La décision de suspension prise par la Fédération togolaise de boxe contre plusieurs clubs jugés inactifs provoque de fortes contestations et relance les inquiétudes sur une possible crise interne dans la discipline.
La décision de la Fédération togolaise de boxe (FETOBOXE) de suspendre temporairement plusieurs clubs pour « non-participation aux activités fédérales » suscite déjà de vives réactions dans le milieu pugilistique togolais. Alors que l’instance dirigeante évoque une mesure d’assainissement et de restructuration, certains acteurs de la discipline dénoncent une décision jugée brutale et potentiellement porteuse de tensions internes.
Dans une note officielle datée du 7 mai 2026 et signée par le président de la fédération, Dr Kpakpo Adoté Mawussé, la FETOBOXE explique avoir constaté que certains clubs affiliés n’ont participé à aucune activité fédérale depuis au moins deux années consécutives. En conséquence, une suspension temporaire a été prononcée contre les structures concernées.
Selon le document, cette mesure vise notamment à « assainir le fichier des clubs affiliés », encourager une participation effective aux activités fédérales et renforcer la crédibilité de l’organisation. La fédération précise toutefois qu’elle reste ouverte à toute démarche de régularisation de la part des clubs suspendus.
Mais sur le terrain, cette décision est loin de faire l’unanimité. Plusieurs acteurs de la boxe togolaise s’interrogent sur l’opportunité d’une telle mesure dans un contexte où la discipline tente encore de retrouver un véritable souffle. Certains estiment que de nombreux clubs font face à des difficultés financières, à un manque d’accompagnement et à l’absence régulière de compétitions nationales, rendant difficile leur participation continue aux activités fédérales.
D’autres voix craignent surtout que cette affaire ne marque le début d’une crise au sein de la boxe togolaise. Dans les discussions entre entraîneurs, dirigeants de clubs et anciens boxeurs, une inquiétude revient avec insistance : la FETOBOXE risque-t-elle de s’enfoncer dans des querelles internes comme cela a déjà été observé dans d’autres fédérations sportives du pays ?
Pour plusieurs observateurs, la question dépasse la simple suspension administrative. Elle touche à la gouvernance du sport, au dialogue entre les dirigeants et les clubs affiliés, ainsi qu’à la capacité de la fédération à rassembler les différents acteurs autour d’un projet commun de relance de la boxe togolaise.
La discipline, autrefois très populaire et génératrice de talents au Togo, peine depuis plusieurs années à retrouver sa stabilité et son rayonnement. Les compétitions se font rares, les moyens manquent et plusieurs jeunes talents se retrouvent sans véritable encadrement structuré.
Dans ce contexte, certains appellent la fédération à privilégier la concertation plutôt que les sanctions. « Il faut écouter les clubs avant de prendre des décisions aussi lourdes », confie un acteur du milieu sportif, qui redoute une fracture durable au sein de la famille de la boxe.
Expulsée des États-Unis avec d’autres migrants ouest-africains, une Togolaise affirme avoir subi des conditions de détention éprouvantes au Ghana avant d’être renvoyée au Togo sans véritable procédure officielle.
Entre expulsions migratoires, accusations de détention arbitraire et tensions diplomatiques, le parcours de plusieurs ressortissants ouest-africains renvoyés des États-Unis soulève de vives interrogations sur le respect des droits humains.
Une nouvelle polémique secoue la gestion des migrants expulsés des États-Unis vers l’Afrique de l’Ouest. Au cœur de cette affaire, des ressortissants togolais et ouest-africains affirment avoir été transférés de force du Ghana vers leurs pays d’origine après leur expulsion du territoire américain. Parmi eux, une Togolaise aurait dénoncé des conditions de détention difficiles et un rapatriement imposé sans véritable procédure transparente.
Selon plusieurs médias internationaux, les autorités ghanéennes avaient accepté d’accueillir temporairement des migrants africains expulsés des États-Unis. Mais quelques jours après leur arrivée à Accra, certains d’entre eux auraient été conduits dans un centre sécurisé avant d’être renvoyés vers leurs pays respectifs, notamment le Togo.
