Auteur/autrice : La Rédaction

  • BAD: ce qui manque le plus: des leaders visionnaires

    BAD: ce qui manque le plus: des leaders visionnaires

    Des profils pointus, capables de gérer valablement une institution comme la Banque africaine de développement, l’Afrique en regorge à profusion, autant sur le continent que dans la diaspora.

    « Tirer le meilleur parti du capital de l’Afrique pour favoriser son développement ». Tel est le thème des Assemblées de la Banque africaine de développement, qui se tiennent, la semaine prochaine, à Abidjan, en Côte d’Ivoire. En quoi, précisément, ces assemblées sont-elles importantes pour la Banque et pour l’Afrique ?

    Dans le contexte international actuel, ces Assemblées auraient dû revêtir une importance majeure, qui ne transparaît, hélas, pas dans le thème retenu : « Tirer le meilleur parti du capital de l’Afrique pour favoriser son développement » semble d’une banalité ennuyeuse, pour une institution créée il y a plus de soixante ans.

    L’Afrique n’en finit pas d’être humiliée, et ce thème sonne comme un aveu d’impuissance, au moment où les peuples ont réellement besoin de voir leurs espérances portées par un leadership de qualité. Si l’Afrique était une seule nation, la Banque africaine de développement en aurait été le ministère du Développement. Et, dans un pays sous-développé ou en voie de développement, quel département est plus important que le ministère du Développement ? La vision du président de cette institution a donc forcément une incidence sur la manière dont les autres traitent l’Afrique. Souvenez-vous du guet-apens dont a failli être victime, cette semaine, Cyril Ramaphosa dans le Bureau ovale ! Le chef de l’État sud-africain, une des trois premières, sinon la première économie du continent ne pouvait être traité comme l’a fait son homologue américain.

    Sauf que Donald Trump traite la plupart comme il a traité l’Ukrainien Volodymyr Zelensky, en février dernier…

    Non, pas exactement. Nous avons vu le même Donald Trump doux, presque obséquieux, face aux dirigeants du Golfe. Il sait donc montrer du respect à ceux qui lui en imposent, au moins par leurs richesses, leur fortune sinon par leurs largesses. L’Afrique du Sud est un pays aux potentialités immenses. Comme une dizaine d’autres États du continent qui, s’ils étaient mieux gérés, feraient aussi bonne figure que certains de ceux que le locataire de la Maison Blanche révère, bon gré mal gré, dans le Golfe.

    Dans le nouvel ordre mondial qu’il nous conçoit, seule la puissance économique protège. Car, pour ce qui est de la démocratie, du respect des droits de l’homme et des grandes valeurs que prône habituellement les États-Unis, les amis devant lesquels Trump se fait tout doux dans le Golfe n’ont rien de plus que ceux qu’il méprise en Afrique. Pour se hisser à la hauteur de ses critères de respectabilité, l’Afrique a plus que jamais besoin de mieux se gouverner. D’où la nécessité d’un leadership visionnaire dans une institution comme la Banque africaine de développement, qui devrait être non seulement « la banque », mais aussi un prestigieux bureau d’études à la disposition des États du continent. Croire qu’il leur suffit d’apporter en offrandes à la Maison Blanche les richesses de leur sous-sol pour que Donald Trump leur montre du respect est une douce illusion.

    Qu’attend alors la BAD pour se trouver d’excellents dirigeants ?

    Des profils pointus capables de gérer valablement une institution comme la Banque africaine de développement, l’Afrique en regorge à profusion, autant sur le continent que dans la diaspora. Mais, dans un monde qui ne fonctionne plus que par intérêt, l’Afrique ne s’imposera pas juste avec des gestionnaires, aussi excellents soient-ils. Ce dont elle a cruellement besoin, ce sont des leaders visionnaires, capables d’anticiper et de relever les défis, de penser l’avenir pour valoriser au mieux les atouts d’un continent par ailleurs généreusement doté par la nature.

    Depuis sa création, en 1964, la Banque africaine de développement a eu des présidents bien formés, bardés de diplômes, souvent décrochés dans les plus prestigieuses institutions de la planète. Le Soudanais Mamoun Beheiry, premier président de l’institution, était diplômé d’Oxford. Et tous ses successeurs avaient de remarquables références à faire valoir. Mais seulement deux ou trois ont pu propulser la Banque à des niveaux significativement plus élevés que celui auquel ils l’ont trouvée. Peut-être que les actionnaires devraient, à l’avenir, demander aux postulants un véritable programme de gouvernement, avec un chronogramme, afin de s’assurer qu’ils ne vendent pas aux peuples des rideaux de fumée, comme en politique. C’est aussi cela, penser l’avenir.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca sur rfi

  • Edem KODJO nous avait dit un matin de 3 août 2017 que l’Étoile Filante de Lomé, était…

