Auteur/autrice : La Rédaction

  • Au Togo, la radio privée Victoire FM n’émet plus

    Au Togo, la radio privée Victoire FM n’émet plus

    Victoire FM, l’une des radios privées de Lomé la plus écoutée, a suspendu provisoirement ses programmes “en raison d’une panne technique imprévue”, indique sa direction dans un communiqué.

    Communiqué

    Chers auditeurs(trices) et partenaires,

    Nous vous informons que nos programmes sont temporairement suspendus en raison d’une panne technique imprévue. Nos équipes travaillent activement pour résoudre ce problème et rétablir nos émissions dans les plus brefs délais. Nous vous remercions de votre compréhension et de votre fidélité.

    Nous vous tiendrons informés de l’évolution de la situation.

    La Direction

  • L’Amérique découverte par un Mandingue ou le souverainisme selon Robert Dussey

    L’Amérique découverte par un Mandingue ou le souverainisme selon Robert Dussey

    En affirmant, à Cuba, qu’un Africain a été « le premier à mettre pied sur le continent américain », le chef de la diplomatie togolaise a souhaité apporter sa pierre à l’édifice souverainiste panafricain. Il a aussi participé à la dévalorisation des primo-habitants de l’Amérique, arrivés des dizaines de milliers d’années avant les explorateurs, quels qu’ils soient.

    Dans le bras de fer entre les néosouverainistes sahéliens et leurs voisins de la CEDEAO taxés d’« occidentalisme », le Togo faisait figure de régime idéologiquement malléable, capable de parler avec chaque camp. C’est ainsi que le président du Togo avait accepté, en mai 2022, d’être le médiateur dans la crise entre le Sahel et l’institution ouest-africaine. Par son ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et des Togolais de l’extérieur, Lomé affiche aujourd’hui des positions qui font écho aux propos révolutionnaires des juntes africaines.

    Invité à la conférence internationale « Cuba 2024 » qui marquait la fin de la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine, Robert Dussey a déposé une gerbe au pied d’un monument érigé en mémoire du fondateur du parti révolutionnaire cubain. Il a par ailleurs évoqué publiquement une « histoire du monde falsifiée » par le biais de « mensonges érigés en vérités ». « Ce n’est pas Christophe Colomb qui a découvert l’Amérique », a-t-il lancé à La Havane, à grand renfort de « Non ! Non ! Non ! » textuellement retranscrits sur le réseau X.

    Une incongruité à la place d’une autre

    À la tribune cubaine puis sur le réseau d’Elon Musk, Robert Dussey affirme que « le premier Homme à fouler le nouveau monde appelé Amérique s’appelle Aboubakar 2, le digne roi mandingue de l’Empire du Mali ». Cette version de l’Histoire que le Togolais tente d’imposer, au titre du respect dû à l’Afrique, constitue un autre manque de respect – le même que celui de la légende « Colomb » –, cette fois à l’égard des Amérindiens.

    Que ça soit Aboubakri II ou Christophe Colomb qui ait foulé, au 14e ou au 15e siècle, le sol « américain » sans invitation, ces terres étaient loin d’être inhabitées et donc loin d’être « découvertes », d’un point de vue de l’espèce humaine, ni par le Mandingue ni par le Génois. Si découverte du « nouveau monde » il y a eu, ce serait, selon les paléoanthropologues toujours en recherche, via la Béringie. C’est par ce pont de terre qui existait il y a 40 000 et jusqu’à il y a 11 000 ans avant notre ère, entre l’Amérique du Nord et la Sibérie, que seraient arrivés les ancêtres de ceux que les « découvreurs » autocentrés qualifieront plus tard d’« indigènes », avant de les massacrer.

    Surnommé l’« empereur explorateur », Aboubakri II aurait bien embarqué vers l’ouest pour aller voir « ce qu’il y avait de l’autre côté de la grande mare » atlantique. S’il ne serait jamais revenu de cette expédition, certains aiment affirmer qu’il aurait effectivement débarqué en Amérique et que des descendants d’Africains auraient même été aperçus par certains des premiers Européens parvenus sur le continent. La thèse reste controversée, au regard du niveau de technologie qu’on attribue aux Africains de l’époque.

    La grand-messe cubaine avait pour vocation de galvaniser les peuples africains et le chef de la diplomatie togolaise l’a bien compris. Il a exigé – en s’autoproclamant « courageux » – que soit reconnu comme un génocide, par les Nations unies, l’épisode historique de l’esclavage. Celui-ci est heureusement bien plus documenté que celui des premières visites impromptues aux Amérindiens.

