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  • Au Togo, l’assassinat de Tavio Amorin est plus qu’un drame national

    Au Togo, l’assassinat de Tavio Amorin est plus qu’un drame national

    « Je préfère leur histoire plutôt que leur éloge; car on ne doit aux morts que ce qui est utile aux vivants: la vérité et la justice. » Condorcet

    L’assassinat de Tavio Amorin est plus qu’un drame national. C’est une perte inestimable pour une jeune nation comme le Togo qui a plus que besoin du talent et de l’engagement de ses fils. Des plus doués surtout. Pour ces compagnons et pour ceux qui l’ont approché, Tavio était tout simplement né pour conduire et indiquer la voie.

    En effet, il y a 32 ans jour pour jour, la nation entière s’était réveillée sous l’onde de choc que les médias et le bouche-à-oreille ont entraînée dès l’annonce du lâche et cruel attentat au fusil mitrailleur qui a fauché ce compagnon. Ce fut un acte de haute barbarie commandité par les ennemis du peuple togolais, les assassins de la liberté : Eyadéma et ses partisans. Quoiqu’il en soit, les mains qui ont exécuté ce jeune homme d’une stature exceptionnelle, sont connues : Boukpessi et Karéwé. Le peuple togolais attend le jour de vérité et de justice. En ces jours de souvenir, le MO5 qui doit son appellation compacte et sonnante à l’intelligence et à l’esprit inventif de ce co-fondateur regretté, invite la nation toute entière à prier avec ferveur pour le repos de son âme.

    Le MO5 renouvelle ses hommages à l’illustre compagnon et propose aux lecteurs cette biographie intitulée TAVIO, COMME UN MÉTÉORE, publiée il y a 32 ans par un journaliste togolais de talent: Léopold Ayivi qui périra, lui-même, ironie du sort, sous les balles meurtrières des tueurs à gage d’Eyadéma Gnassingbé et clan.

    « Tavio est né en 1958, année où la lutte pour l’indépendance battait son plein. Son père Carlos Amorin, à l’époque agent de l’UAC, était engagé dans cette lutte aux côtés de Sylvanus Olympio et d’autres comme Firmin Abalo, Michel Folly… De sa mère, Adolé née Goeh-Akué, commercante de naissance, mais anciennement caissière à la BCEAO, Tavio était le premier garçon et le dernier enfant après ses trois sœurs: Sophie, Henriane et Chantal.

    Tavio a passé son enfance à Anagokomé dans la maison familiale, maison Amorin, sise Avenue Thiers à l’époque. C’était une grande maison qui, pendant les grandes vacances, arrivait à rassembler une cinquantaine d’enfants. Ce cadre lui a permis de développer l’esprit d’équipe et de cultiver la tolérance. Il fit ses premières années scolaires à l’école catholique de Kokétimé. C’était en 1964 où il était admis à la garderie. Il suivit le cours normal jusqu’au CM2 où il obtient son CEPE avec mention très bien, en 1970, date à laquelle il entame ses études secondaires au collège Saint Joseph.

    Un très bon élève

    Tavio était un très bon élève, toujours classé parmi les premiers. Il était le potache qu’on aimait bien. Sauf qu’il écrivait comme un … crabe. Et il a gardé cette calligraphie extrêmement nerveuse, jusqu’à l’âge adulte. Le football était son violon d’Ingres. Cela a failli déjà lui coûter la vie. C’était en 1969 à Kokétimé, où il avait été élève quelques années auparavant. La partie était âpre, comme on savait en livrer à cet âge-là. Sur une balle aérienne, deux têtes entrent en collision. Celle de Tavio, sans doute plus fragile, se mit à enfler à vue d’œil. On appela un médecin à son chevet : ce médecin était un certain Dr Marc Atidépé.

    Depuis qu’il est rentré d’exil, tous les samedis après-midi, il retournait à l’école catholique de Kokétimé revivre l’ambiance de son enfance. Son autre grande passion était les bandes dessinées. Il lisait tout le temps Akim, Blek le Rock, Nevada, Capitaine Swimg, Piscou, et suivait Tintin et Milou dans toutes leurs pérégrinations. Même devenu homme politique, il ne dédaigne pas emprunter les BD de ses neveux. Ce fils unique, seul garçon parmi trois filles, n’avait pas été choyé par sa mère. Son éducation fut tout à fait spartiate, comme la petite bourgeoisie de l’époque savait en donner à ses rejetons. S’il arrivait à Tavio de se rendre coupable de quelques menus méfaits, il recevait fessées et gifles comme tout le monde : Sa maman l’obligeait à laver lui-même son linge. Et s’il refusait d’obtempérer, il était tout simplement privé du prochain repas. Après son baccalauréat au collège Saint Joseph en 1977, (mention bien), il part en France, à Poitiers. Deux ans après, il monte à Paris, disant qu’il en avait ras-le-bol de la province, de Poitiers et de ses maths-physiques. Il reste donc à Paris où il étudie l’informatique et l’organisation. Plusieurs stages dont un chez Matra, la grande firme française, l’aide à affûter ses armes. Il savait se « débrouiller » comme on dit. Il est inventif et imaginatif. Témoin, cette histoire dont les téléspectateurs français se souviennent pour l’avoir apprise sur FR3, l’une des chaînes françaises. Pour arrondir ses fins de mois, un étudiant togolais du nom de Tavio Amorin avait monté une petite affaire tout à fait surprenante de simplicité et d’originalité : il avait passé une annonce, s’était constitué un fichier. Les clients l’appelaient pour lui communiquer l’heure à laquelle ils voudraient avoir leurs croissants pour le petit déjeuner. Tavio passait alors commande au boulanger, livrait les croissants, et palpait à son tour la galette sous forme de ristournes et de pourboires. Cette initiative lui a valu les honneurs de la troisième chaîne française dans une émission de jeunes. Il travaille ensuite chez des importateurs de produits tropicaux en qualité de responsable des achats. Quand il décide de revenir en Afrique, c’est par cette filière qu’il est envoyé à Abidjan.

    Il n’aurait pas pu rentrer au Togo pour des raisons politiques. Venu en vacances au Togo en 1980, et eu égards à ses liens familiaux avec Francisco Lawson, lui-même en exil, il a eu maille à partir avec un officier supérieur de l’armée en poste à Kara, qui avait proféré des menaces à son endroit : «où que tu sois, on te retrouvera». A la suite de cet incident, il n’a plus remis pieds au Togo jusqu’à la proclamation de la loi d’amnistie en 1991. Entre temps, il obtient en France le statut de réfugié politique, mais n’a jamais pris la nationalité française, contrairement à ce que beaucoup croient.