    Edem KODJO nous avait dit un matin de 3 août 2017 que l’Étoile Filante de Lomé, était…

    Avant notre préambule le Chroniqueur aimerait sagement prévenir les dirigeants des Shooting Stars, leur entraîneur principal Samuel Ekoé Gale, l’ensemble du staff technique qu’il suffirait de deux contreperformances, et ils se dirigeraient dans l’abîme. D’où ils sont sortis la saison dernière. C’est juste une sérieuse mise en garde. Les Vivas Filantés sont actuellement classés 12e sur 14 protagonistes…

    PRÉAMBULE : Ceci est un important devoir d’un fervent Étoiliste !!! Avant de faire décortiquer aux lecteurs, ce que son excellence le Premier ministre a dit un matin de brise du 03 août 2017, au Comité Directeur de l’Étoile Filante de Lomé.

    Il faudrait d’abord savoir qu’à la réforme politique de l’an 1974, déguisée en réforme sportive, tous les clubs de Lomé, ont été bannis. Dyto, Étoile Filante, Modèle, Racing, Unisport et autre… Jusqu’à la fin de la Conférence nationale souveraine. Où le Shooting Star ressuscité, ne tarde pas à réitérer son habitude d’antan. Les Bleus de la capitale, à l’issue de leur première saison (1991-92), sont sacrés champions du Togo. Et doivent prendre part à la Coupe d’Afrique des clubs champions (actuelle Ligue des champions d’Afrique). Mais faute de finances et de ressources humaines de cette équipe et de l’organisation et de la préparation de cette compétition continentale, le fier aura, en plus de la belle allure des Bleus de la capitale s’en trouvent émiettés.

    Quand l’Étoile Filante d’antan, met en poche tout le Togo mais rate de peu d’être couronnée sur le continent

    Puis, le temps a passé. Les choses ont changé. Les périodes aussi… Puis un premier drame : cette finale perdue à l’aller de la Coupe d’Afrique des clubs champions, en mars 1969… Les poulains du coach togolais Oscar Anthony privé de son meilleur attaquant, Arisco Folly KUASSI (envoyé en France pour raison d’études par ses parents), et et surtout, d’un certain Dr Kaolo Edmond APETI en méforme (souffrant) et tombé en syncope la veille à Cotonou. Puisque la délégation du club champion togolais, devait transiter par la capitale de l’ancien Dahomey (actuel Bénin) le soir, avant de rallier Kinshasa la nuit. (Un témoignage du gardien Tommy Gelardo SYLVESTRE, dont l’un des deux latéraux somnolait en…pleine rencontre). Ce dernier rempart international, reçu à Radio Metropolys, le matin de la célébration officielle de la fin de sa carrière professionnelle de footballeur, organisée par son excellence le ministre Horatio FREITAS et quelques amis…

    L’autre drame plus grave, c’est celui intervenu au cours du début de l’année 2000 où le bus de l’équipe, se rendant à Sokodé, pour y disputer un match (5e journée) du championnat national de football de D1, n’ait pu aller au terme de sa mission d’affronter Sémassi FC. À une douzaine de kilomètres de la ville d’Atakpamé, précisément à Gléi, le véhicule fait un tonneau…réalisant un affreux accident. Dont le bilan fait 6 morts et 25 blessés graves. La mythique formation de la zone commerciale de la capitale ne s’en est pas remise. Et se retrouvera en deuxième division la saison suivante. Et pour pouvoir accéder encore à l’élite, il a fallu presqu’une éternité… Quitte aux dirigeants de faire en sorte de “bannir” définitivement ce retour en deuxième division.

    Une rencontre avec le Premier ministre en 2017

    Suite à sa promesse de rencontrer le CODINEF (Comité Directeur de l’Étoile Filante de Lomé), le Premier ministre Edem KODJO, en tant que Président d’honneur de ce club, a accordé une audience aux membres nouvellement élus de ce Comité. Une rencontre tenue à la Primature dans un temps de brise, le jeudi 03 août 2017. Le club de la zone commerciale de Lomé, faisait déjà près de 4 saisons en D2.

    C’est carrément, tout détendu et bien souriant que son excellence M. Edem Kodjovi KODJO, ouvre son bureau au président national Bouraima Yèkinou et sa suite… Et à part le Secrétaire général de la section football, Maître Adokoè AKUESSON et Dr Léontine NUTSIGBE, patronne du basketball empêchée aussi, les 10 autres membres du CODINEF ont répondu à l’appel du Premier ministre. Les salutations d’usage effectuées, le Conseiller chargé des affaires extérieures, M. David Kossi Reinhardt, prend la parole pour exprimer au nom des membres élus du Bureau directeur national de l’Étoile Filante de Lomé, “leur profonde gratitude” à M. Edem Kodjovi KODJO, “pour la promptitude, la chaleur de son accueil et sa disponibilité”.

