Catégorie : Société

  • Au Togo, RFI et France 24 suspendus pendant trois mois

    Au Togo, RFI et France 24 suspendus pendant trois mois

    L’instance de régulation togolaise justifie cette mesure par « des manquements répétés, déjà signalés et formellement rappelés, en matière d’impartialité, de rigueur et de vérification des faits ». Le pays est classé 121ᵉ rang sur 180 dans le classement 2025 de la liberté de la presse de Reporters sans frontières.

    Les diffusions de Radio France internationale (RFI) et de la chaîne de télévision France 24 ont été suspendues au Togo pour trois mois, a annoncé l’instance de régulation des médias du pays, lundi 16 juin.

    Dans sa décision dont l’Agence France-Presse a eu copie, la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) du Togo pointe trois reportages ou interventions, dont la diffusion sur France 24 d’un entretien dans lequel « des propos inexacts ont été tenus au sujet de conditions alléguées dans lesquelles l’artiste Aamron aurait été interpellé ». Ce rappeur, critique du pouvoir, avait notamment appelé à manifester avant d’être arrêté fin mai, puis de réapparaître, le 5 juin, dans une vidéo tournée dans un hôpital psychiatrique dans laquelle il présentait des excuses envers M. Gnassingbé.

    L’instance de régulation relève également des « prises de position publiques de la correspondante régionale de France 24 appelant à la mobilisation contre les institutions républicaines », et des propos relayés dans le journal Afrique et dans une chronique de RFI « présentant un caractère tendancieux ».

    La HAAC ajoute que cette mesure de suspension « fait suite à des manquements répétés, déjà signalés et formellement rappelés, en matière d’impartialité, de rigueur et de vérification des faits ». « Le pluralisme des opinions n’autorise pas la diffusion de contre-vérités ni la présentation partiale de l’actualité. La liberté de la presse ne saurait être synonyme de désinformation ou d’ingérence », poursuit l’institution.

    Cette décision vient réduire un peu plus l’espace de diffusion en Afrique de l’ouest de ces deux médias publics français, suspendus depuis plusieurs années au Mali, Burkina Faso et Niger, trois pays sahéliens dirigés par des juntes militaires. Le Togo est au 121e rang sur 180 dans le classement 2025 de la liberté de la presse de Reporters sans frontières, en recul de huit places par rapport à 2024.

    Des journalistes interpellés lors de manifestations contre le pouvoir

    Cette suspension intervient une dizaine de jours après des manifestations contre le pouvoir qui ont secoué Lomé, la capitale. Début juin, des manifestations lancées sur les réseaux sociaux par des jeunes et des militants de la société civile avaient pour objet de protester contre le régime, dirigé par Faure Gnassingbé depuis 2005. Les manifestants s’exprimaient contre des arrestations de voix critiques, la hausse du prix de l’électricité.

    Un autre grief adressé à Faure Gnassingbé porte sur la nouvelle Constitution, adoptée en avril 2024, qui lui permet de consolider son pouvoir désormais au sein d’un régime parlementaire dont il occupe la plus haute fonction, celle de président du Conseil. Cette réforme constitutionnelle cristallise les tensions au Togo, l’opposition et la société civile accusant M. Gnassingbé de vouloir rester indéfiniment à la tête de l’Etat, les autorités répondant que la réforme constitutionnelle vise plutôt à « dépersonnaliser » le pouvoir et à renforcer « l’unité nationale et la cohésion du pays ».

    Lors des manifestations, la police a arrêté une cinquantaine de personnes avant de les libérer, selon le procureur qui précisait la semaine dernière que « quelques-unes » encore détenues allaient être rapidement présentées au parquet. Des journalistes qui couvraient les manifestations ont été brièvement interpellés et contraints par les forces de l’ordre d’effacer leurs images. De nouveaux appels à manifester ont été lancés sur les réseaux sociaux, pour les 26, 27 et 28 juin.

    AFP

  • Togo-RA’ANA 2 ou l’exposition de la « Bonne cause » à Lomé

    Togo-RA’ANA 2 ou l’exposition de la « Bonne cause » à Lomé

    Sept (7) artistes plasticiens togolais sortent leurs pinceaux pour la « Bonne cause » dans le cadre d’une exposition collective dénommée RA’ANA (Nous voici).

