Catégorie : Actualités

  • Togo-Exposition collective ”RA’ANA” du 21 avril au 4 mai

    Togo-Exposition collective ”RA’ANA” du 21 avril au 4 mai

    “Les premières racines”. C’est le thème autour duquel se déroulera du 21 avril au 4 mai 2025 une exposition collective dénommée “RA’ANA” à Lomé, non loin du siège de Café Informatique sur la route de Kpalimé.

    L’art comme vous ne l’avez jamais vu

    Chefs d’entreprise, institutions, cadres influents, promoteurs culturels, collectionneurs et passionnés d’art… Préparez-vous à une immersion artistique où chaque œuvre est une invitation à posséder l’exceptionnel.

    “RA’ ANA”, une exposition où le passé dialogue avec le présent, où l’héritage devient un investissement. Des œuvres uniques, des signatures d’exception, une opportunité à ne pas manquer.

    Rejoignez-nous du 21 avril au 04 mai 2025 et laissez-vous séduire par des créations uniques, entre héritage et modernité.

    Art Heritage Culture

    ART HERITAGE CULTURE est une organisation dédiée à la promotion et à la valorisation des arts, du patrimoine et de la culture en Afrique. Basée au Togo, elle œuvre pour la mise en lumière des talents artistiques locaux et internationaux.

  • Togo-La CNDH réaccréditée au statut « A » de l’ONU

    Togo-La CNDH réaccréditée au statut « A » de l’ONU

    Le sous-comité d’accréditation des Nations Unies réaccrédite au statut « A » des institutions nationales des droits de l’homme la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) du Togo.

    C’est via un communiqué signé de son président, Me Kwao Ohini Sanvee, en date de ce vendredi 28 mars, que l’information est portée à la connaissance de l’opinion : la Commission nationale des droits de l’homme est réaccréditée au statut « A » des institutions nationales des droits de l’homme par le sous-comité de l’ONU.

    La décision a été prise après son examen le 18 mars 2O25 à Genève par le sous-comité d’accréditation.

    « …haute distinction »

    Si l’information réjouit dans les milieux des défenseurs des droits humains, c’est parce que, comme le souligne un communiqué officiel, « Le statut « A » est la plus haute distinction accordée à une institution nationale des droits de l’homme (INDH) ».

    En effet, la CNDH a été honorée parce qu’elle se conforme aux « principes de Paris qui régissent le fonctionnement des INDH », notamment « l’indépendance, l’impartialité, l’efficacité, dans la protection des droits fondamentaux ».

    Portée

    Créée en 1987, cette distinction est l’aboutissement de tout ce qu’elle a entrepris depuis sa naissance jusqu’aujourd’hui.

    « L’accréditation a ce statut permet à la CNDH de disposer d’une voix prépondérante au sein de l’alliance globale des INDH et de participer aux travaux des différents mécanismes internationaux et régionaux de protection des droits de l’homme. Ce statut intervient également dans les conditionnalités des partenaires techniques et financiers et des bailleurs de fonds », souligne le communiqué.

    Le document signé par Me Sanvee indique que « cette distinction acquise en l’an 2000 et conservée depuis lors, rappelle à la CNDH son devoir d’être aux côtés des populations et des autorités afin de mobiliser davantage d’efforts en faveur des droits humains ».

  • Toujours dans l’indolence du pacte colonial

    Toujours dans l’indolence du pacte colonial

    En persistant, six décennies après les indépendances, à exporter, brutes, ses matières premières, l’Afrique, perpétue elle-même la répartition du travail qui, pour ne pas faire concurrence à la métropole, la figeait, au temps colonial, dans le sous-développement.

    De retour d’une tournée dans la région des Grands Lacs, le Dr Ronny Jackson a dressé, pour le Congrès américain dont il est membre, un état des lieux d’une très grande sévérité sur l’est de la RDC. Avec des propositions qui pourraient paraître discutables, sinon controversées, aux yeux de certains. Les constats de l’élu républicain ne reflètent-ils pas, malgré tout, quelques vérités, à prendre en compte ?

    Il serait difficile de lui donner tort, lorsqu’il dépeint l’est de la RDC comme la caricature du « Far West », avec toute la charge que porte, dans l’imaginaire collectif, cette métonymie. Au XIXe siècle, le Far West américain se distinguait, en effet, par la loi du plus fort, et plus personne n’y reconnaissait les règles communes. Et il a raison d’insister sur l’incapacité du gouvernement de Kinshasa à contrôler la région, par manque de ressources. On a du mal à le contredire, même lorsqu’il pointe du doigt la corruption, l’enrichissement de certains membres du gouvernement et de leurs familles, pendant que la population survit péniblement. Quant à la responsabilité des pays voisins, Ouganda, Rwanda et Burundi, elle n’est pas contestable. Il les accuse, doux euphémisme, d’importer des minerais de l’est du Congo.

    Certaines de ses propositions sont, par contre, déroutantes. D’aucuns pourraient lui reprocher de reprendre à son compte l’argumentation des soutiens de la rébellion, quand il explique leur guerre par ce qu’il considère comme un déficit d’inclusion, par rapport à la citoyenneté congolaise des communautés rwandophones auxquelles sont d’ordinaire associés les rebelles du M23. Et l’idée d’intégrer les rebelles à l’armée nationale pourrait choquer, au regard de ce qui a déjà été fait dans ce sens, en vain.

    Pourquoi, alors, donner une telle importance à ses propositions ?

    Parce que Ronny Jackson passe pour être très proche de Donald Trump. Et sa perception pourrait s’imposer comme « la politique » congolaise des États-Unis. D’autant que sa vision et son insistance sur les difficultés pour les entreprises (américaines) qui voudraient s’implanter en RDC semblent conditionnées par cette forme d’avidité qui règne à Washington pour certains minerais stratégiques. Comme si l’essentiel, au fond, était de reproduire, en RDC, ce que les États-Unis tentent d’obtenir avec l’Ukraine, en échange de la paix. À ce prix, les rapports de son pays avec la RDC pourraient déboucher sur ce que l’on qualifiait, jadis, de pacte colonial. Et qui consistait, pour les nations colonisées, à alimenter en matières premières les industries de la métropole.