    S’en suit une présentation de ses visiteurs, un à un, avant que le Premier ministre ne revienne sur certains moments forts du Shooting Star. “Plus qu’un club, l’Étoile Filante était plutôt un couvent. On y rentrait, et on n’en sortait plus. Même la simple idée d’en sortir n’effleurait personne, parce que, c’est un club qui savait procurer de la joie et du bonheur”. C’est ainsi que le président d’honneur a défini son club. Tout content du passé de cette formation et quelque peu nostalgique à un moment (silencieux durant deux minutes). Le Premier ministre ne s’est pas empêché de lancer ces phrases : “Je pense que la situation actuelle de notre club, et même du football togolais dans son ensemble, est due surtout, à cette réforme absurde de 1974. Les résultats obtenus ont été tout simplement négatifs”. Une thèse soutenue par le fait, dit-il a-t-il, qu’il regrette. Son souhait est que l’Étoile Filante redevienne très vite le club redoutable et redouté, qu’il était.

    Au Shooting Star, la discipline prévalait, et des prières sont répétitives

    C’est donc, dans cette lancée qu’avant de prendre congé du Premier ministre, le CODINEF a pu bénéficier d’une tranche de l’histoire de l’Étoile Filante : son incroyable organisation, les grandes rencontres bien négociées contre les clubs ghanéens réputés comme Asante Kotoko de Kumasi, Hearts of Oak d’Accra, et même congolais du… Tout-puissant Engelbert de Lubumbashi. Ce champion d’Afrique, humilié au stade omnisport Eyadema GNASSINGBÉ (4-1) en finale retour de la Coupe d’Afrique des clubs champions…

    M. Edem Kodjovi KODJO, pour clore la visite des membres du Comité Directeur des membres de l’Étoile Filante de Lomé née en 1932, a pensé envoyer ses félicitations à la présidente de la section Basketball du Shooting Star Dr Léontine NUTSIGBE, pour ses bons résultats ces dernières années… Le président d’honneur de ce vaste club, a en outre promis d’apporter son soutien au CODINEF, du moins sur certains plans : “Nous ne sommes pas aussi vieux que ça, et tant que nous tiendrons sur nos deux pieds, vous pouvez compter sur nous”, a-t-il affirmé aux élus bleus, en guise d’au revoir.

    Chronique de Yves de Fréau consultable sur sa page Facebook

  • Togo: premiers cas de Mpox détectés à Lomé, les autorités sanitaires en alerte

    Togo: premiers cas de Mpox détectés à Lomé, les autorités sanitaires en alerte

    Le Togo fait face à ses premiers cas confirmés de Mpox, une maladie virale également connue sous le nom de variole du singe. Trois cas, deux femmes et un homme, ont été confirmés dans la capitale, Lomé. Les autorités sanitaires togolaises ont rapidement pris des mesures pour limiter la propagation de cette maladie contagieuse.

    Le 16 mai 2025, le gouvernement togolais a officiellement annoncé la détection d’un premier cas de Mpox. Selon le communiqué, il s’agit d’une femme de 22 ans, résidant dans la région du Grand Lomé et actuellement hospitalisée dans un service spécialisé en maladies infectieuses.

    55 cas contacts

    Face à cette première alerte, le ministère togolais de la Santé a mis en place un dispositif d’isolement des patients afin de prévenir la transmission. Deux nouveaux cas ont été confirmés depuis. Au total, ils ont été en contact avec plus de 55 personnes, précise le professeur Anoumou Dagnran, coordonnateur du comité de riposte. Selon lui, trois quarts des malades ont présenté des lésions cutanées, notamment sur les paumes des mains.

    « Il faut isoler ces patients et c’est ce que nous avons fait depuis la découverte des premiers cas. C’est fondamental pour couper la chaîne de transmission », explique le professeur Dagnran au micro de notre correspondant à Lomé, Peter Sassou Dogbé.

    Le 16 mai 2025, le gouvernement togolais  a officiellement annoncé la détection d’un premier cas de Mpox. Selon le communiqué, il s’agit d’une femme de 22 ans, résidant dans la région du Grand Lomé et actuellement hospitalisée dans un service spécialisé en maladies infectieuses.

    55 cas contacts

    Face à cette première alerte, le ministère togolais de la Santé a mis en place un dispositif d’isolement des patients afin de prévenir la transmission. Deux nouveaux cas ont été confirmés depuis. Au total, ils ont été en contact avec plus de 55 personnes, précise le professeur Anoumou Dagnran, coordonnateur du comité de riposte. Selon lui, trois quarts des malades ont présenté des lésions cutanées, notamment sur les paumes des mains.

