Catégorie : Société

  • Election CCIT: Kwassi Symenouh, le profil  du “candidat sûr qui vous accompagnera dans la réussite”

    Election CCIT: Kwassi Symenouh, le profil du “candidat sûr qui vous accompagnera dans la réussite”

    L’homme d’affaires José Kwassi Symenouh vise la présidence de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCIT). Dans un document de campagne, il assure qu’il est “un candidat sûr” capable d’accompagner le secteur privé dans à “la réussite”.

    Une brochure qui dévoile également son parcours universitaire et professionnel. Page choisie:

    Marié et père de quatre enfants, Kwassi SYMENOUH est un juriste à l’origine, et expert aussi bien  en transport maritime et qu’en assurance. Il est nanti d’une Maîtrise de droit des affaires obtenue à l’Ecole Supérieure d’Administration et de Carrière juridique (ESACJ) de l’Université du Togo, d’un DESS de droit maritime et des transports de l’Université d’Aix-en-Provence, d’un diplôme de l’institut des assurances d’Aix-en-Provence puis d’un Doctorat de droit maritime et des transports à l’Université d’Aix-en-Provence.

    Juriste-Assurance, il a dirigé pendant 23 ans des compagnies d’assurances connues du marché togolais : C2A qui l’a embauché en 1983, GTA-C2A, et NSIA dont il a été le promoteur en 2005 et Directeur Général jusqu’en 2016.

    En 2017, il change de casquette. Tout en restant dans la même activité qu’est l’assurance, il devient Assureur Conseil. Son rôle étant désormais d’assister les consommateurs d’assurances dans la souscription de leurs polices d’assurances et dans l’indemnisation de leurs sinistres. C’est ainsi qu’il créé sa propre entreprise en reprenant le contrôle de la Protectrice Assurances qui existait depuis l’an 2000. Son ambition étant d’en faire un Groupe Panafricain, il a commencé son aventure à partir du Togo (2017), au Bénin (2018) et au Burkina Faso (2019). L’objectif initial étant de couvrir l’horizon 2025 14 pays de la zone CIMA. Malheureusement en raison de la crise sanitaire de 2020, le programme de déploiement a été revu et s’étendra en définitive jusqu’en 2030.

    Kwassi SYMENOUH n’est pas seulement entrepreneur dans les assurances, il l’est également dans la formation étant fondateur du prestigieux Institut Supérieur de Droit et d’Interprétariat (ISDI) ; une université privée post baccalauréat qui forme d’éminents juristes au Togo.

    Leader chevronné du secteur privé, Kwassi SYMENOUH participe beaucoup aux questions touchant le développement et la promotion de ce secteur. A ce titre, il est actuellement :

    • Président d’honneur de l’Association des Grandes entreprises du Togo (AGET) ;
    • Conseiller économique et financier du Conseil National du Patronat (CNP) et administrateur de plusieurs sociétés (OAM, SAFER).

    Il est aussi détenteur de plusieurs distinctions honorifiques. Il a été notamment élevé au rang d’Officier de l’Ordre du Mono en 2008 par Faure Gnassingbé, le chef de l’Etat togolais.

  • Togo-La société civile dénonce les sanctions de la HAAC contre  radio Victoire FM et Joachim Agbétim

    Togo-La société civile dénonce les sanctions de la HAAC contre radio Victoire FM et Joachim Agbétim

    Les sanctions de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) contre la radio Victoire FM et le journaliste Joachim Agbétim passent mal. Les organisations de la société civile montent au créneau.

  • Au Togo, pourquoi l’artiste Kezita a écrit à Faure Gnassingbé

    Au Togo, pourquoi l’artiste Kezita a écrit à Faure Gnassingbé

    C’est parce qu’elle estime qu’il serait difficile pour le chef de l’Etat de la recevoir que l’artiste de la chanson reggae lui a envoyé une lettre dans laquelle elle déplore l’état des hôpitaux publics au Togo.

    “Lettre de KEZITA adressée à Monsieur le Président de la République Togolaise, Président Faure GNASSINGBÉ.

    Monsieur le Président, je viens à vous aujourd’hui, le cœur extrêmement triste et lourd…Mon nom est Kezita Massan, d’origines Togolaise et Béninoise, née au TOGO, artiste chanteuse et compositrice confirmée depuis l’an 2000.