    Ce serait inquiétant, car cette répartition du travail fige les pays africains dans le sous-développement, comme dans un piège sans fin. Mais, s’il y a faute, elle incombe d’abord aux Africains eux-mêmes, qui oublient de s’industrialiser, se contentant d’engranger les royalties, pour fournir aux autres de quoi faire tourner leurs industries. Imaginez qu’un coffret d’un kilogramme de chocolat, chez un des meilleurs chocolatiers mondiaux, peut coûter, en Occident, jusqu’à 64 fois le prix du kilogramme de fèves de cacao payé au producteur africain ! L’on retrouve plus ou moins la même échelle de déséquilibre pour tout ce qu’exporte, brut, l’Afrique : café, coton, karité, bois, etc. La Chine doit largement sa richesse actuelle à la transformation des matières premières qu’elle importe d’Afrique.

    Pourquoi, alors, l’Afrique se cantonne-t-elle dans ce rôle de fournisseur de matières premières, pour enrichir les industries partout dans le monde ?

    Déficit de leadership ! Et d’audace ! Les rares nations africaines qui s’en sortent sont celles qui savent prendre leur part dans la transformation de leurs matières premières. Si la RDC regorge de minerais essentiels pour les batteries d’ordinateurs, téléphones portables et autres véhicules non polluants, pourquoi donc n’exigerait-elle pas qu’au moins une des premières transformations nécessaires se fasse sur son sol ?

    C’est ce que font, par exemple, les Botswanais, avec le diamant. Anvers, en Belgique, demeure, certes, la ville la plus prestigieuse du monde pour ce qui est de la taille du diamant. Mais, sur ce marché, Gaborone, capitale du Botswana où se situe la plus grande mine de diamant à ciel ouvert au monde, est loin d’être négligeable. Ainsi, grâce au leadership visionnaire de ses dirigeants, ce pays abrite les implantations de prestigieuses entreprises internationales : Hyundai, SABMiller, Daewoo, Volvo, Siemens…

    « Que tombe la pluie ! », dit la devise du Botswana. Mais, pour qu’elle tombe effectivement, les Africains devraient s’interroger, se remettre en cause, plutôt que de compter sur la bonté de ceux qui prospèrent sur leur indolence.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 29 mars 2025 sur RFI

  • Togbui Dagban-Ayivon : “Bè-Beach n’existe plus mais il vit en nous”

    Togbui Dagban-Ayivon : “Bè-Beach n’existe plus mais il vit en nous”

    Officiellement, depuis ce mercredi 26 mars 2025, Bè-Beach n’existe plus. La berge lagunaire est rasée pour, dit-on, un projet immobilier dont les contours demeurent aujourd’hui très flous.

    Voici la vidéo (Togovision) de Togbui Dagban-Ayivon, chef quartier d’Adakpamé, le pionnier des auteurs des constructions sur la berge lagunaire. C’est lui qui a également donné à cet espace le nom de Bè-Beach, devenu célèbre dans la capitale togolaise.

  • Derrière le 8 Mars, se cache une certaine ”misogynie féminine”?

    Derrière le 8 Mars, se cache une certaine ”misogynie féminine”?

    Bien que le 8 mars, la journée internationale de la femme, soit commémorée partout, dans certains milieux, elle cache une certaine “misogynie féminine” que Dosseh SOHEY, point focal national de la Convergence globale des luttes pour la terre et l’eau, une organisation de la société civile, relève dans le pamphlet ci-après.

    Pamphlet

     La femme, le 8 Mars…

    Progressivement, la journée internationale de la femme s’empare de la majeure partie du monde entier. A l’approche du 8 mars de chaque année, nombreux sont les gouvernements et les organisations de la société civile qui s’activent pour  marquer l’événement.

    Des rencontres, des conférences, des ateliers, des causeries-débats, tout est exploré et expérimenté pour réussir ce moment spécial de la promotion de la femme. Dans certains pays ou milieux, pagnes, foulards et autres gadgets sont confectionnés à l’effigie de la femme.

    C’est donc une prise de conscience collective pour reconnaître le rôle prépondérant de la gent féminine dans le développement de la société humaine. Certes, il y a toujours des poches de résistance qui rament toujours à contre-courant. Car, des préjugés et concepts religieux, des us et coutumes, ont, pendant longtemps, modelé les mentalités. Ces dernières, tellement moulées, sont en déphasage avec ce mouvement émancipatoire de celle qui donne la vie.   

    De prime abord, il faut préciser que cette réflexion soutient entièrement l’idée selon laquelle l’émancipation de la femme ne restreint pas les responsabilités  dites traditionnelles qui lui incombent. En aucune manière.

    Quand il s’agit de célébrer la femme, souvent le 8 mars, il est généralement  constaté que les exemples que l’on prend à titre de témoignage sont des personnalités féminines qui ont pu réussir au sein de leur société. Et la plupart des cas, elles sont dénichées dans les milieux intellectuels. Ce qui n’est pas contraire au principe. Il faut encourager tout le monde, y compris les jeunes filles élèves à redoubler d’effort pour arriver au sommet de l’échelle sociale. Cette exemplarité est une source de motivation et d’inspiration pour les élites féminines en fonction et celles dont le cursus scolaire est en cours.

    Quid de celles qu’on appelle maladroitement analphabètes ? Qu’en est-il pour cette catégorie de femmes qui, malgré leur limite livresque, constituent, avec leur secteur informel, le socle de l’économie nationale ?

    D’aucuns soutiendraient que leur importance dans l’économie nationale dépasse de loin l’apport des intellectuelles. Pourtant, elles sont marginalisées, consciemment ou non. Pour leur faire comprendre qu’elles ne déméritent pas du tout, des t-shirts et autres gadgets leur sont proposés, soit pour achat, soit en guise de don  afin de répondre massivement aux différentes rencontres lors de la journée de la femme. Eu égard aux accomplissements de celle-ci, elle mérite amplement ces honneurs. 

    Il est à remarquer que celles qui ont pu faire de hautes études constituent le maillon non essentiel au plan quantitatif. Les prendre pour exemples reviendrait à écarter les autres de la motivation de réussir car, n’étant pas intellectuelles de haut niveau. Psychologiquement, on leur fait croire qu’avant d’atteindre un tel niveau de réussite, il faut avoir progressé dans les études.

