Catégorie : Environnement

  • Quand la pluie emporte le gagne-pain : à Lomé, les inondations plongent les commerçants informels dans la précarité

    Quand la pluie emporte le gagne-pain : à Lomé, les inondations plongent les commerçants informels dans la précarité

    À Lomé, les fortes pluies qui s’abattent depuis plusieurs semaines ne se contentent pas d’inonder les rues. Elles paralysent une économie informelle dont dépendent des milliers de ménages. Derrière les images de routes submergées se cachent des histoires de vies bouleversées, de petits commerces détruits et d’espoirs engloutis. Reportage au cœur d’une capitale où chaque averse devient une menace pour ceux qui vivent au jour le jour.

    Sous les eaux, une capitale au ralenti

    À Hédzranawoé, Nukafu, Bè, Agbalépédogan ou encore Awatamé, les pluies diluviennes ont transformé les rues en véritables cours d’eau. Les eaux stagnantes envahissent les marchés improvisés, les étals disparaissent sous la boue et les clients se font rares.

    Dans cette ville où une grande partie de la population tire ses revenus du commerce informel, les inondations ne représentent pas seulement un désagrément. Elles signifient l’arrêt brutal de l’activité économique.

    À chaque nouvelle pluie, les vendeuses hésitent à sortir leurs marchandises. Certaines préfèrent rester chez elles plutôt que de risquer de tout perdre. D’autres n’ont simplement plus rien à vendre.

    Pour beaucoup, la journée commence désormais par une question angoissante : la pluie laissera-t-elle une chance de travailler ? « Je n’en peux plus » résume désormais la détresse silencieuse des commerçantes.

    Sous un hangar de fortune à Hédzranawoé, Adjo contemple les flaques qui encerclent son emplacement habituel. Son commerce de pagnes, construit au fil de plusieurs années d’efforts, tourne désormais au ralenti. La commerçante ne cache plus son découragement. « Ces pluies provoquent des inondations qui m’empêchent de faire mon petit commerce qui me permet de nourrir ma famille », confie-t-elle avant d’ajouter, la voix chargée d’émotion : « Je n’en peux plus. »

    Son témoignage résume la réalité de nombreuses femmes dont les revenus quotidiens assurent la scolarité des enfants, les soins médicaux et les dépenses alimentaires.

    Contrairement aux entreprises formelles disposant parfois d’une trésorerie ou d’assurances, les petits commerçants vivent essentiellement des recettes quotidiennes. Une journée sans vente est déjà une perte. Plusieurs semaines d’inactivité deviennent une catastrophe.

    À Nukafu, un commerce balayé par les eaux

    À quelques kilomètres de là, dans le quartier Nukafu, Amélie peine encore à réaliser ce qui lui est arrivé. Les premières pluies ont suffi à détruire tout son petit commerce. Les eaux ont emporté son installation, laissant derrière elles des marchandises irrécupérables. Aujourd’hui, elle ne travaille plus. « Je ne fais plus rien. Je reste à la maison », déplore-t-elle.

    Cette phrase, aussi simple soit-elle, traduit toute la brutalité des conséquences économiques des inondations. Rester à la maison ne signifie pas prendre du repos. Cela veut dire ne plus générer le moindre revenu.

    Comme Amélie, de nombreux vendeurs ambulants et détaillants voient leurs économies disparaître avec leurs marchandises. Beaucoup avaient contracté de petits crédits auprès de tontines ou de réseaux d’épargne communautaires. Désormais, ils doivent continuer à rembourser sans disposer de revenus.

    Une économie populaire fragilisée

    Dans la capitale togolaise, l’économie informelle constitue l’un des principaux pourvoyeurs d’emplois. Des milliers de femmes vendent chaque jour des fruits, des légumes, des vêtements, des pagnes, des repas ou des produits manufacturés. Leur activité repose sur un équilibre fragile, celui d’acheter le matin, vendre dans la journée et réinvestir les bénéfices le lendemain.

    Les inondations brisent totalement ce cycle. Les marchandises périssables pourrissent. Les clients évitent les zones inondées.

