Catégorie : Culture

  • Togbe Agbodjan Jad Fozis, la voix togolaise qui s’exporte

    Togbe Agbodjan Jad Fozis, la voix togolaise qui s’exporte

    Dans un paysage musical togolais souvent tourné vers l’urgence locale, Togbe Agbodjan Jad Fozis fait figure d’exception. Artiste de reggae, musicien accompli et militant culturel, il est aujourd’hui l’un des rares artistes togolais à porter durablement et positivement l’image du Togo à l’international, sans tapage, mais avec constance, conviction et cohérence artistique.

    Naissance

    Né le 3 décembre 1971 à Lomé sous le nom de François Djadoo, Togbe Agbodjan Jad Fozis grandit dans un environnement musical marqué par la chorale et les grandes voix afro-américaines. Très jeune, il s’imprègne de l’univers de Ray Charles et surtout de Bob Marley, dont l’influence sera décisive. Mais chez lui, l’héritage ne se limite pas à l’imitation. Il devient rapidement un langage, une manière de dire le monde, de dénoncer l’injustice et de revendiquer la dignité.

    Autodidacte, il fait ses premiers pas dans le rock and roll avant de s’ancrer définitivement dans le reggae au cours des années 1980. Un choix artistique, mais aussi politique. À une époque où la parole libre est rare, l’artiste fait de la musique un espace de résistance, ce qui le contraint à l’exil en 1990. Loin de briser son élan, cette rupture géographique va paradoxalement élargir son horizon.

    Terre étrangère

    Installé en Allemagne après un passage par le Danemark, il s’intègre à la scène reggae européenne tout en restant profondément enraciné dans son identité togolaise. Contrairement à beaucoup d’artistes de la diaspora, Togbe Agbodjan Jad Fozis ne gomme jamais ses origines pour plaire. Il les revendique. Il chante en français, en anglais et en éwé, porte les réalités africaines sur des scènes européennes, et assume un discours panafricaniste sans folklore ni caricature.

    Son premier album SOS Africa marque un tournant. La chanson Gbékuia, devenue emblématique et remixée en 2020, le propulse sur le devant de la scène internationale. À Hambourg, Paris, Cotonou ou Lomé, Togbe Agbodjan Jad Fozis ne représente pas seulement un artiste. Il incarne une image crédible et respectée du Togo, loin des clichés misérabilistes ou purement festifs.

    Reconnaissance

    C’est là que réside sa singularité. Togbe Agbodjan Jad Fozis ne court pas après les tendances. Il bâtit une carrière sur le temps long, faite de tournées, de collaborations solides, de prestations scéniques maîtrisées. Membre du groupe jamaïcain The Lion, fondateur de formations comme Vanity System ou Jah Children, il s’impose comme un ambassadeur culturel informel, dont la musique parle souvent plus fort que les discours officiels.

    Ses distinctions, Heroes 228, All Music Awards, reconnaissance panafricaine, ne sont que la partie visible d’un parcours marqué par la rigueur et la fidélité à ses valeurs. Même dans l’épreuve, notamment la perte successive de ses parents, l’artiste transforme la douleur en mémoire musicale, rendant hommage à ceux qui l’ont façonné.

    Dans un contexte où beaucoup d’artistes peinent à franchir les frontières ou à y durer, Togbe Agbodjan Jad Fozis fait figure de repère. Le quinquagénaire prouve qu’on peut porter haut le drapeau togolais sans compromis artistique, en restant fidèle à une musique engagée, consciente et universelle.

    Plus qu’un chanteur de reggae, il est une voix qui traverse les frontières, et, avec elle, une certaine idée du Togo : digne, résistante et profondément humaine.

  • Au Togo, HopeMax fait parler l’art jusqu’au plus intime de l’être

    Au Togo, HopeMax fait parler l’art jusqu’au plus intime de l’être

    Maximilienne Misiratou Salawou, connue sous le nom d’artiste HopeMax, impose une vision profonde de la création artistique, celle d’un art qui ne se contente pas de séduire l’œil, mais qui dialogue avec l’âme humaine.