Des avocats et organisations de défense des droits humains évoquent une possible violation des droits fondamentaux des personnes concernées. Ils dénoncent notamment l’absence d’assistance juridique suffisante, des restrictions de mouvement ainsi qu’un manque d’informations claires sur les décisions prises à leur encontre. Pour les défenseurs des migrants, cette situation met en lumière les zones d’ombre entourant les accords migratoires entre certains États africains et les autorités américaines.
Le gouvernement ghanéen, de son côté, assure avoir simplement facilité le retour des expulsés vers leurs pays d’origine conformément aux procédures administratives en vigueur. Aucune déclaration officielle détaillée n’a cependant été faite sur les accusations de transfert forcé.
Au Togo, cette affaire suscite déjà de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique. Plusieurs internautes s’interrogent sur les conditions d’accueil des ressortissants togolais expulsés de l’étranger et sur l’accompagnement psychologique, social et administratif qui leur est réservé à leur retour.
Au-delà du cas togolais, cette affaire relance le débat sur la gestion des flux migratoires et le traitement réservé aux migrants africains dans un contexte international de plus en plus marqué par le durcissement des politiques migratoires. Pour de nombreux observateurs, le respect de la dignité humaine doit rester au centre de toute politique d’expulsion ou de rapatriement.
Entre guerre asymétrique, menace terroriste grandissante et pression régionale, la visite de Faure Gnassingbé à Tchamonga révèle l’ampleur des défis sécuritaires auxquels le Togo est désormais confronté dans sa partie septentrionale.
Dans un contexte régional marqué par une montée persistante des menaces sécuritaires, le président du Conseil et chef suprême des armées, Faure Gnassingbé, s’est rendu le 7 mai dernier sur le front nord du Togo, précisément à Tchamonga, au cœur de la zone de l’opération Koundjoaré. Une visite hautement symbolique et stratégique qui traduit la gravité des défis sécuritaires auxquels le pays fait face dans la région des Savanes.
Officiellement, ce déplacement avait pour objectif de superviser les opérations militaires en cours, évaluer l’état de la sécurité et encourager les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) engagées contre les groupes armés terroristes. Mais au-delà du discours institutionnel, cette présence présidentielle sur le terrain ressemble davantage à une immersion dans une guerre devenue complexe, mouvante et particulièrement éprouvante pour les soldats togolais.
À Tchamonga, zone avancée située dans la bande frontalière est, les réalités du terrain sont loin des rapports administratifs. Les militaires engagés dans l’opération Koundjoaré font désormais face à une menace asymétrique difficile à contenir. Les groupes armés terroristes ont changé de stratégie : usage d’engins explosifs improvisés (IED), harcèlement nocturne, infiltration par le renseignement humain… L’ennemi ne tient plus une ligne de front identifiable. Il frappe, se disperse et exploite les failles d’un territoire vaste et difficile à contrôler.
En s’attardant au Poste de Commandement Opérationnel, Faure Gnassingbé a pu mesurer l’usure physique et psychologique des troupes. Dans cette guerre de l’ombre, les besoins des soldats dépassent largement les équipements lourds. Derrière les discours sur les capacités opérationnelles se cachent aussi des préoccupations liées au quotidien : logistique, conditions de vie, rotations, soutien matériel et moral.
Face aux soldats, le président du Conseil a promis une prise en compte progressive des besoins exprimés par les unités engagées. Il a également salué leur engagement dans la défense du territoire national. Le ministère de la Défense a indiqué qu’il a exhorté les militaires à faire preuve de vigilance, de détermination et d’un sens élevé du sacrifice afin de prévenir toute tentative de déstabilisation dans un environnement régional jugé préoccupant.
Cette visite intervient alors que la pression sécuritaire s’intensifie dans le nord du pays. Longtemps concentrée sur certains axes centraux, la menace semble désormais se déplacer vers la partie orientale des Savanes, à proximité du Bénin, lui aussi confronté à des attaques djihadistes récurrentes, et d’un Burkina Faso toujours en proie à une forte instabilité.
