Catégorie : Environnement

  • Agriculture résiliente : le privé en première ligne

    Agriculture résiliente : le privé en première ligne

    Le secteur privé togolais entend jouer un rôle moteur dans la transformation de l’agriculture face aux défis climatiques. Réuni à Lomé le 17 mars 2026, lors de l’atelier national de validation des stratégies du projet NAP Readiness, le Conseil National du Patronat du Togo (CNP-Togo) a réaffirmé son engagement en faveur d’investissements durables et innovants.

    Organisé à l’Hôtel Concorde, cet atelier s’inscrit dans une dynamique impulsée par le gouvernement togolais, avec l’appui technique de la FAO et le financement du Fonds Vert pour le Climat (GCF). L’objectif du projet NAP Readiness est clair : renforcer les capacités nationales et régionales pour mieux gérer les risques liés au changement climatique, notamment dans des secteurs clés comme l’agriculture, la foresterie et les ressources en eau.

    Le privé face au défi climatique

    Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le président du CNP-Togo, Coami Sedolo Tamegnon, a insisté sur la double dimension du changement climatique. « Il constitue à la fois un défi et une opportunité pour les entreprises », a-t-il déclaré, appelant à une mobilisation accrue du secteur privé.

    Selon lui, les entreprises togolaises ont un rôle stratégique à jouer dans la transition vers une économie plus verte. À travers sa politique environnementale, le CNP-Togo entend promouvoir des pratiques durables et encourager l’innovation dans tous les secteurs productifs. Une orientation qui vise à concilier performance économique et responsabilité environnementale.

    Vers des partenariats renforcés

    Au cœur des échanges, la nécessité d’une collaboration étroite entre les différents acteurs a été largement soulignée. Le président du patronat togolais a plaidé pour un renforcement des synergies entre l’État, le secteur privé et les partenaires techniques et financiers.

    Les stratégies validées au cours de cet atelier devraient permettre de consolider les partenariats public-privé et de favoriser une meilleure implication des entreprises dans les projets climato-résilients. Cette approche collaborative est jugée essentielle pour garantir des actions concrètes, efficaces et durables sur le terrain.

    Une agriculture en mutation

    Face aux effets de plus en plus visibles du changement climatique, l’agriculture togolaise est appelée à se réinventer. Le CNP-Togo se positionne ainsi comme un acteur clé de cette transformation, en soutenant des initiatives capables d’améliorer la résilience des systèmes de production.

    L’organisation patronale réaffirme, à cet effet, sa disponibilité à accompagner le gouvernement et l’ensemble des parties prenantes dans la mise en œuvre des stratégies adoptées. Elle ambitionne également de stimuler une nouvelle dynamique d’investissements durables.

    À terme, cette mobilisation du secteur privé pourrait contribuer à bâtir une agriculture plus performante, résiliente et adaptée aux réalités climatiques, tout en renforçant la sécurité alimentaire et la croissance économique du pays.

  • PURS : 18 milliards pour renforcer la résilience

    PURS : 18 milliards pour renforcer la résilience

    Doté d’un budget conséquent de 18 milliards de FCFA, le PURS marque une nouvelle étape dans la stratégie nationale de gestion des crises humanitaires et sécuritaires.

    Faure Essozimna Gnassingbé a officiellement lancé, le mercredi 25 février 2026, le Plan de réponse conjoint 2026-2027 du Programme d’urgence de renforcement de la résilience et de la sécurité des communautés (PURS). Dotée d’un budget conséquent de 18 milliards de FCFA, cette initiative marque une nouvelle étape dans la stratégie nationale de gestion des crises humanitaires et sécuritaires.

    Une réponse structurée aux crises

    Face à la multiplication des défis sécuritaires et aux déplacements forcés de populations dans la sous-région, le Togo renforce son dispositif d’intervention. Le PURS s’inscrit dans une dynamique proactive visant à protéger, stabiliser et accompagner durablement les communautés les plus exposées.

    Le Plan de réponse conjoint 2026-2027 cible directement 433 758 personnes vulnérables, tout en impactant plus de 1,3 million d’individus affectés par les déplacements forcés. L’objectif est clair : apporter une assistance rapide tout en consolidant les bases d’un développement local résilient.

    Trois axes stratégiques prioritaires

    La mise en œuvre du plan repose sur trois piliers essentiels.

    Le premier axe concerne la protection des populations vulnérables, notamment les femmes, les enfants et les personnes déplacées. Il s’agit de prévenir les risques liés à l’insécurité, aux violences et à la précarité accrue.

    Le deuxième pilier est dédié à l’assistance d’urgence. Il prévoit des interventions rapides en matière d’alimentation, d’abris, d’accès à l’eau potable, de soins de santé et d’éducation. Cette approche vise à répondre immédiatement aux besoins vitaux des communautés affectées.

    Enfin, le troisième axe porte sur le renforcement de la résilience. Au-delà de l’urgence, le PURS ambitionne de soutenir les systèmes locaux, de dynamiser les moyens de subsistance et de consolider les mécanismes communautaires capables de faire face aux chocs futurs.

    Une mobilisation partenariale renforcée

    La réussite du Plan de réponse conjoint repose sur une coordination étroite entre le gouvernement togolais, les agences du Système des Nations Unies, les partenaires techniques et financiers, les organisations non gouvernementales et les collectivités territoriales.

    Selon Coumba D. Sow, représentante du Système des Nations Unies au Togo, ce plan constitue un investissement concret susceptible de transformer durablement les conditions de vie des bénéficiaires. Cette synergie d’actions garantit la cohérence des interventions et optimise l’utilisation des ressources mobilisées.

