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  • Togo: les ambitions de Lofty Farm pour nourrir le pays en poisson

    Togo: les ambitions de Lofty Farm pour nourrir le pays en poisson

    Le Togo est un gros consommateur de poisson : plus de 105 000 tonnes en 2022 selon le plan d’investissement dans la filière. Mais le pays n’en produit qu’une petite part localement. Deux milliards de francs CFA devaient être investis en 2024 pour le développement du secteur. Certains acteurs n’ont pas attendu pour se lancer dans l’aventure. À 200 kilomètres au nord de Lomé, dans le petit village de Nangbéto, se trouve Lofty Farm, la plus grosse ferme d’élevage de poissons du pays.

    Après un premier essai dans la banlieue Est de Lomé, au Togo, Pierrot Akakpovi, transitaire de formation, décide d’aller s’installer sur le site du barrage hydroélectrique « Fin digue de Nangbéto ». Là-bas, 12 000 hectares dont 2 à 6 hectares de terre ferme sont exploités. La profondeur de l’eau y est idéale, comprise entre 5 et 20 mètres. L’entrepreneur détaille les avantages de ce site : « Il y a la profondeur, la qualité de l’eau et les critères environnementaux. C’est plus spacieux. Le barrage de Nangbéto fait 180 km². » Le lieu est bien trouvé.

    Pierrot Akakpovi y produit des aliments pour la consommation des poissons, sa conservation et la mise en carton. Il emploie 300 personnes. Ce jour-là, le moulin tourne. On est à la production des aliments. Komi est sur la machine pour moudre un mélange de farine de blé, de maïs, de soja, de la sonde, du manioc sec et des asticots. « S’il n’y a pas de coupure de courant, on fait 230-250 sacs. Mais si la machine a des problèmes, on n’atteint pas cela », explique Komi.

    Augmenter la production a un coût

    Dehors, des bacs au sol contiennent des milliers d’alevins qu’il faut nourrir et oxygéner. Nicolas surveille. Un aérateur très bruyant tourne en continu. Le processus est long pour arriver aux gros poissons d’au moins 500 grammes. « Nous sommes à plus de 13 tonnes de nourrissage par jour avec un prix moyen de 800 francs CFA. Cela fait plus de 10 millions de francs CFA que l’on jette dans l’eau chaque jour », souligne Pierrot Akokpovi.

    Le Togo a besoin de 6 000 à 7 000 tonnes de tilapia chaque année, et Pierro Akakpovi souhaite apporter sa pierre à l’édifice. « Nous sommes aujourd’hui à près de 30-35% de production en 2024. Cette année, nous souhaitons viser les 50%, ce qui voudrait dire que nous serions autour de 3 500 tonnes cette année », précise le patron. Une production pour l’instant consacrée uniquement à la consommation locale.

    rfi.fr/afrique

  • L’universitaire togolais Kossigan Kokou-Kpolou porte un regard critique sur le discours de Macron aux ambassadeurs

    L’universitaire togolais Kossigan Kokou-Kpolou porte un regard critique sur le discours de Macron aux ambassadeurs

    Dr Cyrille Kossigan Kokou-Kpolou, un universitaire togolais établi dans la diaspora, analyse le discours d’Emmanuel Macron, le président français, aux diplomates de son pays. Le chercheur fait un commentaire sans concession de la partie de l’intervention du chef de l’Elysée destinée à l’Afrique.

    Analyse critique du discours du Président Français, M. Emmanuel Macron, lors de la 30e conférence annuelle aux ambassadrices et ambassadeurs de France.

    Par le Dr Cyrille Kossigan Kokou-Kpolou, universitaire togolais vivant dans la diaspora

    Bien chers amis, vous qui lisez ce texte depuis le continent africain et dans la diaspora, vous toutes et tous chers amis d’autres continents, je vous salue chaleureusement!

    En début de cette nouvelle année, j’espère que vous vous portez à merveille. Je saisis l’occasion pour vous souhaiter les meilleurs d’une heureuse année. Que mes vœux de paix et de santé rejoignent vos aspirations les plus ardentes tout au long de l’année.

    Chers amis, comme je l’ai annoncé sur certaines de mes pages RS, je prends la parole pour produire un commentaire sur les propos du Président de la R-Française, M. EM, lors de la 30e conférence annuelle aux ambassadrices et ambassadeurs de France – Traditionnelle conférence qui se tient généralement au palais de l’Élisée en fin août ou en septembre. Cette fois-ci elle a été reportée au 6 janvier dernier en raison des JO et paralympiques qui se sont déroulés en France durant l’été dernier. Enfin ! ça c’est la raison officielle. Mais la dissolution du parlement FF est une raison importante à ne pas exclure.

    Je prends la parole pour analyser plus spécifiquement les parties du propos du Président EM qui touchent à l’Afrique, qui touchent à la mémoire historique de l’Afrique, à l’intelligence collective de sa jeunesse, les parties de son propos qui touchent au combat panafricaniste porté par les intellectuels et les activistes panafricains.

    Je prends la parole parce que ma conscience d’universitaire africain vivant dans la diaspora m’interpelle à le faire. Je prends la parole en tant qu’intellectuel formé en Afrique, puis en Europe en France, ensuite en Amérique du Nord. Si cela est utile, je rappelle que je suis Docteur d’une université française, j’ai reçu la qualification au grade de MCU dans le système franco-français, grade délivré par le CNU.

    J’ai décidé de prendre la parole parce qu’indubitablement le sang des pères fondateurs du panafricanisme coule dans les veines et les artères de leurs petites-filles et de leurs petits-fils dont je fais partie. Je rappelle par ailleurs que les pères fondateurs du panafricanisme résidaient pour la plupart d’entre eux, à l’époque, en Amérique du Nord.

    Aujourd’hui intellectuel universitaire vivant en Amérique du Nord, cela presse ma conscience individuelle et historique à prendre la parole et à réagir vigoureusement à ce discours, discours que je trouve insultant, révoltant, discours que je trouve dangereux parce qu’il n’est pas de nature à apaiser la mémoire des peuples; bien au contraire, il est de nature à aggraver ce que le Pr EM appelle lui-même le chaos, le désordre, le triple dérèglement dans les rapports géopolitiques internationaux, ici notamment dans les rapports entre l’Afrique et la France.

    Quel est l’objectif que je poursuis à travers cette analyse? Mon objectif vise à déconstruire intellectuellement le discours du Pr EM, à montrer que sa vision du monde et des rapports géopolitiques, géostratégiques, économiques et culturels avec l’Afrique est fondamentalement erronée voire potentiellement dangereuse parce que ravivant les blessures mémorielles des peuples africains.

