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  • Au Togo, une amende de plus d’un milliard infligée à Moov

    Au Togo, une amende de plus d’un milliard infligée à Moov

    Accusée de manquement grave à son obligation de disponibilité permanente, continue et régulière de services, la société de téléphonie mobile Moov Africa écope d’une amende de 1 260 378 382 FCFA, soit 2% de son chiffre d’affaires certifié de l’exercice 2023.

  • Togo-« La Maison des  Bien-Aimés » au chevet des orphelins de Kloto

    Togo-« La Maison des  Bien-Aimés » au chevet des orphelins de Kloto

    L’association franco-togolaise « La Maison des  Bien-Aimés » finance la construction d’un orphelinat à Tové, dans la préfecture de Kloto.

    En dehors de sa campagne contre la drépanocytose, dont la dernière édition s’est déroulée du 17 au 20 juin 2024 à Lomé, l’association franco-togolaise « La Maison des Bien-Aimés » vient de financer la construction du « village Mother Charity », dédié aux orphelins de Tové.

  • Au Togo, le régulateur suspend un journaliste et son émission

    Au Togo, le régulateur suspend un journaliste et son émission

    La Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication suspend l’émission « Auditeur-Actualité » ainsi que son animateur pour une durée de trois mois à compter de ce samedi 27 juillet 2024.

    Une nouvelle décision du régulateur qui ne va pas manquer de susciter des commentaires voire un tollé. En effet, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) vient, à travers la décision N°24/HAAC/24/P, suspendre l’émission « Auditeur-Actualité » de la radio Victoire FM et de son animateur Joachim Agbétim. Ceci à compter de ce samedi 27 juillet pour une durée de trois mois.

    Cause ? Le régulateur reproche au confrère d’avoir reçu en direct l’avocat et opposant François Boko, co-fondateur du Mouvement de libération nationale (MNL) avec Kofi Yamgnane et Jean-Sylvanus Olympio.

    L’ancien ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, en exil en France, selon la HAAC, « a tenu  des propos mensongers et d’une extrême gravité sur la situation sécuritaire dans notre pays ».

    Affaire suivre !

  • L’Athlète Naomi Akakpo : “J’ai envie de faire partie de l’histoire de mon pays et de la marquer”

    L’Athlète Naomi Akakpo : “J’ai envie de faire partie de l’histoire de mon pays et de la marquer”

    C’est l’une des étoiles montantes de l’athlétisme africain. Naomi Akakpo, spécialiste du 100 mètres haies, va représenter le Togo aux Jeux Olympiques 2024 qui s’ouvrent ce 26 juillet. À la veille de la grande compétition, cette métisse franco-togolaise nous a accordé un entretien exclusif. Elle revient sur son parcours, ses rêves de victoire, et sa quête de sponsors.

    Comment en êtes-vous venue à l’athlétisme et pourquoi avoir choisi la course de haies ?

    Naomi Akakpo : Par ma mère, qui m’a dit : « Je te vois bien à l’athlétisme, avec tes grandes jambes ». À l’époque, je pratiquais la gymnastique rythmique et sportive, mais l’ambiance n’était pas bonne. C’était la période où Usain Bolt était à son top niveau, je l’adorais et ça n’a donc pas été difficile de me convaincre.

    Ensuite, j’ai fait énormément d’épreuves dans l’athlétisme. En France, j’ai eu un niveau national à la hauteur, aux épreuves combinées et sur les haies. Au début, j’avais choisi les épreuves combinées, mais avec mes études, le fait de devoir gérer sept épreuves s’est avéré compliqué. Je pense que les haies étaient faites pour moi : c’est vraiment mon caractère de tout donner pour franchir les obstacles, dans la vie comme sur la piste.

    Racontez-nous brièvement votre parcours sportif.

     J’ai commencé l’athlétisme en 2011 [elle est née le 17 décembre 2000, NDLR] à Romainville, à quelques kilomètres du Stade de France où j’aurai le privilège de courir aux Jeux cet été. En 2014, j’ai déménagé à Marseille et je me suis inscrite au club Aix Athlé Provence. Après avoir touché à toutes les épreuves, je me suis spécialisée sur le 100 m haies. En 2019, j’ai réalisé mon premier podium au Championnat de France junior en remportant la troisième place du 100 m haies. En 2022, je m’empare du Record national du Togo sur 100 m haies en 13 s 60, tout en prenant la seconde place au Championnat de France Espoir. Je participe ensuite à mes premiers Championnats du monde, avec le Togo, à Eugene aux États-Unis, et me place 2e des Jeux de la solidarité islamique à Konya, en Turquie.