    « Il faut isoler ces patients et c’est ce que nous avons fait depuis la découverte des premiers cas. C’est fondamental pour couper la chaîne de transmission », explique le professeur Dagnran au micro de notre correspondant à Lomé, Peter Sassou Dogbé.

    Source: rfi.fr/fr

  • Au Mali, consternant pari !

    Au Mali, consternant pari !

    Dans un pays, le Mali, où tant de jeunes sont morts, depuis mars 1991, pour la démocratie, dissoudre purement et simplement les partis politiques, avant d’avoir pensé, ensemble, l’avenir, n’a rien de rassurant. À bien des égards, cela revient à miser sur l’apathie, sinon la résignation de ce peuple. Une méprise.

    C’est par un décret, lu à la télévision nationale, ce 13 mai, que le pouvoir de Bamako a dissous les partis et organisations politiques du Mali. Peut-on, comme le font certains, assimiler cette décision à celle de Brice Oligui Nguema, qui a annoncé aux chefs de partis, ce 6 mai à Libreville, des réformes visant à réduire le nombre des formations, avec des critères plus contraignants pour la création d’un parti au Gabon ?

    Entre la démarche de la junte malienne et celle du président élu du Gabon, aucune comparaison possible. D’un côté, un pouvoir militaire sans l’onction démocratique se débarrasse de ce qui le gêne ou ne lui convient pas dans la vie politique. De l’autre, un président, certes, également parvenu au pouvoir par un putsch, mais qui a attendu d’être réhabilité par le suffrage universel pour engager – seulement engager – des consultations visant à réduire, sur la base de critères plus rigoureux, le nombre de formations. Pour le reste, la pléthore de partis politiques est préoccupante, au Mali, comme au Gabon et dans bien trop de pays africains.

    Trois cents partis pour 23 millions d’habitants, au Mali ; quelque 106 formations, pour seulement 2 millions d’âmes, au Gabon. C’est d’autant plus affligeant que, dans la réalité, la part de la population adhérant effectivement à ces partis représente rarement plus de 10% de l’ensemble. Mettre de l’ordre dans ce capharnaüm relève de la salubrité publique. Et, justement parce qu’il s’agit de salubrité publique, ce ne peut être l’œuvre, unilatérale, du seul pouvoir du moment, a fortiori lorsqu’il est issu d’un putsch. Pour emporter l’adhésion de tous, les décisions qui engagent autant une nation requièrent un minimum de consensus.

    N’est-ce pas ce que suggérait, cette semaine sur RFI, l’avocat malien Mamadou Ismaïla Konaté, qui s’interrogeait sur les motivations du général Assimi Goïta ?

    Maître Mamadou Ismaïla Konaté est un sujet brillant, articulé et d’autant plus crédible que nul ne lui connaît d’affiliation politique. Ancien Garde des Sceaux, il est un des rares ministres à avoir eu, durant la présidence d’Ibrahim Boubacar Keïta, le courage de démissionner, quand les autres se faisaient congédier. Ces dernières années, sur les réseaux sociaux, pendant que beaucoup se taisaient, lui rappelait aux inconditionnels de la junte le côté risible de certaines de leurs incohérences. Comme lui, beaucoup se demandent en quoi, concrètement, la suppression des partis politiques sert les intérêts du peuple malien.

    La démarche des Gabonais semble bien plus cohérente, qui laisse à un président élu l’autorité, non pas pour tout abolir, mais pour engager des consultations (et un chantier) visant à assainir cet environnement, sur des bases rigoureuses, pour plus de représentativité des partis, d’ici aux législatives.

    Ces restrictions ne sont-elles pas, par essence, un frein à la liberté ?

    Aux États-Unis, pays de quelque 340 millions d’habitants, la vie politique est régie par deux grandes formations. Certes, il y en a quatre, dits « partis tiers », et une petite trentaine, périphériques, dits « partis nationaux », mais dont on ne parle qu’accidentellement sur l’échiquier politique. À part quelques grandes déceptions survenues ces derniers temps, la démocratie américaine fonctionne, en général, plutôt bien. Au Nigeria, pays de 230 millions d’âmes, deux partis dominent la vie politique, en plus d’une petite dizaine de formations végétatives. On pourrait aussi citer le Ghana, 33 millions d’habitants et seulement deux partis politiques majeurs. La démocratie y est vivante, davantage que dans toutes ces nations africaines où chaque groupe ethnique, chaque région dispose de « son » parti. Assainir cette jungle est un impératif. Mais, en la matière, les réformes durables et bénéfiques sont celles qui s’appuient sur un vaste consensus démocratique. Ce que déplorent les Maliens, c’est que, d’autorité, une junte démolisse tout, sans avoir pensé l’avenir. Un peu comme dans ces armées où on ne commence à réfléchir qu’une fois le coup de feu parti. Dans un pays où tant de jeunes sont morts, depuis mars 1991, pour la démocratie, cette méthode est juste consternante.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 17 mai 2025 sur RFI 

  • Helly Gbene dévoile “le vrai visage de l’entrepreneuriat togolais”

    Helly Gbene dévoile “le vrai visage de l’entrepreneuriat togolais”

    Face au chômage croissant des jeunes et à la mutation des modèles économiques, le Togo mise de plus en plus sur l’entrepreneuriat. Mais ce phénomène, largement encouragé par les institutions et les bailleurs, est-il réellement structurant ? Ou s’agit-il d’un mirage porté par la précarité et le manque d’emplois stables ?