    Les transports deviennent difficiles. Les fournisseurs eux-mêmes rencontrent des problèmes d’approvisionnement. À cela s’ajoutent les dépenses imprévues liées aux dégâts dans les habitations, obligeant certains ménages à utiliser leurs maigres économies pour réparer leurs maisons plutôt que pour relancer leur commerce.

    « Nous sommes condamnés à attendre que le soleil revienne »

    Madame Solim partage le même sentiment d’impuissance. Depuis plusieurs jours, elle ne se rend plus sur son lieu habituel d’activité. Les rues inondées et les pluies incessantes rendent tout déplacement compliqué. Elle résume sa situation en quelques mots: « Je suis restée à la maison parce que je ne peux plus vaquer à mes occupations économiques à cause des pluies qui plombent les activités dans la capitale togolaise. »

    Comme elle, beaucoup de travailleurs indépendants vivent désormais au rythme des prévisions météorologiques. Une pluie abondante signifie une journée sans revenus. Deux jours de pluie successifs deviennent un véritable casse-tête pour nourrir la famille.

    Les inondations, un phénomène de plus en plus préoccupant

    Ces dernières semaines, Lomé a enregistré des précipitations particulièrement importantes. Le débordement de plusieurs bassins de rétention et la montée des eaux ont provoqué des inondations dans plusieurs quartiers de la capitale, perturbant la circulation et affectant les activités économiques.

    Les spécialistes expliquent que plusieurs facteurs se conjuguent : l’intensité croissante des pluies liée au changement climatique, l’urbanisation rapide, l’imperméabilisation des sols et les difficultés d’évacuation des eaux dans certains secteurs.

    Les conséquences dépassent largement les seuls dégâts matériels. Elles touchent directement les revenus des ménages, la sécurité alimentaire, la santé publique et le pouvoir d’achat.

    La riposte du gouvernement

    Face à cette situation, les autorités togolaises ont multiplié les interventions d’urgence. Le ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna Alipui, s’est rendu dans plusieurs quartiers sinistrés afin d’évaluer les dégâts et de coordonner les opérations d’urgence.

    Le gouvernement a notamment renforcé les opérations de pompage des eaux, procédé au nettoyage des caniveaux, à l’enlèvement des déchets, au suivi des bassins de rétention et mobilisé l’Agence nationale de la protection civile (ANPC) ainsi que l’Agence nationale d’assainissement et de salubrité publique (ANASAP). Le Plan ORSEC a également été activé pour renforcer la réponse face aux intempéries.

    Au-delà de l’urgence, les autorités poursuivent des investissements structurels destinés à réduire durablement les inondations. Parmi eux figurent le projet RAINE, l’utilisation du micro-tunnelier « Mawuse », la réalisation d’un troisième intercepteur des eaux pluviales et le renforcement des infrastructures de drainage dans le Grand Lomé.

    Parallèlement, le ministère de l’Action sociale a mobilisé ses services pour accompagner les populations sinistrées et renforcer l’assistance aux familles les plus affectées.

    Au-delà des infrastructures, sauver des moyens de subsistance

    Si les travaux d’assainissement sont salués, plusieurs commerçants estiment qu’ils ne suffisent pas à répondre à l’urgence économique. Pour ces travailleurs du secteur informel, chaque journée d’inactivité réduit un peu plus leurs capacités de rebond.

    Des économistes soulignent qu’une catastrophe naturelle ne détruit pas uniquement des infrastructures ; elle fragilise aussi le tissu économique local en privant des milliers de familles de leurs revenus.

    Pour beaucoup de femmes commerçantes, un appui exceptionnel sous forme de microcrédits, de subventions ciblées ou de facilités de relance permettrait de redémarrer rapidement leurs activités.

    Quand la pluie devient une question de dignité

    En fin de journée, les nuages s’accumulent de nouveau au-dessus de Lomé. Les commerçantes lèvent instinctivement les yeux vers le ciel. Pour certains habitants, la pluie est synonyme de fraîcheur. Pour Adjo, Amélie, Madame Solim et tant d’autres, elle est devenue le symbole de l’incertitude.

    Chaque averse menace un peu plus leur équilibre financier. Chaque inondation rappelle que les premiers touchés par les catastrophes climatiques sont souvent ceux qui disposent du moins de ressources pour s’en relever.