    En 2023, je termine 3e des Championnats de France nationaux sur 60 m haies et m’empare du Record national du Togo. J’ai également participé à mes deuxièmes Championnats du monde avec le Togo, à Budapest en Hongrie.

    Avec ce beau parcours, que pourriez-vous dire sur ce qu’apporte à votre quotidien le sport de haut niveau ? Quelles sont ses vertus ?

    Le sport de haut niveau, c’est pour moi une école de la vie. J’aime justement comparer la vie à ma discipline de prédilection, le 100 m haies. En bref, il faut regarder son objectif au loin, et se concentrer dessus. Il faut s’élancer et franchir chaque haie, surmonter chaque obstacle sur notre route. Et pour le faire, pas d’autre choix que d’aller de l’avant, d’attaquer la haie et de prendre des risques. Et ce n’est pas grave, si on n’y arrive pas du premier coup ou si on tombe. On se relève, on essaie de comprendre ce qu’on peut améliorer, on travaille et on revient plus fort. Et on continue, haie après haie. Dans la vie, dès qu’on a franchi la ligne d’arrivée et qu’on a atteint son objectif, on s’en fixe un nouveau et on part pour une nouvelle course. Cela requiert de la rigueur, de la ténacité, de la persévérance et de la confiance en soi, pour aller au-delà de ses limites, celles qu’on se fixe soi-même ou celles que la société nous impose.

    Vous êtes née Française (d’une mère française et d’un père togolais) et avez choisi de prendre la nationalité togolaise, il y a quatre ans, pour pouvoir représenter le Togo aux Jeux olympiques 2024. Pourquoi ce choix ?

     À mon sens, le Togo n’est pas suffisamment représenté dans les événements sportifs internationaux. C’est l’une des principales raisons qui m’ont motivée à courir pour ce pays. J’avais envie de le faire découvrir à l’international, à travers mon sport et mes performances. Quitte à courir, autant que cela serve à quelque chose ! J’ai envie de faire partie de l’histoire de mon pays et de la marquer. J’ai également envie d’inciter les gens, les femmes, les enfants à se dépenser. Je veux que quand des petites filles ou des petits garçons me voient, ils voient une sportive qui les inspire et qu’ils se disent : « Nous aussi, on peut y arriver. Et nous aussi, on va y arriver. Comme Naomi et même mieux qu’elle ! »

    C’est très dur pour des jeunes de devenir ce qu’ils ne voient pas. Et je pense que je peux avoir un impact positif auprès de cette jeunesse, en tant que modèle qui montre la voie, lors des grandes compétitions et au quotidien sur les réseaux sociaux. C’est en tout cas une motivation profonde et sincère qui me pousse à partager mon histoire et mes aventures.

    Plus que quelques jours avant les JO 2024… Êtes-vous prête, que visez-vous ?

    Oui je suis prête et déterminée ! Mes objectifs sont : battre mon record personnel, passer un tour ; promouvoir le Togo, sa culture et son peuple à l’international, en montrant que notre pays existe et regorge de talents. Également, inspirer les jeunes filles togolaises, d’Afrique et de France, à faire du sport, à s’épanouir dans la pratique et à s’en servir pour devenir les leaders de demain. Car j’en suis convaincue, l’avenir passera par des femmes fortes, confiantes et engagées. Et le sport peut les aider à développer cette confiance en soi et cette puissance indispensable.

    Vous étiez, il y a quelques semaines, encore à la recherche de sponsors. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

    Heureusement, j’ai pu mobiliser quelques partenariats en France qui m’ont permis de financer une partie de ma préparation pour les Jeux. Mais je suis toujours en recherche de sponsors capables de me soutenir financièrement, car dès la fin de la cérémonie de clôture des Jeux de Paris 2024 le 11 août, j’aurai en tête les prochaines Olympiades à Los Angeles en 2028. Et pour progresser et faire briller davantage le Togo, nous devons investir encore plus dans la préparation et les conditions d’entraînement. C’est ainsi qu’un jour nous pourrons lutter avec les meilleures nations d’Afrique et du monde. Ce nouveau projet va évidemment nécessiter un financement conséquent.

    J’aimerais aussi collaborer davantage avec des entreprises présentes au Togo et en Afrique, des marques qui aimeraient bénéficier de mon image et de mes audiences pour toucher leurs cibles ; et aussi des marques prêtes à imaginer des actions associatives à fort impact. Car au-delà d’être une athlète et une créatrice de contenu, je suis une professionnelle de santé, en tant que diététicienne nutritionniste. Et je veux m’engager pour inciter la jeunesse à bouger davantage et à mieux manger.