    Pour y voir clair, nous avons rencontré Helly GBENE, entrepreneur engagé et Expert en développement des entreprises. Il partage ici une vision lucide et audacieuse de l’entrepreneuriat togolais, entre défis structurels, espoir générationnel et nécessité d’innovation systémique.

    Question : Helly GBENE, l’entrepreneuriat est très en vogue au Togo. S’agit-il d’un réel moteur de développement ou d’un simple effet de mode ?

    Helly GBENE :
    L’entrepreneuriat au Togo est une réalité en construction, pas une simple tendance. On ne parle pas d’un mythe, mais d’un mouvement profond, né d’un besoin urgent : celui pour des milliers de jeunes de prendre en main leur destin dans un contexte où le marché de l’emploi est saturé. Ce que nous observons, c’est une jeunesse qui transforme la contrainte en opportunité, et parfois l’échec des acteurs en acte de résilience.

    Mais cela ne suffit pas. Pour transformer ce mouvement en levier de développement durable, il faut structurer, accompagner, financer et surtout valoriser les porteurs de solutions locales.

    Quels sont les véritables obstacles que rencontrent les entrepreneurs togolais aujourd’hui ?

    Helly GBENE :
    Ils sont multiples. Le premier, c’est l’accès au financement structurant. La plupart des jeunes n’ont pas de garanties pour convaincre une banque. Le deuxième, c’est le manque de structuration : beaucoup lancent un projet sans business model solide, sans appui technique, ni stratégie de croissance.

    Il faut aussi parler de l’environnement juridique et fiscal, qui reste souvent flou et peu incitatif pour les très petites entreprises (TPE). Et enfin, un élément plus culturel : la peur de l’échec, la stigmatisation sociale, le manque de mentors inspirants. On ne construit pas un écosystème entrepreneurial uniquement avec des idées ; il faut une culture de la prise de risque et de la résilience.

    Comment jugez-vous l’écosystème entrepreneurial togolais actuellement ?

    Helly GBENE :
    Nous sommes dans une phase de transition. Des structures existent : le FAIEJ, le FNFI, les incubateurs comme WoeLab, CUBE, Startup Valley… Mais le lien entre ces initiatives reste trop fragile. Il faut une véritable chaîne de valeur entrepreneuriale, avec une vision partagée du financement à l’export, en passant par l’innovation, la formation, et l’intégration dans les marchés.

    Ce qui manque, c’est une approche systémique. Chaque acteur agit souvent en silo. Pour moi, l’enjeu est d’orchestrer tout cela autour de pôles territoriaux d’innovation et d’entrepreneuriat, ancrés localement, mais connectés aux dynamiques régionales.

    Justement, quel rôle jouent l’innovation et la technologie dans cette dynamique ?

    Helly GBENE :
    L’innovation est essentielle, mais il faut l’élargir. Elle ne se limite pas à la technologie numérique. Il s’agit aussi d’innovation sociale, organisationnelle, agricole, culturelle. Au Togo, des jeunes transforment des déchets en briques écologiques, créent des applis pour connecter les agriculteurs aux marchés, ou redonnent vie à l’artisanat local grâce au e-commerce.

    Pour moi, l’innovation et l’entrepreneuriat sont les deux piliers d’une nouvelle mobilité sociale. Ce sont des valeurs libératrices, qui donnent à chacun le pouvoir d’agir, de créer de la valeur, et de contribuer à la prospérité collective. Mais il faut les encadrer par des politiques publiques audacieuses, pas simplement les applaudir en surface.

    Que recommandez-vous pour faire de l’entrepreneuriat un véritable moteur de transformation au Togo ?

    Helly GBENE :
    En tant que CEO Cabinet d’Ingénierie de Formation & Consulting – IF&C Togo, il faut oser une révolution entrepreneuriale nationale, fondée sur cinq piliers :

    1. L’éducation à l’esprit entrepreneurial dès le secondaire, avec des modules pratiques et des partenariats entreprises-écoles.