    Admirateur de Nkrumah

    Pour son âge, il avait une culture politique tout à fait remarquable. C’est qu’il ne faisait jamais les choses à moitié. Bien que n’ayant pas fait des études de droit, il s’est intéressé à la chose juridique, et à la chose politique. Sa formation politique est à la foi livresque et reçue « sur le tas » avec les jeunesses du parti communiste français, puis avec les jeunesses du parti socialiste français, tendance Jean-Pierre Chevènement. Grand admirateur de Kwame Nkrumah, de George Padmore, de Marcus Garvey et de toutes les grandes figures du mouvement panafricaniste, Tavio considérait que la plus grave offense qui ait été commise à l’égard de l’Afrique, ce fut la balkanisation du continent. D’où son admiration sans borne pour ceux qui à ses yeux apparaissent comme les pionniers de l’unité africaine. Entre le père et le fils, les rapports étaient ceux qui pouvaient exister entre deux êtres qui s’estimaient mutuellement et se comprenaient à demi-mot. Et si l’éducation spartiate dont il avait été question plus haut ne permettait pas entre le père et le fils une familiarité trop grande, Tavio à force d’être resté constamment dans le sillage de son père, d’humer et de s’imprégner de son parfum, a fini par s’identifier totalement à ce patriote courageux et généreux.

    A l’endroit de sa mère, Tavio nourrissait une véritable vénération. La mère et le fils étaient pourtant bien si loin de s’entendre parfaitement sur tous les sujets. Maman Tavio n’aimait pas le goût prononcé que manifestait son fils pour la politique. Elle ne ratait aucune occasion pour le lui faire comprendre. Elle revendiquait son droit d’attendre de son fils qu’il entame une carrière véritable, fonde un foyer et fasse « plein de petits ». Mais pour le fils, la politique était au-dessus de tout et passait avant tout. La maman, dès le début du renouveau démocratique et vu la part prise par son fils aux travaux de la conférence nationale souveraine, avait très peur pour lui. Elle était convaincue que la politique était un jeu dangereux et que Tavio ne devait pas se mêler de tout cela. Malheureusement pour le fils, le sort en était jeté, le destin s’était mis en branle. L’enfant était happé par le flot impétueux des courants irrésistibles qui conduisaient le Togo vers la démocratie. Tavio était de tout son être, de toute son âme, plongé dans la fièvre démocratique qui a fini par le consumer.

    Prémonition

    Mercredi, la veille de l’attentat qui devait l’emporter, il rendait visite à sa mère. Il revenait lundi d’une mission à Damas (Syrie) et c’était la première fois depuis son retour de mission, que la mère revoyait son enfant. Elle le fixa longuement. La soudaine intensité du regard maternel ne manqua pas d’intriguer le fils qui fit remarquer : «Mais tu me regardes tout le temps! (…) Ça me fait de la peine parce qu’un beau jour on va m’assassiner. Et ta douleur… Non je n’ose pas penser à ce que sera ta douleur. » Le lendemain, la prophétie se réalisait. Tavio tombait sous les balles de son assassin.

    La maman avait beaucoup souffert moralement des dangers et des risques énormes de la vie qu’avait choisie de vivre son fils. Après le 3 décembre 1991, Tavio s’était exilé à Cotonou. Il revint à Lomé pour une réunion du Haut Conseil de la République. Sa mère le voyant arrivé à la maison, manqua de tomber dans les pommes. Ce fut un grand choc pour elle. Elle avait été soulagée de le voir partir pour l’exil. Et voilà Tavio qui revenait… Depuis qu’il est rentré au Togo, il ne s’était jamais protégé. Il n’avait même pas de gilet pare-balles. Il n’avait pas d’arme. Il disait : « Même si je prenais des gardes du corps, si cela devait arriver, ce sont ces mêmes gardes qui vont me tirer dessus». Mais quand il était rentré du voyage lundi, il était un peu plus corpulent que d’habitude. Il portait un gilet pare-balles : «Voilà, ditil ce que j’ai ramené pour me protéger». Il avait donc son gilet lundi. Mardi également. Mercredi, il ne l’avait pas porté. Jeudi non plus. Et c’est précisément ce jour que les balles l’ont fauché ».

    Tino Agbélenko Doglo, MO5

  • Kangni Afanou : « Sur la CEDEAO, on savait presqu’il ne fallait pas en attendre grand-chose »

    Kangni Afanou : « Sur la CEDEAO, on savait presqu’il ne fallait pas en attendre grand-chose »

    L’image de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’ouest est sérieusement écornée parce qu’elle donne l’impression de s’occuper des intérêts des chefs d’Etat que de faire la promotion de la démocratie, garante du développement économique. Malheureusement son Parlement aussi semble s’inscrire dans la même logique, au grand dam d’André Kangni Afanou, juriste, président du Centre de formation et de documentation sur les droits de l’Homme (CDFDH-Togo) et directeur du Bureau Afrique du Centre pour les droits civils et politiques ( CCPR – Centre ), une organisation non gouvernementale basée en Suisse.

    Lire ci-dessous son commentaire.

    « Sur la CEDEAO, on savait presqu’il ne fallait pas attendre grand-chose des Chefs d’Etat et de gouvernement ou de la Commission de la CEDEAO. On commençait à penser que quelque que chose de bon pourrait venir du Parlement.

    Mais alors, que penser de cette prise de position du Bureau du Parlement de la CEDEAO ? Les membres du Bureau auraient-ils vraiment peur de “se faire gronder” par les Chef d’Etat ?

    A cette allure, ne risque-t-on pas de nous annoncer dans les jours à venir que le parlement serait dépouillé de ses prérogatives et que les députés devraient soumettre leurs déclarations à leurs gouvernements pour approbation avant de les présenter ?

    Devant qui les députés sont-ils vraiment redevables ? Les Chefs d’Etat ou les peuples ?

    Inéluctablement, nous sommes à croisée des chemins. Soit la CEDEAO entame se donne le courage de se réformer pour répondre aux aspirations des peuples, soit elle reste dans une posture conservatrice et alors, elle creuserait le fossé avec les citoyens et risque de courir vers sa perte.

    L’histoire s’écrit sous nos yeux. A chacun d’assumer ses choix.

    Que Dieu nous aide ».

    André Kangni Afanou

  • Le document fondateur de Freedom Togo, un mouvement de libération nationale

    Le document fondateur de Freedom Togo, un mouvement de libération nationale

    Votre journal en ligne a une copie du contenu du document fondateur de Freedom Togo, un mouvement de libération lancé par trois togolais de la diaspora, plus précisément en terre française.