    Vers une stabilisation durable

    Au-delà de l’urgence humanitaire, le PURS se positionne comme un véritable outil de stabilisation nationale. Il traduit la volonté des autorités togolaises d’anticiper les crises et de structurer des réponses adaptées, durables et inclusives.

    Sous le leadership de Faure Essozimna Gnassingbé, le Togo affirme ainsi son engagement à consolider la sécurité des communautés et à renforcer leur capacité de résilience face aux chocs. Avec 18 milliards de FCFA mobilisés pour les deux prochaines années, le pays entend non seulement répondre à l’urgence, mais aussi bâtir des bases solides pour un développement plus stable et sécurisé.

  • Félix Tagba : courir pour sauver la planète

    Félix Tagba : courir pour sauver la planète

    Félix Tagba est un journaliste et militant environnementaliste togolais qui a su transformer son engagement personnel en un mouvement citoyen concret et influent.

    Depuis la création de l’association Ecojogging en 2018, ce jeune togolais incarne le lien entre sport, écologie et responsabilité sociale. Sa vision est simple mais puissante : réunir les citoyens autour de l’idée que chaque geste compte pour protéger notre environnement.

    La naissance d’un concept innovant

    L’idée d’Ecojogging est née lors des joggings matinaux de Tagba dans les rues de Lomé, où il constatait l’abondance des déchets plastiques. Plutôt que de rester passif, il a décidé de créer un mouvement où les participants courent ou marchent tout en ramassant les déchets. Ce concept allie activité physique, sensibilisation à l’environnement et engagement citoyen. Rapidement, ce simple geste a trouvé un écho auprès des jeunes, des écoles, des associations et même des entreprises, permettant au mouvement de s’étendre au-delà de la capitale togolaise.

    Ecojogging : un impact concret sur l’environnement

    Sous la direction de Félix Tagba, Ecojogging a permis de collecter plusieurs tonnes de déchets plastiques dans les rues et espaces publics du Togo. Ces déchets sont ensuite triés et recyclés, créant une économie circulaire locale tout en réduisant la pollution et en améliorant le cadre de vie. Chaque séance d’Ecojogging transforme les participants en acteurs du changement, démontrant qu’un geste collectif, même simple, peut produire un impact environnemental tangible.

    Sensibilisation et inclusion sociale

    Ecojogging ne se limite pas au ramassage de déchets. L’association organise des événements régionaux et internationaux, comme la Coupe du monde d’Ecojogging, pour mobiliser plusieurs pays autour de la propreté et du recyclage. Elle collabore également avec des groupes variés, y compris des femmes commerçantes ou des étudiants, combinant protection de l’environnement et promotion du bien-être social. Cette approche inclusive permet de toucher toutes les générations et de créer une conscience écologique durable dans la société.

    Une vision tournée vers l’avenir

    Félix Tagba aspire à ce qu’Ecojogging devienne un mouvement global capable d’inspirer des citoyens partout dans le monde. Son objectif ultime est de voir une société où chacun adopte des comportements responsables, rendant un jour le mouvement superflu, car la protection de l’environnement serait alors intégrée dans la vie quotidienne.

    Un exemple de leadership citoyen

    À travers Ecojogging, Félix Tagba a démontré que le changement commence par l’action individuelle transformée en mouvement collectif. Il incarne la nouvelle génération de leaders africains capables de lier engagement écologique, santé et développement durable. Son action contribue directement aux Objectifs de Développement Durable (ODD), notamment ceux liés à la santé, à l’assainissement, aux villes durables et à la lutte contre le changement climatique.

    Félix Tagba n’est pas seulement un président d’association : il est un acteur de changement qui transforme le quotidien des citoyens togolais, valorise les déchets plastiques et inspire la jeunesse à agir pour un avenir plus propre et plus durable. Grâce à son initiative, la course devient un outil de sensibilisation, un vecteur de citoyenneté et un moteur de développement durable au Togo et en Afrique.

  • Togo-Le pari vert d’Ayélé Séverine Kouévi-Kokoh

    Togo-Le pari vert d’Ayélé Séverine Kouévi-Kokoh

    Ayélé Séverine Kouévi-Kokoh est une entrepreneure obsédée par un avenir durable. Portrait d’une jeune dame à la tête d’une une start-up qui réinvente la valorisation des déchets tout en créant de la valeur locale et des opportunités d’emploi.

    Dans un pays où la gestion des déchets demeure un défi environnemental, social et économique majeur, une nouvelle génération de jeunes innovateurs se lève pour proposer des solutions concrètes. À la tête de ce mouvement figure Ayélé Séverine Kouévi-Kokoh, fondatrice d’Africa Ecoworld, une start-up togolaise qui réinvente la valorisation des déchets tout en créant de la valeur locale et des opportunités d’emplois.

    Une vision née d’un double constat

    Originaire du Togo, Séverine Kouévi-Kokoh est diplômée d’une licence en géographie et titulaire d’un master en villes durables, une formation qui l’a sensibilisée aux enjeux urbains, environnementaux et sociaux contemporains.

    Son engagement trouve ses racines dans une observation simple mais implacable : la gestion des déchets solide reste inefficace, tandis que la pression sur les ressources naturelles se traduit par une déforestation accrue et une pollution croissante. Face à ces défis, elle a décidé d’agir plutôt que de dénoncer. C’est ainsi qu’est née Africa Ecoworld, en octobre 2023, avec pour mission de transformer les déchets en ressources économiques durables.

