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  • L’Athlète Naomi Akakpo : “J’ai envie de faire partie de l’histoire de mon pays et de la marquer”

    L’Athlète Naomi Akakpo : “J’ai envie de faire partie de l’histoire de mon pays et de la marquer”

    C’est l’une des étoiles montantes de l’athlétisme africain. Naomi Akakpo, spécialiste du 100 mètres haies, va représenter le Togo aux Jeux Olympiques 2024 qui s’ouvrent ce 26 juillet. À la veille de la grande compétition, cette métisse franco-togolaise nous a accordé un entretien exclusif. Elle revient sur son parcours, ses rêves de victoire, et sa quête de sponsors.

    Comment en êtes-vous venue à l’athlétisme et pourquoi avoir choisi la course de haies ?

    Naomi Akakpo : Par ma mère, qui m’a dit : « Je te vois bien à l’athlétisme, avec tes grandes jambes ». À l’époque, je pratiquais la gymnastique rythmique et sportive, mais l’ambiance n’était pas bonne. C’était la période où Usain Bolt était à son top niveau, je l’adorais et ça n’a donc pas été difficile de me convaincre.

    Ensuite, j’ai fait énormément d’épreuves dans l’athlétisme. En France, j’ai eu un niveau national à la hauteur, aux épreuves combinées et sur les haies. Au début, j’avais choisi les épreuves combinées, mais avec mes études, le fait de devoir gérer sept épreuves s’est avéré compliqué. Je pense que les haies étaient faites pour moi : c’est vraiment mon caractère de tout donner pour franchir les obstacles, dans la vie comme sur la piste.

    Racontez-nous brièvement votre parcours sportif.

     J’ai commencé l’athlétisme en 2011 [elle est née le 17 décembre 2000, NDLR] à Romainville, à quelques kilomètres du Stade de France où j’aurai le privilège de courir aux Jeux cet été. En 2014, j’ai déménagé à Marseille et je me suis inscrite au club Aix Athlé Provence. Après avoir touché à toutes les épreuves, je me suis spécialisée sur le 100 m haies. En 2019, j’ai réalisé mon premier podium au Championnat de France junior en remportant la troisième place du 100 m haies. En 2022, je m’empare du Record national du Togo sur 100 m haies en 13 s 60, tout en prenant la seconde place au Championnat de France Espoir. Je participe ensuite à mes premiers Championnats du monde, avec le Togo, à Eugene aux États-Unis, et me place 2e des Jeux de la solidarité islamique à Konya, en Turquie.

    En 2023, je termine 3e des Championnats de France nationaux sur 60 m haies et m’empare du Record national du Togo. J’ai également participé à mes deuxièmes Championnats du monde avec le Togo, à Budapest en Hongrie.

    Avec ce beau parcours, que pourriez-vous dire sur ce qu’apporte à votre quotidien le sport de haut niveau ? Quelles sont ses vertus ?

    Le sport de haut niveau, c’est pour moi une école de la vie. J’aime justement comparer la vie à ma discipline de prédilection, le 100 m haies. En bref, il faut regarder son objectif au loin, et se concentrer dessus. Il faut s’élancer et franchir chaque haie, surmonter chaque obstacle sur notre route. Et pour le faire, pas d’autre choix que d’aller de l’avant, d’attaquer la haie et de prendre des risques. Et ce n’est pas grave, si on n’y arrive pas du premier coup ou si on tombe. On se relève, on essaie de comprendre ce qu’on peut améliorer, on travaille et on revient plus fort. Et on continue, haie après haie. Dans la vie, dès qu’on a franchi la ligne d’arrivée et qu’on a atteint son objectif, on s’en fixe un nouveau et on part pour une nouvelle course. Cela requiert de la rigueur, de la ténacité, de la persévérance et de la confiance en soi, pour aller au-delà de ses limites, celles qu’on se fixe soi-même ou celles que la société nous impose.

    Vous êtes née Française (d’une mère française et d’un père togolais) et avez choisi de prendre la nationalité togolaise, il y a quatre ans, pour pouvoir représenter le Togo aux Jeux olympiques 2024. Pourquoi ce choix ?

     À mon sens, le Togo n’est pas suffisamment représenté dans les événements sportifs internationaux. C’est l’une des principales raisons qui m’ont motivée à courir pour ce pays. J’avais envie de le faire découvrir à l’international, à travers mon sport et mes performances. Quitte à courir, autant que cela serve à quelque chose ! J’ai envie de faire partie de l’histoire de mon pays et de la marquer. J’ai également envie d’inciter les gens, les femmes, les enfants à se dépenser. Je veux que quand des petites filles ou des petits garçons me voient, ils voient une sportive qui les inspire et qu’ils se disent : « Nous aussi, on peut y arriver. Et nous aussi, on va y arriver. Comme Naomi et même mieux qu’elle ! »

    C’est très dur pour des jeunes de devenir ce qu’ils ne voient pas. Et je pense que je peux avoir un impact positif auprès de cette jeunesse, en tant que modèle qui montre la voie, lors des grandes compétitions et au quotidien sur les réseaux sociaux. C’est en tout cas une motivation profonde et sincère qui me pousse à partager mon histoire et mes aventures.

    Plus que quelques jours avant les JO 2024… Êtes-vous prête, que visez-vous ?

    Oui je suis prête et déterminée ! Mes objectifs sont : battre mon record personnel, passer un tour ; promouvoir le Togo, sa culture et son peuple à l’international, en montrant que notre pays existe et regorge de talents. Également, inspirer les jeunes filles togolaises, d’Afrique et de France, à faire du sport, à s’épanouir dans la pratique et à s’en servir pour devenir les leaders de demain. Car j’en suis convaincue, l’avenir passera par des femmes fortes, confiantes et engagées. Et le sport peut les aider à développer cette confiance en soi et cette puissance indispensable.

    Vous étiez, il y a quelques semaines, encore à la recherche de sponsors. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

    Heureusement, j’ai pu mobiliser quelques partenariats en France qui m’ont permis de financer une partie de ma préparation pour les Jeux. Mais je suis toujours en recherche de sponsors capables de me soutenir financièrement, car dès la fin de la cérémonie de clôture des Jeux de Paris 2024 le 11 août, j’aurai en tête les prochaines Olympiades à Los Angeles en 2028. Et pour progresser et faire briller davantage le Togo, nous devons investir encore plus dans la préparation et les conditions d’entraînement. C’est ainsi qu’un jour nous pourrons lutter avec les meilleures nations d’Afrique et du monde. Ce nouveau projet va évidemment nécessiter un financement conséquent.

