Auteur/autrice : La Rédaction

  • Manifestations de juin au Togo : dans la discrétion, la CNDH a mouillé le maillot

    Manifestations de juin au Togo : dans la discrétion, la CNDH a mouillé le maillot

    Lors des manifestations des 26, 27 et 28 juin au Togo, loin des micros et des caméras, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a joué sa partition, celle de s’employer à ce que l’essentiel soit sauvegardé.

    Rapport étape

    Attendu dans certains milieux de défense des droits de l’homme,  le rapport d’étape lié à la situation des droits de l’homme après qu’une partie des Togolais ont manifesté contre le pouvoir en place ces 26, 27 et 28 juin 2025 à Lomé et dans ses environs est prêt en partie. Le document à mi-parcours a été remis à Kodjo Adédzé, le président de l’Assemblée nationale.

    « Ce rapport d’étape élaboré conformément à son mandat de promotion, de protection des droits de l’homme et de prévention de torture et autres formes  de traitements cruels, inhumains et dégradants, présente les constats provisoires, les préoccupations relevées ainsi que  les recommandations formulées à l’endroit de tous les acteurs en vue de garantir le respect des droits fondamentaux de tous les  concitoyens », indique un communiqué officiel dont Reanouveau228 dispose d’une copie.

    Selon toujours ladite note signée par Me Kwa Ohini Sanvee, la Commission nationale des droits de l’homme rappelle que les droits de l’homme « ne peuvent prospérer dans un climat de violence généralisée mais plutôt avec une culture de respect mutuel et de tolérance ».

    Au moins sept morts

    Et la CNDH d’ajouter qu’elle reste déterminée  « à poursuivre avec professionnalisme la  documentation des allégations de violation des droits de l’homme afin que la (toute) lumière soit faite sur les cas avérés ».

    Si l’institution appelle les uns et les autres  à privilégier le dialogue, le respect de la loi, accorder une importance capitale à la préservation de la paix, il faut dire que les dernières manifestations des contestations du régime en place ont fait au moins officiellement sept (7) décès, dus à la répression des forces de l’ordre et de défense. Avec le soutien des milices, dit-on.

    Mission

    Sous le sceau de la discrétion – c’est l’impression que beaucoup ont -, la Commission a pu visiter les lieux de détention et de garde-à-vue lors des manifestations et identifier en concertation avec les familles et les proches des victimes. Des organisations de défense des droits de l’homme aussi l’ont saisie dans ce sens.

    En réalité, conformément à sa mission de promotion et de protection des droits de l’homme, ainsi que le mécanisme national de prévention de la torture, la CNDH a pu se rendre dans tous les lieux de privation de liberté, permettant ainsi aux familles et proches des gardés-à-vue de visités ces derniers.

    Limité ?

    Beaucoup des proches et familles des victimes, grâce à la Commission, ont vu leur conseil avoir également accès à ces lieux de privation de liberté.

    Grâce à la CNDH, certains qui ont sollicité leurs avocats en ont eu accès. Il se susurre que certains détenus ont dû voir leurs conditions de détention améliorées suite à la visite de l’institution.

    Si certains disent que la Commission aurait abattu un travail colossal, il faut dire qu’elle n’est pas à même de rendre publiques ses actions sur le terrain. Tout simplement parce que la loi ne le lui en permet pas bien qu’on la trouve indifférente ou absente quand les droits de l’homme sont violés ou bafoués. Le contraste reste que les plus virulentes critiques proviendraient de ceux qui la saisissent après tout. A suivre !!!

  • Au Togo, plusieurs personnes tuées lors de manifestations, selon des organisations

    Au Togo, plusieurs personnes tuées lors de manifestations, selon des organisations

    Lors de manifestations contre le pouvoir et la hausse des prix, au moins sept personnes ont été retrouvées mortes fin juin, à Lomé, la capitale togolaise.

    Lors des manifestations contre le pouvoir à Lomé, fin juin, au moins sept personnes ont été tuées et des « dizaines » d’autres blessées, ont affirmé, dimanche 29 juin, des organisations de la société civile, dénonçant des « exactions commises par des éléments des forces de l’ordre et des miliciens ».

    De jeudi 26 à samedi 28 juin, réunis parfois par dizaines dans certains quartiers, les manifestants ont été dispersés à coups de gaz lacrymogènes. Des pneus et des barricades en bois ont été brûlés dans certaines rues de la capitale, où de nombreux commerces étaient restés fermés.

    Dimanche soir, le gouvernement togolais a réagi et dénoncé « des tentatives de récupération malheureuses » à la suite de « la découverte et [du] repêchage de corps » dans des cours d’eau de la capitale, jeudi et samedi. « Les résultats des analyses médico-légales (…) ont révélé que ces décès sont survenus par suite de noyade », a démenti le gouvernement dans un communiqué, sans se prononcer sur le nombre de corps repêchés.

    « Le droit de nous exprimer »

    Autre réaction, celle du ministre de l’administration territoriale togolaise, Hodabalo Awaté, à la télévision d’Etat, dimanche soir : « Je voudrais féliciter le bon comportement de nos concitoyens et également le professionnalisme de nos forces de sécurité et surtout les rassurer que le gouvernement prendra toutes les dispositions pour protéger le citoyen togolais. »

    Les manifestations sont rares au Togo ces dernières années, mais il s’agissait du deuxième appel lancé sur les réseaux sociaux à descendre dans la rue ce mois-ci. « Nous sommes dans un pays où des citoyens ont quand même le droit de sortir, de s’exprimer et ils n’ont pas à faire face à cette brutalité mise en place par l’Etat, c’est inacceptable », a déclaré le porte-parole du Front citoyen Togo debout, David Dosseh. Il ajoute : « Nous ne sommes pas des animaux, nous sommes des fils de ce pays et en tant que fils et citoyens de ce pays, la Constitution nous donne le droit de nous exprimer et de manifester pacifiquement. »

    « Mauvais traitements »

    Les manifestants protestaient contre des arrestations de voix critiques, la hausse du prix de l’électricité ou encore la réforme constitutionnelle qui permet à Faure Gnassingbé, 59 ans, de consolider son pouvoir, en place depuis 2005.