    Je discute actuellement avec des organisations internationales, mais aussi avec des associations locales, pour développer des actions communes et que je puisse contribuer à valoriser et amplifier leurs messages. C’est encore mieux si on trouve des entreprises avec une vraie démarche RSE pour nous soutenir.

    Source : Forbes Afrique


  • Togo. Faure Gnassingbé et la tentation d’un règne sans limite

    Togo. Faure Gnassingbé et la tentation d’un règne sans limite

    Reportage · Malgré les protestations, le pays dirigé depuis des décennies par la famille Gnassingbé devrait basculer dans un régime parlementaire. Il pourrait permettre au chef de l’État de se maintenir au pouvoir sans aucune limite de temps tant que sa majorité l’emporte. Au grand dam de l’opposition et d’un certain nombre de citoyens, qui n’ont que peu d’espace pour s’exprimer.

    Dans les rues de Lomé, la capitale togolaise, le quotidien a repris le dessus sur l’actualité politique de ces derniers mois. « Nous avons déjà des difficultés à subvenir à nos besoins et ce n’est pas la politique qui pourra nous nourrir toute l’année », lance Honoré. Conducteur de taxi-moto le jour, gardien de sécurité la nuit, il gagne en tout 70 000 FCFA (106 euros) par mois.

    Entre fin mars et fin avril, l’histoire du Togo a pris un tournant : le pays est passé d’un régime semi-présidentiel à un régime parlementaire, ouvrant la voie à une Ve République. Et, le 29 avril, juste après l’adoption au Parlement de la nouvelle Constitution, ont eu lieu les élections législatives, qui avaient été repoussées à cause des débats autour de ce nouveau texte. L’Union pour la République (Unir, anciennement le Rassemblement pour le peuple togolais), le parti au pouvoir depuis des décennies, en est sorti officiellement vainqueur. Si la Constitution a été promulguée en mai, la Ve République n’est pas encore opérationnelle, et il faudra certainement attendre 2025 pour qu’elle se mette en place.

    Dans le nouveau régime, le pouvoir exécutif sera entre les mains du chef de la majorité parlementaire, sans limitation de mandats tant que cette majorité restera à l’Assemblée. Pour ce poste de « président du Conseil », tous les regards se tournent vers Faure Gnassingbé, président de la République du Togo depuis dix-neuf ans et chef de l’Unir. L’actuel chef de l’État, 58 ans, a succédé à son père Eyadema Gnassingbé, à sa mort en 2005. Celui-ci avait dirigé le Togo pendant trente-huit ans, à partir de 1967.

    LA FIN DU SUFFRAGE DIRECT

    Dans le nouveau régime parlementaire, le futur « président de la République » n’aura lui plus qu’un simple rôle représentatif. Il sera élu pour un mandat de quatre ans renouvelable une fois par le Parlement (Assemblée nationale, mais aussi Sénat lorsqu’il sera créé) réuni en Congrès. Il n’y aura donc plus d’élection au suffrage direct pour ces deux postes clefs de « président du Conseil » et de « président de la République ».

    Pour les défenseurs du texte, qui rappellent que ce sont des députés qui ont fait la demande de changement de Constitution, ce régime parlementaire permettrait un meilleur équilibre des pouvoirs. Selon eux, le chef de l’État sera soumis à plus de contrôles de la part du Parlement. Et, selon cette Constitution, « l’Assemblée nationale peut mettre en cause la responsabilité du gouvernement par le vote d’une motion de défiance ». Enfin, toujours selon ses partisans, ce nouveau régime permettrait de limiter les coûts liés aux élections présidentielles.

    Afin de comprendre pourquoi cette nouvelle Constitution fait débat, il faut revenir un peu en arrière. Juste avant le 31 décembre 2023, date officielle de la fin de la législature, vingt-et-un députés de la majorité et de l’opposition dite « centriste » ont déposé au bureau de l’Assemblée une proposition de loi de changement constitutionnel. Mais ce n’est que le 15 mars que le parti Alliance nationale pour le changement (ANC), de l’opposant Jean-Pierre Fabre, révèle au public qu’une nouvelle Constitution s’apprête à passer en Commission des lois.

    PAS DE RÉFÉRENDUM

    Le 25 mars a lieu la première plénière devant tous les députés, et le texte est adopté dans la nuit à la majorité (89 voix pour, 1 contre et 1 abstention) après des heures de lecture et de discussions. L’opinion publique s’empare alors du débat autour du nouveau régime : pour ses détracteurs, cette Constitution est surtout une manière de faire sauter le verrou de la limitation des mandats pour Faure Gnassingbé. En 2002, à l’époque de son père, l’Assemblée nationale avait abrogé la limitation des mandats présidentiels. À la suite de protestations populaires, le Togo avait réintroduit la limitation en 2019, dans sa Constitution, à deux mandats présidentiels de cinq ans. Techniquement, Faure Gnassingbé ne peut donc pas se représenter après 2030.