    J’aimerais aussi collaborer davantage avec des entreprises présentes au Togo et en Afrique, des marques qui aimeraient bénéficier de mon image et de mes audiences pour toucher leurs cibles ; et aussi des marques prêtes à imaginer des actions associatives à fort impact. Car au-delà d’être une athlète et une créatrice de contenu, je suis une professionnelle de santé, en tant que diététicienne nutritionniste. Et je veux m’engager pour inciter la jeunesse à bouger davantage et à mieux manger.

    Je discute actuellement avec des organisations internationales, mais aussi avec des associations locales, pour développer des actions communes et que je puisse contribuer à valoriser et amplifier leurs messages. C’est encore mieux si on trouve des entreprises avec une vraie démarche RSE pour nous soutenir.

    Source : Forbes Afrique


  • Togo. Faure Gnassingbé et la tentation d’un règne sans limite

    Togo. Faure Gnassingbé et la tentation d’un règne sans limite

    Reportage · Malgré les protestations, le pays dirigé depuis des décennies par la famille Gnassingbé devrait basculer dans un régime parlementaire. Il pourrait permettre au chef de l’État de se maintenir au pouvoir sans aucune limite de temps tant que sa majorité l’emporte. Au grand dam de l’opposition et d’un certain nombre de citoyens, qui n’ont que peu d’espace pour s’exprimer.

    Dans les rues de Lomé, la capitale togolaise, le quotidien a repris le dessus sur l’actualité politique de ces derniers mois. « Nous avons déjà des difficultés à subvenir à nos besoins et ce n’est pas la politique qui pourra nous nourrir toute l’année », lance Honoré. Conducteur de taxi-moto le jour, gardien de sécurité la nuit, il gagne en tout 70 000 FCFA (106 euros) par mois.

    Entre fin mars et fin avril, l’histoire du Togo a pris un tournant : le pays est passé d’un régime semi-présidentiel à un régime parlementaire, ouvrant la voie à une Ve République. Et, le 29 avril, juste après l’adoption au Parlement de la nouvelle Constitution, ont eu lieu les élections législatives, qui avaient été repoussées à cause des débats autour de ce nouveau texte. L’Union pour la République (Unir, anciennement le Rassemblement pour le peuple togolais), le parti au pouvoir depuis des décennies, en est sorti officiellement vainqueur. Si la Constitution a été promulguée en mai, la Ve République n’est pas encore opérationnelle, et il faudra certainement attendre 2025 pour qu’elle se mette en place.

    Dans le nouveau régime, le pouvoir exécutif sera entre les mains du chef de la majorité parlementaire, sans limitation de mandats tant que cette majorité restera à l’Assemblée. Pour ce poste de « président du Conseil », tous les regards se tournent vers Faure Gnassingbé, président de la République du Togo depuis dix-neuf ans et chef de l’Unir. L’actuel chef de l’État, 58 ans, a succédé à son père Eyadema Gnassingbé, à sa mort en 2005. Celui-ci avait dirigé le Togo pendant trente-huit ans, à partir de 1967.

    LA FIN DU SUFFRAGE DIRECT

    Dans le nouveau régime parlementaire, le futur « président de la République » n’aura lui plus qu’un simple rôle représentatif. Il sera élu pour un mandat de quatre ans renouvelable une fois par le Parlement (Assemblée nationale, mais aussi Sénat lorsqu’il sera créé) réuni en Congrès. Il n’y aura donc plus d’élection au suffrage direct pour ces deux postes clefs de « président du Conseil » et de « président de la République ».

    Pour les défenseurs du texte, qui rappellent que ce sont des députés qui ont fait la demande de changement de Constitution, ce régime parlementaire permettrait un meilleur équilibre des pouvoirs. Selon eux, le chef de l’État sera soumis à plus de contrôles de la part du Parlement. Et, selon cette Constitution, « l’Assemblée nationale peut mettre en cause la responsabilité du gouvernement par le vote d’une motion de défiance ». Enfin, toujours selon ses partisans, ce nouveau régime permettrait de limiter les coûts liés aux élections présidentielles.

    Afin de comprendre pourquoi cette nouvelle Constitution fait débat, il faut revenir un peu en arrière. Juste avant le 31 décembre 2023, date officielle de la fin de la législature, vingt-et-un députés de la majorité et de l’opposition dite « centriste » ont déposé au bureau de l’Assemblée une proposition de loi de changement constitutionnel. Mais ce n’est que le 15 mars que le parti Alliance nationale pour le changement (ANC), de l’opposant Jean-Pierre Fabre, révèle au public qu’une nouvelle Constitution s’apprête à passer en Commission des lois.

    PAS DE RÉFÉRENDUM

    Le 25 mars a lieu la première plénière devant tous les députés, et le texte est adopté dans la nuit à la majorité (89 voix pour, 1 contre et 1 abstention) après des heures de lecture et de discussions. L’opinion publique s’empare alors du débat autour du nouveau régime : pour ses détracteurs, cette Constitution est surtout une manière de faire sauter le verrou de la limitation des mandats pour Faure Gnassingbé. En 2002, à l’époque de son père, l’Assemblée nationale avait abrogé la limitation des mandats présidentiels. À la suite de protestations populaires, le Togo avait réintroduit la limitation en 2019, dans sa Constitution, à deux mandats présidentiels de cinq ans. Techniquement, Faure Gnassingbé ne peut donc pas se représenter après 2030.

    Face aux controverses, la présidence ne promulgue pas le texte et le renvoie devant l’Assemblée pour relecture. Après trois jours de consultations nationales, le document est finalement adopté le 19 avril avec 100 % des voix. Dix jours après et avec plusieurs mois de retard sont organisées les élections législatives, qui maintiennent la majorité du camp présidentiel. Ce n’est qu’après celles-ci, le 6 mai, que le texte final est promulgué par la présidence puis publié au Journal officiel.

    Au-delà des débats sur le fond, c’est donc la manière dont la Constitution a été modifiée qui a fait couler beaucoup d’encre. D’une part, les Togolais n’ont pas été consultés par référendum, comme le prévoyait la Constitution en vigueur dès lors que le mandat présidentiel risquait d’être modifié. D’autre part, les citoyens ont dû attendre la publication du texte, adopté quelques jours seulement avant les élections, au Journal officiel pour pouvoir le lire.

