Étiquette : Togo

  • Santé mentale et sport : SOS Docteur TV mobilise la jeunesse

    Santé mentale et sport : SOS Docteur TV mobilise la jeunesse

    À Lomé, la jeunesse scolaire sera à l’honneur ce mercredi 11 février 2026 à l’occasion d’une grande journée interclub organisée conjointement par les Clubs Santé du Collège Notre Dame des Apôtres (NDA) et du Lycée de Tokoin 1.

    Placée sous le signe de la prévention, du bien-être et de l’engagement communautaire, cette initiative se tiendra sur le terrain du Collège NDA et promet d’être un moment fort de sensibilisation et de mobilisation autour de la santé mentale et du sport scolaire.

    Dans un contexte où les apprenants sont de plus en plus confrontés au stress académique, aux pressions sociales et aux défis liés à l’adolescence, les organisateurs ont fait le choix pertinent de mettre la santé mentale au cœur de cette rencontre. L’objectif est clair : offrir aux élèves des outils de compréhension et de gestion du stress en milieu scolaire, tout en favorisant un cadre d’expression et d’écoute bienveillant. Une session de sensibilisation dédiée à la santé mentale ouvrira ainsi le programme, permettant d’aborder sans tabou des thématiques essentielles telles que l’équilibre émotionnel, la confiance en soi et la prévention des comportements à risque.

    Au-delà de l’aspect éducatif, le sport occupe une place centrale dans cette journée interclub. Des matchs de football masculin et féminin opposeront les équipes des deux établissements, dans un esprit de fair-play, de respect et de cohésion. À travers ces rencontres sportives, les Clubs Santé entendent promouvoir l’activité physique comme un puissant levier de bien-être, de discipline et de fraternité entre les jeunes. Le sport devient ainsi un langage universel, capable de rassembler et de renforcer les liens entre élèves issus de différents établissements.

    L’événement bénéficiera par ailleurs d’une couverture médiatique assurée par SOS Docteur TV, une chaîne thématique engagée dans la vulgarisation des questions de santé publique en Afrique. Grâce à sa diffusion télévisuelle et à ses plateformes numériques, la chaîne offrira une visibilité élargie à cette initiative citoyenne. L’approche médiatique, résolument moderne, combine télévision, réseaux sociaux et diffusion en ligne afin de toucher un public jeune, connecté et sensible aux nouveaux formats de communication.

    Cette dimension médiatique renforce la portée pédagogique de la journée interclub. Elle illustre l’importance croissante des technologies de l’information et des médias dans la promotion de comportements sains, la prévention en santé mentale et l’accompagnement psychologique des apprenants. En donnant la parole aux jeunes et en valorisant leurs initiatives, cette couverture contribue à créer une dynamique positive et inspirante au sein de la communauté éducative.

    Au-delà de la compétition sportive et des activités de sensibilisation, cette journée se veut avant tout un espace d’échanges, d’apprentissage et de responsabilisation. Elle témoigne de la capacité des établissements scolaires à innover et à s’engager activement pour le bien-être global des élèves. À travers cette action conjointe, les Clubs Santé du Collège NDA et du Lycée de Tokoin 1 réaffirment leur ambition de contribuer à la formation d’une génération de jeunes en bonne santé, responsables, autonomes et pleinement épanouis dans un environnement scolaire équilibré et conscient des enjeux du monde numérique.

  • Togo-Le Mina, votre passeport local

    Togo-Le Mina, votre passeport local

    Vous arrivez au Togo pour un séjour professionnel, touristique ou vous y vivez déjà en tant qu’expatrié français ? Une chose est sûre : parler la langue locale change tout. Le Mina, langue largement utilisée au sud du Togo, est la clé pour créer du lien, comprendre les habitudes et s’intégrer pleinement à la vie quotidienne.

    Pour répondre à ce besoin, un programme de cours de Mina en ligne spécialement conçu pour les expatriés et visiteurs francophones ouvre ses portes. L’objectif est simple : vous permettre de parler Mina rapidement, efficacement et avec assurance, sans pression académique inutile.

    Ici, pas de longues théories. L’apprentissage est pratique, orienté vers les situations de la vie courante : saluer, échanger avec vos collègues, discuter avec vos voisins, négocier au marché ou comprendre les expressions courantes. Le tout dans une ambiance conviviale et adaptée aux débutants.

    Les cours se déroulent entièrement en ligne via WhatsApp, un format souple qui vous permet d’apprendre où que vous soyez, depuis votre téléphone ou votre ordinateur. Que vous soyez très occupé ou en déplacement, vous pouvez suivre les séances sans contrainte logistique.