    Lors d’une conversation exclusive accordée à Renouveau228 dans la soirée de ce samedi 14 février, chez elle, dans son atelier, la jeune plasticienne a dévoilé les racines de son inspiration, les messages cachés derrière ses œuvres et ses ambitions pour l’avenir, révélant une maturité et une sensibilité qui dépassent largement son âge.

    Un art qui vient de l’intérieur

    Pour HopeMax, l’art n’est pas une simple activité esthétique ou récréative. C’est une démarche existentielle. Depuis son plus jeune âge, elle s’est tournée vers la création comme un langage intime, capable de traduire ce que les mots ne peuvent pas toujours dire.

    « À travers mes tableaux, je révèle ce qui habite mon âme », confie-t-elle avec sérieux et émotion. Son rapport à la peinture est avant tout intuitif. Elle laisse ses émotions guider ses coups de pinceau, ses choix de textures et de couleurs, dans une quête de sincérité expressive plutôt que de perfection formelle.

    HopeMax considère chaque toile comme une fenêtre ouverte sur son monde intérieur, un territoire où se mêlent amour, espoir, douleur, résilience et questionnements existentiels. Cette approche rappelle l’idée que l’art agit comme un langage de l’inconscient, permettant à l’artiste et au spectateur d’atteindre des zones de sens qui échappent à la logique ordinaire.

    L’exposition « Manifestation de l’Âme » : un pont entre artistes et spectateurs

    Son exposition la plus récente, HOPEMAX EXPO 2025, Manifestation de l’Âme, organisée à Lomé, a attiré un public nombreux et varié, enthousiaste à l’idée de découvrir une jeune voix artistique émergente.

    Pour l’artiste, ce vernissage n’a pas été un simple affichage de tableaux, mais bien un moment de partage émotionnel. Chaque visiteur a été invité à ressentir, interpréter et se reconnaître dans les œuvres, plutôt que de réduire celles-ci à de simples objets de contemplation.

    « L’art, pour moi, est un espace de rencontre », dit-elle. « Ce que je recherche, ce n’est pas l’admiration, mais la connexion. Que quelqu’un puisse voir dans mes couleurs et mes formes un reflet de ce qu’il porte lui-même à l’intérieur. »

    Cette vision rejoint une idée largement partagée par les théoriciens de l’art : loin d’être un divertissement superficiel, l’art est un miroir de l’âme humaine — un moyen de communication qui dépasse les mots, les cultures et les barrières sociales.

    Des thèmes universels, une voix personnelle

    À travers ses œuvres, HopeMax aborde des thèmes profondément humains : la quête d’identité, la résilience face à l’adversité, l’espoir malgré les blessures, et un appel à l’écoute intérieure. Son travail parle autant de vulnérabilité que de force, avec une capacité rare à conjuguer sensibilité et puissance expressive.

    « Je ne peins pas seulement ce que je vois », explique-t-elle. « Je peins ce que je ressens, ce qui me pousse à avancer dans la vie. »

    Cette démarche artistique est doublement significative : elle reflète à la fois un voyage intérieur — une exploration des émotions et des questionnements personnels — et une volonté d’ouverture vers les autres. Dans chaque composition, l’artiste tente d’ouvrir une porte vers une compréhension plus profonde de l’expérience humaine.

    Un engagement au-delà de la surface

    HopeMax ne considère pas l’art comme un simple hobby ou un passe-temps. Pour elle, créer, c’est résister, communiquer, transformer. Elle se bat pour que l’art soit perçu comme un vecteur de sens et d’émotion, capable de résonner avec les luttes individuelles et collectives.

    Dans des sociétés où la liberté d’expression artistique peut parfois être limitée ou mal comprise, la jeune artiste voit sa démarche comme un acte d’affirmation. Comme beaucoup d’artistes avant elle, elle pense que l’art a une dimension sociale et spirituelle qui dépasse la beauté visuelle.