Le choix de Tchamonga n’est donc pas anodin. Il traduit un repositionnement stratégique des autorités togolaises face à l’évolution des risques sécuritaires dans la sous-région. En se rendant personnellement sur cette ligne avancée, Faure Gnassingbé a voulu envoyer un double message : rassurer les troupes sur le soutien de l’État et montrer à l’opinion que le pouvoir prend la pleine mesure de la menace.
Mais cette visite relance également les débats politiques autour de la gouvernance sécuritaire du pays. Pour certains observateurs, elle marque surtout l’entrée en scène du nouveau président du Conseil dans son rôle de chef de guerre, cherchant à consolider son autorité à travers un pacte symbolique avec l’armée dans une période de fortes incertitudes régionales.
Grâce au soutien de plusieurs acteurs de l’ombre, la délégation togolaise de taekwondo a brillé à la Marpro Team Cup 2026 au Ghana, transformant solidarité et engagement en une moisson de médailles.
La reconnaissance est souvent le moteur silencieux des grandes victoires. Après une participation remarquée à la Marpro Taekwondo Team Cup 2026 au Ghana, la délégation togolaise de taekwondo a tenu à rendre hommage à ceux qui, dans l’ombre, ont contribué aux performances des athlètes sur les tatamis.
À travers une affiche forte en symboles et en émotions, le coach Rahamane, connu sous le nom de « Super Ramane », a exprimé la gratitude de toute une équipe envers plusieurs personnalités dont le soutien moral, financier et technique a permis au Togo de décrocher des médailles lors de cette compétition internationale.
Parmi les personnes honorées figurent notamment Maître Febon, basé en France, Maître Agbezo Daniel, premier vice-président de la Fédération togolaise de taekwondo (FTTKD), ainsi que Maître Vossah Elom, secrétaire général de la fédération. Tous sont salués pour leur implication constante dans l’accompagnement des jeunes athlètes togolais.
Le message est clair : derrière chaque médaille, il existe des sacrifices, des conseils, des encouragements et des soutiens financiers souvent méconnus du grand public. En mettant ces acteurs à l’honneur, la délégation togolaise veut rappeler que le sport de haut niveau ne se construit jamais seul.
Organisée les 8 et 9 mai 2026 au Korean Sport Complex Community 3 de Tema, au Ghana, la Marpro Taekwondo Team Cup a réuni des combattants de différentes catégories, notamment cadets, juniors et seniors. Le tournoi a servi de véritable vitrine du talent ouest-africain dans cette discipline où le Togo cherche progressivement à se faire une place.
Au-delà des performances sportives, cette initiative de reconnaissance traduit aussi une volonté de renforcer l’esprit de famille autour du taekwondo togolais. « La famille, on n’oublie jamais ceux qui nous portent », peut-on lire sur l’affiche. Une phrase qui résume parfaitement l’état d’esprit de cette génération d’athlètes déterminés à porter haut les couleurs nationales.
Dans un contexte où les disciplines sportives manquent souvent de moyens et d’accompagnement, ce type de solidarité apparaît comme une nécessité pour maintenir l’espoir et encourager les talents émergents. Les responsables sportifs et mécènes qui acceptent de soutenir les équipes deviennent ainsi des piliers essentiels du développement du sport togolais.
Avec cette moisson de médailles au Ghana, le taekwondo togolais envoie un signal encourageant. Mais pour transformer ces succès ponctuels en performances durables, les acteurs du milieu savent qu’il faudra continuer à investir dans la formation, l’encadrement et le soutien des athlètes.
Une chose est certaine : au lendemain de la Marpro Team Cup 2026, le Togo n’a pas seulement célébré des podiums. Il a aussi célébré l’esprit d’unité et de reconnaissance qui fait grandir les grandes nations sportives.
Premier Malien à remporter le prestigieux Prix Marc-Vivien Foé, Mamadou Sangaré s’impose aujourd’hui comme le nouveau symbole de la réussite et du renouveau du football malien sur la scène européenne.