    Face aux controverses, la présidence ne promulgue pas le texte et le renvoie devant l’Assemblée pour relecture. Après trois jours de consultations nationales, le document est finalement adopté le 19 avril avec 100 % des voix. Dix jours après et avec plusieurs mois de retard sont organisées les élections législatives, qui maintiennent la majorité du camp présidentiel. Ce n’est qu’après celles-ci, le 6 mai, que le texte final est promulgué par la présidence puis publié au Journal officiel.

    Au-delà des débats sur le fond, c’est donc la manière dont la Constitution a été modifiée qui a fait couler beaucoup d’encre. D’une part, les Togolais n’ont pas été consultés par référendum, comme le prévoyait la Constitution en vigueur dès lors que le mandat présidentiel risquait d’être modifié. D’autre part, les citoyens ont dû attendre la publication du texte, adopté quelques jours seulement avant les élections, au Journal officiel pour pouvoir le lire.

    DES MANIFESTATIONS INTERDITES

    Beaucoup de Togolais sont en désaccord avec cette nouvelle Constitution, mais donner son opinion ou manifester au Togo n’est pas sans risques. « Pour certains événements politiques, on a peur de se faire arrêter, donc on ne s’exprime pas trop sur les idées. Si tu contestes beaucoup, tu as des problèmes », explique Honoré, le taxi-moto et gardien de nuit cité plus haut, même s’il admet que sous le père de l’actuel président « c’était quand même pire » : « On avait même peur de parler dans nos maisons. »

    Le couperet n’est jamais loin. Courant mai, deux jeunes Togolais ont été placés en détention préventive après avoir critiqué le président de la République, la Constitution et les dernières élections dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. Ils ont finalement écopé de six mois de prison avec sursis.

    Ces derniers mois, plusieurs tentatives de protestation ont été tuées dans l’œuf. En avril, une marche prévue par l’opposition a été interdite et neuf opposants ont été arrêtés et détenus quelques jours après avoir tenté de sensibiliser au changement de Constitution les badauds sur un marché. Les forces de l’ordre sont allées jusqu’à bloquer des conférences de presse de membres de l’opposition et de la société civile au lendemain de la première adoption de la nouvelle Constitution. Amnesty International avait réagi en dénonçant un climat de « répression ». Par ailleurs, aucun visa n’a été délivré aux journalistes étrangers désirant venir couvrir le scrutin. Thomas Dietrich, qui avait tenté de se rendre à Lomé pour Afrique XXI, avait été violemment arrêté et expulsé. Depuis 2021, six journalistes togolais ont été emprisonnés pendant plusieurs semaines et les journaux sont souvent sanctionnés.

    Pour empêcher les manifestations, le Togo s’appuie sur une loi restrictive votée en 2019 en réaction aux vastes protestations qui ont ébranlé le pouvoir en 2017-2018. Le texte interdit les manifestations sur toutes les routes nationales, les axes où se déroulent de fortes activités économiques, dans les centres urbains, près des institutions togolaises et des chancelleries, etc. Même les Nations unies avaient demandé au Togo de réviser cette loi. Dans ce contexte, trois meetings de la société civile ont été tenus, mais après la promulgation de la nouvelle Constitution et après les élections législatives du 29 avril. Côté opposition, c’est la campagne électorale, entre le 13 et le 27 avril, qui lui a permis de s’exprimer dans les rues.

    « FRAUDES MASSIVES » DÉNONCÉES PAR L’OPPOSITION…

    Appelés aux urnes le 29 avril, les Togolais devaient choisir non seulement leurs députés mais aussi leurs conseillers régionaux. Ces derniers devront élire les futurs sénateurs – lorsque le Sénat sera créé. Selon les résultats officiels de ce double scrutin, la majorité présidentielle a remporté 108 des 113 sièges à l’Assemblée nationale, et 137 des 179 conseillers régionaux. Tous les recours déposés par des candidats contestataires auprès de la Cour constitutionnelle (pour les législatives) et la Cour suprême (pour les régionales) ont été rejetés.