    Son ambition ne s’arrête pas à exposer des toiles dans un salon. Elle souhaite que sa démarche inspire la jeunesse, particulièrement au Togo et en Afrique, à utiliser l’art comme un outil d’expression, de partage et de transformation personnelle.

    Regarder autrement, ressentir pleinement

    Le message central de HopeMax est limpide : l’art n’est pas seulement pour les yeux, il est pour l’âme. À travers sa peinture, elle veut inviter chacun à regarder autrement, à ressentir avec profondeur et à se connecter à cette partie essentielle de soi que beaucoup ignorent ou répriment.

    « L’art est une force vivante, un miroir de l’âme et un chemin vers la lumière », affirme-t-elle.

    En appliquant une telle philosophie, la jeune plasticienne se place déjà parmi les voix nouvelles les plus prometteuses de la scène artistique togolaise et africaine. Avec ses 22 ans, elle ne se contente pas de peindre — elle tisse un langage partagé, un pont entre les émotions humaines et l’expression artistique.

    Dans un monde où l’art est parfois réduit à des formes superficielles, HopeMax rappelle que la création est d’abord un acte profondément humain — un langage de l’âme, capable de résonner avec chacun de nous. À travers sa sensibilité, son engagement et sa vision, elle trace sa propre voie artistique — ambitieuse, sincère et essentielle.

  • Éditions Continents, une référence née au Togo

    Éditions Continents, une référence née au Togo

    Dans un environnement où le secteur du livre reste confronté à de nombreux défis, Éditions Continents a fait le pari de la rigueur, de l’exigence éditoriale et de l’ouverture. Un pari audacieux qui, au fil des années, s’est transformé en succès tangible.

    Audace

    Créée en juillet 2011, reconnue officiellement en 2016, les Éditions Continents fait aujourd’hui figure d’exemple dans le paysage éditorial togolais et sous-régional. Fondée par Kodzo Adzewoda Vondoly, journaliste et écrivain, cette maison d’édition, bien que relativement jeune, a su rapidement trouver sa place dans le landerneau des éditions au Togo et au-delà.

    Dans un environnement où le secteur du livre reste confronté à de nombreux défis, faiblesse des circuits de distribution, accès limité aux financements, concurrence du numérique ou encore déficit de politiques publiques fortes, les Éditions Continents a fait le pari de la rigueur, de l’exigence éditoriale et de l’ouverture. Un pari audacieux qui, au fil des années, s’est transformé en succès tangible.

    Dès ses débuts, la maison s’est donné pour mission de promouvoir la littérature africaine sous toutes ses formes, sans se limiter à un genre ou à une nationalité. Romans, essais, poésie, ouvrages jeunesse, textes engagés ou réflexifs : le catalogue d’Éditions Continents se distingue par sa diversité et par la richesse des voix qu’il met en lumière. Des auteurs togolais bien sûr, mais aussi des écrivains venus d’autres pays de la sous-région et d’ailleurs, trouvent au sein de cette maison un espace d’expression crédible, professionnel et respectueux du travail intellectuel.

    Reconnaissance

    Cette ouverture éditoriale a permis aux Éditions Continents de s’inscrire rapidement dans une dynamique régionale. Ses ouvrages circulent, sont présentés dans des salons, des foires du livre et des rencontres littéraires en Afrique de l’ouest, contribuant ainsi au rayonnement de la littérature togolaise hors des frontières nationales. La maison ne se contente pas de publier : elle accompagne ses auteurs, valorise leurs œuvres et œuvre à leur visibilité, dans un écosystème où cela reste encore trop rare.

    La reconnaissance ne s’est pas fait attendre. Plusieurs publications issues d’Éditions Continents ont été saluées par des prix, distinctions et sélections littéraires, tant au niveau national que sous-régional. Ces récompenses, loin d’être anecdotiques, constituent une véritable preuve de la qualité du travail éditorial accompli. Elles témoignent de la pertinence des choix opérés, de la qualité des textes publiés, mais aussi du sérieux du processus éditorial mis en place par la maison.