    À travers leurs témoignages, c’est toute une économie populaire qui exprime son inquiétude. Une économie discrète mais essentielle, qui nourrit quotidiennement des milliers de familles togolaises.

    À Lomé, la lutte contre les inondations ne consiste donc pas seulement à évacuer les eaux ou à construire de nouveaux ouvrages hydrauliques. Elle consiste aussi à préserver des moyens de subsistance, à protéger les plus vulnérables et à permettre à celles et ceux qui vivent de leur petit commerce de continuer à gagner dignement leur vie.

    Car derrière chaque étal fermé se cache bien plus qu’une activité interrompue : il y a une famille qui attend de pouvoir, enfin, reprendre le cours normal de son existence.

  • Un décès lors d’une opération de déguerpissement plonge Hanoukopé dans l’émoi

    Un décès lors d’une opération de déguerpissement plonge Hanoukopé dans l’émoi

    Une opération de déguerpissement menée jeudi sur la rue Bruyère, au sud de la lagune de Hanoukopé, dans la commune du Golfe 4, a été marquée par un drame. Un jeune homme a perdu la vie dans des circonstances survenues pendant l’intervention, suscitant une vive émotion parmi les riverains et des tensions avec les forces de sécurité.

    L’opération, conduite par l’Agence nationale d’assainissement et de salubrité publique (ANASAP) avec l’appui des forces de l’ordre, s’inscrit dans le cadre des travaux d’assainissement du canal d’équilibre de Hanoukopé. Selon les autorités, ces travaux visent à améliorer l’écoulement des eaux pluviales, réduire les risques d’inondation et renforcer l’assainissement dans cette partie de Lomé.

    D’après plusieurs témoignages recueillis sur place, de nombreux commerçants occupaient encore les emprises concernées malgré les avis de libération qui leur auraient été notifiés auparavant. Au moment de l’intervention, plusieurs occupants ont tenté de récupérer leurs marchandises avec l’aide de jeunes du quartier.

    Selon ces mêmes témoignages, c’est au cours de cette opération qu’un jeune homme aurait été électrocuté après être entré en contact avec une source de courant électrique. Son décès a été constaté sur les lieux. À l’heure où nous écrivons ces lignes, les circonstances exactes de l’accident n’ont pas fait l’objet d’une communication officielle détaillée.

    L’annonce de ce décès a provoqué une vive émotion dans le quartier. Des échauffourées ont ensuite éclaté entre certains riverains et les forces de l’ordre, avec des jets de projectiles signalés par plusieurs témoins. Des renforts sécuritaires sont intervenus afin de rétablir le calme.

    Une éventuelle enquête ou communication des autorités permettra de faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame, intervenu dans le cadre d’un chantier d’intérêt public.

  • Inondations à Lomé : le gouvernement monte au front

    Inondations à Lomé : le gouvernement monte au front

    Le ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna Alipui, multiplie les inspections afin d’accélérer les travaux d’assainissement dans les zones à risque.

    Face aux conséquences des fortes pluies qui ont récemment frappé Lomé et sa périphérie, le gouvernement accélère la mise en œuvre de son dispositif de réponse. Ce dimanche 5 juillet, le ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna Alipui, a effectué une nouvelle tournée d’inspection sur plusieurs sites sensibles de la capitale afin d’évaluer l’état des ouvrages, identifier les zones critiques et renforcer les interventions engagées dans le cadre de la gestion post-inondation.

    Accompagné du directeur de l’Assainissement, Agbéwounou Séméglo, ainsi que du secrétaire général par intérim du ministère, Yawo Ewoenam Zégué, le ministre a entamé sa visite par un point d’étape sur les chantiers d’assainissement en cours. La délégation s’est ensuite rendue sur le boulevard Eyadéma, au niveau du Bar 3K, avant de poursuivre sa mission dans plusieurs quartiers exposés aux risques d’inondation.

    Points noirs identifiés pour des interventions rapides

    L’une des étapes majeures de cette tournée a conduit la délégation dans la commune du Golfe 1, où deux sites ont retenu l’attention des autorités : une décharge de déchets solides et le quartier d’Akodessewa.

    Sur le premier site, les observations se sont révélées plutôt rassurantes. « Nous avions constaté qu’il n’y a pas assez de problème », a indiqué le directeur de l’Assainissement, Agbéwounou Séméglo, soulignant l’amélioration de la situation grâce aux actions déjà entreprises.