    Les amateurs de l’art plastique ont encore une nouvelle occasion pour admirer les chefs-d’œuvre des artistes confirmés tels que  Kokou Ekouagou, Kenzo Afezuke, Markusspaness Pakai, Christelle Flagbo, Toikel T. Amah, Soussadema Tagba et Petit Picasso Tagba au Centre togolais des expositions et Foire (CETEF Togo 2000) à Lomé. Plus précisément à l’étage du pavillon Oti.

    Les œuvres présentées, comme le souligne le thème « Bonne cause », prônent la paix, le vivre-ensemble, le développement dans la quiétude.

    « Nous vivons dans un monde qui brûle et nous avons demandé à chaque artiste de créer des œuvres d’art qui sensibilisent le public à la paix ». Pour elle, la paix n’est pas l’absence de guerre ; elle vient de l’intérieur », résume Atafèinam Belei, la présidente de l’Association ART HERITAGE CULTURE, structure organisatrice de l’évènement.

    L’exposition,  dont le vernissage s’est déroulé le vendredi dernier, ne fait « que nous rappeler que rien de durable ne peut se construire sans la paix», rappelle Alexandre de Souza, le directeur général du CETEF. C’est cette paix que chacun des artistes véhicule à travers des œuvres exposées, enchaîne-t-il.

  • Municipales 2025 : la validation de tout format du certificat de nationalité porte (aussi) les griffes de la CNDH

    Municipales 2025 : la validation de tout format du certificat de nationalité porte (aussi) les griffes de la CNDH

    La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a obtenu, grâce au plaidoyer auprès des autorités compétentes, que les élections municipales du 10 juillet prochain ne soient pas réservées seulement aux candidats disposant de l’ancien format du certificat de nationalité togolaise, selon nos sources.

    Discrimination ?

    Alors qu’au départ la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a décidé que les candidats aux prochaines municipales composent leur dossier avec uniquement le nouveau format de la nationalité, certaines démarches ont permis à ce qu’elle revienne sur cette décision frisant l’exclusion.

    En effet, dans les conditions d’éligibilité telles que fixées par la CENI, figure la composition du dossier de candidature avec le nouveau format du certificat de nationalité togolaise. Ce qui, de fait, exclut un bon nombre de prétendants d’autant plus que plusieurs personnes dans le pays n’ont que l’ancien format.

    Des voix se sont levées contre cette mesure que d’aucuns qualifient de discrimination, empêchant le prochain scrutin d’être inclusif, selon eux.

    Plaidoyer

    Le tollé suscité par cette mesure pousse la CNDH, mécanisme national de promotion, de protection et de défense des droits de l’homme sur toute l’étendue du territoire national, à s’auto-saisir.

    Selon nos informations, elle s’est employée pour que les municipales de juillet respectent les règles standard, souhaitant qu’elles soient inclusives, apaisées et participent à l’enracinement de la démocratie dans le pays.

    C’est ainsi que l’institution incarnée aujourd’hui par Me Sanvee Kwao Ohini a fait des démarches auprès des pouvoirs publics dans ce sens. Un plaidoyer qui aboutit à la validation de tout format (ancien comme nouveau) du certificat de nationalité à mettre dans le dossier de candidature.

    Néanmoins,  « les candidats détenteurs de l’ancien format du certificat de nationalité togolaise doivent faire légaliser une copie dudit certificat pour le dossier de candidature », indique la CENI dans un communiqué en date du 16 mai 2025 et signée par son président Dago Yabré.

    La Commission nationale des droits de l’homme, souvent, fait des actions ou démarches qui restent discrètes pour une meilleure réussite de sa mission, celle de la défense et de la promotion des droits de l’homme sans distinction de sexe, de race, de religion, d’appartenance politique, etc.

    En rappel, la commission a pour missions, de promouvoir et protéger les droits de l’homme, protéger les défenseurs des droits de l’homme, prévenir la torture ou autres formes de traitements cruels, inhumains ou dégradants dans les lieux de privation de liberté ou tout autre lieu qu’elle aura identifié.