    À travers ces distinctions, c’est toute une vision de l’édition qui est consacrée : celle d’un travail patient, exigeant, respectueux des auteurs et des lecteurs. Une vision qui tranche avec une certaine précipitation parfois observée dans le milieu, et qui confère à Éditions Continents une crédibilité durable.

    Perspectives

    Au cœur de cette réussite se trouve la figure de son fondateur et directeur. Kodzo Adzewoda VONDOLY, fort de son expérience de journaliste et d’écrivain, connaît les réalités du terrain, les exigences de l’écriture et les attentes du lectorat. Cette double casquette lui permet de porter un regard lucide et engagé sur le monde du livre en Afrique. Sous sa direction, la maison s’est dotée d’une ligne éditoriale claire, ambitieuse et cohérente, tout en restant attentive aux évolutions du secteur.

    Mais l’ambition de Kodzo Adzewoda VONDOLY ne s’arrête pas là. Conscient des enjeux culturels, éducatifs et symboliques du livre, il s’emploie activement à faire des Éditions Continents une maison incontournable dans la sous-région, voire à l’échelle du continent africain. Cela passe par le renforcement des partenariats, l’élargissement du réseau de distribution, l’amélioration constante de la qualité graphique et éditoriale des ouvrages, mais aussi par une présence accrue dans les grands rendez-vous littéraires africains.

    À travers Éditions Continents, c’est une certaine idée de la culture et de la transmission qui se dessine : celle d’une Afrique qui écrit, qui se raconte elle-même, qui pense son présent et son avenir à travers le livre. Une maison jeune, certes, mais déjà solidement installée, portée par une vision claire et un engagement constant.

    Aujourd’hui, les Éditions Continents n’est plus seulement une promesse. Elle est une réalité éditoriale respectée, un acteur crédible du monde du livre, et un symbole de ce que l’audace, le travail et la passion peuvent produire lorsqu’ils sont mis au service de la culture. Et tout indique que le meilleur reste à venir.

  • Le groupe culturel togolais ADEPOMA séduit à la 39ᵉ Surajkund International Crafts Mela à New Delhi

    Le groupe culturel togolais ADEPOMA séduit à la 39ᵉ Surajkund International Crafts Mela à New Delhi

    Le groupe culturel togolais ADEPOMA a brillé sur la scène internationale à l’occasion de la 39ᵉ édition du Surajkund International Crafts Mela, l’un des festivals les plus réputés au monde pour la promotion de l’artisanat et des traditions culturelles.

    Organisé du 31 janvier au 15 février 2026 près de New Delhi (Inde), cet événement annuel attire des délégations et artistes de nombreux pays, désireux de valoriser leur patrimoine culturel à une échelle planétaire.

    Invité d’honneur cette année, ADEPOMA a présenté une série de performances traditionnelles captivantes, mêlant danses, chants et rythmes enracinés dans la culture togolaise. Les prestations ont mis en lumière la richesse artistique et identitaire du Togo, soulignant l’importance de la transmission des savoirs ancestraux dans un contexte de mondialisation culturelle.

    Dans le cadre de cette participation, l’ambassadeur indien au Togo, S.R.H. Fahmi, a rencontré la troupe avant son départ pour l’Inde afin de leur adresser ses encouragements et de souligner l’impact positif de telles initiatives pour renforcer les liens culturels bilatéraux.

    Surajkund Mela offre une plateforme d’échanges privilégiée entre artisans, artistes et visiteurs du monde entier. En plus des spectacles vivants, le festival présente des métiers d’art traditionnels, des expositions artisanales, des ateliers et des échanges interculturels riches. Il s’agit d’une vitrine unique pour les expressions artistiques authentiques et la diplomatie culturelle.