    2. Un fonds souverain de capital-risque public-privé, accessible aux jeunes innovateurs, avec accompagnement.

    3. Des pôles territoriaux d’innovation intégrée, pour connecter formation, production, technologie et financement.

    4. Une fiscalité incitative pour les startups et les jeunes entreprises, avec exonérations ciblées et procédures simplifiées.

    1. Et surtout, une stratégie de visibilité régionale et internationale, pour que nos entrepreneurs soient aussi des ambassadeurs du Togo innovant.

    Un dernier mot pour les jeunes qui hésitent encore à se lancer ?

    Helly GBENE :
    N’attendez pas l’opportunité parfaite. Créez-la. L’entrepreneuriat n’est pas un chemin facile, mais c’est un chemin de liberté. Vous avez des idées ? Entourez-vous, formez-vous, testez, recommencez. Et surtout, sachez que vous n’êtes pas seuls. Il existe des acteurs prêts à vous tendre la main.

    Mon combat, c’est d’apporter ma contribution à créer un Togo où chaque jeune peut transformer sa passion en projet, et son projet en prospérité.

    Source: https://ledefenseurinfo.tg/

  • Le 1er mai n’est pas une journée de festin

    Le 1er mai n’est pas une journée de festin

    Les parades vestimentaires, les orgies de table n’y ont aucune partie liée. Après les différentes parades festives, les problèmes des travailleurs et les enjeux du secteur de l’emploi restent intacts.

    Il s’agit de réfléchir et de trouver des solutions permanentes ou intermédiaires à l’équation du travail décent et démocratise.

    Au Togo, l’artisanat connaît une crise qui ne semble inquiéter quiconque. Des patrons se retrouvent seuls dans leur atelier, très peu de jeunes gens acceptent aujourd’hui d’apprendre un métier. Certains métiers pourraient disparaître dans une perspective de demi-siecle,a cause aussi de l’extrême dépendance de l’économie et de la consommation locale au marché du petit prix et de la qualité approximative: Dubai, Beijing, etc

    En outre, l’expansion du secteur de la friperie a bouleversé les paradigmes dans la couture.

    Que dire des universités qui libèrent chaque année des milliers de citoyens qualifiés mais qui ne peuvent que se “débrouiller”?

    Voilà des enjeux. Les parades et les orgies n’y feront rien.

    Que fête-t-on au finish le 1er mai ? .

    Texte consultable sur la page Facebook du journaliste Kodjo Avuletey

  • Togo: Faure Gnassingbé, président du Conseil selon la nouvelle Constitution

    Togo: Faure Gnassingbé, président du Conseil selon la nouvelle Constitution

    Au Togo, dernière ligne droite dans la mise en place de la Ve République, un an après la promulgation de la nouvelle Constitution, le 6 mai 2024. Hier soir, le gouvernement a présenté sa démission, acceptée par le président Faure Gnassingbé, selon un communiqué. Ce 3 mai, les députés sont convoqués pour désigner le président du Conseil, qui détiendra le pouvoir exécutif. Avec les sénateurs, ils éliront ensuite un président de la République au rôle honorifique.

    Le Togo achève sa transition vers un régime parlementaire, supprimant l’élection présidentielle au suffrage universel direct. Une réforme toujours vivement contestée par une partie de l’opposition et de la société civile.

    Première étape, ce samedi 3 mai au matin : les députés togolais sont convoqués pour désigner le président du Conseil. Chef du gouvernement et des armées, il détient le pouvoir exécutif selon la nouvelle constitution. Cette fonction revient au chef du parti majoritaire à l’Assemblée nationale. Donc au chef de l’État, Faure Gnassingbé, à la tête du pays depuis 2005. 

    Les législatives de l’année dernière ont donné 108 sièges sur 113 à son parti UNIR pour un mandat de 6 ans. Des résultats toujours contestés par plusieurs partis d’opposition et organisations de la société civile.

    Prestation de serment

    Le nouveau président du Conseil prêtera serment dans la foulée devant la cour constitutionnelle. Ce 3 mai dans l’après-midi, les députés et sénateurs se réunissent en congrès. Ils doivent élire le nouveau président de la République pour un mandat de 4 ans. Une fonction devenue essentiellement honorifique. 

    D’après la Constitution de la Ve République, il accrédite les ambassadeurs, décerne les décorations, et reçoit le président du Conseil pour être informé de l’état de la nation. De leur côté, une partie des opposants prévoient de se mobiliser le 4 mai pour un meeting.

    Source: rfi.fr/fr

  • Gabon: spectaculaire retour en grâce

    Gabon: spectaculaire retour en grâce

    Prendre le pouvoir par les armes n’est pas, en Afrique, un péché fatalement mortel, qui vous envoie brûler en enfer. Vous pouvez même, au terme d’un bref passage au purgatoire, avoir droit à une entrée triomphale dans le club des chefs d’État. C’est juste une question d’habileté.