    Quelle est ma posture? Quelle est la posture que je prends à travers mon analyse? Ma posture est de favoriser un dialogue interculturel apaisé entre les peuples et les Nations, entre les peuples Africains et les peuples Français.

    Commençons par rappeler que le discours du Pr FR a duré au total presque 1h45 minutes. Rappelons aussi rapidement la structure du discours dans son ensemble. Après les salutations d’usage, il a consacré la première partie de son discours à décrire sa vision du monde et de l’évolution de l’ordre mondial. Ensuite, dans la deuxième partie le Pr répond à trois questions ambiantes de l’heure. Dans cette deuxième partie, il répond aux questions touchant aux atouts de la FR à faire face aux enjeux actuels du monde; dans cette partie il répond également aux questions touchant aux rapports de la FR avec le reste de l’Union Européenne et aux rapports de force avec les USA, surtout avec l’élection et bientôt l’investiture du Pr américain, Donald Trump. Enfin, dans la troisième partie, le Pr EM décrit les priorités de son agenda à l’endroit du peuple français. 

    Mon analyse va se concentrer, par position prise, essentiellement sur les parties du discours qui touchent directement à l’Afrique. Je considère néanmoins qu’il est important de s’attarder sur la première partie de son discours qui dresse le portrait de sa vision du monde et des rapports géopolitiques actuels. C’est absolument important, parce que c’est dans cette partie que nous voyons les lunettes avec lesquelles le Président EM voit, analyse et interprète le monde et l’Afrique contemporaine notamment. D’ailleurs, il dira plus tard dans son discours – je cite – « les lunettes avec lesquelles nous voyons l’Afrique ne sont plus les bonnes ».

    La première partie a duré légèrement plus de 9 min. Dans cette partie, M. EM pose le constat que nous sommes à un tournant du monde qui n’est pas celui auquel la France et le monde occidental s’attendaient. Plusieurs fois, il évoque le désordre du monde, le fracas du monde, un triple dérèglement : stratégique, technologique et politico-philosophique. À 6’30 de son discours il dit – je cite – « Au fond, ce monde que je décris est bouleversé par le retour des pulsions impériales, une remise en question très violente de l’humanisme ».

    Ce que je veux d’abord mettre ici en exergue c’est que à chaque fois qu’il décrit ce désordre imprévisible, qui surgit hors de leurs prévisions – il prend un accent poétique – « Qui pourrait l’imaginer aujourd’hui? Qui pouvait l’imaginer ?» Entre 4’30 et 5’30, il scande par 4 fois son discours par cette tournure poétique. On ne peut pas refuser au Pr EM sa passion pour la poésie. C’est correct. Ce qui moi personnellement m’interpelle c’est le fait qu’il place l’imagination au-dessus de la raison. Lorsqu’on est dans la fonction de président – d’un président de la République, on n’imagine pas le monde on pense le monde, on n’imagine pas les faits sociologiques et politiques, on pense les faits sociologiques et politiques. On place la raison et l’intelligence de la raison au-dessus des fantaisies de l’imagination et de l’idéologie.

    Ce qui m’amène à dire que l’ordre mondial et international actuel tel que M. EM le conçoit est un produit de son imagination, parce que sans doute sa raison est dépassée par les bouleversements actuels. Cette conception, cette vision du monde et de l’évolution de l’ordre mondial est désincarnée de la réalité, plus grave elle falsifie la réalité, elle distord la réalité. Et comme sa raison est dépassée, comme ils ne s’attendaient pas à cet ordre mondial où – je cite – d’autres puissances ne jouent plus le jeu – EM se pose la question suivante : « Face à ce désordre, quelles sont les puissances qui s’en sortent ? » Je résume en quelque sorte sa réponse : les puissances qui s’en sortent, sont les puissances qui refusent de se laisser dévorer. Et là il reprend la métaphore du monde animal qu’il a souvent utilisée : la métaphore des herbivores face aux carnivores. Il insistera qu’il faille à France la force morale – la force tout court. Chers amis, vous qui me suivez, vous comprenez?

    La vision du monde et des rapports géopolitiques actuels que nous décrit M. EM ressemble à la situation d’un enfant qui ne supporte la frustration et à qui ses camarades d’école arrachent son jouet favori dans la cour de récréation. Comme cet enfant ne supporte pas la frustration, le seul moyen qui lui reste pour se défendre c’est la violence, c’est la prédation, c’est la brutalité, bref c’est la force, c’est la force tout court.

    M. ÉM nous dit que la France et le monde occidental en général n’étaient pas préparés au nouveau monde multipolaire actuel. Comme ils doivent quand même se défendre, la survie oblige, M. EM s’auto-convainc que la France a des armes, des atouts pour faire face aux enjeux géopolitiques, stratégiques, économiques et culturels du monde multipolaire actuel. Dans une glorification et idéalisation personnelle et de sa politique d’investissements – et je laisse le peuple français en juger – il dit « Le pays est solide. L’engagement international, diplomatique et militaire de la France est solide ». Il tient ses propos dans la deuxième partie de son discours. Partie qui est hors du périmètre de l’analyse que je vous présente.

    Dans la troisième partie de son discours, le Pr EM déroule les trois agendas prioritaires de sa politique :

    1. La sécurité et la défense du peuple français,

    2. La croissance et la prospérité économique de la FR et de l’Europe – un combat existentiel précise-t-il, et

    3. La défense de l’ordre international et des valeurs de la FR.

    Et suivez-moi bien chers amis svp, en détaillant le deuxième agenda prioritaire Pr EM va dire quelque chose de crucial. Nous sommes à environ 1h4min de son discours. Écoutons ce qu’il dit. Écoutons-le SVP.

    « Stratégie de sécurisation de nos approvisionnements. Nous avons bâti une stratégie sur les minerais rares (élaborée il y a deux ans), pour sécuriser nos filières ».

    Chers amis, vous qui me suivez, je vous encourage à faire un exercice : écoutez le discours du Pr FR au moins de 1h04 jusqu’à 1h20. Même plus tard dans son discours, le Pr EM révèle le fond de sa pensée inconsciente. Il dira – je cite : « Nous sommes dans une ère d’argent rare ». En d’autres termes, la FR tend de plus en plus vers une récession économique et financière et cela risque de s’aggraver de plus en plus. Cela n’est plus un secret caché pour personne. C’est alors qu’en détaillant cet agenda que le M. EM parle de l’Afrique. Nous sommes là à environ 1h12 min de son discours.