    La participation de ADEPOMA à cet événement renforce non seulement la visibilité du patrimoine togolais, mais encourage aussi une nouvelle génération d’artistes à valoriser et préserver les traditions locales tout en dialoguant avec le monde

  • Avec HopeMax, l’art devient langage de l’âme

    Avec HopeMax, l’art devient langage de l’âme

    Maximilienne Misiratou Salawou alias HopeMax ne partage pas simplement des œuvres : elle livre des fragments de son monde intérieur. Artiste habitée par une profonde sensibilité, elle inscrit sa démarche dans une quête sincère où chaque création devient un espace de dialogue entre l’âme et la matière.

    À travers ses tableaux, elle dévoile une vision singulière de l’art, pensée comme un puissant moyen d’expression, de transmission et d’inspiration.

    Chez Maximilienne Misiratou Salawou, la création artistique naît d’une énergie intérieure intense. Formes, textures et couleurs s’entrelacent pour traduire des émotions profondes, parfois silencieuses, mais toujours vibrantes. Chaque œuvre est le reflet d’une recherche personnelle, d’un cheminement intime nourri par l’amour, la résilience et l’espoir. L’artiste ne peint pas seulement ce qu’il voit : il peint ce qu’il ressent, ce qui l’habite et ce qui le pousse à avancer.

    Présentée lors de HOPEMAX EXPO 2025, l’une de ses créations a marqué les esprits par la force de son message et la sincérité de sa démarche. Dans cet espace dédié à la créativité et à l’expression artistique, l’œuvre de HopeMax s’est imposée comme un langage universel, capable de connecter les âmes et de susciter une réflexion profonde chez le public. Loin d’une simple exposition, il s’agissait d’un véritable moment de partage, où l’émotion devenait le fil conducteur de la rencontre entre l’artiste et les visiteurs.

    « À travers mes tableaux, je révèle ce qui habite mon âme », confie l’artiste. Il explique puiser au plus profond de lui-même des énergies et des émotions pour créer des œuvres porteuses de sens, d’amour et de force. Son art se veut une invitation à l’évolution personnelle, à la résilience face aux épreuves et à l’avancée dans la vie. Chaque tableau transmet une énergie positive, un message d’espoir et de partage, permettant à chacun de s’y reconnaître et d’y trouver une source d’inspiration pour poursuivre sa propre lutte.

    Cette prise de parole artistique met en lumière l’importance de l’art comme outil de communion humaine. HopeMax invite le public à regarder autrement, à ressentir pleinement et à s’approprier le message porté par ses œuvres. Plus qu’une exposition, c’est une rencontre sincère, un moment d’échange authentique où l’émotion devient un langage commun.

    À travers son univers, HopeMax rappelle que l’art n’est pas seulement esthétique : il est une force vivante, un miroir de l’âme et un chemin vers la lumière. Une expérience artistique forte, appelée à marquer durablement celles et ceux qui s’y laissent toucher.

  • « Lettre d’une Africaine » : Kezita, quand le reggae devient prière et révolte

    « Lettre d’une Africaine » : Kezita, quand le reggae devient prière et révolte

    Avec « Lettre d’une Africaine », l’artiste togolaise de reggae Kezita signe l’un de ses titres les plus intimes et les plus bouleversants. Loin d’un simple morceau musical, cette nouvelle œuvre se présente comme une confession à cœur ouvert, née de la douleur, de la foi et d’un profond besoin de vérité.

    À travers cette chanson, la « Reggae Woman » du Togo, née Sandrine Ketoglo, transforme une épreuve personnelle en un cri universel, porté par la conscience et la spiritualité.

    Écrit dans la souffrance, « Lettre d’une Africaine » évoque la perte d’un être cher qui aurait pu être sauvé, les défaillances du système de santé, et plus largement les injustices qui frappent les plus vulnérables. Kezita y aborde, sans détour mais avec pudeur, la question des droits humains dans le milieu médical et les conditions de vie dans les hôpitaux africains. Le reggae, fidèle à sa tradition contestataire, devient ici un espace de dénonciation, mais aussi de guérison.