À seulement 23 ans, Mamadou Sangaré vient d’entrer dans l’histoire. Le milieu de terrain du RC Lens est devenu le premier joueur malien à remporter le prestigieux Prix Marc-Vivien Foé, une distinction décernée chaque année au meilleur footballeur africain évoluant en Ligue 1 française.
Mais derrière cette consécration se cache un parcours atypique, fait de patience, d’exil et de persévérance.
Né à Bamako le 26 juin 2002, Sangaré grandit dans un environnement où le football représente bien plus qu’un jeu : une porte de sortie, un rêve collectif. Formé au Yeelen Olympique, l’un des clubs réputés du Mali pour la détection des jeunes talents, il se distingue très tôt par sa qualité technique, sa vision du jeu et surtout son élégance balle au pied. Gaucher naturel, il possède cette faculté rare de ralentir ou d’accélérer le rythme d’un match avec une étonnante maturité.
En 2020, alors qu’il n’a pas encore 18 ans, il quitte le Mali pour rejoindre le puissant système du Red Bull Salzbourg. Un départ précoce qui symbolise à la fois l’ambition et la difficulté pour les jeunes talents africains de s’imposer au plus haut niveau. En Autriche, puis en Belgique, Sangaré enchaîne les prêts, découvre la rigueur tactique européenne et forge son caractère loin des projecteurs.
Le déclic survient lors de son passage au TSV Hartberg, où son activité au milieu de terrain impressionne. Son profil de milieu « box-to-box », capable de récupérer des ballons tout en se projetant vers l’avant, attire rapidement l’attention des recruteurs. Après une étape réussie au Rapid Vienne, il rejoint Lens en 2025.
Dans le Nord de la France, Mamadou Sangaré change de dimension. Sous les couleurs sang et or, il devient l’un des hommes forts du milieu lensois. Sa capacité à casser les lignes, son intelligence tactique et sa sérénité dans les grands rendez-vous séduisent les supporters. En quelques mois, il s’impose comme l’un des meilleurs milieux africains du championnat français.
Son sacre au Prix Marc-Vivien Foé dépasse largement le cadre individuel. Ce trophée, créé par RFI et France 24, récompense depuis 2009 les meilleurs joueurs africains de Ligue 1. Voir un Malien inscrire enfin son nom au palmarès constitue une immense fierté nationale.
Au Mali, Mamadou Sangaré représente désormais bien plus qu’un simple footballeur. Il incarne une génération ambitieuse, talentueuse et décomplexée. Son ascension nourrit l’espoir des milliers de jeunes qui rêvent, eux aussi, de suivre le même chemin depuis les terrains poussiéreux de Bamako jusqu’aux stades européens.
Discret hors du terrain, peu attiré par les polémiques ou les réseaux sociaux, Sangaré préfère laisser parler son football. Cette sobriété renforce encore davantage son image. Dans un monde du football souvent dominé par le spectacle et les excès, le Malien impose une autre manière d’exister : le travail, la discipline et l’efficacité.
Le premier Malien sacré au Prix Marc-Vivien Foé n’est peut-être qu’au début de son histoire. Mais une chose est déjà certaine : Mamadou Sangaré n’est plus seulement une promesse. Il est devenu un symbole du renouveau du football malien.
La Constitution togolaise ne serait pas réellement parlementaire, mais organiserait la concentration du pouvoir autour d’un chef unique, au sein d’une continuité dynastique.
La nouvelle Constitution du Togo, promulguée en mai 2024, est entrée en vigueur en mai 2025 avec la Vè République. Présentée comme un tournant institutionnel, elle prétend instaurer un régime parlementaire. Mais un an plus tard, les discours fissurent le vernis.
En mai 2025, Mme Essossimna Marguerite Gnakadé, ancienne ministre des Armées, appelle publiquement à un nouveau départ sans Faure Gnassingbé. Une rupture assumée. Un désaveu sans ambiguïté.