  • 𝐖𝐀𝐍𝐄𝐏-𝐓𝐎𝐆𝐎 : 𝐒𝐞𝐲𝐫𝐚𝐦 𝐀𝐃𝐈𝐀𝐊𝐏𝐎 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐢𝐫𝐦𝐞́ 𝐂𝐨𝐨𝐫𝐝𝐨𝐧𝐧𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐍𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥 𝐚𝐩𝐫𝐞̀𝐬 𝐮𝐧 𝐚𝐧 𝐝’𝐢𝐧𝐭𝐞́𝐫𝐢𝐦

    𝐖𝐀𝐍𝐄𝐏-𝐓𝐎𝐆𝐎 : 𝐒𝐞𝐲𝐫𝐚𝐦 𝐀𝐃𝐈𝐀𝐊𝐏𝐎 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐢𝐫𝐦𝐞́ 𝐂𝐨𝐨𝐫𝐝𝐨𝐧𝐧𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐍𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥 𝐚𝐩𝐫𝐞̀𝐬 𝐮𝐧 𝐚𝐧 𝐝’𝐢𝐧𝐭𝐞́𝐫𝐢𝐦

    L’attente est désormais levée. Après une année d’intérim marquée par un leadership affirmé et un esprit de continuité, ADIAKPO Yawo Seyram est officiellement confirmé au poste de Coordonnateur National de WANEP-TOGO, succédant ainsi à Madame Da-Do Nora NOVIEKOU.

    Nommé en mars 2024 pour assurer l’intérim, Seyram Adiakpo n’a pas tardé à imprimer sa marque à la tête de la Branche Togolaise du Réseau Ouest Africain pour l’Édification de la Paix. Fort de sa rigueur et de son engagement indéfectible pour la consolidation de la paix, il continue de consolider la dynamique organisationnelle du réseau imprimée par sa prédécesseur, gagner la confiance des partenaires et positionner WANEP-TOGO comme un acteur stratégique dans la prévention et la transformation des conflits et la promotion du dialogue citoyen.

    Cette nomination définitive vient non seulement saluer une année de transition réussie, mais aussi affirmer la volonté de continuité et de renforcement des acquis en matière de gouvernance participative, d’alerte précoce et de gestion des conflits au Togo.

    Avec cette confirmation, Seyram ADIAKPO entend poursuivre les actions déjà entamées, accroître la présence de l’institution, lui assurer son autonomie et durabilité financière, élargir les partenariats, rendre l’organisation propriétaire de son siège, intensifier les efforts pour faire de WANEP-TOGO une référence nationale et sous-régionale dans la construction d’une paix durable.

    WANEP-TOGO

  • Togo-Ignace Tankroukou, rédacteur en chef à l’ATOP, est mort

    Togo-Ignace Tankroukou, rédacteur en chef à l’ATOP, est mort

    M. Tankroukou Daka Ignace, rédacteur en chef à l’Agence togolaise de presse (ATOP) est décédé le samedi 26 avril à Lomé suite à un malaise, a annoncé dans la soirée, le directeur de l’agence, Eyebiyi Kokouvi.

    « Aujourd’hui plus que jamais, nous sommes investis d’une mission précieuse : faire de l’ATOP une agence de référence, respectée tant sur le plan national qu’international. C’était un rêve cher à notre regretté chef Tankroukou Ignace, qui n’a cessé de travailler sans relâche pour que cet objectif devienne une réalité. Bien qu’il ait quitté notre barque trop tôt, son héritage et ses valeurs demeurent vivants en chacun de nous », a écrit le directeur de l’Agence sur la plateforme Whatsapp du personnel.

    « Nous avons le devoir de poursuivre son œuvre avec détermination et loyauté. Ne baissons pas les bras. Continuons ce travail noble pour honorer sa mémoire et faire briller encore plus haut l’ATOP », a souhaité M. Eyebiyi.

    L’illustre disparu est un passionné du sport, un homme social et sociable qui est très attaché au travail et aux valeurs humaines. Le 31 juillet prochain, l’homme va souffler sa 59e bougie et à un an de sa retraite, il est fauché par la mort au lendemain du retour d’une mission à Dapaong.