    Musicalement, le titre s’inscrit dans un reggae roots sobre et habité, laissant toute la place à la voix, aux mots et à l’émotion. Chaque phrase semble pesée, vécue, presque priée. Kezita ne cherche pas à séduire : elle témoigne. Elle écrit comme on survit, comme on se relève. Derrière la mélodie, on devine les brouillons, les silences, les larmes, mais aussi le lâcher-prise et la foi assumée en une force supérieure. « Le Saint-Esprit est puissant », confie-t-elle, rappelant que cette chanson est autant une offrande qu’un exutoire.

    Connue pour son engagement social et sa fidélité aux valeurs du reggae conscient, Kezita confirme avec ce nouveau titre son statut de voix singulière dans la musique togolaise. Depuis ses débuts, elle fait du reggae un outil d’éveil, de résistance et d’espérance, fidèle à la philosophie rastafari et aux idéaux de justice, de paix et de dignité humaine.

    « Lettre d’une Africaine » est dédiée à Dodo Adogli et à tous ceux qui sont partis trop tôt, injustement. En invitant le public à l’écouter « au calme », Kezita rappelle que certaines chansons ne s’entendent pas seulement avec les oreilles, mais avec l’âme. Une œuvre forte, nécessaire, qui confirme que lorsque la musique est sincère, elle devient mémoire, combat et prière.

    Kezita commence sa carrière très jeune, d’abord dans un groupe de danse à l’école, puis comme choriste au sein du collectif South Coast. Elle participe notamment au succès de « Une histoire banale », un titre populaire au Togo et dans la sous-région, avant de trouver sa voie en solo.

    Son premier album, So Real , sorti en 2010, est une déclaration d’intention. Composé de quatorze titres, il aborde les réalités sociales, politiques et économiques du Togo et de l’Afrique à travers un reggae ancré dans la conscience collective. Des chansons comme « Au carrefour », « Ghetto Girl » ou « Reggae Time » font écho aux défis quotidiens de la jeunesse togolaise- chômage, marginalisation, quête de sens- tout en les invitant à espérer et à persévérer.

  • Ghana : le mercredi en Batakari, un tissu qui tisse l’identité nationale

    Ghana : le mercredi en Batakari, un tissu qui tisse l’identité nationale

    Au Ghana, une simple décision vestimentaire est en train de prendre une portée hautement symbolique. Désormais, chaque mercredi est consacré au port du Batakari, aussi appelé Fugu, un vêtement traditionnel emblématique du nord du pays.

    Bien plus qu’une mode ou qu’un geste folklorique, cette initiative s’inscrit dans une dynamique forte de revalorisation culturelle, de cohésion nationale et de souveraineté identitaire.

    Le Batakari, longtemps cantonné aux cérémonies traditionnelles et aux régions septentrionales, est aujourd’hui mis à l’honneur sur l’ensemble du territoire. En invitant fonctionnaires, responsables politiques, travailleurs du secteur privé et citoyens à porter ce vêtement chaque mercredi, le Ghana affirme clairement que sa culture n’est pas un héritage figé, mais une richesse vivante et assumée dans l’espace public moderne.

    Cette décision a d’abord une vertu identitaire majeure. Dans un contexte de mondialisation où les codes vestimentaires occidentaux dominent les sphères professionnelles et institutionnelles, consacrer une journée au Batakari revient à dire que l’africanité peut être visible, élégante et compatible avec la modernité. Le Ghana envoie ainsi un message fort à sa jeunesse : l’identité culturelle n’est pas un frein au progrès, elle en est un socle.

    Sur le plan social, le mercredi en Batakari agit comme un pont entre les régions et les communautés. Ce vêtement, originaire du Nord, devient un symbole partagé par tous, renforçant le sentiment d’unité nationale. Il contribue à réduire les clivages régionaux en valorisant une culture parfois marginalisée, et rappelle que la nation ghanéenne se construit dans la diversité.