En mai 2026, Christian Eninam Trimua, juriste et ancien pilier du régime, publie une analyse académique troublante : la Constitution togolaise ne serait pas réellement parlementaire, mais organiserait la concentration du pouvoir autour d’un chef unique, au sein d’une continuité dynastique. Les contre-pouvoirs ? Encadrés, limités, neutralisés.
Coïncidence des dates ? Peut-être. Mais convergence des diagnostics, certainement.
Deux voix issues du système. L’une rompt ouvertement. L’autre démonte méthodiquement et conceptuellement les fondements du pouvoir du régime.
Faut-il y voir les signes répétés d’une fissure interne ? Une prise de conscience progressive ?
Quand ceux qui ont servi commencent à dire – ou à écrire – ce que beaucoup dénoncent, une question s’impose : le système peut-il encore se maintenir sans se révéler lui-même ?
L’histoire, parfois, commence par des aveux différés.
Sous un soleil écrasant à Akassimé, l’opposition togolaise a retrouvé une foule, une voix et surtout l’espoir de relancer la bataille contre la 5e République.
L’opposition togolaise a réussi son premier grand test de remobilisation. Réunis au sein du Cadre national de concertation pour le changement au Togo (CNCC), partis politiques et organisations de la société civile ont mobilisé une foule importante ce samedi 9 mai 2026 à Akassimé, à Lomé. Une démonstration de force qui redonne du souffle à une opposition que beaucoup disaient affaiblie depuis l’instauration de la 5e République.
Dans une ambiance marquée par des chants, des slogans et des appels au changement, les responsables du CNCC ont salué une mobilisation au-delà de leurs attentes. Pour eux, ce meeting populaire marque le retour d’une contestation citoyenne autour des questions de démocratie, de gouvernance et de libertés publiques au Togo.
Premier porte-parole du Front citoyen Togo debout (FCTD), David Dosseh n’a pas mâché ses mots. Selon lui, la 5e République représente une volonté de « monarchisation du pouvoir » destinée à perpétuer une même dynastie à la tête du pays. Il a dénoncé un système caractérisé, selon ses propos, par la corruption, la dégradation des services sociaux et l’absence de perspectives pour les populations.
Mais au-delà des discours contre le régime, c’est surtout l’ampleur de la mobilisation qui semble avoir surpris les organisateurs eux-mêmes. « Nous n’espérions pas autant de monde », a reconnu le professeur Dosseh, allant jusqu’à présenter des excuses aux nombreuses femmes présentes pour le manque d’abris contre le soleil, les organisateurs ayant anticipé une affluence plus faible.
Pour plusieurs observateurs, cette sortie du CNCC vient casser l’idée selon laquelle l’opposition togolaise serait totalement désorganisée ou incapable de mobiliser les citoyens. À Akassimé, les leaders ont voulu montrer que la contestation reste vivante et que le débat autour de la gouvernance du pays demeure profondément ancré dans une partie de l’opinion.
Parmi les figures présentes figurait également Zeus Ajavon, dont la participation a été saluée par les militants. Les interventions ont porté sur plusieurs sujets d’actualité : détournements de deniers publics, nomination de militaires à des postes de préfets, difficultés sociales de la jeunesse, ainsi que les polémiques autour de la nouvelle Constitution.
Cependant, le moment le plus marquant de ce rassemblement aura sans doute été le ton d’autocritique adopté par les différents responsables de l’opposition. Les leaders ont insisté sur la nécessité de mettre fin aux querelles internes qui ont longtemps fragilisé leur camp. Komi Wolou a ainsi appelé les opposants à éviter les attaques entre eux, estimant que ces divisions profitent davantage au pouvoir en place.
Même tonalité chez Dodji Apevon, qui a exhorté les Togolais à rester unis et à accompagner leur engagement politique par la prière, convaincu que le combat pour l’alternance est aussi spirituel.
Avec cette première démonstration de force à Akassimé, le CNCC semble avoir réussi à redonner confiance à une partie de l’opposition togolaise et à relancer le débat politique autour de la gouvernance du pays.
À Lomé, l’Association chrétienne pour la gestion des églises (ACGE) a réuni des leaders religieux autour des enjeux cruciaux de communication, d’organisation et de qualité des cultes afin de renforcer l’efficacité des communautés chrétiennes.