    DES MANIFESTATIONS INTERDITES

    Beaucoup de Togolais sont en désaccord avec cette nouvelle Constitution, mais donner son opinion ou manifester au Togo n’est pas sans risques. « Pour certains événements politiques, on a peur de se faire arrêter, donc on ne s’exprime pas trop sur les idées. Si tu contestes beaucoup, tu as des problèmes », explique Honoré, le taxi-moto et gardien de nuit cité plus haut, même s’il admet que sous le père de l’actuel président « c’était quand même pire » : « On avait même peur de parler dans nos maisons. »

    Le couperet n’est jamais loin. Courant mai, deux jeunes Togolais ont été placés en détention préventive après avoir critiqué le président de la République, la Constitution et les dernières élections dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. Ils ont finalement écopé de six mois de prison avec sursis.

    Ces derniers mois, plusieurs tentatives de protestation ont été tuées dans l’œuf. En avril, une marche prévue par l’opposition a été interdite et neuf opposants ont été arrêtés et détenus quelques jours après avoir tenté de sensibiliser au changement de Constitution les badauds sur un marché. Les forces de l’ordre sont allées jusqu’à bloquer des conférences de presse de membres de l’opposition et de la société civile au lendemain de la première adoption de la nouvelle Constitution. Amnesty International avait réagi en dénonçant un climat de « répression ». Par ailleurs, aucun visa n’a été délivré aux journalistes étrangers désirant venir couvrir le scrutin. Thomas Dietrich, qui avait tenté de se rendre à Lomé pour Afrique XXI, avait été violemment arrêté et expulsé. Depuis 2021, six journalistes togolais ont été emprisonnés pendant plusieurs semaines et les journaux sont souvent sanctionnés.

    Pour empêcher les manifestations, le Togo s’appuie sur une loi restrictive votée en 2019 en réaction aux vastes protestations qui ont ébranlé le pouvoir en 2017-2018. Le texte interdit les manifestations sur toutes les routes nationales, les axes où se déroulent de fortes activités économiques, dans les centres urbains, près des institutions togolaises et des chancelleries, etc. Même les Nations unies avaient demandé au Togo de réviser cette loi. Dans ce contexte, trois meetings de la société civile ont été tenus, mais après la promulgation de la nouvelle Constitution et après les élections législatives du 29 avril. Côté opposition, c’est la campagne électorale, entre le 13 et le 27 avril, qui lui a permis de s’exprimer dans les rues.

    « FRAUDES MASSIVES » DÉNONCÉES PAR L’OPPOSITION…

    Appelés aux urnes le 29 avril, les Togolais devaient choisir non seulement leurs députés mais aussi leurs conseillers régionaux. Ces derniers devront élire les futurs sénateurs – lorsque le Sénat sera créé. Selon les résultats officiels de ce double scrutin, la majorité présidentielle a remporté 108 des 113 sièges à l’Assemblée nationale, et 137 des 179 conseillers régionaux. Tous les recours déposés par des candidats contestataires auprès de la Cour constitutionnelle (pour les législatives) et la Cour suprême (pour les régionales) ont été rejetés.

    Le jour des élections, de nombreux partis d’opposition et des candidats indépendants ont en effet dénoncé des « fraudes massives », notamment des « bourrages d’urnes », mais aussi des « votes par dérogation » ou encore des « procès-verbaux pré-remplis », ce que conteste l’Unir. L’Alliance des démocrates pour le développement intégral (Addi), devenu le premier parti d’opposition en termes de sièges attribués, a même filmé une de ces fraudes. Dans cette vidéo, publiée sur internet, un homme portant des habits de la commission électorale glisse dans une urne plusieurs papiers semblant être des bulletins.

    « C’était dans le bureau de l’école à Gnakpoung [dans le Nord] », atteste à Afrique XXI François Kampatibe, porte-parole de l’Addi. « Nous avons bien sûr déposé cette vidéo dans notre dossier de recours. Il a quand même été rejeté », lance-t-il sans être étonné par ce refus. L’Addi affirme que plusieurs militants ont voulu vérifier, voire empêcher, des bourrages d’urnes, notamment dans trois bureaux du nord du Togo. Des citoyens ont voulu faire de même, ce qui a parfois conduit à des affrontements. Plusieurs habitants de la ville de Samomoni sont actuellement en détention préventive à Dapaong à la suite des échauffourées lors des scrutins.

    … ET SATISFECIT DES OBSERVATEURS INTERNATIONAUX

    Le candidat indépendant Emmanuel Palanga, qui a fait campagne dans la région centrale de la Kozah et n’a pas obtenu de siège, dit également avoir constaté des bourrages d’urnes. Selon lui, des représentants de son mouvement qui étaient censés surveiller le scrutin le jour du vote ont été empêchés d’entrer dans une vingtaine de bureaux. « En plus, précise-t-il, les résultats officiels que nous a attribués la Commission électorale dénombre des voix en moins par rapport à nos propres compilations de procès-verbaux… Et cela sans compter les bureaux de vote dans lesquels nous n’avons pas pu rentrer. »

    La communauté internationale ne s’est pas prononcée, à l’exception des observateurs autorisés lors de ces élections (Cedeao, OIF, UA, CEN-SAD) pour qui ces élections se sont bien déroulées. Quelques observateurs nationaux comme le Collectif des associations contre l’impunité au Togo (Cacit) ont malgré tout soulevé plusieurs dysfonctionnements, dont des bourrages d’urnes. Selon lui, certaines tentatives de fraudes ont pu être réglées le jour de l’élection avec l’appui notamment des forces de l’ordre.

    Ces contestations auraient pu être l’occasion pour l’opposition togolaise de s’unir. Mais elle apparaît plus divisée que jamais. Pour le politologue Paul Amegakpo, « l’opposition a toujours eu du mal à être unie au Togo. Vers 2018, elle s’était certes rassemblée dans une coalition appelée “C14.” Mais cette coalition ne s’était pas rassemblée derrière l’opposant Tikpi Atchadam qui avait soulevé les foules pour réclamer la limitation du mandat présidentiel. La C14 a elle-même éclaté… Depuis lors, il y a une vraie crise de confiance chez les Togolais. »

    UNE OPPOSITION DIVISÉE

    Lors des dernières élections, les grands partis d’opposition n’ont pas formé de nouvelle coalition pour présenter des listes communes. Certains (comme le Parti des Togolais ou la Dynamique Monseigneur Kpodzro, DMK) avaient même appelé à boycotter le scrutin.