    Les retombées économiques sont également notables. La promotion régulière du Batakari stimule la filière textile locale : tisserands, tailleurs, stylistes et commerçants voient leur activité dynamisée. En encourageant la consommation de produits locaux, l’État soutient l’artisanat, crée des emplois et participe à la lutte contre la dépendance aux importations textiles.

    Enfin, cette initiative possède une dimension panafricaine inspirante. À l’heure où plusieurs pays africains réfléchissent à la manière de réaffirmer leurs cultures dans l’espace public, le Ghana montre la voie par une action simple, accessible et fédératrice. Le mercredi en Batakari devient ainsi un acte de fierté, un rappel silencieux mais puissant que l’Afrique peut s’habiller d’elle-même, avec dignité et confiance.

    En consacrant une journée nationale à un vêtement traditionnel, le Ghana ne célèbre pas seulement un tissu : il célèbre une histoire, une identité et une vision de l’avenir enracinée dans ses propres valeurs.

  • Opus Academy offre à Lomé un grand concert classique gratuit

    Opus Academy offre à Lomé un grand concert classique gratuit

    La scène culturelle togolaise s’apprête à vibrer au rythme de la musique classique. L’École de musique Opus Academy annonce l’organisation d’un événement musical 100 % gratuit à Lomé, dans le cadre du Festival International MasterPiano. Un rendez-vous d’exception qui se tiendra le mercredi 25 février 2026 au Palais des Congrès de Lomé, avec la participation annoncée de la Philharmonia de Lomé pour un concert d’une heure promettant intensité et raffinement artistique.

    Pensé comme une célébration de l’excellence musicale et de l’ouverture culturelle, ce concert réunira trois formations majeures : l’Orchestre philharmonique de l’École de musique Opus Academy, le chœur Amazing Voice et le chœur Émeraude. Ensemble, ces ensembles porteront une vision commune de la musique : exigeante dans sa technique, collective dans son esprit et profondément émotive dans son rendu. Le public est ainsi invité à vivre une expérience sonore rare, où la rigueur de l’interprétation se mêlera à la puissance des voix et à la richesse orchestrale.

    Placée sous le parrainage du Ministère de la Culture, du Tourisme et des Arts, cette initiative bénéficie également du soutien de l’Ambassade de France et de la collaboration du Conservatoire de Caen. Ces partenariats confèrent au projet une dimension internationale affirmée, tout en garantissant un haut niveau de qualité artistique et pédagogique. À travers ce festival, Opus Academy confirme son rôle moteur dans la promotion de la musique savante au Togo et son engagement en faveur de l’accès du plus grand nombre à la culture.

    Un programme musical de prestige

    Au cœur de ce concert figure une œuvre majeure du répertoire romantique : la Messe en Sol majeur de Franz Schubert. Cette composition emblématique, reconnue pour sa profondeur spirituelle et son équilibre subtil entre orchestre et chœurs, promet un moment d’une grande intensité émotionnelle. L’interprétation de cette pièce par des musiciens et choristes réunis pour l’occasion s’annonce comme un temps fort du calendrier culturel togolais.

    Informations pratiques

    • Date : Mercredi 25 février 2026
    • Lieu : Palais des Congrès de Lomé
    • Mise en place du public : 18h30
    • Début du concert : 19h00 précises

    Les organisateurs insistent sur le respect strict des horaires, condition essentielle pour préserver la qualité acoustique et la magie du spectacle. Une fois le rideau levé, l’expérience musicale commence. Opus Academy donne ainsi rendez-vous au public pour une soirée où la musique classique se fera accessible, vivante et profondément partagée.

  • Quand le tambour transmet l’âme africaine

    Quand le tambour transmet l’âme africaine

    A Lomé, l’art musical traditionnel est au cœur de la transmission des valeurs africaines avec la 5è édition d’une formation initiée par TAG’ART, un acteur engagé dans la promotion et la sauvegarde du patrimoine culturel du Berceau de l’Humanité.