    📅 Début des cours : 3 mars

    📅 Fin : 28 mai

    🕖 Tous les mardis et jeudis, de 19h à 20h

    Ce programme est idéal pour celles et ceux qui souhaitent s’intégrer plus facilement, gagner en autonomie et créer de véritables connexions avec les Togolais, en allant au-delà du simple français.

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    Apprendre le Mina, ce n’est pas seulement apprendre une langue. C’est vivre le Togo autrement.

  • Atikpame: racines du football

    Atikpame: racines du football

    Le football à la base n’est pas simplement l’étape initiale d’une pyramide vers le haut niveau : c’est le cœur même du sport, l’endroit où se forgent les compétences techniques, les valeurs humaines et les communautés durables. À travers le 11ᵉ acte du Tournoi de la Révélation d’Atikpame, c’est cette réalité que l’on a pu constater : un moment sportif, social et éducatif qui va bien au-delà d’un simple match.

    Le football de base désigne le football joué au niveau non professionnel et non élite, incluant le football d’enfants, scolaire ou amateur — où la participation, l’apprentissage et l’amour du jeu priment avant tout. C’est une philosophie que promeuvent les fédérations du monde entier, conscientes que c’est à ce niveau que se construit l’avenir du sport.

    Une école de vie et de valeurs

    Sur le terrain d’Atikpame, Lionceaux FC et Union Sportive de Tokoindji n’ont pas seulement disputé un match : ils ont rappelé que le football à la base est une école de vie. Les valeurs qu’il inculque — esprit d’équipe, solidarité, discipline et respect — ne sont pas que des mots, mais des leçons quotidiennes pour chaque jeune joueur qui foule la pelouse.

    Dans les clubs communautaires, ces valeurs ne sont pas enseignées dans un manuel, elles se vivent. Elles façonnent le caractère, renforcent la confiance et préparent les jeunes à affronter les défis, tant dans le sport que dans la vie. Plusieurs études démontrent que les enfants engagés dans le football présentent une amélioration de leur condition physique et mentale ainsi qu’un sens accru de la coopération et de la discipline.

    Des terrains qui rapprochent les communautés

    Le football à la base crée des liens sociaux forts. Au-delà de l’effort collectif sur le terrain, ce sont les familles, les bénévoles, les éducateurs et les supporters qui tissent un réseau de soutien mutuel. Les clubs développent un sentiment d’appartenance ; ils deviennent des espaces où les différences sociales, économiques ou culturelles s’effacent derrière la passion partagée pour le ballon rond.

    Cette dynamique communautaire est essentielle, particulièrement dans des régions où le sport peut être un vecteur d’unité et d’intégration sociale. Les parents et les volontaires jouent un rôle central dans l’encadrement, l’organisation des événements et la motivation des jeunes, donnant au football une fonction sociale aussi importante que sportive.

    Détecter, former et accompagner

    L’un des atouts majeurs du football à la base est sa capacité à détecter les talents qui pourront un jour jouer à un niveau supérieur. Les jeunes qui brillent dans ces tournois sont repérés, conseillés, parfois intégrés dans des structures de formation. Au Burkina Faso, par exemple, la FIFA a lancé un programme dédié au développement des talents dès le plus jeune âge, conscient que des fondations solides permettent de faire éclore une élite capable de rivaliser sur la scène internationale.

    Cependant, ce rôle de formation ne se limite pas à la « technique ». Il inclut une véritable réflexion sur la reconversion des joueurs, un thème central du tournoi d’Atikpame. Trop souvent, les jeunes ne préparent pas leur avenir en dehors du terrain. Ce tournant éducatif vise à responsabiliser les joueurs, les dirigeants et les encadreurs à la gestion de carrière, à la santé et à l’intégration dans la société au-delà du sport.

    Un tremplin pour l’avenir

    Les bénéfices du football à la base s’étendent bien au-delà du terrain : développement personnel des jeunes, tant sur le plan physique que psychologique; renforcement du tissu social et cohésion des communautés; repérage des talents et formation structurée, avec des programmes fédéraux et internationaux; transmission de valeurs durables comme le respect, la solidarité et le travail d’équipe.

    À Atikpame, le Tournoi de la Révélation n’est donc pas seulement un spectacle sportif : il est une manifestation vivante du rôle fondamental du football à la base, un socle indispensable pour l’avenir du football et de la société tout entière.