    Jour de fête, à Libreville ! Le général Brice Oligui Ngema prête serment, ce samedi 3 mai, en présence d’une quinzaine de chefs d’État africains. Ces réjouissances célèbrent à la fois le rétablissement de l’ordre constitutionnel, interrompu par le coup d’État d’août 2023, et le retour du Gabon dans la grande famille continentale. L’Afrique n’a-t-elle pas raison d’y adhérer ?

    Il y a probablement quelque chose à célébrer en dehors des succès personnels du général Brice Oligui Ngema. Avec ses compagnons de putsch, il avait, en 2023, mis le Gabon au ban des nations africaines, qui les sommaient alors de retourner dans les casernes, en rendant le pouvoir aux civils, en rétablissant l’ordre constitutionnel par des élections libres, équitables, crédibles et transparentes. La plupart de ces injonctions se sont vite évaporées. Il n’empêche. Ce sont les mêmes dirigeants africains qui vont le célébrer, ce jour, à Libreville. Avec une telle capacité d’oubli, l’Union africaine serait peut-être plus crédible en admettant, une fois pour toutes, que les coups d’État ne sont qu’un mode d’accession au pouvoir, comme un autre. Le général Oligui Nguema pouvant aussi inspirer d’autres aspirants putschistes…

    En quoi consisterait donc cette inspiration ?

    Vous commencez par prendre le pouvoir par les armes. Puis, une fois aux commandes de l’État (et de ses moyens), vous vous constituez une clientèle politique. Vous vous présentez ensuite devant les électeurs, et voilà votre situation régularisée ! Alors, en costume civil impeccable, vous pourrez écumer les sommets, sans que nul n’ose vous demander comment vous y êtes parvenu. Quant à votre prédécesseur qui s’est débrouillé pour être renversé. Tant pis pour lui ! Il mérite son sort, le vaincu ! Ainsi fonctionne le club des chefs d’État. Peu importe si les coups d’État, comme prône l’Union africaine, compromettent la démocratie, la paix, la sécurité et la stabilité, ainsi que le développement des pays du continent !

    Avec près de 95% des voix, Brice Oligui Nguema ne peut-il pas s’enorgueillir d’être réellement désiré par son peuple ?

    Oui, ce score époustouflant, presque sans fraudes, mériterait même de chaleureuses félicitations ! Les Gabonais l’ont plébiscité. Il saura mériter leur confiance. Sinon, comme tous les peuples, ils accepteront plus facilement de subir sa politique. Bien sûr, la facilité avec laquelle l’électorat se convertit à de nouveaux cultes laisse souvent songeur. Sous tous les cieux, les peuples ont une telle soif de héros que certains finissent par être victimes de leur propre crédulité. Même si on n’en est pas encore là, au Gabon.

    Mais, étant donné que les célébrations ont déjà commencé, pourquoi ne pas se réjouir de ce que, sur cinq nations africaines passées sous la botte de militaires putschistes depuis 2020, une, au moins, aura renoué avec la normalité. Quelle chance ! Car, ailleurs, tel autre putschiste, sans passer par le suffrage universel, s’apprête à s’octroyer une rallonge de cinq années de pouvoir, en plus des quatre déjà passées au palais présidentiel. En attendant d’autres prorogations, si le peuple le désire… Président à vie, putschiste à bail emphytéotique, qui voudrait ne plus être désigné que comme président de la République. Tous les putschistes ne se valent décidément pas !

    Faut-il comprendre que certains putschistes sont dignes d’admiration ?

    Il y en a que l’on admire pour avoir mis fin à un régime insupportable, c’est le cas de Brice Oligui Nguema, tombeur d’Ali Bongo, ou de Zine el-Abidine Ben Ali, qui avait renversé Habib Bourguiba, en Tunisie. Cela ne présume rien de ce que sera, ensuite, leur propre régime. D’ailleurs, Ben Ali lui-même a mal fini. Certains prennent le pouvoir pour nettoyer les écuries et impulser une dynamique politique saine, tel Amadou Toumani Touré qui, parce qu’il a bien conduit sa transition, reviendra par les urnes, dix ans plus tard. Autre cas, emblématique, trop souvent cité ici, faute d’antidote : Jerry Rawlings, au Ghana. En trois mois, il a organisé des élections et rendu le pouvoir au civil élu. Il reviendra cependant quinze mois plus tard, pour finir d’assainir l’économie et initier, en 1992, une démocratie exemplaire. Rien en commun avec les putschistes rêvant d’éternité, qui craignent tant le suffrage universel.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 3 mai 2025 sur RFI

  • Togo-Ignace Tankroukou, rédacteur en chef à l’ATOP, est mort

    Togo-Ignace Tankroukou, rédacteur en chef à l’ATOP, est mort

    M. Tankroukou Daka Ignace, rédacteur en chef à l’Agence togolaise de presse (ATOP) est décédé le samedi 26 avril à Lomé suite à un malaise, a annoncé dans la soirée, le directeur de l’agence, Eyebiyi Kokouvi.