    Source : jeuneafrique.com

  • Le Lycée scientifique de Lomé entre « envahisseurs » et émulation

    Le Lycée scientifique de Lomé entre « envahisseurs » et émulation

    Inauguré bientôt une décennie, le lycée scientifique de Lomé, un don de la Chine, fait face aujourd’hui à une énorme préoccupation.

    Bientôt dix ans, le Chef de l’État togolais, Faure Gnassingbé inaugurait officiellement en présence de membre de son gouvernement, des autorités chinoises, les personnalités politiques et administratives acteurs pédagogiques ainsi que les élèves le lycée scientifique de Lomé.

    Un complexe scolaire, don de la Chine, dont l’objectif est de former les futurs cadres scientifiques du pays.

    Les « envahisseurs »

    Quelques années plus tard, ce joyau qui fait preuve d’admiration au regard des résultats produits par ses élèves et aussi grâce à un corps enseignant doué à la tâche, est confronté à d’énormes difficultés liées à ce que certains se permettent d’appeler aujourd’hui « des envahisseurs ». Ces derniers, disent-ils, mettent en péril la qualité du travail qui est fait dans ce premier lycée scientifique du Togo. Et face à la recrudescence de la situation, ses pensionnaires ne savent plus à quel saint se vouer.

    Le Collège de Paris Supérieur Togo, l’École Polytechnique de Lomé (EPL) qui était entre temps logée dans l’enceinte de l’Université de Lomé, les services de l’Office Togolais des Recettes (OTR) et ceux du CADASTRE seraient les fameux « envahisseurs ».

    Le partage de ce complexe avec  d’autres institutions troublerait la tranquillité des études de ces apprenants scientifiques sur qui le Chef de l’État compte pour le futur du Togo mais contribue dangereux à dévier l’objectif poursuivi et le pourquoi les élèves sont logés (internés) loin de leurs parents. Pour le commun des mortels, tout se passe bien au sein de cette école alors qu’en réalité, les choses se dégradent le jour le jour.

    Ce n’est pas la qualité de l’enseignement qui est pointé du doigt, ni les élèves qui rechignent de s’appliquer mais les pratiques et le comportement de ceux qui partagent le local avec eux qui méritent d’être dénoncés et portés à la connaissance des décideurs et les premières autorités du pays dont notamment le Chef de l’Etat, Faure Gnassingbé en premier.

    Trouble

    A un mois  de la rentrée académique 2024-2025 des étudiants du Collège de Paris Supérieur Togo et ceux de l’Ecole Polytechnique de Lomé, il est difficile d’admettre que les comportements et les pratiques des étudiants au sein de ce complexe scolaire hors norme  soient passés sous silence. Au grand dam des élèves dont la plupart sont des mineurs.

    En effet, aux heures de cours des  lycéens, certains étudiants se permettent de faire ce qu’ils veulent dans la cours de l’école troublant ainsi la bonne marche de l’enseignement. On peut s’embrasser quand on estime qu’on est majeur mais pas dans une école encore moins devant les responsables et les apprenants mineurs. Les habillements et les coupes de cheveux de certains étudiants laissent à désirer. L’extravagance à outrance amène parfois à s’interroger sur ce que ces étudiants cherchent dans un tel Collège de Paris.

    Collège de Paris Supérieur Togo, une Université privée ?

    Et bien dans nos investigations, il apparaît clairement que le Collège de Paris Supérieur est une Université privée qui se trouve dans de nombreux pays, sur tous les continents.

    Beaucoup s’étonnent que le Collège de Paris Togo qui propose des formations intra-bac et du post-bac +5 aussi bien dans les domaines du management, appliqué au commerce, au marketing ou la gestion, que dans les domaines de l’informatique, appliquée au développement Web, à l’intelligence artificielle, au cyber sécurité et à l’administration de réseau n’ait pas son propre local.

    Les problèmes que posent les étudiants du Collège de Paris Supérieur Togo aux élèves du lycée scientifique de Lomé sont réels et il revient aux décideurs de  mesurer leur portée et de siffler la fin de la récréation. Il n’y a pas de raison de partager le complexe scientifique avec d’autres structures ceux dont les comportements et attitudes laissent à désirer.

    On sait ce que sait qu’une université privée qui accueille tout le monde. Bon nombres des étudiants qui partagent le lycée scientifique avec les élèves ne sont pas autochtones. Ils ne maîtrisent pas nos valeurs et nos réalités togolaises. Cette pratique peut enseigner quoi aux élèves mineurs ?