    Valoriser les déchets pour changer les pratiques

    Africa Ecoworld se positionne à la croisée de l’environnement, de l’économie circulaire et de l’innovation sociale. Au cœur de son modèle : la transformation des déchets en produits utiles et respectueux de l’environnement. Parmi les innovations phares de l’entreprise, deux produits se distinguent :

    Le charbon écologique « AKA-GNOE », fabriqué à partir de déchets organiques et de résidus agricoles — tels que les coques de noix de coco ou autres biomasses — qui, une fois carbonisés, deviennent un combustible propre et performant. Ce charbon se distingue par sa combustion plus longue, sans fumée nocive, et une utilisation qui ne noircit pas les marmites, ce qui représente une véritable alternative pour des millions de ménages encore dépendants du bois traditionnel.

    Les pavés écologiques, produits à partir de plastiques recyclés. Ce projet innovant, développé en partenariat avec l’Université technologique du Michigan aux États-Unis pour des tests de prototypage, vise à limiter la circulation des déchets plastiques tout en offrant une alternative durable pour l’aménagement urbain.

    Cette approche illustre une vision systémique : réduire la pollution, préserver les écosystèmes, tout en créant des biens de consommation et des solutions concrètes pour les Togolais.

    Une entrepreneure reconnue et un impact croissant

    Le travail de Mme Kouévi-Kokoh ne passe pas inaperçu. En 2025, elle a été sélectionnée parmi les 20 lauréats du prestigieux programme panafricain L’Afrik de Demain, qui met en lumière les jeunes entrepreneurs africains ayant un impact positif sur leurs communautés.

    Plus tôt encore, elle avait été mise à l’honneur sur les ondes de RFI, saluée comme pionnière du charbon écologique — une reconnaissance qui confère une portée internationale à son initiative.

    Un modèle aligné sur les efforts nationaux

    L’activisme de Mme Kouévi-Kokoh s’inscrit dans une dynamique plus large au Togo. Le gouvernement, les institutions locales et des partenaires internationaux multiplient les programmes pour intensifier la gestion durable des déchets et encourager l’entrepreneuriat vert. En 2025, plusieurs initiatives ont été mises en place pour former les jeunes, soutenir les projets innovants et renforcer les infrastructures de recyclage.

    Dans ce territoire où près de 250 000 tonnes de déchets ménagers sont produites chaque année dans l’agglomération du Grand Lomé, des solutions comme celles proposées par Africa Ecoworld ne sont plus une option, mais une nécessité.

    Entre défis et perspectives d’avenir

    Malgré les premiers succès, les défis restent nombreux. L’accès au financement, l’industrialisation des procédés et la structuration d’une chaîne locale de production peinent encore à décoller à grande échelle. Pourtant, l’approche de Mme Kouévi-Kokoh offre une voie tangible vers une économie circulaire au Togo, alliant impact environnemental, inclusion sociale et création de richesses locales.

    Africa Ecoworld a déjà commencé à toucher des centaines de foyers et petites entreprises en substituant des produits polluants par des alternatives durables. L’entreprise ambitionne d’élargir encore sa capacité de production, d’explorer de nouveaux débouchés comme le biochar agricole ou le charbon actif pour la cosmétique, et de former des centaines de jeunes à l’économie verte d’ici 2030.

    À travers son travail, Ayélé Séverine Kouévi-Kokoh incarne l’esprit d’une nouvelle génération d’entrepreneurs africains : créatifs, responsables et profondément ancrés dans les réalités de leur territoire. En transformant ce qui était autrefois un fardeau — les déchets — en solutions durables, elle trace un chemin vers un modèle de développement plus respectueux des personnes et de la planète. Dans un contexte où les enjeux environnementaux sont plus urgents que jamais, son leadership offre une lueur d’espoir pour l’avenir du Togo et de toute l’Afrique de l’Ouest.

  • Forum REMAPSEN : double distinction pour le Togo

    Forum REMAPSEN : double distinction pour le Togo

    Le Togo s’est illustré de manière remarquable lors du 4ᵉ Forum des médias du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN), tenu les 29 et 30 janvier 2026 à Cotonou, au Bénin. Cette rencontre continentale de haut niveau a réuni des journalistes spécialisés en santé et en environnement issus de 35 pays africains, autour d’un enjeu majeur de santé publique : les Maladies tropicales négligées (MTN). À l’issue des travaux, le Togo est reparti avec deux distinctions majeures, confirmant la qualité de son engagement au sein du réseau.

    Placée sous le thème « Maladies tropicales négligées : de la négligence à la mise en lumière », cette quatrième édition du forum avait pour objectif de tirer la sonnette d’alarme sur des maladies qui continuent de toucher essentiellement les populations pauvres vivant dans des zones reculées. Malgré leur caractère évitable et traitable, les MTN restent insuffisamment médiatisées et faiblement intégrées aux priorités de santé publique, exposant les communautés concernées à une double peine : la maladie et l’oubli.

    Dès l’ouverture des travaux, le président du comité exécutif du REMAPSEN, Bamba Youssouf, a salué la mobilisation des journalistes africains autour de cette cause, soulignant le rôle central des médias dans la sensibilisation, le plaidoyer et l’interpellation des décideurs. Les représentants de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de Galien Africa ont, quant à eux, déploré la persistance des MTN sur le continent, appelant à une synergie renforcée entre États, partenaires techniques, communautés locales et médias.

    Les échanges ont été structurés autour de trois panels thématiques. Le premier a permis de dresser un état des lieux des MTN en Afrique. Le deuxième s’est penché sur les questions d’équité, d’innovation et du sport comme levier de santé publique, en mettant l’accent sur l’implication des communautés dans les réponses durables. Le troisième panel a mis en lumière le rôle stratégique des médias africains dans le plaidoyer sanitaire, un levier indispensable pour accélérer l’élimination des MTN.