    Cette désunion s’est poursuivie après les élections. Certains opposants (Jean-Pierre Fabre, de l’ANC, et Paul Apevon, des FDR) ont ainsi refusé de siéger à leurs postes de députés dans la nouvelle Assemblée nationale pour protester contre le nouveau régime, contrairement à trois autres opposants élus (Brigitte Adjamagbo-Johnson de la DMP, Tchabouré Gogué et Wonyra Kossivi d’Addi), qui ont affirmé siéger sous l’ancienne Constitution, arguant avoir été élus sous celle-ci.

    C’est dans ce contexte que des membres de la société civile engagée politiquement ont pris le relais en formant avec quelques opposants le front « Touche pas à ma Constitution » et en organisant des meetings – dont le dernier a eu lieu le 30 juin. Le 10 juin, avec quelques universitaires, la société civile a même présenté un nouveau « contrat citoyen » ouvert à tous. Ce texte participatif propose à chacun d’apporter sa contribution pour donner des idées sur le futur de la nation togolaise.

    BIOMÉTRIE ÉLECTORALE : UNE ENTREPRISE BELGE EN QUESTION

    Pour toutes ces élections, le Togo, comme bon nombre d’autres pays africains, utilise un système de biométrie. L’entreprise belge Zetes est implantée depuis plus de dix ans au Togo et appuie techniquement la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) au recensement électoral biométrique permettant d’établir les listes électorales. Ce recensement biométrique avec prise d’empreintes a quelques limites. Car s’il permet théoriquement d’éviter des doublons ou l’inscription de personnes décédées, certains Togolais s’inscrivent sans pièce d’identité.

    « S’inscrire sans pièce d’identité est légal1, car beaucoup de personnes au Togo n’ont pas eu l’opportunité de faire des papiers et ce n’est pas pour autant qu’ils ne devraient pas voter, explique Togbui Dagba, chef traditionnel du quartier de Bè, à Lomé. Donc, quand ce cas se présente, c’est un chef traditionnel ou un notable qui atteste de l’identité et de l’âge de la personne lors du recensement électoral. Cependant, j’ai vu une jeune fille qui habite Lomé qui avait une carte d’électeur mais dont le village natal est au Ghana. Comment peut-on être certain avec ce système qu’on ne fait pas voter des étrangers ou des mineurs… ? » s’interroge-t-il.

    Au-delà de cette difficulté, la société Zetes a fait l’objet d’une plainte déposée à Bruxelles, après la présidentielle de 2015, par l’Alliance nationale pour le changement (ANC) de l’opposant Jean-Pierre Fabre (arrivé deuxième) pour « faux en informatique et usage de faux » et « fraude informatique ». Cette plainte stipule entre autres que dans le fichier électoral « 3 321 doublons ont été découverts sur 57 457 électeurs analysés. […] Il existe également des duplicatas du numéro d’électeurs, soit un total de 29 775 cartes portant les mêmes numéros pour des électeurs différents. » En 2017, la procédure s’est soldée par un non-lieu en l’absence de preuves suffisantes. Contactée par Afrique XXI, Zetes n’a pas souhaité faire de commentaire.

    Source : afriquexxi.info

  • Togo-La veuve de Bertin Sow Agba, son fils… arrêtés à Lomé

    Togo-La veuve de Bertin Sow Agba, son fils… arrêtés à Lomé

    La femme de Sow Bertin Agba, homme d’affaires prospère décédé il y a quelques mois,  son fils,  son beau-frère, etc. sont arrêtés à Lomé alors qu’ils y sont pour les cérémonies liées au décès du milliardaire.

    «La veuve de Sow Bertin Agba, son fils Eddie Agba, son beau-frère Cyrille Agba et deux membres de leur famille » sont actuellement arrêtés et conduits à une destination inconnue dans la matinée de ce jeudi 25 juillet, selon le journaliste d’investigation Ferdinand Ayité.

    Ils auraient été « Menottés comme des bandits de grand chemin », s’offusque le confrère très proche de la famille Bertin Sow Agba.

    Ce dernier, autrefois proche du régime, est tombé en disgrâce à cause de l’affaire Loïk Le Floch-Prigent, une affaire d’escroquerie internationale. Après avoir connu la case prison, il réussit à quitter le Togo et partir en exil. L’ancien directeur général de l’OPS, une société de sécurité et de gardiennage, est décédé, dans des circonstances troubles selon ses proches, le jeudi 18 mai 2023 en Afrique du Sud. Le natif de Kouméa a été inhumé en terre ghanéenne.

  • Le CAR demande une meilleure sécurisation du nord Togo

    Le CAR demande une meilleure sécurisation du nord Togo

    Le comité d’action pour le renouveau (CAR) « déplore qu’à  ce jour le gouvernement n’a daigné éclairer l’opinion nationale sur ces actes qui ont endeuillé des familles et toute la nation » au Togo.

    Le comité d’action pour le renouveau « déplore qu’à  ce jour le gouvernement n’a daigné éclairer l’opinion nationale sur ces actes qui ont endeuillé des familles et toute la nation ».

  • Togo- Qui est réellement la diva Afia Mala?

    Togo- Qui est réellement la diva Afia Mala?

    Artiste de renommée internationale, Afia Mala est une chanteuse ayant montré qu’elle est à l’aise dans les différents styles musicaux, allant du Zouk à la musique traditionnelle africaine en passant par la RnB, la Soul et la Salsa.

    Afia Mala, de son vrai nom à l’état-civi Afiwavi Mawulana Catherine Missohou, est une chanteuse togolaise, surnommée la Princesse des rives du Mono. Elle chante en plusieurs langues, notamment en ewe ,en yoruba, en swahili, en lingala, en français et en espagnol.

    Elle est l’aînée d’une famille polygame de Vogan, avec vingt-quatre autres enfants. Sa mère serait issue d’une famille royale de Vogan au Togo, son père, enseignant, serait issu d’une autre famille royale de Dogbo, au Bénin. Elle apprend le chant et la composition aux côtés de sa mère dans un groupe de femmes Habobo et au cours des fêtes annuelles de son école.

    Influencée, comme toute une génération de chanteuses africaines, par Bella Bellow, sa carrière artistique commence en 1974. Cette année-là, elle chante au Palais des Congrès de Lomé, et décide de se consacrer à la chanson. Les albums et les concerts s’enchaînent. Elle enregistre un succès en 1984, Ten Homte, et se voit décerner le prix découvertes RFI cette année-là. Après une interruption de plusieurs années, pendant laquelle elle se consacre à sa famille, elle sort à nouveau des albums, notamment en 2003, en 2008 et en 2019. Elle chante en plusieurs langues, notamment en yoruba, en swahili, en lingala, en français et en espagnol. En 1992, la ” Princesse des rives du Mono ” a été élue meilleure artiste africaine .