    Début juin, les premières manifestations avaient en partie été lancées par le rappeur Aamron, critique du pouvoir, qui avait été arrêté fin mai, avant de réapparaître dans une vidéo le 5 juin, d’un hôpital psychiatrique où il présentait des excuses à Faure Gnassingbé. Il a depuis été libéré le 21 juin.

    Dès les 5 et 6 juin, une cinquantaine d’arrestations avaient été signalées par les autorités. Certains manifestants, majoritairement jeunes, avaient déclaré à Amnesty International « avoir été soumis à la torture ou à d’autres mauvais traitements ». Le gouvernement avait répondu ne pas avoir eu connaissance de tels cas.

    Mi-juin, les autorités togolaises ont suspendu pour trois mois la chaîne de télévision France 24 et RFI, accusées d’avoir relayé des « propos inexacts et tendancieux » après des manifestations du début du mois.

    Avec AFP



  • Infrastructures, modification de la Constitution… Pourquoi ces manifestations contre le pouvoir au Togo

    Infrastructures, modification de la Constitution… Pourquoi ces manifestations contre le pouvoir au Togo

    Les Togolais sont de nouveau sortis dans la rue ce jeudi 26 juin pour protester contre le pouvoir et demander “la démission de Faure Gnassingbé”.  

    Depuis 2017, les manifestations sont rares au Togo mais la police a réprimé ce jeudi des groupes de manifestants dispersés dans la capitale Lomé. “J’ai décidé de tout fermer en soutien aux manifestations déclenchées pour libérer notre pays, car trop, c’est trop. Nous voulons le changement”, a expliqué à l’Agence France-Presse, Hélène, une commerçante du quartier de Hedzranawoé.

    Manque d’emplois, précarité des infrastructures… La colère est globale et la question des conditions de vie est au cœur de la contestation. L’état des routes est également jugé médiocre, alors que la saison des pluies commence au Togo et que les routes se retrouvent totalement inondées.

    Un autre pans de la mobilisation vient de l’augmentation du prix de l’énergie annoncée en mai. “Il y a eu +12,5% d’augmentation des frais d’électricité et les Togolais ne l’ont pas digéré. Ils sont obligés de payer cher pour un service dont ils ne bénéficient pas en termes de qualité. Parce qu’il y a beaucoup de perte d’énergie, elle n’arrive pas à destination, et ce sont des pratiques qui permettent de détourner des fonds”, expliquait à TV5Monde, au début du mois de juin, Mohamed Madi Djabakaté, politique et essayiste. 

    En conséquence, “beaucoup de services en rapport avec l’électricité ont subi des augmentations. Les Togolais ont donc compris que la politique menée a un impact concret sur leur quotidien. Selon des analyses économiques, l’augmentation du prix de l’électricité pourrait entraîner une inflation de 10% à 15% dans les mois à venir”, commentait-il.

    “Des procédures législatives opaques” 

    Dans le pays, où Faure Gnassingbé, président après avoir succédé à son père en 2005, a récemment consolidé son pouvoir grâce à une réforme constitutionnelle, les manifestations sont pourtant interdites depuis 2022. Une interdiction qui est intervenue après une attaque meurtrière au grand marché de Lomé. Les meetings eux, restent autorisés.

    Le 19 avril 2025, les parlementaires togolais ont adopté un changement de la Constitution. Désormais, pour élire le président, le suffrage universel direct n’est plus nécessaire. Autre changement: le pays est transformé en un système parlementaire où la limite de mandats présidentiels est supprimée. Elle était jusque-là fixée à deux. 

    Selon le centre d’études stratégiques de l’Afrique, Africa Center, “ce changement fondamental du système de gouvernance du Togo, qui limite les droits politiques des citoyens, n’a pas été adopté par référendum, mais par le parti au pouvoir depuis longtemps et ce, via des procédures législatives opaques.” 

    Au micro de RFI, Sambirini Targone, coordinateur de la dynamique pour la majorité du peuple au Togo, a réagi : “En violant cette Constitution, qui est la loi fondamentale du pays, on déstabilise le pays. En ce moment les populations se disputent des nourritures avariées. Quand on fait le bilan de Faure Gnassingbé, après avoir dépensé 15000 milliards de Francs CFA et une dette de 4000 milliards, qu’est-ce que l’argent a servi à faire ?”

    “Touche pas à ma Constitution”

    Jeudi 26 juin, un fort dispositif policier quadrillait plusieurs quartiers de la capitale, après la dispersion avec des gaz lacrymogènes de groupes de manifestants. 

    Début juin, des manifestations ont été lancées sur les réseaux sociaux par des influenceurs de la diaspora togolaise et des militants de la société civile pour protester contre le pouvoir. Il n’y a pas d’organisation politique leader de ce mouvement. 

    Les récentes manifestations avaient notamment été initiées par le rappeur Aamron, critique du pouvoir. Il avait été arrêté fin mai avant de réapparaître dans une vidéo le 5 juin, depuis un hôpital psychiatrique où il présentait des excuses envers Faure Gnassingbé.

    Lors des mouvements du début du mois, une cinquantaine de personnes ont été arrêtées puis libérées. Des journalistes qui couvraient les manifestations ont été brièvement interpellés et contraints par les forces de l’ordre d’effacer leurs images. 

    Un regroupement de partis politiques de l’opposition et de la société civile, le Front “Touche pas à ma Constitution”, a affirmé “condamner avec la plus grande fermeté les arrestations massives et arbitraires perpétrées les 5 et 6 juin 2025″.

    ”Ces arrestations “sont l’expression d’un pouvoir aux abois qui préfère la violence à l’écoute, la répression à l’apport de solutions aux préoccupations des citoyens”, a-t-il estimé. 

    Malgré la répression et les risques, les Togolais n’ont pas plié. De nouveaux appels à manifester ont été lancés sur les réseaux sociaux pour les prochains jours pour demander “la démission de Faure Gnassingbé”.  