    « Il est très dévoué au travail et au travail bien fait. Rigoureux envers lui-même sur la ponctualité, il attendait beaucoup de ses collaborateurs. Surtout ce qu’il mangeait, il prenait le soin d’éviter tout ce qui peut être à l’origine du moindre désagrément pour sa santé », a témoigné M. Kolani Yaya, chef reportage à l’Agence, un collaborateur immédiat du défunt. Le samedi matin, poursuit-il, « nous avons discuté de l’organisation du travail sur le bulletin spécial du 27 avril, alors même qu’il s’apprêtait pour aller suivre au Palais de congrès de Lomé, la conférence d’hommage aux grandes figures de l’indépendance du Togo ».

    « Une mort inattendue, un décès brutal qui laisse tout le personnel perplexe. C’est vraiment incroyable. Alors qu’il était avec nous depuis mercredi passé dans la région des Savanes puis rentré à Lomé vendredi. Très triste. Que Dieu Tout-puissant lui accorde un repos éternel », a commenté Bodjona Gabriel, Chef bureau ATOP-Dapaong.

    Feu Tankroukou était le président en exercice de l’Association de secours de l’ATOP (ASATOP) et membre de plusieurs associations dont l’OTM (Observatoire togolais des médias).

    Avec ATOP

  • Au Togo, “le SYNJIT dénonce une tentative d’intimidation” du journaliste Albert Agbéko

    Au Togo, “le SYNJIT dénonce une tentative d’intimidation” du journaliste Albert Agbéko

    Alors qu’il ne faisait que son travail, le journaliste Albert Agbéko, propriétaire du média en ligne Togo Scoop, “aurait été interpellé par un agent de police”. Le Syndicat national des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) a, dans un communiqué, dénoncé ” une tentative d’intimidation des journalistes, une entrave à la liberté de presse”.

    Communiqué

    Le Syndicat National des Journalistes Indépendants du Togo (SYNJIT) a appris la mésaventure de Albert Agbeko, Journaliste et Directeur de Publication du site en ligne « Togo Scoop », ce mardi 8 avril 2025, à l’Ecole primaire catholique Saint-Jean de Tsévié, alors qu’il faisait son travail, celui d’apprécier le déroulement du recensement dans ledit établissement.

    Pour avoir pris quelques photos, dans le souci d’illustration et de documentation, le professionnel des médias aurait été interpellé par un agent de police présent sur les lieux. Bien qu’ayant brandi sa carte de presse qui certifie qu’il est un journaliste et bien qu’ayant pris soin de se présenter au président du Comité de Liste et Carte (CLC), il s’est vu exiger la suppression des photos par cet agent. En outre, le journaliste a été entouré par un nouveau dispositif et conduit au commissariat en compagnie du président du CLC et de son rapporteur. Ce scénario n’est que la résultante des réalités bien tristes que vivent le plus souvent les Journalistes sur le terrain.

    Le Togo a entamé depuis ce lundi 7 avril 2025, la révision des listes électorales 2025 dans la zone 1. Pour son plein succès, chaque acteur a le devoir de jouer pleinement son rôle. Les médias également ont la responsabilité de rapporter le déroulement de cet exercice. La CENI, les présidents des Comités des Listes et Cartes (CLC) et les forces de l’ordre ont ainsi le devoir de faciliter le travail des professionnels des médias sur le terrain.

    Face à ce tableau de chasse infligé au journaliste, le SYNJIT dénonce une tentative d’intimidation des journalistes, une entrave à la liberté de presse.

    Les Centres de recensement et de vote n’étant pas des couvents, il est du devoir des professionnels des médias d’y faire un détour afin de mieux jouer leur rôle.

    Le SYNJIT s’indigne contre un comportement de caprice. 

    La révision des listes étant fixée du 07 au 23 avril, le SYNJIT demande à la CENI et aux présidents des CLC de faciliter le travail des journalistes sur le terrain.

    Le SYNJIT salue le professionnalisme du Commissaire Messan Alofa qui a essayé de calmer les ardeurs et suggérer que notre confrère Albert AGBEKO ne soit pas inquiété dans l’exercice de son travail.

    La mission d’information menée par les journalistes est un bien précieux et nécessaire dans une démocratie. Dans les coulisses de la presse togolaise, les professionnels des médias veulent jouer leur partition.