    En revanche, le constat est plus préoccupant à Akodessewa, où d’importantes stagnations d’eau persistent, augmentant les risques sanitaires et les désagréments pour les populations. La délégation a également inspecté le canal de décharge du 4e Lac, où un débordement a été observé. Selon les responsables techniques, cette situation résulte principalement d’un déficit d’entretien de l’ouvrage. Une équipe spécialisée a été immédiatement mobilisée afin de procéder aux travaux nécessaires pour rétablir un écoulement normal des eaux.

    La tournée s’est poursuivie dans la zone portuaire, notamment à Boko, avant de s’étendre au Golfe 6 avec plusieurs arrêts à Baguida, Dévégo et Kagnikopé.

    À Dévégo, les autorités ont découvert une zone entièrement submergée. Les équipes techniques ont rapidement procédé à une amélioration du système de drainage afin de rediriger les eaux stagnantes vers le bassin du Zio, une mesure destinée à limiter les risques d’aggravation des inondations dans ce secteur particulièrement vulnérable.

    Mobilisation gouvernementale face aux inondations

    Au terme de cette mission, le directeur de l’Assainissement s’est voulu rassurant quant à la suite des opérations. « Cette visite a permis d’identifier les différents sites où nous pouvons intervenir. Nous prévoyons d’autres visites dans les jours à venir », a déclaré Agbéwounou Séméglo, laissant entendre que les actions de terrain seront intensifiées au fil des prochaines semaines.

    Cette nouvelle descente illustre la volonté du ministère de privilégier une gestion de proximité, fondée sur l’observation directe des réalités du terrain et une réponse rapide aux situations d’urgence.

    Elle s’inscrit dans le cadre des mesures arrêtées par le ministère délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement pour faire face aux conséquences des récentes inondations qui ont affecté plusieurs quartiers de Lomé. Sous l’impulsion du Président du Conseil, le gouvernement maintient une forte mobilisation afin de limiter les impacts des intempéries et de protéger les populations.

    Les interventions sont conduites en étroite collaboration avec l’Agence nationale de la protection civile (ANPC), l’Agence nationale d’assainissement et de salubrité publique (ANASAP), les partenaires techniques et financiers ainsi que plusieurs organisations humanitaires. L’objectif est d’assurer une assistance rapide aux ménages sinistrés, de rétablir progressivement la circulation dans les zones touchées et de prévenir de nouveaux épisodes de stagnation des eaux.

    Le déclenchement du Plan ORSEC vient renforcer cette coordination nationale en facilitant le déploiement des moyens humains et matériels nécessaires. Au-delà des opérations d’urgence, cette dynamique traduit la volonté des autorités de consolider durablement les infrastructures d’assainissement afin de rendre Lomé plus résiliente face aux effets récurrents des fortes pluies.

  • Lomé après les eaux : la riposte contre l’insalubrité est lancée

    Lomé après les eaux : la riposte contre l’insalubrité est lancée

    Entre pompage des eaux et évacuation massive des déchets, le gouvernement accélère les opérations pour prévenir une crise sanitaire après les récentes inondations à Lomé.

    Les pluies diluviennes qui se sont abattues ces derniers jours sur Lomé et sa périphérie ont laissé derrière elles un lourd tribut : quartiers submergés, routes impraticables, eaux stagnantes et montagnes de déchets charriés par les intempéries. Si les inondations ont progressivement commencé à se résorber, un autre défi, tout aussi préoccupant, s’impose désormais : éviter qu’une catastrophe sanitaire ne succède à la catastrophe naturelle.

    C’est dans ce contexte que le ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna ALIPUI, a effectué les 4 et 5 juillet une tournée de terrain sur plusieurs sites stratégiques de la capitale. L’objectif est clair : vérifier l’état d’avancement des travaux d’assainissement engagés dans le cadre de la gestion post-inondation et accélérer la remise en état des quartiers les plus durement touchés.

    Mobilisation d’urgence sur les zones inondées

    Quelques jours seulement après les fortes précipitations, les équipes techniques sont déjà à pied d’œuvre sur plusieurs fronts. Priorité absolue : évacuer les importantes quantités d’eau stagnante qui continuent d’envahir certains bassins et axes routiers.