    QUI SOMMES−NOUS ?

    Nous sommes nombreux, très nombreux, enfants du Togo, exilés à travers la planète. Nous avons une parfaite conscience de la pauvreté installée dans notre pays par un pouvoir militaro-oligarchique ayant décidé d’affamer le peuple afin de le tenir en laisse, comme on tient des esclaves.

    Pour répondre à l’appel de nos frères et sœurs éparpillés à travers le globe, nous avons décidé de nous rassembler au sein du Mouvement Freedom Togo, animé par notamment Kofi Yamgnane, François Boko, Jean-Sylvanus Olympio. Nous avons décidé de faire de notre Mouvement le creuset de l’unité de la diaspora togolaise d’abord, du peuple tout entier ensuite, face à l’injustice, à la corruption, à la manipulation, à la dictature et ce Mouvement est la démonstration de notre volonté inébranlable de conquérir pacifiquement le pouvoir pour la libération totale de notre pays.

    POURQUOI CETTE INITIATIVE ?

    Nous constatons que le Togo est un pays condamné à l’inanition, un pays  aujourd’hui où règne un  total chaos, un pays en proie à la faillite morale, économique et sociale, un Haïti africain !

    Le Togo, un Etat-vache-à-lait, pris en otage par la minorité prédatrice au pouvoir : une poignée de dirigeants qui affichent une démocratie de façade mais qui ont en réalité fait de l’État togolais “leur-vache-à-lait”. En leurs noms propres ou ceux de leurs parents et proches, ils sont les riches propriétaires de bâtiments luxueux, de villas somptueuses, d’hôtels étoilés, de fermes gigantesques et de diverses sociétés-écrans qui se multiplient sans qu’on ait la moindre idée ni de l’origine ni de la légalité des capitaux utilisés. Pendant le même temps, tout citoyen togolais peut constater l’état d’abandon du pays :

    Une jeunesse abandonnée, réduite au chômage ou condamnée à la prison, à l’exil ou à la rue.

    Un enseignement au rabais pratiqué par des enseignants profondément déconsidérés.

    Un réel délabrement de la sécurité alimentaire et de la santé publique.

    Des logements indécents, sans droit d’accès à l’eau potable et à l’énergie électrique.

    Des services publics politisés à l’excès, privatisés par la coalition au pouvoir et mis à son seul service.

    Une justice au service exclusif du pouvoir politique.

    Une Cour constitutionnelle désacralisée et totalement partiale, discréditée.

    Un paradis des violations des droits humains.

    Le Togo n’est pas un État, le Togo est l’Empire de la prédation, de la corruption et de l’impunité.

    Une culture de l’insécurité assumée : l’armée nationale se contente de regarder les djihadistes égorger ses parents, ses frères et ses sœurs et repartir tranquillement vers le Sahel.

    Une catastrophe humanitaire sans précédent : la moindre pluie inonde le pays tout entier, villes et villages, y compris la capitale qui ne connaît ni assainissement, ni répurgation.

    Un gouvernement qui condamne à l’exil ses citoyens vivants et même morts.

    Le Togo, autrefois réputé “Suisse de l’Afrique”, est devenu le temple de la pauvreté, la risée du continent et du monde.

    Et cerise sur le gâteau, le gouvernement a décidé de transformer la République en un royaume puisque le nouveau président du Conseil devenu omnipotent, ainsi que le Président de la République, désormais condamné à inaugurer les chrysanthèmes, ne seront plus jamais élus par le peuple, mais nommés !

    Comment accepter une telle forfaiture ? Refusons ! C’est la raison d’être de Freedom Togo-Mouvement de Libération Nationale (MLN).

    OÙ ALLONS−NOUS ?

    Sans ambages, nous partons à la conquête du pouvoir dans l’unité, la paix et la concorde, car seul un pouvoir démocratique, celui qui est confié par le peuple souverain,  est le levier de libération de notre pays qui en a un besoin impérieux.

    En prenant le pouvoir, nous nous saisissons donc de ce levier pour libérer le Togo et, tous les moyens sont bons pour nous en accaparer!

    C’est l’unique objectif pour lequel nous lançons un vibrant appel au peuple togolais dans toutes ses composantes : les jeunes et les vieux, les hommes et les femmes, les civils et les militaires (armée de terre, air, mer, gendarmerie et police nationales, douanes…), les artisans et les commerçants, les coopératives et les syndicats, les étudiants et les lycéens, les collégiens et les écoliers, les églises, les temples et les mosquées, les citadins et les villageois, les habitants de toutes les régions, les membres de toutes les ethnies, les cultivateurs et les ouvriers, les chômeurs et les travailleurs…

    Prenons en main notre destinée ! Personne ne viendra le faire à notre place ! C’est à nous de lancer la promotion de la démocratie, la bonne gouvernance, la paix et le développement de notre pays. C’est le préalable à la Renaissance d’un véritable État de droit au Togo, un État libre, laïque, égalitaire, social, démocratique…

    Charte Des Valeurs Du Mouvement De Libération Nationale

    1.     Le processus de démocratisation enclenché au Togo connaît des difficultés à cause de la volonté du régime en place de monopoliser l’espace public et son refus d’alternance politique au sommet de l’État. Le désir effréné de conservation du pouvoir politique à tout prix est parachevé par le récente monarchisation du pays contre la volonté du peuple togolais.

    2.     Cette volonté affichée de conservation de pouvoir à vie a rendu nécessaire, voire indispensable notre action, qui se décline comme un devoir envers la patrie en péril, pour donner naissance au Mouvement de libération nationale (MLN) qui se veut un front uni devant conduire à une alternative politique de gouvernement par la rigueur et la cohérence dans l’action politique, s’inscrivant dans la dynamique de rassembler et de fédérer les Togolais de l’intérieur comme de l’extérieur dans une démarche unitaire en de vue conclure la longue lutte de libération nationale.

    3.     Le MLN est un mouvement politique et citoyen. Il combat et rejette en bloc la méthode de gouvernance politique et économique actuelle au Togo, gangrenée par la corruption, les détournements, la mauvaise répartition des richesses, le mépris de la personne humaine, et par la récente instauration de la monarchie. Il est porté par des femmes et des hommes qui refusent de se résigner à ce désir funeste de privatisation de la vie publique et politique au Togo, qui entendent se prévaloir rigoureusement et de manière efficiente de leurs droits inaliénables et imprescriptibles, inscrits dans le marbre de la Constitution du 14 octobre 1992, notamment en ses articles 45 et 150.