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    Alors quelles sont les lunettes de M. EM ici? Quel est son premier regard sur l’Afrique? L’Afrique c’est un marché, comme toujours, où il faudra d’avantage s’organiser pour mieux exercer la force, la violence. L’Afrique, la sempiternelle vache à lait, dont l’exploitation prédatrice des ressources depuis des siècles doit contribuer à renforcer la croissance et la prospérité française et européenne à l’heure où la France et plusieurs pays européens ne sont pas préparés à faire face aux enjeux du monde multipolaire. Nous voyons donc que le Pr EM voit l’Afrique comme une plantation d’espèces d’arbres de rente dans laquelle les esclaves moissonnent pour le colon esclavagiste; comme un banquier, il voit en l’Afrique un marché d’opportunités, une braderie à ciel ouvert où les matières premières stratégiques sont à acheter à vil prix pour sécuriser les approvisionnements des filières industrielles françaises.

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    Deuxième regard que M. EM porte sur l’Afrique. En ses propres mots, l’agenda de prospérité et du nouveau partenariat avec l’Afrique doit sortir des obsessions du passé. Conformément à son discours de Ouagadougou en novembre 2017, il dit avoir entrepris un programme culturel, historique et mémoriel pour réparer les contentieux du passé colonial de la France. Sur ce plan, il souligne avoir profondément changé ce logiciel – d’après ces propres termes.

    Les lunettes avec lesquelles M. EM voit les contentieux du passé colonial et postcolonial entre la FR et l’Afrique sont dangereuses. Pourquoi je vous dis cela ? Parce que M. EM se convainc que le fait qu’il soit né après la période postcoloniale suffit pour avoir un regard décomplexé et dépassionné sur ces contentieux. On voit ici M. EM utiliser une double attitude psychologique : 1. Il utilise le mécanisme de la toute-puissance de la pensée – un mécanisme infantile consistant souvent à ignorer la complexité de la réalité ; il suffit de dire ou de penser les choses pour qu’elles soient; il suffit de restituer quelques œuvres d’art et d’objets sacrés pour que les contentieux soient réglés. Il suffit d’entreprendre la création de la maison des mondes africains dont la fondation sera posée en 2025 pour que l’ardoise des contentieux de plusieurs siècles soit effacée. Il suffit de dire à la jeunesse africaine, regardez je suis comme vous car je suis né après les indépendances de vos pays, donc le passé esclavagiste et colonial de la FR en Afrique est derrière nous. 2. Il utilise le mécanisme de la minimisation – par ailleurs intrinsèquement lié au premier. Pour lui, le fait que 75% de la population africaine est âgée de moins de 25 ans signifie que la jeunesse africaine n’est pas trop concerné par les dettes du passé colonial. Et M. M, comme à son habitude, se persuade dans cette double attitude que sa politique est la bonne parce que basée d’une part sur une approche scientifique et historiographique et d’autre part sur des efforts de sincérité et de volonté de la FR de regarder son histoire coloniale dans sa complétude et de nommer les blessures historiques et mémorielles. Le Pr qualifie ce travail d’inédit.

    Désolé de le dire, l’agenda de prospérité et du nouveau partenariat porté par M. EM avec l’Afrique n’est pas sorti des obsessions du passé colonial. Les lunettes que porte EM ne sont pas les bonnes.

    Par ailleurs, il est étrangement curieux de remarquer qu’en abordant son agenda de prospérité et de croissance économique pour la FR, M. EM parle de sa politique du dialogue culturel avec l’Afrique. Je refuse de croire que dans son esprit les deux choses ne sont pas liées. Mais au fond, pourquoi rattache-t-il le dialogue culturel avec l’Afrique, dialogue devant viser à reconnaître les crimes de la colonisation et à cicatriser les blessures mémorielles, pourquoi le rattache-t-il à une question économique? Je fais l’hypothèse que M. EM voit dans la politique de ce dialogue un moyen pour poser le sparadrap sur les revendications des peuples africains et leur combat légitime à reconquérir leur histoire et leur souveraineté. Cette politique est pour refroidir voire briser les résistances africaines afin de resoumettre l’Afrique à un nouvel agenda de la recolonisation. « Ils ne font rien pour rien » (a chanté Tiken Jah Fakoly dans ses grands jours). « Ils sont venus d’abord en explorateurs, ensuite en missionnaires, après en colonisateurs, puis en coopérants… Non, il n’est pas là pour rien. » Nous aussi, nous disons haut et fort NON, la jeunesse et les intellectuels africains de notre génération n’accepteront pas que la coopération culturelle – le dialogue culturel – entre la FR et l’Afrique soit une affaire mercantile, une affaire d’exploitation économique déguisée. Cet agenda ne passera pas; cet agenda ne doit pas prospérer. Nous refusons de transmettre à nos enfants et à nos petits-enfants des traumas historiques plus lourds que ceux que porte les générations actuelles.

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    Troisième regard qu’il porte sur l’Afrique dans son discours. Si le dialogue et le nouveau partenariat avec l’Afrique n’avancent pas c’est la faute des faux intellectuels africains, à la solde de la Russie. Donnons-lui la parole. Qu’est-ce qu’il dit?

    Le Pr EM aborde ce point, observez bien son attitude corporelle, il aborde ce point avec un air presque perdu, un regard désabusé et indigné. Il semble ne pas comprendre pourquoi sa politique de dialogue avec l’Afrique ne fonctionne pas. Je présume qu’il ne comprend pas tout court. Alors comme il ne comprend pas, il cherche des coupables. Il jette la faute au dehors sur d’autres acteurs à savoir ceux qu’il qualifie de faux intellectuels et activistes panafricains qui ravivent le discours colonial et seraient, selon, lui, à la solde des impérialistes d’aujourd’hui. Il cible en première ligne la Russie.

    Beh, écoutez, posons-nous quand même quelques questions. Si les contentieux du passé colonial et postcolonial de la FR avec l’Afrique étaient déjà réglés grâce à la politique du dialogue historique et culturel inédit menée par M. EM, si cette politique était la bonne comme il le prétend, comment les intellectuels et activistes panafricains pourront-ils continuer à raviver ces contentieux contre la France?

    D’autres questions encore relatives aux intellectuels et activistes qui défendent un panafricanisme de bon aloi contemporain – selon lui. Qu’est-ce qui fait qu’ils sont de faux intellectuels? Sur quels critères M. EM se base-t-il pour sérier et catégoriser les intellectuels Africains? Parce qu’ils sont panafricains? Ou parce qu’ils seraient, comme le prétend-il, à la solde de la Russie ? Les intellectuels panafricanistes ont-ils attendu le tournant géopolitique et international récent avant de défendre les causes du panafricanisme ? M. EM dit qu’avec lui la FR regarde son passé colonial dans sa complétude, assume les contentieux et factualise les choses. Si la France en fait autant, qu’est-ce empêcherait les intellectuels et activistes panafricanistes de factualiser les causes du panafricanisme contemporain ?