    Il est dit que depuis sa création en 2011 par Olivier et Nicolas de Lagarde, le Collège de Paris s’engage à rendre l’excellence d’écoles et d’organismes de formation, le campus Collège de Paris dans les pays où il est présent, il a son propre local, son immeuble à lui. Pourquoi pas au Togo ? Qui sont ceux qui, tapis dans l’ombre, voudraient saboter, involontairement, la politique éducative du Chef de l’État, Faure Gnassingbé ?

    Une si grande Université ne peut-elle pas avoir une enceinte propre à elle ? Pourquoi venir prendre en otage le lycée scientifique où le constat est établi que depuis plus de deux ans, elle est devenue le maître des lieux ?.

    Les élèves et le corps enseignant du lycée scientifique sont impuissants devant une telle situation.

    Ce sont des étudiants du Collège de Paris Supérieur Togo qui sont soupçonnés d’avoir endommagé les chaises, les tables etc. Pour les outils didactiques d’informatique, bon nombre d’unités centrales, des claviers sont devenues inutilisables aujourd’hui.

    Etonnement, c’est un groupe électrogène que les responsables de ce Collège de Paris Supérieur Togo font placer juste derrière une salle de lycéens pouvant leur permettre de poursuivre ses cours en cas de coupure du courant électrique. Dès qu’il est mis en marche,  il perturbe les cours des lycéens. .

    L’Office Togolais des Recettes (OTR), lui, a les moyens pour construire un complexe ou un local pour son service logé dans l’enseigne du lycée scientifique de Lomé où à longueur de journée les gens font des allers-retours troublant les cours aux élèves.

    Pourquoi loger un service de bornage du CADASTRE au sein d’un établissement scolaire ?

    Si depuis sa création le nombre d’entrée des élèves au lycée scientifique n’augmente pas, à c’est à cause de ce que beaucoup de nos lecteurs pourraient facilement imaginer.

    Surplus

    Depuis sa création, le lycée scientifique de Lomé dispose de 45 places dont 15 pour les filles et 30 pour les garçons. Et il demeure les mêmes cette année académique 2024-2025.  A Kara, il compte 55 places dont 26 pour les filles et 29 places pour les garçons.

    Pour y accéder, il faut pour le candidat ou la candidate âgé (e) de 17 ans à la date du concours remplir plusieurs critères. Et avoir obtenu le Brevet d’Etude du Premier Cycle (BEPC), de la session écoulée avec une moyenne d’au moins 16/20.

    Signalons que ce premier lycée scientifique du Togo a été inauguré le dimanche 25 octobre 2015 à Lomé par le Chef de l’Etat, Faure Gnassingbé en présence à l’époque de tout le gouvernement.

    A l’époque, ils sont 140 élèves dont 46 filles, sélectionnés d’abord sur étude de dossier avant d’être soumis aux épreuves écrites des matières linguistiques notamment le français et l’anglais, les mathématiques et les sciences physiques.

    La particularité de ce lycée scientifique est que les élèves retenus après le concours sont internés et ils suivent les cours de la série C4 qui a pour but de les former à la pratique des sciences. Ils sont formés donc depuis sa création pour affronter les filières scientifiques et d’ingénieries sans difficultés, grâce à la compétence du corps enseignant. Les résultats des différents examens de chaque année le démontrent.

    Lors de sa cérémonie inaugurale, Faure Gnassingbé a salué le talent des jeunes élèves pensionnaires à qui, a-t-il dit, qu’ils méritent d’être encouragés. Son objectif à terme est de construire un lycée scientifique dans chaque chef-lieu de préfecture.

    Le complexe du lycée scientifique de Lomé est un don de la Chine qui a déboursé 6,368 milliards de francs CFA pour sa construction, dans un intervalle de 20 mois. Il compte 47 salles dont 25 pour les laboratoires, deux amphithéâtres de 120 et 300 places en plus de deux bibliothèques. Le tout est alimenté par l’énergie solaire.

    Le lycée scientifique de Lomé demeure un atout, il n’y a pas de raison que d’autres institutions viennent saboter les efforts faits déjà par sa réussite.

    Toutes les tentatives pour joindre les institutions dites “envahisseurs” pour avoir leurs versions des faits ont été vaines.

    Nous y reviendrons !

    Edem Dodji

  • Togo-Pour les sénatoriales, les CELI restent en place

    Togo-Pour les sénatoriales, les CELI restent en place

    La Commission électorale nationale indépendante (CENI) reconduit des membres des Commissions électorales locales indépendantes (CELI) en prélude au scrutin sénatorial du début 2025.