  • Félix Auger-Aliassime, fierté canadienne aux racines togolaises

    Félix Auger-Aliassime, fierté canadienne aux racines togolaises

    Félix Auger-Aliassime, 25 ans, est sacré champion à Montpellier pour une deuxième année consécutive. Il reste une étoile du tennis canadien au riche héritage togolais

    Dans une ambiance électrique à l’Arena Sud de France, Félix Auger-Aliassime a une nouvelle fois marqué l’histoire de l’Open Occitanie. Le tennisman canadien, âgé de 25 ans, a défendu avec brio son titre à Montpellier, battant en finale le Français Adrian Mannarino 6-3, 7-6(4), remportant ainsi l’épreuve pour la deuxième année consécutive.

    Ce succès confirme non seulement la domination d’Auger-Aliassime sur la surface dure en salle, mais fait également de lui l’un des joueurs les plus en vue du circuit ATP en ce début de saison. En imposant son jeu offensif, sa régularité au service et sa capacité à gérer la pression, il s’est montré quasiment intouchable tout au long du tournoi, ne concédant aucun point de break face à Mannarino lors de ce match décisif.

    Un nouveau record pour le Canadien

    Cette victoire de Montpellier est la neuvième de sa carrière sur le circuit ATP, un total qui lui permet d’entrer dans l’histoire du tennis canadien en dépassant Milos Raonic pour devenir le joueur masculin canadien le plus titré de l’ère Open. Ce nouvel exploit vient enrichir un palmarès déjà bien fourni pour le jeune homme, qui a atteint récemment la sixième place mondiale au classement ATP.

    Malgré une saison débutée par une blessure à l’Open d’Australie, qui l’avait contraint à abandonner précocement, Auger-Aliassime avait déjà montré des signes de forme prometteurs en acceptant une invitation tardive pour défendre son titre à Montpellier. Il a justifié cette confiance en dominant des joueurs solides, y compris des Français comme Arthur Fils et Titouan Droguet avant de s’imposer en finale.

    Identité multiculturelle

    Né à Montréal, Félix Auger-Aliassime est généralement présenté comme un tennisman canadien, mais son histoire familiale est profondément marquée par une richesse culturelle qui dépasse les frontières nord-américaines. Son père, Sam Aliassime, est originaire du Togo, où il a grandi avant d’émigrer vers le Canada pour travailler comme entraîneur de tennis. C’est justement avec lui que Félix a commencé à tenir une raquette dès l’âge de quatre ans, posant les premières pierres d’une carrière exceptionnelle.

    Son double héritage—togolais du côté paternel et québécois du côté maternel—a façonné non seulement son identité mais aussi une partie de son engagement personnel. Fidèle à ses racines africaines, Auger-Aliassime s’est impliqué dans des actions philanthropiques en faveur des enfants au Togo, notamment à travers des dons versés à l’éducation et à la protection des jeunes dans le pays ouest-africain.

    Dans ses rares interviews, il évoque souvent avec émotion l’influence de son père et la fierté qu’il ressent à représenter une famille issue de cultures différentes. Cette double appartenance est désormais un trait distinctif de sa personnalité, apprécié aussi bien par ses fans que par ses pairs sur le circuit professionnel.

    Perspectives

    Avec ce nouveau titre, Auger-Aliassime alimente les attentes autour de son potentiel à remporter des trophées encore plus prestigieux. Son jeu complet, qui combine puissance, régularité et intelligence tactique, en fait un candidat sérieux pour briller dans les Masters 1000 et pourquoi pas dans les grands chelems à l’avenir.

    À 25 ans, il incarne l’avenir du tennis masculin : un joueur charismatique, ancré dans une histoire personnelle riche et inspirante, capable de transformer les défaites en leçons de résilience et les victoires en tremplins vers des sommets encore plus élevés.

  • Togo-Le pari vert d’Ayélé Séverine Kouévi-Kokoh

    Togo-Le pari vert d’Ayélé Séverine Kouévi-Kokoh

    Ayélé Séverine Kouévi-Kokoh est une entrepreneure obsédée par un avenir durable. Portrait d’une jeune dame à la tête d’une une start-up qui réinvente la valorisation des déchets tout en créant de la valeur locale et des opportunités d’emploi.

    Dans un pays où la gestion des déchets demeure un défi environnemental, social et économique majeur, une nouvelle génération de jeunes innovateurs se lève pour proposer des solutions concrètes. À la tête de ce mouvement figure Ayélé Séverine Kouévi-Kokoh, fondatrice d’Africa Ecoworld, une start-up togolaise qui réinvente la valorisation des déchets tout en créant de la valeur locale et des opportunités d’emplois.