    Source: https://information.tv5monde.com/afrique



  • Togbui Dagban-Ayivon: “L’avortement a d’énormes effets négatifs ” sur celui qui le fait

    Gardien des us et coutumes, Togbui Dagban-Ayivon a, de nouveau, participé à une émission ce lundi 8 juillet sur une radio privée de la place sur la problématique de l’avortement. Une occasion pour lui d’aborder d’autres sujets liés à la tradition africaine.

    Ecoutez-le plutôt:

  • Energie solaire: 𝐮𝐧𝐞 𝐞́𝐭𝐚𝐩𝐞 𝐜𝐥𝐞́ 𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐥𝐚 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐬𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞́𝐧𝐞𝐫𝐠𝐞́𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 au Togo

    Le ministère des Mines et des Ressources énergétiques (MMRE), en partenariat avec RELP, a organisé du 11 au 12 juin 2025 un atelier technique dédié à la conception du processus concurrentiel dans le cadre de l’approche programmatique pour le développement de 400 MW solaires au Togo.

    Cette initiative s’inscrit dans la volonté du gouvernement togolais de renforcer son autonomie énergétique, de diversifier son mix énergétique et de réduire sa dépendance aux importations et aux combustibles fossiles, tout en s’alignant sur les engagements nationaux, régionaux et internationaux en matière de transition énergétique et de développement durable.

    L’atelier a permis de réunir les principaux acteurs du secteur énergétique, dont les décideurs du MMRE, les agences de régulation, la CEET, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des représentants du secteur privé.

    Les discussions ont porté sur la structuration d’un cadre transparent et attractif pour l’attribution des projets solaires, la validation d’un plan de mise en œuvre détaillé, l’analyse des risques et la prise en compte des attentes du marché.

    L’ambition est de garantir la faisabilité, l’efficacité et la bonne gouvernance du programme, tout en favorisant l’investissement privé, la création d’emplois verts et la promotion du contenu local.

    Les résultats attendus incluent :

    ✅  la clarification des caractéristiques du programme d’appels d’offres (taille des lots, critères de sélection, structure contractuelle),

    ✅  la validation d’une feuille de route opérationnelle,

    ✅  l’engagement renforcé des parties prenantes,

    ✅  ainsi qu’une meilleure compréhension des risques et des attentes du marché.

    Un rapport final permettra de résumer les discussions et recommandations pour le lancement officiel du processus compétitif, servant de base à la préparation et au suivi du programme avec l’ensemble des acteurs concernés.

    AvecLe ministère des Mines et des Ressources énergétiques (MMRE), en partenariat avec RELP, a organisé du 11 au 12 juin 2025 un atelier technique dédié à la conception du processus concurrentiel dans le cadre de l’approche programmatique pour le développement de 400 MW solaires au Togo.

    Cette initiative s’inscrit dans la volonté du gouvernement togolais de renforcer son autonomie énergétique, de diversifier son mix énergétique et de réduire sa dépendance aux importations et aux combustibles fossiles, tout en s’alignant sur les engagements nationaux, régionaux et internationaux en matière de transition énergétique et de développement durable.

    L’atelier a permis de réunir les principaux acteurs du secteur énergétique, dont les décideurs du MMRE, les agences de régulation, la CEET, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des représentants du secteur privé.

    Les discussions ont porté sur la structuration d’un cadre transparent et attractif pour l’attribution des projets solaires, la validation d’un plan de mise en œuvre détaillé, l’analyse des risques et la prise en compte des attentes du marché.

    L’ambition est de garantir la faisabilité, l’efficacité et la bonne gouvernance du programme, tout en favorisant l’investissement privé, la création d’emplois verts et la promotion du contenu local.

    Les résultats attendus incluent :

    ✅  la clarification des caractéristiques du programme d’appels d’offres (taille des lots, critères de sélection, structure contractuelle),

    ✅  la validation d’une feuille de route opérationnelle,

    ✅  l’engagement renforcé des parties prenantes,

    ✅  ainsi qu’une meilleure compréhension des risques et des attentes du marché.

    Un rapport final permettra de résumer les discussions et recommandations pour le lancement officiel du processus compétitif, servant de base à la préparation et au suivi du programme avec l’ensemble des acteurs concernés.

    Avec

  • Au Togo, la police réprime les nouvelles manifestations contre le pouvoir à Lomé, plusieurs journées de mobilisation prévues

    Au Togo, la police réprime les nouvelles manifestations contre le pouvoir à Lomé, plusieurs journées de mobilisation prévues

    Un fort dispositif policier quadrillait plusieurs quartiers de la capitale togolaise Lomé, ce jeudi 26 juin 2025, après la dispersion de quelques groupes de manifestants contre le pouvoir.

    Des pneus et des barricades de bois brûlaient dans certaines rues de la capitale où de nombreux commerces étaient restés fermés, ce jeudi 26 juin 2025. Les manifestants, réunis parfois par dizaines dans certains quartiers, ont été dispersés à coups de gaz lacrymogènes.

    Les manifestations sont rares au Togo ces dernières années mais il s’agit du deuxième appel de la société civile et d’influenceurs à descendre dans la rue ce mois-ci. Ils protestent contre des arrestations de voix critiques, la hausse du prix de l’électricité ou encore la réforme constitutionnelle qui permet à Faure Gnassingbé, 59 ans, de consolider son pouvoir. 

    “J’ai décidé de tout fermer aujourd’hui en soutien aux manifestations déclenchées pour libérer notre pays, car trop, c’est trop. Nous voulons le changement”, a expliqué à l’AFP, Hélène, une commerçante du quartier de Hedzranawoé.

    Faure Gnassingbé est président depuis 2005, après avoir succédé à son père qui a dirigé le pays d’une main de fer durant trente-huit ans. Avec la nouvelle Constitution, le pays a basculé l’an dernier dans un régime parlementaire dont l’actuel président occupe la plus haute fonction, sans limitation de mandat.