    « Aujourd’hui plus que jamais, nous sommes investis d’une mission précieuse : faire de l’ATOP une agence de référence, respectée tant sur le plan national qu’international. C’était un rêve cher à notre regretté chef Tankroukou Ignace, qui n’a cessé de travailler sans relâche pour que cet objectif devienne une réalité. Bien qu’il ait quitté notre barque trop tôt, son héritage et ses valeurs demeurent vivants en chacun de nous », a écrit le directeur de l’Agence sur la plateforme Whatsapp du personnel.

    « Nous avons le devoir de poursuivre son œuvre avec détermination et loyauté. Ne baissons pas les bras. Continuons ce travail noble pour honorer sa mémoire et faire briller encore plus haut l’ATOP », a souhaité M. Eyebiyi.

    L’illustre disparu est un passionné du sport, un homme social et sociable qui est très attaché au travail et aux valeurs humaines. Le 31 juillet prochain, l’homme va souffler sa 59e bougie et à un an de sa retraite, il est fauché par la mort au lendemain du retour d’une mission à Dapaong.

    « Il est très dévoué au travail et au travail bien fait. Rigoureux envers lui-même sur la ponctualité, il attendait beaucoup de ses collaborateurs. Surtout ce qu’il mangeait, il prenait le soin d’éviter tout ce qui peut être à l’origine du moindre désagrément pour sa santé », a témoigné M. Kolani Yaya, chef reportage à l’Agence, un collaborateur immédiat du défunt. Le samedi matin, poursuit-il, « nous avons discuté de l’organisation du travail sur le bulletin spécial du 27 avril, alors même qu’il s’apprêtait pour aller suivre au Palais de congrès de Lomé, la conférence d’hommage aux grandes figures de l’indépendance du Togo ».

    « Une mort inattendue, un décès brutal qui laisse tout le personnel perplexe. C’est vraiment incroyable. Alors qu’il était avec nous depuis mercredi passé dans la région des Savanes puis rentré à Lomé vendredi. Très triste. Que Dieu Tout-puissant lui accorde un repos éternel », a commenté Bodjona Gabriel, Chef bureau ATOP-Dapaong.

    Feu Tankroukou était le président en exercice de l’Association de secours de l’ATOP (ASATOP) et membre de plusieurs associations dont l’OTM (Observatoire togolais des médias).

    Avec ATOP

  • Togo: l’opposition contrainte de repousser son meeting prévu en marge du 65e anniversaire de l’indépendance

    Togo: l’opposition contrainte de repousser son meeting prévu en marge du 65e anniversaire de l’indépendance

    Le Togo a célébré le 65e anniversaire de son accession à l’indépendance, dimanche 27 avril. Pour l’occasion, un défilé militaire et civil de plusieurs heures a été organisé sur la place des Fêtes de Lomé II, non loin de la présidence de la République. En revanche, à la demande des autorités, l’opposition a été contrainte de reporter sine die son meeting prévu sur la plage de la capitale.

    Marine, armée de terre, armée de l’air et gendarmerie : pendant près de trois heures, dimanche 27 avril, tous les corps de l’armée togolaise ont participé à un défilé militaire sur la place des Fêtes du quartier de Lomé II. Organisée à l’occasion du 65e anniversaire de l’indépendance du pays, la parade s’est déroulée en présence du président Faure Gnassingbé et de nombreuses personnalités. 

    Alors que le Togo doit définitivement entrer dans la Ve République ces prochaines semaines avec la fin de l’installation des nouvelles institutions issues de la Constitution du 6 mai 2024, il s’agissait de la dernière fête de l’indépendance célébrée sous la IVe République.

    Annulation sine die

    En marge des célébrations officielles, plusieurs organisations de la société civile et quelques partis d’opposition avaient, eux, prévu de tenir un meeting populaire sur la plage de Lomé.

    Mais à la demande du ministère de l’Administration territoriale, l’événement a dû être annulé sans qu’une nouvelle date pour sa tenue ne soit annoncée, ce qui provoque la colère de ses organisateurs. « On a le sentiment que, face à l’organisation d’un événement, certains groupes obtiennent toutes les autorisations nécessaires alors que d’autres récoltent surtout des interdictions. Cela a encore été le cas aujourd’hui, avec ce feu vert à l’installation d’apatams [construction légère constituée d’un toit végétal soutenu par des poteaux, NDLR]  juste à côté de l’endroit où nous avions prévu de faire notre manifestation…», déplore le professeur David Dosseh, porte-parole de la coalition Togo-Debout, qui crie à l’injustice.

Radio Renouveau228

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