    Je sais bien qu’en demandant une audience pour vous voir, cela prendrait beaucoup trop de temps, et peut-être même qu’elle me sera carrément refusée. J’ai tant désiré avoir directement cette conversation avec vous, concernant l’état de nos hôpitaux, de nos secouristes, et des conditions incroyables et pitoyables dans lesquelles, nous perdons nos très chers proches, année après année.

    Voici la photo d’un irremplaçable baobab précieux, Dodoh ADOGLI. Vous le connaissez bien. Réalisateur, Directeur de Photographie, Photographe naturaliste, et ami sans pareil. Il était et demeure toujours pour moi, le meilleur. Nous l’avons perdu tragiquement ce samedi 13 Juillet 2024 lors d’un accident assez grave sur la route d’Adidogomé Avénou, et le cycliste qui l’a fauché est aussi décédé… J’ai appris dans mes investigations, qu’ils auraient pu être sauvés, si et seulement si nos secouristes et ambulanciers n’avaient pas autant tardé à arriver.

    Quelques années avant, la perte d’une sœur de valeur, Faouzia, qui ne ratait jamais un seul de nos concerts, décédée au CHU Campus par manque de matériel de secours… Plutard, Mr FOLLY, père de notre frère Trez FOLLY, artiste dessinateur Togolais. Son père, décédé au CHU Tokoin par manque de matériel de secours, et de négligence du personnel secouriste…Plus tard encore , le mari d’une de mes tantes, décédé au CHU Tokoin par manque de lits de secours, et d’oxygène. Bella Bellow,  Dega Omega, Jimi HOPE, et Omar B, seraient encore parmi nous aujourd’hui, si seulement nos hôpitaux étaient bien équipés, rapides et compétents. 1 médecin pour 100 patients? Comment est-ce possible ? Et maintenant, le cas de Dodo, à 28 ans?

    Où allons-nous Monsieur le Président ? Où allons-nous ? Jusqu’à quand allons-nous assister à ce génocide silencieux ? Où allons-nous Monsieur le Ministre de la Santé? Je vous en supplie…Faites quelque chose une fois pour de bon! Je vous en supplie, en tant qu’une petite sœur, comme une petite fille qui court en larmes vers sa mère…Je vous en supplie, faites quelque chose pour de bon, car vous êtes les seuls capables de régler et de réparer cette horrible réalité. DIEU vous a donné ce pouvoir, je vous en prie, n’attendez plus…Je vous en supplie au nom de la Vie, au nom de la Justice, et de l’Amour Universel établit par DIEU.

    Je prie L’ÉTERNEL, afin que son Esprit Saint touche le tréfonds de vos cœurs. Son Esprit Saint est un esprit de Vérité. Écoutez-le, et faites ce qu’il vous dit.

    Mon esprit est troublé, et mon cœur en dix mille morceaux. Inconsolable. Pensez à leurs familles biologiques, à leurs proches, leurs collègues de travail, et aux enfants qu’ils auraient pu avoir. Pensez à ce que nous perdons en les perdants.

    Que le Saint Esprit vous assiste.

    À vous Monsieur le Président du TOGO, Monsieur Faure GNASSINGBÉ, et à vous aussi Monsieur le Ministre de la Santé, Monsieur MIJIYAWA.

    Je vous en remercie infiniment…”

    Kezita Massan

  • Au Togo, une amende de plus d’un milliard infligée à Moov

    Au Togo, une amende de plus d’un milliard infligée à Moov

    Accusée de manquement grave à son obligation de disponibilité permanente, continue et régulière de services, la société de téléphonie mobile Moov Africa écope d’une amende de 1 260 378 382 FCFA, soit 2% de son chiffre d’affaires certifié de l’exercice 2023.

  • Togo-« La Maison des  Bien-Aimés » au chevet des orphelins de Kloto

    Togo-« La Maison des  Bien-Aimés » au chevet des orphelins de Kloto

    L’association franco-togolaise « La Maison des  Bien-Aimés » finance la construction d’un orphelinat à Tové, dans la préfecture de Kloto.