    4.     Le MLN est une vision qui consiste à se défaire de tout esprit de résignation en vue de redonner l’espoir au vaillant peuple togolais en lutte pour la démocratie et l’éclosion de son développement, son émancipation, son mieux-être et du vivre ensemble. Ce front est un rassemblement de personnes engagées qui partagent un socle de valeurs, une volonté réelle et manifeste de transcender toutes sortes clivages pour construire, dans le consensus le Togo, l’Or de l’humanité.

    5.     Nous, adhérents et sympathisants du MLN, avons en partage les principes et valeurs d’humanité, de solidarité, de fraternité, d’égalité, de liberté, de République, de laïcité et, pardessus tout, l’émancipation et le respect de la personne humaine. Chaque adhérent comme chaque sympathisant doit respect aux règles élémentaires de courtoisie, d’honnêteté, de probité, d’intégrité outre le devoir de soumission aux normes et lois d’une République.

    6.     Le MLN prend l’engagement d’être proche des Togolais et de leurs réalités quotidiennes ; d’être à l’écoute de leurs préoccupations, d’expliquer les choix nécessaires à toute action, de tenir un langage de vérité, de mettre en avant l’intérêt général, la gestion responsable, la redevabilité, l’intelligence collective par l’engagement des Togolaises et des Togolais dans la vie publique.

    7.     Le MLN a comme impérieux devoir l’instauration d’une société de liberté, de responsabilité, de justice et de séparation des pouvoirs. Le principe d’une telle société est la démocratie qui vise à porter au plus haut la conscience et la responsabilité des citoyens. Chaque citoyen doit être considéré comme un acteur des choix publics qui le concernent.

    Kofi Yamgnane                           François Boko                              Jean-Sylvanus Olympio

  • Doumbe de Mango: pourquoi l’équipe dirigeante a démissionné

    Doumbe de Mango: pourquoi l’équipe dirigeante a démissionné

    Doumbe FC de Mango, un club de football de première division au Togo, est actuellement sans dirigeants officiels. Son bureau exécutif a démissionné depuis ce 13 juillet à travers un courrier adressé aux supporters.

    A l’issue d’une saison compliquée, dans l’élite, les dirigeants de Doumbe de Mango ont rendu le tablier. Au grand dam d’une partie des supporters.

    Une démission que le bureau exécutif, président par Bamba Mikaila Moussa, explique par « l’essoufflement de ses membres à pouvoir continuer cette aventure ». Les raisons financières sous-tendent en grande partie son choix, dit-on.

    En termes de bilan, « au cours de notre mandature nous avons pu faire monter notre club en première division et jouer aussi une année de maintien », retient-il. Et de conclure : « (…) le bilan est positif grâce à l’effort de tous les fils et filles de notre préfecture ».

    La question qui demeure reste qui prendra la relève ?

  • Au Togo, découvrez le nouveau champagne Bollinger spécial cuvée chez Dafrimex 

    Au Togo, découvrez le nouveau champagne Bollinger spécial cuvée chez Dafrimex 

    Découvrez le nouveau champagne Bollinger spécial cuvée chez Dafrimex à Lomé ! Laissez- vous séduire par son goût exquis et sa qualité inégalée.

    Pour toute information, il suffit de contacter (228)92559711. Un accueil chaleureux vous y attend, le tout dans un environnement que vous n’oubliez jamais.

    Bd. de la république carrefour ancienne primature à 100m de l’ambassade d’Allemagne
    Kodjoviakopé – BP 12610 Lomé.

  • Togo-ASKO: après le sacre, les félicitations de la FIFA

    Togo-ASKO: après le sacre, les félicitations de la FIFA

    Gianni Infantino, le patron de la FIFA, adresse ses “chaleureuses félicitations” à ASKO de Kara, championne du Togo pour la cinquième fois consécutive. Un exploit.

    Dans une correspondance adressée au Colonel Guy Kossi Akpovy, président de la Fédération Togolaise de Football (FTF), Gianni Infantino a salué les efforts constants et les résultats impressionnants des “Kondona” de la Kozah tout au long de la saison.

    “Leurs efforts constants et les résultats obtenus tout au long de la saison ont porté leurs fruits et leur ont permis de remporter ce titre important. Félicitations à chacun des membres de l’équipe et du club pour cette belle réussite”, a écrit Gianni Infantino. Il a également remercié le président de la FTF et toute la Fédération pour leur soutien continu, leur travail et leur dévouement au développement du football au Togo.

    Gianni Infantino a conclu sa lettre en remerciant la Fédération pour sa contribution au développement et à la prospérité du football au Togo.

    Rappelons que le dimanche le 7 juillet 2024, ASKO de Kara a conservé son trophée de champion après avoir terminé la saison avec 69 points + 26 en obtenant à l’issue des 30 journées de D1 LONATO, 21 matchs gagnés, 6 matchs nuls et 3 défaites.

    Avec FTF

  • Les personnes LGBT+ originaires du Togo pourront obtenir le statut de réfugié en France

    Les personnes LGBT+ originaires du Togo pourront obtenir le statut de réfugié en France

    En France, la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) reconnaît l’existence au Togo d’un « groupe social » des personnes homosexuelles, leur donnant droit au statut de réfugié si elles en font la demande. La décision a été prise le 17 juillet après l’examen du cas d’un Togolais, ayant fui son pays en raison de son orientation sexuelle.

    Lorsque la famille de ce trentenaire découvre son homosexualité, elle l’attache et le soumet durant une semaine à de mauvais traitements. Par chance, une amie s’interpose et il arrive à s’enfuir.

    Cette semaine, la cour nationale du droit d’asile  a reconnu que cet homme risquait des persécutions s’il retournait au Togo. Il bénéficie donc désormais du statut de réfugié en France.

    La CNDA est allée plus loin en considérant la communauté LGBT+ au Togo comme un groupe social, c’est-à-dire comme un groupe partageant certaines caractéristiques, une identité propre perçue comme étant différente par la société environnante ou par les institutions. Et les persécutions liées à l’appartenance à un groupe social donnent droit au statut de réfugié tel que défini par la convention de Genève de 1951.

    La Cour souligne dans sa décision qu’une personne homosexuelle au Togo encourt d’un à trois ans de prison, peut subir des arrestations arbitraires, du harcèlement de la part de la police et une discrimination dans la société. Plus généralement, les personnes LGBT+, perçues comme « déviantes », éprouvent ainsi des difficultés à accéder à l’emploi, au logement, à l’éducation et à la santé.