À l’heure où de nombreuses communautés religieuses sont confrontées à des défis d’organisation, de communication et de gouvernance, la qualité de l’animation des cultes et des réunions devient un enjeu majeur. C’est dans cette dynamique que l’Association chrétienne pour la gestion des églises (ACGE), dirigée par Emmanuel Kodjo Attigan, a organisé ce samedi 9 mai 2026 à Lomé une session de formation à l’endroit des leaders religieux, responsables de département et membres du diaconat.
Cette rencontre d’une journée, axée sur le thème de la conduite des débats constructifs au sein des comités d’église et de l’animation efficace des programmes religieux, a réuni plusieurs acteurs ecclésiastiques désireux de renforcer leurs compétences en communication et en gestion communautaire.
Au-delà d’une simple formation théorique, l’initiative de l’ACGE répond à des préoccupations réelles qui touchent aujourd’hui de nombreuses assemblées chrétiennes : difficultés dans la prise de parole en public, tensions lors des réunions de comité, mauvaise préparation des cultes ou encore manque de dynamisme dans l’animation des programmes spirituels.
Pour les organisateurs, il devient indispensable que les responsables religieux soient mieux formés afin de conduire leurs missions avec plus de professionnalisme, de sérénité et d’impact. « Une église bien organisée est une église qui communique bien », résument plusieurs participants convaincus de la nécessité d’améliorer les pratiques internes.
Durant les travaux, les participants ont été entretenus sur plusieurs modules pratiques. Il s’est agi notamment d’apprendre comment animer un culte de qualité, conduire un groupe de manière harmonieuse, préparer efficacement une célébration religieuse ou encore maîtriser les techniques de prise de parole en public pour captiver son auditoire.
Dans de nombreuses églises, les réunions de comité sont souvent marquées par des incompréhensions, des débats stériles ou des conflits liés à la mauvaise gestion des échanges. En mettant l’accent sur les débats constructifs, l’ACGE souhaite promouvoir une culture du dialogue, de l’écoute et du respect mutuel au sein des communautés chrétiennes.
L’autre problématique soulevée concerne la qualité même des cultes et des programmes religieux. Avec l’évolution des moyens de communication et l’exigence croissante des fidèles, les responsables religieux sont appelés à proposer des célébrations mieux préparées, plus structurées et plus engageantes. La capacité à transmettre un message clair, à maintenir l’attention de l’assemblée et à gérer le déroulement d’un programme devient ainsi un véritable atout pastoral.
Pour plusieurs observateurs, cette initiative arrive à point nommé dans un contexte où les églises jouent un rôle social important dans l’encadrement moral et spirituel des populations. Former les leaders religieux revient aussi à renforcer leur capacité à gérer les relations humaines, prévenir les tensions et maintenir la cohésion au sein des communautés.
À travers cette session, l’Association chrétienne pour la gestion des églises confirme sa volonté d’accompagner les responsables ecclésiastiques dans l’amélioration de leurs méthodes de gestion et de communication. Une démarche qui pourrait contribuer, à terme, à rendre les communautés religieuses plus organisées, plus apaisées et davantage tournées vers l’efficacité dans leur mission spirituelle et sociale.
À travers le championnat national « Génie Imhotep », AIMES-AFRIQUE réussit à unir artistes, humoristes et créateurs de contenus autour d’un même combat : faire de l’éducation à la santé un puissant levier d’encadrement et de sensibilisation de la jeunesse togolaise.
L’ONG AIMES-AFRIQUE poursuit son offensive en faveur de l’éducation à la santé chez les jeunes Togolais. À travers la première édition du championnat national du jeu de culture générale en santé « Génie Imhotep », l’organisation a réussi à mobiliser plusieurs figures du monde culturel togolais autour d’un objectif commun : faire de la santé publique un sujet accessible, attractif et populaire auprès de la jeunesse.