    La deuxième journée du forum a été marquée par une sortie de terrain à Pobé, localité située à une centaine de kilomètres de Cotonou. Cette immersion a permis aux participants de mieux comprendre la réalité vécue par les personnes atteintes de MTN, prises en charge au Centre de dépistage et de traitement de la lèpre et de l’ulcère de Buruli, géré par la Fondation Raoul Follereau.

    Le moment fort du forum est intervenu lors de la cérémonie de clôture avec les Awards du REMAPSEN, dotés du Prix Michel Sidibé, récompensant les meilleures productions médiatiques en santé et en environnement ainsi que les coordinations nationales les plus performantes. À cette occasion, le Togo a été doublement honoré. Le pays a décroché le 5ᵉ Prix de la meilleure coordination pays, saluant la régularité, l’organisation et la dynamique du REMAPSEN Togo. Il a également remporté le 1er Prix Télé – catégorie Santé, une distinction majeure qui met en lumière la qualité éditoriale et l’impact des productions audiovisuelles togolaises sur les questions de santé publique.

    Le REMAPSEN Togo était représenté à ce forum par Ambroisine Mémédé, Coordinatrice nationale, Régis Talikpeti, Coordonnateur adjoint, et Hector Nammangue, Point focal Environnement. Leur participation active et les récompenses obtenues renforcent la visibilité du Togo au sein du réseau et témoignent de l’engagement constant des journalistes togolais dans la lutte contre les maladies tropicales négligées.

    Par ces distinctions, le Togo confirme sa place parmi les pays africains les plus engagés dans la promotion de la santé et de l’environnement à travers les médias, et réaffirme son rôle moteur dans le combat pour une Afrique plus solidaire et en meilleure santé.

  • A Lomé, les rois et reines d’Afrique de l’ouest et du centre se mobilisent pour l’accès à la terre, l’eau et les semences paysannes

    A Lomé, les rois et reines d’Afrique de l’ouest et du centre se mobilisent pour l’accès à la terre, l’eau et les semences paysannes

    Les têtes couronnées de l’Afrique de l’ouest et du centre ont pris part à une rencontre de haut niveau à Lomé destinée à faciliter l’accès à la terre, l’eau et les semences paysannes.

    L’atelier d’adoption de la Charte de collaboration de l’alliance des chefs coutumiers et traditionnels de l’Afrique de l’ouest et du centre s’est tenu à Lomé ces 15 et 16 décembre à Lomé.

    Organisée par la Convergence Globale des Luttes pour la Terre et l’Eau – Ouest Africaine (CGLTE-OA), ces retrouvailles des deux jours ont permis aux têtes couronnées venus de l’Afrique de l’ouest et du centre  d’adopter une Charte les impliquant davantage  dans la gouvernance responsable et inclusive des ressources naturelles dont les trois matières indissociables terre (foncier), eau et semences paysannes et la promotion de l’agroécologie paysanne.

    « Créée en 2019, cette Alliance est soutenue par la CGLTE AO, qui souhaite avancer aux côtés des rois et chefs traditionnels dans le cadre de la gouvernance inclusive des ressources naturelles liées à la terre, à l’eau et aux semences paysannes », a confié, à l’ouverture des travaux Massa Koné, porte-parole de la CGLTE AO.

    Selon lui, « Il est question d’adopter la charte ainsi que les documents statutaires afin de définir » les missions des chefs traditionnelles, « leurs objectifs et leur vision ».

    « Au-delà de cela, il y a l’organisation du Forum social mondial, dont la convergence a reçu la confiance du Conseil international pour une édition prévue en 2026 au Bénin. À ce forum, tous les mouvements sociaux d’Afrique souhaitent marquer une étape différente en mettant en commun leurs cultures et leurs valeurs ancestrales. Pour cela, les chefs et rois réunis vont discuter des stratégies à mettre en place afin de contribuer et d’être acteurs de ce Forum social mondial, auquel la diaspora africaine et les Afro-descendants d’Amérique latine et des États-Unis souhaitent également participer », a-t-il ajouté.

    Dans un contexte marqué par l’accaparement des terres, les conflits fonciers, les inégalités d’accès au foncier, surtout pour les femmes et les jeunes, et, les effets du changement climatique, le rôle des autorités traditionnelles apparaît plus que jamais central. C’est dans cette optique la Convergence Globale des Luttes pour la Terre et l’Eau – Ouest Africaine a été créée en 2015, afin d’inciter les communautés à être au-devant de la scène.

    Koudjou Esso, représentant du ministre de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, à la cérémonie d’ouverture, a rassuré que le Togo soutient la CGLTE-OA et se réjouit de ce que les rois et reines, acteurs clés du développement et de la stabilité sociale, y soient davantage impliqués.

  • Handicap : l’inclusion doit être la règle insiste REMAPSEN

    Handicap : l’inclusion doit être la règle insiste REMAPSEN

    Il est plus que nécessaire de poursuivre la promotion de l’inclusion et la lutte contre la discrimination à l’égard des femmes et des filles handicapées au Togo.

    L’antenne togolaise du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a organisé son programme dénommé le « Rendez-vous du REMAPSEN » ce lundi 8 décembre à Lomé, pour promouvoir l’inclusion et lutter contre la discrimination à l’égard des femmes et filles handicapées au Togo.