    Or, il y a celles, plus nombreuses d’ailleurs, qui n’ont pas fait les études supérieures mais qui sont impactantes dans leurs milieux respectifs. Les « Nana Benz » en sont une parfaite illustration. Toutes ou presque n’ont jamais connu Voltaire, Montesquieu, Einstein au travers de leurs ouvrages. Cependant, elles ont fortement marqué l’histoire de leur pays. Leur prouesse a traversé les frontières togolaises.

    L’exhibitionnisme d’un leader féminin devrait être un modèle issu de la masse. Comme cela, et les intellectuelles et les non scolarisées sont toutes concernées en termes de motivation. Autrement, d’une part, l’intellectuelle se sent interpellée en raison de son niveau d’étude nettement élevé, apte à quitter sa zone de confort pour faire des exploits, et d’autre part, celle de très bas niveau d’étude ou à niveau intermédiaire comprend qu’il est possible de réussir au regard de la performance de sa congénère. Tout le monde est donc emballé par rapport à cette exemplarité.  

    Souvent, la réussite d’une femme rurale ne se limite pas à son accomplissement personnel. Elle génère un impact profond et durable sur l’ensemble de la société. A travers son autonomisation économique et sociale, elle devient un véritable moteur de développement pour sa communauté et au-delà.

    D’ailleurs, lorsqu’une femme (agricultrice, entrepreneure, commerçante ou artisane) réussit, elle crée des emplois, stimule l’activité économique et favorise l’innovation dans son domaine. Elle est souvent considérée comme étant toujours au sein de la masse de par ses relations sociales, contrairement à l’autre qui « regarde dorénavant les autres d’en-haut. » Ceci s’explique par le fait que sa réussite se traduit par le soutient à d’autres femmes et le renforcement des liens sociaux. Sa réussite dépasse généralement son cadre personnel.

    Des rivalités, de la misogynie féminine

    Lors de la journée internationale de la femme, l’on constate un certain antagonisme à peine voilé vis-à-vis de la race masculine. Une certaine solidarité, circonstancielle, malheureusement, se crée entre les femmes au travers des slogans et autres comportements, à la faveur de l’euphorie des rencontres ici et là.

    Après ce moment festif, il semble que les hostilités ne tardent pas à retrouver leur place en leur sein.

    Il est fréquent de rencontrer des femmes donner des témoignages quant à la torture émotionnelle, psychologique, morale dont elles sont souvent victimes de la part de leurs congénères. Ceci vient contredire la légendaire douceur reconnue à la femme.

    La plupart des femmes préfèrent être suivies et prises en charge lors de l’accouchement par les hommes pour éviter ces comportements malsains à leur égard. Il y en a qui affirment que certaines accoucheuses procèdent aux bastonnades en lieu et place d’encouragements à l’endroit de la nourrice. Là encore, on parle d’une circonstance atténuante par rapport aux autres sages-femmes qui quittent carrément la salle d’accouchement pour des commérages ailleurs parce que, estiment-elles, la femme grosse n’arrive pas à fournir des efforts nécessaires pour la sortie du nouveau-né.  Du coup, des vertus attribuées à la femme, notamment la compassion, la sensibilité, l’écoute, l’empathie, la douceur, l’intelligence émotionnelle, la sensibilité, la recherche de l’harmonie, la créativité, la capacité à ignorer et à prendre soin des autres, volent en éclats.

    Et ce n’est pas tout. La gynécologie, un autre domaine où les femmes souffrent des énormités des techniciennes qui les prennent en charge. La moindre supposée malpropreté de la patiente lui attire des propos insupportables, alors que cela passe inaperçu ou presque avec un gynécologue. Des exemples sont légion.

    Il existe aussi des rivalités intra-familiales, qui s’exercent entre sœurs, belle-sœur et épouse, belle-mère et belle-fille, et des fois, mère et fille.

    Dosseh SOHEY, point focal national de la Convergence globale des luttes pour la terre et l’eau

  • Togo: dans un rapport à l’ONU, la société civile dénonce les disparitions forcées et arrestations dans le Nord

    Togo: dans un rapport à l’ONU, la société civile dénonce les disparitions forcées et arrestations dans le Nord

    Le Comité des disparitions forcées des Nations unies tient actuellement sa 28ème session à Genève, du 17 mars au 4 avril 2025. À cette occasion, le Togo, ayant ratifié la convention en juillet 2014, soumet un rapport périodique sur la mise en œuvre de ses engagements en la matière. Plusieurs organisations de la société civile togolaise ont également envoyé leur propre rapport, complétant la version officielle. Celles-ci pointent notamment la situation dans le nord du pays, sous état d’urgence, les interpellations hors cadre légal et les disparitions forcées dénoncées à la suite des crises politiques qu’a traversées le pays.

    La société civile togolaise a remis son rapport au Comité des disparitions forcées de l’ONU. Elle y dénonce l’état d’urgence dans le nord, les interpellations arbitraires et les disparitions liées aux crises politiques.

    Plusieurs organisations, dont le Collectif des associations contre l’impunité au Togo (CACIT), s’intéressent particulièrement à la région des Savanes, dans l’extrême nord, placée sous état d’urgence sécuritaire depuis 2022 en raison de la menace terroriste. Elles évoquent quelques cas d’enlèvements de civils par des groupes armés non identifiés entre 2022 et 2023. Mais aussi des arrestations, notamment à Mandouri, où les proches des personnes interpellées restent sans nouvelles pendant de longues périodes.

    De plus, l’accès très restreint à la prison civile de Sotouboua, aménagée pour accueillir des personnes arrêtées dans le cadre d’enquêtes liées au terrorisme, constitue également une source d’inquiétude. Les visites des proches et des organisations y sont quasi impossibles.

    Des interpellations hors cadre légal

    Par ailleurs, la société civile mentionne les crises socio-politiques qu’a traversées le Togo. La Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJRR) aurait reçu une centaine de dépositions pour disparitions forcées. Or, à ce jour, soulignent les organisations togolaises, aucune information publique ne permet de savoir si des investigations ont été menées sur ces dossiers.