    Des précédentes manifestations en 2017

    En 2017 déjà, des milliers de Togolais étaient sortis dans la rue pour exiger des réformes constitutionnelles dont le retour à la Constitution de 1992, qui prévoit un maximum de deux mandats présidentiels mais aussi pour réclamer plus de moyens pour vivre dans un contexte économique difficile. Des marches pacifistes ont été organisées par une coalition de quatorze partis d’opposition, violemment réprimées. 

    “Aujourd’hui, la différence avec 2017 vient du fait que ce ne sont plus les politiques qui appellent au soulèvement, comme au temps du Parti national panafricain (PNP) de Tipki Atchadam mais des jeunes togolais eux-mêmes. Tout le pays est concerné”, explique à TV5Monde Sylvestre Kokou Béni, journaliste à Lomé et actuel secrétaire général du patronat de la presse togolaise. 

    Et cette nouvelle contestation vient notamment de jeunes influenceurs de la diaspora togolaise dont l’artiste Zaga Bambo qui réside en France. Il publie régulièrement des contenus sur son TikTok dénonçant la politique de Faure Gnassingbé et la répression contre les manifestants. 

    De nouvelles manifestations organisées

    La semaine dernière, Aamron, un rappeur togolais critique du pouvoir dont l’arrestation fin mai avait été l’un des déclencheurs des manifestations, a été libéré de l’hôpital psychiatrique où il avait été interné. Les 5 et 6 juin, des manifestants, majoritairement jeunes, étaient descendus dans la rue et une cinquantaine d’arrestations avaient été signalées par les autorités. 

    La plupart avaient ensuite été libérés mais Amnesty avait dénoncé des cas de “torture” sur des manifestants. Le gouvernement avait répondu ne pas avoir été saisi de tels cas. 

    “Les pouvoirs publics ont pris soin de rappeler qu’à ce stade, aucune saisine – avec l’identification des organisateurs des manifestations – n’est sur la table des autorités compétentes. Nous sommes face à une volonté manifeste de semer le désordre et le chaos. Les auteurs d’une situation illégale et irrégulière, assumeront leur responsabilité, a prévenu cette semaine le ministre de la réforme du service public, du travail et du dialogue social, Gilbert Bawara. Tout ce qui pourrait faire régresser notre pays et le faire reculer dans son élan de progrès, doit être proscrit et évité”.

    De nouvelles manifestations devraient avoir lieu les 27 et 28 juin à Lomé et dans d’autres villes du Togo pour demander “la démission du président Faure Gnassingbé”, selon les organisateurs. 

    Source: https://information.tv5monde.com/afrique



  • Togo : les forces de l’ordre déployées après la dispersion de manifestants

    Togo : les forces de l’ordre déployées après la dispersion de manifestants

    Après des manifestations contre le pouvoir et la hausse des prix, un important dispositif policier quadrillait plusieurs quartiers de Lomé, la capitale togolaise, le 26 juin.

    Les manifestants, réunis parfois par dizaines dans certains quartiers, ont été dispersés à coups de gaz lacrymogènes par les policiers, le jeudi 26 juin au matin. Des pneus et des barricades de bois brûlaient dans certaines rues de la capitale, où de nombreux commerces étaient restés fermés.

    Les manifestations sont rares au Togo ces dernières années, mais il s’agit du deuxième appel de la société civile et d’influenceurs à descendre dans la rue ce mois-ci. Ils protestent contre des arrestations de voix critiques, la hausse du prix de l’électricité ou encore la réforme constitutionnelle qui permet à Faure Gnassingbé, 59 ans, de consolider son pouvoir, en place depuis 2005. Avec la nouvelle Constitution, le pays a basculé en 2024 dans un régime parlementaire dont il occupe la plus haute fonction, sans limitation de mandat.

    L’un des déclencheurs des manifestations

    « J’ai décidé de tout fermer aujourd’hui en soutien aux manifestations (…) pour libérer notre pays, car trop, c’est trop. Nous voulons [du] changement », a expliqué Hélène, une commerçante du quartier de Hedzranawoé. « J’ai peur d’ouvrir ma boutique, parce que certains profitent souvent de ces situations pour piller les magasins et les boutiques », confiait de son côté Afi, assise devant son kiosque de denrées alimentaires, dans le quartier Novissi.

    Mi-juin, Aamron, un rappeur togolais critique du pouvoir dont l’arrestation à la fin de mai avait été l’un des déclencheurs des manifestations, a été libéré de l’hôpital psychiatrique où il avait été interné. Les 5 et 6 juin, des manifestants, majoritairement jeunes, étaient descendus dans la rue, et une cinquantaine d’arrestations avaient été signalées par les autorités.

    La plupart avaient ensuite été libérés mais Amnesty International avait dénoncé des cas de « torture » sur certains d’entre eux. Le gouvernement avait répondu ne pas avoir été saisi de tels cas.

    Assumer « leur responsabilité »

    « Les pouvoirs publics ont pris soin de rappeler que, à ce stade, aucune saisine – avec l’identification des organisateurs des manifestations – n’est sur la table des autorités compétentes. Nous sommes face à une volonté manifeste de semer le désordre et le chaos. Les auteurs d’une situation illégale et irrégulière, assumeront leur responsabilité », a prévenu à la fin de juin le ministre de la réforme du service public, du travail et du dialogue social, Gilbert Bawara.

    Il ajoute : « Tout ce qui pourrait faire régresser notre pays et le faire reculer dans son élan de progrès doit être proscrit et évité. »

    Avec AFP


  • « Une gouvernance sans limite, ni légale ni temporelle » : deux intellectuels togolais alertent

    « Une gouvernance sans limite, ni légale ni temporelle » : deux intellectuels togolais alertent

    ENTRETIEN CROISÉ. L’arrestation fin mai du rappeur Aamron a réveillé une colère longtemps contenue au Togo. Dans une interview croisée avec Le Point Afrique, l’écrivain Radjoul Mouhamadou et le penseur Sénamé Koffi Agbodjinou décryptent un système à bout de souffle.