    Cette rencontre d’une journée, organisée en concertation avec ONU FEMMES et l’ONG « La COLOMBE », avec le soutien du fonds MUSKOKA,  s’est déroulée autour du thème « Promotion de l’inclusion et lutte contre la discrimination à l’égard des femmes et des filles handicapées au Togo : rôle des médias ».  Elle-même s’inscrit dans le cadre des 16 jours d’activisme contre les violences à l’égard des femmes et des filles handicapées au Togo.

    Il s’est agi, en réalité, de mettre l’accent sur le rôle que doivent jouer les médias pour faire barrage à la discrimination que subissent les femmes et filles handicapées.

    Dans sa communication, Akakpo-Numado Enyonam Azakpo, président du Conseil d’administration de la Fédération togolaise des associations de personnes handicapées (FETAPH), a rappelé que 10, 73% des Togolais sont handicapés, selon le dernier Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH 2022). Avec la précision  que 57 % de ces handicapés sont des femmes.

    Les violences faites aux femmes et aux filles constituent la violation des droits humains la plus répandue dans le monde, s’alarme ONU Femmes. Et Ambroisine Mèmêdé, coordinatrice nationale dudit réseau d’appeler à agir «  ensemble contre les violences à l’égard des femmes et des filles handicapées ».

    Au Togo, chaque année,  environ 2 000 cas de VBG sont enregistrés. Ce chiffre est encore plus élevé au niveau des femmes handicapées, étant donné que leurs cas sont, généralement, invisibles.

  • Togo. Katanga, le «ghetto» des pêcheurs délogés puis délaissés

    Togo. Katanga, le «ghetto» des pêcheurs délogés puis délaissés

    Reportage · Face à la mer, à l’est du vaste port de la capitale Lomé, ce quartier de pêcheurs est devenu un vrai « ghetto » à la suite du délogement de ses habitants de son ancien emplacement pour l’extension du grand port construit par Bolloré. Malgré la mauvaise réputation et les violences policières, les « Katangais » tentent de maintenir une certaine solidarité et de reconstruire leur lieu de vie.

    Des centaines de petites cabanes posées côte à côte, avec des feuilles de palmiers pour murs et des bâches pour toits : le quartier de pêcheurs de Katanga, niché face à la mer, à une dizaine de kilomètres à l’est de Lomé, la capitale du Togo, détonne au milieu des hôtels, des restaurants, des villas ostentatoires et des grandes usines de la ville. Coincé entre le grand port de la capitale, dirigé jusqu’en 2023 par le groupe français Bolloré, et le nouveau port de pêche – un don des Japonais.

    La situation géographique de Katanga attire depuis longtemps des populations arrivées de différents pays du golfe de Guinée. Togolais, Ghanéens, Béninois et Nigérians… Quelques 3 000 personnes cohabitent dans ce village à l’allure négligée. Deux entrées permettent d’accéder à Katanga : une piste partant de la route du Bénin, ou depuis la plage, en contournant l’embouchure d’un ruisseau grisâtre malodorant qui charrie les déchets des usines environnantes.

    Les difficultés d’accès, à cause de l’éloignement géographique du centre urbain de Lomé et du manque d’infrastructures de transport, conjuguées au caractère « étranger » du lieu, ont cantonné le quartier à une position périphérique. Cette mise à l’écart a nourri le sentiment d’altérité des citadins de la capitale envers cette population d’exilés considérée comme marginale. Amandine Spire, spécialiste des sociétés urbaines et des dynamiques migratoires en Afrique subsaharienne, définit cette marginalité comme « le paradoxe de l’invisibilité de l’identité étrangère », un paradoxe consistant en une invisibilité sociale et politique.

    Ici on parle l’akan, l’adan, l’ashanti et le kabiyè

    Sans représentation, peu reconnu par les institutions, mais loin de passer inaperçu, le quartier attire l’attention par ses pratiques sociales et culturelles atypiques incarnées par la forte présence d’une population considérée comme étrangère. Ce contraste révèle toute la complexité de Katanga : mis à l’écart des circuits officiels de la ville, il n’en occupe pas moins une place bien réelle dans l’imaginaire urbain, comme un espace différent, marginal, et pourtant symboliquement central dans la construction de l’altérité à Lomé.

    La forte diversité communautaire se manifeste clairement dans les espaces de sociabilité de Katanga, marqués par une grande richesse linguistique. Jacques, 37 ans, pêcheur depuis son enfance, habite dans le village voisin de Gbétsogbé, accolé au port de pêche. Pourtant, tout le monde à Katanga le connaît et le salue en passant. « Jack bless », lui lancent-ils. « No one cares », répond-il en souriant. En nous accompagnant, il précise que les langues les plus parlées à Katanga sont l’akan, l’adan, l’ashanti et le kabiyè.

    Ce samedi de mars, sous un soleil brûlant à son zénith, nous empruntons la piste qui mène au quartier depuis la route. Nous traversons des venelles recouvertes de sable noirâtre : des femmes participent à la transformation du poisson, des hommes reprisent des filets de pêche, d’autres reviennent de la mer imprégnés d’une odeur iodée.

    La drogue pour s’évader

    Peu s’aventurent dans ce quartier, réputé dangereux et rempli de « drogués », mais, malgré les déchets omniprésents, les ruelles sont animées et mènent toutes à une place circulaire, le point névralgique du village.