    Les organisations soulignent également certains cas d’interpellations qui s’apparenteraient à des disparitions forcées, car ne respectant pas le cadre légal. L’Association des victimes de la torture au Togo (Asvitto) cite notamment un cas précis : celui d’un fonctionnaire de la gendarmerie de Kara, disparu en août 2020 pendant son service. Sa famille demeure, jusqu’à ce jour, sans réponse.

    Contactées par RFI, les autorités togolaises n’ont pas donné suite.

    Source : rfi.fr/fr

  • William Adjété Wilson, l’indiscipliné

    William Adjété Wilson, l’indiscipliné

    Portrait · Présenté au centre Pompidou (Paris) dans l’exposition collective « Paris noir. Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950-2000 », l’artiste afrodescendant publie au même moment un beau livre sur son œuvre aux éditions Gallimard. L’occasion de (re)découvrir un plasticien discret et rétif à toutes les assignations.

    Il est là, depuis des années. Ses pastels, ses collages colorés, ses sculptures se distinguent entre mille. Et pourtant, William Adjété Wilson ne fait pas de bruit. Artiste aussi talentueux que discret, il n’est pas représenté par une galerie, et il est bien rare de le croiser dans les vernissages ou les travées des foires consacrées à « l’art contemporain africain » (AKAA, 1-54), où se pressent les créateurs issus du continent et de ses multiples diasporas. Cela pourrait pourtant changer : en ce début de printemps 2025, William Adjété Wilson occupe à sa manière le devant de la scène. Plusieurs de ses œuvres sont présentées au centre Pompidou (Paris), dans l’exposition « Paris noir. Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950-2000 », du 19 mars au 30 juin. Par ailleurs, les éditions Gallimard, qui ont réédité son superbe L’Océan noir (96 pages, 23,50 euros) en 2024, publient au même moment un beau livre sur son travail, William Adjété Wilson en noir, en blanc, en couleur (256 pages, 35 euros). Une belle occasion de découvrir ou de redécouvrir la vie et l’œuvre d’un artiste rétif à toute assignation.

    Silhouette longiligne, large sourire, regard vif, William Adjété Wilson reçoit dans le grand espace de son atelier du 15e arrondissement de Paris. Si tout y est propre et bien rangé, la joie créative du plasticien s’exprime jusqu’au plafond, sur les murs et sur les étagères. Ici, les chaises s’envolent et prennent des allures anthropomorphes ; d’étranges personnages découpés à grands coups de ciseaux semblent sur le point de s’animer ; animaux, objets et végétaux se mélangent en un grand charivari de couleurs. Tout en haut d’une cloison, un personnage noir sur fond rose ouvre grand les bras. Si ce pastel nous parle, c’est parce qu’il a servi d’illustration pour la couverture du Champ de personne (Flammarion Jeunesse, 2012), le best-seller du romancier Daniel Picouly.

    Sans effet de manche et avec franchise, William Adjété Wilson évoque un parcours qui commence à Orléans, dans le centre-nord de la France, au début des années 1950. Un parcours où la création artistique ne se manifeste que bien tardivement.

    J’ai vécu mon enfance à Orléans, raconte le plasticien. C’était assez compliqué. Mon père était togolais, il avait rencontré ma mère à Tours tandis qu’elle faisait ses études de sage-femme. Il ne m’a pas reconnu tout de suite, il ne l’a fait qu’au bout de deux ans. Je n’avais que peu de rapports avec lui. C’était un homme très apprécié socialement, mais nullissime familialement, auprès de sa femme comme de ses enfants. Il jouait au tiercé, on l’attendait tout le temps. C’était ma mère qui portait tout. Il avait coupé avec l’Afrique, il n’y est retourné que pour les obsèques de sa mère. Cela dit, il était là.

    Avec le sourire que le recul des années permet, William Wilson évoque aussi la violence. « Il y avait aussi les coups de bâton à l’africaine. Je me souviens de balades en forêt au cours desquelles il coupait des badines pour pouvoir nous frapper. Je ne garde pas de bons souvenirs avec lui. » À l’école, où il est le seul métis, le jeune garçon affronte le racisme ordinaire : celui de ses camarades, cruel et enfantin, et celui beaucoup plus grave de certains professeurs. Le nom d’un enseignant de français qui l’a humilié en public avec des propos racistes tombe de ses lèvres sans effort de mémoire : c’est l’un de ses pires souvenirs.

    « Noir au pays des Blancs et Blanc parmi les Noirs »

    « Heureusement, il y avait le sport, les scouts et les colonies de vacances », tempère-t-il. Le sport, c’est un peu plus qu’un passe-temps. Dans L’Océan noir, livre tiré de son œuvre éponyme, il écrit ainsi : « En 1968, j’avais 16 ans et je pratiquais l’athlétisme avec passion. Outre l’expression naturelle de la vitalité de la jeunesse, c’était pour moi un domaine où il était enfin possible d’être jugé sur mes performances, sans ambiguïté. J’étais très fier d’être, la même année, champion d’Académie du 110 mètres haies, du saut en longueur et du relais 4×100 mètres avec mes copains du lycée. »

    Et de poursuivre : « Mai 1968 [est] passé par là et la politique a fait irruption dans ma vie. » Devant son téléviseur, en octobre, William Wilson suit les épreuves des Jeux olympiques de Mexico. Bob Beamon explose le record du saut en longueur ; Tommie Smith et John Carlos lèvent leur poing ganté de noir sur le podium du 200 mètres ! L’Afrique commence alors à intéresser le jeune homme, qui, deux ans plus tard, exerce, selon ses dires, un petit chantage auprès de ses parents : « Si j’ai mon bac, vous m’envoyez en Afrique. »

    Le jeune homme obtient gain de cause et se retrouve au Bénin, « chez un oncle qui était alors le plus gros pharmacien de Cotonou ». L’expérience est troublante. S’il se réjouit de ne voir – enfin ! – que des Noirs autour de lui, William Wilson se rend bien vite compte que quelque chose cloche : dans les rues, les enfants l’appellent « Yovo » (« Blanc »). Il raconte dans L’Océan noir :

    […] On m’a rapidement fait comprendre que le Blanc, ici, c’était moi. De Noir au pays des Blancs, je me découvrais après quelques heures d’avion, Blanc parmi les Noirs. Je n’ai pas appris grand-chose de ma famille durant ce court séjour. On ne m’a fait rencontrer que des parents qui occupaient des métiers ou des postes importants et qui étaient, à juste titre, très fiers de leur réussite. Mes hôtes ont été déçus de constater que cela ne m’intéressait pas beaucoup. Je voulais tout au contraire connaître l’Afrique “africaine”, avec naïveté sans doute, mais avec sincérité. Ce malentendu a beaucoup pesé sur mon premier contact avec l’Afrique et je suis rentré en France avec des sentiments très ambivalents.