    Posons-nous encore la question : pourquoi sonne-t-il la charge contre les intellectuels et activistes panafricanistes alors que le sujet principal qu’il aborde c’est l’agenda de prospérité et de croissance économique de la FR? La réponse logique est que ces derniers, en éveillant la conscience des peuples africains, de la jeunesse africaine notamment, mettent en difficulté l’agenda de prospérité et de croissance économique porté par M. EM et ses parrains, cet agenda qui n’est autre qu’un agenda de pillage sans discontinuer des ressources stratégique de l’Afrique. D’où sa fureur contre eux, sa logique méprisante de les rabaisser. M. EM se prend pour un recteur d’académie, s’estimant le droit de juger qui est un vrai intellectuel africain et qui ne l’est pas. Il n’est pas à sa première tentative de sérier et de classer les intellectuels africains : il y a ceux qu’il convie au Sommet Afrique-France et ceux qu’il ne convie pas, et les critères de sélection ne sont jamais portés à la connaissance des autorités universitaires des pays africains respectifs. Ce faisant, M. M reproduit la logique du système colonial du racisme scientifique : les intellectuels africains qui pensent comme les colons sont de vrais intellectuels, les intellectuels africains qui ne pensent pas comme les colons sont de faux intellectuels; les intellectuels d’ailleurs qui se conforment au système de pensée et aux agendas du colon reçoivent la palme d’or de vrais intellectuels, les intellectuels d’ailleurs qui incarnent les causes et les combats de leur génération reçoivent le label de faux intellectuels. M. EM doit se rendre à l’évidence que l’Afrique contemporaine compte plus d’intellectuels et de diplômés universitaires que la France et l’UE, que la génération actuelle d’intellectuels africains et celles qui viendront sont intellectuellement affûtées, culturellement et spirituellement armées et qu’elles ne seront pas naïves face à un nouvel agenda de recolonisation de l’Afrique.

    Abordons la dernière partie de mon analyse qui touche à la relation sécuritaire abordée par le Pr français. Il précise que cette relation sécuritaire a deux volets : l’engagement contre le terrorisme et la réorganisation de la présence militaire en Afrique. Que je sois bien compris, je ne suis pas un homme politique; je laisse le soin aux dirigeants politiques africains d’apporter avec audace les réponses de fond aux propos tenus par M. M sur la relation sécuritaire entre la France et les pays africains concernés. Je me résous ici à cibler une fois encore les attitudes et stratégies cognitives qui sont derrière les propos du Pr français.

    Premièrement, M. M considère que la FR dans son rôle de gendarme, de sauveur et de protecteur de l’Afrique n’a pas reçu la reconnaissance et la gratitude de la part des peuples africains.  M. M utilise ici la victimisation – la victimisation perverse. Cette stratégie est doublement perverse parce qu’il utilise cette stratégie pour restaurer son image narcissique auprès du peuple français. « Je crois qu’on a oublié de nous dire merci. Ce n’est pas grave, ça viendra avec le temps. L’ingratitude, je suis bien placé pour le savoir. C’est une maladie non transmissible à l’homme ».

    Deuxièmement, M. M utilise le déni et le révisionnisme. « La France n’est pas en recul en Afrique (…). » Ce qui n’est pas vrai. « On a choisi de bouger en Afrique, parce qu’il fallait bouger (…) » Ce qui est faux. « On est parti parce qu’il y avait des coups d’État. » Ce qui est totalement un mensonge. Prenons le cas du Tchad. C’est un exemple plus frais. Il n’y a pas eu de coup d’État, mais l’armée française est sommée de plier bagage. Sous nos yeux, M. M déforme et falsifie la narration des faits historiques récents et objectifs. Et à croire que quelques secondes à peine auparavant il dit : « On assume notre passé. On se dit la vérité. » Quelle vérité ?

    Troisièmement, M. M recourt à l’infantilisation des chefs d’États africains. « Nous avons proposé aux chefs d’États africains de réorganiser notre présence. Comme on est très poli, on leur a laissé la primauté de l’annonce. Et parfois, il a fallu les pousser… » Ce ton hautain et dédaigneux ne vous rappelle-t-il pas les antécédents envers les chefs d’États africains dont le cas le plus emblématique est le cas de Ouagadougou avec l’ex-président Roch Kaboré? Pause.

    Tout au long de son discours, M. M a évoqué plusieurs pays et leurs situations politiques et sécuritaires (l’Allemagne, les USA, la Chine, l’Inde, l’Israël, l’Arabie Saoudite, l’Égypte, le Qatar, la Roumanie, l’Arménie, et bien d’autres pays, le Brésil, l’Argentine. En aucun cas, M. M. n’a adopté ce ton, cette attitude d’infantilisation à l’égard des chefs d’États de ces pays.

    Chers amis, cela fait déjà un moment que je vous entretiens. Au début de mes propos, je vous ai indiqué quel était l’objectif de mon analyse.Je pense avoir démontré méthodiquement que la vision du monde et des rapports géopolitiques, économiques et culturels portée par M. M envers l’Afrique est fondamentalement erronée. Cette vision est décalée par rapport à la réalité sous nos yeux. Elle est truffée de demi-vérités voire de contre-vérités. Elle est construite par le prisme d’un déni de la réalité historique; elle est basée sur l’inversion des faits. La narration de cette vision manipule et réactive les blessures historiques et mémorielles des peuples africains. L’agenda de M.M et de ses parrains est potentiellement dangereux car il s’agit d’un agenda à peine déguisé visant une recolonisation de l’Afrique, une prédation continue et accélérée de ses ressources stratégiques. Au lieu de favoriser un dialogue interculturel apaisé entre le Sud et le Nord, entre les peuples Africains et Français, Européens, cet agenda risque à terme de provoquer de pires convulsions entre les Nations. Pire encore, enivré par son hubris, M.M s’y prend mal avec une diplomatie d’insultes et d’infantilisation à l’égard des intellectuels et des activistes panafricains ainsi que des chefs d’États africains.

    Presqu’au terme de mon analyse, je voudrais faire quatre suggestions :

    D’abord, à l’adresse du peuple français, je dis ceci. Tous les peuples, historiquement, ont la même origine. Toutes les civilisations, historiquement, viennent du même berceau. Cette conscience historique doit nous amener à transcender les blessures mémorielles liées au passé colonial et néocolonial de la FR en Afrique et dans bien d’autres parties du monde. Les peuples africains n’ont aucune haine contre les peuples français. À cet égard, vous devez rester vigilants et rejeter tout amalgame que sèment vos dirigeants qui poursuivent d’autres agendas bien souvent en défaveur de vos propres intérêts vitaux. Vous êtes un grand peuple; renouez avec votre grandeur historique en cherchant la vérité sur les violences traumatiques liées au passé colonial et néocolonial de la FR en Afrique, et engagez-vous avec nous dans le processus de dialogue interculturel apaisé entre les peuples.