    Le ministre et sa délégation ont visité les sites de Caméléon, Tokoin Tamé, Togo 2000, Awatamé et Accordéon, où les opérations de pompage se poursuivent sans interruption. À Avédji, une nouvelle motopompe est venue renforcer le dispositif existant afin d’accélérer l’écoulement des eaux.

    À Babakopé, un système de refoulement sur près de 800 mètres est désormais opérationnel, tandis qu’à Tokoin Tamé, l’entreprise BESSAC procède à l’installation de trois pompes pilotées par cabine et à la pose de 400 mètres de conduites DN 200 pour améliorer durablement les capacités d’évacuation.

    De nouvelles installations sont également en cours dans plusieurs points critiques, notamment dans la dépression située à proximité de l’école primaire de Kotokoli Zongo, où les eaux sont dirigées vers un exutoire sécurisé afin de limiter les risques de nouvelles accumulations.

    Pour Séna ALIPUI, l’urgence ne se limite pas au retrait des eaux. « Nous avons constaté un problème d’insalubrité général et il faut rapidement y remédier puisqu’il va continuer à pleuvoir », a-t-il déclaré, rappelant que les eaux de ruissellement contaminées constituent un terrain propice au développement des maladies hydriques.

    Offensive contre les dépotoirs

    Une fois les eaux évacuées, un autre chantier s’impose : celui des déchets. Les inondations ont mis en évidence la prolifération de dépotoirs intermédiaires et sauvages qui entravent l’écoulement des eaux et aggravent les risques environnementaux.

    Le ministère a ainsi lancé une vaste opération d’enlèvement des ordures dans plusieurs quartiers de Lomé. L’entreprise Sara Group a été mobilisée avec un important dispositif logistique comprenant une cinquantaine de camions-bennes chargés d’acheminer les déchets vers le Centre d’enfouissement technique (CET) d’Aképé.

    Les opérations concernent notamment les dépotoirs de Boka, du Triangle des Rails, du marché d’Agoè-Zongo et d’Akato. Au-delà de l’amélioration du cadre de vie, cette intervention vise également à empêcher que les déchets ne soient entraînés vers les bassins de rétention, où ils risqueraient de bloquer ou d’endommager les équipements de pompage.

    Au cours de sa visite, le ministre n’a pas caché son exigence quant au rythme des travaux. « Vous devez faire le maximum pour aller très vite de sorte que toutes ces ordures soient dégagées au bout d’une semaine », a-t-il lancé aux équipes de Sara Group.

    Prévenir plutôt que subir

    Pour les autorités, cette opération ne saurait être une réponse ponctuelle. Une fois les dépotoirs nettoyés, les communes concernées seront appelées à assurer une surveillance permanente des sites afin d’empêcher leur réoccupation par des dépôts anarchiques d’ordures.

    Les dépotoirs sauvages identifiés feront également l’objet d’un programme d’évacuation, tandis que les mairies devront renforcer leurs dispositifs locaux de collecte et de gestion des déchets.

    Au-delà de l’urgence, cette mobilisation traduit une volonté d’améliorer durablement la résilience de Lomé face aux épisodes de pluies extrêmes, dont la fréquence s’accroît sous l’effet des changements climatiques. Les autorités misent ainsi sur une combinaison d’interventions techniques, d’assainissement urbain et de responsabilisation des collectivités locales pour réduire les impacts des inondations et préserver la santé des populations.

    Dans une capitale régulièrement confrontée aux aléas climatiques, le succès de cette stratégie dépendra autant de la rapidité des interventions actuelles que de la capacité des acteurs publics et des citoyens à inscrire l’assainissement dans la durée.

  • Écocitoyenneté : un manuel pour changer les comportements au Togo

    Écocitoyenneté : un manuel pour changer les comportements au Togo

    À travers un nouveau manuel d’éducation à la citoyenneté environnementale, les autorités togolaises intensifient la sensibilisation afin d’encourager chaque citoyen à adopter des comportements responsables pour préserver les ressources naturelles.