    Si la rencontre avec le continent africain ne transforme pas radicalement le jeune homme, Paris va s’en charger, en 1972. « Je fais partie de ces gens dont le prof de philo a changé la vie, raconte-t-il. Il m’a conseillé de m’orienter vers l’anthropologie et je me suis inscrit en fac à Jussieu. » Le lycéen indiscipliné en a déjà « marre de l’école », mais il se rend tout de même dans la capitale française pour étudier. Là, il découvre « la vie » et « un autre monde », arpente les musées et les galeries, rencontre des artistes. « Les images, j’ai toujours aimé, sans vraiment savoir ce que cela voulait dire, être artiste », commente-t-il. C’est d’ailleurs cet attrait qui l’entraîne un temps dans une maison, en Lozère, dans le sud-est de la France, dans une sorte de communauté bohème. « Un jour, j’étais avec un peintre et je lui posais des questions sur son travail. J’avais envie d’essayer. Il m’a donné un crayon et du papier, alors que je ne savais pas dessiner. J’ai commencé. Il a regardé et il m’a dit : “Tu as tout compris, hein ?” »

    « Un effet miroir qui m’aidait »

    Un encouragement qui ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd. À partir de ce moment, William Wilson va peu à peu partager sa vie avec la création. « C’était quelque chose de naturel, se souvient-il. Je sentais que je réalisais quelque chose qui venait vraiment de moi, qu’il y avait un résultat – un effet miroir qui m’aidait. Et c’était quelque chose que je n’avais pas appris. Très rapidement, j’ai compris que c’était ce que je voulais faire. » Et l’art, il l’aborde comme le sportif qu’il fut, par le travail. Quand il regarde autour de lui, il est séduit par les œuvres d’artistes noirs comme le Sud-Africain Ernest Mancoba, membre du groupe CoBrA1, ou comme le Cubain Wifredo Lam, grand ami du poète martiniquais Aimé Césaire, mais ce sont surtout les œuvres surréalistes du « picto-poète » roumain Victor Brauner qui le touchent.

    Gagner sa vie, alors que se succèdent les chocs pétroliers, va néanmoins s’avérer de plus en plus difficile. D’abord étudiant aidé par ses parents jusqu’en 1973-1974, William Wilson vit ensuite de petits boulots. Grand et beau, il travaille comme mannequin pour des photos de mode, signe des piges, exerce dans une agence de voyages, réalise des enquêtes pour des études de marché… À la fin des années 1970, alors que son premier enfant naît en 1977, s’ouvre une douloureuse période de vache maigre. « Ces années ont été très difficiles sur tous les plans et, d’une certaine façon, je m’en suis sorti un peu par miracle, mais totalement détruit à bien des niveaux, précise-t-il. Cette “mort” est, en quelque sorte, devenue le point de départ d’une renaissance. La création artistique a été ma planche de salut. C’était ça ou rien. »

    Sa vie d’artiste commence réellement en 1980, en partie grâce au milieu de la mode et de la publicité qu’il fréquente. « Il y avait alors beaucoup d’énergie dans ces métiers et une assez grande curiosité de la part des gens qui y travaillaient. Cela m’a permis de rencontrer beaucoup de monde. » Sa première exposition, il l’organise chez Pierre Lattès, l’un des fondateurs de Radio Nova et de Fun Radio, dans un loft près de la place de la République. « C’était un ancien atelier où deux perroquets se baladaient en liberté… J’y ai invité des gens de la mode et de la publicité, qui pour certains avaient envie d’acquérir des œuvres originales de jeunes artistes… Les vernissages étaient à la mode… La créatrice de mode Agnès B. m’a acheté deux tableaux ! »

    Des foulards Hermès en série limitée

    Ses premières œuvres exposées sont des pastels, un outil qu’il privilégie encore. « Comme je n’étais pas dans l’idée de faire des tableaux, j’avais tendance à surcharger la toile, à y mettre plusieurs sujets. » Aujourd’hui, il y a toujours foule dans ses œuvres, des personnages plus ou moins difformes, plus ou moins grotesques, des objets, des animaux, des végétaux – le tout découpé à grands traits et saturé de couleurs. Souvent cocasses, rythmées par une vibration interne, les images de William Wilson sont musicales et teintées d’un humour iconoclaste qui peut rappeler les expérimentations dadaïstes. Les lignes brisées y abondent, comme s’il adaptait une partition de jazz, entre improvisations, dissonances, syncopes et notes bleues.

    Je n’étais pas formaté, on ne m’avait pas éduqué, raconte l’intéressé. C’était important pour moi. Tout au long de mon parcours scolaire, j’ai senti que quelque chose n’allait pas. Je ne savais pas quoi. Le dessin me permettait de me construire et de me connaître. Il y avait de la légèreté, de l’humour, j’en étais conscient. Bien sûr, c’était un travail sérieux, mais il ne fallait pas trop se prendre au sérieux. L’humour permet de garder une certaine distance.

    Indiscipliné mais déterminé, William Adjété Wilson trouve une forme d’équilibre dans un mode de vie d’artiste qui lui permet d’échapper au salariat et de rester indépendant.

    Ce n’est pas toujours simple, et la crise économique vient encore compliquer l’équation. Il multiplie alors les travaux de commande pour des journaux comme Télérama, Libération et The New Yorker, et illustre des livres pour enfants – dont le 365 contes des pourquoi et des comment de la conteuse Muriel Bloch (Gallimard Jeunesse, 1997) et la Déclaration universelle des droits de l’homme (Mango, 1999). Il réalise même, pour Hermès, cinq foulards en série limitée qui lui permettent de vivre « pendant cinq ans » !