    Le jour des élections, de nombreux partis d’opposition et des candidats indépendants ont en effet dénoncé des « fraudes massives », notamment des « bourrages d’urnes », mais aussi des « votes par dérogation » ou encore des « procès-verbaux pré-remplis », ce que conteste l’Unir. L’Alliance des démocrates pour le développement intégral (Addi), devenu le premier parti d’opposition en termes de sièges attribués, a même filmé une de ces fraudes. Dans cette vidéo, publiée sur internet, un homme portant des habits de la commission électorale glisse dans une urne plusieurs papiers semblant être des bulletins.

    « C’était dans le bureau de l’école à Gnakpoung [dans le Nord] », atteste à Afrique XXI François Kampatibe, porte-parole de l’Addi. « Nous avons bien sûr déposé cette vidéo dans notre dossier de recours. Il a quand même été rejeté », lance-t-il sans être étonné par ce refus. L’Addi affirme que plusieurs militants ont voulu vérifier, voire empêcher, des bourrages d’urnes, notamment dans trois bureaux du nord du Togo. Des citoyens ont voulu faire de même, ce qui a parfois conduit à des affrontements. Plusieurs habitants de la ville de Samomoni sont actuellement en détention préventive à Dapaong à la suite des échauffourées lors des scrutins.

    … ET SATISFECIT DES OBSERVATEURS INTERNATIONAUX

    Le candidat indépendant Emmanuel Palanga, qui a fait campagne dans la région centrale de la Kozah et n’a pas obtenu de siège, dit également avoir constaté des bourrages d’urnes. Selon lui, des représentants de son mouvement qui étaient censés surveiller le scrutin le jour du vote ont été empêchés d’entrer dans une vingtaine de bureaux. « En plus, précise-t-il, les résultats officiels que nous a attribués la Commission électorale dénombre des voix en moins par rapport à nos propres compilations de procès-verbaux… Et cela sans compter les bureaux de vote dans lesquels nous n’avons pas pu rentrer. »

    La communauté internationale ne s’est pas prononcée, à l’exception des observateurs autorisés lors de ces élections (Cedeao, OIF, UA, CEN-SAD) pour qui ces élections se sont bien déroulées. Quelques observateurs nationaux comme le Collectif des associations contre l’impunité au Togo (Cacit) ont malgré tout soulevé plusieurs dysfonctionnements, dont des bourrages d’urnes. Selon lui, certaines tentatives de fraudes ont pu être réglées le jour de l’élection avec l’appui notamment des forces de l’ordre.

    Ces contestations auraient pu être l’occasion pour l’opposition togolaise de s’unir. Mais elle apparaît plus divisée que jamais. Pour le politologue Paul Amegakpo, « l’opposition a toujours eu du mal à être unie au Togo. Vers 2018, elle s’était certes rassemblée dans une coalition appelée “C14.” Mais cette coalition ne s’était pas rassemblée derrière l’opposant Tikpi Atchadam qui avait soulevé les foules pour réclamer la limitation du mandat présidentiel. La C14 a elle-même éclaté… Depuis lors, il y a une vraie crise de confiance chez les Togolais. »

    UNE OPPOSITION DIVISÉE

    Lors des dernières élections, les grands partis d’opposition n’ont pas formé de nouvelle coalition pour présenter des listes communes. Certains (comme le Parti des Togolais ou la Dynamique Monseigneur Kpodzro, DMK) avaient même appelé à boycotter le scrutin.

    Cette désunion s’est poursuivie après les élections. Certains opposants (Jean-Pierre Fabre, de l’ANC, et Paul Apevon, des FDR) ont ainsi refusé de siéger à leurs postes de députés dans la nouvelle Assemblée nationale pour protester contre le nouveau régime, contrairement à trois autres opposants élus (Brigitte Adjamagbo-Johnson de la DMP, Tchabouré Gogué et Wonyra Kossivi d’Addi), qui ont affirmé siéger sous l’ancienne Constitution, arguant avoir été élus sous celle-ci.

    C’est dans ce contexte que des membres de la société civile engagée politiquement ont pris le relais en formant avec quelques opposants le front « Touche pas à ma Constitution » et en organisant des meetings – dont le dernier a eu lieu le 30 juin. Le 10 juin, avec quelques universitaires, la société civile a même présenté un nouveau « contrat citoyen » ouvert à tous. Ce texte participatif propose à chacun d’apporter sa contribution pour donner des idées sur le futur de la nation togolaise.

    BIOMÉTRIE ÉLECTORALE : UNE ENTREPRISE BELGE EN QUESTION

    Pour toutes ces élections, le Togo, comme bon nombre d’autres pays africains, utilise un système de biométrie. L’entreprise belge Zetes est implantée depuis plus de dix ans au Togo et appuie techniquement la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) au recensement électoral biométrique permettant d’établir les listes électorales. Ce recensement biométrique avec prise d’empreintes a quelques limites. Car s’il permet théoriquement d’éviter des doublons ou l’inscription de personnes décédées, certains Togolais s’inscrivent sans pièce d’identité.