    Une vision née d’un double constat

    Originaire du Togo, Séverine Kouévi-Kokoh est diplômée d’une licence en géographie et titulaire d’un master en villes durables, une formation qui l’a sensibilisée aux enjeux urbains, environnementaux et sociaux contemporains.

    Son engagement trouve ses racines dans une observation simple mais implacable : la gestion des déchets solide reste inefficace, tandis que la pression sur les ressources naturelles se traduit par une déforestation accrue et une pollution croissante. Face à ces défis, elle a décidé d’agir plutôt que de dénoncer. C’est ainsi qu’est née Africa Ecoworld, en octobre 2023, avec pour mission de transformer les déchets en ressources économiques durables.

    Valoriser les déchets pour changer les pratiques

    Africa Ecoworld se positionne à la croisée de l’environnement, de l’économie circulaire et de l’innovation sociale. Au cœur de son modèle : la transformation des déchets en produits utiles et respectueux de l’environnement. Parmi les innovations phares de l’entreprise, deux produits se distinguent :

    Le charbon écologique « AKA-GNOE », fabriqué à partir de déchets organiques et de résidus agricoles — tels que les coques de noix de coco ou autres biomasses — qui, une fois carbonisés, deviennent un combustible propre et performant. Ce charbon se distingue par sa combustion plus longue, sans fumée nocive, et une utilisation qui ne noircit pas les marmites, ce qui représente une véritable alternative pour des millions de ménages encore dépendants du bois traditionnel.

    Les pavés écologiques, produits à partir de plastiques recyclés. Ce projet innovant, développé en partenariat avec l’Université technologique du Michigan aux États-Unis pour des tests de prototypage, vise à limiter la circulation des déchets plastiques tout en offrant une alternative durable pour l’aménagement urbain.

    Cette approche illustre une vision systémique : réduire la pollution, préserver les écosystèmes, tout en créant des biens de consommation et des solutions concrètes pour les Togolais.

    Une entrepreneure reconnue et un impact croissant

    Le travail de Mme Kouévi-Kokoh ne passe pas inaperçu. En 2025, elle a été sélectionnée parmi les 20 lauréats du prestigieux programme panafricain L’Afrik de Demain, qui met en lumière les jeunes entrepreneurs africains ayant un impact positif sur leurs communautés.

    Plus tôt encore, elle avait été mise à l’honneur sur les ondes de RFI, saluée comme pionnière du charbon écologique — une reconnaissance qui confère une portée internationale à son initiative.

    Un modèle aligné sur les efforts nationaux

    L’activisme de Mme Kouévi-Kokoh s’inscrit dans une dynamique plus large au Togo. Le gouvernement, les institutions locales et des partenaires internationaux multiplient les programmes pour intensifier la gestion durable des déchets et encourager l’entrepreneuriat vert. En 2025, plusieurs initiatives ont été mises en place pour former les jeunes, soutenir les projets innovants et renforcer les infrastructures de recyclage.

    Dans ce territoire où près de 250 000 tonnes de déchets ménagers sont produites chaque année dans l’agglomération du Grand Lomé, des solutions comme celles proposées par Africa Ecoworld ne sont plus une option, mais une nécessité.

    Entre défis et perspectives d’avenir

    Malgré les premiers succès, les défis restent nombreux. L’accès au financement, l’industrialisation des procédés et la structuration d’une chaîne locale de production peinent encore à décoller à grande échelle. Pourtant, l’approche de Mme Kouévi-Kokoh offre une voie tangible vers une économie circulaire au Togo, alliant impact environnemental, inclusion sociale et création de richesses locales.

    Africa Ecoworld a déjà commencé à toucher des centaines de foyers et petites entreprises en substituant des produits polluants par des alternatives durables. L’entreprise ambitionne d’élargir encore sa capacité de production, d’explorer de nouveaux débouchés comme le biochar agricole ou le charbon actif pour la cosmétique, et de former des centaines de jeunes à l’économie verte d’ici 2030.

    À travers son travail, Ayélé Séverine Kouévi-Kokoh incarne l’esprit d’une nouvelle génération d’entrepreneurs africains : créatifs, responsables et profondément ancrés dans les réalités de leur territoire. En transformant ce qui était autrefois un fardeau — les déchets — en solutions durables, elle trace un chemin vers un modèle de développement plus respectueux des personnes et de la planète. Dans un contexte où les enjeux environnementaux sont plus urgents que jamais, son leadership offre une lueur d’espoir pour l’avenir du Togo et de toute l’Afrique de l’Ouest.