    « Blanc côté bourreaux et noir côté victimes »

    Sculptures, collages, pastels, peintures, tissu appliqué, l’artiste ne se laisse pas enfermer dans un genre, il progresse par à-coups, avec des séries qui se répondent sans se répéter. « Je n’aime pas faire deux fois la même chose, assure-t-il. Je change souvent, pour la simple raison qu’au bout d’un moment, je m’ennuie. Comme je n’ai pas appris, ce que je fais est toujours nouveau. Le fil directeur, c’est moi. »

    Ce « moi », pourtant, il l’a cherché longtemps. Et il continue de le faire. Il l’a cherché en lisant le psychiatre martiniquais Frantz Fanon, il l’a cherché en voyageant en Afrique à la rencontre de sa lignée, il l’a cherché parce qu’il fallait « recoller les morceaux », il l’a cherché parce que métis, Noir pour les uns et Blanc pour les autres, jamais à sa place. La quête d’une vie, qui l’a rapproché de ses origines africaines puisque de ses voyages au pays, celui qui était né à Tours sous le nom de William Wilson est revenu un jour William « Adjété » Wilson grâce à son arrière-grand-mère « Babou » Maryam Lawson-Gaizer, qui se souvenait du prénom que la généalogie lui avait réservé.

    J’ai compris dès mon premier voyage au Bénin que je n’étais pas africain. Mais je me suis alors intéressé à ce que cela représentait d’être afrodescendant. Je me suis cherché en affrontant le problème essentiel des métis, qui n’ont pas de communauté. En ce sens, j’ai eu de la chance d’être en France – dans ce pays où l’on est les premiers à défendre la révolution et les valeurs de la République en espérant que cela s’applique un jour à tout le monde !

    En découvrant sa famille africaine, à partir des années 1970, William Adjété Wilson a aussi découvert que cette dernière avait été du mauvais côté de l’Histoire, celui des esclavagistes. « Être à la fois Blanc du côté des bourreaux et noir du côté des victimes de l’Histoire, mais aussi Noir du côté des négriers et descendants d’anciens esclaves devenus négriers, m’a fourni de nombreux et vastes territoires de réflexion », écrit-il dans L’Océan noir.

    Sans doute fallait-il regarder la vérité en face pour pouvoir s’en libérer. « Me découvrir coupable m’a rendu mon innocence, me savoir issu d’une histoire d’inhumanité m’a rendu à mon humanité. Les fantômes qui ont accompagné mon enfance de façon sinistre ont perdu leurs masques de silence. Je me sentais prisonnier et agi par des forces incompréhensibles ; j’ai enfin pu leur donner des noms, et les dénoncer ; j’ai pu déjouer leur malédiction plutôt que d’en être le jouet. »

    « Je n’ai jamais eu envie de devenir riche »

    Les dix-huit planches qui composent L’Océan noir – qui est à la fois une exposition et un livre – sont, sans doute, la réponse la plus achevée de William Wilson à la complexité de son histoire personnelle – qui est aussi la nôtre. Le support matériel choisi, des tentures en appliqués de tissus réalisées à Abomey, dans l’ancien royaume esclavagiste du Danxomé (Bénin actuel), avec l’aide d’artisans locaux racontent la traite négrière de manière allégorique, restituant à l’Histoire toute sa complexité. Pour le commissaire d’exposition bassa Simon Njami, c’est une fresque « que l’on pourrait comparer – dans une dimension psychologique – au Guernica de Picasso ». L’œuvre a été exposée plus d’une trentaine de fois, notamment au Fesman de Dakar (Sénégal, 2010) et au Festival Étonnants Voyageurs de Saint Malo (France).

    Ce discours de la complexité n’est pas toujours facile à faire entendre. Et quand, en outre, vous vous méfiez du milieu de l’art et de son rapport paradoxal, mais prégnant, à l’argent, cela ne facilite pas forcément votre carrière. Philosophe, William Wilson confie qu’il a « un peu une phobie du commerce », qu’il « n’est pas diplomate » et qu’il ne saurait répondre aux commandes exigées par une galerie. « Du moment que je peux survivre… Je n’ai jamais eu envie de devenir riche », tranche-t-il. Sa route est un chemin de traverse, il y a des cahots dans le parcours et l’on y croise des humains cabossés. Comme ces chaises auxquelles il offre une seconde vie en les transformant en sculptures (exposition prévue à la Galerie du Montparnasse en septembre), les êtres qui peuplent son imaginaire exhibent tous leurs blessures ou leurs bizarreries dans une forme de comédie humaine endiablée. Englués dans leurs contradictions, leurs histoires, leurs désirs, ils nous ressemblent terriblement.

    Source: afriquexxi.info

  • « Faure Gnassingbé a usé de toutes sortes de contorsions pour se  maintenir au pouvoir »

    « Faure Gnassingbé a usé de toutes sortes de contorsions pour se  maintenir au pouvoir »

    Le passage du Togo à la cinquième République ne passe toujours pas bien que la nouvelle Loi fondamentale ait été publiée au journal officiel depuis quelques mois. Un regroupement de partis politiques lance un « appel à l’arrêt du coup d’Etat constitutionnel en cours au Togo ».

    DÉCLARATION DE LA CLASSE POLITIQUE DE L’OPPOSITION DÉMOCRATIQUE ET DE LA SOCIÉTÉ CIVILE DU TOGO.

    APPEL À L’ARRÊT DU COUP D’ÉTAT CONSTITUTIONNEL EN COURS AU TOGO.

    L’ensemble des partis politiques, des  organisations de la société civile et des personnalités signataires de cette déclaration ultime tiennent à rappeler à tout le peuple togolais aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur et à toute la communauté internationale ce qui suit :

    1)          Suite à la Conférence Nationale Souveraine organisée par l’ensemble des forces vives de la Nation Togolaise au cours de l’année 1991, le gouvernement de l’époque sous la présidence du Général Gnassingbé Eyadema, en accord avec la classe politique toute tendance confondue, a soumis au référendum en 1992, le projet de la constitution de la 4ème République qui a été voté par plus de 98% des Togolais.

