’harmoniser les calendriers et de ne plus froisser les clubs du Vieux Continent, de moins en moins enthousiasmés à la perspective de voir les internationaux africains partir disputer la CAN en pleine saison. Cela ne s’est produit qu’une seule fois, en 2019 en Égypte.
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Au Cameroun, la Fecafoot condamnée à 1,6 million d’euros d’amende
La Fédération camerounaise de football va devoir dédommager Antonio Conceiçao, l’ancien sélectionneur portugais des Lions indomptables, après décision du Tribunal fédéral suisse.
Visiblement, la Fecafoot va devoir prochainement passer à la caisse. La décision rendue le 3 novembre par le Tribunal fédéral suisse ne laisse guère de doutes sur l’issue du dossier. L’instance présidée par Samuel Eto’o a été condamnée en dernier recours par la juridiction basée à Lausanne : celle-ci a confirmé le verdict du Tribunal arbitral du sport, rendu le 8 mai dernier, lequel avait décidé que la Fecafoot devrait régler 1,6 million d’euros à Antonio Conceiçao.
Licenciement abusif
L’ancien sélectionneur de l’équipe du Cameroun avait été limogé en février 2022 avec une partie de son staff technique, juste après la Coupe d’Afrique des nations (CAN) organisée au Cameroun. Le président de la Fecafoot, Samuel Eto’o, qui ne portait pas le coach lusitanien dans son cœur puisqu’il ne l’avait pas choisi, avait décidé de s’en séparer alors que les Lions indomptables venaient de décrocher la troisième place du tournoi.
Antonio Conceiçao, qui avait été nommé sous la présidence de Seidou Mbomba Njoya, le prédécesseur d’Eto’o à la tête de la fédération camerounaise, bénéficiait pourtant du soutien de Narcisse Mouelle Kombi, le ministre des Sports, lequel avait joué un rôle essentiel dans l’arrivée du Portugais à la tête des quintuples champions d’Afrique. Mais rien n’y a fait : Samuel Eto’o a préféré suivre son propre plan et le remplacer par le Camerounais Rigobert Song.
Ses valises à peine défaites lors de son retour au Portugal, Antonio Conceiçao s’était alors empressé d’attaquer la Fecafoot pour licenciement abusif. La commission du statut du joueur de la Fifa avait condamné l’instance à payer 1,6 millions d’euros à l’ancien entraîneur de Penafiel (Portugal) et du CFR Cluj. La Fecafoot avait alors saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS) afin de contester la décision de l’instance faitière du football mondial, lequel avait pourtant confirmé la sentence.
Samuel Eto’o, qui n’est pas du genre à s’avouer vaincu, s’était donc adressé au Tribunal fédéral suisse. Manque de chance, l’autorité judiciaire suprême de la Confédération Helvétique n’a pas changé une ligne au verdict du TAS. La Fecafoot avait pourtant avancé ce qu’elle considérait comme des arguments sérieux. Ainsi, le limogeage de Conceiçao résultait selon elle de l’obligation inscrite dans son contrat de gagner la CAN, ou au moins d’atteindre la finale.
Qui va régler la facture ?
Le TAS avait rejeté cette démonstration, en expliquant que le technicien n’était pas soumis à une telle exigence de résultat et que ses obligations contractuelles avaient été respectées avec une troisième place décrochée lors du tournoi. La Fecafoot avait également argumenté sur le volet financier du contrat de Conceçao, estimant que l’aspect économique devait être assumé par le ministère des Sports. Une requête balayée par le TAS et le Tribunal fédéral suisse, lesquels ont estimé que l’État camerounais n’avait pas à supporter cette charge.
Le recours de la Fecafoot devant le Tribunal fédéral suisse va même lui coûter un peu plus cher que prévu. En effet, en plus de la somme réclamée par Antonio Conceiçao, le comptable de l’instance devra signer deux autres chèques, le premier d’un montant de 17 100 euros au titre des frais judiciaires, et le second de 19 167 euros à titre de dépens. La Fecafoot en aura-t-elle les moyens, alors que certaines sources contactées par Jeune Afrique décrivent sa situation financière comme peu florissante ?