    Depuis l’arrestation, fin mai, du rappeur Aamron – brièvement interné en hôpital psychiatrique avant d’être relâché –, des appels à manifester circulent au Togo, avec trois journées de mobilisation prévues les 26, 27 et 28 juin. Dans ce contexte tendu, deux intellectuels togolais livrent une analyse approfondie des tensions politiques actuelles. Radjoul Mouhamadou, politiste basé au Canada, coauteur de Ce pays est à nous, et Sénamé Koffi Agbodjinou, penseur togolais et initiateur du WoeLab, un écosystème citoyen et technologique basé à Lomé, décryptent les ressorts d’une contestation populaire et les perspectives qu’elle ouvre.

    Alors que le régime de Faure Gnassingbé, désormais parlementaire, se heurte à une défiance croissante marquée par arrestations et intimidations, les deux hommes appellent à dépasser la simple réaction. Récemment, les réseaux professionnels – Meta principalement – en ligne de Sénamé Koffi Agbodjinou, fruit de plus de douze années de travail, ont été supprimés sans explication, illustrant la violence du verrouillage politique.

    Entretien croisé sur les racines de la colère, le verrouillage démocratique et les scénarios d’avenir d’un pays trop longtemps confisqué.

    Le Point Afrique : L’arrestation d’Aamron, fin mai, a servi de détonateur à une vague de mobilisation inédite. Où étiez-vous à ce moment-là et comment avez-vous vécu ce basculement ?

    Radjoul Mouhamadou : J’ai été alerté très tôt, dès la nuit du 26 au 27 mai, alors que je revenais de Côte d’Ivoire. Sur le moment, j’ai cru que l’affaire se tasserait, comme cela arrive trop souvent. Mais, cette fois-là, l’onde de choc a été immédiate. L’ampleur de la réaction m’a surpris : le seuil de l’intolérable a clairement été franchi. Quelque chose venait de se réveiller chez les Togolais. 

    Ce sursaut semble pourtant heurter de plein fouet une forme de résignation ancrée depuis des années. Une génération entière paraît avoir renoncé à voter, militer ou même espérer. L’imaginaire collectif togolais a-t-il été brisé ?

    Sénamé Koffi Agbodjinou : Nous avons, avec le Togo, un cas singulier d’emprise sur notre humanité : une culture extrémiste de la conservation du pouvoir, dépourvue de toute conviction susceptible, à l’occasion, de la sublimer – comme ce fut parfois le cas dans les grandes autocraties, capables de produire un souffle esthétique ou intellectuel. Ici, rien de cela. Juste un réflexe clanique, radicalisé depuis près de six décennies !

    L’administration du pays reste figée dans un modèle hérité de la colonisation, totalement dépassé à l’heure de l’intelligence artificielle. Ce système maintient la société dans l’inefficacité et l’arriération. Il s’appuie à la fois sur la peur, utilisée de manière brutale pour dissuader toute contestation, et sur un enchevêtrement opaque d’alliances internationales qui le protègent. Peu à peu, cette emprise a étouffé chez les Togolais jusqu’à l’idée même qu’un autre avenir est possible.

    Il faut aujourd’hui réensemencer l’imaginaire. Ce n’est pas seulement une urgence pour les Togolais. Le Togo manque au monde.

    À quoi ressemble la vie quotidienne sous un pouvoir qui semble ne plus rien promettre ?

    R. M. : La vie quotidienne d’un Togolais moyen, c’est une lutte constante. Les gens ont faim, littéralement. Même ceux qui, autrefois, étaient considérés comme des personnes-ressources dans leur famille n’arrivent plus à aider. Pendant ce temps, d’autres s’enrichissent de façon obscène.

    Mais ce qui m’inquiète surtout, c’est le niveau général de la jeunesse. C’est, à mes yeux, l’une des jeunesses les plus désarmées de la sous-région, sur le plan à la fois professionnel et moral. Je le dis avec gravité. Elle s’est éduquée dans un système politique où le vol, le mensonge et la tricherie sont vus comme des moyens légitimes de réussir. Le modèle qu’on lui donne depuis le sommet de l’État, c’est celui-là : penser d’abord à soi. Et donc elle reproduit cette norme.

    Dans ce pays, tout repose désormais sur les relations. Il faut connaître quelqu’un à l’armée pour éviter des ennuis avec un voisin. À la gendarmerie, ce n’est plus une question de droit ou de tort : tout dépend de ce que vous donnez. À l’hôpital, sans médecin dans la famille, vous pouvez mourir faute de prise en charge. Même pour faire des affaires, il faut un contact dans une banque. Rien ne suit une logique juste ou rationnelle. L’arbitraire est devenu la règle. L’État est démissionnaire. Nos dirigeants vivent dans un monde parallèle, totalement déconnecté. Et ce contraste devient encore plus flagrant aujourd’hui, quand on voit ce qui se fait juste à côté, au Bénin. Là-bas, on prouve qu’un changement est possible, et même rapide.

    Plusieurs opposants ont été arrêtés ces dernières années sans susciter autant d’émoi. Qu’est-ce qui confère à l’affaire Aamron une résonance particulière ?

    R. M. : Je pense que beaucoup de jeunes – 60 % des Togolais ont moins de 25 ans – se sont immédiatement identifiés à Aamron. Son discours radical, le ton de sa charge et l’efficacité de sa critique frontale de l’impéritie du système ont trouvé un écho puissant dans une jeunesse en quête de changement. Cette dernière s’est reconnue dans la figure de cet artiste comme à un porte-parole devenu à la fois un symbole et un martyr pour avoir tenu un langage désarmant de vérité.

    Et puis il y a un autre facteur, plus sensible : son origine. Aamron est kabyé, du Nord, comme Faure Gnassingbé. Je n’aime pas du tout manier les grilles ethniques, car elles peuvent être piégées. Mais beaucoup dans la société civile attachent une signification forte à cet indicateur. Il est indéniable que les contestations qui émergent de cette région, longtemps considérée comme le socle du pouvoir, sont aussi rares qu’elles provoquent généralement de fortes secousses politiques. Ce glacis ethnique qu’on a trop longtemps cru à tort homogène derrière Faure Gnassingbé montre des signes de fissures. J’ai en tête les récentes prises de distance de Marguerite Gnakadè, l’ancienne ministre de la Défense. Pour nombre d’activistes, cette dissidence au sein même de la base du régime ouvre une brèche. Et, parce qu’il est du Nord, certains y ont vu une opportunité historique pour bousculer l’ordre établi.