    Ensuite ma deuxième suggestion est à l’adresse des dirigeants africains. Faites-vous respecter et on vous respectera. Faites-vous respecter et on nous respectera. Respectez les peuples que vous dirigez, respectez leurs intellectuels et leurs penseurs, et ceux-ci vous respecteront. Cela nous déshonore sur le continent et dans la diaspora que l’on vous traite comme des sous-préfets, des régents administratifs de cantons. Face aux attitudes méprisantes d’un chef d’État comme M. EM, on ne se tait pas, on ne reste pas passif, on n’avale pas la pilule. C’est pour ça que je suis convaincu que c’est la diplomatie malienne – aujourd’hui dans l’AES – est celle qui a trouvé le ton juste et la posture assertive juste pour répondre aux comportements de provocations récidivistes de M. M et sa troupe. Faites-vous respecter SVP et faites respecter les codes des bonnes mœurs africaines.

    Ma troisième suggestion va aux activistes panafricains. Votre engagement, manifestement, met en difficulté l’agenda de la recolonisation économique de la FR en Afrique. Votre engagement est utile et sera encore utile pour infliger échec et mat à cet agenda néocolonial. Dans votre engagement panafricaniste, SVP, faites une différence entre les intellectuels et les diplômés universitaires africains. Nous avons tendance, en Afrique, à entretenir une méfiance vis-à-vis de nos intellectuels et de nos diplômés universitaires. Cette tendance vient en partie du fait que dans le passé, plusieurs vagues de révolution ont été trahies pas par des diplômés universitaires qui à vrai dire n’étaient tous des intellectuels. Il n’y a pas de révolutions qui prospèrent dans temps long sans des intellectuels et des penseurs. Redoublez de vigilance à ce niveau.

    Enfin, ma quatrième suggestion s’adresse aux étudiants universitaires africains. Rejetez toute forme de paresse intellectuelle. Le monde de notre temps et le monde qui vient, sont des époques de grands bouleversements contre lesquels nous devons, vous devez être armés intellectuellement. Cherchez les diplômes, mais plus encore cherchez les savoirs scientifiques et les savoirs expérientiels; cherchez les savoirs mais aspirez davantage à la connaissance. Un peuple intellectuellement aguerri, culturellement enraciné, spirituellement et moralement armé, est un peuple qui résiste à tout agenda de domination quel qu’il soit. Vous savez maintenant ce que vous devez faire.

    Enfin, chers amis, il me reste une seule doléance à vous faire : faîtes connaître le contenu de ce texte. Vous aussi vous savez ce que vous devez faire.

    Que le Maitre des Temps et de l’Univers par l’intermédiaire de nos glorieux Ancêtres veille sur l’Afrique d’aujourd’hui et de demain!

    Je vous remercie.

    C’était le Dr Cyrille Kossigan Kokou-Kpolou.

  • Togo, le J-EMI sensibilise les élèves sur l’utilisation efficiente du téléphone et des réseaux sociaux

    Togo, le J-EMI sensibilise les élèves sur l’utilisation efficiente du téléphone et des réseaux sociaux

    L’Association Journalistes pour l’éducation aux médias et à l’information (J-EMI) « invite les élèves à une utilisation responsable du téléphone et des réseaux sociaux » à travers le communiqué ci-après.

  • Accéder au feu, se convertir, ne pas troubler son peuple

    Accéder au feu, se convertir, ne pas troubler son peuple

    ”Accéder au feu, se convertir, ne pas troubler son peuple, ne pas faire des coups ; la paix, la joie, respecter la loi fondamentale, avoir l’humilité politique, abandonner la corruption politique”.

    Dans le désert, tracer la route, tracer le chemin pour la Gloire du Seigneur.

    Élèves ta voix, ne crains pas.

    Vivre dans le temps actuel avec raison ; peuple du bien de miséricorde. Si Jean n’était pas le Christ….moi, je suis petit ; celui qui vient est plus fort pour vous baptiser.

    Les bras de Jésus, bébé, se dressent vers sa mère ; Jésus s’ouvre par la grâce du baptême du feu ; le Saint Esprit s’ouvre : recevoir l’Esprit Saint dans le feu. La grâce d’humilité ; avoir l’Esprit de Dieu.

    Je ne suis pas capable de faire car je suis petit. Attirer Dieu dans notre vie par l’humilité ; une grâce à demander à la Vierge Marie, Reine du Ciel et de la Terre.

    Demander la grâce du Feu, de l’Esprit Saint ; le feu est le cœur de Dieu, parole de feu, regard de feu ; des hommes et des femmes en feu. Le feu de Dieu pour brûler, pour consumer. Vous êtes une lumière, vous êtes un feu de votre pays, de notre pays ; un feu purificateur, sanctificateur.

    Seigneur, fais descendre ton feu pour purifier l’intelligence politique partout ; n’ayons pas peur.

    Accéder au feu, se convertir, ne pas troubler son peuple, ne pas faire des coups ; la paix, la joie, respecter la loi fondamentale, avoir l’humilité politique, abandonner la corruption politique.

    Humilité, Feu, Conversion : viens vers nous Seigneur pour ouvrir notre chemin de vie, notre chemin politique ; la sanctification, la réussite.

    Bon dimanche du Vent d’Equilibre : Harmattan.
    Bonne semaine de travail.

    Que devons nous faire…
    Allumer le réfléchir

    Source anonyme

  • Hélène Doubidji (EkinaMag): “Avec constance, pertinence et qualité de nos contenus, nous nous sommes imposés”

    Hélène Doubidji (EkinaMag): “Avec constance, pertinence et qualité de nos contenus, nous nous sommes imposés”

    Fondatrice d’EkinaMag www.ekinamag.com, le tout premier webmagazine féministe au Togo, Hélène Doubidji explique dans cette interview pourquoi elle a créé un média thématique dédié à la cause féminine, les défis auxquels ce journal en ligne fait face et surtout souligne sa particularité…

    Qu’est-ce qui vous a poussé à créer un média dédié uniquement à la gente féminine ?

    Depuis le début de ma carrière, je suis très intéressée par les questions qui touchent généralement la femme. Je faisais régulièrement des reportages sur les sujets relatifs à la femme pour TogoTopNews, le premier média dont je suis fondatrice, au point où mes collaborateurs disaient, en me taquinant que je féminisais le média.

    Pour rappel, avant même la mise en place d’EkinaMag, j’ai été sacrée lauréate du Grand prix régional du journalisme sensible au genre.

    En 2018, dans le cadre d’un projet de reportage sur les femmes portefaix du grand marché de Lomé, j’ai rencontré une fille de 14 ans qui a perdu tragiquement, lors d’un accident, ses deux parents. Confiée à une tante, elle a été abusée, violée, enceintée par le mari de cette dernière ; et s’est retrouvée ensuite dans la rue avec une grossesse puis son enfant, pour finalement devenir portefaix au Grand marché de Lomé.