    Les élections sénatoriales se tiendront (pour la première fois au Togo) le 2 février 2025. Ce scrutin est contesté par une partie de l’opposition.

    La CENI, elle, vient de reconduire des membres de la CELI pour sa tenue.

  • Togo-Robert Dussey a effectué une visite historique à Cuba

    Togo-Robert Dussey a effectué une visite historique à Cuba

    Le Prof. Robert Dussey, le ministre des Affaires étrangères du Togo, a effectué une visite historique à La Havane sur invitation de son homologue cubain, Bruno Rodriguez Parrilla, ces 8 et 9 décembre 2024.

    Points forts de cette mission diplomatique :

    • Participation à la Conférence sur la Décennie Internationale des Peuples d’Ascendance Africaine

    • Audience avec le Vice-président cubain S.E.M. Salvador Valdés Mesa

    • Entretiens bilatéraux fructueux sur le renforcement de la coopération Togo-Cuba dans les domaines de la santé, l’éducation, l’agriculture et le tourisme

    • Échanges enrichissants avec le Ministre de la Culture cubain sur la préparation du 9e Congrès panafricain prévu à Lomé en 2025

    • Moment solennel de recueillement au monument de José Marti, héros national cubain

    Cette visite témoigne de l’excellence des relations d’amitié et de coopération entre le Togo et Cuba , deux nations unies dans leur engagement pour un monde plus juste et équitable.

    Prof Robert Dussey

  • L’Ivoirien Joël Hounsinou nommé DG de Camrail, le transporteur ferroviaire camerounais

    L’Ivoirien Joël Hounsinou nommé DG de Camrail, le transporteur ferroviaire camerounais

    Le transporteur ferroviaire camerounais a un nouveau patron. Il est ivoirien et s’appelle Joël Hounsinou. Il a fait ses preuves dans son pays avant d’être catapulté dans ses nouvelles responsabilités hors des frontières de la Côte d’Ivoire.

    Diplômé de l’École supérieure de commerce d’Abidjan (ESCA) et de l’Institut national polytechnique Houphouët Boigny de Yamoussoukro, le nouveau DG de Camrail était jusqu’à sa nomination le DG d’AGL Côte d’Ivoire.

    Joël Hounsinou cumule 29 ans d’expérience dans le transport et la logistique.

    Celui qui se définit lui-même comme un homme humble et patient mettra désormais l’expérience acquise au sein de cette entreprise ivoirienne au profit du transporteur ferroviaire camerounais, engagé depuis quelques années dans un ambitieux programme d’investissements.

    Avec l’Agence Ecofin

  • Togo: des précisions sur la composition du futur Sénat

    Togo: des précisions sur la composition du futur Sénat

    Au Togo, des précisions sur la composition du futur Sénat qui va être mis en place pour la première fois de l’histoire du pays. Le scrutin, au suffrage universel indirect, se tiendra le 2 février 2025. Plusieurs textes publiés au journal officiel donnent plus de détails sur cette nouvelle institution. La mise en place du Sénat est l’une des dernières étapes du passage effectif à la Ve République, après la promulgation d’une nouvelle constitution en mai 2024.

    Le Sénat tiendra deux sessions ordinaires de trois mois chacune par an : en avril et en octobre. Il comptera 61 membres. 41 élus au suffrage universel indirect pour six ans par de grands électeurs : les conseillers régionaux et locaux. Les 20 autres sont désignés par le président Faure Gnassingbé.

    Les sénatoriales se déroulent dans 39 circonscriptions électorales. Les candidats doivent être âgés de 35 ans révolus, jouir de leurs droits civils et politiques, et résider au Togo depuis au moins six mois.

    Concertations de l’opposition

    L’opposition présentera-t-elle des candidats ? Plusieurs partis se concertent actuellement. Après avoir dénoncé les résultats des législatives de cette année qui ont vu le parti au pouvoir UNIR remporter 108 sièges de députés sur 113 selon les résultats officiels, le parti FDR de Paul Apevon se demande pourquoi participer à un nouveau scrutin sans garantie de transparence.  L’ANC et la DMP soulignent aussi qu’UNIR contrôle plus de 90% des grands électeurs qui choisiront les sénateurs le 2 février.

    Le front Touche pas à ma constitution, opposé au changement constitutionnel opéré cette année, dénonce le folklore de ces élections sénatoriales qui ne répond pas aux aspirations des Togolais.