« Si elle ne peut pas payer, il y a des gens qui craignent que ce soit l’État, donc le contribuable, qui finisse par le faire », résume l’une d’elles. Une possibilité balayée d’un revers de main par une source au sein du ministère des Sports : « Le contrat a été signé par le ministre des Sports et l’ancien président de la Fecafoot, et il a été rompu par le nouveau président de la Fecafoot. C’est donc à lui d’assumer ! »
Autre solution : la Fédération internationale de football et d’arbitrage (Fifa) pourrait demander à la Confédération africaine de football de retenir la somme due à Antonio Conceiçao, notamment sur les prochaines dotations attendues par la Fecafoot en vue de la prochaine Coupe d’Afrique des nations en Côte d’Ivoire (13 janvier-11 février 2024). Jeune Afrique a tenté de joindre Me Florian Mbayen-Hegba, avocat au barreau de Paris et conseil de la fédération, ainsi que Blaise Djounang, le secrétaire général de l’instance, sans obtenir de réponse.
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Daniel Kolani, du Togo à Paris : « Un jour au parc de Belleville, j’ai fait la rencontre qui a changé ma vie »
Arrivé en France en 2016 après avoir traversé le désert et la Méditerranée, le jeune homme se forme au métier de tapissier tout en menant des projets de développement dans son village natal.
« Je m’appelle Daniel Kolani, j’ai 23 ans et je suis apprenti tapissier au centre de formation La Bonne Graine, à Paris. Je suis né à Liek, près de Dapaong, dans le nord du Togo. Je suis parti de chez moi pour la première fois quand j’avais 13 ans. Mon père est mort dans un accident en 2011, alors pour aider ma mère, j’ai travaillé dans les mines d’or au Ghana puis au Burkina Faso.
En 2016, j’ai rencontré Mohamed, un Burkinabé dont le frère travaillait en Libye sur des chantiers de construction. Il m’a proposé de partir avec lui pour gagner de l’argent. Nous avons rejoint Niamey, au Niger, puis Agadez, dans un ghetto [un lieu où les migrants sont rassemblés en attendant de pouvoir continuer leur route]. Il faisait sec, nous manquions d’eau potable.
« Les pick-up sont arrivés au bout d’une semaine, de nuit. On était 39 dans le nôtre, assis sur des bidons d’eau. On a passé neuf jours dans le désert. La nuit il faisait froid, nous creusions dans le sable pour nous réchauffer. On a croisé une camionnette qui avait eu un accident. Les passagers avaient survécu, mais on n’avait plus d’eau à leur donner et pas de place pour les prendre. Ils nous suppliaient. Ces gens que nous avons laissés, nous savions qu’ils allaient mourir. C’est un endroit horrible, le désert. Partout, il y a des corps dans le sable, des femmes, des jeunes… Le dernier jour, j’ai dû boire mon urine pour survivre car nous n’avions plus d’eau.
« En Libye, j’ai passé un mois et demi en prison à Gatrone. J’ai réussi à m’échapper des camions quand ils ont voulu nous rapatrier. J’ai passé encore deux semaines dans un ghetto à Sebah, puis à Tripoli. Mohamed et moi, on a retrouvé son frère Ali sur le chantier de la maison d’un Libyen. On a travaillé avec lui et au bout de deux mois et demi, on avait gagné suffisamment d’argent pour lui rembourser le prix du trajet, qu’il nous avait avancé.
Bateau gonflable
« Mais le soir où on a fini le chantier, des voleurs nous ont tabassés et ont pris tout ce qu’il y avait dans la maison. On a eu peur d’être accusés de vol, il fallait fuir. Une connaissance d’Ali, policier, nous a emmenés sur la côte. Des hommes armés ont posé un bateau gonflable devant nous puis ont fait monter les passagers : nous étions 91. Au bout de deux jours, on était toujours en mer, perdus, et le bateau n’avait plus de carburant. On a été repérés par un hélicoptère, puis récupérés par un bateau de marchandises. Une dizaine de minutes après le sauvetage, la pluie et le vent se sont levés. On a vraiment eu chaud ! Nous sommes arrivés à Lampedusa, en Italie, un mercredi soir, après quatre jours de mer.