    Le SYNJIT lance un appel à la HAAC afin qu’elle prenne ses responsabilités pour faciliter le travail des professionnels des médias dans le cadre du processus électoral en lien avec les prochaines élections municipales dans notre pays.

    Fait à Lomé, le 8 avril 2025

    Le Secrétaire Général

  • Côte d’Ivoire : l’ancien ministre des Affaires étrangères Amara Essy est décédé

    Côte d’Ivoire : l’ancien ministre des Affaires étrangères Amara Essy est décédé

    Celui qui fut en charge de la diplomatie ivoirienne pendant plus d’une décennie dans les années 90 s’était déclaré candidat à la présidentielle d’octobre 2015 avant de renoncer à trois semaines du scrutin.

    « Décès de Essy Amara, ex-ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération internationale (1990-1999), à son domicile à Abidjan-Cocody dans la nuit du 7 au 8 avril 2025 », a indiqué la Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI) dans une publication sur Facebook.

    Diplomate chevronné, né à Bouaké le 20 décembre 1944, il a occupé de 2001 à 2003 le poste de secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) qui deviendra plus tard l’Union africaine. Il avait démarré sa carrière dans les années 70 comme premier conseiller à l’ambassade ivoirienne au Brésil, où sa ressemblance avec le footballeur Pelé lui a valu une grande notoriété.

    « Plus diplomate que politicien »

    Son parcours le mènera ensuite au siège des Nations unies à Genève (1975-1978), puis à Buenos Aires et de nouveau à New York (1981-1990). Il préside le Conseil de sécurité en 1990 puis la 49ème session de l’Assemblée générale des Nations unies (1994-1995).

    Celui qui se disait « plus diplomate que politicien » s’était déclaré candidat à la présidentielle d’octobre 2015, en opposition au chef de l’État Alassane Ouattara, mais avait retiré sa candidature à trois semaines du scrutin.

    AFP

  • Une mort gratuite! Scandaleusement douloureuse!

    Une mort gratuite! Scandaleusement douloureuse!

    Dans une Afrique largement handicapée par l’incompétence de certains de ses dirigeants, faire correctement son travail aussi peut vous coûter la vie. Surtout si votre « zèle » froisse une personnalité. Ou un des sous-fifres qui l’entourent…

    Il s’appelait Fiston Kabeya. Roué de coups et embarqué par la garde rapprochée de la Première ministre de RDC. Mort s’en est suivi. Son crime : avoir osé rappeler le Code de la route à ses bourreaux, qui roulaient à contresens sur un boulevard de Kinshasa. Le « profond regret » de Madame Judith Suminwa et la dédramatisation du pouvoir n’ont pas suffi à calmer l’opinion congolaise, scandalisée. À quoi faut-il s’attendre, désormais ?

    Au rythme auquel de tels scandales se succèdent dans ce pays, il serait vain d’espérer une révolution durable des mœurs. L’opinion sera bientôt captivée par un autre de ces drames à répétition qui rythment la vie des Congolais, et dont cette délinquance routière d’État n’aura été qu’un triste épisode de plus.

    Par contre, l’expédition punitive de l’escorte de la Première ministre choque d’autant plus que, après la brève altercation verbale avec les gardes, Fiston Kabeya et ses collègues avaient aidé le cortège à s’extirper des embouteillages. Mais, une fois leur patronne déposée à destination, ces gardes sont revenus violenter l’insolent agent. Comme si, dans cette nation, l’entourage de chaque détenteur d’une once de pouvoir politique se croyait habilité à décréter quels comportements relèvent du crime de lèse-majesté et comment le punir. Convaincus de leur impunité, ils se vautrent donc tous dans la violation des droits des autres.

    Comment expliquer un tel niveau de violence de la part l’escorte d’une Première ministre ?