    La Direction de la Formation civique a franchi une nouvelle étape dans la promotion de la citoyenneté environnementale en présentant officiellement, mardi 30 juin 2026, son Manuel d’éducation à la citoyenneté environnementale. Dévoilé au cours d’un webinaire réunissant médias et partenaires, cet ouvrage pédagogique de 53 pages, publié aux Éditions Awoudy, ambitionne de renforcer la culture écologique des Togolais et de susciter un engagement collectif en faveur de la protection de l’environnement.

    Présentant le document, Tchakpala Olivier, chef de division Conférences et Séminaires à la Direction de la Formation civique, a rappelé que cet outil répond aux défis environnementaux grandissants. « Ce manuel d’éducation à la citoyenneté environnementale a pour objectif de sensibiliser les citoyens sur les menaces qui pèsent sur notre environnement et de les encourager à adopter des comportements responsables », a-t-il expliqué.

    Le manuel passe en revue les principales menaces écologiques telles que la pollution, la déforestation, la dégradation des sols ou encore les inondations. Il en expose les causes et les conséquences tout en proposant des gestes simples et des solutions concrètes permettant à chaque citoyen de contribuer à la préservation de son cadre de vie. L’ouvrage met également en avant les principes de l’écocitoyenneté et présente plusieurs bonnes pratiques accessibles à tous.

    Selon Tchakpala Olivier, la vulgarisation du document est déjà bien engagée. Une campagne nationale menée en 2025 a permis de parcourir toutes les préfectures du pays afin de remettre des exemplaires aux leaders communautaires chargés de relayer les messages auprès des populations. Le webinaire s’inscrit ainsi dans la continuité de cette stratégie de sensibilisation. « Nous entendons poursuivre cette campagne et comptons sur les professionnels des médias pour relayer davantage les messages contenus dans ce manuel », a-t-il insisté.

    Représentant le ministre chargé des Droits de l’Homme, Anathère Talim, secrétaire général chargé des Droits humains, a réaffirmé la détermination du gouvernement à poursuivre cette dynamique. « Nous n’allons pas baisser les bras. Nous devons nous encourager mutuellement à poursuivre cette bataille afin d’obtenir des résultats concrets », a-t-il déclaré, annonçant une future campagne digitale dès la mise en ligne de la version numérique du manuel.

    Destiné aux élèves, enseignants, étudiants, décideurs, organisations de la société civile et leaders communautaires, cet ouvrage se veut un véritable levier pour faire de la citoyenneté environnementale un pilier du développement durable et de la résilience écologique du Togo.

  • Lomé : la chute d’un arbre paralyse le boulevard Eyadéma sous les intempéries

    Lomé : la chute d’un arbre paralyse le boulevard Eyadéma sous les intempéries

    Les fortes pluies qui s’abattent sur Lomé ont provoqué la chute d’un arbre sur le boulevard Eyadéma, perturbant fortement la circulation sur cet axe stratégique de la capitale.

    La circulation a connu d’importantes perturbations ce lundi 29 juin 2026 sur le boulevard Eyadéma, l’un des principaux axes routiers de Lomé, après la chute d’un arbre à hauteur de l’ambassade des États-Unis d’Amérique. L’incident, survenu en pleine période de fortes pluies, a provoqué un ralentissement considérable du trafic sur cette artère stratégique, régulièrement empruntée par le cortège du président du Conseil.

    Les automobilistes et autres usagers de la route ont dû faire preuve de patience face à l’obstruction de la chaussée. Plusieurs véhicules sont restés immobilisés pendant de longues minutes, entraînant des embouteillages dans les environs.

    Face à cette situation, les autorités ont rapidement déployé un important dispositif d’intervention. L’Agence nationale de la protection civile (ANPC), les sapeurs-pompiers, la Direction des services routiers (DSR), la Police nationale ainsi que les équipes techniques de la commune du Golfe 3 se sont mobilisés pour découper et évacuer l’arbre afin de rétablir la circulation dans les meilleurs délais.

    En attendant le retour à la normale, les autorités ont appelé les usagers à faire preuve de prudence, à ralentir à l’approche de la zone concernée, à respecter les consignes des agents déployés sur le terrain et, si possible, à emprunter des itinéraires alternatifs.

    Cet incident intervient dans un contexte de fortes précipitations et d’orages qui frappent la capitale togolaise depuis plusieurs heures. Ces intempéries augmentent les risques de chutes d’arbres, d’inondations et de perturbations de la circulation dans plusieurs quartiers de Lomé.