    La décision de la CNDA bénéficiera donc à tout Togolais, reconnu comme appartenant au groupe social LGBT+, qui demanderait la protection de la France.

    Avec rfi.fr/afrique

  • Interview exclusive de sa Majesté Xwla Xolugbo METO AHOUSSAN IX : «Garder un lien avec les racines et éviter l’aliénation»

    Interview exclusive de sa Majesté Xwla Xolugbo METO AHOUSSAN IX : «Garder un lien avec les racines et éviter l’aliénation»

    C’est en marge de l’inauguration officielle de la cité des enseignants de village Agbanakin le 12 juillet dernier que le Chef de la localité, sa Majesté Xwla Xolugbo METO AHOUSSAN IX , a fait construire sur fonds propres, la tête couronnée nous a accordé une interview exclusive dans laquelle il a abordé plusieurs, notamment son parcours professionnel,  l’origine de son village, l’éducation, ses perspectives pour la jeunesse d’Agbanakin, sa vision pour le Togo et l’Afrique, mère des continents. L’homme très dense a appelle les Africains dont les Togolais à éviter l’aliénation complète car selon lui, un arbre sans racine n’existe pas. L’Afrique ne pourra se développer que sur des valeurs ancestrales. Lisez plutôt !

    Qui est sa Majesté Xwla Xolugbo METO AHOUSSAN IX ?

     Je vous remercie beaucoup. Qui suis-je. Je suis un fils du Togo. Un enfant du Togo qui est né dans ce petit village Atchamé à côté d’Agbanakin. On peut dire qu’a Agbanatchamé est un quartier d’Agbanakin. Et dans ce village d’Agbanakin à l’époque, il n’y a avait pas d’eau, il n’y avait pas d’électricité et aujourd’hui, je suis devenu médecin et roi. Et ceci justement justifie  l’importance que j’accorde à l’éducation. On peut sortir d’un trou et aller au sommet de la lumière. Donc, c’est la raison pour laquelle, j’ai voulu construire ce que nous appelons aujourd’hui cité des enseignants d’Agbanakin pour permettre n’est-ce pas de mettre les enseignants dans de bonnes conditions et donner un avenir radieux à nos enfants et permettre à nous autres parents de regarder avec confiance vers l’avenir de ces enfants là.

    Vous êtes un sage, un médecin. Vous avez sillonné le monde. Qu’est-ce qu’on peut retenir de ce parcours que vous avez fait ?

    Il y a plusieurs choses à retenir. Dans mes parcours, j’ai essayé de réhabiliter nos valeurs de civilisation à travers la création d’une organisation internationale qu’on appelle PROMETRA (Promotion des Médecines et Traditions Africaines). Cette organisation que j’ai créée dont le siège est à Dakar au Sénégal bénéficie d’un accord de siège qui nous confère une structure diplomatique. La PROMETRA  aujourd’hui a 28 représentations à travers le monde dont  20 en Afrique.

    Plusieurs en Europe et aux États-Unis. Cette représentation travaille dans les domaines pluridisciplinaire et multisectorielle de manière pointue en réhabilitant nos valeurs de civilisation. Parce que, je suis très convaincu que ce qui va détruire l’Afrique, ce n’est pas le pillage de nos ressources. Ce n’est pas le terrorisme. C’est l’aliénation. Aujourd’hui, l’intelligentsia africaine. Nous Africains, nous avons vendu notre raison aux Européens, aux Occidentaux et notre foi aux Arabes. Mais, c’est quoi aujourd’hui nos racines ? Il est évident qu’un arbre sans racine n’a pas d’avenir.

    C’est pourquoi dans ce sillonnement du monde appelons ça comme ça, j’essaie de promouvoir nos racines, nos  valeurs de civilisation pour que l’Afrique soit ressuscitée, qu’elle ne meurt pas dans ce monde en pleine mutation, ce monde à la croisée des chemins. J’ai essayé autant que possible d’écrire plusieurs ouvrages pour faire la promotion de l’Afrique. L’histoire africaine et conscience africaine à travers les âges. J’ai écrit une quinzaine d’ouvrages dans ce sens-là. Et aussi j’ai écrit d’autres livres sur la médecine africaine par exemple : Santé par les plantes. Vous rentrer seulement dans une cuisine, si vous savez très bien utiliser ce qu’il y a dans cette cuisine, croyez-moi, vous n’aurez pas besoin de médecin. Donc, j’ai fait essayer des choses simples qui sont là, qui peuvent apporter au niveau des villages, au niveau des communautés pas très aisés un bien être sanitaire absolument incomparable.

    Dans ce cheminement vers l’extérieur aussi, j’ai fait beaucoup de recherches collaboratives beaucoup, beaucoup. J’ai fait des recherches collaboratives avec plusieurs structures internationales, plusieurs universités et plusieurs institutions. Ce sont des recherches extrêmement pointues qui m’ont permis aujourd’hui d’avoir plusieurs brevets d’invention sur des maladies extrêmement délicates. Et bien dans ce cheminement aussi, nous avons essayé d’implanter un peu à travers le monde, ce qui peut permettre de réhabiliter ces  valeurs de civilisation. Par exemple en Afrique du Sud où nous avons une représentation nationale. On a organisé ce qu’ils appellent les Sanoussi et  qui font un travail remarquable pour faire prendre en santé la communauté villageoise, communauté locale à travers des enseignements mais aussi à travers des pratiques, des services à la population.

    Par exemple PROMETRA Ouganda,  aujourd’hui, c’est le Président Museveni qui a pris  un décret officiel pour demander à PROMETRA Ouganda ma représentation dans ce pays pour enseigner les médecines traditionnelles dans toutes les universités  ougandaises. Et le Premier ministre Ougandais  à l’époque  m’avait donné une forêt de dix (10) hectares que j’ai aménagée et qui permettent aujourd’hui aux étudiants ougandais de faire des thèses sur la biodiversité, les thèses sur les connaissances et les savoirs africains. Et bien au niveau du Bénin par exemple, nous avons essayé de contacter, de réhabiliter tout ceux qu’on appelle les Vodounons.

    Aujourd’hui, nous avons mis en place la communauté nationale du culte Vodou du Bénin  bientôt 30 ans et chemin faisant nous bénéficions  aujourd’hui de la célébration officielle du 10  janvier, qui est chômé, férié, payé et qui permet n’est-ce pas la réhabilitation et la manifestation des cérémonies du culte Vodou. Un véritable festival qui se fait un peu partout au Bénin mais spécifiquement à Gand Popo où nous avons implanté une tribune officielle pour permettre aux populations « Vodouisante » d’aller célébré leur cérémonie.