    Réapparue en 2019 avec un nouvel opus, l’artiste Afia Mala a été interrompu par l’épidémie de Covid-19 qui a paralysé la tenue de bon nombre d’activités musicales. Après son dernier passage avec son album « Afia à Cuba », la diva togolaise Afia Mala fait alors son coming-back avec son 9e album « identité » en 2020;

    Avec la page Facebook de Serge Biny Adou  

  • Il y a 32 ans, l’assassinat de Tavio Amorin à Lomé

    Il y a 32 ans, l’assassinat de Tavio Amorin à Lomé

    En ce jour anniversaire de ta cruelle disparition, le Peuple togolais et particulièrement tes amis et compagnons de lutte du Mouvement patriotique du 5 Octobre (MO5) veulent t’exprimer la reconnaissance et te rendre un vibrant hommage.

    « J’ai semé des graines, et elles germeront immanquablement. » Kwame Nkrumah

    En ce jour anniversaire de ta cruelle disparition, le Peuple togolais et particulièrement tes amis et compagnons de lutte du Mouvement patriotique du 5 Octobre (MO5) veulent t’exprimer la reconnaissance et te rendre un vibrant hommage. Nos pensées vont à ta famille, à ton fils unique Eugenio. Patriote de toujours, nationaliste et panafricaniste jusqu’au fond de l’âme, tu resteras un modèle pour notre peuple et surtout pour sa jeunesse. Camarade Tavio, tu as marqué le MO5 d’une empreinte ineffaçable. Pour nous qui portons devant l’Histoire le terrible poids d’anéantir la dictature sur la terre de nos aïeux, nous renouvelons, devant ta mémoire, le serment de poursuivre efficacement le combat sans jactance.

    Tu nous as quittés au moment où nous avions eu le plus besoin de toi. Tu es parti mais ton souvenir reste vivace dans nos cœurs. Nous voulons saisir l’occasion de ce funeste 32 ème anniversaire pour te dire que la semence, ta semence va germer immanquablement. Il poussera pour le bien et le bonheur de tous les Togolais. Et c’est ensemble un jour que tous, du nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, civils et militaires, nous irons nous incliner pieusement et victorieusement sur ta sépulture.

    Camarade Octave Tobias Tavio Ayao Amorin, le MO5 te salue ! Reçois cet acrostiche comme une libation:

    Tavio, ta vie reste un exemple de lutte

    Avec toi le MO5 a vu le jour

    Valeur sûre de la jeunesse togolaise

    Inoubliable et immortel est ton nom

    Ondulatoires seront tes idées

    Amoureux des causes nobles

    Modèle pour la jeunesse panafricaine

    Orfèvre de l’Or de l’Humanité

    Rien ne pourra te faire oublier

    Indéniable est ton aura sur nous

    Nous vaincrons car notre cause est juste!

    Bruxelles, le 23 juillet 2024

    Eloi Koussawo, Coordinateur Général du MO5

  • Au Togo, l’assassinat de Tavio Amorin est plus qu’un drame national

    Au Togo, l’assassinat de Tavio Amorin est plus qu’un drame national

    « Je préfère leur histoire plutôt que leur éloge; car on ne doit aux morts que ce qui est utile aux vivants: la vérité et la justice. » Condorcet

    L’assassinat de Tavio Amorin est plus qu’un drame national. C’est une perte inestimable pour une jeune nation comme le Togo qui a plus que besoin du talent et de l’engagement de ses fils. Des plus doués surtout. Pour ces compagnons et pour ceux qui l’ont approché, Tavio était tout simplement né pour conduire et indiquer la voie.

    En effet, il y a 32 ans jour pour jour, la nation entière s’était réveillée sous l’onde de choc que les médias et le bouche-à-oreille ont entraînée dès l’annonce du lâche et cruel attentat au fusil mitrailleur qui a fauché ce compagnon. Ce fut un acte de haute barbarie commandité par les ennemis du peuple togolais, les assassins de la liberté : Eyadéma et ses partisans. Quoiqu’il en soit, les mains qui ont exécuté ce jeune homme d’une stature exceptionnelle, sont connues : Boukpessi et Karéwé. Le peuple togolais attend le jour de vérité et de justice. En ces jours de souvenir, le MO5 qui doit son appellation compacte et sonnante à l’intelligence et à l’esprit inventif de ce co-fondateur regretté, invite la nation toute entière à prier avec ferveur pour le repos de son âme.

    Le MO5 renouvelle ses hommages à l’illustre compagnon et propose aux lecteurs cette biographie intitulée TAVIO, COMME UN MÉTÉORE, publiée il y a 32 ans par un journaliste togolais de talent: Léopold Ayivi qui périra, lui-même, ironie du sort, sous les balles meurtrières des tueurs à gage d’Eyadéma Gnassingbé et clan.

    « Tavio est né en 1958, année où la lutte pour l’indépendance battait son plein. Son père Carlos Amorin, à l’époque agent de l’UAC, était engagé dans cette lutte aux côtés de Sylvanus Olympio et d’autres comme Firmin Abalo, Michel Folly… De sa mère, Adolé née Goeh-Akué, commercante de naissance, mais anciennement caissière à la BCEAO, Tavio était le premier garçon et le dernier enfant après ses trois sœurs: Sophie, Henriane et Chantal.

    Tavio a passé son enfance à Anagokomé dans la maison familiale, maison Amorin, sise Avenue Thiers à l’époque. C’était une grande maison qui, pendant les grandes vacances, arrivait à rassembler une cinquantaine d’enfants. Ce cadre lui a permis de développer l’esprit d’équipe et de cultiver la tolérance. Il fit ses premières années scolaires à l’école catholique de Kokétimé. C’était en 1964 où il était admis à la garderie. Il suivit le cours normal jusqu’au CM2 où il obtient son CEPE avec mention très bien, en 1970, date à laquelle il entame ses études secondaires au collège Saint Joseph.

    Un très bon élève

    Tavio était un très bon élève, toujours classé parmi les premiers. Il était le potache qu’on aimait bien. Sauf qu’il écrivait comme un … crabe. Et il a gardé cette calligraphie extrêmement nerveuse, jusqu’à l’âge adulte. Le football était son violon d’Ingres. Cela a failli déjà lui coûter la vie. C’était en 1969 à Kokétimé, où il avait été élève quelques années auparavant. La partie était âpre, comme on savait en livrer à cet âge-là. Sur une balle aérienne, deux têtes entrent en collision. Celle de Tavio, sans doute plus fragile, se mit à enfler à vue d’œil. On appela un médecin à son chevet : ce médecin était un certain Dr Marc Atidépé.