« C’est là que j’ai été séparé de Mohamed. Je ne l’ai jamais revu. Je suis passé par la Sicile, puis dans un hôtel à Milan. De là, j’ai suivi deux Marocains jusqu’à Nice, en train puis à pied, pour éviter les contrôles. A Nice, j’ai pris un train pour m’éloigner le plus vite possible de la ville, où les contrôles sont très nombreux. Je suis arrivé à Paris, gare de Lyon, de nuit, en septembre 2016. Il fallait que je trouve un endroit où dormir. Un Sénégalais m’a donné l’adresse d’un foyer porte de Clignancourt et deux tickets de métro.
« Elizabeth et sa famille ont décidé de m’héberger le temps de mes démarches. Six ans plus tard, je vis toujours chez elle »
« On m’a conseillé d’aller voir la Croix-Rouge à Couronnes. J’ai été hébergé une semaine dans un hôtel, après j’étais à la rue, je dormais dans le métro. Régulièrement, je retournais les voir à Couronnes. Un jour au parc de Belleville, juste à côté, j’ai fait la rencontre qui a changé ma vie. Elizabeth, une Américaine qui vit à Paris, jouait avec sa fille dans le parc. Elle s’est assise près de moi sur un banc et on a discuté un peu.
Quand elle a compris que j’étais seul, sans toit, elle m’a invité à boire un thé, elle m’a acheté un téléphone et une carte SIM. J’ai pu appeler ma mère pour la première fois depuis près d’un an. Elizabeth et sa famille ont décidé de m’héberger le temps de mes démarches. Six ans plus tard, je vis toujours chez elle.
« Avec l’aide d’une association, j’ai passé le test du Casnav [Centre académique pour la scolarisation des élèves allophones nouvellement arrivés et des enfants issus de familles itinérantes et de voyageurs] trois jours avant mes 18 ans ! Ça m’a permis d’être scolarisé au lycée Léonard-de-Vinci [15e arrondissement]. A la rentrée 2017, j’ai débuté un CAP menuiserie, que j’ai obtenu en 2019. Parallèlement, j’allais à l’association Savoir pour réussir, qui donne des cours de français. J’y ai rencontré plein de gens, des amis, ma vie a commencé à reprendre une énergie positive.
Pompe à eau
« Pendant mon CAP, j’ai fait un stage à l’opéra Bastille, dans la fabrication de décor. J’ai découvert la tapisserie. Quand j’ai vu que le CFA La Bonne Graine préparait à ce métier, je suis allé aux portes ouvertes. J’ai rencontré un enseignant incroyable, qui a été très ému par mon histoire et m’a beaucoup soutenu pendant ma scolarité. Je serai diplômé à la fin de l’année scolaire !
« En décembre 2019, avec ma carte de séjour, j’ai pu pour la première fois retourner voir ma mère au Togo. Ces retrouvailles étaient très émouvantes. Mon retour a changé beaucoup de choses pour elle, car être une femme seule au Togo est compliqué. Mes oncles voulaient la remarier, mais aussi marier ma sœur. Je leur ai dit qu’elles feraient comme elles voulaient. Ma sœur, Meri, a continué sa formation de couturière et a eu son diplôme. Aujourd’hui, elle a son entreprise et embauche des apprenties.
« J’ai voulu améliorer la vie du village, qui n’avait pas l’eau potable. Les enfants se levaient à 4 h 30 et marchaient sept kilomètres pour aller chercher de l’eau avant de partir à l’école. Mon projet était de financer un forage pour installer une pompe à eau. Avec une amie en France, nous avons récolté 6 000 euros grâce à une cagnotte en ligne. Quand les gens du village ont su ce qu’on essayait de faire, ils ont construit la route qui a permis au camion de forage de parcourir la distance qui le séparait de la route principale. C’était fou ! L’entreprise est venue forer en avril 2022 et depuis, le village a de l’eau potable. Ça a changé leur vie. Mon prochain objectif serait d’arriver à créer une école.
« Avec ma mère, on se donne très souvent des nouvelles. Et en France, je ne suis plus seul grâce à Elizabeth, sa famille et mes amis. Mais je suis toujours tiraillé entre les deux pays. J’aime la France, mais je ne suis pas à l’aise comme si j’étais chez moi. Quand je suis au Togo, j’essaie de dire aux jeunes de ne pas partir. Certains dépensent des milliers d’euros pour la route ! Si j’avais eu cet argent au Togo, je n’aurais jamais fait le voyage. On peut créer des choses sur place, des entreprises qui ensuite prennent des jeunes pour les former, comme le fait ma sœur. »
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