    Disons notre activité est  le multiforme et multisectorielle. Et  spécifique à chaque pays. Par exemple au Sénégal où nous avons l’accord de siège, j’ai construit un centre qu’on appelle Centre Expérimental de Médecine Traditionnelle, construit sur 60 hectares et ouvert à 450  guérisseurs. Et dans ce centre, j’ai implanté un petit hôpital moderne avec un Docteur en médecine et un laboratoire équipé.

    Quand le malade vient dans ce centre, il va d’abord dans l’hôpital conventionnel pour bénéficier d’un diagnostic précis basé sur ce qu’on peut appeler la médecine conventionnelle. Son travail s’arrête là. Il n’a pas le droit de donner un médicament dans ce centre. Une fois  par exemple, un malade vient le médecin dit un  diagnostic précis: Pneumonie. Son travail s’arrête là. Le même malade va chez le guérisseur. L’unité des soins des guérisseurs. Ce dernier a ses moyens de voyance et ses moyens diagnostique. Il dit que le même malade a un  mauvais vent. Nous ne disons pas que mauvais vent est égal : Pneumonie. Ce n’est pas notre préoccupation. Est-ce que vous avez une solution pour le  mauvais vent ? Il dit oui. Bien donnez-nous un délai. Pendant que le malade reçoit exclusivement le traitement donné par le guérisseur où il promet de le guérir dans 15 jours et bien, chaque semaine, le malade va dans l’hôpital conventionnel pour que le Docteur en médecine prélève un peu l’évolution de sa pneumonie. Mais à la fin, on évalue. S’il y a aggravation, il y a stagnation, il y a amélioration ou il y a guérison. Et  chaque 10 ans depuis que j’ai créé ce centre en 1986, chaque 10 ans, on note 65% de guérison totale, 25 % d’amélioration quantifiable. Ça fait 90 % de bons résultats.

    Aucune structure conventionnelle au monde n’a ce résultat. Surtout que nous ne revoyons personne. Tous ceux qui tapent à notre porte, nous les recevons. Même les malades qui sont renvoyés par les hôpitaux et qui viennent là-bas sur brancards avec étiquette, nous n’avons pas de solution. Vous comprenez donc que dans le cadre au moins de la santé, je suis convaincu que l’Afrique a plus à donner au nord qu’à recevoir du Nord, et nous devons être décomplexés parce que nous allons de plus en plus vers le monde du donner et de recevoir et bien si nous n’avons rien à donner nous serons considérés comme des cafards et le monde va nous exterminer. C’est ça là où nous allons. Et ce serait dommage que dans ce monde où c’est le partage d’économie qui intéresse le monde, si l’Afrique très riche en sous-sol ne s’exprime pas, ne se rend pas utile, et bien, hier c’était la conférence de Berlin qui a divisé l’Afrique en de petits Etats sans âme. Demain, ce ne sera plus la conférence de Berlin mais la prochaine conférence se sera l’Afrique sans les Africains. Et bien, ils vont diviser l’Afrique  suivant les richesses.

    Si vous voulez du cobalt, on va vous donner la Guinée. Qu’est-ce que vous allez faire de la population de la Guinée ? C’est devenu votre titre  foncier. Vous zigouillez les Guinéens, ainsi de suite. Ce serait préoccupant et dommage que l’Afrique mère des civilisations, l’Afrique mère de toutes les civilisations puisse comme ça par la paresse ou l’inconscience de ses enfants ne puisse pas réhabiliter ce que leurs ancêtres ont fait. C’est un peu ça , ma  bagarre et ma  bataille.

    Quand on parle du village d’Agbanakin, c’est localité ?

    Nous devons remonter à la civilisation Ezame Tado faut jamais dire Adja Tado ! Non, non ! ça      s’appelle Ezame Tado. Parce que Adja c’est seulement hier. Ezame Tado existe depuis 350 000 ans. Et pendant plus de 300.000 ans le monde entier était peuplé de noirs. Et la source d’Homo sapiens, c’est Ezamé Tado. Dons si des noirs ont sillonné partout. Et bien, c’est les Ezame Tado qui ont sillonné partout. Et ce qui est certain, parce que tous les grands historiens, tous les grands anthropologues reviennent à la même conclusion. Les noirs qui ont civilisé le monde sont appelés les Azanou ou les Anou. Ils sont tous convaincus pour ça.

    Mais ne sachant pas où ils se trouvent Azanou et Anou, ils disent que ces noirs sont des extraterrestres. Mais non. Ce ne sont pas des extraterrestres. C’est la civilisation Ezame Tado qui a civilisé le monde. Nous avons même les preuves que les Pharaons sont des noirs. Cheikh Anta Diop l’a prouvé. Mais ça ne suffit pas. Nous avons fait la preuve aujourd’hui que les Princes d’Agbanakin, les vrais souches des Princes de Tado ont le même génome que la dynastie Ramsès. Or, il y 40000 ans, les Egyptiens n’existaient pas encore. Mais, nous nous existons depuis 350 000 ans. Qui a civilisé l’autre ?

    La question est évidente, la réponse aussi. Et bien,  cette civilisation d’Ezame Tado a parcouru l’histoire et le monde. Mais la source est restée là à Tado. Et,  il y a 20000 ans avant Jésus-Christ, une pandémie est arrivée avec tout son cortège de morts. Et bien cette pandémie a été aggravée par la sécheresse et ces populations d’alors mouraient comme des mouches. Et puis, il y a un homme providentiel qui est arrivé qui s’appelle  Togbui AGNI.

    Togbui AGNI dit : << Si vous me permettez d’être roi, je vais exorciser ce mal>>. Les notables se sont réunis, le roi a décidé de lui donner cette opportunité. Il a fait ce qu’il faut dans un canari. Il a fait ce que nous savons suivant les voies dont nous disposons pour communiquer avec la transcendance. Il y en a que trois (03). La première voie pour communiquer avec la transcendance, c’est la parole, l’incantation et la puissance du verbe. La deuxième voie, c’est la danse, le rythme, la puissance du mouvement et la troisième voie, c’est le symbole, la puissance de l’image. Donc Togbui AGNI a utilisé tous ses symboles là qui lui ont permis d’exorciser le mal par la parole suivante : <<Edovidoviwo ne data Tado be djua , Ayadudu  ne data Tado be djoua>>.