Le jeudi 7 mai 2026 à Lomé, artistes, humoristes, musiciens et créateurs de contenus ont participé à un match d’exhibition organisé par les clubs santé SOS Docteur TV. Une rencontre qui se voulait à la fois pédagogique, ludique et stratégique dans la campagne de sensibilisation portée par AIMES-AFRIQUE dans les établissements scolaires du pays.
L’initiative s’inscrit dans un vaste programme d’excellence et d’émulation scolaire développé par l’ONG en partenariat avec plusieurs institutions publiques, notamment les ministères chargés de l’Éducation nationale, de la Santé et des Solidarités. À travers ce projet, AIMES-AFRIQUE entend rapprocher davantage le secteur culturel des enjeux de santé publique et renforcer les actions de prévention auprès des jeunes.
Dans une ambiance conviviale, les invités ont découvert le fonctionnement du jeu « Génie Imhotep », un concept entièrement conçu au Togo pour renforcer les connaissances des élèves sur les questions sanitaires. Le principe repose sur des compétitions de culture générale orientées vers les thèmes liés à la santé, au civisme, au bien-être et au développement personnel.
Pour les organisateurs, le jeu représente bien plus qu’une simple compétition intellectuelle. Il s’agit d’un outil éducatif destiné à inculquer aux jeunes des réflexes utiles pour leur quotidien, tout en développant leur esprit critique et leur capacité d’expression.
Au cours de cette immersion, les acteurs culturels ont eux-mêmes pris part à des compétitions inspirées du format proposé aux élèves. Répartis en équipes, ils se sont affrontés dans une série de questions portant sur la santé publique et les connaissances générales.
Après les phases éliminatoires, l’équipe « Musique Togo » s’est imposée face à « Comédie 288 » avec un score de 160 points contre 140. La grande finale a ensuite opposé « Musique Togo » à « Comédie Plus ». Une rencontre remportée par les humoristes de « Comédie Plus » sur le score de 170 à 100, sous les applaudissements du public présent.
Au-delà de la compétition, les participants ont surtout salué une initiative qu’ils considèrent comme utile pour la jeunesse togolaise. Plusieurs artistes ont estimé que ce programme permet de détourner les jeunes de certaines distractions nocives tout en leur offrant un cadre d’apprentissage moderne et interactif.
L’artiste togolais Yaknour Yvers a notamment insisté sur l’importance d’une telle approche éducative. Selon lui, le projet permet aux jeunes de comprendre que la santé ne se limite pas uniquement aux maladies ou aux soins médicaux, mais englobe aussi le bien-être, l’alimentation, l’hygiène et les comportements quotidiens.
De son côté, le comédien Iréré a mis en avant le caractère fédérateur de l’initiative. Il estime que ce genre de programme peut contribuer à mieux encadrer la jeunesse togolaise en l’orientant vers des activités constructives, éducatives et citoyennes.
Pour les responsables de AIMES-AFRIQUE, cette adhésion du monde culturel constitue un levier important dans la stratégie de sensibilisation. Les artistes et créateurs de contenus disposent en effet d’une forte influence auprès des jeunes, notamment à travers les réseaux sociaux et les plateformes numériques.
Le président fondateur de AIMES-AFRIQUE et CEO de SOS Docteur TV, Serge Michel Kodom, explique que cette initiative s’intègre dans un programme structuré déjà déployé dans plusieurs établissements secondaires et universitaires du Togo.
Selon lui, les clubs santé reposent sur sept axes stratégiques destinés à promouvoir l’éducation sanitaire, le leadership et l’expression des talents chez les jeunes. Parmi ces axes figure justement le jeu « Génie Imhotep », considéré comme l’un des principaux outils pédagogiques du dispositif.
Après environ six mois d’activités dans les établissements scolaires, l’ONG a décidé de franchir une nouvelle étape avec l’organisation du championnat national. Cette phase servira de transition avant les compétitions régionales puis la grande finale nationale.
Pour le Dr Kodom, l’implication des artistes répond également à une logique pédagogique bien précise. Le quatrième axe du programme, consacré à la production artistique et médiatique, vise justement à encourager les jeunes à utiliser l’art, la communication et les médias comme instruments de sensibilisation.