    Cette constitution du 14 octobre 1992,  a subi plusieurs tripatouillages  par le même Régime RPT devenu Unir et ces différentes modifications n’avaient d’autre but que le maintien au pouvoir du clan Gnassingbé qui l’a capté depuis le coup d’État militaire de 1967 qui a suivi celui de 1963 ayant coûté la vie au père de l’indépendance le Président Sylvanus OLYMPIO.

    2)          Les modifications intervenues le 31 décembre 2002 avaient supprimé le principe de la limitation des mandats du Président de la République. C’est ainsi qu’en 2005, suite au décès du Général Gnassingbé Eyadema, son fils, Faure Essozimna Gnassingbé, avec la complicité de quelques officiers supérieurs des Formes Armées Togolaises a fait un autre coup d’État, confisquant le pouvoir d’État, en piétinant les pertinentes dispositions constitutionnelles prévues dans le cas d’espèce. Cette prise de pouvoir est intervenue après avoir tué plusieurs centaines de togolaises et de togolais.

    Depuis lors, le Togo a continué dans un cycle récurrent d’élections- contestations- répressions- dialogues.

    Les contestations de 2017 avaient conduit au dialogue sous l’égide de la CEDEAO.  La principale revendication de l’opposition à savoir le retour de la limitation des mandats à 5 ans renouvelable une seule fois a été réintroduite dans la constitution. Cette réforme, longtemps revendiquée par le peuple togolais dans sa majorité est intervenue au moment où Faure Gnassingbé bouclait déjà trois mandats de 5ans.

    Malgré un bilan très désastreux en terme de gouvernance économique, sociale et politique et aussi sur le plan des libertés publiques et des droits humains, Faure Gnassingbé a usé de toutes sortes de contorsions (coups d’État permanents, fraudes électorales, corruptions à grandes échelles, répressions féroces et aveugles, emprisonnements) pour se  maintenir au pouvoir contre le gré des Togolais.

    Aussi, et contre toute attente, alors que les derniers amendements de la constitution n’ont pas encore connu un début d’application, a-t-il décidé de changer carrément la constitution, en violation flagrante des textes en vigueur, tentant de faire passer le Togo d’un régime présidentiel à un régime parlementaire taillé sur mesure pour lui-même. Évidemment, ce renversement de la constitution  s’apparente à une monarchisation de la République Togolaise après 58 ans de règne de la famille Gnassingbé et sans aucun avis des Togolais.

    3)          C’est ainsi que dans la nuit du 26 mars 2024, au moment où le processus électoral était en pleine exécution pour le renouvellement des membres du parlement, les députés sortants, dont le mandat avait expiré depuis le 31 décembre 2023 s’arrogent le droit, en toute violation du protocole additionnel de la CEDEAO, de voter une loi pour renverser la constitution.

     Suite au tollé provoqué par ce scandale politique inédit, et pour tromper l’opinion nationale et internationale, le gouvernement a fait  suspendre le processus électoral en cours pour organiser un simulacre de consultation des chefs traditionnels en lieu et place d’un référendum.

    En tout état de cause, cette initiative ne peut prospérer car relevant d’une démarche anticonstitutionnelle inadmissible.

     En effet, la constitution de 1992 dans sa version révisée de l’année 2019 dispose en son article 59 que : << Le Président de la République est élu au suffrage universel, libre, direct, égal et secret pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois.

    Cette disposition ne peut être modifiée que par voie référendaire  >>.

    Dès lors, toute action contraire, en violation de cette disposition, relève d’un coup d’État.

     Sachant aussi que  l’article 150 de la même constitution dispose : << En cas de coup d’État ou de coup de force quelconque, tout membre du gouvernement ou de l’Assemblée nationale a le droit et le devoir de faire appel à tous les moyens pour rétablir la légitimité constitutionnelle y compris le recours aux  accords de coopération militaire ou de défense existant.

    Dans ces circonstances, pour tout Togolais, désobéir et s’organiser pour faire échec à l’autorité illégitime constitue le plus sacré des droits et le plus impératif des devoirs.

    Tout renversement du régime constitutionnel est considéré comme un crime imprescriptible contre la Nation et sanctionnée conformément aux lois de la République>>

    Dans ces conditions, les togolais ont le plein  droit de refuser ce coup d’État et de le combattre en toute légalité et avec détermination.

    C’est pourquoi les signataires de la présente déclaration demandent au peuple togolais ce qui suit :

    a)          Rejeter ce coup de force constitutionnel en rentrant en résistance contre cette nouvelle constitution. 

    b)          Constater qu’à partir du 4 mai 2025, les règnes de fait, de M. Faure Gnassingbé  prendront officiellement fin et que le Togo connaitra un vide  constitutionnel sur le plan légal.

     En conséquence, les signataires de la présente déclaration demandent instamment au gouvernement, à toutes les institutions de la République et les organisations étatiques  d’organiser sans délais des assises nationales inclusives afin de parvenir à un compromis politique historique permettant de restaurer la République Togolaise.

    Une transition politique s’impose pour sortir le Togo de l’impasse dans lequel il se retrouve.

     Les signataires prennent à témoin l’opinion nationale et internationale que le peuple togolais se dresse contre toute forme de monarchisation qu’on veut lui imposer.

    À cet effet, les signataires de la présente déclaration lancent un appel pressant à tous les corps constitués notamment les enseignants de tout degré, les avocats, les magistrats, les étudiants et élèves, les syndicats de tous secteurs d’activité, les praticiens hospitaliers les journalistes, les autorités religieuses de toutes catégories, les chefs traditionnels les commerçants, artisans et agriculteurs, les transporteurs, toutes les forces vives, la diaspora etc… à se mobiliser et à se lever comme un seul homme pour engager ensemble ce combat décisif pour la libération nationale.

    Fait à Lomé le 20 mars 2025.

    Ont signé :

    DDI

    ALCADDES

    ADMIS

    CAR

    CDPA

    DSA

    FLAMBEAU DU PEUPLE(FDP)

    GALAXIE

    GAMESU

    LA RACINE

    LDP

    MJS

  • Francophonie: trois départs, et vive la «bantouphonie»!

    Francophonie: trois départs, et vive la «bantouphonie»!

    Au tournant du millénaire, nombre d’Africains voyaient chez l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) un acteur décisif de la démocratisation du continent. Marquée par ses silences gênés en rapports embarrassés sur de flagrantes fraudes électorales, l’OIF est abandonnée en groupe, désormais. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont choisi la semaine du 55ème anniversaire de l’organisation pour annoncer leur retrait. Une décision qui constitue un coup dur.