    L’ampleur des manifestations récentes vous semble-t-elle annoncer un basculement politique ?

    R. M. : Ce qui s’est exprimé au Togo, c’est une pulsion de liberté, mais sans cadre. L’opposition est fragmentée, les partis absents, la société civile en retrait. On assiste à une mobilisation éclatée, efficace pour échapper à la répression mais vulnérable sur le long terme.

    Soyons lucides. Faure Gnassingbé ne tombera pas sous les coups de boutoir de la seule contestation populaire, même si elle est absolument nécessaire. Pour beaucoup, l’armée pourrait jouer un rôle décisif dans l’évolution politique, soit en exerçant une pression interne pour un changement au sommet, soit en prenant le pouvoir par la force. Ce scénario serait tragique si cela se limitait à une simple alternance dans le contrôle civilo-militaire, comme c’est souvent le cas dans la région.

    L’antidote est d’ores et déjà d’engager une réflexion stratégique et politique sur l’après-Faure Gnassingbé. Mais qui y travaille aujourd’hui ? Sans une vision claire, même la plus juste des révolutions risque de tourner en rond ou de se renier.

    Vous parlez souvent d’une jeunesse capable d’hacker le réel, de créer des contre-espaces, des récits alternatifs. Quelles formes concrètes cette « réappropriation » du destin commun que vous appelez de vos vœux pourrait-elle prendre ?

    S. K. A. : La jeunesse togolaise a forcément sa lumière propre enfouie dans son tréfonds. Sur l’état de décomposition avancée que révèle le système oppresseur, les choses appellent à la recomposition de quelque chose. Le creuset de la contestation actuelle est peut-être l’occasion pour cette lumière de filtrer.

    La jeunesse togolaise a de véritables atouts entre les mains : les outils numériques, d’une part, et une richesse d’imaginaires, de récits et de cultures encore souvent inexploités, d’autre part. Si elle parvient à s’organiser autour de ces forces, et à nouer des alliances avec d’autres jeunesses africaines dans un panafricanisme réellement porté par les peuples, elle pourra jouer un rôle décisif. Dans un continent où les jeunes sont majoritaires, elle aurait alors les moyens de repenser l’État et d’en imaginer de nouvelles formes, mieux adaptées à notre époque.

    La réforme constitutionnelle d’avril 2024, qui a instauré un régime parlementaire, marque-t-elle une rupture du contrat social togolais ?

    R. M. : Oui, clairement. En imposant un changement de Constitution sans consultation populaire, Faure Gnassingbé a rompu unilatéralement l’ultime clause de la promesse démocratique nouée par voie référendaire en 1992. Ce refus de consulter le peuple vaut symboliquement autodestitution. Ironiquement, il s’est délesté tout seul de la dernière once de légitimité dont il pouvait jusqu’à récemment se prévaloir. Si cette nouvelle « République sans peuple » peine à se matérialiser institutionnellement, c’est bien parce qu’elle ne repose sur aucun socle de légitimité.

    L’élection présidentielle, jusque-là, offrait un espace de respiration, un moment où le peuple togolais pouvait exister, s’exprimer, contester. En supprimant cette échéance, le régime croyait naïvement avoir fermé cette soupape sans avoir prévu que la pression se trouverait d’autres exutoires. L’opposition politique, elle, s’est effondrée, notamment depuis l’échec en 2020 de la Dynamique Mgr Kpodzro, qui a renoncé à la lutte pragmatique pour un leadership messianique. Résultat des courses : il ne subsiste aujourd’hui plus aucune force politique structurée, plus aucune alternative, plus aucun cap. Ce vide stratégique est, hélas, le meilleur allié du pouvoir togolais.

    Le pays aspire fortement à une rupture, mais cette radicalité manque d’imagination symbolique et d’ambition politique. Ce flou maintient le système en place. Il ne s’agit plus seulement d’alternance : il faut reconstruire un contrat social, redonner du sens au bien commun. Cela ne viendra ni des putschistes ni des technocrates, mais d’un collectif capable de penser et de faire advenir un « tiers pays » – entre ce que nous vivons et ce que nous espérons. Une politique du beau, contre la laideur d’un régime sans horizon.

    Il reste donc de la place pour une contestation non violente ?

    S. K. A. : L’insensibilité manifeste du régime togolais voudrait pousser à se résoudre à une fatalité. Mais il y a toujours de la place pour l’intelligence. Surtout pour une intelligence qui se voudrait de la marge. C’est ce front que nous avons voulu ouvrir avec le projet « Ce pays est à nous tous ».

    Pensez-vous que le Togo pourrait basculer, à l’instar du Mali ou du Burkina Faso, vers un scénario de rupture militaire ?

    R. M. : Oui, ce risque est réel. L’actuel soulèvement populaire pourrait servir de tremplin à l’armée togolaise pour resserrer son emprise sur le pouvoir politique, menant ainsi non pas à la rupture démocratique exigée depuis des décennies, mais à une sorte d’autoritarisme en treillis qui se réclame, comme au Sahel, du panafricanisme et du souverainisme.

    Le régime togolais repose sur un déficit structurel de légitimité, mais également sur une forme de confiscation du temps. En effet, si Faure Gnassingbé n’a pas réussi à gouverner efficacement son pays, il semble avoir réussi à pétrifier le futur en dilapidant le temps nécessaire à la mise en œuvre des réformes structurelles urgentes.

    Par ailleurs, son autorité s’exerce dans un climat marqué par des violences diffuses et multiformes, qui vont du harcèlement fiscal aux interventions policières jugées abusives, parfois dénoncées comme des détentions arbitraires ou des actes de torture par plusieurs observateurs et organisations. Dans ce cadre, le pouvoir apparaît comme pratiquant une gouvernance sans limite, ni légale ni temporelle.