    À Lomé, la culture africaine continue de vibrer au rythme des tambours et des danses ancestrales. Le Centre culturel « Alodé Kplona Alodè », situé à Nétadi, accueille la 5ᵉ édition de la Formation en art musical traditionnel, une initiative portée par TAG’ART, acteur engagé dans la promotion et la sauvegarde du patrimoine culturel africain.

    Placée sous le thème évocateur « Réveillez le rythme en vous », cette formation s’étend sur un mois, avec 12 séances intensives, ouvertes à toutes celles et ceux qui souhaitent renouer avec l’essence même des arts traditionnels africains. Plus qu’un simple apprentissage artistique, cette formation se présente comme un véritable espace de transmission des valeurs africaines fondamentales : le respect des anciens, la solidarité communautaire, la discipline, l’identité culturelle et le vivre-ensemble.

    Les modules proposés témoignent de la richesse et de la diversité du patrimoine musical et chorégraphique africain. Les participants sont initiés au djembé, instrument emblématique de la communication et du rassemblement communautaire, à la castagnette, au gong, ainsi qu’à l’aguidahoun, tambour traditionnel profondément enraciné dans les rites et les cérémonies. La danse Agbadja, symbole de cohésion sociale et d’expression collective, occupe également une place centrale dans le programme.

    À travers ces disciplines, les apprenants découvrent que l’art traditionnel africain n’est pas un simple divertissement, mais un langage vivant, porteur d’histoire, de spiritualité et de sagesse. Chaque rythme raconte une histoire, chaque pas de danse transmet un message, chaque instrument relie l’individu à sa communauté et à ses ancêtres.

    Accessible à 500 francs CFA par séance, cette formation se veut inclusive, favorisant l’accès du plus grand nombre à la culture. Elle illustre une volonté forte de préserver l’identité africaine face aux influences extérieures, tout en adaptant la transmission aux réalités contemporaines.

    À l’heure où de nombreuses cultures sont menacées par l’oubli, l’initiative de TAG’ART apparaît comme un acte de résistance culturelle et un appel à la jeunesse africaine, celui de se réapproprier ses racines pour mieux construire l’avenir.

    Pour toute information, les intéressés peuvent contacter le +228 93 91 84 95.

  • Togo-Le Mina, votre passeport local

    Togo-Le Mina, votre passeport local

    Vous arrivez au Togo pour un séjour professionnel, touristique ou vous y vivez déjà en tant qu’expatrié français ? Une chose est sûre : parler la langue locale change tout. Le Mina, langue largement utilisée au sud du Togo, est la clé pour créer du lien, comprendre les habitudes et s’intégrer pleinement à la vie quotidienne.

    Pour répondre à ce besoin, un programme de cours de Mina en ligne spécialement conçu pour les expatriés et visiteurs francophones ouvre ses portes. L’objectif est simple : vous permettre de parler Mina rapidement, efficacement et avec assurance, sans pression académique inutile.

    Ici, pas de longues théories. L’apprentissage est pratique, orienté vers les situations de la vie courante : saluer, échanger avec vos collègues, discuter avec vos voisins, négocier au marché ou comprendre les expressions courantes. Le tout dans une ambiance conviviale et adaptée aux débutants.

    Les cours se déroulent entièrement en ligne via WhatsApp, un format souple qui vous permet d’apprendre où que vous soyez, depuis votre téléphone ou votre ordinateur. Que vous soyez très occupé ou en déplacement, vous pouvez suivre les séances sans contrainte logistique.

    📅 Début des cours : 3 mars

    📅 Fin : 28 mai

    🕖 Tous les mardis et jeudis, de 19h à 20h

    Ce programme est idéal pour celles et ceux qui souhaitent s’intégrer plus facilement, gagner en autonomie et créer de véritables connexions avec les Togolais, en allant au-delà du simple français.

    👉 Intéressé(e) ?

    Laissez-nous un message privé pour obtenir plus d’informations et réserver votre place.

    Apprendre le Mina, ce n’est pas seulement apprendre une langue. C’est vivre le Togo autrement.

Radio Renouveau228

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