    Data, c’est enjambé. Que le mal enjambe, que la misère enjambe, que la sécheresse etc etc. C’est à partir de ce moment là que Ezame a pris le nom de Tado . Ada Tado. Il y a de cela 20000 ans avant J-C que Ezame est devenu Tado. Et aujourd’hui, on parle des d’Ezame Tado. Quelques temps plus tard et quand on dit quelque temps plus tard, c’est vraiment des décennies. Les mêmes choses sont arrivées. Et bien, la couronne a été obligée de déménager et nous avons quitté Tado  pour venir à Agomé qu’on appelle aujourd’hui  Agomé-Seva. Nous avons quitté quelques temps après des décennies etc. Des siècles et puis même histoire. On a quitté Agomé pour venir à Adamé. Maintenant, le roi METO ADAGBA plusieurs fois menacées par les inondations du Mono a interpellé tous les chasseurs pour dire que dans le cadre de vos chasses, si vous trouvez quelque part suffisamment élevé qui peut nous permettre d’éviter tous ces désagréments d’inondation, rendez-moi compte. Et parmi ces chasseurs, il y a un qu’on appelle Gbetodoyè. Il est venu voir le roi pour lui dire : « J’ai trouvé quelque part assez élevé ».

    Le roi lui a donné des émissaires pour contrôler et c’était ici Agbanakin donc Togbui ADAGBA revient alors à Agbanakin pour installer le royaume ici .Mais quand il venait, c’était alors déjà à la fin du 14e siècle, il était déjà âgé. Il a demandé à son fils Houyè d’installer le trône à Agbanakin. Et bien toujours par ces mêmes voies de communication avec la transcendance, Houyé a fait ce qu’il faut pour installer son royaume ici comme terminus du royaume de Tado. Et dans son  rituel « gbessanoukéyéwonaégnibé né mi da gadjo le fiyéKadja na daagnanAgba na kan »,  si nous devons encore déménager de ce lieu là, on va préparer avec la  calebasse et on va prendre l’assiette pour le prélever. Donc depuis, c’est devenu Kadja na naAgbanakin et par ricochet Agbanakin. Donc c’est le terminus du royaume de Tado qui est aujourd’hui ici et par les concours de circonstances, les ancêtres ont voulu que j’assume la continuité de ce royaume.

    C’est un véritable honneur pour moi. Une véritable responsabilité pour moi et je pense aussi que si je suis mon parcours de quitter l’obscurité pour aller vers la lumière. Je pense que c’est tout à fait légitime que j’encourage les enseignants à donner de bonne éducation à nos enfants, à nos petits-enfants. Mais aussi d’un autre côté, j’encourage la jeunesse, c’est autre action que je suis entrain de faire à réhabiliter la culture Xwla.

    C’est très important. Parce que les Xwla ont le devoir d’avoir deux casquettes. D’avoir et de bien maîtriser la connaissance qui est livresque et qui est universitaire. Et fabriquer des professeurs mais doit aussi avoir le savoir qui est la connaissance suprême qui ne s’apprend pas à l’école. Et qui s’acquiert soit suivant les prédispositions, soit suivant les séries d’initiations. Donc,  j’espère que le Togo doit fabriquer ce genre d’intelligencia qui va changer le monde. Parce que le Nord ne connait que la connaissance. Mais si le Togo fabrique connaissance et savoir, quand on met les deux ensembles, on change le monde. C’est un peu ça mon souhait et c’est pourquoi, j’essaie autant que je peux d’apporter ma petite contribution à cette grande œuvre.

    Pourquoi avez-vous pris l’initiative de faire construit une cité des enseignants d’Agbanakin avec vos propres fonds ?

    D’abord quand on m’a donné cette responsabilité, cette couronne. J’ai vu que dans notre village, il y a des inondations qui prennent et qui font perdre aux élèves 3 mois de leur année scolaire. Il ne leur reste que 6 mois. Pendant l’inondation, les maîtres sont partis. Ils n’ont pas où habité. Les élèves aussi n’ont pas de classe puisque c’est inondé. Alors je me dis, il faudrait quand même mettre ces enseignants dans de bonnes conditions pour mieux servir nos petits-enfants. C’est la raison pour laquelle, j’ai construit cette cité à ces  enseignants que je mets à leur disposition gratuitement. Il n’y a de loyer à payer. Qu’ils la gèrent mais qu’ils la gèrent  sainement. C’est un peu le conseil, mon souhait pour que ce joyau soit un peu, un joyau perrin qui va servir à ces enseignants qui vont certainement se suivre dans ce village d’Agbanakin.

    L’éducation étant une des bases fondamentales du  développement, nous devons dans ce pays où le Président de la République lui-même a cette vision, dans ce pays quand le budget du Togo en la matière d’éducation est colossal. C’est sans commentaire. Et bien, nous qui sommes responsables de nos communautés, nous devons accompagner la vision du Chef de l’Etat. Nous devons l’accompagner parce que le gouvernement ne peut pas tout faire.

    Nous devons l’accompagner aussi parce que c’est qui le gouvernement ? C’est vous, c’est moi, c’est nous tous. Et c’est chacun doit apporter son petit quelque chose même si c’est une petite brique à la construction de l’édifice. Ça permettra le développement en endogène durable et  c’est ça notre bataille.

    L’éducation vous est chère. Quelles perspectives d’avenir avez-vous pour la jeunesse d’Agbanakin ?

    Oui la jeunesse. Les perspectives c’est qu’il faudrait, qu’ils aillent à l’école. Et qu’ils soient les meilleurs, des meilleurs et nous travaillons à ça. Mais, j’ai essayé d’organiser la jeunesse de la communauté Xwla bien-sûr à travers ce que j’ai appelé Association Culturelle et Sportive  (ASC). Sportive parce que les enfants aiment le football, le basket-ball tout ce que vous voulez. Le sport, oui. Ils vont faire leur football. Ils vont faire tout ce que vous voulez. Et nous mettrons la coupe du roi METO AHOUSSAN pour les stimuler. Donc sportive. Mais, culturelle oui aussi parce que nous allons mettre à la disposition de cette jeunesse des informations culturelles, cultuelles qui seront sous forme de vidéos, sous forme de documents, sous forme de prospectus etc. pour leur permettre d’acquérir ces informations. Nous avons même au niveau du deuxième étage du Palais Royal d’Agbanakin mis en place une grande salle pouvant contenir plus de 300 élèves. Et toutes ces salles ont été équipées de vidéos.