    En dehors de sa campagne contre la drépanocytose, dont la dernière édition s’est déroulée du 17 au 20 juin 2024 à Lomé, l’association franco-togolaise « La Maison des Bien-Aimés » vient de financer la construction du « village Mother Charity », dédié aux orphelins de Tové.

  • Au Togo, le régulateur suspend un journaliste et son émission

    Au Togo, le régulateur suspend un journaliste et son émission

    La Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication suspend l’émission « Auditeur-Actualité » ainsi que son animateur pour une durée de trois mois à compter de ce samedi 27 juillet 2024.

    Une nouvelle décision du régulateur qui ne va pas manquer de susciter des commentaires voire un tollé. En effet, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) vient, à travers la décision N°24/HAAC/24/P, suspendre l’émission « Auditeur-Actualité » de la radio Victoire FM et de son animateur Joachim Agbétim. Ceci à compter de ce samedi 27 juillet pour une durée de trois mois.

    Cause ? Le régulateur reproche au confrère d’avoir reçu en direct l’avocat et opposant François Boko, co-fondateur du Mouvement de libération nationale (MNL) avec Kofi Yamgnane et Jean-Sylvanus Olympio.

    L’ancien ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, en exil en France, selon la HAAC, « a tenu  des propos mensongers et d’une extrême gravité sur la situation sécuritaire dans notre pays ».

    Affaire suivre !

  • Togo-La veuve de Bertin Sow Agba, son fils… arrêtés à Lomé

    Togo-La veuve de Bertin Sow Agba, son fils… arrêtés à Lomé

    La femme de Sow Bertin Agba, homme d’affaires prospère décédé il y a quelques mois,  son fils,  son beau-frère, etc. sont arrêtés à Lomé alors qu’ils y sont pour les cérémonies liées au décès du milliardaire.

    «La veuve de Sow Bertin Agba, son fils Eddie Agba, son beau-frère Cyrille Agba et deux membres de leur famille » sont actuellement arrêtés et conduits à une destination inconnue dans la matinée de ce jeudi 25 juillet, selon le journaliste d’investigation Ferdinand Ayité.

    Ils auraient été « Menottés comme des bandits de grand chemin », s’offusque le confrère très proche de la famille Bertin Sow Agba.

    Ce dernier, autrefois proche du régime, est tombé en disgrâce à cause de l’affaire Loïk Le Floch-Prigent, une affaire d’escroquerie internationale. Après avoir connu la case prison, il réussit à quitter le Togo et partir en exil. L’ancien directeur général de l’OPS, une société de sécurité et de gardiennage, est décédé, dans des circonstances troubles selon ses proches, le jeudi 18 mai 2023 en Afrique du Sud. Le natif de Kouméa a été inhumé en terre ghanéenne.

  • La noyade provoque la mort de  300 000 chaque année selon l’OMS

    La noyade provoque la mort de  300 000 chaque année selon l’OMS

    Directrice régionale de l’Organisation mondiale pour la santé pour l’Afrique, Matshidiso Moeti, rappelle  à l’occasion de la Journée mondiale de prévention de la noyade que « La noyade, bien qu’évitable, cause chaque année la mort de près de 300 000 personnes à travers le monde ».

    Message de la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, à l’occasion de la Journée mondiale de prévention de la noyade

    25 juillet 2024

    La noyade, bien qu’évitable, cause chaque année la mort de près de 300 000 personnes à travers le monde. Plus de 50 % de ces décès surviennent chez des personnes âgées de moins de 30 ans. Ces statistiques n’incluent pas les noyades intentionnelles, telles que les suicides et les homicides, ni les noyades dues à des inondations ou celles résultant d’accidents de transport maritime. Ainsi, la charge réelle des noyades constitue un problème de santé publique que l’on sous-estime.

    Ce 25 juillet, nous commémorons la troisième Journée mondiale de prévention de la noyade, officiellement proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en avril 2021. Notre initiative de sensibilisation auprès de la communauté internationale met en lumière l’impact tragique des noyades et présente des solutions efficaces pour sauver des vies.

    Le thème retenu pour l’édition de cette année, à savoir « Seconds can save a life » que l’on pourrait traduire en français par Quelques secondes peuvent sauver une vie, met en lumière la nature brutale des noyades, de même que l’importance de gestes préventifs simples, comme le port du gilet de sauvetage, l’installation de barrières pour limiter l’accès sans surveillance des enfants aux plans d’eau et l’abstention de consommer de l’alcool avant de se baigner.