    Installé sur un banc en bois, non loin du bar qui fait vibrer le quartier chaque jour au rythme de l’afrobeat, Khalifa, pantalon en dessous de la taille façon sagging, allume son joint de cannabis avant de le tendre à son « grand frère » Jacques. « On aime porter le pantalon comme ça, comme Tupac », lance Khalifa. Ce pêcheur résidant lui aussi à Gbétsogbé, aime se poser à Katanga pour se détendre après une nuit passée en mer. Deux autres jeunes semblent en transe après avoir consommé du tramadol, un analgésique de la classe des opioïdes très répandu au Togo. Le regard perdu dans l’horizon, ils basculent vers l’avant se pliant sur eux-mêmes, leurs mentons sur le point de toucher leurs genoux, avant de se redresser soudainement, tels des zombies.

    À quelques mètres, des enfants jouent au football avec un ballon déchiqueté. Soudain, arrivant comme par magie au milieu de la fumée, une mère hèle son gamin. Cette femme d’une quarantaine d’années est vendeuse de fruits au port de pêche. « Mon dernier ne veut plus aller à l’école depuis quelques semaines. J’ai essayé de le convaincre mais, pour devenir pêcheur, il pense qu’il n’a plus besoin d’y aller », confie-t-elle.

    Tué à 27 ans lors d’une intervention policière

    Katanga n’est pas seulement le territoire des jeunes fumeurs. Les habitations à même le sable ne sont pas la propriété de ceux qui les occupent. Chaque ménage est tenu de verser une taxe mensuelle de 1 000 F CFA (soit environ 1,53 euro) à l’État, sous peine d’expulsion. Aux yeux du gouvernement, cette forme de « ghettoïsation » ternit l’image de la ville et reste perçue comme un obstacle à son développement urbain. Livrés à eux-mêmes, les habitants de Katanga se plaignent de l’absence de services de nettoyage, un abandon illustré par l’imposante montagne de déchets qui borde le littoral et altère le paysage maritime. Les habitants disent avoir attendu deux ans pour que des techniciens municipaux se rendent enfin sur place, en janvier, afin d’étudier la possibilité d’une nouvelle opération de salubrité.

    La montée des eaux est un autre défi pour le village. L’inaction du gouvernement est perçue comme le signe d’une volonté de se débarrasser du quartier. L’océan engloutit chaque année de cinq à dix mètres de plage et les maisons construites avec des matériaux de fortune sur son passage. Cette situation s’est aggravée avec la construction du port de Lomé, en 1967, et le barrage hydroélectrique d’Akosombo, au Ghana. La modification des fonds marins a précipité, à l’est du port, un départ de sédiments qui contribuaient à limiter l’érosion, et le phénomène a été exacerbé par les effets du changement climatique ainsi que par l’extraction de graviers par les riverains.

    Les installations électriques improvisées, basées sur un système de câblage en araignée relié à un réseau clandestin, exposent les habitants à un risque permanent d’électrocution et d’incendie. Patricia, vendeuse ambulante de fruits, a vu sa maison familiale partir en fumée début décembre 2024. « Nous n’avons pas les moyens de la reconstruire », dit-elle, visiblement éprouvée. Quelques semaines auparavant, la famille avait déjà été frappée par un autre drame : son frère Modcho, 27 ans, avait été tué lors d’une intervention policière visant à démanteler un point de vente de cannabis. Selon plusieurs témoins, Modcho aurait tenté de s’interposer pour empêcher l’arrestation d’une vendeuse. Les policiers auraient alors ouvert le feu. Modcho était l’un des rares soutiens financiers du foyer, dont dépendaient également sa compagne et ses enfants. Depuis l’incendie, la famille est complètement désemparée, livrée à elle-même, sans ressources ni perspectives.

    « On constate une réduction des stocks de poissons »

    Assis en cercle sur le sable, devant la mer, cinq hommes d’une cinquantaine d’années réparent des filets de pêche en sirotant du sodabi, la boisson locale distillée à base de vin de palme. La réparation d’un filet de 100 mètres est rémunérée 10 000 F CFA, une somme dérisoire pour deux semaines de travail.

    Ils ne parlent pas français mais éwé, l’une des langues officielles du Togo, sont analphabètes et n’ont jamais fréquenté l’école. « Nos enfants sont aussi pêcheurs, mais les nouvelles générations prennent d’autres chemins parce qu’on constate une réduction des stocks de poissons », raconte Pascal, débraillé, avec une tenue aussi échevelée que son discours est hésitant. « De plus, les Ghanéens viennent ici avec des embarcations plus sophistiquées et des filets qui ne respectent pas les tailles autorisées. Ils capturent tous nos poissons », poursuit l’ancien pêcheur.

    « Il y a cinquante ans, on pêchait deux fois plus de poissons. Des navires chinois viennent capturer nos espèces avec des filets trop serrés », dénonce David, ancien pêcheur résidant à Katanga. Dans les eaux du Togo, pays du golfe de Guinée, la surpêche et la pêche illégale sont un problème récurrent depuis des décennies. En dépit des efforts du gouvernement togolais, à travers des patrouilles maritimes et le renforcement de la législation en 2016, la pêche illégale représente 37 % des captures.

    « Le gouvernement permet cette situation »

    Au Togo, les conséquences de la surpêche sont aggravées par d’autres facteurs, comme l’absence de période de repos biologique maritime. L’expérimentation par le Ghana de cette trêve imposée pousse les pêcheurs ghanéens à venir pêcher au large des côtes de son voisin, fragilisant davantage son écosystème.

    Face aux navires industriels étrangers, les pêcheurs artisanaux sur leurs petites pirogues motorisées ne font pas le poids. Parfois, voulant pêcher de nuit et profiter des lumières des grands navires stationnés dans le port de Lomé, ils s’approchent trop près et sont pris pour des pirates.