    Source: rfi.fr

  • Au Sahel, risquer sa vie pour 100 euros par mois

    Au Sahel, risquer sa vie pour 100 euros par mois

    Les camionneurs qui relient le port de Lomé, au Togo, au Burkina Faso et au Niger, risquent chaque jour leur vie en prenant la route. D’un côté, les attaques des groupes djihadistes. De l’autre, la multiplication des check-points et des détours imposés qui allongent les trajets.

    À Cinkassé, une ville togolaise frontalière avec le Burkina Faso située à 600 km au nord de Lomé, le parc à camions situé à proximité du poste de contrôle douanier grouille d’activité. Des dizaines de camions sont stationnés. Les conducteurs, en attendant de remplir les formalités douanières, tuent le temps en discutant autour d’une tasse de thé. Les sujets de conversation tournent autour des mêmes préoccupations : le mauvais état des routes ou encore la lenteur des formalités administratives qui retarde le voyage, prolonge l’attente dans le parc et complique la planification des trajets.

    À cela s’ajoute une inquiétude permanente sur les conditions de sécurité, de plus en plus incertaines. Un peu plus loin, les ronflements des moteurs, entrecoupés de coups de klaxon assourdissants, annoncent le départ imminent pour la suite du voyage vers des zones où les dangers sont omniprésents.

    Au Togo, le secteur des transports de marchandises joue un rôle essentiel dans les échanges avec les pays du Sahel. Depuis le port de Lomé, des entreprises assurent l’acheminement de divers produits tels que les matériaux de construction, les denrées alimentaires, les appareils électroménagers, les vêtements, etc. En l’absence de ligne ferroviaire entre le Togo et les pays de destination, le transport se fait principalement par camion. L’activité rapporte entre 600 et 700 euros par voyage à l’entreprise, en fonction de la nature et du volume des marchandises transportées, mais aussi de la destination.

    « Il faut bien nourrir nos familles »

    Dans la cabine exiguë de son poids lourd, Rachid, un homme d’une cinquantaine d’années, le visage buriné par des années de travail difficile aux quatre coins du Sahel, s’apprête à reprendre le volant pour affronter une nouvelle fois ces routes périlleuses. La main gauche sur un volant usé, marqué par des milliers de kilomètres parcourus, et un chapelet dans la main droite, les perles glissant lentement entre ses doigts calleux, son regard concentré mais inquiet scrute la route devant lui. Une route où les dangers sont invisibles mais permanents, où chaque kilomètre est une prise de risque.

    Sur le siège arrière s’entassent quelques effets personnels et un tapis de prière enroulé, son sanctuaire mobile qu’il garde toujours avec lui pour les moments de recueillement. Rachid, comme à son habitude, adresse une prière silencieuse avant chaque départ, implorant la protection divine :

    Chaque départ me remplit d’inquiétude, confie-t-il. Il y a non seulement les soldats qui nous harcèlent sur la route mais aussi les groupes armés qui rôdent1. Avant de partir, il faut dire adieu à sa famille parce que chaque voyage peut être le dernier. Le problème, c’est surtout l’axe Kaya-Dori [au Burkina Faso]. Là-bas, très souvent, les groupes armés enlèvent les camionneurs et les amènent dans la brousse. Certains reviennent, mais malheureusement, beaucoup ne reviennent jamais. Mais c’est notre métier. Que pouvons-nous faire ? Il faut bien nourrir nos familles.

    Comme Rachid, ils sont des centaines à affronter les dangers chaque jour contre en moyenne 100 euros de salaire mensuel. Dans le parc du poste de contrôle de Cinkassé, Saïd Traoré patiente. Son visage, mêlé de fatigue et d’effroi, raconte l’histoire avant même qu’il n’ouvre la bouche : « Franchement, cette route fait peur. Il y a neuf mois, j’étais au Mali. En revenant, j’ai eu une panne de pneu. J’ai dû m’arrêter pour attendre de l’aide. Des hommes armés sont arrivés et m’ont demandé pourquoi je m’étais garé. Je voulais leur expliquer mais ils m’ont frappé et poignardé aux mains et aux fesses, puis ils m’ont amené dans leur base… »

    Il s’interrompt un moment, chaque mot semblant raviver la douleur du souvenir. Après un court silence, il reprend : « Ils voulaient emmener mon camion mais ils n’ont pas réussi. À leur base, j’ai retrouvé d’autres chauffeurs. Nous étions gardés comme des otages, et lorsqu’ils revenaient de leurs attaques ils nous donnaient leurs fusils pour qu’on les nettoie. Ils ont tué plusieurs camionneurs avec leurs apprentis. » Saïd et ses camarades ont eu la vie sauve grâce à une intervention rapide de l’armée nigérienne – ils avaient en effet été déplacés au Niger par leurs geôliers -, mais beaucoup n’ont pas eu cette chance.