    Il convient de souligner que ce sont les pays les plus pauvres qui supportent le plus lourd fardeau de ce problème. En effet, plus de 90 % des décès par noyade surviennent dans les cours d’eau, les lacs, les puits, les réservoirs d’eau domestiques et les piscines dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, affectant particulièrement les enfants et les adolescents des zones rurales de manière disproportionnée.

    La Région africaine de l’OMS enregistre le taux de mortalité par noyade le plus élevé, atteignant près du double de la moyenne mondiale. En 2021, la Région a enregistré environ 66 000 décès par noyade, soit près de huit décès évitables chaque heure.

    Les noyades surviennent souvent lors des activités courantes, qu’elles soient récréatives ou liées aux tâches quotidiennes à proximité de plans d’eau. Les enfants sont souvent laissés sans surveillance. Les communautés de pêcheurs sont particulièrement exposées aux risques lorsqu’elles pratiquent leur activité principale, qui est essentielle à leur subsistance. L’accès à l’eau, les déplacements sur l’eau et les inondations représentent des facteurs de risque majeurs.

    Les catastrophes liées aux inondations, amplifiées par les changements climatiques, affectent chaque année un nombre croissant de personnes à travers le monde, la noyade étant la principale cause de mortalité lors des inondations.

    L’Organisation mondiale de la Santé recommande aux pays d’élaborer des plans nationaux de gestion de la sécurité sanitaire de l’eau, d’intensifier la sensibilisation du public à la noyade par le biais de campagnes de communication stratégiques, de produire des données probantes, et de soutenir les initiatives multisectorielles visant à prévenir les noyades.

    Les interventions ciblées recommandées incluent l’enseignement de la natation aux enfants en âge scolaire, la formation des personnes présentes aux techniques de sauvetage et de réanimation, l’amélioration de la résilience face aux inondations, la gestion des risques d’inondation aux niveaux local et national, ainsi que l’instauration et l’application rigoureuse des règles de sécurité pour la navigation de plaisance et les transbordeurs. L’OMS recommande en outre de mettre à disposition des enfants d’âge préscolaire des espaces sécurisés, éloignés des plans d’eau, et dotés de services de garde d’enfants compétents.

    Bien que l’application de ces mesures diffère selon les contextes, il est primordial que la communauté mondiale de prévention des noyades demeure cohérente et coordonnée dans ses efforts.

    Notre Région est quant à elle engagée dans les efforts déployés au niveau mondial en vue de l’élaboration du premier rapport de situation de l’OMS sur la prévention des noyades, dont la publication est attendue pour la fin de l’année 2024. Ce rapport fournira des données actualisées sur le fardeau mondial des noyades et proposera des recommandations stratégiques pour orienter les actions futures. Par exemple, la République-Unie de Tanzanie est en train d’élaborer sa première stratégie nationale de prévention des noyades. Parallèlement, les organisations de la société civile s’associent aux gouvernements et à l’OMS pour sensibiliser le public et promouvoir des interventions fondées sur des données probantes dans plusieurs autres pays de notre Région.

    Chacun d’entre nous a un rôle à jouer dans la prévention des noyades, aussi bien à l’échelle des gouvernements que des communautés, et même au niveau individuel.

    Je voudrais, en ce jour, inviter nos États Membres à adopter des mesures adéquates pour prévenir les noyades, notamment en renforçant leur leadership, en établissant des politiques et des programmes efficaces, et en s’appuyant sur une collaboration intersectorielle, y compris des partenariats entre les secteurs public et privé.

    « Quelques secondes peuvent sauver une vie ».

    J’exhorte les gouvernements, les organisations de la société civile et les chercheurs de notre Région à s’engager activement dans la promotion et dans l’avancement des mesures de prévention des noyades.

  • Au Togo, l’assassinat de Tavio Amorin est plus qu’un drame national

    Au Togo, l’assassinat de Tavio Amorin est plus qu’un drame national

    « Je préfère leur histoire plutôt que leur éloge; car on ne doit aux morts que ce qui est utile aux vivants: la vérité et la justice. » Condorcet

    L’assassinat de Tavio Amorin est plus qu’un drame national. C’est une perte inestimable pour une jeune nation comme le Togo qui a plus que besoin du talent et de l’engagement de ses fils. Des plus doués surtout. Pour ces compagnons et pour ceux qui l’ont approché, Tavio était tout simplement né pour conduire et indiquer la voie.