  • Adzinukuza en sursis (tribune)

    Adzinukuza en sursis (tribune)

    Le 6 février 2026, une réunion dite « de crise » s’est tenue à la mairie de Vogan autour de l’avenir de la fête traditionnelle Adzinukuza. Le simple fait qu’un tel cadre ait été jugé nécessaire en dit long sur le malaise qui entoure aujourd’hui cette célébration ancestrale. Jadis moment sacré de communion, de reconnaissance aux ancêtres et de transmission des valeurs, Adzinukuza semble désormais engagée sur une pente glissante : celle d’une politisation progressive qui menace d’en vider la substance.

    Adzinukuza n’est pas une fête traditionnelle comme les autres. Elle est, pour les populations de Vo, un repère identitaire fort, un temps ritualisé où les gestes, les rythmes et les paroles obéissent à une symbolique précise héritée de plusieurs générations. À travers les danses, les tambours et les rites, c’est toute une mémoire collective qui s’exprime. Or, depuis quelques années, cette mémoire paraît reléguée au second plan, éclipsée par des considérations étrangères à l’esprit originel de la fête.

    Communication

    La présence des autorités politiques n’est pas en soi un problème. Elle peut même être perçue comme une marque de reconnaissance institutionnelle. Le danger apparaît lorsque cette présence devient envahissante, structurante, voire directive. Lorsque les discours politiques prennent le pas sur les rites, lorsque l’agenda officiel dicte le déroulement d’une fête censée obéir aux codes traditionnels, un déséquilibre s’installe. Adzinukuza commence alors à ressembler davantage à un événement de communication qu’à une célébration culturelle.

    Cette dérive n’est pas propre à Vogan. Partout dans le pays, des fêtes traditionnelles semble connaître le même sort : progressivement transformées en vitrines politiques, elles ont perdu leur âme, leur profondeur, leur caractère sacré. Ce qui était un espace de transmission est devenu un décor. Ce qui était un temps de sens est devenu un temps de spectacle. La crainte aujourd’hui est qu’Adzinukuza suive ce chemin, jusqu’à être réduite à une coquille vide, vidée de sa quintessence.

    Alerte

    La réunion de crise du 6 février 2026 doit donc être comprise comme un signal d’alarme. Elle traduit une prise de conscience, certes tardive, mais nécessaire. Encore faut-il s’interroger sur sa portée réelle. Qui parle au nom d’Adzinukuza ? Les gardiens de la tradition, les chefs coutumiers, les communautés locales ont-ils été placés au cœur des échanges, ou sont-ils restés en périphérie d’un débat dominé par des logiques administratives et politiques ?

    Sauver Adzinukuza suppose un choix clair : redonner la primauté au sens, aux rites, aux détenteurs légitimes de la tradition. Cela implique aussi de fixer des limites nettes à l’ingérence politique, afin que la fête ne soit plus instrumentalisée au gré des agendas et des intérêts. La culture ne peut être durablement protégée si elle devient un simple outil.

    La question demeure donc entière : cette réunion de crise permettra-t-elle réellement de sauver ce qui peut encore l’être ? Ou restera-t-elle un exercice de communication de plus, sans effets profonds ? L’avenir d’Adzinukuza dépendra de la réponse apportée à cette interrogation. Car une tradition que l’on dénature finit toujours par disparaître, même lorsqu’elle continue d’être célébrée. La 40è édition, c’est dans quelques mois, l’heure est donc à l’urgence.

    Kossivi AMETOWOGBLONA

  • Au Togo, l’extradition de Damiba éclaire les fractures politiques nationales

    Au Togo, l’extradition de Damiba éclaire les fractures politiques nationales

    Le Togo traverse une nouvelle séquence politique délicate après l’extraction et l’extradition vers le Burkina Faso de l’ancien chef de la junte burkinabè Paul-Henri Sandaogo Damiba, une opération qui continue de susciter des critiques virulentes au sein de l’opposition togolaise et des observateurs nationaux.

    Le 17 janvier 2026, l’ancien dirigeant burkinabè, réfugié à Lomé depuis sa chute en 2022, a été arrêté puis remis aux autorités de Ouagadougou. Officiellement, cette extradition répond à une demande judiciaire du Burkina Faso et aurait été approuvée par les juridictions compétentes suite à la présentation de garanties sur le respect de son intégrité physique et de son droit à un procès équitable.

    Une décision diplomatique sous tension

    Sur le plan diplomatique, le gouvernement togolais a défendu l’opération comme une réponse aux exigences de coopération judiciaire internationale. Il l’a présentée comme conforme à ses engagements régionaux et bilatéraux, notamment avec son voisin burkinabè.