Dans cette dynamique, les créateurs de contenus, humoristes et musiciens sont appelés à devenir de véritables relais des messages de prévention auprès de la jeunesse togolaise. Leur rôle consistera notamment à vulgariser les bonnes pratiques sanitaires et les valeurs citoyennes à travers leurs productions artistiques et leurs différentes plateformes de communication.
À travers cette stratégie, AIMES-AFRIQUE veut renforcer la synergie entre éducation, santé et culture afin de faire de l’école un espace de prévention, d’apprentissage et de valorisation des talents.
L’organisation rappelle d’ailleurs qu’en l’espace de deux ans, plus de 2 500 clubs santé ont été mis en place dans les établissements scolaires à travers le pays. Ces structures mobilisent aujourd’hui des milliers d’élèves autour des questions liées à la santé publique, au civisme, aux valeurs sociales et au développement personnel.
Avec « Génie Imhotep », AIMES-AFRIQUE semble désormais vouloir franchir un nouveau cap : transformer l’apprentissage de la santé en une véritable dynamique populaire capable de mobiliser aussi bien les élèves que les figures influentes du monde culturel togolais.
Dans une décision qui marque un tournant politique, le gouvernement togolais donne son feu vert au meeting de l’opposition prévu le 9 mai à Akassimé et charge les autorités locales d’en assurer la bonne tenue.
Après plusieurs semaines de tensions autour des libertés publiques et des activités politiques au Togo, les partis de l’opposition viennent d’obtenir une autorisation officielle pour organiser leur manifestation à Lomé. Dans une note adressée au préfet du Golfe, le ministre de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, Awaté Hodabalo, donne son feu vert à la tenue d’un meeting politique prévu le samedi 9 mai 2026 à Akassimé, dans la commune du Golfe 4.
Le document officiel, daté du 7 mai 2026 et signé par le ministre, précise que plusieurs formations politiques de l’opposition sont à l’initiative de cette rencontre d’échanges avec leurs militants sur la situation sociopolitique du pays. Il s’agit notamment de l’Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI), de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), des Forces Démocratiques pour la République (FDR) et du Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR).
Dans cette correspondance administrative adressée au préfet du Golfe, le ministre ne se contente pas de notifier l’existence du meeting. Il demande explicitement aux autorités préfectorales de « prendre toutes les dispositions » nécessaires pour le bon déroulement de la manifestation. Une formulation qui est interprétée par plusieurs observateurs comme une reconnaissance officielle et sans ambiguïté de cette mobilisation politique.
Cette décision apparaît comme un signal important dans un contexte où plusieurs activités politiques ou citoyennes ont récemment fait l’objet de restrictions, de reports ou de controverses. L’autorisation accordée à cette manifestation pourrait ainsi contribuer à décrisper l’atmosphère politique, alors que les débats autour des libertés de réunion et d’expression restent très sensibles au Togo.
Selon la note ministérielle, le meeting se tiendra à partir de 14 heures sur le terrain d’Akassimé. Trois responsables politiques ont été désignés comme organisateurs principaux de la rencontre. Il s’agit de Kohan Kidékijimè Binafame des FDR, de Francis Pedro de l’ANC et d’Eklou Agbegninou du PSR. Le document mentionne également leurs contacts téléphoniques afin de faciliter la coordination avec les autorités administratives et sécuritaires.
La démarche du ministère peut aussi être perçue comme une volonté d’encadrer légalement l’activité politique, tout en évitant d’éventuels débordements. En demandant au préfet de veiller à la bonne tenue du rassemblement, le gouvernement semble vouloir privilégier une approche de gestion concertée de cette mobilisation.
Du côté de l’opposition, cette autorisation est susceptible de renforcer la détermination des militants et sympathisants qui voient dans cette décision une ouverture politique attendue. Le meeting du 9 mai s’annonce ainsi comme un rendez-vous politique majeur, à quelques jours seulement de sa tenue, dans une capitale où chaque mobilisation de l’opposition est particulièrement scrutée.