    Très touchée par cette triste histoire, j’ai eu l’idée de mettre en place un media destiné exclusivement à parler de ces faits qui constituent un véritable crime passé sous silence et dont les survivantes sont méprisées et bannies. Mais il a fallu que je sois invitée en 2019 au Forum Media Développement à Paris, par CFI Medias, pour avoir le gros déclic de passer à l’action. Puisque, lors de cette rencontre internationale, nous avons discuté, entre autres, de la thématique « femme et médias ». Ce qui m’a permis d’avoir une orientation claire à donner à mon idée en gestation.

    Par ailleurs, il faut souligner que pendant l’élaboration du projet EkinaMag, nous avons fait une analyse du paysage médiatique local qui permet de dégager des constats suivants :

    • Les femmes ne s’expriment pas assez dans les médias au Togo
    • Elles apparaissent surtout en tant que victimes
    • Les femmes sont peu citées comme expertes, consultantes ou spécialistes dans les médias
    • Elles sont fortement impliquées plutôt dans les publicités et contenus à caractères sexistes
    • Leurs initiatives, réussites, réalisations, exploits, nomination aux postes de responsabilités s’arrêtent le plus souvent à un article ou une production factuelle
    • Les préoccupations féministes ne sont guère abordées par les médias dans une société caractérisée par les mœurs patriarcales et où les violences faites aux femmes sont dénoncées de façon récurrente par les organisations de femmes
    • Les sujets sur les femmes souvent traités dans les médias classiques concernent généralement : la commémoration des journées thématiques liées à la femme ; quelques comptes rendus d’activités des associations de femmes, du lancement des initiatives sur les femmes ; des articles à titre informatif comme par exemple les statistiques annuelles sur la grossesse en milieu scolaire, le pourcentage de filles passant les examens scolaires etc ; des sujets insolites et faits divers en lien avec la femme

    Ce tableau sombre nous a permis de nous rendre en compte une fois de plus de la nécessité de mettre en place ce média pour contribuer à rectifier le tir.

    Comment votre média a été accueilli au début de sa création ?

    Dès sa création, EkinaMag a été accueilli très favorablement. Nous avons officiellement démarré nos activités à l’époque par une série de portraits intitulée « Halte aux clichés, elles émergent dans un domaine dit masculin » et cette série a vraiment cartonné. Les différents portraits réalisés ont été massivement relayés sur les réseaux sociaux, ce qui nous avait permis de nous positionner en même temps. Au fil du temps, avec la constance, la pertinence des sujets traités et la qualité de nos contenus, nous nous sommes imposés rapidement.

     Qu’est-ce que vos articles apportent de plus dans la promotion des droits de la femme ?

    Faut-il le souligner, Ekinamag se veut un média 100% digital, engagé contre le sexisme et les violences basées sur le genre. Il s’agit d’un magazine qui met également en avant les avancées, réussites et initiatives des filles et femmes, tout en soulignant les défis et obstacles auxquels elles font face, et ce, dans toutes les sphères de la société. Nous traitons de pertinents sujets relatifs à la femme qui peinent à trouver échos dans les médias traditionnels. L’Objectif est de contribuer à l’égalité homme-femme, à l’émergence de la femme, à la promotion de ses droits, ainsi qu’à son plein épanouissement sur tous les plans, à travers la collecte, le traitement et la diffusion numérique de l’information.

    Les articles que nous publions apportent donc une perspective essentielle à la promotion des droits des femmes. Ils mettent en lumière des sujets souvent ignorés ou marginalisés par les médias généralistes, tels que les violences basées sur le genre, la santé sexuelle et reproductive, les discriminations etc. Ils permettent de déconstruire les stéréotypes et les normes sociales qui perpétuent les inégalités.

     Nos productions sont souvent axées sur l’éducation et le plaidoyer, incitant les lectrices et lecteurs à s’engager pour le changement. Ils proposent des outils, des ressources, et des exemples concrets pour comprendre et combattre les injustices. En somme, nos articles contribuent à sensibiliser, mobiliser et transformer les perceptions et les comportements, ce qui est important pour une avancée durable dans la lutte pour les droits des femmes et l’égalité des genres.

    Les difficultés sont-elles particulières parce qu’il s’agisse d’un média thématique dédié à la cause féminine ?

    Certes nous rencontrons des difficultés liées au secteur mais nous avons plusieurs autres défis spécifiques. On peut citer le cyber harcèlement et la violence en ligne, les défis de renforcement de capacité perpétuel de l’équipe de rédaction en raison de la complexité des thématiques abordées, les difficultés à attirer certains partenaires, car les thématiques abordées peuvent ne pas correspondre à leurs attentes etc.

    5Quelles sont vos perspectives dans un court, moyen et long termes ?

    Nos perspectives à court, moyen et long termes, c’est de nous développer davantage et devenir un acteur clé dans la transformation sociale en adoptant une stratégie cohérente, innovante et en phase avec nos valeurs.

  • Une trêve de bienséance en politique aux États-Unis

    Une trêve de bienséance en politique aux États-Unis

    Il souffle sur Washington DC une légère brise de tolérance. Sans doute l’esprit de Jimmy Carter et Gerald Ford, ces rivaux devenus amis. La coexistence est toujours plus simple, lorsque les adversaires politiques s’accordent sur quelques valeurs communes. Mais, ici, l’harmonie ne durera que le temps que voudront certains.

    À la cérémonie couronnant, ce jeudi, les obsèques de l’ancien président Jimmy Carter à la cathédrale nationale, à Washington, il régnait une harmonie, qui tranche avec les tensions politiques de ces dernières années dans la capitale fédérale. D’où vient donc l’impression que ce seul événement pourrait réconcilier la classe politique américaine ?

    Cette harmonie est à l’image de la vie politique de Jimmy Carter, tout en bienveillance, loin de ce détestable mélange d’intolérance et de vulgarité qui semblait être devenu la norme, ces derniers temps, à Washington DC. La décence, la dignité, la bonté, le souci des autres et de l’intérêt général propres à l’ancien président comptent aussi dans la place que fait l’Histoire à chaque homme d’État. Que démocrates et républicains s’accordent à lui reconnaître ces qualités à Carter prouve que dans l’esprit de tous, elles constituent des valeurs que tous attendent des leaders politiques. Jimmy Carter était comme sous-coté. C’est à sa mort que tous semblent découvrir qui il était vraiment, alors que beaucoup se fondaient sur son échec à se faire réélire pour conclure qu’il n’avait pas été un grand président. Lui-même n’était pas assez narcissique pour vanter ce qu’il a réussi, en un seul mandat.