    Depuis qu’il est rentré d’exil, tous les samedis après-midi, il retournait à l’école catholique de Kokétimé revivre l’ambiance de son enfance. Son autre grande passion était les bandes dessinées. Il lisait tout le temps Akim, Blek le Rock, Nevada, Capitaine Swimg, Piscou, et suivait Tintin et Milou dans toutes leurs pérégrinations. Même devenu homme politique, il ne dédaigne pas emprunter les BD de ses neveux. Ce fils unique, seul garçon parmi trois filles, n’avait pas été choyé par sa mère. Son éducation fut tout à fait spartiate, comme la petite bourgeoisie de l’époque savait en donner à ses rejetons. S’il arrivait à Tavio de se rendre coupable de quelques menus méfaits, il recevait fessées et gifles comme tout le monde : Sa maman l’obligeait à laver lui-même son linge. Et s’il refusait d’obtempérer, il était tout simplement privé du prochain repas. Après son baccalauréat au collège Saint Joseph en 1977, (mention bien), il part en France, à Poitiers. Deux ans après, il monte à Paris, disant qu’il en avait ras-le-bol de la province, de Poitiers et de ses maths-physiques. Il reste donc à Paris où il étudie l’informatique et l’organisation. Plusieurs stages dont un chez Matra, la grande firme française, l’aide à affûter ses armes. Il savait se « débrouiller » comme on dit. Il est inventif et imaginatif. Témoin, cette histoire dont les téléspectateurs français se souviennent pour l’avoir apprise sur FR3, l’une des chaînes françaises. Pour arrondir ses fins de mois, un étudiant togolais du nom de Tavio Amorin avait monté une petite affaire tout à fait surprenante de simplicité et d’originalité : il avait passé une annonce, s’était constitué un fichier. Les clients l’appelaient pour lui communiquer l’heure à laquelle ils voudraient avoir leurs croissants pour le petit déjeuner. Tavio passait alors commande au boulanger, livrait les croissants, et palpait à son tour la galette sous forme de ristournes et de pourboires. Cette initiative lui a valu les honneurs de la troisième chaîne française dans une émission de jeunes. Il travaille ensuite chez des importateurs de produits tropicaux en qualité de responsable des achats. Quand il décide de revenir en Afrique, c’est par cette filière qu’il est envoyé à Abidjan.

    Il n’aurait pas pu rentrer au Togo pour des raisons politiques. Venu en vacances au Togo en 1980, et eu égards à ses liens familiaux avec Francisco Lawson, lui-même en exil, il a eu maille à partir avec un officier supérieur de l’armée en poste à Kara, qui avait proféré des menaces à son endroit : «où que tu sois, on te retrouvera». A la suite de cet incident, il n’a plus remis pieds au Togo jusqu’à la proclamation de la loi d’amnistie en 1991. Entre temps, il obtient en France le statut de réfugié politique, mais n’a jamais pris la nationalité française, contrairement à ce que beaucoup croient.

    Admirateur de Nkrumah

    Pour son âge, il avait une culture politique tout à fait remarquable. C’est qu’il ne faisait jamais les choses à moitié. Bien que n’ayant pas fait des études de droit, il s’est intéressé à la chose juridique, et à la chose politique. Sa formation politique est à la foi livresque et reçue « sur le tas » avec les jeunesses du parti communiste français, puis avec les jeunesses du parti socialiste français, tendance Jean-Pierre Chevènement. Grand admirateur de Kwame Nkrumah, de George Padmore, de Marcus Garvey et de toutes les grandes figures du mouvement panafricaniste, Tavio considérait que la plus grave offense qui ait été commise à l’égard de l’Afrique, ce fut la balkanisation du continent. D’où son admiration sans borne pour ceux qui à ses yeux apparaissent comme les pionniers de l’unité africaine. Entre le père et le fils, les rapports étaient ceux qui pouvaient exister entre deux êtres qui s’estimaient mutuellement et se comprenaient à demi-mot. Et si l’éducation spartiate dont il avait été question plus haut ne permettait pas entre le père et le fils une familiarité trop grande, Tavio à force d’être resté constamment dans le sillage de son père, d’humer et de s’imprégner de son parfum, a fini par s’identifier totalement à ce patriote courageux et généreux.

    A l’endroit de sa mère, Tavio nourrissait une véritable vénération. La mère et le fils étaient pourtant bien si loin de s’entendre parfaitement sur tous les sujets. Maman Tavio n’aimait pas le goût prononcé que manifestait son fils pour la politique. Elle ne ratait aucune occasion pour le lui faire comprendre. Elle revendiquait son droit d’attendre de son fils qu’il entame une carrière véritable, fonde un foyer et fasse « plein de petits ». Mais pour le fils, la politique était au-dessus de tout et passait avant tout. La maman, dès le début du renouveau démocratique et vu la part prise par son fils aux travaux de la conférence nationale souveraine, avait très peur pour lui. Elle était convaincue que la politique était un jeu dangereux et que Tavio ne devait pas se mêler de tout cela. Malheureusement pour le fils, le sort en était jeté, le destin s’était mis en branle. L’enfant était happé par le flot impétueux des courants irrésistibles qui conduisaient le Togo vers la démocratie. Tavio était de tout son être, de toute son âme, plongé dans la fièvre démocratique qui a fini par le consumer.

    Prémonition

    Mercredi, la veille de l’attentat qui devait l’emporter, il rendait visite à sa mère. Il revenait lundi d’une mission à Damas (Syrie) et c’était la première fois depuis son retour de mission, que la mère revoyait son enfant. Elle le fixa longuement. La soudaine intensité du regard maternel ne manqua pas d’intriguer le fils qui fit remarquer : «Mais tu me regardes tout le temps! (…) Ça me fait de la peine parce qu’un beau jour on va m’assassiner. Et ta douleur… Non je n’ose pas penser à ce que sera ta douleur. » Le lendemain, la prophétie se réalisait. Tavio tombait sous les balles de son assassin.