    Cependant, pour une partie de l’opposition togolaise, cette extradition représente un acte précipité, opaque et politiquement orienté. Jean-Pierre Fabre, figure emblématique de l’opposition, a dénoncé la mesure comme une violation des principes juridiques et humains élémentaires. Selon lui, l’absence d’information claire sur le sort de Damiba et les motifs réels de son renvoi vers Ouagadougou alimentent l’inquiétude sur la légitimité de l’opération.

    Fragilisation de l’espace politique

    Cette controverse sur l’affaire Damiba se déroule dans un climat politique déjà tendu au Togo, caractérisé par des accusations répétées de restriction des libertés civiles et politiques. Depuis 2025, plusieurs incidents ont mis en lumière une dynamique accusée de réduire l’espace démocratique : arrestations et détentions de défenseurs des droits humains dans le cadre de manifestations, blocage ou suspension de médias considérés comme critiques, et pressions sur des activistes de la diaspora.

    Ces événements ne sont pas isolés. En juin 2025, la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication a suspendu la diffusion de médias internationaux tels que RFI et France 24 pour trois mois, invoquant des manquements à l’impartialité. Des organisations internationales et des journalistes ont perçu cette décision comme une restriction supplémentaire de l’information indépendante.

    Parallèlement, les contestations politiques contre la concentration du pouvoir autour du président Faure Gnassingbé — au pouvoir depuis 2005 — ont été qualifiées par l’opposition de « coup constitutionnel ». En 2025, l’attribution d’un nouveau rôle exécutif à Gnassingbé, susceptible de prolonger indéfiniment son exercice du pouvoir, avait déjà attisé de vives critiques.

    Une opposition fragmentée et des tensions régionales

    L’extradition de Damiba a également une dimension géopolitique : elle s’inscrit dans un contexte ouest-africain marqué par des transitions turbulentes, des coups d’État successifs et des enjeux sécuritaires régionaux. Le Burkina Faso, actuellement sous contrôle militaire, a fréquemment accusé Damiba de fomenter des tentatives de déstabilisation avant de demander son extradition.

    Cette convergence entre diplomatie régionale et politique intérieure renforce l’impression d’un Togo au centre de tensions multiples, où des décisions gouvernementales affectent aussi bien l’équilibre politique national que les relations avec ses voisins.

    Perspectives et enjeux

    L’affaire met en lumière plusieurs enjeux fondamentaux pour le Togo : la transparence et l’état de droit, avec des critiques portant sur l’absence de communication officielle et de garanties claires pour la justice et les droits de l’homme ; l’espace politique et la liberté d’expression, remis en question par les arrestations de militants, les blocages de médias et les tentatives de surveillance de l’activisme diaspora ; la stabilité institutionnelle, alors que les réformes constitutionnelles et la prolongation des mandats concentrent le pouvoir autour du président.

    Dans un paysage politique déjà polarisé, cette affaire d’extradition cristallise les méfiances envers les institutions togolaises et stimule des débats plus larges sur la gouvernance, la démocratie et les normes juridiques dans un pays qui reste sous les projecteurs régionaux.

  • RICAC, un carrefour créatif

    RICAC, un carrefour créatif

    La cérémonie des ART PLASTIC AWARDS 2026, tenue le 6 février à Lomé dans le cadre des Résidences internationales de créations artistiques et culturelles (RICAC) – ART TO GO, s’impose comme un tournant majeur pour les arts plastiques au Togo et, au-delà, pour la scène artistique africaine. En clôturant deux semaines d’intenses résidences placées sous le thème de la multipolarité, l’événement a confirmé le rôle stratégique de Lomé comme espace de création, de circulation des idées et de reconnaissance des talents du continent.

    Bien plus qu’une simple cérémonie de remise de prix, ART TO GO s’affirme comme un outil structurant pour les artistes, notamment togolais, souvent confrontés à un manque d’infrastructures, de visibilité internationale et de cadres de formation spécialisés. En sélectionnant chaque année quatorze artistes, personnalités ou institutions, le programme crée un environnement propice à l’émergence, à la professionnalisation et à la mise en réseau des créateurs africains.

    Pour les artistes togolais, les retombées sont multiples. D’abord en termes de visibilité : évoluer au sein d’une résidence internationale, exposer aux côtés de confrères venus d’autres pays africains et être vus par des curateurs, critiques et acteurs culturels constitue une opportunité rare. Ensuite en termes de montée en compétences : le travail collectif, les échanges esthétiques et les confrontations de pratiques permettent aux artistes locaux d’affiner leur langage plastique et de se positionner dans les débats artistiques contemporains.