    « Les Ghanéens viennent sur nos côtes et ramassent tous les petits poissons. C’est pour ça qu’on a de moins en moins de gros poissons », raconte Kossivi, qui a dû abandonner la pêche quand sa pirogue s’est cassée. Depuis longtemps, la pêche n’était plus une activité lucrative : « On dépense plus en carburant qu’on ne fait de bénéfices. » Et le quadragénaire de conclure : « Le gouvernement permet cette situation en acceptant l’argent des Ghanéens qui paient une taxe pour violer en toute impunité la loi qui interdit les filets de mailles trop étroites. De plus, les vendeuses de poisson sont elles aussi complices. Elles en profitent. »

    Quand le port de Bolloré délogeait les pêcheurs

    La pêche artisanale représente 99 % de la production totale marine du Togo. Pourtant, les pêcheurs déplorent un manque de soutien du gouvernement à ce secteur qui emploie 20 000 personnes et représente 4,5 % du PIB, selon les chiffres du ministère de l’Économie maritime du Togo.

    Le gouvernement prétexte la nationalité étrangère supposée des habitants de Katanga pour justifier le manque d’investissement en faveur de cette communauté de pêcheurs. Cette dernière se sent abandonnée de l’État et craint à tout moment d’être délogée.

    « On nous a forcés à partir avec la construction du troisième quai du port de Lomé en 2002 », rappelle Cécile, une résidente d’environ 70 ans qui connaît bien l’histoire du quartier. Le souvenir du délogement forcé, pour construire le port de Bolloré, reste encore très présent dans les esprits. Contraints de partir, les gens se sont installés quelques kilomètres plus loin sans aucun dédommagement.

    Les habitants l’appellent le « ghetto »

    En plus de leurs habitations, les pêcheurs perdent alors leur port artisanal. La promesse d’un nouveau port de pêche ne se concrétise que bien plus tard, en 2019. Les pêcheurs dénoncent aujourd’hui des insuffisances dans le chenal d’accès du nouveau port de pêche qui a déjà coûté la vie1 à deux d’entre eux et causé la perte de treize pirogues rien que pour le mois de juillet 2020. « Les vagues doivent être cassées en amont, elles sont trop proches du chenal », explique Kossi, un jeune pêcheur.

    Les stupéfiants en circulation, la prostitution, la pauvreté, l’insalubrité et la délinquance ont fait de Katanga ce que beaucoup considèrent comme la pire banlieue de la capitale. Les habitants eux-mêmes l’appellent le « ghetto ».

    La précarité économique de la pêche (500 F CFA de gains lors d’une mauvaise journée) et le manque d’opportunités en dehors de ce secteur poussent les jeunes à considérer la vente de cannabis comme l’unique option de survie. D’autres formes de délinquance telles que le vol, le braquage ou des règlements de comptes violents ont contribué à stigmatiser cette population au sein de la société loméenne.

    Une mauvaise réputation qui perdure

    Les zemidjans (motos-taxis) refusent de s’y rendre, et les citadins de Lomé déconseillent d’y aller. De fait, les personnes étrangères ne faisant pas partie du village sont perçues avec méfiance et exposées aux braqueurs. Se faire accompagner d’un résident est le seul moyen d’entrer en toute sécurité. Face à cette situation, la communauté s’est organisée pour écarter les bandits. La mauvaise réputation perdure bien que les agressions en plein jour soient de plus en plus rares.

    À l’intérieur, une hiérarchie tirée de la coutume garantit un certain ordre, fidèle aux perceptions de la justice sociale. Loin de s’apitoyer, la population compense la précarité par des formes multiples de solidarité et d’entraide.

    Les conditions de vie engendrées par la précarité et amplifiées par l’isolement de Katanga favorisent une addiction précoce aux stupéfiants. Katanga est devenu un lieu de deal mais aussi un refuge pour celles et ceux qui sont en rupture avec les normes sociales imposées par la famille.

    Vente de cannabis et de repas chauds

    Chez elle, une mère de famille prépare des enveloppes de cannabis pour la vente. « On est nés dedans », explique Jeanne (nom d’emprunt), qui consacre sa vie aux enfants vulnérables. Proche de la soixantaine, elle s’est dévouée corps et âme à nourrir, habiller et scolariser ces mineurs abandonnés à leur sort.

    Pour ce faire, elle utilise une méthode peu orthodoxe : la vente de cannabis et de repas chauds qui lui permet d’assurer un revenu régulier pour financer les besoins de dizaines d’enfants. « Ce n’est pas pour rien qu’on la surnomme “la maman” dans tout Katanga ! », dit Akalai, un jeune que Jeanne a vu grandir. Malgré quelques passages éphémères à la prison civile de Lomé, elle n’a jamais baissé les bras. Elle fait la fierté des habitants de Katanga, qui la protègent même des descentes de police régulières dans le quartier.

    La criminalité et la présence de stupéfiants justifient les opérations inopinées de la gendarmerie à Katanga. « Des grands bandits se réfugient à Katanga. Il y a quelques années, la police n’osait même pas y intervenir », affirme Kokou, habitant de Lomé et fondateur d’un centre culturel. La stigmatisation du quartier engendre parfois des interventions disproportionnées, comme celle qui a coûté la vie à Modcho. Sa famille, résignée, refuse de saisir la justice. « Ça ne sert à rien de porter plainte contre l’État », lâche sa sœur, d’un ton las. Pour sa compagne, la perte est lourde : endeuillée, elle se tourne désormais vers la solidarité de la communauté pour subvenir aux besoins des enfants du couple.

    source: https://afriquexxi.info

  • L’impact d’Esther Ayélé Gabiam visible à Folivi Joe

    L’impact d’Esther Ayélé Gabiam visible à Folivi Joe

    Les habitants Folivi Joe bénéficient d’une unité de production moderne de volailles avec un système d’alimentation automatique et d’un torréfacteur écologique.