    En effet, il y a 32 ans jour pour jour, la nation entière s’était réveillée sous l’onde de choc que les médias et le bouche-à-oreille ont entraînée dès l’annonce du lâche et cruel attentat au fusil mitrailleur qui a fauché ce compagnon. Ce fut un acte de haute barbarie commandité par les ennemis du peuple togolais, les assassins de la liberté : Eyadéma et ses partisans. Quoiqu’il en soit, les mains qui ont exécuté ce jeune homme d’une stature exceptionnelle, sont connues : Boukpessi et Karéwé. Le peuple togolais attend le jour de vérité et de justice. En ces jours de souvenir, le MO5 qui doit son appellation compacte et sonnante à l’intelligence et à l’esprit inventif de ce co-fondateur regretté, invite la nation toute entière à prier avec ferveur pour le repos de son âme.

    Le MO5 renouvelle ses hommages à l’illustre compagnon et propose aux lecteurs cette biographie intitulée TAVIO, COMME UN MÉTÉORE, publiée il y a 32 ans par un journaliste togolais de talent: Léopold Ayivi qui périra, lui-même, ironie du sort, sous les balles meurtrières des tueurs à gage d’Eyadéma Gnassingbé et clan.

    « Tavio est né en 1958, année où la lutte pour l’indépendance battait son plein. Son père Carlos Amorin, à l’époque agent de l’UAC, était engagé dans cette lutte aux côtés de Sylvanus Olympio et d’autres comme Firmin Abalo, Michel Folly… De sa mère, Adolé née Goeh-Akué, commercante de naissance, mais anciennement caissière à la BCEAO, Tavio était le premier garçon et le dernier enfant après ses trois sœurs: Sophie, Henriane et Chantal.

    Tavio a passé son enfance à Anagokomé dans la maison familiale, maison Amorin, sise Avenue Thiers à l’époque. C’était une grande maison qui, pendant les grandes vacances, arrivait à rassembler une cinquantaine d’enfants. Ce cadre lui a permis de développer l’esprit d’équipe et de cultiver la tolérance. Il fit ses premières années scolaires à l’école catholique de Kokétimé. C’était en 1964 où il était admis à la garderie. Il suivit le cours normal jusqu’au CM2 où il obtient son CEPE avec mention très bien, en 1970, date à laquelle il entame ses études secondaires au collège Saint Joseph.

    Un très bon élève

    Tavio était un très bon élève, toujours classé parmi les premiers. Il était le potache qu’on aimait bien. Sauf qu’il écrivait comme un … crabe. Et il a gardé cette calligraphie extrêmement nerveuse, jusqu’à l’âge adulte. Le football était son violon d’Ingres. Cela a failli déjà lui coûter la vie. C’était en 1969 à Kokétimé, où il avait été élève quelques années auparavant. La partie était âpre, comme on savait en livrer à cet âge-là. Sur une balle aérienne, deux têtes entrent en collision. Celle de Tavio, sans doute plus fragile, se mit à enfler à vue d’œil. On appela un médecin à son chevet : ce médecin était un certain Dr Marc Atidépé.