    Ce qui m’inquiète, c’est l’adhésion confusionniste d’une large part de la jeunesse togolaise aux sirènes du putschisme providentiel qui sévit au Sahel. Demain, toute cette séduisante énergie contestataire qui s’est exprimée pourrait fort bien être récupérée par le premier putschiste venu qui revêtira les habits neufs de la révolution panafricaniste.

    Il faut éviter cela à tout prix. Il me semble essentiel que la contestation actuelle renforce les mécanismes démocratiques et protège les institutions. La voie la plus légitime et la plus constructive serait une transition civile, strictement encadrée dans le temps, visant à restaurer l’État de droit et à établir une République véritablement démocratique, garante des droits et libertés fondamentaux.

    Vous êtes tous deux actifs dans des espaces panafricains et diasporiques. Comment cette position peut-elle contribuer aux luttes démocratiques sur le continent, notamment au Togo ?

    S. K. A. : Cette double appartenance nous donne la responsabilité d’agir comme contrepoids à la diplomatie extérieure du pouvoir togolais, qui masque habilement l’impasse démocratique intérieure. Il s’agit d’user de notre position pour fissurer les verrous en ciblant les points de jonction par lesquels s’installe le silence ou l’oubli.

    Nous pouvons aussi jouer un rôle de passeur entre écosystèmes militants et relancer un véritable travail de repolitisation du panafricanisme. Celui-ci, trop souvent réduit aujourd’hui à une posture ou à une plateforme, en vient parfois à marginaliser les luttes locales, comme celle du peuple togolais, perçues comme gênantes au regard des alliances ou des gages accordés par certains régimes à un « néopanafricanisme » de façade.

    Source:lepoint.fr/afrique


  • Au Togo, les forces démocratiques en soutien aux manifestants  anti-pouvoir des 26, 27 et 28 juin

    Au Togo, les forces démocratiques en soutien aux manifestants anti-pouvoir des 26, 27 et 28 juin

    Les forces démocratiques soutiennent les manifestants  des 26, 27 et 28 prochains sur l’ensemble du territoire national et appellent les populations à sortir massivement pour mettre fin au règne de Faure Gnassingbé. Face à la presse cet après-midi, au siège de la Convergence Patriotique des Peuples Africains (CDPA) à Lomé, une dizaine de partis politiques d’opposition et des organisations de la société civile réunis dans un front ont exprimé leur position au regard de la situation sociopolitique du moment au Togo. Ces parti politique d’opposition et les organisations de la société civile togolaise, à l’instar des autres qui se sont déjà prononcées sur les prochaines manifestations, refusent d’être complices de la crise voulue par Faure Gnassingbé et son équipe.

    CONFERENCE DE PRESSE DES PARTIS POLITIQUES, REGROUPEMENT DE PARTIS POLITIQUES ET ORGANISATIONS DE LA SOCIETE CIVILE

    DECLARATION LIMINAIRE

     Mesdames et Messieurs les journalistes,

    Les heures que nous vivons sont graves. Elles ne doivent laisser personne indifférente. Le moment est de ceux où le silence devient complicité, et où la neutralité équivaut à une prise de position en faveur de l’injustice. Il est donc de la responsabilité de chaque citoyen épris de justice, de prendre la parole, de nommer les choses et de se tenir aux côtés du peuple qui, pacifiquement, réclame le changement pour un avenir meilleur.

    C’est dans cet esprit que nous, partis politiques, regroupement de partis politiques et organisations de la société civile suivant : ADDI, CAR, DMP, LES DEMOCRATES, LDP, PSR, SANTE DU PEUPLE, tenons aujourd’hui cette conférence de presse, en écho à cette parole historique de Sylvanus OLYMPIO : « Sentinelle, que dis-tu de la nuit ? La nuit est longue, mais le jour vient. »

    Cette citation puissante, extraite de la déclaration d’indépendance prononcée par le père de l’indépendance, résonnait d’espoir et promettait un avenir meilleur pour le Togo et ses citoyens. Cependant, soixante-cinq ans après l’indépendance nominale, le Togo est toujours plongé dans une nuit interminable. Depuis le 6 juin 2025, une lueur d’espoir renaît avec une nouvelle dynamique de contestation portée par la  jeunesse vaillante du Togo, déterminée à prendre en main destin pour un changement total du système qui nous régente depuis plus de 60 ans.

     C’est pourquoi au nom de l’article 150 de la constitution togolaise qui consacre : « En cas de coup d’état, ou de coup de force quelconque, tout membre du Gouvernement ou de l’Assemblée nationale a le droit et le devoir de faire appel à tous les moyens pour rétablir la légitimité constitutionnelle, y compris le recours aux accords de coopération militaire ou de défense existants.

    Dans ces circonstances,  pour tout Togolais, désobéir et s’organiser pour faire échec à l’autorité illégitime constituent le plus sacré des droits et le pus impératif des devoirs », nous tenons une fois encore à saluer à sa juste valeur cet éveil de conscience de la jeunesse togolaise. Cette nouvelle dynamique de contestation incarne l’aspiration  légitime du peuple  togolais à un changement démocratique et social, et traduit le rejet du coup de force constitutionnel ayant conduit à la 5è République. Les jeunes porteurs de cette dynamique, déterminés, qui ne cèdent plus à la peur ni à l’intimidation et qui l’ont démontré le 06 juin, appellent de nouveau, à travers les réseaux sociaux, manifestations pacifiques les 26, 27 et 28 juin prochains.

    Cette jeunesse  ne réclame qu’une chose : qu’on lui donne enfin l’opportunité de comparer une autre gouvernance à celle qui la régente depuis plusieurs décennies.

     Nous tenons le pouvoir en place pour seul responsable de la situation actuelle et de toutes ses éventuelles conséquences,  pour avoir délibérément ignoré, des années durant, les appels répétés de l’opposition. Nous condamnons avec la plus grande fermeté les  répressions violentes des 05 et 06 juin 2025, qui s’inscrivent dans une triste routine  désormais bien connue et appelons le gouvernement togolais à respecter pleinement  la liberté d’expression et de manifestation, garantie par Constitution de 1992, votée à plus de 98% par le peuple togolais.