    L’honorable Esther Ayélé Gabiam poursuit ses œuvres en faveur des habitants de Folivi Joe. Un promet mêlant la protection de l’environnement et la promotion du développement durable est en train de transformer la vie des femmes de ce village située dans la commune des Lacs 4.

    Développement communautaire

    ‎Dans le cadre du projet ” Terroirs villageois”, la population du village Folivi Joe, situé dans le du canton d’Anfoin, donc dans la préfecture des Lacs, commune des Lacs 4, a bénéficié de nouveau, avec l’appui du ministère de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique, financé par le Programme des Nations Unies pour le Développement ( PNUD), l’installation d’une unité de production moderne de volailles avec un système d’alimentation automatique et aussi la mise en place d’un torréfacteur écologique et économique en bois  d’énergie.

    ‎L’installation de ces deux équipements en faveur des communautés du village Folivi Joe est rendue possible grâce à l’élue du peuple dans la circonscription électorale des Lacs, l’honorable Esther Ayélé Gabiam.

    ‎La cérémonie de réception de ces équipements s’est déroulée ce mercredi 19 novembre 2025 en présence de la députée, Mme Esther Ayélé Gabiam, et de son second de la circonscription électorale des Lacs, Drafoe Jonas, du maire de la Commune des Lacs 4, Martin Anénou, et son Conseil, du Coordonnateur du projet “Ecovillage”, Joseph Agboussoumondé, des chefs traditionnels, des autorités politiques et administratives ainsi que une partie des populations bénéficiaires.

    ‎Ce projet du ministère de l’Environnement, des Ressources forestières, de la production côtière et du Changement climatique, financé par le PNUD vient renforcer les réalisations existantes déjà sur le terrain, faites dans le cadre du projet ” Eco Village” et financé toujours par le PNUD pour soulager les populations de Folivi Joe sur la base de leur autonomisation.

    ‎Il est à rappeler que ce projet ” Terroirs villageois” est mis en œuvre au Togo sur la période 2025-2027 avec l’appui financier du PNUD.

    Réduction de la pauvreté

    ‎Dans son allocution de circonstance, la députée, Mme Esther Ayélé Gabiam s’est félicitée de la détermination de la communauté de Folivi Joe et surtout de la dynamique qu’elle a enclenchée depuis qu’elle a mis cette communauté dans son programme de développement, soutenu par les pouvoirs publics et le principal partenaire financier, PNUD. Il a salué les efforts conjoints des uns et des autres qui visent à réduire considérablement les impacts de la pauvreté dans ce milieu.

    ‎ « Grâce à l’électrification, l’aménagement des pistes, l’accès à l’eau potable et la construction d’infrastructures sociales de base, Folivi Joe incarne aujourd’hui le visage d’une zone rurale en pleine autonomisation », a relevé, l’honorable Esther Ayélé Gabiam. Elle n’a pas manqué d’exprimer sa reconnaissance envers Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil, pour son écoute et ses appuis sans cesse à l’endroit des populations, de même que le PNUD pour son appui financier jamais égalé. Elle a, pour finir, invité les populations de Folivi Joe à faire un bon usage de ces équipements de développement.

    Modernité

    ‎‎Pour Joseph Agbossoumondé, Coordonnateur du projet ” Eco Village”, « Ce système d’élevage en cage, doté d’une alimentation automatique, permet un gain de temps considérable pour les éleveurs, optimise le travail et favorise l’autonomisation des acteurs locaux».

    ‎‎Le torréfacteur installé, explique-t-il,  permettra de réduire l’utilisation du bois de chauffe, de diminuer la pression sur les ressources forestières, de préserver les écosystèmes, de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d’améliorer les conditions de travail des femmes, en limitant les inhalations nocives.

    ‎‎Le Maire de la commune Lacs 4, Martin Anénou, a, lui, salué cette initiative d’installer un torréfacteur pour la production de gari. Selon lui, ce dispositif répond à un besoin direct dans une localité où la majorité des femmes vive de la transformation du manioc en farine. « Je suis le plus heureux des habitants d’Anfoin aujourd’hui. Si l’on veut vraiment aider une femme d’ici, c’est ce qu’il faut lui offrir », a-t-il ajouté.

    ‎‎Le torréfacteur installé à Folivi Joe pourra également desservir les populations des cantons voisins de la Commune des Lacs 4, notamment Koliafo, Fiata et Anamé.

    ‎‎Le  Projet de développement ” Terroirs villageois”, porté par le ministère en charge de l’environnement avec l’appui du PNUD, est axé sur  trois volets majeurs : la construction des infrastructures communautaires ou l’aménagement utile pour les villages, l’énergie à travers l’électrification solaire, l’installation des plateformes multifonctionnelles et l’accès à une énergie propre, et enfin le soutien aux Activités génératrices de revenus (AGR) pour réduire la pression sur les ressources forestières.

    ‎‎Mme Gabiam est entrée en politique dans le camp du parti au pouvoir, Union pour la République (UNIR). Depuis lors,  elle ne cesse d’aider, de soutenir les populations à la base dans sa circonscription électorale et ailleurs au Togo. ‎Elle a déjà fait ses preuves lors de son premier mandat à l’Assemblée nationale ce qui lui a valu une admiration des populations et sa réélection pour un nouveau mandat à l’hémicycle. ‎

    ‎Vivement que d’autres députés fassent comme elle !

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    ‎Justin ANANI

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