    Il y a, dans les rapports qu’entretient le pouvoir avec les populations dans de nombreux pays africains, une charge de brutalité, qui remonte à la colonisation. Le colonisateur supportait mal la contestation, encore moins la rébellion, qu’il réprimait violemment ! À l’indépendance, cette propension à brutaliser s’est perpétuée avec certains dirigeants des jeunes nations. Au Cameroun, par exemple, il y a eu transmission, à travers la répression des maquis de l’UPC. Comme une passation de service sur l’art de réprimer. Pour écraser les populations, le pouvoir colonial s’appuyait essentiellement sur la soldatesque africaine, base des futures armées nationales. Au camp de Thiaroye, les Blancs n’étaient pas seuls à massacrer les tirailleurs réclamant leur dû. En Guinée, où Sékou Touré faisait torturer et mettre à mort les ennemis réels ou supposés de son régime, le Camp Boiro était tenu par des nationaux. Mais, leur fonctionnement était calqué sur ce qui se faisait sous la colonisation.

    De cette violence coloniale, Aimé Césaire disait qu’elle « dé-civilisait le colonisateur, l’abrutissait, le réveillait aux instincts enfouis, à la convoitise… ». Et c’est pour mettre en garde contre la perpétuation de cette violence qu’il écrivait que les dirigeants africains ne devaient pas considérer l’indépendance comme l’occasion, pour eux, de venir, en lieu et place du Blanc, « faire le Blanc sur le dos de leurs frères Noirs ». Ce que l’escorte de la Première ministre a fait subir à Fiston Kabeya rappelle, en tout point, les brimades et les violences de la colonisation belge dans ce même Congo.

    N’est-ce pas, là, une lecture d’une grande tristesse ?

    Chaque dépositaire de l’autorité croit, hélas, incarner, personnifier le peuple, et supporte mal toute remise en cause. Et le matamore de l’entourage d’un Premier ministre se prend pour le Premier ministre des matamores. Plus ils sont intellectuellement limités, plus ils se laissent griser par le sentiment de puissance. Or, dans cet environnement de népotisme généralisé, si Fiston Kabeya avait été le cousin d’un ministre, il serait peut-être de ceux qui roulent impunément à contresens et se pavanent comme s’ils étaient des génies. Avec ce réflexe de brutes propre à ceux qui aiment persécuter les gens qui leur semblent en position de faiblesse. Cette fin tragique de Fiston Kabeya rappelle que les allées du pouvoir pullulent de gens dangereusement primaires. Le fait qu’ils gravitent autour d’un chef d’État ou d’un Premier ministre n’y change rien.

    C’est dur à entendre. Mais, dans nombre d’États africains, la proximité avec le pouvoir pousse beaucoup à se croire omnipotents, avec droit de vie ou de mort sur tout citoyen qui s’aviserait de les défier. C’était aussi cela, le pouvoir colonial !

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du samedi 5 avril 2025

  • Décès de Pascal Adoko: hommage du Prof Ekoué Folikoué

    Décès de Pascal Adoko: hommage du Prof Ekoué Folikoué

    Hommage du Professeur FOLIKOUE Ekoué Roger à Pascal Adoko , le Secrétaire général adjoint de la CDPA inhumé le 29 dernier dans son village natal à Havé dans la préfecture du Zio.

    PASCAL ADOKO : UN NOM ET UNE CONVICTION

    Mon cher Pascal, nous recevons tous la vie de Dieu.Et nos parents sont chargés de nous la transmettre non seulement avec le nom de famille mais aussi ils nous attribuent un prénom, grande responsabilité.

    Et s’il est vrai que nos noms et prénoms nous identifient, ils tracent aussi un itinéraire qui ne se dévoile que dans une succession de présents appelés le temps.

    Et c’ est à ce titre que votre prénom dit quelque chose de vous.

    Pascal, renvoyant à Pâque(s) est tout un symbole : la traversée de la mer, le passage d’une vie à une autre, la joie de la résurrection.

    Si je retiens le terme passage, on peut y associer le fait de passer d’ une rive à une autre, ou encore la capacité de faire passer les gens d’ un lieu à un autre et en ce sens je peux y trouver egalement le sens d’ être un pont.

    Je me souviens alors de ce que m’ a raconté un jeune homme au sujet des hippopotames qui se transformaient en pont pour leur permettre de passer d’ une rive à une autre en l’absence d’ un pont sur leur fleuve.

    Un pont sert toujours, il est utile pour des générations présentes et futures. Il relie et reste toujours un passage.