    « S’inscrire sans pièce d’identité est légal1, car beaucoup de personnes au Togo n’ont pas eu l’opportunité de faire des papiers et ce n’est pas pour autant qu’ils ne devraient pas voter, explique Togbui Dagba, chef traditionnel du quartier de Bè, à Lomé. Donc, quand ce cas se présente, c’est un chef traditionnel ou un notable qui atteste de l’identité et de l’âge de la personne lors du recensement électoral. Cependant, j’ai vu une jeune fille qui habite Lomé qui avait une carte d’électeur mais dont le village natal est au Ghana. Comment peut-on être certain avec ce système qu’on ne fait pas voter des étrangers ou des mineurs… ? » s’interroge-t-il.

    Au-delà de cette difficulté, la société Zetes a fait l’objet d’une plainte déposée à Bruxelles, après la présidentielle de 2015, par l’Alliance nationale pour le changement (ANC) de l’opposant Jean-Pierre Fabre (arrivé deuxième) pour « faux en informatique et usage de faux » et « fraude informatique ». Cette plainte stipule entre autres que dans le fichier électoral « 3 321 doublons ont été découverts sur 57 457 électeurs analysés. […] Il existe également des duplicatas du numéro d’électeurs, soit un total de 29 775 cartes portant les mêmes numéros pour des électeurs différents. » En 2017, la procédure s’est soldée par un non-lieu en l’absence de preuves suffisantes. Contactée par Afrique XXI, Zetes n’a pas souhaité faire de commentaire.

    Source : afriquexxi.info

  • Togo-La veuve de Bertin Sow Agba, son fils… arrêtés à Lomé

    Togo-La veuve de Bertin Sow Agba, son fils… arrêtés à Lomé

    La femme de Sow Bertin Agba, homme d’affaires prospère décédé il y a quelques mois,  son fils,  son beau-frère, etc. sont arrêtés à Lomé alors qu’ils y sont pour les cérémonies liées au décès du milliardaire.

    «La veuve de Sow Bertin Agba, son fils Eddie Agba, son beau-frère Cyrille Agba et deux membres de leur famille » sont actuellement arrêtés et conduits à une destination inconnue dans la matinée de ce jeudi 25 juillet, selon le journaliste d’investigation Ferdinand Ayité.

    Ils auraient été « Menottés comme des bandits de grand chemin », s’offusque le confrère très proche de la famille Bertin Sow Agba.

    Ce dernier, autrefois proche du régime, est tombé en disgrâce à cause de l’affaire Loïk Le Floch-Prigent, une affaire d’escroquerie internationale. Après avoir connu la case prison, il réussit à quitter le Togo et partir en exil. L’ancien directeur général de l’OPS, une société de sécurité et de gardiennage, est décédé, dans des circonstances troubles selon ses proches, le jeudi 18 mai 2023 en Afrique du Sud. Le natif de Kouméa a été inhumé en terre ghanéenne.

  • La noyade provoque la mort de  300 000 chaque année selon l’OMS

    La noyade provoque la mort de  300 000 chaque année selon l’OMS

    Directrice régionale de l’Organisation mondiale pour la santé pour l’Afrique, Matshidiso Moeti, rappelle  à l’occasion de la Journée mondiale de prévention de la noyade que « La noyade, bien qu’évitable, cause chaque année la mort de près de 300 000 personnes à travers le monde ».

    Message de la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, à l’occasion de la Journée mondiale de prévention de la noyade

    25 juillet 2024

    La noyade, bien qu’évitable, cause chaque année la mort de près de 300 000 personnes à travers le monde. Plus de 50 % de ces décès surviennent chez des personnes âgées de moins de 30 ans. Ces statistiques n’incluent pas les noyades intentionnelles, telles que les suicides et les homicides, ni les noyades dues à des inondations ou celles résultant d’accidents de transport maritime. Ainsi, la charge réelle des noyades constitue un problème de santé publique que l’on sous-estime.

    Ce 25 juillet, nous commémorons la troisième Journée mondiale de prévention de la noyade, officiellement proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en avril 2021. Notre initiative de sensibilisation auprès de la communauté internationale met en lumière l’impact tragique des noyades et présente des solutions efficaces pour sauver des vies.

    Le thème retenu pour l’édition de cette année, à savoir « Seconds can save a life » que l’on pourrait traduire en français par Quelques secondes peuvent sauver une vie, met en lumière la nature brutale des noyades, de même que l’importance de gestes préventifs simples, comme le port du gilet de sauvetage, l’installation de barrières pour limiter l’accès sans surveillance des enfants aux plans d’eau et l’abstention de consommer de l’alcool avant de se baigner.