    L’édition 2026 a également mis en lumière la capacité des artistes togolais à dialoguer d’égal à égal avec leurs homologues africains. Les œuvres produites — tableaux et sculptures — puisent à la fois dans l’histoire du Togo, les valeurs de paix, de vivre-ensemble et de souveraineté, tout en s’inscrivant dans une réflexion globale sur un monde multipolaire. Cette articulation entre ancrage local et ouverture internationale est l’un des principaux acquis de la résidence.

    La remise du Prix de la Renaissance Africaine à Julie Mehretu et Ibrahim Mahama a, elle aussi, un impact symbolique fort pour les artistes participants. En côtoyant des figures majeures de l’art contemporain mondial, les jeunes créateurs africains mesurent concrètement que des trajectoires internationales sont possibles à partir du continent. Ces parcours inspirants contribuent à briser le plafond de verre psychologique qui freine encore de nombreux talents africains.

    Le choix de Tsévié comme espace de création et de réflexion renforce également les bénéfices à long terme de l’initiative. Présentée comme la source de la nation togolaise, la localité incarne l’ambition de voir naître la première école nationale des beaux-arts. Pour les artistes togolais, cette perspective représente un espoir structurant : celui d’un futur où la formation artistique de haut niveau pourra se faire sur place, réduisant l’exil forcé des talents.

    Dans son discours de clôture, le directeur artistique Kokou Ekouagou a rappelé que la résidence ART TO GO est avant tout un laboratoire vivant, où les idées, les identités et les esthétiques se confrontent sans hiérarchie. Cette dynamique bénéficie particulièrement aux artistes africains, souvent cantonnés à des catégories figées sur les scènes internationales. Ici, ils construisent eux-mêmes leurs récits, en toute souveraineté.

    La remise de 14 distinctions, incluant mentors panafricains, meilleurs espoirs, mécènes et acteurs institutionnels, renforce cette logique inclusive. Elle valorise non seulement les artistes confirmés, mais aussi les jeunes talents et les soutiens indispensables à l’écosystème culturel. Pour les créateurs togolais et africains, cette reconnaissance constitue un levier de crédibilité et d’accès à de nouvelles opportunités.

    La présence de Natta N’Poh Labounamah, représentant du ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, et le soutien affiché de l’État togolais, envoient enfin un signal fort : celui d’une reconnaissance institutionnelle du rôle stratégique de l’art dans le développement culturel et social.

    À travers les ART PLASTIC AWARDS 2026, Lomé s’impose ainsi comme un carrefour créatif africain, offrant aux artistes togolais et à leurs pairs du continent un espace d’expression, de reconnaissance et de projection vers l’avenir. Une dynamique porteuse, qui participe à la construction d’un écosystème artistique africain plus fort, plus visible et résolument tourné vers le monde.

  • Ecobank Togo mise sur l’excellence pour former la relève bancaire

    Ecobank Togo mise sur l’excellence pour former la relève bancaire

    Ecobank Togo a officiellement lancé la deuxième promotion de son Graduate Development Programme (eGDP), un programme stratégique dédié à l’identification et à la formation de jeunes talents appelés à devenir les futurs leaders du secteur bancaire. Cette nouvelle cohorte est composée de 15 jeunes diplômés, dont neuf femmes, sélectionnés parmi 1 060 candidatures, à l’issue d’un processus particulièrement exigeant.

    La rigueur de la sélection – moins de 2 % des candidats retenus – illustre le positionnement du eGDP comme un programme d’élite, conçu pour attirer les profils à fort potentiel. Présélection, séries de tests et entretien approfondi ont permis d’identifier des jeunes capables de s’inscrire durablement dans la vision de croissance et de transformation d’Ecobank.

    D’une durée d’un an, le Graduate Development Programme est entièrement financé par Ecobank Togo et inclut une rémunération mensuelle pour chaque participant. Il propose un parcours structurant, combinant formations théoriques, apprentissage pratique et immersion professionnelle. Les bénéficiaires suivent des sessions en présentiel et en ligne, animées par des formateurs internes et externes, et travaillent sur des projets concrets à forte valeur ajoutée.

    L’un des atouts majeurs du programme réside dans la rotation des participants au sein de plusieurs départements clés de la banque, notamment les Opérations, le Digital, le Commerce, les Risques ou encore la Conformité. Cette approche permet aux jeunes diplômés d’acquérir une compréhension globale de l’écosystème bancaire, tout en développant des compétences techniques, managériales et comportementales solides.