    Depuis qu’il est rentré d’exil, tous les samedis après-midi, il retournait à l’école catholique de Kokétimé revivre l’ambiance de son enfance. Son autre grande passion était les bandes dessinées. Il lisait tout le temps Akim, Blek le Rock, Nevada, Capitaine Swimg, Piscou, et suivait Tintin et Milou dans toutes leurs pérégrinations. Même devenu homme politique, il ne dédaigne pas emprunter les BD de ses neveux. Ce fils unique, seul garçon parmi trois filles, n’avait pas été choyé par sa mère. Son éducation fut tout à fait spartiate, comme la petite bourgeoisie de l’époque savait en donner à ses rejetons. S’il arrivait à Tavio de se rendre coupable de quelques menus méfaits, il recevait fessées et gifles comme tout le monde : Sa maman l’obligeait à laver lui-même son linge. Et s’il refusait d’obtempérer, il était tout simplement privé du prochain repas. Après son baccalauréat au collège Saint Joseph en 1977, (mention bien), il part en France, à Poitiers. Deux ans après, il monte à Paris, disant qu’il en avait ras-le-bol de la province, de Poitiers et de ses maths-physiques. Il reste donc à Paris où il étudie l’informatique et l’organisation. Plusieurs stages dont un chez Matra, la grande firme française, l’aide à affûter ses armes. Il savait se « débrouiller » comme on dit. Il est inventif et imaginatif. Témoin, cette histoire dont les téléspectateurs français se souviennent pour l’avoir apprise sur FR3, l’une des chaînes françaises. Pour arrondir ses fins de mois, un étudiant togolais du nom de Tavio Amorin avait monté une petite affaire tout à fait surprenante de simplicité et d’originalité : il avait passé une annonce, s’était constitué un fichier. Les clients l’appelaient pour lui communiquer l’heure à laquelle ils voudraient avoir leurs croissants pour le petit déjeuner. Tavio passait alors commande au boulanger, livrait les croissants, et palpait à son tour la galette sous forme de ristournes et de pourboires. Cette initiative lui a valu les honneurs de la troisième chaîne française dans une émission de jeunes. Il travaille ensuite chez des importateurs de produits tropicaux en qualité de responsable des achats. Quand il décide de revenir en Afrique, c’est par cette filière qu’il est envoyé à Abidjan.

    Il n’aurait pas pu rentrer au Togo pour des raisons politiques. Venu en vacances au Togo en 1980, et eu égards à ses liens familiaux avec Francisco Lawson, lui-même en exil, il a eu maille à partir avec un officier supérieur de l’armée en poste à Kara, qui avait proféré des menaces à son endroit : «où que tu sois, on te retrouvera». A la suite de cet incident, il n’a plus remis pieds au Togo jusqu’à la proclamation de la loi d’amnistie en 1991. Entre temps, il obtient en France le statut de réfugié politique, mais n’a jamais pris la nationalité française, contrairement à ce que beaucoup croient.

    Admirateur de Nkrumah

    Pour son âge, il avait une culture politique tout à fait remarquable. C’est qu’il ne faisait jamais les choses à moitié. Bien que n’ayant pas fait des études de droit, il s’est intéressé à la chose juridique, et à la chose politique. Sa formation politique est à la foi livresque et reçue « sur le tas » avec les jeunesses du parti communiste français, puis avec les jeunesses du parti socialiste français, tendance Jean-Pierre Chevènement. Grand admirateur de Kwame Nkrumah, de George Padmore, de Marcus Garvey et de toutes les grandes figures du mouvement panafricaniste, Tavio considérait que la plus grave offense qui ait été commise à l’égard de l’Afrique, ce fut la balkanisation du continent. D’où son admiration sans borne pour ceux qui à ses yeux apparaissent comme les pionniers de l’unité africaine. Entre le père et le fils, les rapports étaient ceux qui pouvaient exister entre deux êtres qui s’estimaient mutuellement et se comprenaient à demi-mot. Et si l’éducation spartiate dont il avait été question plus haut ne permettait pas entre le père et le fils une familiarité trop grande, Tavio à force d’être resté constamment dans le sillage de son père, d’humer et de s’imprégner de son parfum, a fini par s’identifier totalement à ce patriote courageux et généreux.

    A l’endroit de sa mère, Tavio nourrissait une véritable vénération. La mère et le fils étaient pourtant bien si loin de s’entendre parfaitement sur tous les sujets. Maman Tavio n’aimait pas le goût prononcé que manifestait son fils pour la politique. Elle ne ratait aucune occasion pour le lui faire comprendre. Elle revendiquait son droit d’attendre de son fils qu’il entame une carrière véritable, fonde un foyer et fasse « plein de petits ». Mais pour le fils, la politique était au-dessus de tout et passait avant tout. La maman, dès le début du renouveau démocratique et vu la part prise par son fils aux travaux de la conférence nationale souveraine, avait très peur pour lui. Elle était convaincue que la politique était un jeu dangereux et que Tavio ne devait pas se mêler de tout cela. Malheureusement pour le fils, le sort en était jeté, le destin s’était mis en branle. L’enfant était happé par le flot impétueux des courants irrésistibles qui conduisaient le Togo vers la démocratie. Tavio était de tout son être, de toute son âme, plongé dans la fièvre démocratique qui a fini par le consumer.