    La maman avait beaucoup souffert moralement des dangers et des risques énormes de la vie qu’avait choisie de vivre son fils. Après le 3 décembre 1991, Tavio s’était exilé à Cotonou. Il revint à Lomé pour une réunion du Haut Conseil de la République. Sa mère le voyant arrivé à la maison, manqua de tomber dans les pommes. Ce fut un grand choc pour elle. Elle avait été soulagée de le voir partir pour l’exil. Et voilà Tavio qui revenait… Depuis qu’il est rentré au Togo, il ne s’était jamais protégé. Il n’avait même pas de gilet pare-balles. Il n’avait pas d’arme. Il disait : « Même si je prenais des gardes du corps, si cela devait arriver, ce sont ces mêmes gardes qui vont me tirer dessus». Mais quand il était rentré du voyage lundi, il était un peu plus corpulent que d’habitude. Il portait un gilet pare-balles : «Voilà, ditil ce que j’ai ramené pour me protéger». Il avait donc son gilet lundi. Mardi également. Mercredi, il ne l’avait pas porté. Jeudi non plus. Et c’est précisément ce jour que les balles l’ont fauché ».

    Tino Agbélenko Doglo, MO5

  • Le document fondateur de Freedom Togo, un mouvement de libération nationale

    Le document fondateur de Freedom Togo, un mouvement de libération nationale

    Votre journal en ligne a une copie du contenu du document fondateur de Freedom Togo, un mouvement de libération lancé par trois togolais de la diaspora, plus précisément en terre française.

    QUI SOMMES−NOUS ?

    Nous sommes nombreux, très nombreux, enfants du Togo, exilés à travers la planète. Nous avons une parfaite conscience de la pauvreté installée dans notre pays par un pouvoir militaro-oligarchique ayant décidé d’affamer le peuple afin de le tenir en laisse, comme on tient des esclaves.

    Pour répondre à l’appel de nos frères et sœurs éparpillés à travers le globe, nous avons décidé de nous rassembler au sein du Mouvement Freedom Togo, animé par notamment Kofi Yamgnane, François Boko, Jean-Sylvanus Olympio. Nous avons décidé de faire de notre Mouvement le creuset de l’unité de la diaspora togolaise d’abord, du peuple tout entier ensuite, face à l’injustice, à la corruption, à la manipulation, à la dictature et ce Mouvement est la démonstration de notre volonté inébranlable de conquérir pacifiquement le pouvoir pour la libération totale de notre pays.

    POURQUOI CETTE INITIATIVE ?

    Nous constatons que le Togo est un pays condamné à l’inanition, un pays  aujourd’hui où règne un  total chaos, un pays en proie à la faillite morale, économique et sociale, un Haïti africain !

    Le Togo, un Etat-vache-à-lait, pris en otage par la minorité prédatrice au pouvoir : une poignée de dirigeants qui affichent une démocratie de façade mais qui ont en réalité fait de l’État togolais “leur-vache-à-lait”. En leurs noms propres ou ceux de leurs parents et proches, ils sont les riches propriétaires de bâtiments luxueux, de villas somptueuses, d’hôtels étoilés, de fermes gigantesques et de diverses sociétés-écrans qui se multiplient sans qu’on ait la moindre idée ni de l’origine ni de la légalité des capitaux utilisés. Pendant le même temps, tout citoyen togolais peut constater l’état d’abandon du pays :

    Une jeunesse abandonnée, réduite au chômage ou condamnée à la prison, à l’exil ou à la rue.

    Un enseignement au rabais pratiqué par des enseignants profondément déconsidérés.

    Un réel délabrement de la sécurité alimentaire et de la santé publique.

    Des logements indécents, sans droit d’accès à l’eau potable et à l’énergie électrique.

    Des services publics politisés à l’excès, privatisés par la coalition au pouvoir et mis à son seul service.

    Une justice au service exclusif du pouvoir politique.

    Une Cour constitutionnelle désacralisée et totalement partiale, discréditée.

    Un paradis des violations des droits humains.

    Le Togo n’est pas un État, le Togo est l’Empire de la prédation, de la corruption et de l’impunité.

    Une culture de l’insécurité assumée : l’armée nationale se contente de regarder les djihadistes égorger ses parents, ses frères et ses sœurs et repartir tranquillement vers le Sahel.

    Une catastrophe humanitaire sans précédent : la moindre pluie inonde le pays tout entier, villes et villages, y compris la capitale qui ne connaît ni assainissement, ni répurgation.

    Un gouvernement qui condamne à l’exil ses citoyens vivants et même morts.

    Le Togo, autrefois réputé “Suisse de l’Afrique”, est devenu le temple de la pauvreté, la risée du continent et du monde.

    Et cerise sur le gâteau, le gouvernement a décidé de transformer la République en un royaume puisque le nouveau président du Conseil devenu omnipotent, ainsi que le Président de la République, désormais condamné à inaugurer les chrysanthèmes, ne seront plus jamais élus par le peuple, mais nommés !

    Comment accepter une telle forfaiture ? Refusons ! C’est la raison d’être de Freedom Togo-Mouvement de Libération Nationale (MLN).

    OÙ ALLONS−NOUS ?

    Sans ambages, nous partons à la conquête du pouvoir dans l’unité, la paix et la concorde, car seul un pouvoir démocratique, celui qui est confié par le peuple souverain,  est le levier de libération de notre pays qui en a un besoin impérieux.

    En prenant le pouvoir, nous nous saisissons donc de ce levier pour libérer le Togo et, tous les moyens sont bons pour nous en accaparer!

    C’est l’unique objectif pour lequel nous lançons un vibrant appel au peuple togolais dans toutes ses composantes : les jeunes et les vieux, les hommes et les femmes, les civils et les militaires (armée de terre, air, mer, gendarmerie et police nationales, douanes…), les artisans et les commerçants, les coopératives et les syndicats, les étudiants et les lycéens, les collégiens et les écoliers, les églises, les temples et les mosquées, les citadins et les villageois, les habitants de toutes les régions, les membres de toutes les ethnies, les cultivateurs et les ouvriers, les chômeurs et les travailleurs…

    Prenons en main notre destinée ! Personne ne viendra le faire à notre place ! C’est à nous de lancer la promotion de la démocratie, la bonne gouvernance, la paix et le développement de notre pays. C’est le préalable à la Renaissance d’un véritable État de droit au Togo, un État libre, laïque, égalitaire, social, démocratique…

    Charte Des Valeurs Du Mouvement De Libération Nationale

    1.     Le processus de démocratisation enclenché au Togo connaît des difficultés à cause de la volonté du régime en place de monopoliser l’espace public et son refus d’alternance politique au sommet de l’État. Le désir effréné de conservation du pouvoir politique à tout prix est parachevé par le récente monarchisation du pays contre la volonté du peuple togolais.