    Pour Adama Paré, Directeur des Ressources Humaines d’Ecobank pour la région UEMOA, le eGDP s’inscrit dans une vision de long terme : investir dans les compétences locales à travers un dispositif structuré, aligné sur les standards internationaux, afin de bâtir un leadership durable au sein du Groupe.

    La Directrice Générale d’Ecobank Togo, Estelle Akue Komlan, a pour sa part souligné que le capital humain constitue le socle de la performance et de l’innovation de la banque. Le eGDP reflète ainsi la conviction qu’un développement continu des talents est indispensable à une croissance durable.

    Les résultats de la première promotion confirment la pertinence du programme, plusieurs anciens participants occupant déjà des postes stratégiques. Avec cette nouvelle cohorte, Ecobank Togo renforce son positionnement d’employeur de référence, tout en contribuant activement à la professionnalisation des compétences dans le secteur financier togolais.

  • Forum REMAPSEN : double distinction pour le Togo

    Forum REMAPSEN : double distinction pour le Togo

    Le Togo s’est illustré de manière remarquable lors du 4ᵉ Forum des médias du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN), tenu les 29 et 30 janvier 2026 à Cotonou, au Bénin. Cette rencontre continentale de haut niveau a réuni des journalistes spécialisés en santé et en environnement issus de 35 pays africains, autour d’un enjeu majeur de santé publique : les Maladies tropicales négligées (MTN). À l’issue des travaux, le Togo est reparti avec deux distinctions majeures, confirmant la qualité de son engagement au sein du réseau.

    Placée sous le thème « Maladies tropicales négligées : de la négligence à la mise en lumière », cette quatrième édition du forum avait pour objectif de tirer la sonnette d’alarme sur des maladies qui continuent de toucher essentiellement les populations pauvres vivant dans des zones reculées. Malgré leur caractère évitable et traitable, les MTN restent insuffisamment médiatisées et faiblement intégrées aux priorités de santé publique, exposant les communautés concernées à une double peine : la maladie et l’oubli.

    Dès l’ouverture des travaux, le président du comité exécutif du REMAPSEN, Bamba Youssouf, a salué la mobilisation des journalistes africains autour de cette cause, soulignant le rôle central des médias dans la sensibilisation, le plaidoyer et l’interpellation des décideurs. Les représentants de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de Galien Africa ont, quant à eux, déploré la persistance des MTN sur le continent, appelant à une synergie renforcée entre États, partenaires techniques, communautés locales et médias.

    Les échanges ont été structurés autour de trois panels thématiques. Le premier a permis de dresser un état des lieux des MTN en Afrique. Le deuxième s’est penché sur les questions d’équité, d’innovation et du sport comme levier de santé publique, en mettant l’accent sur l’implication des communautés dans les réponses durables. Le troisième panel a mis en lumière le rôle stratégique des médias africains dans le plaidoyer sanitaire, un levier indispensable pour accélérer l’élimination des MTN.

    La deuxième journée du forum a été marquée par une sortie de terrain à Pobé, localité située à une centaine de kilomètres de Cotonou. Cette immersion a permis aux participants de mieux comprendre la réalité vécue par les personnes atteintes de MTN, prises en charge au Centre de dépistage et de traitement de la lèpre et de l’ulcère de Buruli, géré par la Fondation Raoul Follereau.

    Le moment fort du forum est intervenu lors de la cérémonie de clôture avec les Awards du REMAPSEN, dotés du Prix Michel Sidibé, récompensant les meilleures productions médiatiques en santé et en environnement ainsi que les coordinations nationales les plus performantes. À cette occasion, le Togo a été doublement honoré. Le pays a décroché le 5ᵉ Prix de la meilleure coordination pays, saluant la régularité, l’organisation et la dynamique du REMAPSEN Togo. Il a également remporté le 1er Prix Télé – catégorie Santé, une distinction majeure qui met en lumière la qualité éditoriale et l’impact des productions audiovisuelles togolaises sur les questions de santé publique.

    Le REMAPSEN Togo était représenté à ce forum par Ambroisine Mémédé, Coordinatrice nationale, Régis Talikpeti, Coordonnateur adjoint, et Hector Nammangue, Point focal Environnement. Leur participation active et les récompenses obtenues renforcent la visibilité du Togo au sein du réseau et témoignent de l’engagement constant des journalistes togolais dans la lutte contre les maladies tropicales négligées.

    Par ces distinctions, le Togo confirme sa place parmi les pays africains les plus engagés dans la promotion de la santé et de l’environnement à travers les médias, et réaffirme son rôle moteur dans le combat pour une Afrique plus solidaire et en meilleure santé.

Radio Renouveau228

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