    Vous avez partout où vous êtes assis dans cette salle, vous avez des télévisions devant vous pour vous permettre de recevoir des images vidéos, de faire des commentaires mais aussi de recevoir des formations. Par exemple, un enfant à l’âge déjà de CM2 peut savoir que quand vous avez  excusez-moi le terme la diarrhée, quand vous prenez quelques feuilles de Goyave, vous faites bouillir, ça fait arrêter la diarrhée immédiatement.

    C’est-à-dire, leur donner un minimum d’informations sur la culture de leurs ancêtres pour leur permettre de garder un lien aussi avec leur racine et éviter l’aliénation complète. Mais aussi pour leur permettre d’acquérir un minimum de connaissance sur les plantes, qui de leur environnement, qui peut apporter bien sûr et régler énormément de problèmes sanitaires dans leur famille. Ça aussi, c’est une de nos préoccupations.

    Quel message que vous avez à l’endroit de votre population, des cadres qui vous soutiennent vos actions et aux natifs d’Agbanakin vivant dans la diaspora pour le développement de ce village ?

    Mon message n’est pas seulement pour Agbanakin. Mon message, c’est pour le Togo. Et le message d’Agbanakin concerne tous ceux qui sont des ressortissants du Togo qui sont à la diaspora. Agbanakin sert seulement de tremplin pour donner ce message. Il s’adresse d’abord à nos autorités. On ne développe pas, on se développe. Le développement doit être un processus endogène si on le veut durable. Le deuxième message, c’est justement à l’endroit de l’intelligencia togolaise d’Agbanakin bien-sûr, mais du Togo de manière générale pour que nous comprenions que le gouvernement, c’est nous tous. Si Dieu a fait qu’on est né au Togo, ça veut dire que nous devons tout au long de notre vie chercher à apporter notre petite contribution au développement de notre communauté d’abord, de notre pays ensuite le Togo. Le troisième message, s’adresse aux détenteurs de nos valeurs de civilisation. D’abord, les félicités de garder ses valeurs de civilisation malgré notre histoire qui va des explorateurs jusqu’à l’essor économique actuel en passant par l’esclavage, la colonisation et la néocolonisation qu’on vit. Mon message surtout pour eux, c’est de ne pas se laisser distraire.

    Se laisser tenter par l’appât du gain et de conserver intactes ces valeurs de civilisation parce que l’avenir du monde dépend d’eux. Ce monde en pleine mutation, vous voyez de manière évidente que nous allons droit dans le mur. Il y a que l’Afrique à travers ces leaders de communauté de base qui détiennent ces valeurs là, qui peuvent donner la bonne orientation à ce monde à la croisée des chemins. Ne prenez pas cette route là ! Prenez celle-là ! Il n’y a que ces détenteurs de ces valeurs de civilisation qui peuvent le faire. C’est la raison pour laquelle, je suis convaincu que si on les écoute, on essaie de les orienter vraiment dans la bonne direction, la bonne direction c’est quoi ?

    C’’est réhabiliter la spiritualité universelle. Mettre la spiritualité universelle au cœur de nos vies et permettre à ce monde d’avoir et de pouvoir de comprendre qu’au-delà de cette vision, il y a d’autres réalités plus puissantes. La spiritualité universelle partie intégrante de notre vie. C’est ça un peu le message que j’essaie de donner à chacun de ces éléments là.

    Propos recueillis par El-Pidio Folly et Justin ANANI

  • UNIR en deuil : le major Kouloum a tiré sa révérence

    UNIR en deuil : le major Kouloum a tiré sa révérence

    Considéré comme l’homme fort de la région des Plateaux, le major Kouloum est décédé, apprend-on de plusieurs sources concordantes.

    Craint ou redouté par beaucoup de ses compatriotes, le sous-officier Kouloum n’est plus. Il a rejoint la terre de ses ancêtres.

    Autrefois tout puissant dans l’Ogou, région des Plateaux, le désormais ex-cadre de l’Union pour la République (UNIR), le parti au pouvoir, serait mort à la suite d’une longue maladie.

  • Togo-Voici le contenu du mémo du CAR transmis au Commonwealth

    Togo-Voici le contenu du mémo du CAR transmis au Commonwealth

    Le Comité d’action pour le renouveau (CAR), un parti de l’opposition au Togo, a transmis ce mardi un mémorandum à Patricia Scotland, la Secrétaire générale du Commonwealth, en visite à Lomé.

    MEMO DU CAR SUR LA SITUATION POLITIQUE DU TOGO

    Le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), à l’instar de certains acteurs politiques, a été convié par le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et du Développement des territoires, à une rencontre avec une délégation du Commonwealth. Bien que l’ordre du jour n’ait pas été évoqué dans la note d’invitation, le CAR entend soumettre ses préoccupations à ses interlocuteurs.

    Tout en saluant l’initiative, le parti rappelle que le Togo traverse une crise politique depuis des décennies. La crise vient de connaitre un nouveau tournant inquiétant avec les velléités de changement de la constitution de 1992, entretenues par des parlementaires dont le mandat a expiré, sans consensus préalable de l’ensemble des acteurs de la vie politique, sur fond de manipulation, d’intimidation et de violation des droits humains les plus élémentaires. Malheureusement, malgré l’interpellation des acteurs politiques et les organisations de la société civile, l’exécutif a entériné la nouvelle constitution dont les dispositions n’ont été révélées qu’après la promulgation le 6 mai 2024, en pleine période électorale. Même le Cadre Permanent de Concertation (CPC), mis en place par l’exécutif pour connaitre des questions d’intérêt national, n’a pas été associé au processus de changement de la constitution.

    Malgré l’invite du CAR pour reporter les élections en 2025 afin de résoudre les problèmes politiques, le gouvernement n’a daigné accéder à cette demande et a organisé unilatéralement les élections en ignorant même le consensus trouvé au CPC pour la recomposition de la CENI, plongeant ainsi encore plus le pays dans une incertitude. La gouvernance politique qui devrait privilégier le consensus pour la cohésion nationale, l’a ainsi bafouée, mettant en péril la paix durable.

    Pour le CAR, comme solution pour sortir le pays du patinage démocratique et amorcer son développement:

    -il est impérieux que des discussions politiques, sincères et inclusives soient engagées expressément, dans un cadre structuré, pour revenir aux fondamentaux d’une République,

    -il est important que la promotion de l’État de droit soit une priorité pour tout partenaire au pays.

    Le CAR espère qu’une suite sera donnée à cette rencontre et que les points exprimés seront pris en compte pour permettre à notre pays le Togo de trouver le chemin du développement.

    Fait à Lomé, le 16 juillet 2024

    Pour le CAR

    Le Président National

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