    Il convient de souligner que ce sont les pays les plus pauvres qui supportent le plus lourd fardeau de ce problème. En effet, plus de 90 % des décès par noyade surviennent dans les cours d’eau, les lacs, les puits, les réservoirs d’eau domestiques et les piscines dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, affectant particulièrement les enfants et les adolescents des zones rurales de manière disproportionnée.

    La Région africaine de l’OMS enregistre le taux de mortalité par noyade le plus élevé, atteignant près du double de la moyenne mondiale. En 2021, la Région a enregistré environ 66 000 décès par noyade, soit près de huit décès évitables chaque heure.

    Les noyades surviennent souvent lors des activités courantes, qu’elles soient récréatives ou liées aux tâches quotidiennes à proximité de plans d’eau. Les enfants sont souvent laissés sans surveillance. Les communautés de pêcheurs sont particulièrement exposées aux risques lorsqu’elles pratiquent leur activité principale, qui est essentielle à leur subsistance. L’accès à l’eau, les déplacements sur l’eau et les inondations représentent des facteurs de risque majeurs.

    Les catastrophes liées aux inondations, amplifiées par les changements climatiques, affectent chaque année un nombre croissant de personnes à travers le monde, la noyade étant la principale cause de mortalité lors des inondations.

    L’Organisation mondiale de la Santé recommande aux pays d’élaborer des plans nationaux de gestion de la sécurité sanitaire de l’eau, d’intensifier la sensibilisation du public à la noyade par le biais de campagnes de communication stratégiques, de produire des données probantes, et de soutenir les initiatives multisectorielles visant à prévenir les noyades.

    Les interventions ciblées recommandées incluent l’enseignement de la natation aux enfants en âge scolaire, la formation des personnes présentes aux techniques de sauvetage et de réanimation, l’amélioration de la résilience face aux inondations, la gestion des risques d’inondation aux niveaux local et national, ainsi que l’instauration et l’application rigoureuse des règles de sécurité pour la navigation de plaisance et les transbordeurs. L’OMS recommande en outre de mettre à disposition des enfants d’âge préscolaire des espaces sécurisés, éloignés des plans d’eau, et dotés de services de garde d’enfants compétents.

    Bien que l’application de ces mesures diffère selon les contextes, il est primordial que la communauté mondiale de prévention des noyades demeure cohérente et coordonnée dans ses efforts.

    Notre Région est quant à elle engagée dans les efforts déployés au niveau mondial en vue de l’élaboration du premier rapport de situation de l’OMS sur la prévention des noyades, dont la publication est attendue pour la fin de l’année 2024. Ce rapport fournira des données actualisées sur le fardeau mondial des noyades et proposera des recommandations stratégiques pour orienter les actions futures. Par exemple, la République-Unie de Tanzanie est en train d’élaborer sa première stratégie nationale de prévention des noyades. Parallèlement, les organisations de la société civile s’associent aux gouvernements et à l’OMS pour sensibiliser le public et promouvoir des interventions fondées sur des données probantes dans plusieurs autres pays de notre Région.

    Chacun d’entre nous a un rôle à jouer dans la prévention des noyades, aussi bien à l’échelle des gouvernements que des communautés, et même au niveau individuel.

    Je voudrais, en ce jour, inviter nos États Membres à adopter des mesures adéquates pour prévenir les noyades, notamment en renforçant leur leadership, en établissant des politiques et des programmes efficaces, et en s’appuyant sur une collaboration intersectorielle, y compris des partenariats entre les secteurs public et privé.

    « Quelques secondes peuvent sauver une vie ».

    J’exhorte les gouvernements, les organisations de la société civile et les chercheurs de notre Région à s’engager activement dans la promotion et dans l’avancement des mesures de prévention des noyades.

  • Le CAR demande une meilleure sécurisation du nord Togo

    Le CAR demande une meilleure sécurisation du nord Togo

    Le comité d’action pour le renouveau (CAR) « déplore qu’à  ce jour le gouvernement n’a daigné éclairer l’opinion nationale sur ces actes qui ont endeuillé des familles et toute la nation » au Togo.

    Le comité d’action pour le renouveau « déplore qu’à  ce jour le gouvernement n’a daigné éclairer l’opinion nationale sur ces actes qui ont endeuillé des familles et toute la nation ».

  • Togo- Qui est réellement la diva Afia Mala?

    Togo- Qui est réellement la diva Afia Mala?