    Un traumatisme silencieux

    Sur les routes menant du Togo vers le Sahel, plusieurs camionneurs ont perdu, pour certains la vie, et pour d’autres leur camion et par conséquent leur emploi. C’est le cas de Moustapha, 48 ans, marié et père de quatre enfants. Après avoir été arrêté en février 2019 sur la route de Pama, dans l’est du Burkina Faso, il a dû changer de métier.

    Lorsqu’ils nous ont arrêtés, se souvient-il, ils nous ont forcés à décharger nos camions dans leur base, en pleine forêt. Le lendemain, ils m’ont reconduit à moto jusqu’à la route bitumée et m’ont demandé de partir. Je suis allé faire ma déposition à la gendarmerie de Fada N’Gourma avant de rejoindre Lomé via Ouagadougou. C’est quelques jours après qu’ils ont relâché mon collègue. Beaucoup de camionneurs ont vécu le même sort et vivent leur traumatisme en silence.

    Contacté, le syndicat de l’Union des transporteurs routiers du Togo (Unatrot) n’a pas souhaité s’exprimer sur ce sujet sensible, probablement par crainte de représailles ou en raison d’une volonté de ne pas attirer l’attention sur une crise qui perdure. Le nord du Togo est confronté, depuis 2022, à une crise sécuritaire marquée par des incursions d’hommes armés, souvent en provenance du Burkina Faso. Mais le gouvernement togolais communique très peu sur la situation.

    En 2023, plusieurs attaques djihadistes ont visé des camions transportant des marchandises. Ces attaques ont fait plusieurs dizaines de victimes sur l’axe Lomé-Ouagadougou. Les incidents les plus graves ont été signalés dans le village burkinabè de Nouaho, situé à une trentaine de kilomètres de la frontière togolaise.

    Des détours imposés, un manque à gagner

    Cette situation ne préoccupe pas uniquement les camionneurs et leurs familles. Les propriétaires des camions s’inquiètent également. Entre la crainte de voir leurs chauffeurs attaqués ou kidnappés et la possibilité de perdre leurs camions, ces derniers vivent dans une angoisse permanente. À Dapaong, dans la région des Savanes (nord du Togo), Ali, l’un de ces propriétaires, ne cache pas son désarroi : « La situation est vraiment difficile. Nous voyons souvent plusieurs images de camions brûlés ou détournés vers des destinations inconnues. Quand mon employé prend la route, je ne dors pas tranquillement jusqu’à ce qu’il soit revenu sain et sauf. »

    Depuis 2019, les trajets reliant le port de Lomé à l’est du Burkina Faso et au Niger se sont considérablement rallongés. La RN 19, qui part de la frontière est du Togo, à Ponio, est désormais contrôlée par des groupes djihadistes, ce qui rend ce tronçon impraticable. Ceux qui transportent des marchandises vers le Niger ou vers Fada N’Gourma doivent désormais emprunter des routes alternatives et passer par Ouagadougou et Kaya.

    Pour aller au Niger, une fois arrivé à Kaya, il faut attendre l’organisation d’un convoi militaire pour assurer la sécurité, et cela peut prendre plusieurs semaines. Une fois, nous devions ravitailler la mine d’or d’Essakane [située à 310 km au nord de Ouagadougou, dans la région du Sahel, NDLR] en carburant, mais nous avons dû attendre deux semaines pour que le convoi, composé de forces terrestres, de drones et d’hélicoptères, nous accompagne jusqu’à destination, raconte Martin, un chauffeur de camion-citerne.

    Ces adaptations représentent un manque à gagner pour les propriétaires. « Avant, les camions mettaient au plus trois semaines pour effectuer l’aller-retour entre Lomé et Niamey. Aujourd’hui, avec les détours et les délais liés à l’organisation des convois, cela peut prendre jusqu’à trois mois. Plus le voyage dure, moins le propriétaire gagne, car il faut aussi ajouter les frais de route et la dotation en carburant », explique Ali, qui estime avoir perdu en un an plus de 7 000 euros en raison de cette situation.

    Attaques et incendies de camions restent monnaie courante sur les routes du Sahel. Mais, chaque jour, des camionneurs bravent le risque. Souvent seuls ou parfois en convoi, ils sont résolus à dormir sur les routes, dans la cabine de leurs camions ou sur un lit de fortune dressé sous le véhicule garé, exposés à toutes sortes de menaces.