    2.     Cette volonté affichée de conservation de pouvoir à vie a rendu nécessaire, voire indispensable notre action, qui se décline comme un devoir envers la patrie en péril, pour donner naissance au Mouvement de libération nationale (MLN) qui se veut un front uni devant conduire à une alternative politique de gouvernement par la rigueur et la cohérence dans l’action politique, s’inscrivant dans la dynamique de rassembler et de fédérer les Togolais de l’intérieur comme de l’extérieur dans une démarche unitaire en de vue conclure la longue lutte de libération nationale.

    3.     Le MLN est un mouvement politique et citoyen. Il combat et rejette en bloc la méthode de gouvernance politique et économique actuelle au Togo, gangrenée par la corruption, les détournements, la mauvaise répartition des richesses, le mépris de la personne humaine, et par la récente instauration de la monarchie. Il est porté par des femmes et des hommes qui refusent de se résigner à ce désir funeste de privatisation de la vie publique et politique au Togo, qui entendent se prévaloir rigoureusement et de manière efficiente de leurs droits inaliénables et imprescriptibles, inscrits dans le marbre de la Constitution du 14 octobre 1992, notamment en ses articles 45 et 150.

    4.     Le MLN est une vision qui consiste à se défaire de tout esprit de résignation en vue de redonner l’espoir au vaillant peuple togolais en lutte pour la démocratie et l’éclosion de son développement, son émancipation, son mieux-être et du vivre ensemble. Ce front est un rassemblement de personnes engagées qui partagent un socle de valeurs, une volonté réelle et manifeste de transcender toutes sortes clivages pour construire, dans le consensus le Togo, l’Or de l’humanité.

    5.     Nous, adhérents et sympathisants du MLN, avons en partage les principes et valeurs d’humanité, de solidarité, de fraternité, d’égalité, de liberté, de République, de laïcité et, pardessus tout, l’émancipation et le respect de la personne humaine. Chaque adhérent comme chaque sympathisant doit respect aux règles élémentaires de courtoisie, d’honnêteté, de probité, d’intégrité outre le devoir de soumission aux normes et lois d’une République.

    6.     Le MLN prend l’engagement d’être proche des Togolais et de leurs réalités quotidiennes ; d’être à l’écoute de leurs préoccupations, d’expliquer les choix nécessaires à toute action, de tenir un langage de vérité, de mettre en avant l’intérêt général, la gestion responsable, la redevabilité, l’intelligence collective par l’engagement des Togolaises et des Togolais dans la vie publique.

    7.     Le MLN a comme impérieux devoir l’instauration d’une société de liberté, de responsabilité, de justice et de séparation des pouvoirs. Le principe d’une telle société est la démocratie qui vise à porter au plus haut la conscience et la responsabilité des citoyens. Chaque citoyen doit être considéré comme un acteur des choix publics qui le concernent.

    Kofi Yamgnane                           François Boko                              Jean-Sylvanus Olympio

  • Doumbe de Mango: pourquoi l’équipe dirigeante a démissionné

    Doumbe de Mango: pourquoi l’équipe dirigeante a démissionné

    Doumbe FC de Mango, un club de football de première division au Togo, est actuellement sans dirigeants officiels. Son bureau exécutif a démissionné depuis ce 13 juillet à travers un courrier adressé aux supporters.

    A l’issue d’une saison compliquée, dans l’élite, les dirigeants de Doumbe de Mango ont rendu le tablier. Au grand dam d’une partie des supporters.

    Une démission que le bureau exécutif, président par Bamba Mikaila Moussa, explique par « l’essoufflement de ses membres à pouvoir continuer cette aventure ». Les raisons financières sous-tendent en grande partie son choix, dit-on.

    En termes de bilan, « au cours de notre mandature nous avons pu faire monter notre club en première division et jouer aussi une année de maintien », retient-il. Et de conclure : « (…) le bilan est positif grâce à l’effort de tous les fils et filles de notre préfecture ».

    La question qui demeure reste qui prendra la relève ?

  • 17 juillet 2021-17 juillet 2024: il y a 3 ans, une grande manifestation à Hahotoé

    17 juillet 2021-17 juillet 2024: il y a 3 ans, une grande manifestation à Hahotoé

    L’association des sinistrés des phosphates du Togo (ASIPTO), en collaboration avec d’autres organisations de la société civile, a organisé une grande manifestation à Hahotoé dans la préfecture de Vo pour protester vigoureusement contre l’accaparement des terres pour cause d’utilité publique dont sont victimes les populations de la localité et de ses environs suite aux frustrations ayant conduit aux grognes au sein de celles-ci.

    Malgré les démarches entreprises pour une manifestation pacifique, celle-ci a été dispersée à coups de gaz lacrymogènes.
    En effet, la faiblesse du cadre juridique du code minier a un impact sur les conditions de vie des populations des zones minières s’agissant de leur délogement au profil de l’exploitation de phosphate. Le constat qui se dégage généralement est que les populations touchées par ces délocalisations ne bénéficient pas des conditions acceptables y afférentes pour la sauvegarde de leur intégrité physique, mentale, économique, socio-culturelle.

    La dignité humaine étant reléguée au second plan, les populations, à défaut des normes requises en la matière pour garantir leurs droits, sont laissées pour compte. Ceci oblige des organisations à s’apitoyer sur leur sort.
    C’est ainsi qu’un certain Toussaint Kossi AZIAMANYO, activiste de première heure, coordonnateur de l’association NO VOX et point focal national de la Convergence Globale des Luttes pour la Terre et l’Eau (CGLTE) rentre dans l’arène aux côtés d’autres organisations.
    Connu pour son engagement exceptionnel pour la cause des droits humains, il a été, pendant cette période, le noyau dur autour duquel gravitent les autres.

    Tellement impliqué dans la défense des droits des populations des zones minières, il a été, à un moment donné, la cible à anéantir afin d’éviter l’effet contagion dont il se veut propulseur. Après quelques résistances observées suite aux menaces dont il fait l’objet, il a dû trouver un maquis, le temps que les intimidations s’estompent. Comme cela ne suffisait pas, des convocations, à lui adressées, sont notifiées à sa famille car, étant lui-même dans le maquis. Il n’en fallait pas plus pour se rende compte de son incarcération une fois au rendez-vous pour des interrogatoires, vu ce qui se passe habituellement au Togo. Il a donc quitté le territoire pour se mettre définitivement à l’abri, surtout que ces injustices vis-à-vis des victimes sont toujours d’actualité.

Radio Renouveau228

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