    Prémonition

    Mercredi, la veille de l’attentat qui devait l’emporter, il rendait visite à sa mère. Il revenait lundi d’une mission à Damas (Syrie) et c’était la première fois depuis son retour de mission, que la mère revoyait son enfant. Elle le fixa longuement. La soudaine intensité du regard maternel ne manqua pas d’intriguer le fils qui fit remarquer : «Mais tu me regardes tout le temps! (…) Ça me fait de la peine parce qu’un beau jour on va m’assassiner. Et ta douleur… Non je n’ose pas penser à ce que sera ta douleur. » Le lendemain, la prophétie se réalisait. Tavio tombait sous les balles de son assassin.

    La maman avait beaucoup souffert moralement des dangers et des risques énormes de la vie qu’avait choisie de vivre son fils. Après le 3 décembre 1991, Tavio s’était exilé à Cotonou. Il revint à Lomé pour une réunion du Haut Conseil de la République. Sa mère le voyant arrivé à la maison, manqua de tomber dans les pommes. Ce fut un grand choc pour elle. Elle avait été soulagée de le voir partir pour l’exil. Et voilà Tavio qui revenait… Depuis qu’il est rentré au Togo, il ne s’était jamais protégé. Il n’avait même pas de gilet pare-balles. Il n’avait pas d’arme. Il disait : « Même si je prenais des gardes du corps, si cela devait arriver, ce sont ces mêmes gardes qui vont me tirer dessus». Mais quand il était rentré du voyage lundi, il était un peu plus corpulent que d’habitude. Il portait un gilet pare-balles : «Voilà, ditil ce que j’ai ramené pour me protéger». Il avait donc son gilet lundi. Mardi également. Mercredi, il ne l’avait pas porté. Jeudi non plus. Et c’est précisément ce jour que les balles l’ont fauché ».

    Tino Agbélenko Doglo, MO5

  • Kangni Afanou : « Sur la CEDEAO, on savait presqu’il ne fallait pas en attendre grand-chose »

    Kangni Afanou : « Sur la CEDEAO, on savait presqu’il ne fallait pas en attendre grand-chose »

    L’image de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’ouest est sérieusement écornée parce qu’elle donne l’impression de s’occuper des intérêts des chefs d’Etat que de faire la promotion de la démocratie, garante du développement économique. Malheureusement son Parlement aussi semble s’inscrire dans la même logique, au grand dam d’André Kangni Afanou, juriste, président du Centre de formation et de documentation sur les droits de l’Homme (CDFDH-Togo) et directeur du Bureau Afrique du Centre pour les droits civils et politiques ( CCPR – Centre ), une organisation non gouvernementale basée en Suisse.

    Lire ci-dessous son commentaire.

    « Sur la CEDEAO, on savait presqu’il ne fallait pas attendre grand-chose des Chefs d’Etat et de gouvernement ou de la Commission de la CEDEAO. On commençait à penser que quelque que chose de bon pourrait venir du Parlement.

    Mais alors, que penser de cette prise de position du Bureau du Parlement de la CEDEAO ? Les membres du Bureau auraient-ils vraiment peur de “se faire gronder” par les Chef d’Etat ?

    A cette allure, ne risque-t-on pas de nous annoncer dans les jours à venir que le parlement serait dépouillé de ses prérogatives et que les députés devraient soumettre leurs déclarations à leurs gouvernements pour approbation avant de les présenter ?

    Devant qui les députés sont-ils vraiment redevables ? Les Chefs d’Etat ou les peuples ?

    Inéluctablement, nous sommes à croisée des chemins. Soit la CEDEAO entame se donne le courage de se réformer pour répondre aux aspirations des peuples, soit elle reste dans une posture conservatrice et alors, elle creuserait le fossé avec les citoyens et risque de courir vers sa perte.

    L’histoire s’écrit sous nos yeux. A chacun d’assumer ses choix.

    Que Dieu nous aide ».

    André Kangni Afanou

Radio Renouveau228

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