    Qu’a-t-il donc réussi, que l’on ne savait pas ?

    D’abord, Jimmy Carter, premier président élu après la démission de Richard Nixon, avait ramené un peu d’intégrité à la Maison Blanche, après les années Watergate. Il osait des décisions courageuses, en associant, dans un esprit bipartisan, l’opposition républicaine à l’adoption de ses textes. Il mettait l’accent sur les droits civiques, aux États-Unis, et sur les droits de l’homme, à l’étranger. Il a fait libérer des centaines de prisonniers politiques en Amérique latine, piloté les Accords de Camp David, initié la création de l’US Holocaust Memorial Museum… C’est aussi lui qui a créé le Département de l’Education ; accru les financements en faveur des étudiants les moins bien lotis ; créé la FEMA, l’Agence fédérale de gestion des situations d’urgence, en première ligne dans les ouragans, feux de forêts et autres catastrophes naturelles.

    Jimmy Carter a promu des femmes dans d’importants départements ministériels : Commerce, Éducation, Habitat, Développement urbain, et ce que l’on appelle aujourd’hui Éducation Santé et Bien-être… 39e président des États-Unis, il a, en un seul mandat, promu cinq fois plus de femmes et de personnes de couleur dans divers postes de responsabilité que n’en ont promu ses trente-huit prédécesseurs réunis.

    Jimmy Carter a, le premier, installé des panneaux solaires sur le toit de la Maison Blanche ; fait passer des lois sur l’économie d’énergie, la dérégulation des prix du pétrole, et beaucoup investi dans les énergies renouvelables, comme alternative aux énergies fossiles, sans sacrifier l’indépendance énergétique des Etats-Unis. Grâce à son audace, la consommation d’énergie des Etats-Unis baissera de 10% entre 1979 et 1983. Pour affronter les défis importants, il savait se libérer des calculs politiciens.

    Pourquoi, alors, n’a-t-il pas été réélu ?

    La prise en otages, à Téhéran, de cinquante-deux diplomates américains par des étudiants se réclamant de l’ayatollah Khomeini lui a été d’autant plus fatal qu’il s’est refusé à risquer la vie des otages dans une opération militaire. Pour l’opinion, sa prudence était un signe de faiblesse. Bien que battu, Jimmy Carter a continué à travailler à leur libération, finalement intervenue le dernier jour de sa présidence. Il a préféré perdre l’élection, plutôt que de risquer la vie d’un seul otage. Ainsi était l’homme. Après son départ du pouvoir, il a œuvré, tous azimuts, à la salubrité démocratique et aidé, partout, les démunis. Pour cela, il inspire un respect qui lui survivra, à jamais. Il inspirait aussi le respect à ses adversaires politiques. Tel le républicain Gerald Ford, qu’il a battu… en 1976, et qui lui a rendu le plus bel éloge. Sauf que le président Ford est décédé depuis 2006. C’est son fils qui a lu l’éloge. Mais ces deux rivaux-amis s’estimaient, au point de rédiger l’éloge funèbre, l’un de l’autre. D’où l’harmonie, ce jeudi, à la cathédrale nationale, et qui règne naturellement partout où des adversaires politiques partagent les mêmes valeurs, et qui durera le temps que voudront certains…

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 11 janvier 2024

  • Togo-5 points importants à retenir du rapport ITIE

    Togo-5 points importants à retenir du rapport ITIE

    Le rapport ITIE 2022 publié en Décembre 2024 par l’ Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives offre un éclairage sur la gestion des industries extractives (mines, eau, hydrocarbures) au Togo. Voici ce qu’il faut retenir !

    1️ – Transparence et revenus

    ▪ 19 milliards FCFA déclarés par les entreprises extractives, dont 94 % provenant du secteur minier (79 % versés au Compte unique du Trésor, 6,7 % alloués aux communes, 10 % à la CNSS)

    ▪ Principaux contributeurs : SCANTOGO MINES, SNPT, et WACEM, représentant 90 % des revenus budgétaires.

    ▪ Principales taxes : TVA (29,3 %), droits de douane (23,1 %) et Impôt sur les Sociétés (13,9 %).

    2️ – Production et exportations

    ▪ 1,54 million de tonnes de phosphate et 3,17 millions de tonnes de calcaire extraites en 2022.

    ▪ Les exportations de phosphate ont généré 157,6 milliards de FCFA, principalement vers l’Inde, la Bulgarie et l’Australie.

    ▪ L’exploitation artisanale de l’or reste un défi, avec 20,6 tonnes non déclarées en 2022.

    3️ – Gouvernance et lutte contre la corruption

    ▪ Renforcement du cadre juridique et des contrôles via la HAPLU-CIA. Cependant, des écarts entre les exportations d’or déclarées et les données internationales montrent la nécessité d’un contrôle accru.

    4️ – Transition énergétique et environnement

    ▪ Le Togo vise à réduire de 20,51 % les émissions de GES d’ici 2030.

    ▪ Aucune données vérifiées sur les émissions de GES des entreprise extractives

    ▪ Les tarifs préférentiels pour l’électricité fossile posent un défi pour une transition énergétique.

    5️ – Recommandations pour l’avenir

    ▪ Renforcer la transparence des contrats et des licences.

    ▪ Mieux divulguer les bénéficiaires effectifs.

    ▪ Améliorer la gestion des recettes et des dépenses sociales et environnementales.

    ▪ Intégrer les enjeux climatiques dans les pratiques des entreprises extractives.

    En conclusion, le Togo progresse dans la gestion de ses ressources naturelles, mais des efforts supplémentaires sont nécessaires pour maximiser les bénéfices économiques et sociaux tout en protégeant l’environnement.👉 Découvrez le rapport complet sous le lien suivant : https://lnkd.in/eX2_u_5h

  • Au Togo, tout est fin prêt pour Les RICAC 2025

    Au Togo, tout est fin prêt pour Les RICAC 2025

    Les derniers détails relatifs à l’organisation des Résidences internationales de créations artistiques et culturelles (Les RICAC) sont être d’être réglés. Tout est fin prêt, assure la promotrice.

    La période du déroulement de l’évènement est connue depuis quelques jours. Les RICAC 2025, c’est du 27 janvier au 9 février prochains à Tsévié, préfecture de Zio. Sur le thème  « Au-dessus du réveil ». Il s’agit d’une initiative s’inscrivant dans le programme baptisé “Art TO GO”, porté par l’association Art Héritage Culture.

    Pourquoi cette problématique ? C’est sa promotrice qui donne les précisions. En effet, Atafèinam BELEI,  présidente de l’Association Art Héritage Culture, souligne qu’il est temps que l’Afrique sorte de torpeur. « Nous pensons désormais que, ce sommeil a définitivement pris fin (phase du réveil), que le réveil des populations d’Afrique s’est opéré, et que l’heure est venue pour les Artistes africains, les Peuples africains et leurs dirigeants panafricanistes patriotes de se défaire complètement du cercle vicieux de l’Occident ».