    Pour marquer une telle commémoration, le Burkina Faso, le Mali et le Niger auraient pu espérer nouvelle plus réjouissante. Peut-être ces États espéraient-ils un retentissement d’importance, en démissionnant ainsi, en chœur. Mais, dans sa cruauté, l’actualité a fait tomber leur décision à plat, en braquant ses projecteurs sur les présidents rwandais Paul Kagamé et congolais Félix Tshisekedi, à Doha, au Qatar.

    Il n’empêche que, plus que jamais, l’utilité de l’OIF est source de questionnements, dans une Afrique où son rayonnement déclinait déjà passablement. Va-t-elle continuer à feindre l’indifférence ou se repenser, pour inspirer à nouveau confiance à des populations qui ont perdu toute illusion sur ce qu’elle est ?

    Sa secrétaire générale avait décliné, lors du dernier sommet, tout ce que n’est pas la Francophonie. Peut-être que l’OIF serait plus convaincante, si elle se contentait d’être ce qu’elle prétend être. À force de mener une politique qui prête trop souvent à confusion, elle en vient à se voir prêter des défauts qui ne sont théoriquement pas les siens. Comme lorsque cet auditeur, dans « Appels sur l’actualité » de RFI, soutient que le but de la Francophonie est de promouvoir la culture française.

    Ce malentendu s’entraperçoit dans la décision de retrait des trois sortants. À l’évidence, ils semblent certains de faire du tort à la France, en quittant la Francophonie. Alors que, dans les faits, leur départ n’affecte pas plus la France que la Belgique, la Suisse, ou le Canada.

    Seuls perdants sont les citoyens ou organisations du Burkina Faso, Niger et le Mali qui se privent de subventions

    Dans cette rupture, les seuls perdants possibles sont probablement les citoyens ou organismes de ces trois pays qui vont devoir désormais se passer des petites subventions saupoudrées sur eux par la Francophonie.

    Certes, au fil des décennies, certaines attitudes ou décisions ont pu conforter une partie de l’opinion dans la certitude que l’OIF servait, à l’occasion, de variable d’ajustement à la diplomatie française. Ainsi, lorsqu’en dépit du soutien de Paris, Boutros Boutros-Ghali est poussé vers la sortie par la secrétaire d’État américaine Madeleine Albright et a échoué à obtenir un second mandat comme secrétaire-général des Nations unies, le chef de l’État français Jacques Chirac lui offre comme lot de consolation, le secrétariat général de l’OIF.

    Comme il l’offrira, en 2002, au président Abdou Diouf, qui avait entre-temps perdu le pouvoir au Sénégal. Même le choix de l’actuelle secrétaire générale a été perçu comme un moyen, pour la France, sceller des relations enfin apaisées avec le président Kagamé, intraitable, jusqu’alors, en raison du génocide.

    Mais, le fait, pour la France, de tirer avantage diplomatique de son poids dans l’OIF ne rend pas illégitime l’application aux régimes putschistes des sanctions prévues par les textes.

    D’ailleurs, au Commonwealth, l’équivalent anglophone de la Francophonie, les États-membres réunis par la langue, l’histoire, la culture se revendiquent tous de la démocratie, des droits de l’homme et de l’État de droit. Cela alors que leur charte précise que ces États n’ont aucune obligation les uns envers les autres, et que l’intitulé du Commonwealth – littéralement « prospérité partagée » – insiste sur la notion de partenaires libres et égaux qu’ils sont.

    Discréditée au sujet de régimes putschistes

    Sans doute cette capacité à trouver des excuses à certains putschistes, tout en tenant d’autres à distance. Ces contorsions pour trouver « des évolutions positives en Guinée », alors que les méthodes du général Mamadi Doumbouya sont à peine différentes de celles de ses homologues burkinabè, nigérien et malien. Tant de discrédit enlève à quiconque l’envie de plaider la cause de l’OIF, lorsque, d’un coup, trois de ses membres l’abandonnent.

    Quant à la langue française, elle n’appartient plus depuis bien longtemps à la seule France. Se proclamer francophone, pour nombre d’Africains, n’est qu’une commodité. Ils sont aussi anglophones, lusophones et, comme dirait l’Ougandais Yoweri Museveni, « bantouphones ».

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 22 mars sur RFI

  • Togo-Les OSC se dynamisent et se mobilisent pour le FSM 2026

    Togo-Les OSC se dynamisent et se mobilisent pour le FSM 2026

    Une quarantaine d’organisations  de la société civile du Togo participent depuis ce 18 mars à une rencontre destinée à redynamiser la Convergence globale des luttes pour la terre et l’eau en Afrique de l’ouest (CGLTE-OA). En ligne de mire, une participation massive au prochain Forum social mondial.

    Du 18 au 19 mars se tient dans un hôtel à Lomé une rencontre nationale des OSC sur le thème « Dynamisation de la plateforme togolaise de la CGLTE-OA et mobilisation pour le forum social mondial 2026 ».

    Cette rencontre vise à mobiliser les acteurs de la société civile afin que la participation du Togo au Forum social mondial soit massive et remarquée en terre béninoise en 2026. Parallèlement, elle va contribuer à redynamiser la Convergence globale des luttes pour la terre et l’eau en Afrique de l’ouest.

    Claire Quenum, point focal du Réseau africain pour le droit à l’alimentation (RAPDA), dans son mot de bienvenue, a invité les participants à penser la terre et l’eau, convaincue que la consistance de la vie passe par-là.

    Dans la même optique Dosseh Sohey, le coordonnateur de l’association NOVOX et point focal de la CGLTE-Togo, a insisté sur la mobilisation des uns et des autres pour une redynamisation de la plateforme. “Il faut sortir de la léthargie pour mieux unir nos forces pour un maillage territorial de telle sorte que les messages passent un peu partout”, a-t-il insisté.

    La cérémonie d’ouverture a été suivie de la présentation du rapport de la caravane de 2023, organisée du 6 novembre au 1er décembre à travers le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Sénégal et la Gambie.

    Nous y reviendrons.

Radio Renouveau228

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