    Source: https://afriquexxi.info/

  • Consolider la riposte à la mpox en Afrique alors que les efforts commencent à porter des fruits

    Consolider la riposte à la mpox en Afrique alors que les efforts commencent à porter des fruits

    Si nous reconnaissons les acquis et célébrons les succès obtenus à ce jour, il n’y a aucun doute que nous devons faire davantage pour protéger les populations contre la mpox, en Afrique et ailleurs.

    Déclaration de la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique

    Brazzaville – Même si la mpox reste une menace mondiale – comme en atteste la déclaration de l’OMS, le 22 novembre 2024, selon laquelle cette maladie constitue toujours une urgence de santé publique de portée internationale –, nous commençons à percevoir des signes que les efforts de riposte portent des fruits en Afrique.

    C’est une nouvelle encourageante, mais nous savons que des défis demeurent, et nous devons rester vigilants.

    Voici mon analyse.

    Depuis que la mpox a été déclarée comme une urgence de santé publique de portée internationale en août 2024, la situation est devenue plus complexe à l’échelle mondiale. Etant donné que la maladie peut se propager à travers les voyages internationaux, elle doit encore faire l’objet d’une riposte internationale coordonnée.

    Cela ne signifie pas pour autant que la situation en Afrique est la même qu’il y a un peu plus de 100 jours.

    Où en est-on maintenant ?

    La situation de la mpox en Afrique est contrastée. De nombreux pays de la Région ont renforcé la surveillance de la maladie, la détection des cas (y compris aux points d’entrée pendant les voyages) et la prévention des infections (particulièrement grâce à la vaccination), ainsi que la fourniture de soins et le soutien aux personnes touchées. Tous ces efforts ont permis de freiner la propagation du virus.

    Par exemple, depuis le mois d’octobre 2024, le Congo, le Gabon, la Guinée et l’Afrique du Sud n’ont signalé aucune flambée active de mpox pendant au moins six semaines consécutives et sont entrés dans la « phase de contrôle » (laquelle commence lorsqu’aucun nouveau cas n’a été signalé au cours des 42 derniers jours). Et, au 25 novembre, le Ghana, la Zambie et le Zimbabwe sont également entrés dans cette phase.

    Seize des 19 pays de la Région touchés par la mpox ont désormais atteint des taux de dépistage supérieurs à 80 %. Cependant, la République démocratique du Congo reste le pays le plus affecté par la maladie, représentant près de 80 % de tous les cas confirmés en laboratoire dans la Région depuis le début de l’année.

    La mpox s’est propagée à plus de 80 % des zones de santé (touchant 424 zones sur 519) en République démocratique du Congo ; le Sud-Kivu, Tshuapa et Sankuru supportent actuellement la plus lourde charge due à cette maladie. Le pays est confronté à des problèmes importants, notamment des capacités de diagnostic limitées et des contraintes logistiques. Par exemple, seulement 37 % des échantillons prélevés ont été analysés au cours des trois semaines allant de fin octobre à début novembre 2024, laissant certaines provinces sous-représentées dans les données de surveillance, ce qui se ressent par ailleurs sur la riposte.

    Nous devons poursuivre nos efforts dans tous les domaines clés de la riposte aux flambées et les intensifier là où cela s’avère nécessaire.

    Dans toute la Région, l’OMS et ses partenaires ont fourni un appui technique et un large éventail de matériels aux gouvernements pour les aider à se préparer aux flambées de mpox et à y riposter. Plus de 2000 professionnels de santé ont été formés aux principaux aspects de la riposte aux flambées épidémiques. Les capacités de diagnostic ont été considérablement renforcées grâce à la réalisation de 42 000 tests PCR (ou amplification en chaîne par polymérase) au cours du seul mois d’octobre. La recherche et le traitement des cas contacts ont été intensifiés et des activités de communication sur les risques et l’engagement communautaire à grande échelle sont activement soutenues pour informer les populations sur les moyens de rester en sécurité.

    En outre, l’OMS fournit un appui technique aux pays pour qu’ils puissent élaborer des plans de déploiement ciblés des vaccins afin d’accroître au maximum l’impact d’un nombre limité de doses. L’Organisation a facilité l’achat de vaccins par les pays en ajoutant le vaccin MVA-BN à sa liste de préqualification, en déclenchant le processus d’homologation d’urgence des vaccins LC-16 et ACAM2000 et en établissant un Mécanisme d’accès et d’allocation afin de faciliter un meilleur accès aux vaccins, aux traitements et aux tests là où ils sont le plus nécessaires.