    Et d’ajouter : « Car, au-dessus du réveil, c’est l’éveil des consciences africaines, des Artistes créateurs, des Peuples africains et de l’élite panafricaniste patriote africaine, pour prendre en charge et planifier par eux-mêmes l’avenir de l’Afrique ! ».

    Essentiel

    Sur le plan artistique, un réveil se manifeste,  initié par le Réseau international des artistes en arts visuels (RIA-AV), avec des Artistes venus de divers horizons. S’inspirant d’Antoine de Saint-Exupéry, disant que  “pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible”, Kokou Ekouagou, le Directeur artistique, est convaincu que « De ce réveil, ensemble, nous devons travailler avec des actions concrètes dans un accompagnement ciblé, pour permettre aux Artistes de sortir des situations bloquées qui prennent beaucoup d’énergie et freinent l’élan, et pour lesquelles différentes tentatives de solution sont restées sans effet ».

    « Au-dessus de ce réveil, nous devons avoir l’accès par l’art au trou dans le savoir ! Se concentrer sur la construction de la muraille à l’œuvre artistique et culturelle avec  l’amour de la passion du domaine », enchaîne l’artiste plasticien, également consultant et manager culturel.

    Pour les Résidences internationales de créations artistiques et culturelles, les participants viendront de la République démocratique du Congo (RDC), du Sénégal, du Ghana, du Bénin et du Togo. La ville de Tsévié sera au centre de l’art africain. L’organisation se prépare à accueillir les premières délégations.

  • Ballè Cosme Yehouégbé célèbre Vodun days à Lomé   

    Ballè Cosme Yehouégbé célèbre Vodun days à Lomé   

    La fête nationale du Vodun, dénommée Vodun days, est célébrée chaque 10 janvier au Bénin.  A Lomé, le traditionnaliste, le Béninois Ballè Cosme Yéhouégbé commémore l’évènement à travers une cérémonie à Bè-Beach.

    C’est devenu une coutume. Les Vodun days, ce sont trois dates : les 9, 10 et 11 janvier en terre béninoise. Trois jours pour célébrer la fête nationale du vodun. Une occasion qui fait appel  à tous les cultes de divers horizons du pays.

    Sous Patrice Talon, Vodun days mettent à l’honneur les arts, la culture et la spiritualité Vodun. L’objectif, promouvoir davantage la culture Vodun, profondément ancrée dans les traditions religieuses du Bénin, tout en diversifiant l’offre touristique du pays.

    Festivités à Lomé

    Ballè Cosme Yéhouégbé, un traditionnaliste, tentera, comme les deux dernières passées, de jouer l’ambassadeur des Vodun days au Togo. Plus spécialement à Lomé, à Bè-Beach.

    En effet, tout commence dès ce jeudi par une veillée à Bè-Beach par un rituel. Les participants auront la chance de recevoir un parfum et savon de chance, l’eau de bénédiction, entre autres, promet-t-il.

    Le jour J, c’est-à-dire le vendredi, il est prévu à pique-nique toujours à Bè-Beach.

    Pour d’amples informations, contactez : (228) 96 49 11 66 ou (229) 65 71 93 73.

    Notons que Vaudou  signifie en langue Fon : “Ce qu’on ne peut élucider, la puissance efficace”.

  • Seko Fofana, actionnaire chez les uns, joueur chez les autres

    Seko Fofana, actionnaire chez les uns, joueur chez les autres

    Seko Fofana est un cas rare. Tout juste transféré à Rennes, il reste un actionnaire minoritaire du RC Lens, dans lequel il s’est investi financièrement en le quittant en 2023. Une situation inédite, qui ne relève pas légalement du conflit d’intérêt, mais qui provoque la colère de certains.

    D’un côté, son nouveau coach assure qu’il « réunit ce dont l’équipe a besoin ». De l’autre, les supporters de son ancien club profitent d’un match à domicile ce dimanche pour afficher la banderole suivante : « Actionnaire et joueur d’un autre club, le football moderne nous donne la gerbe. » Seko Fofana, avec son transfert d’Al-Nassr vers Rennes, s’est placé dans une drôle de situation. 

    Pour rappel, l’international ivoirien, qui a remporté la dernière CAN avec les Éléphants, est devenu administrateur et actionnaire minoritaire du RC Lens lorsqu’il a quitté le club pour le championnat saoudien en 2023. Une façon de continuer à s’investir chez les « Sang et Or », une institution au sein de laquelle il a éclos au plus haut niveau, où il a été l’un des symboles du retour dans le gratin du football français. En témoigne l’officialisation de sa prolongation de contrat à l’été 2022, chorégraphiée au milieu de la pelouse du stade Bollaert, sur laquelle il a paraphé ledit contrat, sous les yeux des supporters aux anges. 

    Mais le voilà de retour en Ligue 1 après un passage mitigé dans le Golfe, Rennes ayant déboursé vingt millions d’euros pour le faire revenir en France. Le milieu de terrain se retrouve donc actionnaire d’un club et joueur d’un autre. Une situation inédite, potentiellement inconfortable, mais qui ne représente aucun problème sur le plan juridique. Rien dans les textes de la Ligue de football professionnel ne mentionne la situation que connaît Fofana.

    Ce qui s’en rapproche le plus serait l’article L. 122-7 du Code du Sport : « Il est interdit à une même personne privée de contrôler de manière exclusive ou conjointe plusieurs sociétés sportives dont l’objet social porte sur une même discipline ou d’exercer sur elles une influence notable ». Pas vraiment de quoi incriminer qui que ce soit. 

    Fofana a quitté le conseil d’administration de Lens

    Reste que l’international ivoirien a tout de même dû quitter son poste d’administrateur. En continuant à siéger au Conseil d’administration du club, il aurait eu accès à des informations de manière privilégiée. Malgré cela, la situation a donc provoqué la colère d’une partie des supporters. Et la vidéo d’officialisation du transfert du joueur à Rennes, dans laquelle bon nombre de références à son ancien club figurent, n’a pas dû aider, certains l’ayant lu comme une petite provocation.

    Jorge Sampaoli, l’entraîneur de Rennes, s’est tout de même frotté les mains à l’arrivée de son nouvel élément. Il a loué « son énergie, son agressivité, ses projections vers l’avant, son esprit de compétition. » « C’est un joueur qui va beaucoup nous aider sur des aspects du jeu où l’équipe était défaillante parfois », a-t-il ajouté. Il en fallait bien un qui se montre ravi de ce transfert.

    rfi.fr/fr/afrique-foot

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