    Les services de protection civile invitent ainsi la population à redoubler de vigilance durant cette saison des pluies, où les phénomènes météorologiques peuvent rapidement compromettre la sécurité des personnes et la fluidité du trafic routier.

  • Savanes : le climat passe à l’action

    Savanes : le climat passe à l’action

    La région des Savanes accélère sa riposte face au changement climatique en se dotant d’outils et de mécanismes pour protéger durablement les populations les plus vulnérables.

    La région des Savanes franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de résilience climatique. Les 22 et 23 juin 2026, la ville de Dapaong a accueilli un atelier régional consacré à la diffusion du Plan régional d’adaptation (PRA) et au renforcement des capacités des acteurs chargés de sa mise en œuvre.

    Cette rencontre a réuni les membres du Comité régional du PRA et du Comité de coordination autour des enjeux liés à la gouvernance climatique, au suivi-évaluation et à la formulation des projets d’adaptation.

    L’initiative est portée par le ministère de l’Action sociale, de la Solidarité et de la Promotion de la femme, en collaboration avec le ministère de l’Environnement et des Ressources forestières et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Elle s’inscrit dans le cadre du projet NAP Readiness, financé par le Fonds vert pour le climat.

    L’ambition est désormais de passer de la planification à l’action à travers la mise en œuvre des 41 mesures prévues dans le Plan régional d’adaptation des Savanes pour la période 2026-2030. Ces mesures visent notamment à lutter contre la dégradation des terres, les sécheresses répétitives, les inondations, la raréfaction des ressources en eau et les perturbations agricoles.

    Représentant le gouverneur de la région, Kegbero Latifou Seigneur a rappelé l’urgence de renforcer les capacités des communautés locales. « Face à ces défis, il est indispensable de doter les communautés à la base des outils et des moyens nécessaires pour s’adapter durablement aux nouvelles réalités climatiques », a-t-il déclaré.

    À travers cette nouvelle feuille de route, les Savanes entendent mieux anticiper les risques climatiques et construire un modèle de développement plus résilient.

  • Ces jeunes qui passent à l’action pour sauver l’environnement

    Ces jeunes qui passent à l’action pour sauver l’environnement

    Dans la préfecture de Haho, quatre associations de jeunes viennent d’être distinguées pour la qualité de leurs projets environnementaux innovants, dans le cadre du programme YEWA II.

    Financé par le ministère des Affaires étrangères du Danemark à travers Danida, ce programme vise à renforcer la résilience des communautés face aux effets des changements climatiques. L’initiative BOOST, mise en œuvre par l’ONG Jourdain-Vie et Santé avec l’appui de Plan International Togo, a permis de stimuler l’émergence de micro-projets verts.

    Lancé du 2 mai au 5 juin 2026, l’appel à projets a mobilisé 17 associations locales parmi 23 bénéficiaires. Après une sélection rigoureuse conduite par un jury d’acteurs techniques et communautaires, quatre initiatives ont été retenues pour leur pertinence et leur impact potentiel. La cérémonie officielle de récompense s’est tenue le 12 juin à Notsè, en présence des autorités locales et des partenaires.

    Les projets primés concernent la production de biopesticides et d’engrais verts, la gestion des déchets plastiques, la fabrication d’engrais biologiques liquides et la promotion d’un maraîchage durable. Ces innovations s’inscrivent dans une dynamique de développement local respectueux de l’environnement.

    Le président du Comité Cantonal de Développement (CCD) de Notsè a salué l’engagement des jeunes et encouragé la mise en œuvre effective des projets financés, soulignant leur rôle dans le renforcement de la crédibilité communautaire.

    Du côté des bénéficiaires, la satisfaction est palpable. Pour Emmanuel, représentant des lauréats, cette distinction marque « un nouveau départ » et un engagement renforcé en faveur de la gestion durable des ressources.

    À travers cette initiative, YEWA II confirme son rôle de catalyseur de l’innovation verte et de l’autonomisation des jeunes dans la préfecture de Haho.