    Des campagnes de vaccination contre la mpox sont organisées en ce moment en République démocratique du Congo, au Nigéria et au Rwanda, et des plans de vaccination sont en cours dans d’autres pays.

    En novembre, le Mécanisme d’accès et d’allocation a alloué près de 900 000 doses de vaccin anti‑mpox à neuf pays africains les plus durement touchés par la flambée actuelle de mpox. Il s’agit notamment de l’Afrique du Sud, de la Côte d’Ivoire, du Kenya, du Libéria, du Nigéria, de l’Ouganda, de la République centrafricaine et de la République démocratique du Congo.

    Nous ne sommes pas encore sortis d’affaire.

    Lors d’une visite récente dans un centre de traitement à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo, j’ai pu observer par moi-même les efforts et les défis auxquels sont confrontés les professionnels de santé qui continuent de travailler sans relâche dans des conditions difficiles.

    Au 27 novembre 2024, 12 pays connaissaient encore une transmission active du virus. Huit d’entre eux – à savoir la RDC, le Burundi, la République centrafricaine le Nigéria, la Côte d’Ivoire, le Libéria, l’Ouganda et le Kenya – sont confrontés à des flambées épidémiques très préoccupantes. Le Burundi, l’Ouganda et la RDC représentent collectivement plus de 96 % de l’ensemble des cas de mpox confirmés en laboratoire dans la Région et ont toujours besoin d’interventions urgentes et durables.

    À sa deuxième réunion sur la recrudescence de la mpox, tenue le 22 novembre 2024, le Comité d’urgence du RSI a pris note des progrès accomplis dans la lutte contre la propagation de la mpox, mais a indiqué que cette maladie continue de répondre aux critères d’une urgence de santé publique de portée internationale et qu’il s’avère nécessaire d’adopter une riposte cohérente et durable entre les pays, ce qui suppose notamment des engagements nationaux plus fermes.

    Si nous reconnaissons les acquis et célébrons les succès obtenus à ce jour, il n’y a aucun doute que nous devons faire davantage pour protéger les populations contre la mpox, en Afrique et ailleurs.

    La solidarité mondiale et régionale est de ce point de vue essentielle. Il est primordial d’accroître les ressources et le soutien, en particulier pour les communautés et les pays qui sont les plus touchés par la flambée de mpox en Afrique.

    Ce n’est qu’alors que nous pourrons pérenniser les acquis et relever les défis restants, qu’il s’agisse de la surveillance ou de l’accès aux vaccins anti-mpox.

    Contexte

    Au 27 novembre 2024, plus de 14 669 cas confirmés en laboratoire et 55 décès avaient été notifiés dans la Région africaine depuis le début de l’année en cours. La notification de cas d’infection par la souche très virulente du clade 1b au Royaume-Uni, en Suède, en Allemagne, aux États-Unis d’Amérique, en Thaïlande et en Inde souligne l’impérieuse nécessité de s’attaquer à cette flambée épidémique à son épicentre afin d’éviter une nouvelle propagation mondiale.

    La mpox est une maladie virale causée par l’orthopoxvirus simien, une espèce du genre Orthopoxvirus. Les symptômes courants de la mpox sont une éruption cutanée ou des lésions des muqueuses pouvant durer deux à quatre semaines, avec de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires, des douleurs dorsales, un manque d’énergie et un gonflement des ganglions lymphatiques. Dans les cas graves, la maladie peut être mortelle.

  • Togo- Qui est Dr Awa Krou Malam Boukar, nouveau directeur de l’EAMAU?

    Togo- Qui est Dr Awa Krou Malam Boukar, nouveau directeur de l’EAMAU?

    L’Ecole africaine des métiers de l’architecture et de l’Urbanisme (EAMAU) a un nouveau Direction. Nigérien, Maître de conférences, Awa Krou Malam Boukar est élu à ce poste il y a quelques jours.

    Le Niger va assurer désormais la direction générale de l’Ecole africaine des métiers de l’architecture et de l’urbanisme (EAMAU), basée à Lomé au Togo.

    C’est le Dr MALAM BOUKAR Awa Krou, Maitre de conférence, enseignant chercheur à l’université André SALIFOU de Zinder qui a été élu avec brio par les participants aux travaux de la 42 ème session ordinaire du Conseil d’administration de la dite école qui regroupe 14 pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

    Ils se sont retrouvés à Lomé au Togo du 4 au 6 Décembre 2024, sous la présidence du président du conseil d’administration de l’institution, Professeur MAMADOU Saidou, ministre nigérien de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation Technologique.

    Avec RESP COM MESR/IT

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