    Nous invitons toute la population togolaise, les différents corps socio-professionnels ainsi que les religions traditionnelle, musulmane et chrétienne à soutenir cette dynamique de contestation pour le bien-être et l’avenir démocratique du Togo.

    Nous lançons particulièrement, un appel aux Forces de Défense et d Sécurité (gendarmes, policiers, militaires) à faire preuve, pour une fois, de retenue et discernement, en s’abstenant de réprimer un peuple déjà trop éprouvé par de longues années de souffrances.

     Enfin, nous lançons un appel pressant à la communauté internationale pour qu’elle soutienne le peuple togolais dans sa quête légitime de démocratie et de justice sociale.

    Nous croyons fermement en un Togo où chaque citoyen peut jouir pleinement de ses droits  constitutionnels, et où la voix du peuple est souverainement respectée et valorisée.

     Fait à Lomé, le 24 Juin 2025

    Les signataires:  ADDI, CAR ,DMP, LES DEMOCRATES, LDP, PSR,  SANTE DU PEUPLE

  • Ce beau et juteux métier!

    Ce beau et juteux métier!

    156 millions de dollars imputés à Matata Ponyo, condamné à dix ans de prison, en mai dernier ; 50 millions, pour Vital Kamerhe, condamné en 2020, puis acquitté en 2022 ; 19 millions, aujourd’hui, qu’est présumé avoir détournés Constant Mutamba… En RDC, le peuple vivote en francs congolais, et l’élite détourne et s’engraisse en dizaines, sinon en centaines de millions de dollars. Faites de la politique ! Vous deviendrez riches !

    Indexé pour avoir détourné 19 millions de dollars destinés à la construction d’une prison, le Garde des Sceaux de la RDC a dû démissionner. Privé, par l’Assemblée nationale, du dernier verrou qui le protégeait, Constant Mutamba est désormais passible de poursuites. N’est-ce pas, là, un triomphe de l’État de droit ?

    Il faudra sans doute attendre encore un peu, pour crier victoire, dans cet environnement où les politiques, pour échapper à la justice, débordent de manigances et de subterfuges. Parce que le courage d’une démission est plutôt rare sous ces latitudes, la décision du ministre, en soi, est une excellente nouvelle. Les politiciens ont une fâcheuse tendance à se cramponner aux postes et aux privilèges, même lorsqu’ils ont atteint leurs limites, ou qu’ils ont simplement échoué. Même compromis ou discrédités, ils n’aiment pas céder la place à plus valeureux qu’eux. Et cette propension à se croire propriétaires, à tout jamais, des fonctions qui leur sont confiées, pèse de son poids mort dans la difficulté, pour l’Afrique, à avancer, à se développer.

    Certes, Constant Mutamba aurait pu prendre les devants, sans attendre d’être désavoué par l’Assemblée nationale. Il aurait ainsi préservé sa dignité, plutôt que de s’épuiser à quémander une bouée de sauvetage du chef de l’Etat, à coups de serments d’allégeance et de pathétiques assurances de loyauté. On imagine qu’il doit beaucoup à Félix Tshisekedi, qui lui a octroyé, à 36 ans, un portefeuille d’importance, la Justice, avec un rang de ministre d’État que ne justifiait certainement pas son score de 0,20 % des voix à la dernière présidentielle.

    N’est-il pas plutôt flamboyant, le bilan qu’il dresse de l’année qu’il vient de passer au ministère de la Justice ?

    Il semble tellement flamboyant, que l’on se demande si Constant Mutamba a effectivement réalisé tout ce qu’il décrit. Il lui fallait être un pur génie, pour réussir, en tout juste treize mois, à transformer le champ de ruines du système judiciaire congolais en un tableau si idyllique. À moins que, dans son esprit, les grandes ambitions qu’il disait nourrir pour la Justice soient, d’office, considérées comme des projets aboutis, dès lors qu’il en a rêvé. C’est un tout aussi authentique exploit que d’être parvenu, en si peu de temps, à brouiller les traces de 19 millions de dollars. Certes, en matière de détournement de deniers publics, la RDC nous a habitués à une certaine démesure. Et la petite poignée qui finit parfois devant la justice est rarement faite de… gagne-petit.

    À qui donc pensez-vous ?

    Il y a tout juste un mois, l’ancien Premier ministre Matata Ponyo était condamné, avec quelques comparses, à dix ans de prison, pour un détournement… de 156 millions de dollars ! La plus grande frustration des Congolais découle de ce que cet ancien Premier ministre, en quatre ans de saga judiciaire, ne s’est pratiquement jamais expliqué sur le fond. Plutôt que de convaincre ses concitoyens de sa probité, il préférait disqualifier les juridictions saisies dans son affaire.

    Vital Kamerhe, aujourd’hui quatrième personnage de l’État, a écopé de 20 ans de prison, en 2020, pour un détournement de quelque 50 millions de dollars. Après une généreuse réduction de la peine, cette affaire a donné lieu, en appel, à un spectaculaire acquittement. Que d’aucuns avaient qualifié de politique, alors que se nouaient, en 2022, les alliances en vue de la présidentielle de 2023.

    Ajoutés aux 19 millions imputés à Constant Mutamba, cela fait 225 millions de dollars, pour seulement trois figures politiques. En RDC, le peuple vivote en franc congolais, tandis que l’élite politique s’engraisse, en centaines de millions de dollars. Les populations y meurent par milliers, sur les voies fluviales, les lignes de chemin de fer, les routes et pistes du pays. Elles crèvent autant dans les dispensaires et hôpitaux mal équipés. C’est ici que l’on se met à rêver du nombre de milliers de Congolais qui échapperaient à une mort certaine, si ces montants faramineux, plutôt que d’atterrir dans les poches de politiciens indélicats, parvenaient au Trésor public !

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 21 juin 2025 sur RFI

Radio Renouveau228

Ceci fermera dans 0 secondes