  • Délestages et inondations au Togo : le CAR ouvre le débat sur les solutions urgentes

    Délestages et inondations au Togo : le CAR ouvre le débat sur les solutions urgentes

    Le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) veut placer les préoccupations quotidiennes des Togolais au cœur du débat public. À travers une nouvelle édition de son espace d’échanges « Je Dis Politique », le parti entend susciter une réflexion collective sur les délestages et les inondations qui affectent de nombreuses populations.

    Prévu pour le jeudi 25 juin 2026 à 16 heures GMT, ce rendez-vous sera diffusé sur le compte TikTok CAR-Togo. L’initiative s’inscrit dans une dynamique de sensibilisation, d’information et de dialogue autour de deux problématiques majeures qui rythment le quotidien des citoyens.

    En choisissant le thème « Délestage et inondations au Togo, quelles solutions ? », le Comité d’Action pour le Renouveau met en lumière des défis qui touchent aussi bien les ménages que les entreprises, les établissements scolaires et les activités économiques.

    Les coupures récurrentes d’électricité perturbent en effet la vie des populations et freinent le développement des activités productives. Parallèlement, les inondations, de plus en plus fréquentes en période de pluies, provoquent d’importants dégâts matériels et exposent plusieurs quartiers à des risques sanitaires.

    À travers cette plateforme numérique, le CAR souhaite favoriser un débat ouvert, permettant aux citoyens, aux experts et aux acteurs politiques d’échanger sur des pistes de solutions durables.

  • Une usine verte pour contrer les inondations

    Une usine verte pour contrer les inondations

    À Adétikopé, le Togo accélère sa transition écologique en misant sur une industrie innovante au service de l’assainissement durable et de la lutte contre les inondations.

    Le Togo franchit une nouvelle étape dans sa politique de développement durable. Une usine de préfabrication de tuyaux à faible empreinte carbone a été inaugurée le 19 juin 2026 à Adétikopé, dans le cadre du projet de Réseau d’Assainissement par Intercepteurs pour la Non-inondation de nos Espaces (RAINE).

    Cette infrastructure, implantée dans la zone industrielle d’Adétikopé, illustre la volonté des autorités togolaises de conjuguer croissance économique, modernisation des infrastructures et préservation de l’environnement.

    La cérémonie d’inauguration s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement, d’autorités administratives ainsi que des partenaires techniques et financiers impliqués dans la mise en œuvre du projet.

    Inscrit dans la stratégie nationale de résilience climatique, le projet RAINE vise à renforcer les capacités des villes togolaises à faire face aux inondations, devenues récurrentes sous l’effet des changements climatiques et de l’urbanisation croissante.

    Portée par le ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme, cette initiative bénéficie également de l’engagement du ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna Alipui, qui en fait un levier important de transformation des infrastructures nationales.

    L’usine est spécialisée dans la fabrication de tuyaux destinés aux réseaux d’assainissement, à l’adduction d’eau potable et à divers ouvrages urbains. Sa particularité réside dans l’utilisation du béton bas carbone, une technologie innovante qui permet de réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre associées au secteur de la construction.

    Au-delà de son impact environnemental, le projet répond également à des enjeux économiques. La production locale permettra de diminuer la dépendance du pays aux importations de matériaux de construction tout en réduisant les coûts et les émissions liées au transport international.

    Selon les prévisions annoncées par les autorités, l’usine produira dès sa première année d’exploitation plus de 2 200 tuyaux de fonçage de grand diamètre ainsi que plusieurs milliers de mètres cubes de béton bas carbone. Une capacité qui devrait contribuer à accélérer la réalisation des infrastructures d’assainissement sur l’ensemble du territoire.

    Le projet présente également un intérêt majeur en matière d’emploi et de transfert de compétences. De nombreux emplois directs et indirects devraient être générés, tandis que des compétences locales seront développées dans des domaines liés à l’industrie verte et aux infrastructures durables.

    Les entreprises PFO Construction et BESSAC Togo, partenaires de cette réalisation, ont été saluées pour leur contribution à ce projet stratégique.

    Avec cette nouvelle usine, Adétikopé consolide davantage sa position de pôle industriel émergent. Cette réalisation témoigne de l’ambition du Togo de bâtir une économie plus résiliente, compétitive et respectueuse de l’environnement, au service des générations actuelles et futures.

Radio Renouveau228

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