    Artiste de renommée internationale, Afia Mala est une chanteuse ayant montré qu’elle est à l’aise dans les différents styles musicaux, allant du Zouk à la musique traditionnelle africaine en passant par la RnB, la Soul et la Salsa.

    Afia Mala, de son vrai nom à l’état-civi Afiwavi Mawulana Catherine Missohou, est une chanteuse togolaise, surnommée la Princesse des rives du Mono. Elle chante en plusieurs langues, notamment en ewe ,en yoruba, en swahili, en lingala, en français et en espagnol.

    Elle est l’aînée d’une famille polygame de Vogan, avec vingt-quatre autres enfants. Sa mère serait issue d’une famille royale de Vogan au Togo, son père, enseignant, serait issu d’une autre famille royale de Dogbo, au Bénin. Elle apprend le chant et la composition aux côtés de sa mère dans un groupe de femmes Habobo et au cours des fêtes annuelles de son école.

    Influencée, comme toute une génération de chanteuses africaines, par Bella Bellow, sa carrière artistique commence en 1974. Cette année-là, elle chante au Palais des Congrès de Lomé, et décide de se consacrer à la chanson. Les albums et les concerts s’enchaînent. Elle enregistre un succès en 1984, Ten Homte, et se voit décerner le prix découvertes RFI cette année-là. Après une interruption de plusieurs années, pendant laquelle elle se consacre à sa famille, elle sort à nouveau des albums, notamment en 2003, en 2008 et en 2019. Elle chante en plusieurs langues, notamment en yoruba, en swahili, en lingala, en français et en espagnol. En 1992, la ” Princesse des rives du Mono ” a été élue meilleure artiste africaine .

    Réapparue en 2019 avec un nouvel opus, l’artiste Afia Mala a été interrompu par l’épidémie de Covid-19 qui a paralysé la tenue de bon nombre d’activités musicales. Après son dernier passage avec son album « Afia à Cuba », la diva togolaise Afia Mala fait alors son coming-back avec son 9e album « identité » en 2020;

    Avec la page Facebook de Serge Biny Adou  

  • Il y a 32 ans, l’assassinat de Tavio Amorin à Lomé

    Il y a 32 ans, l’assassinat de Tavio Amorin à Lomé

    En ce jour anniversaire de ta cruelle disparition, le Peuple togolais et particulièrement tes amis et compagnons de lutte du Mouvement patriotique du 5 Octobre (MO5) veulent t’exprimer la reconnaissance et te rendre un vibrant hommage.

    « J’ai semé des graines, et elles germeront immanquablement. » Kwame Nkrumah

    En ce jour anniversaire de ta cruelle disparition, le Peuple togolais et particulièrement tes amis et compagnons de lutte du Mouvement patriotique du 5 Octobre (MO5) veulent t’exprimer la reconnaissance et te rendre un vibrant hommage. Nos pensées vont à ta famille, à ton fils unique Eugenio. Patriote de toujours, nationaliste et panafricaniste jusqu’au fond de l’âme, tu resteras un modèle pour notre peuple et surtout pour sa jeunesse. Camarade Tavio, tu as marqué le MO5 d’une empreinte ineffaçable. Pour nous qui portons devant l’Histoire le terrible poids d’anéantir la dictature sur la terre de nos aïeux, nous renouvelons, devant ta mémoire, le serment de poursuivre efficacement le combat sans jactance.

    Tu nous as quittés au moment où nous avions eu le plus besoin de toi. Tu es parti mais ton souvenir reste vivace dans nos cœurs. Nous voulons saisir l’occasion de ce funeste 32 ème anniversaire pour te dire que la semence, ta semence va germer immanquablement. Il poussera pour le bien et le bonheur de tous les Togolais. Et c’est ensemble un jour que tous, du nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, civils et militaires, nous irons nous incliner pieusement et victorieusement sur ta sépulture.

    Camarade Octave Tobias Tavio Ayao Amorin, le MO5 te salue ! Reçois cet acrostiche comme une libation:

    Tavio, ta vie reste un exemple de lutte

    Avec toi le MO5 a vu le jour

    Valeur sûre de la jeunesse togolaise

    Inoubliable et immortel est ton nom

    Ondulatoires seront tes idées

    Amoureux des causes nobles

    Modèle pour la jeunesse panafricaine

    Orfèvre de l’Or de l’Humanité

    Rien ne pourra te faire oublier

    Indéniable est ton aura sur nous

    Nous vaincrons car notre cause est juste!

    Bruxelles, le 23 juillet 2024

    Eloi Koussawo, Coordinateur Général du MO5

Radio Renouveau228

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