    N’êtes vous pas comme un pont, un lieu de passage avec votre prénom Pascal? Votre prénom ne nous indique-t-il pas que quelle que soit la durée du vendredi saint, dans la lutte à laquelle vous avez consacré votre vie, le dimanche de Pâques est une certitude ?

    Vous ne serez certes plus là physiquement mais vous êtes présent par les différentes traces que vous avez laissées.

    Être un pont c’est aussi permettre à la future génération de ne pas tout recommencer mais de continuer le combat en empruntant les chemins balisés.

    Merci d’ avoir porté un prénom qui tout en étant un symbole vous permet de durer dans le présent de l’ histoire des hommes et des femmes de ce pays.

    Un prénom, on le reçoit d’habitude des autres mais on se donne un sens, une histoire par ses propres choix et cela est le fruit de ses profondes convictions.

    Je ne connais pas votre histoire et encore moins le contexte dans lequel vous avez adhéré au parti Convention Démocratique des Peuples Africains, CDPA. Mais ce dont je suis sûr c’ est que ce choix est l’ expression de votre conviction.

    En effet le terme convention désigne un accord entre deux ou plusieurs personnes et démocratique met en exergue la liberté et la reconnaissance des individus qui signent un accord dans un climat de dialogue.

    En choisissant, la CDPA , vous avez manifesté que, pour des peuples africains, un vivre ensemble, dans la reconnaissance des autres, est possible. Et par conséquent, vivre ensemble dans l’ harmonie des différences n’ est pas impossible pour notre continent.

    CDPA n’ est pas alors, pour vous, un sigle ou un titre mais est une véritable conviction.

    Que cette conviction que vous avez portée devienne pour nous tous un héritage pour lequel vous avez été un élément de liaison entre les uns et les autres.

    Le message que vous nous laissez est alors celui-ci : Et si les noms des différents partis politiques et des organisations de la société civile de notre pays n’ étaient en fait que divers aspects d’ une riche et dense réalité ?

    Et si nos diversités n’ étaient que sources de richesses? Alors le Togo, l’ Or de l’ humanité serait une oeuvre collective dans une solidarité agissante.

    Cher Pascal ADOKO, vous avez fait votre part.

    FOLIKOUE Ekoué Roger, la Joie de la Croix (RJC)

  • Togo-La CNDH réaccréditée au statut « A » de l’ONU

    Togo-La CNDH réaccréditée au statut « A » de l’ONU

    Le sous-comité d’accréditation des Nations Unies réaccrédite au statut « A » des institutions nationales des droits de l’homme la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) du Togo.

    C’est via un communiqué signé de son président, Me Kwao Ohini Sanvee, en date de ce vendredi 28 mars, que l’information est portée à la connaissance de l’opinion : la Commission nationale des droits de l’homme est réaccréditée au statut « A » des institutions nationales des droits de l’homme par le sous-comité de l’ONU.

    La décision a été prise après son examen le 18 mars 2O25 à Genève par le sous-comité d’accréditation.

    « …haute distinction »

    Si l’information réjouit dans les milieux des défenseurs des droits humains, c’est parce que, comme le souligne un communiqué officiel, « Le statut « A » est la plus haute distinction accordée à une institution nationale des droits de l’homme (INDH) ».

    En effet, la CNDH a été honorée parce qu’elle se conforme aux « principes de Paris qui régissent le fonctionnement des INDH », notamment « l’indépendance, l’impartialité, l’efficacité, dans la protection des droits fondamentaux ».

    Portée

    Créée en 1987, cette distinction est l’aboutissement de tout ce qu’elle a entrepris depuis sa naissance jusqu’aujourd’hui.

    « L’accréditation a ce statut permet à la CNDH de disposer d’une voix prépondérante au sein de l’alliance globale des INDH et de participer aux travaux des différents mécanismes internationaux et régionaux de protection des droits de l’homme. Ce statut intervient également dans les conditionnalités des partenaires techniques et financiers et des bailleurs de fonds », souligne le communiqué.

    Le document signé par Me Sanvee indique que « cette distinction acquise en l’an 2000 et conservée depuis lors, rappelle à la CNDH son devoir d’être aux côtés des populations et des autorités afin de mobiliser davantage d’efforts en faveur des droits humains ».

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